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La Semaine Religieuse du Diocèse de Nancy & de Toul
Ed. Nancy

- 1933 -



18 février 1933 - n° 7 - p. 106
Itinéraire de la tournée de Confirmation dans les deux arrondissements de Nancy et de Lunéville en 1933
Mardi 6 juin. - MATIN : Domèvre-sur-Vesouze, Ancerviller, Bénaménil, Blémerey, Domjevin, Herbéviller, Ogéviller, Saint-Martin.
Soir : Blâmont, Amenoncourt, Autrepierre, Avricourt, Barbas, Chazelles, Emberménil, Gogney, Leintrey, Nonhigny, Repaix, Vaucourt, Vého, Verdenal, Xousse .
Jeudi 8 juin. - MATIN : Cirey-sur-Vesouze, Bertrambois, Frémonville, Harbouey, Parux, Petitmont, Tanconville, Val-et-Châtillon.


4 mars 1933 - n° 9 - p. 140
HISTOIRE ET ARCHÉOLOGIE
Bibliographie lorraine
Les choeurs de « Saint-Pius »
Les éditeurs nous transmettent la note suivante :
La partition de Saint-Pius est entre les mains des correcteurs et la liste de souscription sera close prochainement, quand nous donnerons le bon à tirer. Nous rappelons que la partition sera mise on vente nu prix de 40 francs. Les souscripteurs bénéficieront d'une remise de 25 %. Nous espérons que le nombre des amateurs nous permettra de leur consentir une réduction encore plus avantageuse : 50 % pour 200 souscripteurs. La partition de 64 pages reviendrait donc à 20 francs.
Elle sera dédiée aux trois anciens supérieurs du Petit-Séminaire : MM. Gonbervaux, Léopold Martin et Durand, qui, de 1865 à 1927, ont gardé la châsse de saint Pius. M. le Supérieur du Petit-Séminaire, qui tint le rôle de Pius en 1890, a bien voulu se charger de présenter l'oeuvre de M. Marteaux. On nous demande, parfois, des renseignements sur le compositeur des choeurs de Pius. Voici quelques détails biographiques qui pourront intéresser les lecteurs lorrains.
M. Ch. MARTEAUX naquit à Vic-sur-Seille, en 1831. A l'âge de 12 ans, il étudia l'orgue, sous la direction d'un bon organiste, L. Wackenthaler. En 1848, il devenait à Paris l'élève de Marmontel.
Revenu en Lorraine, il tint les orgues à Blâmont, à Vic, à Nancy, où, en 1858, nous le trouvons maître de chapelle à l'Institution des Jeunes-Aveugles.
En 1864, il fut appelé à l'orgue de Saint-Laurent de Pont-à-Mousson; il enseigna la musique au Petit-Séminaire et ce fut pour le élèves de cet établissement et à l'occasion de la triomphale translation des reliques du jeune martyr romain, Pius, le 9 juillet 1865, qu'il écrivit les choeurs dont nous entreprenons l'édition.
Après la guerre de 1870, M. Rigaux, organiste de Saint-Vincent-Saint-Fiacre, optait pour Saint-Sébastien. M. Marteaux le remplaçait aux Trois-Maisons; il était suppléé, disons-le en passant, à Saint-Laurent et au Petit-Séminaire, par M. J.-B. Pilloy, dont le fils, M. H. Pilloy, titulaire de l'orgue de Jarville, professe la musique à La Malgrange et à Bosserville.
M. Marteaux, qui occupait un fauteuil à l' Académie romaine de Sainte-Cécile, mourut prématurément, le 7 juin 1874.
Ses oeuvres sont abondantes et variées; il écrivit, pour les voix, notamment sa magnifique cantate Rome ou la Guerre Sainte ... il écrivit, aussi, pour l'orchestre, pour l'orgue, pour le piano... Sa muse lui inspira des mélodies d'un dessin élégant et d'une lecture délicate.
Les choeurs de Pius représentent précisément la manière charmante et sans prétention de ce modeste et fervent artiste: aussi, nous remercions M. le chanoine Holz et M. l'abbé Kaltnecker de nous avoir aidé à sauver de l'oubli l'oeuvre de ce musicien.
Envoyer son adhésion à la Société Anonyme d'Editions et de Musique, 7, rue Gambetta, à Nancy; ou à M. l'abbé KALTNECKER, à Bosserville, par Art-sur-Meurthe.


