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Louis-Joseph-Hubert Batho (1858-1973), inspecteur des Eaux et Forêts


- Nommé à l'école forestière de Nancy par arrêté ministériel du 9 octobre 1877 (Journal officiel du 10 octobre 1877)
- Affecté à la 9ème compagnie bis active du corps des chasseurs forestiers en tant que capitaine en second par décret du Président de la république du 10 août 1886
- Chevalier du mérite agricole par arrêté du 2 août 1904 du ministre de l'agriculture (Journal officiel du 9 août 1904)
- Officier d'académie par arrêté du 2 janvier 1908 du ministre de l'Instruction publique et des Beaux-arts.


Revue des eaux et forêts
Année 1913
Ed.Laveur, Paris

Nécrologie.- M. Batho, inspecteur des Eaux et Forêts à Vesoul, est décédé le 5 janvier dernier. Il était légèrement grippé ; c'était un simple malaise qui n'inspirait aucune inquiétude, quand la mort l'a surpris subitement, une nuit, pendant son sommeil.
Il y a eu de doubles funérailles à Vesoul et à Blamont (Meurthe-et-Moselle), où a eu lieu l'inhumation, le 9 janvier.
A Vesoul, l'assistance était très nombreuse ; tous les hauts fonctionnaires de la ville étaient présents ; on ne comptait pas moins de 14 agents forestiers parmi lesquels MM. Schlumberger, Schaeffer, Perrin, conservateurs ; Gazin, Jacquot, Prost, Inspecteurs ; de Larminat, Galand, Mendès, inspecteurs adjoints.
Le défunt était célibataire ; le deuil était conduit par son frère, juge de paix à Cirey, son beau-frère le Dr Hanriot et son cousin M. Lamasse, ancien inspecteur.
Un discours a été prononcé par le secrétaire général de la Préfecture, remplaçant le Préfet absent. Puis M. Millischer, inspecteur à Vesoul, s'est exprimé en ces termes :
« Mesdames,
« Messieurs,
« J'ai le pénible devoir d'adresser au nom de l'Administration forestière tout entière et en particulier au nom des agents de la 32e conservation, un dernier adieu au bon et regretté camarade qu'une mort aussi soudaine que prématurée vient d'enlever à l'affection de ses parents et de ses amis.
« Louis Batho est né à Cirey-sur-Vezouze, le 1er mai 1858. Après de brillantes études au collège de la Malgrange à Nancy, il entra à l'Ecole forestière en 1877 à l'âge de 19 ans. Il en sortit en 1879 pour occuper successivement comme garde général, après une année de stage à Nancy, les postes d'Arreau et de Bruyères. Nommé inspecteur adjoint en 1886 il fut appelé à gérer le cantonnement de Cornimont, puis celui de Remiremont, où il resta jusqu'à sa promotion au grade d'inspecteur. Il fut installé en cette qualité à Fraize, en juin 1898, puis nommé en 1901 à Vesoul, qu'il ne devait plus quitter.
« Dans les étapes successives de sa carrière, Batho se fit remarquer par un travail scrupuleux, un zèle sans défaillance, une grande compétence et un caractère loyal et franc. Il fut pour ses chefs un collaborateur précieux dont les avis éclairés étaient toujours écoutés et appréciés.
« Ses brillantes qualités l'eussent, sans aucun doute, désigné pour le grade supérieur s'il eût été moins modeste. Pendant ces sept derniers mois, n'a-t-il pas, en effet, rempli par intérim, avec une distinction rare et une compétence consommée, les fonctions délicates de conservateur ?
« Comme collègue il fut toujours un conseiller prudent et sûr, un camarade obligeant et dévoué. Ses pairs, à de récentes élections, l'avaient choisi, à une forte majorité, pour faire partie du conseil de discipline des agents, témoignant ainsi de l'estime qu'ils avaient en la droiture, la loyauté et l'indépendance de son caractère.
« Comme chef, il fut foncièrement bon et juste: aussi était-il aimé de tous ses subordonnés : leur deuil attristé, les larmes qui perlent sous leurs paupières et l'empressement qu'ils ont mis à venir, quelques-uns de fort loin, lui rendre un suprême hommage, disent mieux que tous les discours, les sentiments de respectueuse affection qu'ils éprouvent pour lui.
«Que dirai-je de l'ami, du camarade ? Tous ceux qui l'ont connu ou approché un peu ont pu apprécier son accueil toujours cordial et goûter le charme de sa conversation toujours gaie et pleine d'esprit.
« Batho était le compagnon loyal, sûr, d'une obligeance inépuisable, d'une urbanité parfaite, dont la bonté et la bienveillance ont laissé partout de vivaces souvenirs.
« Agent distingué, excellent collègue, chef bienveillant, ami fidèle, Batho fut de plus un frère aimant et dévoué et voici qu'il n'est plus. Il n'est pas de paroles pour dire la douleur et l'émotion qui m'étreignent. Au nom de la 32e conservation et de l'Administration forestière tout entière je m'incline bien tristement devant ce cercueil où repose celui que nous pleurons tous et j'adresse à ses parents l'expression émue de mes vives condoléances.
« Mon cher Batho, adieu !»

