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L'Est Républicain

- 1891 -


1er janvier 1891
PETITES NOUVELLES REGIONALES
- Mlle Maas, domestique à Frémonville, a été victime d'un vol d'une somme de 5 fr. 40, déposée dans un porte-monnaie placé dans le tiroir de la table. On soupçonne comme auteur de ce vol une femme habitant la localité.
- La gendarmerie de Cirey a arrêté le nommé Etienne, domestique à Bertrambois, inculpé de vol à l'aide d'escalade et d'effraction, au domicile de Mlle Jacquot, à Igney.


24 janvier 1891
Blemerey. - Un incendie dont la cause paraît accidentelle a détruit une maison, le mobilier et les récoltes qu'elle contenait, appartenant à M. Dumas, propriétaire. Malgré l'alarme qui a été aussitôt donnée, on dut se borner à préserver 1rs maisons voisines. Les pertes, s'élevant à environ 11,300 fr., sont couvertes en partie par l'assurance.
27 janvier 1891
Personnel des municipalités. - Arrondissement de Lunéville. - [...] - Harbouey, M. Olympe Louis, retraité, adjoint.
1er février 1891
Blâmont. - Officiel. - Une médaille d'argent de première classe a été accordée à M. Delabbeye, capitaine de pompiers, à Blâmont.
3 février 1891
Blâmont. - Samedi avait lieu à Blâmont le tirage au sort et 96 conscrits s'étaient réunis à l'hôtel de ville, sous la présidence de M. le sous préfet, de M. le capitaine de gendarmerie et de MM. les maires du canton. Le numéro 1 a été tiré par M. Houillon, fils de notre conseiller d'arrondissement.
Une franche gaieté a régné toute la journée et a donné un peu d'animation à notre petite ville si calme d'ordinaire

Neuviller-les-Badonviller.- M. Auguste Melnotte, ancien cantonnier, était parti vers huit heures du matin, pour aller travailler dans une pépinière qui se trouve au lieu dit « à Platon », située à environ deux kilomètres d'Ancerviller.
Vers huit heures du soir, sa famille inquiète de ne pas le voir rentrer au logis, se mit à sa recherche. Après avoir été inutilement chez tous les voisins, son fils se munit d'une lanterne et se rendit, accompagné de plusieurs personnes, à la pépinière. Après quelques instants de recherches ils le trouvèrent étendu sur le bord du fossé et ne donnant plus signe de vie. Ils allèrent chercher une voiture et le transportèrent à son domicile où M. le docteur Messier, de Badonviller, constata qu'il était mort d'une congestion cérébrale.

PETITES NOUVELLES REGIONALES
- La gendarmerie d'Igney-Avricourt a arrêté en flagrant délit d'escroquerie les nommés Marie Croix, et Gaston Elmanowsky, tous deux chanteurs ambulants, qui se sont présentés chez plusieurs restaurateurs où ils ont pris plusieurs repas sachant qu'ils se trouvaient dans l'impossibilité de payer.
5 février 1891
Union de la Jeunesse Lorraine. - Dimanche prochain, 8 février, à trois heures et demie de l'après-midi, M. Paul Weill, étudiant en droit, membre du comité de l'Union de la Jeunesse Lorraine, fera à Blâmont dans la grande salle de l'hôtel de ville, une conférence publique et gratuite sur la « Révolution et l'ouvrier. »
7 février 1891
PETITES NOUVELLES REGIONALES
- La gendarmerie de Blâmont a arrêté, en vertu d'un réquisitoire, le nommé Eugène Poirot, représentant de commerce, inculpé d'escroquerie.
10 février 1891
Igney-Avricourt. - On écrit d'Igney-Avricourt :
« Des hommes d'équipe de la gare d'Igney-Avricourt, qui procédaient à la visite de wagons de marchandises arrivés de Paris à quatre heures du matin, ne furent pas peu surpris de trouver un individu blotti dans l'un d'eux.
« Les portes du wagon furent immédiatement refermées et M. Ganzer, chef de service, fit prévenir M. Fischer, commissaire spécial de la gare, qui, assisté de M. Nay, inspecteur spécial, se rendit audit wagon, d'où il fit descendre le singulier voyageur.
« Il résulte de l'interrogatoire que lui a fait subir ce magistrat qu'il se nomme Nicolas Roth, sujet badois ; il a déclaré qu'étant sans ressources à Paris et que, désirant regagner son pays sans frais, il s'était introduit à la gare de la Villette dans un wagon vide où il s'était enfermé, espérant arriver ainsi à Strasbourg et de là se rendre dans le grand-duché de Bade,
« Le wagon ayant été hermétiquement fermé au départ de Paris, l'Allemand Roth est donc resté dans ce véhicule sans nourriture, par une température froide.
« Le commissaire spécial de la gare lui a fait donner quelques aliments et lui a procuré un gîte en attendant son rapatriement. »
24 février 1891
- Une montre et une chaîne en argent ont été dérobées au préjudice de M. L'Hôte, vacher à la ferme Duchamp, commune de Blâmont. L'auteur de ce vol est inconnu.
- M. Ledoux, manoeuvre à Ancerviller, a été victime d'un vol de divers outils. La gendarmerie de Badonviller, qui a ouvert une enquête., n'a pu découvrir l'auteur de ce vol.
25 février 1891
- Procès-verbal a été dressé contre le nommé Geoffroy, journalier à Gogney, pour coups et blessures portés à sa femme.
4 mars 1891
A LA FRONTIÈRE D'ALSACE LORRAINE
Voici des renseignements que nous tenons de source absolument certaine :
Les nouvelles dispositions concernant le passeport ont été strictement appliquées dès ce matin mardi, à 8 heures, aux gares frontières du pays annexé, à Avricourt, Chambrey, Novéant, Amanvillers, Fontoy.
Tous les commissaires spéciaux de frontière convoqués hier en conférence au ministère à Strasbourg, étaient revenus ce matin à leur poste ; les postes d'Avricourt et de Montreux-Vieux seront gérés à l'avenir par des assesseurs de gouvernement (fonctionnaires de l'ordre administratif remplissant des fonctions à peu près analogues à celles de nos conseillers de préfecture).
Ainsi qu'on s'y attendait, toutes les facilités accordées jusqu'ici sont abrogées.
En particulier : les billets de chemin de fer à destination d'une station au-delà de l'Alsace-Lorraine et qui tenaient lieu de passeport jusqu'ici, ne seront plus acceptés. Il n'y a d'exception que pour les trains de l'Express-Orient dont les voyageurs sont munis d'un billet direct de Paris à Munich. Comme au début de l'ère du passeport, un agent de police accompagnera le train depuis Avricourt jusqu'à Carlsruhe.
On est convaincu dès à présent que le visa ne sera plus accordé à l'avenir que dans les cas dont l'urgence aura été établie: par exemple, mort d'un proche parent.
Rien n'est changé quant aux formalités à remplir par les Alsaciens-Lorrains sujets allemands
qui traversent la frontière.
Les facilités accordées pour les communications des communes voisines de la frontière seront rapportées en grande partie ; les préfets rendront prochainement des arrêtés spéciaux à ce sujet,
Le mécontentement que causent ces nouvelles rigueurs dans les provinces annexées est grand. A Strasbourg, on croyait un instant que le prince de Hohenlohe, dont les promesses faites mercredi dernier à la délégation viennent de recevoir un si éclatant démenti, allait donner sa démission. Mais ce bruit ne s'est pas confirmé. Toujours est-il que c'est sur l'ordre direct de l'empereur que les rigueurs ont été décrétées.
A Metz, la population est littéralement exaspérée : si elle tenait Déroulède et Laur, elle leur dirait vivement leurs quatre vérités. Un de nos amis, qui arrive de cette ville où il a des relations étendues, nous dit qu'on y est « comme enragé de voir une muraille de Chine se dresser de nouveau entre la France Lorraine.
On télégraphie de Strasbourg à l'agence Havas :
« Par suite des nouvelles rigueurs dans l'application du passeport, l'autorisation accordée jusqu'ici à la troupe nancéienne pour des représentations françaises à Metz, est retirée. »
Nos renseignements particuliers nous permettent de confirmer cette information dont la direction du théâtre de Nancy ne tardera pas à être officiellement avisée.
On lit dans la correspondance parisienne du Times :
« Le retrait des concessions relatives au passeport ressemble à l'acte de ce roi barbare fouettant les vagues de la mer. Cela nous ramène à vingt siècles en arrière, et quel qu'en soit le résultat final, la mesure prise n'en restera pas moins une bévue malheureuse. Au surplus, elle est impolitique. »
Berlin, 2 mars,
Je puis vous certifier de la façon la plus précise et la plus absolue que l empereur a reçu de sa mère une lettre désolée dans laquelle l'impératrice Frédéric adjure son fils de ne pas maintenir l'aggravation apportée aux mesures concernant les passeports,
Cette décision de l'empereur a certainement été prise, lui écrie sa mère, dans un premier mouvement de mauvaise humeur, et alors qu'il n'était qu'imparfaitement renseigné.
L'impératrice demande instamment que son voyage à Paris n'ait pas pour conséquence des mesures qui frappent les populations du Reichsland.
Elle affirme qu'elle a parcouru, avec la princesse Marguerite, tous les quartiers de Paris ; que certainement de nombreux Alsaciens-Lorrains ont dû la voir, et que personne ne lui a manqué d'égards.
« J'ai reçu à Paris, déclare l'impératrice, l'hospitalité la plus courtoise. »
On assure même que la mère de Guillaume II aurait adressé au comte de Munster une lettre destinée à la publicité, et dans laquelle, après avoir prié l'ambassadeur d'être son interprète auprès de toutes les personnes qui se sont fait inscrire à l'ambassade, elle constate le parfait accueil qu'elle avait reçu à Paris.
8 mars 1891
Une enquête est ouverte par la gendarmerie de Blâmont, sur des coups réciproques portés entre le nommé Julien Adam, manoeuvre, et la femme Perouff, débitante.
9 mars 1891
Harbouey. - On nous écrit
« Hier, 6 mars, dans la matinée, un chien de chasse portant un collier sans plaque, s'est introduit dans cette commune après avoir roulé, paraît-il, déjà plusieurs de ses r des congénères, et est entré dans la maison de M. Zabé, maire de la localité, qui le chassa. Le chien est rentré et a mordu la petite Aline Zabé ; le père, aux cris poussés par son enfant est accouru de suite, et a emmené celle-ci immédiatement à Blâmont au docteur Hanriot, qui lui donné les soins nécessaires.
« Aussitôt après l'accident, on a fait abattre le chien, dont l'autopsie a été faite par M. Mangenot, médecin-vétérinaire, qui lui a reconnu des symptômes de rage. Je crois qu'il sera prudent de faire- enfermer les chiens pendant un-mois. »
11 mars 1891
La gendarmerie de Blâmont a ouvert une enquête sur un vol de volailles, commis au préjudice de plusieurs habitants de la commune de Verdenal. On soupçonne comme auteurs de ce vol trois femmes de la localité.
13 mars 1891
Un commencement d'incendie, dont les causes sont inconnues, s'est déclaré dans une plantation de jeunes arbres, appartenant à Hippolyte François, à Blâmont, située au lieu dit à Barbezieux, territoire de la commune de Barbas. Les pertes s'élevant à environ 550 fr. ne sont pas assurées
14 mars 1891
La gendarmerie de Babonviller a ouvert une en enquête au sujet d'un vol de quetsches au préjudice de MM. Poumadin et Streif, habitant Harbouey. On soupçonne comme auteurs de ces vols, deux habitants la localité.
23 mars 1891
Tribunal correctionnel, - [...] - Joseph Geoffroy 39 ans journalier à Gogney, pour coups et blessures volontaires, dis jours. - [...] -.Julien Adam, 22ans, manoeuvre à Blâmont, Catherine Denis, femme Serouff, 53 ans, cabaretière à Blâmont, Adam, peur coups et ivresse, 16 fr. d'amende. Denis pour coups,5 fr. d'amende.
24 mars 1891
ETAT CIVIL DE NANCY
Du 17 au 23 mars
PUBLICATIONS DE MARIAGES
[...] Jules Drouot, employé au chemin de fer, à Igney-Avricourt, et Joséphine Didier, ouvrière en chaussures, rue de l'Abbé-Grégoire, 22.
25 mars 1891
Blâmont. - Dimanche, à 8 heures du soir a eu lieu l'assemblée générale des membres du cercle.
L'ordre du jour était : Reddition des comptes ; renouvellement de la commission.
Ont été réélus les membres sortants, qui sont : MM. Veil, président ; Mangenot, tresorier ; Crépin, Hanriot, Fensch, Hertz, Barthélemy.

