BLAMONT.INFO

Documents sur Blâmont (54) et le Blâmontois

 Présentation

 Documents

 Recherche

 Contact

 
 Plan du site
 Historique du site
 
Texte précédent (dans l'ordre de mise en ligne)

Retour à la liste des textes

Texte suivant (dans l'ordre de mise en ligne)


4 juillet 1949 - Déraillement du Paris-Strasbourg à Emberménil
 


Le Rhône
(Journal du Valais suisse)

5 juillet 1949
Le rapide Strasbourg-Paris a déraillé lundi après-midi à proximité du village d'Embermenil (Meurthe et Moselle). Il y aurait 5 morts et 50 blessés

 

Le Confédéré
(Journal du Valais suisse)

6 juillet 1949
Une catastrophe sur la ligne Paris-Strasbourg
Le rapide Strasbourg-Paris a déraillé à proximité du village d'Embermenil (Meurthe-et-Moselle).
Le mécanicien, qui venait d'aborder une courbe, sentant soudain une résistance anormale, freina aussitôt son convoi qui marchait à 110 km à l'heure, mais il était trop tard pour éviter l'accident.
Le wagon-restaurant et celui qui le suivait, qui étaient respectivement en troisième et quatrième position ont été couchés suivant un angle de 45 degrés. Une rupture d'attelage se produisit alors et le cinquième wagon, arraché de ses boggies et projeté sur le côté, glissa par la vitesse acquise, se couchant sur les rails de la voie parallèle où il se rabota littéralement sur une centaine de mètres.
C'est des débris de cette voiture que l'on retira les restes absolument méconnaissables des morts, dont le nombre est estimé à cinq ou six.
Les autres wagons se sont couchés sur place et quelques-uns de leurs occupants ont été blessés.
La locomotive du rapide a continué à rouler environ un kilomètre, entraînant à sa suite les wagons qui étaient restés dans leur position normale.
En plus des 5 ou 6 morts, on compte entre 40 et 50 blessés, dont certains grièvement. L'accident serait dû à une dilatation des rails causée par la chaleur

 

Nouvelliste valaisin

6 juillet 1949
Le rapide Strasbourg-Paris déraille
Cinq morts
Une cinquantaine de blessés
Lundi, à 13 h. 10, le rapide Strasbourg-Paris a déraillé à proximité du village d'Embermenil (Meurthe-et-Moselle).
Le mécanicien, qui venait d'aborder une courbe, sentant soudain une résistance anormale, freina aussitôt son convoi, qui marchait à 110 km. à l'heure, mais il était trop tard pour éviter l'accident.
Le wagon-restaurant et celui qui le suivait, qui étaient respectivement en troisième et quatrième positions, ont été couchés suivant un angle de 45 degrés. Une rupture d'attelage se produisit alors et le cinquième wagon (3e classe), arraché de ses boggies et projeté sur le côté, glissa par la vitesse acquise, se couchant sur les rails de la voie parallèle, où il se rabota littéralement sur une centaine de mètres.
Des débris de cette voiture l'on retira les restes, absolument méconnaissables, des morts, que l'on estime être cinq ou six.
Les autres wagons se sont couchés sur place et quelques-uns de leurs occupants ont été blessés.
La locomotive du rapide a continué à rouler pendant environ un kilomètre, entraînant à sa suite les wagons qui étaient restés dans leur position normale.
On compte entre 40 et 50 blessés, dont certains grièvement. Les trois postiers ambulants sont parmi les blessés.
L'accident serait dû à une dilatation des rails causée par la chaleur.
Aux dernières nouvelles, il n'y aurait pas de Suisse parmi les victimes.
Un Polonais, M. Stephan Halacziewitz, serait le seul étranger tué.
Deux autres morts ont encore pu être identifiés : Mariette Sustrant, de Paris, et Sillas Katz, de Strasbourg.