11 mars 1933 - n° 10 - p. 160
HISTOIRE ET ARCHÉOLOGIE
Bibliographie lorraine
Chanoine DEDENON. - L'abbaye de Beaupré. Sa place et son rôle dans le pays de Lunéville (1).
L'infatigable travailleur qu'est M. le chanoine Dedenon, a, cette fois, quitté le Blâmontois, qui lui doit une si intéressante monographie et plusieurs notices historiques, pour le pays de Lunéville. Il est vrai qu'il y fut entrainé par un autre évocateur, aujourd'hui décédé, des souvenirs du passé de notre Lorraine, M. l'abbé Bernhardt.
L'abbaye cistercienne de Beaupré, dans la vallée de la Meurthre, en amont de Lunéville, n'avait pas encore trouvé son historien. M. Bernhardt, originaire de Baccarat, après avoir écrit et édité une monographie de ceite ville et de Deneuvre, la paroisse mère, s'était laissé tenter par ce qu'il avait entendu raconter du rôle que Beaupré avait rempli dans la vallée de la Meurthe. Des fermes nombreuses, disséminées dans la région, attestaient la confiance dont les moines avaient joui auprès des seigneurs qui, jadis, leur avaient donné ou légué ces « granges », en se recommandant à leurs prières; si les bâtiments du couvent avaient presqu'entièrement disparu, ou savait, d'après l'Histoire de Lorraine, de Dom Calmet, que quatre de nos anciens ducs, avaient voulu reposer dans l'église abbatiale, pour s'assurer les pieux suffrages des moines : Raoul, Ferry Ill, Thiébaut Il et Ferry IV, et que d'autres membres de la Chevalerie lorraine avaient manifesté le même désir suprême. Et quelle influence avaient dû exercer sur l'agriculture et la viticulture lorraine, ces religieux qui, comme nos Trappistes modernes, leurs frères en saint Bernard, étaient plutôt voués à la vie agricole et aux métiers qui s'y rapportent, qu'à la vie intellectuelle des Bénédictions de Senones et de Moyenmoutier .
M. Berhardt se mit donc, vers 1895, à fréquenter les archives, à consulter Ies documents, à rassembler des notes ... il entreprit même le travail de rédaction ... mais les devoirs de son ministère, à l'Hospice Saint-Stanislas, et l'état de plus en plus précaire de sa santé l'empêchèrent de pousser bien loin ce labeur. M. Dedenon lui avait succédé à Saint-Stanislas; il avait son goût pour les études historiques ... il lui confia ses papiers, certain qu'ils seraient entre bonnes mains.
Il ne se trompait point. M. Dedenon, tout en gardant le plan en majeure partie chronologique qu'il avait adopté, a comblé certaines lacunes, élagué certains développements, éclairci des points restés obscurs ou brumeux, précisé les références et ajouté des notes érudites ... et, de cette adaptation, est sortie une monographie des plus instructives. M. Dedenon dans sa Préface, en rapporte l'honneur à son devancier ; qu'il nous permette de protester que par trop grande est sa modestie.
C'est donc, avec intérêt et profit que se lira l'histoire de cette abbaye de Beaupré, fondée en 1130, par le comte Folmar, de Lunéville, à l'aide d'une colonie monastique venue de Morimond (diocèse de Langres), quatrième fille de Cîteaux. On apprendra quelle fut, aux XIIIe et XIVe siècles, la vie de ses moines : pères, frères convers, oblats, dans le monastère, où elle était sensiblement semblable à celle que mènent encore aujourd'hui les Trappistes, et dans les « granges », ou fermes, qui étaient surtout exploitées par les convers - et, sous l'humble froc des convers, se cachaient parfois des hommes de la plus haute noblesse.
Puis, le relâchement s'introduisit, au XVe siècle et eut pour conséquence le dépeuplement de la communauté. L'incursion des reitres, qui saccagèrent l'abbaye, en 1587; la commende qui y fut installée, au début du XVIIe siècle; les malheurs de la Lorraine aggravèrent la décadence.
Mais, Léopold rendit à Beaupré les beaux jours d'autrefois, en y appelant des Cisterciens réformés d'Orval. Un instant troublée par un incident janséniste, la vie des moines se maintint très édifiante, jusqu'à l'avènement de Stanislas. La commende, alors, reparut... et Beaupré, sans prélat régulier, fut atteint par l'esprit dé ces tristes dernières années de l'Ancien-Régime.
Ajoutons que des cartes et des dessins, dûs au talent de M. le chanoine A. Munier et de M. J. Divoux, et des photogravures illustrent l'exposé historique et permettent de se rendre compte de ce que fut Beaupré.
Cette abbaye eut deux soeurs cisterciennes, dans la circonscription de notre diocèse actuel : Haute-Seille, près de Cirey-sur-Vezouze, dont M. Dedenon a parlé dans son histoire du pays de Blâmont et dont nous aimons à croire qu'il pourra nous parler plus longuement - et Clairlieu, près de Nancy, sur les ruines de laquelle s'est établie la villa paroissiale de Saint-Sébastien. La monographie de Clairlieu, dont l'église abrita de nombreuses tombes de la noblesse lorraine, tentera-t-elle quelque paroissien de M. le chanoine Houbaut ? Si oui, le futur monographiste aurait un modèle suggestif dans l'oeuvre dont M. le chanoine Dedenon fait honneur à M. l'abbé Bernhardt.
E. M.

(1) Nancy, Imprimerie Vagner. - In-8°, 210 pages, avec illustrations, 18 francs.


13 mai 1933 - n° 19 - p. 295
CHRONIQUE DU VATICAN
Mort du Cardinal Ceretti
H. E. le Cardinal Ceretti, ancien nonce à Paris, est décédé le 8 mai, à la suite d'une courte maladie. Les diocésains de Nancy se souviendront, dans leurs pieux suffrages, que le vénéré défunt a bien voulu venir encourager les artistes de la Passion et revenir consacrer l'église d'Ancerviller.


13 mai 1933 - n° 19 - p. 296
Activité de la Ligue Patriotique des Françaises
Nous lui conservons ce nom, auquel on est plus habitué, tout en nous souvenant que la L.P.D.F. appartient désormais à la Ligue Féminine d'Action Catholique Française.

Une semaine de journées cantonales
Le comité départemental de la Ligue vient d'organiser une seconde série de journées cantonales, qui ont en lieu à Blâmont, Audun-le-Roman, Briey, Longwy, Pont-à-Mousson, Thiaucourt et Haroué, du dimanche 23 au samedi 29 avril.
Une première série a touché dix cantons en février dernier.
Les autres cantons auront leur journée pendant la seconde quinzaine du mois de mai.
Il y avait quelque témérité, nous affirmait-on, à tenter une journée complète de la Ligue, à la campagne, à une époque de l'année où le soin des jardins est la grande et passionnante affaire et où les premières communions commencent, elles aussi, à éclore un peu partout.
L'objection avait de la valeur assurément. Mais au fait, l'époque idéale existe-elle, quand il s'agit d'un mouvement d'ensemble?
Et puis la perspective d'apporter à un congrès de dames le relief vigoureux et le séduisant attrait d'une conférence que donnera une conférencière de Paris, une conférencière qui sera Mlle Stéfani et qu'on obtient quand ... on peut, n'autorise-t-elle pas beaucoup d'audace !
Une fois de plus, notre confiance n'a pas été vaine et ces dernières réunions cantonales furent, chacune dans leur genre, pleinement réussies. Sans vouloir les comparer entre elles, on doit reconnaître que la journée de Pont-à-Mousson, particulièrement brillante, l'emporta sur les autres : elle offrit des séances vraiment... de grand style.
Chaque journée, il faut le dire, avait été minutieusement préparée dans une réunion spéciale du comité cantonal, réunion à laquelle assistaient, avec M. le Doyen, M. le chanoine Margot
et Mme des Aulnois, présidente départementale.
Dans presque chaque canton aussi, la visite des comités paroissiaux faite par le comité cantonal devenait une solide préparation éloignée qui, de plus en plus, s'avère presque indispensable.
Aussi, l'empressement à assister à ces réunions générales marque-t-il un sensible progrès sur les années précédentes.
Déjà à à la réunion d'études du matin, à peu près tous les comités étaient chaque fois largement représentés.
Quant à la réunion du soir, l'affluence partout était vraiment imposante : plus de 450 ligueuses à Briey et à Pont-à-Mousson; 300 à Audun-le-Roman ; à Thiaucourt, la moitié des effectifs du canton.
Ici et là, on dut renoncer aux salles de réunions habituelles et recourir à des locaux plus vastes. Ce fut le cas, à Blâmont, à Thiaucourt, où l'hôtel de ville fut aimablement prêté par la municipalité.
A souligner aussi l'empressement de MM. les Curés à nous apporter le concours de leur présence,
Le doyenné se retrouvait presque au complet à Audun, à Briey, à Longwy, à Thiaucourt. Ailleurs, malgré d'impérieuses exigences de ministère, comme à Blâmont où la réunion avait lieu le dimanche, comme à Pont-à-Mousson où les retraites de première communion battaient leur plein, il y eut toujours quelques-uns de ces messieurs; le samedi 29, à Haroué, six paroisses étaient représentées par leur pasteur. [...]