Parux. - Il y a quinze jours environ, un chien enragé ou supposé l'être mordait la jeune Zabé, de Harbouey, après avoir roulé bon nombre de ses congénères à Cirey, Parux, et Harbouey et dans les villages voisins,
La municipalité de Cirey avait fait abattre tous les chiens suspects.
A Parux les choses ne se seraient pas passées ainsi : le sieur X..., marchand de légumes, se serait contenté d'attacher son chien.
Atteint de la rage à son tour, il vient de mordre le cheval de son maître et plusieurs bêtes de la localité ; le chien abattu à coups de fusil a éte envoyé aussitôt à Blâmont, à M. Mangenot vétérinaire, qui, après autopsie, a constaté les symptômes de rage les plus évidents.
Pour cette fois, heureusement, nous n'avons pas à constater d'accident de personnes.
Pour rassurer les populations terrorisées, il serait grand temps d'appliquer rigoureusement les articles du règlement sur la police des chiens.
26 mars 1891
Un commencement d'incendie, dont les causes sont accidentelles s'est déclaré au domicile de M. Grandemange, épicier à Blâmont.
Les pertes, s'élevant à environ 150 francs, sont assurées.
3 avril 1891
Blâmont
Un concert a été donné, lundi, dans la grande salle de l'hôtel de ville, au profit de la musique La Blâmontaise.
Celle-ci a joué les plus beaux morceaux de son répertoire ; ils ont été parfaitement exécutés. du
MM. Farrouch et Desbordes, les chanteurs si connus et si appréciés, étaient venus de nouveau charmer la population de Blâmont. Ils ont été fort applaudis.
Le piano était tenu par M. Wackenthaler, artiste pianiste.
Deux petites opérettes ont été très bien jouées par des jeunes gens de Blâmont ; grâce à l'initiative de M. Delabbey qui s'occupait, depuis quelques semaines seulement, de ces jeunes gens de bonne volonté, ils sont arrivés à un résultat qui a dû flatter cet homme de dévouement ; c'est lui aussi qui a installé les décors avec un goût parfait.
Une quête fructueuse a été faite pendant l'entr'acte par Mlle Vigneron et par M. Renard.
4 avril 1891
Un malfaiteur resté inconnu a pénétrer, la nuit, à l'aide d'escalade, dans la propriété de M. Calin, ouvrier à Blâmont, et y a dérobé plusieurs lapins.

Personnel des municipalités
[...] Arrondissement de Lunéville. - Gogney, M. Eugène Thomas, cultivateur, maire
5 avril 1891
Gogney
Fièvre aphteuse. - La fièvre aphteuse a été signalée dans plusieurs étables de la commune de Gogney.

Blamont
Depuis plusieurs semaines des vols étaient commis à la succursale des Magasins-Réunis, chez Mme veuve Charton.
Ces jours derniers, Mlle Charton, après avoir servi une femme Bathelot, habitant Repaix, l'aperçut mettant dans son panier une cravate qu'elle venait de dérober dans une vitrine.
Mlle Charton appela sa mère et toutes deux constatèrent que la femme Bathelot, avait dans son panier, deux cravates. Après lui avoir repris cette marchandise elles la mirent à la porte et lui interdirent l'entrée du magasin.
La gendarmerie informée du fait se rendit à Repaix chez la femme Bathelot. Une perquisition amena la découverte de nombreux objets.
La femme Bathelot déclara les avoir achetés chez différents négociants de Blâmont. Mais ces marchandises représentées à Mme Charton, furent reconnues par elle, pour lui avoir été dérobées.
6 avril 1891
Repaix
Un de ces derniers jours, vers cinq heures du soir, les nommés Clovis-Théophile Fèbre et Edouard Génin, tous deux préposés des douanes à Repaix, se sont rendus à la croisée des routes nationale n°4 et départementale n° 18, territoire de la ville de Blâmont, pour faire le service dont ils étaient chargés. Le temps étant mauvais, ils se sont mis dans une baraque de cantonnier située à un angle de ces routes, où ils se sont assis sur un banc. Vers neuf heures du matin, le nommé Fèbre est tout â coup et dire un mot, tombé la face contre terre; son camarade Génin l'a relevé aussitôt, mais ce n'était plus qu'un cadavre.
M. Zimmermann, docteur en médecine à Blâmont, ayant été appelé de suite, a déclaré que le susnommé avait succombé à une congestion pulmonaire due au froid.
Ledit Fèbre est âgé de 32 ans, il était né le 24 octobre 1858 à Leschères (Jura) et il était marié.
10 avril 1891
La gendarmerie de Blâmont a dressé procès-verbal contre M. Pierre Rénaux, domestique à Herbéviller, pour avoir frappé à plusieurs reprises sa soeur, Mlle Joséphine Rénaux.
11 avril 1891
Orphelinat de l'enseignement primaire.
Dans sa séance du 19 février 1891, le comité central a continué pour un an : [...] 2° le secours de 150 fr. accordé à l'orphelin Hasselot, de Blâmont.

La gendarmerie de Blâmont a ouvert une en quête sur un vol d'une somme de 13 fr. commis au préjudice de M. Voisémont et d'un vol de plusieurs marchandises dérobées chez Mme Mougeot, épicière à Domèvre. L'auteur de ce vol est une enfant de neuf ans demeurant dans la commune.
15 avril 1891
PETITES NOUVELLES RÉGIONALES
- M. Louis, cultivateur à Reillon, a porté plainte à la-gendarmerie de Blâmont, contre le nommé Antoine, qui s'est présenté chez lui comme domestique, et a pris la fuite après avoir touché une somme de 5 fr.
21 avril 1891
Autrepierre
Un incendie s'est déclaré dans une maison isolée habitée par Mme veuve Thiébaut. Le feu, qui a pris naissance dans le grenier, a détruit complètement tout le bâtiment et ce qu'il renfermait. Les pertes, s'élevant à environ 2.500 francs, sont assurées.

Blâmont
On nous écrit :
« Le tirage de la loterie organisée par la société de secours mutuels de cette ville a eu lieu jeudi dans l'après-midi, dans la salle de l'hôtel de ville, où les lots étaient exposés depuis quelque temps.
« Pas mal de monde assistait à ce tirage. Curieux de voir si la chance devait les favoriser, comme partout et en tout, il y a eu des contents et des mécontents. »
- On nous écrit également de Blâmont :
« Vendredi matin, le facteur de ville Dupays, en faisant sa distribution, a trouvé dans la rue des Dames un billet de mille francs qu'il s'est empressé de remettre au propriétaire.
Nos compliments sincères à ce brave facteur qui n'en est pas à son premier acte de probité. »
3 mai 1891
Blâmont
Plusieurs jeunes filles de la commune de Domêvre se trouvaient en haut de la côte de Blâmont. Des jeunes gens qui venaient de passer le conseil de révision les accostèrent ; l'un d'eux se précipita sur une d'entre elles et essaya de la violer. Ses camarades furent révoltés par l'acte brutal de leur compagnon et délivrèrent la jeune fille. La gendarmerie a ouvert une enquête.
5 mai 1891
Un commencement d'incendie s'est déclaré dans une maison appartenant à Mme veuve Roch, à Igney-Avricourt. Le feu, qui avait pris naissance dans une cheminée, s'était communiqué à la planche de garniture du toit, il a été rapidement éteint par les voisins. Les dégâts, peu importants, sont assurés.
9 mai 1891
Flin-Domjevin
Société de tir mixte. - La société de tir de Flin crée actuellement une section nouvelle de cette société à Domjevin et y établit un nouveau champ de tir. Cette section est destinée à faciliter la pratique du tir aux armes de guerre, et à peu de frais, aux réservistes et aux territoriaux domiciliés à proximité de ce nouveau champ de tir.
Grâce à M. l'inspecteur primaire, qui a bien a voulu les y encourager, les instituteurs des communes environnantes se sont chargés, par de louables efforts, de mener à bien l'organisation de cette jeune société. Aussi les adhésions sont-elles déjà nombreuses : Domjevin, Bénamenil, Freménil, Reillon et Veho fournissent un contingent d'environ deux cents membres.
La première séance de tir aura lieu le 7 juin.
Ce nouveau champ de tir est crée grâce au zèle et à l'activité de M. le lieutenant Brégeard, président de cette société, la plus importante de la région de l'Est.
Nous adressons nos plus vives félicitations à M. Brégeard qui fait partie du comité du grand concours national militaire des sociétés de tir de l'armée territoriale, qui aura lieu à Paris, en 1892.
11 mai 1891
Lunéville
Tribunal correctionnel. - Louis François, 71 ans, propriétaire à Leintrey, pour incendie par imprudence, à 16 fr. d'amende, jugement suspensif. - Camille Flavenot 29 ans, manoeuvre à Leintrey, pour incendie par imprudence, à 16 fr. d'amende, jugement suspensif
12 mai 1891
Lunéville
Le 11 mai, à trois heures du matin, la Vezouze a atteint, au pont de Blâmont, 1 m. 80 au-dessus de l'étiage.
18 mai 1891
Blémerey
Société de tir. - Nous apprenons que, sur l'initiative de M. l'Instituteur de Blémerey, trente habitants de cette commune se sont joints aux membres déjà inscrits à la société de Flin, section de Domjevin.
Nous adressons nos sincères félicitations à M. Christophe et recommandons aux autres communes de l'arrondissement l'exemple que vient de donner la commune de Blémerey.

Nominations de percepteurs
M. Simon, de Blâmont, est nommé à Moyen, en remplacement de M. Adam, admis à la retraite
; M. Verdelet de Baccarat, est nommé à Blâmont; M. Pierson, d'Azerailles, est nommé à Baccarat; M. Mangeot, de Crévic, est nommé à Azerailles; M. Mentré, de Cons-la-Grandville. est nommé à Crévic; M. Alff, de Herbéviller, est nommé à Colombey-les-Belles (arrondissement de Toul) ; M. Netter, capitaine de génie en retraite, est nommé à Herbéviller.
20 mai 1891
Incident de frontière
Un habitant d'Emberménil écrit à un de nos confrères, que jeudi, un petit groupe d'officiers allemands en tenue a franchi la frontière, sur le territoire de Remoncourt, et s'est avancé à environ 200 mètres en territoire français. Un douanier, témoin du fait, s'est aussitôt dirigé à travers champs vers ces officiers, qui se sont retirés dès qu'ils l'ont aperçu. On suppose qu'ils font partie de la garnison de Dieuze.
21 mai 1891
Gogney
La fièvre aphteuse s'est déclarée sur le bétail de plusieurs propriétaires de Gogney. M. Thomas, maire, a fait prendre les mesures nécessaires en cas d'épizootie.
22 mai 1891
Igney-Avricourt
M. Jean-Baptiste Georgin, âgé de cinquante-deux ans, mécanicien à la gare, s'est pendu dans son grenier. Sa femme, qui avait vu le corps de son mari, a coupé la corde, mais malgré tous les soins prodigués, Georgin ne put être rappelé à la vie.
Ce suicide est attribué à un dérangement des facultés mentales.
23 mai 1891
Conférence agricole.
M. Bourgeois, professeur départemental d'agriculture, fera à Emberménil, le dimanche 31 mai, une conférence agricole, publique et gratuite.
A Une heure et demie, visite des cultures.
A cinq heures, compte-rendu de la visite à la mairie.
24 mai 1891
Nomination ecclésiastique
Est nommé curé de Nonhigny, M. l'abbé Gaillard,précédemment curé de Pierré-Percée.
(Semaine.)
28 mai 1891
Blâmont
Société de tir. - La société de tir de Blâmont a effectué son premier tir le dimanche 24 mai. 140 tireurs ont pris part à cette première séance. Malgré la pluie et un vent impossible, les résultats n'ont pas été des plus mauvais.
Les meilleurs tirs ont été effectués par MM. Alfred Godchot, 6 balles, 7 points; Christophe Gérard, 6 b., 7 p ; Delaite. gendarme, 6 b., 6 p.: Louis François, 6 b., 7 p. ; Massel, 6 b. 9 p.; François Coster, 6 b., 8 p. : Eugène Pinois. 6 b., 8 p.; Foëll, 6 b., 7 p.: Hélin, 6 b., 7 p. : Armand Cuny, 6 b., 9 p. ; Léon Petit 6 balles, 6 p. ; Louis Bêche, 5 b., 5 p. : Emile Laval, 5 b. 7 p. ; Jeannot 5 b., 7 p. ; Joseph Marchal, 5 b., 7 p. ; Emile Mangin, 4 b., 6 p ; Ferrey 4 b., 5 p.; Joseph Thomas, 4 b. 5 p., Henry Charton 5 b., 4 p., Rupp, 5 b., 4 p. ; Joseph Simon. 4 b., 5 p. ; Baumgarten, 4 b., 5 points ; Dubois de Frémonville, 4 b., 6 p. ; Jérôme Fensch, 4 b., 6 p.; Humbert, 4 b., 5 points.

