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« Wanderbuch vom blutigen
Westen » (récit de voyages dans l’ouest sanglant) est le
quatrième ouvrage sur la guerre de l’écrivain bavarois Georg
Queri (1879-1919), qui a été correspondant de guerre pour le
Berliner Tageblatt (1916-1917) et auteur de récits de guerre
pour des magazines et des livres.
Il y évoque une anecdote entre deux soldats bavarois, l’un de
Pirmasens, l’autre de Kayserlautern.
Wanderbuch
vom blutigen Westen
Georg Queri
Ed: Weimar, A. Duncker, 1917.
Blindgånger
Das ist auch schon lange her:
Oktober Fünfzehn.
Auf dem Weg von Remadoir nach Leintrey. Da lag ein
blindgegangenes französisches Geschoß von recht anständigen
Dimensionen mit zwei schönen Führungsringen. Damals stachen sie
noch in die Augen, die Dinger, weil jedes deutsche Mädel sein
kupfernes Armband haben mußte.
Beinahe håtte nun Pirmasens zwei solche Armbånder erhalten, weil
ein Pirmasenser den groben Fund zuerst entdeckte. Er griff
augenblicklich nach der Granate, lupfte sie und schwang sie
keuchend auf die Achsel.
Aber da war noch ein Pfälzer Mann da, der stammte aus Lautere -
also aus Kaiserslautern - und schrie wie verruckt: „Peter,
Peter, dees ka dei Tod sei, Peter!"
Plumps, da fållt das Geschoß wieder schwer auf den Boden und der
Peter brummt verdukt: „Meenschte?!"
„Peter, lass'n leie! Ma ka denne Dinger net traue!"
„Meenschte?!"
Dann schittelt er den Kopf und dann geht er von dem Blindgånger
weg, mit einem anständig dankbaren Blick auf den Freund und
Nachbarn.
Der Mann aus Lautere geht noch nicht. Aber wie er endlich geht,
hat er die Granate auf der Schulter und schleppt sie weg.
Und so erhielt Lautere zwei kupferne Armbånder, die von Rechts
wegen nach Pirmasens gehören.
Obus non explosé
C'était il y a longtemps : le
15 octobre.
Sur la route de Remadoir [Remabois] à Leintrey, gisait un obus
français, assez gros, avec deux jolis anneaux de guidage. À
l'époque, ces objets attiraient tous les regards, car chaque
jeune Allemande se devait d'avoir son bracelet en cuivre.
Pirmasens faillit en recevoir deux, car un habitant du village
fut le premier à apercevoir l'obus. Il le saisit aussitôt, le
souleva et, haletant, le jeta sur son épaule.
Mais un autre homme du Palatinat, venu de Lautere (c'est-à-dire
Kaiserslautern), arriva et hurla comme un fou : « Peter, Peter,
tu pourrais y laisser ta peau ! »
Plop, l'obus retomba lourdement au sol, et Peter grommela d'une
voix morne : « Bon sang ?! »
« Peter, laisse tomber ! On ne peut pas faire confiance à ces
trucs ! »
« Allons donc ?! »
Il secoue alors la tête et s'éloigne de la munition non
explosée, lançant à son ami et voisin un regard sincèrement
reconnaissant.
L'homme de Lautere ne part pas encore. Mais lorsqu'il finit par
partir, l'obus sur l'épaule, il l'emporte.
Ainsi, Lautere reçut deux brassards de cuivre qui reviennent de
droit aux habitants de Pirmasens. |