27 mai 1933 - n° 21 - p. 323
Itinéraire de la tournée de Confirmation
[...] Mardi 6 juin - MATIN : Domèvre-sur-Vesouse, Ancerviller, Bénaménil, Blémerey, Domjevin, Herbéviller, Manonviller, Ogéviller, Saint-Martin.
SOIR : Blâmont, Amenoncourt, Autrepierre, Avricourt, Barbas, Chazelles, Emberménil, Gogney, Leintrey, Nonhigny, Repaix, Vaneourt, Vého, Verdenal, Xousse.
Jeudi 8 juin. - MATIN : Cirey-sur- Vesouze, Bertrambois, Frémonville, Harbouey, Parux, Petitmont, Tancon¬ville. Val-et-Châtillon.


27 mai 1933 - n° 21 - p. 324
Décoration diocésaine
Monseigneur l'Evêque a accordé la Médaille du Mérite diocésain à :
M. Charles Brancard, de Vaucourt, a rempli depuis plus de soixante-dix ans, avec une exactitude et un désintéressement dignes d'éloge, les fonctions de chantre dans sa paroisse.


3 juin 1933 - n° 22 - p. 348
La fête chrétienne de la fenaison à Ancerviller
Organisée par M. l'abbé Jacques, avec le concours empressé de M. le Curé, de M. le Maire et des habitants d'Ancerviller et présidée, avec lui, par R. Gravier, de Haudonville, président national de la J.A.C. et M. J. Harrouard, de Ménil-la-Tour, président diocésain, cette fête de la Fenaison fut :
1° Une fête chrétienne, commencée par une messe de communion, poursuivie par l'assistance à la messe de paroisse et couronnée par l'office de complies et le salut du Très-Saint-Sacrement.
2° Une fête joyeuse, avec attractions et pittoresque cortège de faucheurs, de faneuses et d'instruments de fenaison, anciens et modernes.
3° Une fête sérieuse, où, dans une séance d'études, le matin entre les deux messes, les « Jacistes », venus très nombreux, s'occupèrent des graves problème, que pose l'avenir, et applaudirent les fières paroles de leur président diocésain : « Nous n'avons pas à rougir d'être des paysans, d'être des catholiques. Nous devons au contraire en être très fiers, partout, ae village, en ville et à la caserne. Notre tâche est grande, nos efforts doivent être toujours plus grands. »
Et ce sera une fête féconde, pour le recrutement de la J.A.C. et, par elle, pour la résurrection de nos campagnes. Elle fait bien augurer de la fête de Ia moisson, qui se célébrera, aavec un programme analogue, le 9 juillet, à GERMINY, et de la fête Vendange, qui aura BRULEY pour théâtre, en octobre.
Félicitations très cordiales à l'initiateur, M. l'abbé Jacques.


17 juin 1933 - n° 24 - p. 380
A la mémoire du Cardinal Cerretti
Nous lisons, dans le Bulletin paroissial d'Ancerviller, qu'un service a été célébré pour le repos de l'âme du Cardinal Cerretti, dans l'église de cette paroisse, que l'éminent Prélat consacra le 20 novembre 1923. Une plaque de marbre érigée par les soins de la Coopérative de Reconstruction des églises, et une inscription, rédigée dans un grand style, par M. le chanoine Ed. Gérardin, rappellent le souvenir de cette solennité.


1er juillet 1933 - n° 26 - p. 404.
Retraites ecclésiastiques
La première retraite pastorale, prêchés par le R. P. DRENAUX, O.P., aura lieu au Grand Séminaire de Bosserville, du lundi 24 juillet, à 17 heures, au samedi matin 29 juillet. Sont convoqués à cette retraite :
MM.
[...] Brégeard, de Harbouey
[...] Corbeil, de Repaix.
[...] Goné, de Mignéville.
[...] La seconde retraite pastorale, qui sera prêchée par le R.P. BOUTRY, O.P., commencera au Grand Séminaire, le lundi 31 juillet, à 17 heures, et se terminera le samedi matin 5 août.
Sont convoqués à cette retraite : .
[...]Barbier, .doy. de Blâmont.
[...] Klein, de Leintrey.
[...] Munier,de Domèvre-sur-V.
[...] Pertusot, de Verdenal.
[...] Rouyer, de Nonhigny.


15 juillet 1933 - n° 28 - p. 450
Distinction honorifique
Parmi les distinctions accordées, cette année, par la Société Industrielle de l'Est, nous sommes heureux de relever la médaille de vermeil, décernée à M. le chanoine FIEL, pour ses trente années de services, en qualité d'aumônier à l'Ecole Professionnelle de l'Est. - Cordiales félicitations !


15 juillet 1933 - n° 28 - p. 453
Cinquantenaire de sacerdoce de M. le chanoine Benoit
Ce fut une touchante manifestation de foi, de reconnaissance et d'affection, que le Cinquantenaire de Sacerdoce de M. le chanoine Benoît, aumônier de la Maison-Mère de la Doctrine-Chrétienne.
On y fêtait le prêtre qui, avec une émotion profonde, après cinquante ans, jour pour jour, redisait les paroles, que ses lèvres tremblantes avaient alors prononcées pour la première fois : « J'irai à l'autel de Dieu, au Dieu qui réjouit ma jeunesse ». Et le prêtre était honoré de la présence de son Evêque, de NN. SS. Barbier, Jérôme et Thouvenin, entouré du Doyen et de plusieurs de ses anciens Confrères du Chapitre, de nombreux Confrères et amis, religieux et prêtres séculiers, dont plusieurs issus de ses anciennes paroisses.
Et la Congrégation de la Doctrine-Chrétienne, qui avait magnifiquement décoré ses cloîtres et sa chapelle, témoignait, par la présence de ses Supérieures majeures et de très nombreuses religieuses et par l'exquise exécution des chants liturgiques, combien elle apprécie le zèle et le dévouement de son Aumônier vénéré.
Oui, ce fut une belle et touchante manifestation de foi, de reconnaissance et d'affection, que cette fête du Sacerdoce,
Des sentiments du cher Jubilaire, de sa famille, de ses amis et de la Congrégation, M. le chanoine Gélinet se fit l'interprète excellent, en rappelant, en des termes délicats, le bien que M. Benoît accomplit dans ses différents ministères, à Saint-Laurent, de Pont-à-Mousson, où il fut vicaire ; à Trondes et à Pont-Saint-Vincent, dont il fut curé ; au Cercle Catholique d'Ouvriers, dont il fut l'aumônier; à Blâmont, dont il fut le curé-doyen, et, enfin, à la Maison-Mère de la Doctrine-Chrétienne. Ces dernières fonctions, Mgr de la Celle avait, pour honorer son mérite, voulu qu'il les exerçât, en même temps que celles de chanoine titulaire de la Cathédrale-Primatiale; un état de santé précaire vint bientôt contrarier le dessein du curé Prélat. - Mais, aujourd'hui, comme le constata Son Excellence, dans un mot très aimable, à la fin de l'office, le chanoine démissionnaire a retrouvé ses forces, et le jubilé de son Sacerdoce, sa « Messe d'or », comme on dit en Italie, va lui communiquer une jeunesse nouvelle : c'est le voeu de tous ses amis et nous sommes assuré que c'est le voeu de la Congrégation de la Doctrine-Chrétienne.
E. M.