Nonhigny
On se rappelle que M. l'abbé Joseph Xaé, ex-curé de Nonhigny, fut expulsé de sa cure par ordre supérieur et se réfugia à Loigny (Eure-et-Loir).
Or, tout récemment, une lettre pontificale du pape Léon XIII a été affichée aux portes de l'église paroissiale de cette dernière localité. C'est un bref excommuniant solennellement l'abbé Joseph Xaé pour avoir pénétré dans un couvent de soeurs connu sous le nom de « Couvent des Epouses du Sacré Coeur de Jésus pénitent ». Les religieuses de ce couvent avaient été elles-mêmes récemment excommuniées pour « visions célestes fausses ». „
La lettre pontificale excommuniant l'abbé Joseph Xaé contient une phrase dont voici le texte exact : « Prière de rappeler la jeune fille qui est entrée dernièrement dans ce couvent et d'empêcher par tous moyens que d'autres suivent cet exemple. »
La jeune fille a laquelle il est fait allusion est âgée de vingt-deux ans ; elle est de Nonhigny. Le bref du pape intervenant et l'évêque de Nancy, dans sa tournée de confirmation, ayant sommé la mère, du haut de la chaire de Barbas, d'aller rechercher sn fille, il est probable que celle-ci ne tardera pas à revenir au domicile paternel.
Quand le curé de Nonhigny a commencé ses révélations, dictées, suivant lui. par la sainte Vierge, la majeure partie des habitants avaient une absolue confiance en lui. Plusieurs ont refusé de remplir leur devoir pascal auprès des prêtres chargés de la paroisse depuis le départ de M. Xaé. Aujourd'hui, beaucoup ont vu clair, surtout depuis la visite de l'évêque de Nancy, qui, à Barbas, a traité de pyures farces les miracles accomplis par M. Xaé et la supérieure du couvent précité et a affirmé que l ancien curé ne rentrerait jamais plus au pays.
29 mai 1891
- La gendarmerie a expulsé du territoire français une bande de bohémiens qui étaient venus se camper à peu de distance de la commune de Blâmont.
- La gendarmerie a dressé procès-verbal pour délit de chasse aux nommés Joseph Goeury, âgé de quatorze ans ; Julien Adam, âgé de vingt-deux ans et Joseph Adam, âgé de dix-huit ans, demeurant à Blâmont, pour avoir déniché des nids de corbeaux.
- Deux pêchers appartenant à M. Chevaline, charpentier, à Blâmont ont été coupés à environ quarante centimètres du sol. L'auteur soupçonné de ce vol, est un individu habitant la commune.
30 mai 1891
Reclonville
M. Chatelat, marchand de vins, revenait de Bénaménil ; chemin faisant, un chien à mine suspecte suivit sa voiture: lorsque le cheval fut dételé, il voulut entrer dans l'écurie.
Le lendemain matin, ce chien, sur l'ordre de M. le maire, fut abattu par M. Dieudonné, à l'aide d'un fusil. M. Mangenot, vétérinaire à Blâmont qui a examiné ce chien, a reconnu qu'il était atteint d'hydrophobie.
M. le maire a fait abattre tous les chiens qui avaient été mordus.
31 mai 1891
Blâmont
Un bris de vitraux, estimés 4 fr., a été commis au préjudice du docteur Hanriot, de Blâmont.
Les coupables sont les nommées Marie Henriet, femme Simon, percepteur, et Christine Didier, sa bonne. Procès-verbal a été dressé par la gendarmerie.
3 juin 1891
Elections de maires
Le conseil municipal de Herbéviller a élu maire, par 6 voix sur 9 votants, M. Alexandre-Edouard Henry, rentier, en remplacement de M. Achille Protche, démissionnaire.
4 juin 1891
Nonhigny
Voici l'épilogue de l'affaire que nous avons donnée dans notre numéro du 28 mai :
« Conformément à l'ordre donné par l'évêque de Nancy, un jeune soldat d'administration s'est présenté dernièrement au couvent du Sacré-Coeur-Pénitent de Loigny et a demandé à reprendre immédiatement sa soeur, une jeune fille de vingt-deux ans, qui avait été amenée depuis trois mois par sa mère et M. Xaé, alors curé de Nonhigny. Comme la supérieure refusait de laisser partir la jeune fille et de restituer la dot de 10,000 fr. qu'elle avait apportée à la communauté, une scène violente s'éleva entre elle et le jeune soldat, qui dut prendre sa soeur par le bras et la trainer de force hors du couvent. »
6 juin 1891
Le nommé Merraux, étameur ambulant, a été arrêté par la gendarmerie de Blâmont, en flagrant délit de vol d'un porte-monnaie au préjudice de Mme Pérouff, aubergiste.
9 juin 1891
Blâmont
Notre correspondant nous envoie la rectification suivante :
« Contrairement à ce que je vous ai écrît, M. le ministre de l'intérieur a envoyé à la société de tir de Blâmont non pas des épinglettes mais cinq médailles, dont une en vermeil, deux en argent et deux en bronze. »
15 juin 1891
Lunéville
Tribunal correctionnel. -[...] . - Goeury, Joseph, 14 ans, sans profession à Blâmont, pour délit de chasse, acquitté, ayant agi sans discernement.

Saint-Martin
On lit dans l'Eclaireur de Lunéville :
« La paroisse de Saint-Martin est desservie depuis le mois de septembre dernier par M. le curé de Blémerey qui depuis quelques mois ne met pas dans l'exécution de ses services religieux l'empressement désirable. C'est pourquoi la municipalité, d'une voix unanime a adressé à M. le préfet une plainte dans laquelle elle mentionne l'insuffisance de ses services. Ainsi pendant toute la semaine de Pâques cette commune s'est vu privée de tous offices religieux : le jour des Rogations, les fidèles habillés en dimanche ont attendu en vain M. le desservant pour célébrer la messe et la procession annoncée par ce dernier : le dimanche suivant, sans aucun avertissement, les habitants réunis à l'église furent privés de messe, ce prêtre n'étant pas venu pour la célébrer.
« A la suite de cette plainte, le service religieux reprit son cours. M. le maire de Saint-Martin pendant une messe basse, sortit de l'église « c'est son droit » ; mais il est accusé d'en être sorti bruyamment et d'avoir prononcé ces mots : « qui m'aime me suive ». Ce qui est faux et c'est ce qu'il a tenu à démontrer en invitant devant M. le juge de paix du canton de Blâmont, M. le desservant de Blémerey et en lui demandant (pour les pauvres) des dommages-intérêts : mais ce prêtre préféra faire rétractation des paroles infamantes et promit devant M. le juge qu'il remettrait à M. le maire de Saint-Martin, une lettre par laquelle il reconnaît que les bruits et la diffamation sont faux. Ce qui fut fait. Ainsi soit il. »
17 juin 1891
ETAT CIVIL QUOTIDIEN DE NANCY
Du 16 juin 1891
[...] DÉCÈS.
Léonie Galand, épouse Kelin, 56 ans, sans profession à Blâmont (hôpital civil).
18 juin 1891
Blâmont
Société de tir. - Voici les résultats obtenus à la séance du 14 juin 1891 :
MM. Emile Pagny, 6 balles 10 points:Christophe Gérard, 6 b. 9 p.; Charles Trabac, 6 b. 8 p.; Léon Petit, de Verdenal, 6 b. 8 p : Paradis, 6 b. 7 p. ; Toubhans, 6 b. 7 p. ; Hélin 6 b. 7 p. ; Cosson, de Xousse, 6 b. 9 p. ; Armand Cuny, 6b. 7 p. ; Louis François. 6 b 6 p.; Roussillon, 6 b. 7p. ; Joseph Marchal, 5 b. 5 p. ; Baumgarten, 5 b 6 p.; Foelle 5 b 6 p.; Ambroise Cherrier, 5b. 6 p. ; Pinoit 5 balles 6 p. ; Rassel. 5 b. 8 p. ; Thiaucourt 5 balles 6 p. ; Jules Dedenon, de Xousse, 5 b 6 p.; Camille Dedenon, de Xousse, 4 b 5 p ; René Florentin, 4 b. 7 p.; Massion, 4 b 4 p. ; Emile Colin, 4 b. 4 p. ; Aubry, de Gogney, 4 b 4 p. ; Emile Mangin, 4 b. 5 p. ; Détré, 4 balles 4 p. ; Gondrexon, 4 b. 5 p. ; Joseph Pierson- 4 b. 4 p. ; Rey, 4 b. 4 p.
20 juin 1891
La gendarmerie de Blâmont a ouvert une enquête sur une rixe qui a éclaté sur la voie publique, à Reillon, entre MM. Biaise, cultivateur, et Eugene Simonaire, aubergiste, habitant la localité
21 juin 1891
Igney-Avricourt
M. Thiriet, aiguilleur chargeur à la gare d'Igney-Avricourt, était occupé à construire une pile de planches. Tout à coup les planches glissèrent et vinrent s'abattre sur les pieds de Thiriet. Les contusions sont assez graves. M. le docteur Saucerotte. de Lunéville, qui a prodigué des soins au blessé, a déclaré que l'incapacité de travail serait d'environ quinze jours.

- Le sieur Eugène Biaise, cultivateur à Reillon, passait devant la demeure du sieur Eugène Simonaire, aubergiste, lorsque ce dernier, qui causait le avec un de ses voisins, interpella Biaise en ces termes : « Voilà un beau four, il n'a pas de g... » • Biaise continua sa route, après avoir répondu à l'injure par les mots de « v... » et de « Prussien ! »
Simonaire se précipita à sa poursuite et l'atteignit à environ cinquante mètres de sa maison. Les deux hommes se roulèrent sur la route en se portant des coups réciproques. La gendarmerie de Blâmont a dressé procès verbal.

ETAT CIVIL DE PONT-A-MOUSSON
[...] MARIAGES [...] Eugène Scherer, boucher à Pont-à-Mousson, et Lucie-Léonie Jacques, sans profession, à Domèvre-sur-Vezouze.

