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Bouteilles Baumgarten - 1906-1924


Ignace Baumgarthen (*) (1850-1939) naît en Alsace, à Haguenau, dans une famille de cultivateurs/brasseurs : il s’installe comme brasseur à Toul, où il opte pour la nationalité française en 1872, avant d’épouser Juliette Melnotte à Blâmont en 1875.
C’est ainsi qu’avant 1880 (1876 ?), Baumgarten reprend les anciens établissements Gogelein, transforme la vieille brasserie en malterie, et crée une nouvelle brasserie le long de la Voise.
Il étend son activité dans la première décennie du XXème siècle, et crée en 1906 (14 avril) la « Société anonyme de la brasserie Baumgarten » qui modernise immédiatement l’établissement, complétant notamment dès 1906 les installations frigorifiques de 1895.


Annuaire général des sociétés françaises 1906

Pendant la première guerre, la propagande allemande prétend avoir conservé la brasserie en activité (à noter d’ailleurs qu’en 1917, le journal militaire allemand der Stosstrupp publie un article exceptionnellement précis sur Blâmont, où l’espionnage a consciencieusement testé en 1912 la bière de la brasserie Baumgarten, qui "gibt gutes Bier"). La brasserie sort cependant de la guerre avec des dommages conséquents et ne s’en relève jamais vraiment. En décembre 1924, la société est mise en liquidation : tous ses immeubles et fonds sont vendus (brasserie, malterie, canal, glacières, café de la Réunion, café-auberge d’Ogéviller, auberge de Cirey-sur-Vezouze, terrains...).
La brasserie devient alors une succursale de la grande brasserie Tourtel de Tantonville, qui y installe un dépôt de sa propre bière.

On retrouve encore assez fréquemment des bouteilles de la Brasserie Baumgarten dans Blâmont. Si elles portent toutes la mention « Société anonyme », sont destinées à des contenances de 50 cl, en un épais verre vert, elles différent cependant par leur texte et leurs poids.
Nous n’avons encore pas retrouvé les bouchons, mais la structure du goulot indique des fixations de bouchons mécaniques en porcelaine, dont le principe est connu depuis la seconde moitié du XIXème siècle.

Voici deux modèles retrouvés, dont la première pèse à vide 919 grammes, la seconde 739 grammes. Il est donc fort probable, puisque leur contenance est la même, que le brasseur ait souhaité alléger le poids considérable de ses bouteilles, dont on ignore aussi de quelle verrerie elles proviennent.

Hauteur 30 cm
Poids vide : 919 grammes
Poids remplie d'eau à ras : 1486 grammes

Bandeau semi circulaire haut :
BRASSERIE BAUMGARTEN

Bandeau linéaire central :
SOCIÉTÉ
ANONYME

Bandeau semi circulaire bas :
BLAMONT

Hauteur : 29 cm
Poids vide : 739 grammes
Poids remplie d'eau à ras : 1280 grammes

Bandeau semi circulaire haut :
SOCIÉTÉ ANONYME

Bandeau linéaire central :
DE LA
BRASSERIE
BAUMGARTEN
BLÂMONT

     
     
     
     


* : Son acte de naissance mentionne Baumgarthen, avec un H.