22 juillet 1933 - n° 29 - p. 464
Nécrologie
Monseigneur l'Evêque recommande aux prêtres du clergé et des fidèles du diocèse, l'âme de M. l'abbé Chales POINSIGNON, décédé le 17 juillet 1933.
Né à Vaucourt, le 14 décembre 1884, ordonné prêtre le 8 août 1909, M. l'abbé Charles-Louis Poinsignon avait été successivement : professeur au Collège de La Malgrange (1909), professeur à l'lnstitution Saint-Pierre-Fourier (1912), chapelain d'honneur de la Cathédrale (1932).
M. l'abbé Poinsignon était membre de l'association de prières.


5 août 1933 - n° 31 - p. 501
M. l'abbé Poinsignon
Aux obsèques de M. l'abbé Poinsignon, célébrées tout d'abord à la chapelle de l'Institution Saint-Pierre-Fourier, M. le Supérieur a, vraiment loué notre très regretté collègue et ami comme il le méritait. Qu'il nous soit permis de donner de son discours de très larges extraits :
« Sa mort, a-t-il dit, est -d'autant plus douloureuse à sa bien-aimée Soeur et à nous, qu'elle a été plus inattendue, foudroyante. Saisi soudainement d'une violente douleur au ooeur, il eut à peine le temps de crier : « Je vais mourir ! Mon Dieu, pardonnez-moi mes péchés ! » Il perdit aussitôt connaissance et s'éteignit doucement, après que son confesseur, en hâte accouru, lui ait donné une dernière absolution et le Sacrement des mourants. En quelques minutes, l'oeuvre de mort était accomplie.
« Rien, apparemment, ne nous la faisait prévoir. Quinze jours auparavant, il était en pleine fièvre des examens du baccalauréat où il obtenait, avec ses élèves, un brillant succès. Jeudi dernier, il assistait radieux à la Distribution des Prix du Pensionnat des Saint-Anges. Deux jours plus tôt, il bénissait, à Baccarat, le mariage d'un ses anciens élèves, et il se réjouissait d'aller, aujourd'hui même, passer quelques heures d'intimité, avec un prêtre de ses amis, à Saverne. Il avait annoncé à sa soeur sa venue pour demain. Enfin, lunudi dernier, quelques heures avant d'expirer, il était, chez moi, en très bon point, semblait-il, et me remettait un compte rendu de notre distribution des Prix, que je lui avais demandé d'écrire pour la Presse. Or, hier, le journal donnait, en même page que l'annonce de sa mort, le dernier travail issu de sa plume. Il est mort sur la brèche, au lendemain d'un vif labeur, au début de vacances qu'il voulait reposantes. Le divin Maître, déjouant tous les menus projets que nous formons souvent comme si nous étions immortels et, content de ses 49 années de bons services, vient de l'appeler au repos des éternelles vacances...
« Il est mort, mais il nous parle encore par le souvenir édifiant qu'il nous laisse d'un bon prêtre, grave et consciencieux observateur de ses devoirs, et d'un professeur très distingué et très dévoué.
« Né en 1884, ordonné prêtre en 1909, après un court passage à La Malgrange où il conquit le diplôme de licencié en Philosophie, il fut nommé professeur de Philosophie à Saint-Pierre-Fourier en 1912. Survint la guerre de 1914. Il partit et servit la France, dans le corps des infirmiers, simplement, modestement, courageusement. Sa belle conduite lui valut la croix de guerre, avec une citation très élogieuse ... Après l'armistice, il reprit service à Saint-Pierre-Fourier, avec une santé diminuée pour toujours, et en 1925, fut nommé professeur de Première. C'est dans la direction de cette classe si intéressante qu'il donna toute sa mesure et dépensa toutes ses forces, inférieure, hélas! à sa tâche.
« Esprit fin, intelligence déliée et souple, il avait un sens très délicat de la beauté littéraire. Ses lectures, abondantes, choisies, faites sans hâte, posément et avec réflexion, donnaient à son enseignement de la richesse, et ses premières études philosophiques, de la profondeur. Ses élèves se plaisaient infiniment à ses classes, très consciencieusement préparées, où son esprit alerte, subtil et pénétrant, précis et juste, se jouait avec sûreté, aisance et charme, dans l'interprétation des textes. Doué d'un très fort sentiment de la justice, il corrigeait, annotait avec le plus grand soin, les devoirs de ses élèves, sacrifiant bien souvent à ce travail ingrat, les heures de délassement qu'exigeait cependant la tension trop continue de son esprit.
« Ses élèves non seulement appréciaient hautement la valeur de leur maître, mais ils l'aimaient, à cause de son dévouement, de sa souriante bienveillance, de l'égalité de son caractère, de sa réserve de langage, sans accès d'humeur, sans propos désobligeants ou décourageants. Toutes ces qualités favorisaient l'action prenante du prêtre sur l'âme de ses jeunes élèves, auxquels il donnait volontiers, dans l'intimité, conseils et direction pour leur avenir, avec discrétion et tact, mais aussi, avec une emprise d'autant plus forte qu'ils avaient plus grande confiance dans son jugement. Il les préparait excellemment au baccalauréat, mieux encore à la vie sérieuse, réglée, chrétienne. Son action s'étendait au-delà des murs du collège, grâce à un cercle d'études interparoissial, où il groupait un choix de jeunes gens de la ville et qu'il dirigeait avec compétence et sagesse, concurremment avec celui de ses élèves du collège; grâce aussi aux classes qu'il avait le dévouement de faire aux élèves réunies des Saints-Anges et du Cours Notre-Dame.