23 juin 1891
Igney-Avricourt
La gendarmerie a arrêté, au moment où il allait franchir la frontière, un militaire du 79e régiment d'infanterie à Nancy. Interrogé, ce soldat a déclaré se nommer Jules Mathieux cultivateur, originaire du Morbihan étant au corps depuis le mois de nombre 1888. Il avait quitté son corps au refus d'une permission de trente jours qu'il avait demandée.
9 juillet 1891
- La gendarmerie de Blâmont a arrêté le nommé Jean Monnet, domestique à la ferme Duchamp, écart de Blâmont, pour avoir dérobé, au préjudice d'un autre domestique, un porte-monnaie contenant 28 fr.
13 juillet 1891
Le général Marin
Nous avons publié hier, d'après une dépêche Havas, une partie des promotions dans l'état-major général.
Aux noms que nous avons cités il convient d'ajouter celui de notre compatriote, M. Emile Marin, nommé au grade de général de brigade.
Né à Blâmont en 1836, le nouveau général a fait ses études au collège de cette ville, puis au lycée de Metz.
Reçu à Saint-Cyr en 1855, successivement sous lieutenant, lieutenant et capitaine au 12e régiment de dragons, ensuite détaché comme instructeur à Saint-Cyr, nommé chef d'escadron puis colonel au 6e hussards, M. Marin, qui est officier de la Légion d'honneur, commandait en ces derniers temps la brigade de cavalerie d'Evreux.
Le général Marin est l'un des meilleurs écuyers de l'armée. Sa vigueur peu commune lui permettra d'exercer avec distinction et entrain les fonctions de son nouveau grade.
Les habitants de Blâmont et ses anciens camarades seront heureux d'apprendre la nomination au généralat de cet officier distingué.
14 juillet 1891
Différents objets, estimés 75 fr., ont été dérobés, la nuit, au préjudice de M. Bertrand, aubergiste à Emberménil. Malgré les recherches faites par la gendarmerie d'Igney-Avricourt, le ou les auteurs de ce vol sont restés inconnus
16 juillet 1891
Blâmont
Société de tir. - Séance du 12 juillet. - Distance, 350 mètres.
Armand Cuny, Jules Massel, 6 b. 9 p. ; Victor Hélin, Coster, G b. 8 p. ; Alfred Godchot, Christophe Gérard, Louis François, René Florentin, Louis Foell, 6 b 7 p. ; Delaite, gendarme, 6 b. 6 p ; Joseph Marchal, 5 b. 7 p.; Heim. Emile Laval, Welker, notaire, Rey, Scapula (de Frémonville), 5 b. 6 p.; Trabac. Jules Dedenon, Louis Bêche (de Frémonville), Léon Petit (de Verdenal). Thiaucourt. 5 b. 5 p.; Victor Paradis, Emile Pagny, Baumgarten, Félix Denis, Simon, 4 b. 5 p.; Ernest Richer, 4 b. 4 p.
Tir au revolver ; distance, 30 mètres. - Jules Hennequin, 6 b. 8 p.; Adrien Batho 6 b. 7 b.; Berthe Arthur, 5 b. 7 p.; Henry Dupays, 6 b. 6 p.; Victor Paradis, docteur Henriot, 5 b. 6 p ; Charles Hilbert, Joseph Thomas, 5 b. 5 p.; Emile Pagny, 4 b. 4 p.
20 juillet 1891
Lunéville
Tribunal correctionnel
Charton, Eugène, 32 ans, Bulté, Emile 30 ans, cultivateur à Amenoncourt, pour coups et blessures volontaires et bris de clôture. Charton, 50 fr. d'amende (défaut), Bulté 100 fr. d'amende ; jugement suspensif. -. Simonaire, Eugène, 38 ans, aubergiste à Reillon, pour injures simples, 16 fr. d'amende ; jugement suspensif.
22 juillet 1891
Plainte a été portée à la gendarmerie de Blâmont par Mme Fiel, de Saint-Martin, contre le nommé Zutmeyer, journalier, demeurant au même endroit, pour avoir exercé des violences sur elle.
26 juillet 1891
Xousse
M Dedenon, maréchal-ferrant, en revenant en voiture de Vaucourt, a été renverse par une autre voiture lancée à fond de train. M. Dedenon a porté plainte à la gendarmerie.
27 juillet 1891
Lunéville
Tribunal correctionnel. - Julien Adam, 22 ans, Joseph Adam, 18 ans, journaliers à Blâmont. pour délit de chasse, 50 fr. d'amende chacun.

Blâmont
M. Lafrogne, (Jules-Louis-Henri), aspirant de marine de 1re classe, est promu au grade d'enseigne de vaisseau.
5 août 1891
Blâmont
La distribution des prix de la société de tir de Blâmont a eu lieu dimanche 2 août, à quatre heures du soir, sous la présidence de M Bérogin, de Baccarat, capitaine au 41e régiment d'infanterie territoriale. Il a prononcé quelques paroles émues qui ont été chaleureusement applaudies par toute l'assistance
M. Delabbey, vice-président de la société, a ! fait également un petit discours ; il a remercié les personnes qui avaient contribué à un titre quelconque au soutien de la société et les dames qui étaient venues, par leur présence, encourager les lauréats.
Le sergent Iancey, du 2» bataillon de chasseurs a pied, qui était venu prêter son concours à toutes les séances :
La musique la Blâmontaise a joué les plus beaux morceaux de son répertoire.
Résultats obtenus :
Tir d'ensemble. - 1er prix, Delaite, de Blâmont ; 2, Louis François ; 3, Jules Dedenon, de Xousse ; 4, Albert Cosson, id.; 5, Scapula, de Fremonville ; 6, Victor Hélin, de Blâmont ; 7, Armand Cuny, id. ; 8, X.
Gérard, id. ; 9, Charles Trabac, id. ; 10, Pierre, de Frémonville.
Mentions honorables. - 1, René Florentin, de Blâmont ; 2, Camille Dedenon. de Xousse ; 3, Léon Petit, de Verdenal ; 4, Massion, de Frémonville ; 5, Louis Foell, de Blâmont ; 6, Victor Henry, de Verdenal ; 7, Emile Pagny, de Blâmont ; 8, François Welker, id. ; 9, Joseph Simon, id.; 10, Jules Massel, id.
Tir régulier.-Cible n° 2. - 1, Miclot, de Blâmont; 2, Henri Dupays, idem ; 3, François Coster, 4, Aloïse Trabac, idem.
Mentions honorables : 1, Arthur Berthe, idem ; 2, Constant Petit, de Verdenal ; 3, Eugène Pinoit, de Blâmont.
Tir facultatif (série limitée). - 1, Mathilde Meyer, de Frémonville ; 2, Arthur Berte ; 3, Félix Denis, de Blâmont.
Mentions honorables : -f1 Henri Dupays ; 2, Henri
Petit, de Blâmont ; 3, Miclot.
Revolvers. - i, Bechmaun, de Blâmont ; 2, Armand Spire, idem ; 3, Jules Hennequin, idem ; 4, Jules Toubhans.
Mentions honorables : 1, Delaite, 2, Albert Cosson ; 3, Alfred Moitrier, de Blâmont.
Tir régulier (hors concours). - 1, Delaite; 2, Léon Petit ; 3, Scapula.
Mentions honorables: 1, René Florentin; 2, Albert Cosson ; 3, Christophe Gérard.
Tir facultatif (série limitée). - 1, Léon Petit ; 2, C. Dedenon ; 3, René Florentin.
Mentions honorables : 1, Louis Foëll ; 2, Delaite ; 3, Joseph Trabac, de Blâmont,
Tir régulier (cible n° 1). - 1, Auguste Delarue, de Blâmont ; 2, Gustave Florentin, id.
Mentions honorables : 1, René Aubry, de Gogney; 2, Gustave Bernard, de Blâmont.
Tir facultatif (série limitée). - 1, Jules Denis, de Blâmont.
Mentions honorables : 1, Gustave Florentin ; 2, Joseph Pierson, de Blâmont.
Tirs facultatifs. - Séries illimitées. Spécial aux trois plus belles séries faites pendant les six séances. - 1, Armand Cuny ; 2, Victor Hélin ; 3, Jules Toubhans, de Blâmont.
Mentions honorables : 1, Léon Petit ; 2, René Florentin ; 3, Victor Paradis, de Blâmont.
Spécial aux deux plus belles séries faites pendant la séance du concours. - 1, Victor Hélin ; 2, Jules Toubhans.
6 août 1891
Flin-Domjevin
Société de tir (41e territorial). - le concours général annuel aura lien le dimanche 9 août, sur le champ de tir de Domjevin, de six heures du matin à midi. La distribution des prix de tir aura lieu le même jour, à trois heures du soir, sur la place devant la mairie de Domjevin.
Pour la commission : BRÉGEARD.
8 août 1891
ETAT CIVIL QUOTIDIEN DE NANCY
Du vendredi 7 août
[...] DÉCÈS
[...] Louise Breton, épouse Schmitt, 56 ans, hôpital civil, négociante à Blâmont (Meurthe-et-Moselle) décédée boulevard Lobau, 19.
10 août 1891
ETAT CIVIL DE LUNÉVILLE
[...] PUBLICATIONS DE MARIAGF.S
[...] Charles-Joseph Odinot, instituteur à Lunéville, et Maria-Celestine Venel, institutrice àHarbouey
13 août 1891
Nancy, mercredi 12 août.
LE TIR EN LORRAINE
C'est avec une joie patriotique que nous enregistrons les excellents résultats obtenus par nos sociétés militaires de tir. Il n'est pas exagéré de dire que le mouvement ascensionnel auquel nous assistons a une portée considérable.
Le tir, jusqu'ici réservé aux jeunes gens aisés ; le tir, regardé jusqu'ici comme une préparation à la chasse, amusement luxueux ; le tir, avant quelques années, fera partie de l'éducation de tous les Français. Inutile d'insister sur les heureuses conséquences de ce phénomène au point de vue militaire : l'exercice du tir double la valeur des combattants.
Aujourd'hui, nous constatons l'existence : 1° en Meurthe-et-Moselle, de 25 sociétés de tir militaires (territoriales ou mixtes), dont 13 du 41e, 6 du 42e, 3 du 44e et 3 du 45e territorial ; 2° dans la Meuse, de 13 sociétés militaires, dont 11 du 44e et 2 du 45e territorial; 3° dans les Vosges, de 17 sociétés militaires dont 9 du 41e et 8 du 43e territorial. Soit un total, pour la Lorraine, de 55 sociétés de tir militaires.
En outre, 12 sociétés de tir civiles, à longue portée, fonctionnent dans nos trois départements, ce qui porte le nombre total des sociétés de tir de la Lorraine à 67, sans préjudice des sports, sociétés d'instruction militaire, bataillons scolaires, qui pratiquent également le tir à longue portée.
On sait que la différence entre les sociétés de tir militaires et les sociétés de tir civiles consiste en ce que les premières sont accessibles à la masse de la population parce qu'elles perçoivent une cotisation minime, tandis que les cotisations annuelles des sociétés civiles sont élevées et que les concours y coûtent fort cher. Par suite, le nombre des adhérents est beaucoup plus restreint dans les sociétés de tir civiles que dans les sociétés militaires.
