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(De Francfort: le 19 janv.)
La procédure contre les brigands de la bande de Hessel se
continue à Mayence. On veut déjà savoir que la plus grande
partie de la bande est composée des juifs, que cependant parmi
les chefs on trouve des chrétiens; ils sont tenus tous bien
habillés, ils prennent la qualité de marchands et sont tous
munis des passe-ports réguliers. Un de plus fameux, Jean Muller
(voyez l'histoire de brigands à Cologne, tom. 2) fût arrêté le 6
janvier à Luneville mais il échappa à Blamont. On est à sa
poursuite. La police de l'Allemagne est en pleine activité pour
anéantir cette bande qui a désolé ce pays pendant plus de dix
ans
MM. Ligniville, de Nancy;
Gatine, de Lunéville; Maisse, de Blâmont; Pariset, de Lucey; de
Boulligny, de Nancy, ont été admis cette année à l'école
spéciale militaire de Saint-Cyr.
M. le docteur Lesaing, de
Blâmont, vient d'être enlevé par la fièvre typhoïde. C'est une
perte pour la science, dont il était un fervent adepte.
Une demi-bourse à l'institut
des sourds-muets de Nancy, est accordée à la jeune Adrian, de
Blâmont.
Un cheval et une voiture
valant 4,400 francs, ont été volés pendant la nuit à M. Remy,
meunier à Dombasle, par deux garçons boulangers qui étaient à
son service : ces deux individus, qui avaient pris la fuite, ont
été retrouvés à Blâmont et mis en état d'arrestation.
TRIBUNAL CORRECTIONNEL DE
LUNÉVILLE
Audience du 24 août 1898 […]
Vol de récoltes. - […] Joséphine Braum, 21 ans, journalière à
Blâmont - 3 jours de prison.
PONT-SAINT-VINCENT « Par
décision épiscopale, M. l'abbé Benoit, curé de
Pont-Saint-Vincent, est nommé curé doyen de Blâmont. (Les
Journaux) ».
Et il l'a bien mérité cet avancement, l'abbé Benoit, car il a
déployé dans ses fonctions un zèle (Z+1)2 qui devait être
magnifiquement récompensé. Mais, si cette nomination attendue
nous cause du plaisir, elle nous plonge en même temps dans la
tristesse.
La commune de Pont-Saint-Vincent et en particulier, le parti
républicain de la localité, se ressentiront de la perte cruelle
qu'ils viennent d'éprouver par le fait du départ de la commune
de M. le curé Benoit.
Depuis que ce ratichon habite Pont-Saint-Vincent, il a rendu, en
effet, à la République et à la Libre-Pensée les plus signalés
services. Il a fait une propagande effrénée contre la religion
catholique qu'il était censé défendre, déployant en ce sens une
ardeur bien supérieure à celle de tous les républicains du
village réunis et décléricalisant la population mieux que ne
l'eussent fait La Lanterne ou Pour la République. Il a réussi à
dégoûter du cléricalisme un grand nombre de ses adeptes et à
éloigner de l'église, pour toujours, des gens qui l'auraient
peut-être fréquentée encore longtemps.
Par de nombreuses algarades que nous avons signalées en leurs
temps, il a indisposé contre lui une bonne partie de la
population qui le verra partir sans regret.
Doué d'une audace infernale, il ne négligeait aucune occasion de
se faire remarquer en tout lieu, et occasionnant du scandale,
partout où il se trouvait. Il avait voulu établir sa domination
sur le village, il n'a réussi qu'à augmenter le nombre des
anticléricaux.
Merci de tout cœur ! mille fois merci, M. Benoit !
Il avait pensé amadouer les jeunes gens, ça n'a pas pris : les
grandes personnes lui sont restées indifférentes, quant aux
jeunes filles, elles ont déserté en bloc son usine, en voyant
les airs comminatoires que prenait ce cafard vis-à-vis d'elles ;
les enfants, eux, terrorisés par le sire, ont pris l'église en
grippe. Bref, il a réussi à se faire détester de toute la
population.
Mais, nous ne le détestons pas, au contraire, et nous souhaitons
que partout où ira l'abbé Benoit, il fasse une aussi bonne
besogne qu'à Pont Saint-Vincent, il aura bien mérité dé la
Libre-Pensée qui lui fera élever plus tard une statue. En
attendant, nous proposerons à la prochaine assemblée générale de
l'Association nationale des libres-penseurs de France qu'elle
lui confère le titre de membre d'honneur de ladite Association.
Quel dommage que tous les curés ne lui ressemblent pas ! Avant 2
ans, le cléricalisme qui est à l'agonie serait passé dans le
royaume de l'oubli. Aussi, c'est avec peine que la population
républicaine de Pont-Saint-Vincent le voit partir et c'est avec
sincérité qu'elle lui envoie un salut d'adieu ému et
reconnaissant.