« Aussi, la nouvelle de sa mort provoqua, dans toute la ville, une vive émotion et, autour de sa couche funèbre, une touchante manifestation de religieuse sympathie. C'est pour sa famille, sa soeur très aimée et pour nous-mêmes, une précieuse consolation...
« La mort a-t-elle surpris notre confrère ? J'hésite à le croire ; car, si réservé qu'il fût dans ses confidences, il ne laissait pas, dans l'intimité, de se dire particulièrement fatigué et nous savons qu'au cours des dernières semaines, plusieurs crises cardiaques légères l'avaient alerté et inquiété. Il avait la hantise de la mort et s'y préparait. »
Cette émouvante oraison funèbre, si digne de celui dont elle faisait l'éloge, fut prononcée devant une assistante qui débordait la chapelle du collège. Aussitôt connue la douloureuse nouvelle, élèves d'hier ou d'aujourd'hui, parents d'élèves, amis de Saint-Pierre-Fourier ou des Saints-Anges, collègues des séminaires ou de La Malgrange-Saint-Sigisbert, interrompent leurs vacances, étaient accourus, mêlant les larmes aux prières.
Après l'absoute, que donna Mgr Jérôme, beaucoup de ceux qui avaient assisté au service funèbre de Saint-Pierre-Fourier suivirent le corps à Coincourt. Le petit village était silencieux sous le lourd soleil, et les portes étaient closes. Mais, sous le proche de la vieille église, de nombreux paroissiens, parmi lesquels beaucoup d'hommes, attendaient leur compatriote. Un second service funèbre fut alors célébré, pendant qu'aux autels latéraux, les messes pour le repos de l'âme du défunt se succédaient, comme à Lunéville. M. le Doyen d'Arracourt dut monter à l'autel, le vénérable Curé de Prave ayant craint de ne pouvoir surmonter son émotion, s'il acceptait d'officier. Quiconque en effet, a connu l'abbé Poinsignon sait qu'il avait voué à son premier maître une reconnaissance qui ressemblait à une sorte de culte ... M. le Doyen d'Arracourt prit également la parole et fit à son tour l'éloge du prêtre et de l'ami, infiniment sympathique à ses condisciples, aux prêtres, de son cours, aux fidèles de sa paroisse. Puis, après l'absoute, ce fut la conduite au cimetière, où M. le Curé de Coinourt, un ami lui aussi, récita ou plutôt essaya de réciter les dernières prières, entrecoupées de sanglots.
Et maintenant, que ceux qui auront l'indulgence de jeter un coup d'oeil sur ces lignes, permettent à celui qui les a écrites, de se laisser aller, en dehors de toute convention, à son émotion personnelle ! Comme au boeuf des Géorgiques, la mort lui a pris son compagnon de labour, et le guide et l'ami lui manquent à la fois. Et quel guide, et quel ami ! Un guide réconfortant et sûr, un amis qui avait toutes les délicatesses de l'esprit et du coeur. Cher et bien aimé Collègue, votre collaborateur de huit années, sait mieux que personne peut-être, que vous êtes de ceux auxquels on succède, sans les remplacer. Puissent vos prières suppléer à son insuffisance et lui valoir de n'être point trop inégal à la tâche si brillamment remplie par vous !
Au reste, vos prières, vous nous les devez à tous, car tous, nous portons votre deuil, tous, votre mort nous a bouleversés, tous, nous vous pleurons, comme on pleure un parent très proche et très aimé. Vous étiez notre fierté, mais aussi notre joie. Hélas ! qui nous rendra le charme de vos conversations, tour à toue si spirituelles, si fines, si substantielles ? Comme notre confrère poète dont vous fûtes si souvent le bienveillant critique et pour qui votre amitié fut bienfaisante et douce, nous n'arrivons pas
« A comprendre pourquoi, sitôt, malgré nos pleurs
« Dieu veut qu'en nos jardins, se flétrissent les fleurs,
« Et que, dans notre azur, s'éteignent les étoiles. »
Dès le matin des obsèques, M. le Supérieur recevait, en suprême hommage à la mémoire du Défunt. la lettre suivante de Son Excellence Monseigneur l'Evêque.
« CHER MONSIEUR LE SUPÉRIEUR
« Quelle nouvelle terrible ai-je apprise à mon retour de voyage ! Le cher M. Poinsignon, que j'avais tant apprécié, à l'occasion des visites qu'il me fit au cours des retraites et qui tenait, dans votre maison une place si importante, enlevé d'une manière foudroyante après avoir eu à peine le temps de se recommander à Dieu ! Il tombe à la fin de l'année scolaire, après avoir fait recevoir aux examens tous les élèves qu'il présentait. C'est mourir en beauté, sur la brèche. J'avais, ce matin, à commenter aux petits séminaristes, cette parole suggérée à saint Bernard par la vie des Templiers : « Ne doemonem timet, nec hominem, nec vero mortem, qui mori desiderat. O vita secura, ubi pura conscientia ! » C'est dans ces disposition que vivait le bon prêtre que nous pleurons. Dieu l'aura récompensé. Mais ceux qui demeurent, sont à plaindre; car votre collège, déjà éprouvé dans la santé de plusieurs, est comme découronné par la perte de cet excellent ouvrier. Je m'unis à vous et à vos confrères, cher Monsieur le Supérieur, pour pleurer votre regretté défunt. Avec vous tous, je prie pour lui et je demande à Dieu de vous aider tous en ces conjonctures si difficiles. Heureusement, la sympathie dont vous entourent vos élèves, vos anciens, les familles, le clergé et aussi l'administration diocésaine, vous aidera d'une manière aussi efficace qu'affectueuse ... »
Merci, Monseigneur, de vous être associé aussi pleinement à notre deuil !
UN PROFESSEUR DE SAINT-PIERRE-FOURIER