La plus ancienne des sociétés de tir civiles existant actuellement en Lorraine, fut créée à Epinal en 1864. Cette Société avait eu pour devancière l'ancienne Compagnie des Arquebusiers d'Epinal qui, dès 1510, avait attiré, par sa bonne tenue et sa forte discipline, l'attention d'Antoine, duc de Lorraine, lequel choisit parmi ses membres 24 gardes du corps pour augmenter la splendeur de sa maison.
La plus ancienne des sociétés actuelles de tir militaires de Lorraine, fut également créée à Epinal. en 1877, suivant de près la Société de tir militaire créée la première en France, à Lille, en juillet 1876. Les sociétés de tir militaires ne parurent que plus tard à Nancy : celle du 42e territorial en 1879. et celle du 41e territorial en 1880. Pour cette dernière, les statuts furent élaborés et la Société fut autorisée alors que le lieutenant-colonel Lannes de Montebello commandait le 41e territorial.
Néanmoins s'il y a beaucoup de fait, il reste beaucoup a faire. Nombre de cantons sont encore dépourvus de sociétés de tirs militaires : en Meurthe-et-Moselle,-ceux de Nomeny, Audun-le-Roman, Chambley, Arracourt, Colombey, Domêvre-en-Haye et Thiaucourt ; dans la Meuse, ceux de : Moutiers-sur-Saulx, Triaucourt, Vaubecourt, Vavincourt, Commercy, Saint-Mihiel, Vigneulles, Void, Damvillers, Dun, Montfaucon, Spincourt, Charny, Clermont en-Argonne et Varennes ; dans les Vosges, ceux de : Bains, Mirecourt, Darney, Dompaire, Monthureux-sur-Saône, Vittel,Bulgnéville, Chatenois, Coussev, La Marche, Plombières, Saulxures, Le Thillot
Il est à remarquer que Mirecourt, Monthureux, Vittel, Bulgnéville, Plombières et Saulxures ont, à défaut de sociétés de tir militaires, des sociétés de tir civiles à longue portée. Par contre, Commercy et Saint-Mihiel qui sont des villes de garnison et possèdent, comme telles, des champs de tir militaires que les sociétés de tir seraient autorisées à utiliser, n'ont pas de sociétés. Le nombre des sociétés de tir à créer est plus élevé encore que le nombre des cantons à pourvoir, car il n'est pas rare devoir deux sociétés de tir dans le même canton (et cette proportion est presque toujours nécessaire), puisqu'il faut que tout homme puisse trouver un champ de tir à proximité de sa demeure en accomplissant un trajet maximum de 7 à 8 kilomètres.
Malgré les lacunes que nous venons de signaler, la Lorraine est une des provinces françaises où le tir est le plus en honneur. Nos 55 sociétés de tir militaires exercent annuellement environ 15,000 tireurs qui brûlent 750,000 cartouches pour fusil de guerre. On comprend surtout l'éloquence de ces chiffres quand on sait qu'il n'y a en France que 430 sociétés de tir militaires (dont 55 lorraines) exerçant cent mille tireurs environ (dont 15,000 en Lorraine). Cette comparaison montre que les autres provinces ont à faire pour nous rattraper.
La plus forte de nos sociétés de tir lorraines est celle de Flin (Meurthe-et Moselle). Nous donnons plus loin le compte-rendu de sa distribution des prix, effectuée solennellement dimanche.
Cette société, la troisième par ordre d'importance des sociétés de tir militaires de France, compte 1,250 adhérents. Elle possède deux champs de tir : l'un à Flin (canton de Gerbéviller) et l'autre à Domjevin (canton de Blâmont), au pied du fort de Manonviller. En outre, les villes de Gerbéviller et Blâmont possèdent chacune une société de tir.
Les membres de la société de Flin Domjevin paient une cotisation annuelle de un franc, en retour de laquelle il leur est alloué, tous les ans, trente-six cartouches gratuites. Cette avantageuse organisation est due tout entière au zèle, à l'activité et à la générosité de M. Brégeard, lieutenant au 6e escadron territorial du train des équipages, président de la société, qui paie non seulement de sa personne en tout et partout, mais encore de son argent.
M. Brégeard est habilement secondé par deux officiers de réserve : MM. Reffay, du 92e de ligne et Porchel, du 8e d'artillerie, et par l'intelligent instituteur de Flin, M. Clochette.
Aussi, la fête de dimanche, à Domjevin, a-telle eu un éclat particulier, digne au plus haut point d'exciter l'attention.
Situé à 46 kilomètres de Nancy, à 17 de Lunéville, à 15 de Blâmont, son chef-lieu de canton, Domjevin est un beau village de 500 habitants.
C'est un vieux pays rural. (La gare la plus proche, Marainviller, se trouve à neuf kilomètres.) Il est commandé par le fort de Manonviller. Aucune cheminée d'usine ne noircit le paysage, ce ne sont que prairies, bois, champs à perte de vue.
Voilà un décor à souhait pour l'observateur désireux de saisir sur le vif l'influence qu'a pu acquérir dans ce milieu intime, exclusivement champêtre, l'institution que nous appelions l'an dernier : le tir national, à savoir le tir à l'arme de guerre, pratiqué par des paysans dont beaucoup font deux lieues pour venir s'exercer en plein champ, sans abri, dans des conditions qui se rapprochent le mieux de l'état naturel.
Eh bien, les résultats obtenus sont prodigieux et la distribution des prix, couronnement de « l'année scolaire », prend ici les proportions d'une véritable fête nationale.
Dimanche, à quatre heures, posté sur un des hauts côtés de la grand'rue, dont le centre est très encaissé, je regardais descendre le cortège : « Vous êtes à votre banc de ! quart », me cria au passage le sympathique capitaine Nicolas, adjoint au maire de Lunéville.
Oui. capitaine, j'étais à un • banc de quart» d'où l'on apercevait un spectacle bien digne d'intérêt : l'antique village pavoisé, animé, rempli d'une foule accourue de tous les points du canton ; le cortège précédé et flanqué des adolescents du pays qui avaient spontanément dévalisé de ses drapeaux la salle de bal, et en faisaient aux autorités une haie tricolore ; la fanfare du 7e dragons ; le sous-préfet en grande tenue, les maires des villages voisins, les uniformes des officiers et des soldats du fort de Manonviller coudoyant les uniformes des officiers territoriaux enfants du pays; et des toilettes, de jolies toilettes à profusion, car les femmes sont dans l'affaire, fières de leurs bons tireurs de maris, lesquels remportent à la maison un objet utile ou agréable.
C'est bien là une cérémonie nationale, désormais prestigieuse aux yeux de la population et dont, pour ma part, je suis revenu ravi.
Il faut tout voir. L'extérieur est gai, brillant, caressant à l'oeil. Mais il n'y a pas que cela. Nous ne sommes pas à une kermesse.
Nous assistons à une fête patriotique et sociale où les représentants de l'armée active fraternisent avec la territoriale ; où les officiers d'artillerie du fort de Manonviller peuvent toucher du doigt le labeur silencieux de leurs collègues territoriaux. Ceux-ci ont bien le droit d'être en uniforme, aujourd'hui. Personne ne s'avisera de prétendre qu'ils « jouent au soldat ». Depuis des mois, ils ont consacré chacun de leurs dimanches à styler et à encourager les tireurs ; ils ont tenu la comptabilité, sollicité des prix; eux-mêmes en ont donné. Aussi, quand retentira sur cette frontière le « aux armes citoyens ! » dont parlait, à Moscou, le général russe Tchernaïef, ce sont de fins fusiliers qui rejoindront Manonviller et nos autres forteresses ; et, grâce à qui ? grâce à ces cadres territoriaux dont on ne saurait plus contester l'utilité et le dévouement éclairé.
Premier résultat moral et social. En veut on un autre ? Si l'armée permanente apprend à apprécier ses collaborateurs de la réserve et de la territoriale, les gens du canton apprennent non moins à apprécier les officiers territoriaux ; petit à petit, ils sont amenés à observer à leur égard une attitude déférente. Ainsi se maintiennent imperceptiblement les liens de la discipline. Sonne l'heure de la mobilisation, les hommes obtempéreront sans efforts aux premiers ordres donnés par ces concitoyens, qu'ils sont dès à présent habitués à considérer comme leurs chefs naturels.
Et ce prestige dé l'officier territorial, croit-on qu'il ne frappe pas l'esprit des adolescents, - de ces adolescents qui, dimanche, à Domjevin, armés de drapeaux, escortaient les autorités ? « Moi aussi, pensent l'un et l'autre, je tâcherai d'être officier territorial. »
Une si noble ambition n'est-elle pas précieuse pour le recrutement de nos cadres de seconde ligne ? n'est-elle pas un gage de bonne conduite et de travail ?
Voilà, mon capitaine Nicolas, ce que je voyais de mon • banc de quart »... de journaliste, tandis qu'au dessous, sur la route, s'égrenait la grande foule endimanchée.
Voilà l'enseignement que nous tirons de ces « fêtes du tir national », de plus en plus nombreuses et suivies.
Enseignement viril et bien réconfortant que constatent les discours prononcés dimanche, à Domjevin par vous, mon capitaine ; à Vézelise, le même jour, dans une solennité analogue, par M. Florentin, conseiller général ; à Flavigny, le même jour encore, par le colonel enjaud et par le capitaine Vuillaume, maire de Flavigny ; dimanche, également, dans une autre solennité, - agricole celle-ci, - par notre cher et éminent député, M. Mézières, disant aux cultivateurs de l'arrondissement de Briey :
« Vous conservez à la patrie une génération vigoureuse, cette race sortie des champs, dont elle a besoin pour la défense du sol national. »
Les concours de tir développent puissamment l'initiative et l'adresse de ces « générations vigoureuses ». On ne saurait donc trop les propager et les honorer,
MARTIAL .