 

Journal Officiel de la République française
Assemblée Nationale
7 juillet 1949

J'ai reçu de M. Jean Crouzier une demande d'interpellation sur les conditions dans lesquelles a pu se produire le 4 juillet l'accident de chemin de fer, en gare d'Embermenil, causant de nombreuses Victimes

 

Journal Officiel de la République française
Assemblée Nationale
13 juillet 1949

M. Jean Crouzier. Je demande la parole,
M. le président. La parole est à M. Crouzier,
M. Jean Crouzier. Mesdames, messieurs, j'ai demandé à interpeller le Gouvernement sur les conditions dans lesquelles s'est produite, le 4 juillet dernier, la catastrophe de chemins de fer d'Emberménil.
Il s'agit d'une question importante et urgente. J'entends démontrer que cet accident qui a fait six morts et cinquante blessés n'est dû ni à la fatalité, ni, comme le prétend la S.N.C.F., à la déformation de la voie sous l'action de la chaleur solaire. Je prouverai, au contraire, par des faits Irréfutables, que certaines responsabilités sont engagées.
L'intérêt, et la sécurité de tous les usagers du chemin de fer sont en jeu. Au moment où viennent d'être réduits, dans des proportions importantes, les crédits d'entretien de la S.N.C.F., une catastrophe comme celle d'Emberménil prend une signification particulière.
Il est à craindre que si certaines mesures urgentes concernant l'entretien de la voie et du matériel ne sont pas prises immédiatement, d'autres accidents ne soient à redouter.
Nous perdons assez de temps en débats stériles dans cette enceinte, mes chers collègues, pour ne pas consacrer une heure à l'examen d'un problème aussi grave que celui de la sécurité des voyageurs.
Il n'est pas possible que l'Assemblée nationale refuse de mettre à son ordre du jour, au début d'une de ses séances, sinon de cette semaine, puisque nous nous séparons demain soir, du moins de la semaine prochaine, la discussion de mon interpellation.
Ce débat sera très court. Je m'engage à limiter mon intervention à un quart d'heure.
Je demande instamment au Gouvernement d'accepter ma proposition. Il sera ainsi amené à s'expliquer sur la cause réelle de la catastrophe d'Emberménil. Il ne faudrait pas que la population de la région de Lunéville, qui a vu de près cet accident et qui sait à quoi s'en tenir à son égard, ait le sentiment que le ministre des travaux publics cherche, par son silence, à couvrir certaines responsabilités et certaines négligences.
Un refus d'ouvrir ce débat peut être gros de conséquences. Il faut que le Gouvernement s'en rende compte. (Applaudissements à droite.)
M. le président. La parole est à M. Kriegel-Valrimont.
M. Maurice Kriegel-Valrimont. Je me permets d'insister auprès de l'Assemblée pour qu'elle inscrive à son ordre du jour la discussion de mon interpellation sur l'accident qui s'est produit récemment en Meurthe-et-Moselle.
Cet accident a succédé à un autre qui a eu lieu quelques semaines plus tôt.
Dans les deux cas ces accidents ont causé des morts, de nombreux blessés et ont provoqué une très vive émotion.
Il n'est pas possible que le Gouvernement ne donne pas, sur cette suite d'accidents, les éclaircissements que réclament les populations intéressées.
Il n'est pas possible que le Gouvernement, au moment où il réduit certains crédits destinés à l'équipement de nos chemins de fer, au moment où l'on n'apporte pas le soin nécessaire à la sauvegarde de vies françaises, refuse de donner à l'Assemblée les explications qu'elle doit connaître.
C'est pourquoi, après avoir déposé, le soir de cet accident, une demande d'interpellation, j'insiste pour que les explications indispensables soient données.
Le deuxième accident a eu lieu sur une ligne de grande circulation qui devrait être normalement et constamment entretenue.
On n' a pas encore fourni les indications les plus générales sur ses causes.
On ne sait, pas encore si cet accident est dû à la dilatation des voies, au mauvais entretien des traverses ou des wagons, à l'absence de certaines mesures de précaution.
L'Assemblée doit avoir le souci de la vie des voyageurs et faire connaître au Gouvernement qu'elle ne peut supporter que des dépenses aussi importantes que les dépenses militaires soient engagées, sans que l'on donne au pays toutes les garanties de sécurité auxquelles la population a droit, surtout quand on connaît la politique suivie à l'égard de l'Allemagne.
Cette région est spécialement sensible à ces défaillances.
Dans ces conditions, j'insiste pour que le Gouvernement accepte de fixer une date pour cette interpellation.
Il est vrai, comme on vient de le dire, qu'il n'est pas nécessaire que ce débat soit long. Mais il serait intolérable que les explications exigées par ces accidents ne soient pas fournies à l'Assemblée,