12 août 1933 - n° 32 - p. 516
Cinquantenaire de sacerdoce de M. l'abbé Chaxel
Mardi dernier, M. l'abbé Chaxel, membre depuis quelques années de le Maison de Retraite de Bonsecours, célébra, dans le sanctuaire marial si cher aux Nancéiens, la Messe jubilaire de cinquante années de son Sacerdoce, assisté à l'autel par un frère utérin, M. l'abbé Cuny, aumônier de l'Asile J.-B.-Thiéry, à Maxéville. Il avait à ses côtés, comme diacre et sous-diacre, M. le Curé de Drouville, son compatriote, et M. l'abbé Gérardin, vicaire à Bayon, son élève. Tandis qu'au sanctuaire, une trentaine de prêtres, ses collègues, parents ou amis, lui faisaient une couronne d'honneur, une belle assistance formée de membres de sa famille et d'anciens paroissiens, au milieu desquels se détachait la blanche cornette de religieuses, l'accompagnait de prières ferventes.
A l'Evangile, Mgr Barbier monta en chaire et, après avoir lu la lettre si délicate et si affectueuse que S. Exc. Monseigneur l'Evêque adressait au vénéré Jubilaire, il retraça à grands traits la vie de celui qui fut son cher condisciple, depuis le temps déjà lointain où il faisait ses premières études, sous la direction de son oncle, l'abbé Gérard, curé d'Ancerviller, mettant en relief son activité sacerdotale et l'excellent souvenir qu'il laissa dans les différents postes qu'il occupa, surtout à Blémerey et à Neufmaisons.
Ad multos annos ! C'est le souhait d'usage. Avec l'Orateur et tous ses Amis, nous le redisons à l'aimable Jubilaire. Qu'il puisse continuer longtemps encore à rendre service aux paroisses nancéiennes et aux Confrères, qui ne font jamais en vain appel à son dévouement.
UN AMI.


26 août 1933 - n° 34 - p. 541
PARTIE OFFICIELLE
Liquidation de la Coopérative des églises
Nous nous proposons de liquider la Coopérative des églises, le 25 septembre prochain. Nous prions MM. les Curés qui ont encore quelques marché en cours, en particulier pour les églises classées comme monuments historiques, de faire hâter les travaux et d'en demander le paiement avant le 20 septembre.
Le Président :
Abbé L. THOUVENIN


26 août 1933 - n° 34 - p. 544
HISTOIRE ET ARCHÉOLOGIE
Bibliographie lorraine
Mémoires de l'Académie de Stanislas, 1932
Nous sommes en retard, pour rendre compte de deux communications que Mgr JÉRÔME, membre titulaire de la savante Compagnie, donna, dans le cours de l'année académique 1931-1912, et qui sont insérés dans les Mémoires de 1932, [...]

Mgr JÉRÔME. - Centenaire de l'abbé Grégoire. Quelques lettres de l'abbé et de l'évêque constitutionnel.
L'abbé Grégoire, originaire de Vého, curé d'Emberménil, député du Clergé aux Etats-Généraux, évêque constitutionnel de Loir-et-Cher, membre de la Convention, grand animateur de l'Eglise constitutionnelle, quand elle essaya de reprendre vie et organisation, membre du Conseil des Cinq-Cents, puis du Corps législatif, puis sénateur de l' Empire, etc., ne nous était pas inconnu, comme Charles Caffarelli. Aussi, n'est-ce point sa biographie que nous présente Mgr Jérôme, à l'occasion du centenaire de sa mort, mais huit lettres de lui, dont quatre du curé d'Emberménil, candidat, puis député aux Etats-Généraux, puis membre de l'Assemblée constituante, à l'abbé Guilbert, curé de Saint-Sébastien, à Nancy, et quatre de l'évêque constitutionnel de Loir-et-Cher, qui tenait à se dire : « Ancien évêque de Blois », à son successeur à Emberménil, à Mgr d'Osmond, évêque de Nancy, et à Mgr Benoît Costaz, évêque nommé et administrateur du diocèse de Nancy, alors que Mgr d'Osmond était, dans les mêmes conditions, archevêque de Florence.
Ces lettres, les quatre premières judicieusement éclairées par des lettres de l'abbé Guilbert et de l'abbé Verdet, curé de Vintrange, député du CIergé de la Lorraine allemande, et toutes les huit, par de savants commentaires, de nombreuses références et des notes abondantes, « projettent, comme l'écrit Mgr Jérôme, quelque lumière sur plus d'un trait de cette physionomie singulière, de cette psychologie complexe, de cette vie toujours si passionnément discutée. »
Et l'étude se termine par cette constatation, dont nul ne contestera la justesse : « A notre avis, l'histoire de l'évêque constitutionnel de Blois - qu'il nous soit permis d'observer qu'il eût été plus « constitutionnel » de mettre : « de Loir-et-Cher » - reste à faire. Il n'a guère rencontré jusqu'à présent que des apologistes enthousiastes à l'excès, ou des détracteurs sévères jusqu'à l'injustice. Cette vie, singulièrement étrange dans sa complexité et qui garde le don de passionner les esprits, un siècle après les évènements qui la marquèrent, attend encore l'équitable jugement de la postérité. Elle eut, certes, ses faiblesses, ses pages douloureuses. Elle ne manqua pas, cependant, à certaines heures, de désintéressement, de générosité et de courage, et il serait injuste de ne pas rendre un hommage mérité aux initiatives multiples, souvent fécondes, surtout dans le domaine des sciences, des lettres et des arts, dues à l'activité législative de l'ancien petit curé lorrain d'Emberménil. »
A cette histoire impartiale, cette communication d'une sérénité parfaite, apportera une utile et sûre contribution.
E. M.


30 septembre 1933 - n° 39 - p. 617
Lettre de Monseigneur l'Évêque
à Monseigneur Thouvenin