Société mixte de tir de Flin
Voici le compte-rendu de la distribution des prix à cette nombreuse société, cérémonie dont nous avons déjà parlé dans notre article de tête.
La distribution des prix a eu lieu dimanche à trois heures, à Domjevin, sous la présidence de M. le capitaine Nicolas, chevalier de la Légion d'honneur et adjoint au maire de Lunéville.
M. le sous-préfet de Lunéville avait accepté d'honorer la fête de sa présence.
M. Brégeard, lieutenant au 6e escadron territorial du train, président de la société, avait fait préparer et pavoiser une estrade ; en outre, il avait obtenu le concours de la fanfare du 7e dragons, qui a été amenée de Lunéville dans trois breacks.
Dès dimanche matin, de nombreux drapeaux flottent aux fenêtres du calme village, envahi par une masse de visiteurs.
De tous les environs, on était venu qui à pied, qui à cheval, qui en voiture : on aperçoit aussi plusieurs bicyclistes.
La route de Flin à Domjevin présente une curieuse particularité : en approchant de ce dernier village, on rencontre sept ponceaux, jetés sur des ruisseaux et sur la vezouze.
A la traversée de chaque ponceau, la route monte, puis redescend assez brusquement, en sorte qu'on a la sensation d une série de montagnes russes - car les ponceaux se suivent de près.
Un groupe de tireurs de Lunéville avait équipé une grande charrette, l'avait tapissée et enguirlandée ; nos gaillards sont arrivés ainsi, couchés dans le feuillage.
A deux heures, la musique des dragons se formait en cercle devant l'auberge du Chariot d'Or, où étaient descendues les notabilités et elle jouait quelques morceaux, A trois heures, le cortège s'assemblait au même endroit, pour gagner l'estrade, construite dans le haut du village.
On peut évaluer à 2,500 le nombre des personnes qui suivaient
Sur l'estrade, nous avons remarqué : MM. Pizot, le nouveau sous-préfet de Lunéville. Henriet, conseiller d'arrondissement d'Arracourt. Pierron, inspecteur primaire de Lunéville ; Bing, Collet, Jeanmaire, Ricklin, de Lunéville: Renaud, de Baccarat: Thomassin, capitaine des douanes; Grandclaude, maire de Domjevin ; Adrian, de Bénaménil ; Alison, de Blémerey : Boudot, de Halloville : Chatelet, de Réclonville; Mangin, de Fréménil ; Marcel, de Saint-Martin ; Moitrier, d'Ogéviller ; Viard, de Laneuveville-aux-Bois.
Les officiers du fort de Manonviller ; plusieurs officiers territoriaux ou de réserve : capitaine Haeffelé; lieutenants Vogin, Flornoy; Porchel sous-lieutenant de réserve au 8e d'artillerie; Reffay, sous-lieutenant de réserve au 92e de ligne, etc., etc.
La musique joue la Marseillaise, puis M. le capitaine Nicolas prend la parole en ces termes
Mesdames, Messieurs,
Je ne suis pas un inconnu pour vous, tireurs de la Société de Flin-Domjevin. Pour la troisième fois et sur la demande de votre honorable président, M. Brégeard, auquel j'en adresse mes remerciements, j'ai l'honneur de présider aujourd'hui la distribution de vos prix.
Je remercie toutes ces dames d'avoir bien voulu nous donner une marque de sympathie et rehausser le prestige de la Société par leur présence a cette fête.
Les sociétés de tir dans l'arrondissement de Lunéville remontent à une époque antérieure aux désastres de 1870.
Déjà à ce moment, les patriotes secouant la léthargie qui planait alors sur le pays, avaient saisi l'importance du tir avec des armes perfectionnées et à longue portée ; ils s'étaient constitués en société de tir.
Malheureusement, ils ne furent pas encouragés ni suivis. Il fallut l'année terrible avec sa traînée de poudre et de sang, du Rhin à la Loire et au Rhône, pour réveiller le patriotisme d'un peuple de héros.
Les armées régulières anéanties ou prisonnières, laissèrent le champ libre à l'envahisseur. Un homme se leva et de sa voix puissante organisa des légions, qui sauvèrent l'honneur national. Pendant cinq mois, ces troupes improvisées tinrent tête aux soldats vainqueurs : encore un effort et c'en était fait de ceux-ci, nul ne l'ignore.
Cet effort eut été obtenu si tous les citoyens avaient été dressés au métier des armes et surtout au tir. L'Assemblée nationale le comprit si bien, qu'en juillet 1872, elle vota le service militaire personnel, appliqué depuis plus rigoureusement, en vertu de la loi du 15 juillet 1889.
Cette heureuse innovation ne suffirait pas, les ressources budgétaires ne permettant pas de conserver les hommes assez longtemps sous les drapeaux.
A votre éloge vous comblez cette fâcheuse lacune en employant vos loisirs à la pratique du tir de guerre.
Les résultats que vous avez obtenus laissent loin derrière vous les imperfections du début. Grâce à l'activité du comité de votre société et à votre bonne volonté, ils sont ni plus ni moins que remarquables. D'hommes pour la plupart sans notions sur le tir, vous êtes arrivés à une grande précision que vous cherchez à entretenir, ce dont il faut vous féliciter chaudement.
Les jeunes suivront le bel exemple de leurs aînés et, tous, en vaillants descendants des Lorrains et des Alsaciens, vous maintiendrez la réputation de patriotes qu'ils ont acquise au prix de leur or, de leur dévouement et de leur sang.
La bravoure était leur apanage.
Aujourd'hui les armes nouvelles semant la mort à d'énormes distances, cette bravoure doit être doublée de l'adresse au tir. En hommes de progrès vous l'avez tellement reconnu que, malgré les durs travaux de la semaine, vous n'avez pas hésité à consacrer le jour du repos à l'acquisition d'une science, qui est la sauvegarde du pays
Nous félicitons les tireurs de Domjevin et des environs d'avoir suivi les traces des camarades de Flin et institué, à Domjevin même, un champ de tir leur permettant de se livrer à un exercice que doit apprendre tout Français.
Une nation ne supporte pas des revers comme ceux de 1870, sans se les rappeler et sans songer surtout aux moyens de les éviter dans l'avenir.
Des Pyrénées à la Manche et des Alpes a l'Océan, l'élan est donné ; partout surgissent à l'envi des sociétés de tir.
Placés à l'extrême frontière, vous n'avez pas voulu vous laisser dépasser ; vous avez répondu à l'appel de l'infatigable et dévoué M. Brégeard et nous possédons un tir de plus dans la région, et un tir qui ne se laissera pas distancer à en juger par les résultats de la première année.
La France, confiante dans sa force, repose sur l'arme la tête haute ; elle n'attaquera personne, mais elle réprimera énergiquement toute atteinte à son honneur.
Travailleurs pacifiques avant tout, vous ne désirez pas la guerre, dernier restant de la barbarie, mais le jour où votre pécule péniblement amassé, vos droits et votre liberté assurés, l'étranger quel qu'il soit oserait les menacer, vous sauriez remplir votre devoir sans faiblesse.
Oui ! tous à l'instar de vos ancêtres et en phalanges serrées et instruites, vous fondriez sur l'envahisseur et vous l'anéantiriez sûrement.
Nous vous remercions, tireurs de Flin Domjevin, de vos excellentes dispositions patriotiques ; vous engageons à continuer à vous entretenir la main au tir et, les événements se réalisant, vous pourrez dire hautement quand on parlera de la destruction des hordes étrangères : « J'y étais » et tout le monde se découvrira avec respect devant le citoyen-héros.
Ce discours, prononcé d'une voix forte, vibrante et énergique, est accueilli par plusieurs salves d'acclamations.
On procède ensuite à la distribution des prix : c'est un charmant coup d'oeil que ce va et vient des lauréats qui répondent à l'appel de leurs noms, se pressent sur l'estrade et après ont toutes les peines du monde à se dégager de la foule avec leurs objets, souvent fragiles. Les enfants tendent les mains, ils veulent voir, s'approcher, toucher la ménagère, craintive, débarrasse son mari d'un flacon ou des petits verres du cabaret à liqueurs, gage de son adresse au tir. On se congratule réciproquement, on échange son opinion sur la beauté du lot de Pierre ou de Paul, etc.
Le service d'ordre était fait par un caporal et quatre hommes du 2e chasseurs à pied.
Voici la liste des prix :
Tirs réglementaires (5 séries de 6 balles). - MM. I. Victor Brégeot, de Lunéville.- 2. Louis Marchand, Lunéville. - 3. Edouard Caël, Baccarat. - 4. Charles Zablot, Lunéville. - S. Lelort, Flin.- 6. -Jules Chatton, Lunéville. - 7. Biston, Flin. - 8. Ernest Pacatte, Saint-Clément - 9. Boulin, Saint-Clément. - 10. Colas, Baccarat. - 11. Edmond Carrière, Bar-le-Duc - 12. Babillotte, Lunéville. - 13. Jullig, Lunéville. - 14. Risville, Flin. - 15. Auguste François Lunéville. - 16. Joseph Simon, Flin. - 17. Emile Jardel, Lunéville. - 18. Adolphe Zablot Lunéville.- 19. Joseph Henry, Flin. - 20. Lucien Barthélémy, Domjevin.
Tir facultatif (les trois plus belles séries payantes). - 1er prix. Louis Simon. Flin. - 2. Gilbert Crouzier, Saint-Clément. - 3. Julien Crouzier, Saint-Clément. - 4. Théophile Munier, Domjevin. -5. Emile Jardel, Lunéville. - 6. Lucien Goulz, Flin. - 7. Carmel, Manonviller. - 8. Lefort, Flin. - 9. Joseph Simon, Flin. - 10. Biston, Flin. - 11. Brouillard, Domjevin. - 12 Louis Aubry, Lunéville. - 13. Barthélémy, Domjevin. - 14. Joseph Chatton, Domjevin. - 15. Charles Hunold, Lunéville. - 16. Léon Brégeard, Domjevin. - 17. Louis Marchand, Lunéville. - 18. Charron, Bénaménil. - 19. Adolphe Zablot, Lunéville. - 20. Risville, Flin. -21. Blaisins, Lunéville.
Concours (à Flin et à Domjevin, une série de 6 balles). - 1. Babillotte, Lunéville ; 2. Munier, Vého ; 3. Adolphe Zablot, Lunéville; 4. Louis Marchand ; 5. Biston, Flin ; 6, Gilbert Crouzier, Saint-Clément ; 7. Petitdemange, Baccarat ; 8, Jules Lapierre, Lunéville ; 9, Emile Galland, Chenevières ; 10, Loffel, Lunéville ; 11, Julien Crouzier, Saint-Clément; 12, Auguste Chatton, Ogéviller ; 13, Lucien Goulz, Flin ; 14, Louis-Charles Humbert. Flin.
15, Victor Bregeot, Lunéville; 16, Joseph Simon, Flin ; 17, Charles Henry. Lunéville; 18, Germain Maire, Saint-Clément ; 19, Emile George, Flin ; 20, Bouchez, Lunéville; 21, Jules Perrin, Baccarat; 22, Alphonse Cosson, Flin ; 23, Alph Gérardin, Chenevières ; 24, Richaume, Moyen ; 25, Justin Balland, Fontenoy ; 26, Terroigne, Pont -à-Mousson ; 27, Klingler Lunéville; 28, Alton, Blemerey; 29, Louis Demange Flin ; 30, Charles Biet, Flin; 31. Eug. Vourion, Ogéville ; 32, Charles Lapierre, Lunéville ; 33, Ch. Zablot, Lunéville ; 34, Charles Lapierre, Domjevin ; 35,Chanal, Bénaménil; 36, Céleste Jacquot, Saint-Clément - 37 Risville, Flin : 38, François Paillard, Lunéville ; 39 Charron, Bénaménil; 40, Paul Hunold, Lunéville ; 41 Ch. Jacquot, Bénaménil; 42, Edouard Caël, Baccarat'; 43, Ad. Henry, Blémerey ; 44, Berne, Lunéville; 45, Ulysse Dieudonné, Lunéville; 46, Auguste Paillard Lunéville ; 47, Justin Monet, Saint-Clément ; 48, Alex Tazé, Saint-Clément: 49, Boiselle, Lunéville ;50, Emile Bastien, Vého ; 51, Edmond Barbas, Saint-Clément ; 52, Emile Cherrière, Bénaménil ; 53, Emile Cherrière, bénaménil ; 54, Eugène Manonviller, Fréménil ; 55, Ch. Hunold, Lunéville ; 56 Alfred Masson, Domjevin ; 57, Recouvreur, Lunéville ; 58, Joseph Henry, Flin ; 59, Daugeat, Saint-Clément ; 60, Joseph Louis, Flin ; 61, Brouillard, Domjevin ; 62, Ch. François, Azerailles ; 63, Paul Carrière, Blemerey, 64, Ch. Glaudel, Fréménil ; 65, Auguste François, Lunéville : 66, Carmel, Manonviller; 67, J.-B. Poirine, Flin ; 68, L'hôte, Domjevin ; 69, Léon Jardel, Lunéville ; 70, Denis, Herbéviller ; 71, Victor Viard, Saint-Clément; 72, Aimé Chatel, Vého ; 73, Victor Lefort, Flin ; 74, Jules Bister, Vého; 75, Alf. Mathieu, Thiébauménil ; 76, Pitance, Flin ; 77, Léon Brégeard, Domjevin ; 78, Barthélémy, Domjevin ; 79, Liengey, Mignéville ; 80, Laurent, Bénaménil ; 81, Joseph Roll, Hablainville ; 82, Emile Henry, Cheneviéres; 83, Valentin Messin, Flin; 84, Emile Goulez, Flin ; 85, Dessert, Lunéville ; 86, Albert Crouzier, Fréménil ; 87, Ch. Perrin ; 88, Ernest Pacatte, Saint-Clément ; 89, Pomard, Saint-Clément ; 90, Louis Marchal, Fontenov.
La distribution des prix se fera à Flin l'année prochaine.
A cinq heures et demie, un banquet reunissait dans une salle du Chariot-d'Or, très bien décorée. MM. le sous-préfet Pizot ; Nicolas, Brégeard et les autres notabilités. Le repas venait de commencer lorsqu'une délégation des tireurs est venue offrir à Mme Brégeard un magnifique bouquet tricolore.
Pendant la durée du banquet, la fanfare des dragons a donné un véritable concert non seulement instrumental mais encore choral, sous la direction de son habile chef, M. E. Caron qui est à la fois bon instrumentiste et superbe soldat.
A la même heure, les musiciens de la commune s'installaient dans une salle construite en planches près de l'hôtel, et jouaient l'ouverture d'un bal qui devait se prolonger fort avant dans la nuit.
A la fin du banquet, plusieurs toasts ont été portés, un notamment par M. le sous préfet Pizot, qui a prononcé une harangue à la fois patriotique et spirituelle.
A onze heures du soir, moment où nous quittons Domjevin, le village est encore en pleine animation, on danse jusque sur la route.
18 août 1891
PETITES NOUVELLE RÉGIONALES
- La gendarmerie d'Igney-Avricourt, étant en tournée, a arrêté, sur le territoire de la commune d'Emberménil, les nommés Eugène Griesser, âgé de 17 ans, Charles Hokierbach, âgé de 15 ans, Charles Perséville, âgé de 18 ans, qui se sont évadés de la maison de correction de Hagueneau.
22 août 1891
Tribunal correctionnel de Nancy
Audience du 21 août,
[...] Marie Rosine Marque, 47 ans, femme Laurent, journalière ; Marie Pierson, femme Chiquard, 33 ans, ménagère à Ogéviller, se sont porté des coups réciproques après s'être adressées des injures. - Chacune 10 fr. d'amende.
24 août 1891
ETAT CIVIL DE LUNEVILLE
[...] PUBLICATIONS DE MARIAGES
[...] Jean-Nicolas Donati, employé aux chemins de fer à Igney-Avricourt, et Marie-Augustine Thomas sans profession à Xousse.
27 août 1891
Igney-Avricourt
Le gendarme de service à la gare aperçut, à environ vingt mètres du poteau frontière,trois individus ivres qui faisaient du bruit ; quand il les invita à cesser, ils répondirent qu'ils se rendaient à Moussey (Alsace-Lorraine) ; arrivés à quelques mètres hors du poteau frontière ils adressèrent des injures au gen darme.
Une demi-heure après, le gendarme les aperçut à nouveau près du passage à niveau.
Il les interpella et les arrêta pour outrages à la gendarmerie,
Ces trois individus sont ouvriers terrassiers à Moussey, et s'appellent Nicolas Lasnet, Pierre Ban, Dominique Bareti, ces deux derniers Italiens.
8 septembre 1891
PETITES NOUVELLES RÉGIONALES
- Le gendarme de service à la gare d'Avricourt a arrêté un individu venant d'Allemagne, lequel, après interrogatoire, a déclaré se nommer Charles Wipf, ébéniste, sujet badois.
Cet individu était porteur d'une somme de 1.140 fr. dont il n'a pu indiquer la provenance.
11 septembre 1891
Saint-Dié
Le Salon (suite). - Troisième salle [...]
Un excellent portrait de Mme G. B., par M. Ad. Démange, de Migneville ; pas mal également son Espiègle au petit nez retroussé, aux cheveux ébouriffés.
20 septembre 1891
Pettonville
Dimanche 13 septembre, à la tombée de la nuit, M. Charles Parmentier, de Pettonville, revenait de Blémerey lorsque, avant d'arriver sur une passerelle qui traverse la Vezouze, il remarqua qu'il était suivi par trois personnes qui s'efforçaient de le rejoindre. M. Parmentier doubla le pas et perdit de vue ceux qui le suivaient.
Comme il avait fait environ 150 mètres de l'autre côté de la rivière, il aperçut derrière lui un homme portant un chapeau blanc qui arrivait sur lui une canne à la main. Heureusement pour M. Parmentier, il fit la rencontre de deux douaniers d'Ogéviller, ce qui a empêché la poursuite de se continuer.