 

Journal Officiel de la République française
Assemblée Nationale
3 décembre 1949

Travaux publics, transports et tourisme.
M. le président, M. Pierre-Grouès demande à M. le ministre des travaux publics, des transports et du tourisme, à la suite de l'accident ferroviaire de Paris-Strasbourg à Emberménil le 4 juillet 1949, et étant donné les négligences graves que l'enquête a pu révéler relativement à l'entretien des voies, quelles mesures ont été prises pour rechercher les responsables et pour empêcher le enouvellement de semblables catastrophes. (Question n° 8.)
La parole est à M. le sous-secrétaire d'Etat aux finances et aux affaires économiques.
M. le sous-secrétaire d'Etat aux finances et aux affaires économiques. D'après les renseignements - actuellement obtenus, il apparaît que les causes de l'accident doivent être recherchées dans le regrettable concours des circonstances suivantes :
Première raison: affaiblissement par le soufflage des joints d'une section de voie qui n'était pas en très bon état. Un chantier de soufflage mesuré des joints était en effet en cours d'exécution à cet endroit.
Deuxième raison : forte chaleur qui a provoqué la fermeture totale de plusieurs joints et facilité ainsi les déformations de la voie.
Troisième raison : défectuosité de la machine remorquant le train, une locomotive 241 A 21 du dépôt de Bar-le-Duc, dont le ressort de rappel de boggie avait une tension insuffisante.
Il est probable que c'est le concours de ces diverses circonstances qui a causé l'accident, sans qu'on, puisse préciser exactement l'élément qui a joué un rôle déterminant. Des mesures seront prises dès que l'enquête, fort complexe, qui n'est pas encore terminée, aura permis de dégager des conclusions définitives et absolument précises.
M. le président. La parole est à M. Albert Schmitt, suppléant M. Pierre-Grouès.
M. Albert Schmitt. Je remercie M. le sous-secrétaire d'Etat des renseignements qu'il a bien voulu nous fournir, car ils me permettent de faire une première constatation.
Vous vous rappelez, mes chers collègues, qu'à l'occasion de l'accident d'Emberménil, il avait été question, dans la presse, de certaines négligences imputables aux techniciens et au personnel de la voie. On a raconté de fort jolies histoires sur les traverses qui étaient en état de défectuosité navrante et on avait constaté, paraît-il, que la responsabilité de l'accident incombait surtout au petit personnel.
Je suis heureux de constater à mon tour, à la lumière des déclarations de M. le ministre, qu'il n'en est rien et je me plais à rendre hommage au labeur dès techniciens et du petit personnel, c'est-à dire notamment au travail des cantonniers.
Je crois qu'il est de mon devoir, à cette occasion, de signaler le deuxième accident qui s'est produit au même endroit, car, si l'opinion publique a été fortement émue, c'est parce que deux accidents ont eu lieu en l'espace de deux jours au même endroit.
Le 4 juillet s'est produit l'accident qui a causé malheureusement plusieurs victimes - cinq morts et un certain nombre de blessés - accident dont les causes d'après les renseignements que j'ai obtenus de la Société nationale des chemins de fer français, ne sont nullement dé terminées ni concluantes.
Mais le deuxième accident est, parait-il, dû à une rupture de rail qui date du temps de la guerre. Je me permets alors de demander au Gouvernement de vouloir bien poursuivre l'enquête, car il est inadmissible que, cinq ans après la libération, une rupture de rail, qui a failli causer d'innombrables d égal s et un certain nombre de victimes supplémentaires deux jours -après l'accident précédent et au même endroit, n'ait pas été constatée par les techniciens de la Société nationale des chemins de fer français.
Je prends acte, par ailleurs, des déclarations que vous avez faites, monsieur le sous-secrétaire d'Etat, et ]e vous fais confiance pour continuer l'enquête au sujet du deuxième accident auquel j'ai fait allusion.

 

Mentions légales

 blamont.info - Hébergement : Amen.fr

Partagez : Facebook Twitter Google+ LinkedIn tumblr Pinterest Email