Elections municipales […]
Blâmont. - 14 radicaux sont élus et 2 réactionnaires. Voici les
noms des élus: MM. Laboure!, maire sortant ; Florentin, adjoint;
Bentz, conseiller général; Campion, négociant; Emile Collin;
Diot, notaire; Fensch, négociant; Mangenot, vétérinaire); Jules
Welcker, Ignard, Auguste Hennequin, Victor Léon, manufacturier,
Paul Schnorr, tailleur.
A Frémonville, deux vanniers
ambulants frappent Michel Bucle à coups de couteau. La police
les recherche.
A Blâmont, on arrête le nommé Charles Arnould, vagabond.
Blâmont. - Le feu prend chez
M. René Florentin, entrepreneur de broderie. 25000 francs de
dégâts.
Jeunes gens de « l'Avant
Garde» ne faites pas attention à ces propos. Continuez sans rien
dire vos exercices, pour arriver à devenir de bons et vaillants
gymnastes, en même temps de bons citoyens.
Barbas. - Dimanche dernier, les fromages de Blâmont conduits par
un soldat du 2e bataillon de chasseurs, habillé en
sous-lieutenant, ont fait une excursion à Barbas.
Nous souhaitons à ce jeune homme d'être sous-lieutenant toute la
semaine et soldat le dimanche.
Et ce serait plus profitable pour lui.
L'Inauguration des Fontaines
A DOMEVRE
A Domèvre-sur-Vezouze, dimanche dernier, avait lieu
l'inauguration des fontaines. Cette petite commune vient de
s'imposer un lourd sacrifice en faisant venir les eaux claires
et limpides de Harbouey, qui, maintenant, alimentent abondamment
tous les quartiers.
Au banquet qui suivit l'inauguration et qui réunit 150
républicains, assistaient MM. Lacombe, sous-préfet ; Méquillet,
député; Bentz et de Langenhagen, conseillers généraux. Des
toasts éloquents furent prononcés. Nous avons également retenu
les paroles de notre ami M. Hippolyte Ruetschmann, le dévoué
président du Comité cantonal de Badonviller.
Nous les reproduisons avec plaisir, certain qu'ils intéresseront
nos lecteurs.
DISCOURS DE M. RUETSCHMANN
Monsieur le Sous-Préfet, Monsieur le Député, Messieurs,
A l'appel de l'honorable M. Voissement, maire de Domèvre,
quelques amis et moi avons pensé qu'il nous était impossible de
refuser une si cordiale invitation. Elle me procure le plaisir
de saluer respectueusement le nouveau et distingué sous-préfet
de Lunéville, M. Lacombe, - de renouveler à M. Raoul Méquillet,
député, l'expression de mes meilleurs sentiments républicains. -
A la Municipalité de Domèvre, j'adresse mes plus vifs
remerciements et à tous les républicains du canton de Blâmont,
j'adresse le salut fraternel des républicains du canton de
Badonviller.
Dans quelques mois, quand il s'agira de faire triompher à
nouveau le drapeau républicain dans l'arrondissement, les deux
cantons frères iront ensemble à la bataille rivalisant d'ardeur
et de sincérité et n'emploieront pour vaincre et terrasser leurs
adversaires que la Vérité et la Raison. (Applaudissements. Vive
la République !)
Vous connaissez, Citoyens, les attaques dont tout républicain
militant est l'objet. - vous entendez les injures lancées à
l'adresse des républicains du Parlement et du Président de la
République ; - les instituteurs sont aux prises avec les
Associations catholiques de pères de famille; - l'enseignement
laïque subit l'assaut de toutes les soutanes ; - les Camelots du
Roy sont d'une arrogance à nulle autre pareille.
En face du danger, souvenez-vous, Républicains ! que pour
défendre héroïquement il faut aimer passionnément. Je n'en doute
pas, vous l'aimez notre République démocratique qui tient une
place d'honneur dans le monde, qui tend à apporter chaque jour
un peu plus de bien-être et de joie aux déshérités, aux
travailleurs. (Applaudissements.)
Est-il donc encore des gens qui verraient avec plaisir le retour
des régimes déchus ? il faut l'avouer, il y en a mais peu.
Ce sont les successeurs et les amis de ceux qui ont, pendant des
siècles, asservi le peuple en le laissant dans l'ignorance, - ce
sont les successeurs et les amis des sorciers de l'ancien temps
qui luttent pour reconquérir leur magique pouvoir,
(applaudissements et rires) - ce sont ceux aujourd'hui qui
savent qu'ils mentent mais qui mentent quand même, - ce sont
ceux-là qui écrivent :
« Notre armée de terre et de mer est entourée d'espions, et ce
qui navre nos francs-maçons (Lisez : républicains sincères)
c'est qu'ils ne peuvent faire, retomber ni la faute, ni même les
soupçons sur de bons catholiques ! Ce sont leurs frères et amis
qui sont reconnus coupables. »
Ils savent cependant que, parmi les cambrioleurs de la
très-respectable loge Saint-Jean-de-Jérusalem à Nancy, le 13
mars 1906, se trouvait un jeune homme bien connu dans les
milieux très catholiques où il prenait le mot d'ordre ; que ce
jeune homme est l'espion Ancel, actuellement sous les verrous,
attendant de l'italien Sarto les indulgences qui n'empêcheront
pas sa condamnation. (Applaudissements et rires.)