Après M. Millischer, M. le conservateur Schlumberger a prononcé les paroles suivantes :
« Messieurs,
« A celui qui fut mon camarade de promotion et mon ami très cher, je veux à mon tour adresser un dernier adieu ; je veux dire aussi combien Batho sera regretté par tous les anciens élèves de la 53e promotion.
« A l'école déjà, il était aimé de tous parce qu'il était gai, serviable et bon et dans les différents postes qu'il a occupés, ensuite, ces belles qualités lui ont valu des amitiés solides et durables.
« On l'appelait partout « l'ami Batho» et ce qualificatif, qui d habitude accompagnait son nom, constitue le plus bel éloge qu'on puisse, faire de lui.
« Les hasards de la carrière forestière nous ont souvent rapprochés et je n'oublierai jamais l'accueil si aimable, si chaud, que je recevais de lui quand j'allais le voir.
« Et Batho n'était pas seulement un ami fidèle ; c'était aussi un forestier de grande valeur.
« Il joignait à une intelligence développée, un jugement très sûr et traitait toutes les affaires avec une réelle distinction.
« S'il n'a pas obtenu le grade supérieur, c'est qu'il ne l'a pas voulu, s'étant toujours refusé à faire des démarches dans ce but, même celles obligatoires.
« Mon cher Batho, tes camarades de la 53e promotion te disent adieu avec une profonde tristesse : tu étais un des meilleurs d'entre eux et ils garderont fidèlement ton souvenir. »
Un préposé M. Royer a dit ensuite d'une façon touchante les regrets du personnel, et M. Gaudel ceux de ses intimes.

A Blamont, au milieu d'un nombre considérable d'amis, se trouvaient MM. Rodolphe, Cardot, de Liocourt, inspecteurs, Vaillant, inspecteur adjoint, Fade, garde général.
Au cimetière, M. Rodolphe, a prononcé un discours dont nous donnons ci-après le plus large extrait :
« Mesdames, Messieurs, des voix plus autorisées que la mienne ont déjà fait l'éloge de celui que nous accompagnons. Je me ferais cependant un reproche de quitter cette tombe autour de laquelle la mort nous réunit par un de ses coups si brusques, si imprévus, sans dire un dernier adieu à un bon à un excellent camarade.
« La carrière de Louis Batho fut courte ; elle fut modeste, car il la voulut telle ; elle fut bien remplie.
« Partout où il a passé Batho a laissé le meilleur souvenir. Très dévoué à son service, très déférent pour ses supérieurs, tout en sachant garder sa valeur personnelle, il était pour ses inférieurs un chef idéal et un véritable ami. Tous savaient qu'ils pouvaient avoir en ce cœur élevé et généreux la plus entière confiance ; tous étaient assurés de toujours trouver auprès de lui un bon conseil et un appui. Sa nature franche, cordiale, ouverte, attirait, imposait la sympathie ; pour peu qu'on le connût on ne pouvait se refuser à lui vouer une sincère amitié.
« Tel fut Batho. Je comprends le vide que son départ sera pour les siens; ce vide ne sera pas moins ressenti par tous ses camarades et par le Corps forestier entier. Il était un agent de valeur : on ne pouvait lui reprocher que sa trop grande modestie, et ce reproche fait encore son éloge.
« Lorsqu'il y a quelques mois, passant quelques heures à Nancy, tu me faisais l'agréable surprise d'une visite, comme je protestais, la trouvant trop courte, tu me promettais de revenir cet hiver et de me dédommager ; je ne pensais guère, mon cher Batho, au triste devoir qui m'incombe aujourd'hui. Repose et jouis de la paix que tu as bien méritée. Sois assuré que nous tous, qui t'avons connu, nous te garderons un pieux souvenir. Que notre consolation soit dans l'espoir de te retrouver dans l'éternité »


Gil Blas
15 janvier 1913

- Nous apprenons la mort - [...] de M. Louis Batho, inspecteur des eaux et forêts, décédé subitement, à Vesoul (Haute-Saône), à l'âge de 54 ans.


Le Figaro
15 janvier 1913

- Nous apprenons la mort - [...] de M. Louis Batho, inspecteur des eaux et forêts, décédé subitement, à Vesoul (Haute-Saône), à l'âge de cinquante-quatre ans.

 

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