président de la Coopérative des Églises

CHER MONSEIGNEUR
Vous auriez désiré que la séance de liquidation et de dissolution de la Coopérative des Eglises passât inaperçue. La loi vous avait fait une obligation de l'annoncer dans les journaux, mais, en même temps que vous invitiez les membres de la Société, vous aviez eu soin de leur dire que cette assemblée n'était guère qu'une formalité et vous leur faisiez comprendre qu'ils n'avaient pas à se déranger.
Tout le monde ne s'est pas laissé prendre au stratagème imaginé par votre modestie et, dans la salle où se tint, lundi dernier, cette réunion suprême, vos amis et vos obligés se trouvaient nombreux pour se faire auprès de vous les interprètes des communes et des paroisses de Meurthe-et-Moselle.
Votre Evêque, cher Monseigneur, devait au souvenir de Mgr de la Celle et se devait à lui-même de prendre rang parmi ceux qui vous disaient merci. Il le fit et vous exprima de son mieux la reconnaissance du diocèse. Mais, comme les mots d'envolent et que les écrits restent, il tient à vous répéter dans cette lettre, ce que, devant l'auditoire de la Salle Déglin, il a essayé de vous dire.
Vous n'avez pas travaillé seul à la reconstitution de nos régions et de nos églises dévastées. Vous avez trouvé près des pouvoirs publics, de l'Etat, du département et des municipalités, près de votre Evêque et de vos confrères les curés de Lorraine, des concours dévoués et généreux. Vous avez été assisté par des collaborateurs immédiats, prêtres et ecclésiastiques qui, sous votre direction, ont eux aussi bien mérité du diocèse.
Mais, de ce magnifique travail de renaissance, vous avez été l'âme vivante, intrépide et persévérante. C'est à vous qu'il faut attribuer toutes les initiatives, toutes les idées claires et fécondes qui ont précisé le but et orienté la méthode.
Vous avez ainsi éclairé le chemin, mais ce chemin vous l'avez aussi parcouru vous-même avec la plus grande activité. Qui comptera les démarches accomplies, les heures de travail employées, pour recruter architecte et entrepreneurs, mettre au point les documents administratifs, prendre contact avec les représentants de l'autorité publique, renseigner les Maires et les Curés, gérer une trésorerie considérable, débrouiller les budgets, les compte et les écritures infinies ... Pour accompli r une oeuvre aussi considérable en si peu de temps, vous avez fait preuve d'une compétence extraordinaire, mais surtout d'un incomparable dévouement.
En se faisant l'organe de Mgr de la Celle, dont vous vous plaisez à reconnaître les encouragements, et en parlant au nom des fidèles et du clergé lorrains, c'est l'Evêque de Nancy qui vous adresse l'expression d'une gratitude très motivée .
Mais, cher Monseigneur, permettez à l'ancien Vicaire général de Châlons de se souvenir aussi. Au temps où les diocèses du front étaient si embarrassés de leurs ruines et où il manquait un thaumaturge pour obéir au Vaticanare ad Spiritum comme le prophète, c'est à votre école qu'ils se sont mis pour apprendre à revivre.
Vous avez ressuscité les églises de Lorraine ; votre exemple et vos conseils ont ressuscité les communes de France. Voilà, cher Monseigneur, une oeuvre dont on se souviendra toujours. Votre nom, dans ce diocèses et bien ailleurs, sera l'un de ceux que bénira la prospérité : il faut que votre modestie s'y résigne.
Veuillez, cher Monseigneur, agréer l'expression de mes sentiments d'affectueux respect en Notre-Seigneur.
ETIENNE-JOSEPH
Evêque de Nancy et de Toul


14 octobre 1933 - n° 41 - p. 672
Décoration diocésaine
Monseigneur l'Evêque a accordé la médaille du Mérite diocésain à Mlle Juliette HOURDEAU, de Fréménil. - Se dévoue depuis cinquante ans, avec piété, dans les nobles fonctions de sacristine et de préfète de la Congrégation.


4 novembre 1933 - n° 44 - p. 700
Nécrologie
Monseigneur l'Evêque recommande aux prières du clergé et des fidèles du diocèse, l'âme de M. l'abbé Antoine Duval, décédé le 21 octobre 1933.
Né à Voinémont le 19 octobre 1856, ordonné prêtre le 15 juillet 1883, M. l'abbé Antoine Duval avait été successivement : vicaire à Ognéville (1883), vicaire à Saint-Gengoult de Toul (1883), vicaire de Blénod-les-Toul (1884), vicaire à Blâmont (1885), curé de Vaudémont (1886), curé d'Autroy (1897), retiré à Voinémont (1907).
M. l'abbé DUVAL était membre de l'association de prières.


25 novembre 1933 - n° 47 - p. 758
Consécration de l'autel majeur à Repaix
Ce fut grande joie à Repaix, ce 16 novembre : l'arrivée de Monseigneur l'Evêque, longuement préparée, ardemment désirée. C'est que depuis plus de quarante ans, Repaix n'avait point reçu son Evêque, et l'honneur que Son Excellence nous faisait, s'augmentait encore du motif de sa visite : la consécration de l'autel majeur dédié à saint Paul. Quoi d'étonnant alors que plusieurs inscriptions de bienvenue s'inspirassent des immortelles épîtres de l'apôtre : c'était son fief ici qui était à l'honneur. Le successeur des Apôtres ne pouvait donc qu'y être bien reçu dès son arrivée par M. le Maire, entouré de son conseil.
« Benedictus qui venit in nomine Domini », c'était le voeu de tous exprimé par les premiers mots des chants sacrés. Tout le long du parcours de la procession, de nombreux sapins gracieusement offerts par des châtelains voisins donnaient une note vosgienne à notre village accroché aux derniers contreforts de la montagne. Les couleurs pontificales mêlaient leurs teintes claires aux couleurs françaises, tandis que là-haut, dans le vieux clocher, les trois cloches sonnaient à toute volée. Surtout, la paroisse endimanchée, s'augmentant de nombreux étrangers, se pressait sur le passage de Monseigneur l'Evêque. Restait la rude montée qui conduit à la « Montagne du Seigneur », que chacun gravit allègrement pour jouir du spectacle si rare de la dédicace d'un autel.
Elle eût bien voulu dilater les murs, la petite église, pour ne laisser personne dehors sous le ciel gris de novembre, car elle sait bien que le froid est vif sur la hauteur balayée par l'aigre vent de l'Est.
Le moment des solennelles fonctions était arrivé. Le Pontife paré appela le secours d'En-Haut et l'aide des saints. Il présida à la bénédiction de l'eau grégorienne et aux premières ablutions de l'autel, puis s'en fut quérir processionnellement les saintes reliques déposées la veille à la chapelle de Saint-Blaise, pour les introduire dans une demeure de paix empreinte des saintes onctions. De tant de rites si expressifs, il faut dégager les derniers, plus significatifs, impressionnantes, ces petites lumières se consument sur la pierre onctueuse, tandis que tous invoquaient l'invisible Lumière ! Touchante et sublime, cette incomparable préface consécratoire, abrégé de l'histoire des antiques autels ! Triomphales, enfin, cette blanche apparition de l'autel vêtu de ses langes et cette érection de la croix sur ce nouveau calvaire. Aussi bien, c'est autour de cette croix et de cet autel que va graviter la vie religieuse de la paroisse comme autrefois celle des ancêtres dont M. le Curé, sur la foi de documents pieusement amassés paM. le chanoine Dedenon, rappela les faits et gestes depuis les origines lointaines quasi incertaines jusqu'aux évènements contemporains marqués d'une tache sanglante : la disparition tragique du cher abbé Hann. A Monseigneur revenait de louer les traditions chrétiennes qui font la gloire de la paroisse et la force des familles. « Qu'elles se gardent, ajouta-t-il, des fausses doctrines qui empoisonnent tant d'âmes aujourd'hui; qu'elles soient fidèles à leur foi et au dépôt sacré reçu des aïeux : la prière en famille, la sanctification du dimanche, la pratique des sacrements ! » A chacun donc de continuer ainsi en se serrant avec plus de respect et de confiance autour de cette pierre qu'il venait d'offrir à Dieu et sur laquelle la divine Victime allait s'immoler pour la première fois, dans la splendeur d'un décor riche et sobre à la fois, ainsi la paroisse tenait à élever cet autel en mémorial du dix-neuvième Centenaire de la Rédemption Le « Te, Deum » fit jaillir l'action de grâce de toutes les poitrines. Mais il restait à Monseigneur de déposer sa prière sur le monument du prêtre que la paroisse pleure depuis dix ans, et dont la présence planait sur cette fête.
Il est près d'une heure, quand tout est fini. C'est le moment de fraternelles agapes qui réunit autour de la table, dans chaque foyer, ceux qui sont venus partager la joie commune. Monseigneur présida la table de ses prêtres. Une dernière fois, le curé de céans exprima à son Evêque sa joie et sa gratitude. Son Excellence pouvait se rendra compte « de visu » de l'heureuse situation de la cure de Repaix, réalisant à la lettre la « praedicate super tecta » de l'Evangile. C'est à Mgr Barbier qu'allait aussi la reconnaissance de tous. Absent à cause de la rigueur de la saison, il nous avait assuré d'être avec nous de pensée et de coeur. Du moins, il nous restait le plaisir de, posséder, M. le Secrétaire général qui avait tenu, en accompagnant Monseigneur, à nous apporter la joie et le réconfort de sa présence ; à lui aussi, notre vive gratitude. Monseigneur voulut bien à son tour nous assurer de sa profonde bienveillance. Il eut un mot aimable pour chacun des convives présents : le cher M. le Doyen de Blâmont, dont Monseigneur se plut une nouvelle fois à évoquer la courageuse conduite pendant la guerre; M. Criqui, l'habile et dévoué architecte de nos monuments religieux; M. le Maire, dont la présence ici est la meilleure preuve de la bonne entente des deux pouvoirs; tous ces Messieurs du doyenné ou des autres coins du diocèse, venus prêter leur concours; entre eux tous, Monseigneur distingua un curé messin, témoin à cette fête des bonnes relations qui unissent les deux diocèses.
Monseigneur réservait une surprise charmante pour la fin de cette journée si chargée : ce fut une visite rapide, mais très affectueuse à l'annexe d'Igney. Rien n'avait été prévu; pouvait- on escompter semblable démarche sans être taxé de témérité ! Cependant, les cloches eurent vite fait de rassembler la moitié de la paroisse, qui reçut ainsi la bénédiction du premier Pasteur du diocèse et ce témoignage précieux de sa grande bonté.
Tout finit comme en un beau jour où le soleil ne fait pas défaut, car lui aussi voulut être de la fête, quoiqu'en retard. Quand tout rentra dans le silence, il resta cependant un témoignage tangible de ce passage de Monseigneur parmi nous : cet autel où nous irons prier Dieu de bénir toutes nos intentions, au nombre desquelles nous retiendrons en première place celle que la liturgie désigne de ces mots : « Pro antistite nostro Stephano ».