Vého
La compagnie des sapeurs-pompiers a reçu 20 fr. de gratification de la part de la compagnie d'assurances le « Phénix » pour le zèle qu'elle a apporté à combattre l'incendie qui a éclaté à Leintrey en mai dernier.

Bénamenil
Dans la nuit du 17 au 18. M.Dieudonné, coquetier à Ancerviller, venait au marché de Lunéville lorsque, près de Bénaménil, sa voiture a été accrochée par une autre qui passait. Un des chevaux de M. Dieudonné a eu peur et a entraîné la voiture dans le fossé où elle a versé.
Le chargement a été en grande partie perdu.

Igney-Avricourt
La gendarmerie d'Igney-Avricourt a arrêté le nommé Antoine Rinaldi, sujet italien, fondeur en étain à Sarreguemines, pour avoir émis, chez un aubergiste d'Igney, une pièce fausse de 2 fr. à l'effigie de Humbert, roi d'Italie, au millésime de 1883.
23 septembre 1891
La femme Marchal, demeurant à Blâmont, a été surprise par le garde-champêtre de Repaix, dérobant des légumes dans un champ appartenant à MM. Aubry et Lidviller, cultivateurs.
27 septembre 1891
LE RÉGIME DU PASSEPORT
On écrit de Strasbourg au Temps :
« L'information publiée par un grand nombre de journaux, d'après laquelle l'arrêté sur la suppression des passeports, qui ne doit entrer en vigueur que le 1er octobre prochain, serait en fait appliqué dès à présent à la frontière, est inexacte.
« Certains cas isolés ont pu faire croire que le passeport n'était plus réclamé. Par contre, je connais plusieurs personnes venant de France qui n'ont pu entrer dans le pays faute de ce document.
« En règle générale, le passeport est donc nécessaire jusqu'au 1er octobre, excepté pour les voyageurs entrant par Avricourt et ayant un billet jusqu'à Munich, et par Montreux-Vieux avec billet pour une station suisse ».

28 septembre 1891
A la frontière
L'alerte reporter Chincholle a couru à la frontière. Son récit confirme les réserves déjà formulées hier. Contrairement à ce qu'avait affirmé antérieurement une dépêche Havas. le passage n'est pas libre sans passeport. Voici quelques extraits du récit de M. Chincholle (daté d'Avricourt) :
On entre d'abord dans la « salle de révision » où se trouve, à côté d'un employé en uniforme, un soldat ayant le revolver au côté.
Je laisse à dessein passer les voyageurs dont chacun a ou un passeport ou une petite passe. On nomme ainsi le carton dont se prémunissent les Alsaciens-Lorrains qui ont un voyage à faire en France.
Mon tour venu, je dis à l'employé :
- Monsieur, je n'ai point de passeport. Je suis venu sur la foi des journaux qui annoncent que ce papier n'est plus indispensable
L'employé me répond en me montrant l'affiche sur laquelle il souligne cette date : 1er octobre.
- Toutefois, ajoute-t il, nous laissons passer ceux qu'un motif sérieux appelle en Allemagne. Avez-vous un motif sérieux? |
- Oh ! je ne veux point y entrer tout de suite. Je désirais seulement connaître les formalités. Il faut que je retourne à Igney.
Je tenais en effet à m'entretenir avec notre chef de gare de frontière qui n'était pas encore levé lors de mon premier passage. Je voulais connaître par lui l'importance de la nouvelle mesure, comparer le transit antérieur à la loi des passeports avec celui d'hier.
En l'attendant, je cause avec de nombreux employés. Je résume à la hâte les renseignements recueillis.
C'est à la Ligue des Patriotes que l'Alsace-Lorraine a dû la loi des passeports. C'est quand le procès, dont on se souvient, eut établi, à tort ou à raison, que, dans la plus petite commune d'Alsace-Lorraine, il y avait au moins dix ligueurs, que le gouvernement allemand jugea à propos de nous fermer sa frontière.
A l'arrivée du train suivant, M. Chincholle se présente carrément :
Cette fois, j'arrive le premier, dans la salle de réunion.
- Votre passeport ?
- Je n'en ai point.
- Mettez-vous là.
Et l'employé me pousse derrière le soldat à revolver.
Il place de même à ma suite une religieuse, un monsieur et trois dames qui n'ont ni passeport, ni petite passe.
Tous les autres, assez nombreux, ont ou celle-ci ou celui là. L'employé tend, après examen le grand papier ou le petit carton au soldat armé qui applique dessus un grand timbre.
Quand il ne reste plus que les gens sans papiers, le gardien de la frontière me demande mon nom, que naturellement je lui dis.
- Ah ! ah ! fait-il. Entrez là.
Et il me pousse dans son bureau, tandis qu'après conversation il envoie dans la salle de régie la religieuse, le monsieur et les trois dames qui ont montré des lettres, des télégrammes, etc
- Vous voyez, me dît-il, c'est comme cela depuis avril. Autrefois nous étions très rigoureux, mais, maintenant que la tranquillité est revenue, nous laissons passer ceux qui ont de bonnes raisons pour entrer en Alsace. Votre lieu de résidence ?
- Paris.
- Où allez-vous ?
- A Strasbourg.
L'employé écrit mes réponses sur une grande feuille à colonnes. Puis il prend dans un casier un petit registre où des noms sont écrits par ordre alphabétique. Je crois comprendre et je dis :
- Oh ! l'entrée de l'Alsace ne m'est pas interdite !
- C'est ce que je vois.
Autant que j'ai pu eu juger, ce petit registre contient tout au plus deux cents noms. Il est vrai que beaucoup d'autres ont été biffés.
- Et qu'est ce que vous allez faire à Strasbourg ?
- Etudier le transit avant et pendant les passeports.
- Qui irez-vous voir ?
Ici je réponds par un nom qui m'a été donné par le chef de gare d'Igney. L'employé écrit toujours. On m'a mis au courant. Je sais qu'hier un fils, appelé par une dépêche auprès de sa mère mourante, a trouvé, en arrivant chez celle-ci, à Strasbourg, deux gendarmes qui venaient voir si elle était réellement malade.
- Et vous n'avez pas un papier sur vous ? me demande l'employé.
Je réponds en tendant ma carte télégraphique.
- Combien de temps resterez vous à Strasbourg ?
- Un jour ou deux.
- C'est bien. En arrivant, vous vous rendrez au bureau de police.
29 septembre 1891
PETITES NOUVELLES RÉGIONALES
- Le nommé Jenn-Baptiste Depoutot, manoeuvre à Igney, a été arrêté pour outrages et rébellion envers la gendarmerie. Depoutot est de plus inculpé de vol d'une montre en argent.
3 octobre 1891
Verdenal
On nous écrit :
« Mardi dernier 29 septembre, les femmes Dumas étaient occupées à réparer un matelas quand les filles Petit, leurs voisines, avec lesquelles elles sont depuis quelque temps en mauvaise intelligence, passèrent allant à la fontaine. Ces dernières piétinèrent le crin que travaillaient les femmes Dumas. Bientôt arrivèrent les insultes suivies d'une bataille des plus corsées. La mère des filles Petit prit part à la bagarre et en sortit avec la figure complètement abîmée par des coups de manche de fouet.
La gendarmerie de Blâmont s'est portée sur les lieux. »

Blâmont
Contrairement aux habitudes locales le grand bal n'aura pas lieu cette année, nos aimables danseuses en sont toutes désolées.
4 octobre 1891
Instituteurs
M. le préfet de Meurthe-et Moselle a nommé instituteurs, sur la proposition de M. l'inspecteur
d'Académie :
[...] à Saint-Nicolas, M. Humbert, de Blâmont ; à Blâmont. M. Odinot de Lunéville; [...] à Petitmont. M. Dardaire, suppléant à Ogéviller ;[...]
Ont été nommées institutrices stagiaires : [...] A Emberménil, Mlle Colin, de Blâmont ; [...]
6 octobre 1891
Là SUPPRESSION DES PASSEPORTS
On lit dans le Lorrain, de Metz :
La Metzer Zeitung ne décolère plus depuis que la bonne nouvelle de la suppression du Passeport est connue. L'humeur rageuse des Rédacteurs, qui s'est d'abord exhalée dans des articles de fond bilieux, s'est communiquée peu à peu aux correspondants du dehors qui semblent avoir reçu le mot d'ordre pour écrire des choses désagréables au gouvernement et aux habitants du pays. II y a d'abord le correspondant strasbourgeois qui entasse lignes sur lignes et articles sur articles pour prouver que le gouvernement a eu grandement tort en ouvrant de nouveau la frontière et pour accuser les indigènes de la plus noire ingratitude.
Les correspondants de la campagne embouchent la même trompette et exécutent des variations sur ces airs. Dans son numéro portant la date d'hier, la Metzer Zeitung publie entre autres une correspondance de Sainte- Marie-aux-Mines que nous ne pouvons nous empêcher de faire savourer à nos lecteurs. Voici cette prose hargneuse :
« On fait usage de la manière la plus large de la permission de pénétrer dans le pays sans passeport. Avec des omnibus, des breaks, d'autres véhicules et des vélocipèdes on a franchi le fossé-frontière qui a de nouveau été comblé. Les piétons aussi sont venus en grand nombre On pouvait croire qu'une bande d'oiseaux emprisonnés avaient repris leur vol ; les « compatriotes » échangeaient des poignées de mains et agitaient les mouchoirs comme ils ne l'avaient jamais fait jusqu'ici. En réalité Sainte-Marie aux-Mines est la belle-soeur de la cité française de Saint-Dié. Les aubergistes en attendent de nombreux clients pour dimanche prochain et on dit même que les baptêmes tricolores ne manqueront pas.
Dans un avenir peu éloigné, messieurs les commis voyageurs et leurs compagnons continueront à s'afficher dans les débits de ce côté-ci de la frontière et à terroriser l'opinion publique, Des chanteurs nocturnes de la Marseillaise, qui relèvent la crête, nous ont déjà donné un avant-goût de ces choses Mais à quoi bon perdre son temps à parler de cela ? En Allemagne, le Jacques Bonhomme est habitué, après avoir reçu un soufflet, à tendre l'autre joue avec reconnaissance. »
Est-ce assez tapé ?
Un autre correspondant grincheux écrit d'Avricourt :
« On aurait été tenté de croire que ces gens (les Français) attendaient derrière les poteaux frontières le moment où ils pourraient de nouveau visiter «les pauvres frères gémissant dans la captivité. »
Si le passeport n'est pas bientôt rétabli, la Metzer Zeitung en fera une maladie.
7 octobre 1891
Instituteurs
M. le préfet de Meurthe-et-Moselle a nommé instituteurs, sur la proposition de M. l'inspecteur
d'Académie : [...] à Hudiviller. M. Renault. nstituteur à Fréménil ; à Fréménil, M. Kretz, instituteur à Brémoncourt
10 octobre 1891
Instituteurs et institutrices
Ont été délégués par M. l'inspecteur d'Académie dans les fonctions d'instituteurs ou d'institutrices stagiaires :
[...] à Blâmont (école maternelle), Mlle Egly, débutante ;