Le Panthéon de l'industrie : journal hebdomadaire illustré
5 octobre 1879

BOUCHONS MÉCANIQUES
Depuis qu'on renferme des liquides dans des vases ou des bouteilles, on a cherché les moyens d'intercepter l'air qui souvent fait évaporer ou corrompt la liqueur que l'on veut conserver.
On a fait tour à tour des bouchons en paille, en bois, en plomb. Une des manières les plus simples et les plus ingénieuses de préserver le vin du contact de l'air est celle qu'on emploie en Italie pour le fiasco, ou large bouteille à col étroit. On se contente de verser sur le vin une certaine quantité d'huile qui surnage nécessairement et suffit absolument au bouchage. Lorsqu'on veut boire le vin contenu dans le fiasco, on secoue d'un coup sec l’huile qui se trouve à l'entrée du col de la bouteille et elle se trouve débouchée.
Il est vrai qu'une fois entamée on ne peut plus la reboucher à moins de la remplir de nouveau, ce qui rend ce procédé primitif assez mal commode.
Ce n'est guère que depuis le XVIe siècle qu'on a eu l'idée de se servir du liège pour le bouchage des bouteilles. Cette écorce d'un chêne d'une espèce particulière ayant la propriété d'être très-élastique et compressible en même temps qu'imperméable, se prête fort bien à cet usage.
Mais le liège, en dehors de son prix élevé, se corrompt facilement et gâte alors complètement tout le vin contenu dans la bouteille. En outre, il ne peut guère servir qu'une fois, dès qu'il a été percé ou déchiré par le tire-bouchon, ce qui finit par le rendre très-onéreux.
Or, on a dernièrement découvert un nouveau procédé que nous avons vu exposé à l'Exposition des Sciences appliquées à l'industrie et qui décidément l'emporte sur tous les autres moyens de bouchage.
Nous voulons parler du Bouchon Suédois mécanique de M. Fritzner, 27, rue Lafayette, à Paris.
Ce bouchon, ou plutôt ce système de bouchage se compose d'une armature de métal qui s'adapte au col de la bouteille et sur laquelle joue une anse à laquelle est fixée un bouchon de porcelaine muni d'une rondelle en caoutchouc. Ce bouchon, qui ferme hermétiquement le flacon, se trouve ainsi maintenu de la manière la plus solide par l'armature, ce qui rend ce mode de fermeture le plus solide qu'on puisse imaginer.
On a fait l'expérience qu'il peut résister à une pression de plus de trente atmosphères, ce qui le rend surtout précieux pour les vins de Champagne, eaux de Seltz, limonades gazeuses, bières pastorisées, vins, liqueurs, sirops, lait, etc. Nos lecteurs comprendront facilement l'importance de ce système pour la vente du Champagne à la coupe et pour les malades et les convalescents dans les hôpitaux.
Il se recommande, en outre, par son extrême durée, de dix à vingt années, et par son bon marché, et est indiqué pour tous les liquides qui demandent à être pastorisés. Outre les avantages que nous lui avons reconnus sur les bouchons de liège, il présente, en effet, des avantages économiques que nous pouvons déterminer par l’exemple suivant extrait du Bulletin officiel du 8 septembre 1879 de l'Exposition internationale des Sciences appliquées à l'industrie :
« Un million de bouchons mécaniques représentant une valeur de francs de 200 000, pouvant être employés 50 fois dans la même année, remplaceront, par conséquent, 50 millions de bouchons de liège, valant en moyenne, à 12 fr. le mille, francs 600.000, soit, pour dix années que peuvent durer et servir les bouchons mécaniques, une économie de 4 millions. »
Aussi ce système de bouchage est-il très-estimé dans le Nord et surtout en Allemagne pour les bières. On y voit des brasseries qui en consomment jusqu'à 20.000 bouteilles par jour.
L'industrie de M. N. Fritzner s'adresse donc aux brasseurs, aux entrepositaires de bière, aux distillateurs, restaurateurs, fabricants de produits pharmaceutiques, d'eaux gazeuses, d'eaux de Seltz, etc.
Ce bouchon mécanique s'applique aussi tout particulièrement aux conserves alimentaires à cause de sa fermeture hermétique, propre et élégante. Seulement pour le rendre plus apte encore à cet usage, on entoure la rondelle de caoutchouc formant corps avec la rondelle de liège. Ce caoutchouc, d une fabrication spéciale, n'a aucune espèce de goût.
M. N. Fritzner ne se contente pas de la nombreuse clientèle qu'il s'est faite en Europe. Il exporte aussi considérablement en Amérique.
Enfin il a obtenu plusieurs récompenses aux Expositions universelles pour l'ingéniosité et l'utilité de son invention, que nous recommandons d'une manière toute spéciale à nos lecteurs et au jury.
STEVENS.



Le Journal des brasseurs - 1891

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