Ce sont ceux-là qui écrivent encore en gros caractères :
« Les hommes sont ce que les femmes les font. »
(Applaudissements.)
Ah oui, Citoyens ! après de telles assertions, je crois faire
.mon devoir en répétant, dans une réunion comme celle-ci, les
paroles que je prononçais le 29 juillet 1906, dans un banquet
démocratique à Badonviller : Tant que la femme ne sera pas
libérée des superstitions ; tant qu'elle croira que ce n'est
qu'au temple, qu'à la synagogue, qu'à l'église, qu'on apprend à
être bonne épouse, bonne mère et femme patriote, tant qu'elle ne
sera pas républicaine enfin, nos adversaires auront l'espoir de
la revanche. (Bravos redoublés.)
Oui, ils l'ont encore, cet espoir ! Mais en 1910 ils seront
déçus une fois encore car, dans l'épanouissement de la Liberté
de la France démocratique, l'électeur, le peuple souverain,
éduqué et instruit, réfléchit et juge. Il élève son esprit
au-dessus des épais brouillards de l'obscurantisme ; il aperçoit
à l'horizon un étincelant rayon de lumière, et, sans dévier du
chemin, lentement, mais sûrement, il se dirige vers lui.
(Applaudissements.)
C'est au Comité républicain démocratique du canton de
Badonviller que je porte un toast, à M. Voissement, maire de
Domèvre-sur-Vezouze, au Conseil municipal de cette commune qui a
su inaugurer une œuvre d'intérêt social par une fête
républicaine.
Je lève mon verre en l'honneur du distingué M. Bentz, conseiller
général ; en 1'honneur des républicains du canton de Blâmont ; à
ceux de notre chère France et. du monde entier. Je le lève
également en l'honneur des courageuses femmes républicaines.
Je bois au triomphe constant de la République démocratique et
sociale. (Salve d'applaudissements.)
Antialcoolisme radical
Encore un petit extrait de l'Est républicain :
« L'armée a eu la participation la plus large aux fêtes de
Lunéville et de Blâmont.
« Ce fût la meilleure des réponses à d'irréconciliables
adversaires qui veulent, à toutes, forces, créer un malentendu
entre l'armée et la République. »
La « participation la plus large », en effet, de la part des
soldats qu'on y a envoyés faire tous les métiers.
C'est ainsi que le 17e bataillon de chasseurs à pied en garnison
à Baccarat avait été requis de fournir à Blâmont des encaisseurs
pour les guichets d'entrée et des hommes pour divers services
aussi militaires que celui-là.
Mais si ces services ont été « largement pourvus de chasseurs,
ceux-ci n'ont pas à se louer des largesses » républicaines du
comité des fêtes, de la municipalité de Blâmont, de la
préfecture de Meurthe-et-Moselle et des ministres présents.
Par la chaleur encore torride de dimanche dernier, on n'a même
pas eu l'attention de donner à ces soldats, commandés pour un
service qui aurait dû être confié à des civils salariés, un seul
verre de bière pour toute la journée.
On les a laissés libres de se désaltérer avec de l‘eau «
largement» démocratique.
Je ne sais si cela« créera un malentendu entre l'armée et la
République ». Mais au moins, ne-pourra-t-on pas nous accuser de
l'avoir créé.
Un cycliste dérape sur la
neige
IL EST TUÉ PAR UNE AUTO
Lunéville, 1er décembre. - De notre correspondant particulier :
M. Frischmann Adolphe, dit Fremann, 20 ans, entrepreneur de
broderie à Avricourt, se dirigeait en automobile vers Lunéville.
Il marchait à une allure modérée à raison de la neige.
Il venait de traverser Benaménil, il était à 800 mètres environ
de ce village, lorsqu'il aperçut un cycliste, venant en sens
inverse et tenant sa gauche, ce dernier chercha à prendre sa
droite, mais glissa sur le verglas et tomba à terre. M.
Frischmann, ayant vu la chute du cycliste et voulant éviter un
accident, donna un coup de volant à gauche, en même temps qu'un
coup de frein ce qui provoqua le dérapage vers la droite de
l'arrière de l'auto.
Le malheureux cycliste, atteint de ce fait à la tête, resta
évanoui sur la chaussée, M. Frischmann s'empressa auprès de lui
et demanda à M. Mantoux, boucher à Blâmont, qui passait en auto,
de transporter la victime à son domicile.
M. le docteur Humbert, d'Ogéviller, informé, vint prodiguer ses
soins au malheureux, qui succomba dans la soirée. |