PETITES NOUVELLES RÉGIONALES
- Un commencement d'incendie s'est déclaré dans une maison située à Igney-Avricourt et appartenant à M. Noël, brasseur, à Gerbéviller.
Cette maison était occupée par M Langenbronn, facteur enregistrant au chemin de fer. Les pertes qui sont assurées s'élèvent à environ 100 fr.
12 octobre 1891
Lunéville
Tribunal correctionnel.
[...] Vol d'une montre, rébellion à gendarme. Jean-Baptiste Depoutot, 57 ans, manoeuvre à Igney. Quinze jours.
15 octobre 1891
Lunéville
- Le parquet de Lunéville a fait arrêter un braconnier du canton de Blâmont qui chassait ces jours derniers sur le territoire allemand,
Surpris par un garde qui tira sur lui et le manqua, il fit feu sur le garde qui, lui non plus, ne fut pas atteint.
16 octobre 1891
Blâmont
Voici des détails plus complets sur l'affaire du braconnier dont nous avons déjà parlé hier sous la rubrique « Lunéville » :
M. Laurent Jacquot, garde particulier à la Haie-des-Allemands (Alsace-Lorraine), faisait une tournée dans la forêt, lorsqu'il entendit deux coups de feu. Supposant que c'était un braconnier, il se dirigea de ce côté ; il vit alors, dans les champs, le nommé Marchal, de Blâmont, qui se dirigeait vers les bois de cette commune.
Deux douaniers allemands, l'ayant aperçu, s'embusquèrent pour l'arrêter ; ne pouvant y parvenir ils tirèrent chacun un coup de fusil. Marchal, arrivé sur le territoire fiançais, se tourna vers les douaniers et tira les deux coups de son fusil de chasse. Personne ne fut atteint. La gendarmerie ayant ouvert une enquête a interrogé Marchal, qui a déclaré avoir été arracher des pommes de terre sur le territoire de la commune de Repaix, le jour où M. Jacquot prétend l'avoir vu. Plusieurs habitants de Repaix ont déposé ne pas avoir vu Marchal le jour qu'il indique.
Une perquisition faite au domicile de Marchal a amené la découverte d'un fusil chargé à deux coups, caché sous de la paille, de lacets et d'un filet.
20 octobre 1891
Avricourt
M. Jacques Herr. employé à Paris, à l'arrivée du train de plaisir, déposa sa valise à la buvette et s'absenta quelques minutes. A son retour, il constata qu'elle avait disparu ainsi qu'une couverture de voyage qu'il avait mise à côté Cette valise contenait des effets d'habillement et différents objets. Le tout est estimé 230 fr. L'auteur de ce vol est inconnu.

Toul
Tribunal correctionnel.- [...) Joseph Lhôte, de Nonhigny, outrages et vol de récoltes, quinze jours de prison et 6 fr. d'amende.
27 octobre 1891
PETITES NOUVELLES RÉGIONALES
- Le sieur Joseph Courtin, âgé de 61 ans, sans profession ni domicile a été arrêté en flagrant délit de vagabondage par la gendarmerie de Blâmont.
30 octobre 1891
PETITES NOUVELLES REGIONALES
- Une enquête est ouverte par la gendarmerie d'Igney-Avricourt sur une scène de violences qui s'est passée entre M. Charles Brégeard, 19 ans, cultivateur à Leintrey, et M. Poirson, maçon audit lieu.
3 novembre 1891
Igney-Avricourt
M. Hagen, cocher, au service de M. Boulangé, rentier a Remiremont (Vosges), venait avec une voiture attelée de deux chevaux, de Gros- Pliterstroff (Alsace- Lorraine). Après avoir fait sa déclaration à la douane, il voulu donner à manger aux chevaux. Comme il enlevait la bride du cheval de gauche, celui-ci prit peur et s'emballa. L'équipage partit à grand trot, malgré les efforts de M. Hagen, et un des chevaux s'abattit à environ 500 mètres de la commune d'igney. Après l'avoir examiné, on reconnut qu'il avait le pied droit de devant cassé. On dut l'abattre. Ce cheval appartient à M. l'amiral Krantz.

Lunéville
Tribunal correctionnel.
|...] Joseph Courtin, 61 ans, journalier, sans domicile, pour vagabondage quatre mois de prison. - [...] Joseph Marchal, 42 ans. couvreur à Blâmont pour détention d'engins de chasse prohibés, un mois de prison. - [...] Maria Henriquel, femme Marchal, 40 ans, lingère à Blâmont, pour vol de récoltes, un mois de prison.
4 novembre 1891
Blâmont
M. Simonin, garçon à l'hôpital, se rendait vers minuit aux cabinets, lorsqu'en passant devant la salle à manger il aperçut de la lumière. Il se dirigea aussitôt de ce côté et vit un ancien pensionnaire de l'hospice qui fouillait dans les tiroirs de l'armoire. Il alla sonner pour appeler la supérieure mais à son retour le voleur avait disparu. La gendarmerie a ouvert une enquête.
8 novembre 1891
Le» « Voltigeurs de l'Est »
La société colombophile les « Voltigeurs de l'Est» a organisé, le dimanche 25 octobre dernier, un concours de pigeons voyageurs nés en 1891.
Le lâcher a eu lieu, à Igney-Avricourt, à 8 h. 45 du matin.
Les membres n'ayant pu prendre part aux nombreux concours précédents pouvaient seuls concourir.
13 novembre 1891
PETITES NOUVELLES RÉGIONALES
- La gendarmerie d'Igney-Avricourt a ouvert une enquête sur la plainte de M. Goeury, domestique à Remoncourt, qui prétend avoir été frappé par son patron, M. Delus, fermier à la Haute-de-Sérolles, écart de Leintrey.
16 novembre 1891
Lunéville
Tribunal correctionnel. - [...] Charles Fix, dit Perrin, 52 ans, domestique à Gogney, pour tentative de vol, à un an de prison. - [...] Joseph Marchal, 42 ans, couvreur à Blâmont, pour détention d'allumettes de contrebande, à trois jours de prison et 500 fr. d'amende. - Clémentine Cuny, 31 ans, femme Miclot, sans profession à Blâmont pour bris de clôture et coups à 16 fr d'amende, défaut, loi Bérenger.

ÉTAT CIVIL DE BRIEY
PUBLICATION DE MARIAGE
Louis Royer, préposé des douanes à Ogéviller, et Marie-Louise Mangin, brodeuse à Ogéviller.
17 novembre 1891
PETITES NOUVELLES RÉGIONALES
Un individu, se disant mécanicien à la taillanderie de Blâmont, s'est présenté chez M. Hennequin. négociant, et s'est fait donner deux clefs à écrou d'une valeur de 10 fr., puis il a disparu.
[...] - Un malfaiteur resté inconnu a pénétré la nuit à l'aide d'effraction, dans la loge du jardin dépendant de la ferme des Saillières, écart de Gogney, appartenant à M. Rupp, et y ont dérobé une échelle double en fer d'une valeur de 20 fr.
23 novembre 1891
Lunéville
Tribunal correctionnel.- [...] Louis Pètrique, 50 ans, Aimé Pétrique, 25 ans, journaliers à Blâmont, pour coups et blessures volontaires, ivresse, 16 francs et 5 francs d'amende chacun.
27 novembre 1891
Gogney
Un incendie, dont la cause est inconnue, s'est déclaré dans la maison de M. Eugène Colette, cultivateur.
Le feu a pris naissance dans le grenier, rempli de récoltes, et a détruit, en peu d'instants, toute la maison, malgré les efforts des habitants de la commune. Les pertes s'élèvent à environ 10,800 fr. ; l'assurance se monte à 7,000 fr
28 novembre 1891
Blâmont
On nous écrit :
« Depuis quelque temps de nombreux vols étaient commis dans la maison du sieur Baudot, cultivateur en cette ville. Celui-ci ne parvenant pas à découvrir le voleur usa d'un stratagème. Il mit, chaque jour, une pièce de 2 fr. au même endroit car il pensait que le voleur reviendait. En effet, un gamin, âgé tout au plus de dix ans, qui s'introduisait chez M. Baudot, quand il voyait que celui-ci était absent, s'est fait pincer jeudi.
« Le montant des larcins s'élèverait à la somme de 80 fr.
« La gendarmerie de Blâmont a expédié ce petit drôle au parquet de Lunéville qui lui infligera, espérons-le, une punition sévère et bien méritée. »
29 novembre 1891
Blâmont
Dans notre précédent numéro nous avons dit que M. Baudot, cultivateur, avait fait arrêter un gamin de dix ans qui lui avait volé environ 80 fr. à diverses reprises. Ce précoce voleur appelé Eugène Kinsler a avoué, à la gendarmerie, avoir dérobé l'argent et avoir fracturé la porte de la cuisine à l'aide d'un couteau à asperges.
30 novembre 1891
Lunéville
Tribunal correctionnel. - [...] Isidore Delus, 37 ans, fermier à Leintrey, pour coups volontaires, 5 francs d'amende ; loi Bérenger.
7 décembre 1891
Lunéville
Tribunal correctionnel. - [...] Eugène Kintzlé, 10 ans, sans profession à Blâmont, pour vol et tentative de vol de numéraire, acquitté comme ayant agi sans discernement.
[...] Joseph Marchal, 42 ans, couvreur a Blâmont, pour dénonciations calomnieuses, à quatre mois de prison et 100 fr. d'amende.
8 décembre 1891
M. Georges, manoeuvre à Gogney, étant allé réclamer le payement de sa location à M. Parisse, son locataire, celui-ci lui porta plusieurs coups à la figure.
22 décembre 1891
PETITES NOUVELLES RÉGIONALES
- Le sieur Albert Lepoureau, âgé de 26 ans menuisier, sans domicile fixe, s'est présent à la caserne de la gendarmerie d'Igney-Avricourt et a déclaré qu'il venait de briser un carreau d'une maison dans le but de se faire arrêter.
28 décembre 1891
Lunéville
Tribunal correctionnel. - [...] Joseph Camaille, 18 ans, domestique à Emberménil, pour vol d'un coq, à huit jours de prison, loi Bérenger.
30 décembre 1891
Igney
Le sieur Hubert Loiseau, âgé de 29 ans domestique, a été arrêté pour avoir dérobé trois canards, estimés 7 fr. au préjudice de Mme Schuler, aubergiste.
Loiseau, après avoir tué ces volailles les avait portées à Autrepierre, chez M Verdenal, berger, pour les faire cuire. Celui-ci ayant refusé, Loiseau les a jetées dans un ruisseau.

 
NDLR : la loi du 26 mars 1891, dite loi Bérenger (du nom du sénateur René Béranger), introduit la notion de « sursis » dans le droit pénal français :
Art. 1er. - En cas de condamnation à l'emprisonnement ou à l'amende, si l'inculpé n'a pas subi de condamnation antérieure à la prison pour crime ou délit de droit commun, les cours ou tribunaux peuvent ordonner par le même jugement et par décision motivée qu'il sera sursis à l'exécution de la peine.
Si, pendant le délai de cinq ans à dater du jugement ou de l'arrêt, le condamné n'a encouru aucune poursuite suivie de condamnation à l'emprisonnement ou à une peine plus grave pour crime ou délit de droit commun, la condamnation sera comme non avenue.
Art. 2. - La suspension de la peine ne comprend pas le paiement des frais du procès et des dommages-intérêts.
Elle ne comprend pas non plus les peines accessoires ni les incapacités résultant de la condamnation.
Toutefois, ces peines accessoires et ces incapacités cesseront d'avoir effet du jour où, par application des dispositions de l'article précédent, la condamnation aura été réputée non avenue.
Art. 3. - Le président de la cour ou du tribunal doit, après avoir prononcé la suspension, avertir le condamné qu'en cas de nouvelle condamnation dans les conditions de l'article 1er, la peine sera exécutée sans confusion possible avec la seconde et que les peines de la récidive seront encourues dans les termes des articles 57 et 58 du code pénal.
Art. 4. - La condamnation est inscrite au casier judiciaire, mais avec la mention expresse de la suspension accordée.
Si aucune poursuite suivie de condamnation dans les termes de l'article 1er, paragraphe 2, n'est intervenue dans le délai de cinq ans, elle ne doit pas être inscrite dans les extraits délivrés aux parties.
 

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