9 décembre 1933 - n° 49 - p. 793
HISTOIRE ET ARCHÉOLOGIE
La Société de Saint-Vincent de Paul à Nancy
[...]
Adoptée par l'autorité religieuse, reconnue par les pouvoirs publics, la Société de Saint-Vincent de Paul de Nancy prospéra d'année en année.
En 1845, elle comptait 75 membres actifs, 14 aspirants, 15 honoraires, 228 affiliés, et elle assistait 373 familles, chiffre énorme qui, sans grande variation dans l'effectif des visiteurs, passa à 600 en 1847.
Au début du Second Empire, les 75 Confrères de Nancy étaient encore groupés en une seule Conférence dont le règlement différait par plusieurs dispositions, des statuts de la Société-Mère.
Hors de Nancy, il n'existait à l'époque, en Lorraine. que 7 autres Conférences : une à BAR-LE-DUC, dont la création avait suivi de près celle de NANCY, et à laquelle le nom de la famille Madelin reste à tout jamais attaché; et, en outre, les Conférences de MIRECOURT, PLOMBIERES, EPINAL, VERDUN, BRUYERES, RAON-L'ÉTAPE, nées entre 1849 et 1852. Saluons au passage ces vénérables doyennes qui, sauf PLOMBIÈRES et BRUYÈRES, ont prospéré pour le plus grand bien des pauvres.
C'est à ce moment, en 1852, que le Conseil général de notre Société fit a la Conférence de NANCY, l'honneur de choisir chez elle un Conseil central (on disait alors : provincial), chargé de centraliser dans une action commune et sous une direction unique les efforts des Conférences disséminées dans les trois diocèses de l'ancienne Lorraine savoir : diocèse de NANCY et TOUL, de VERDUN et de SAINT-DIÉ.
A ce moment, la Conférence unique de Nancy se scinda en trois : SAINT-NICOLAS, SAINT-EPVRE, SAINT-SÉBASTIEN.
Et le nouveau Conseil Central se livra aussitôt à une propagande des plus actives, transport ant ses assises, tantôt dans une ville, tantôt dans l'autre.
Lors de l'assemblée générale qui se tint à VERDUN, le 7 décembre 1852, pour les Conférences de la Meurthe, de la. Meuse et des Vosges, le Conseil Central de NANCY c:omptait déjà 17 fondations : ANCEMONT, BAR-LE-DUC, BLAMONT, CHATEL, EPINAL, FENÉTRANGE, LUNÉVILLE, MIRECOURT, PLOMBIERES, RAON, ROBERT-ESPAGNE, SAINT-MHIIEL, VERDUN, et les trois Conférences nancéiennes. [...]


23 décembre 1933 - n° 51 - p. 820
Journée interparoissiale d'A.C.J.F. à Blâmont
Malgré la neige et la gelée- le thermomètre est descendu ce dimanche matin à moins 18 - les jeunes gens de Blâmont et des paroisses environnantes ont répondu nombreux à l'appel du comité diocésain d' A.C.J.F., transmis lui-même par l'intermédiaire de MM. les Curés. Le charmant accueil que leur réserve M. le Doyen les paiera largement de leur effort : deux « arbres de Noël » encadrent, le portail de l'église; la salle paroissiale elle-même est ornée de drapeaux.
Donner à la réunion matinale le nom de séance d'études serait prétentieux; en cette saison rigoureuse, ce vers quoi l'on tourne les yeux, en entrant dans une salle, si vaste et si luxueuse soit-elle, ce n'est pas tant vers l'estrade, que vers le poêle ! En outre, la plupart des paroisses, faute d'éléments, n'ont pas encore de groupe constitué; mais tous ces jeunes de la campagne, bien décidés à travailler, sont venus demander conseil; ils attendent avant tout des directives de l'aumônier de la J.A.C. et du président diocésain d'A.C.J.F. : à l'un et à l'autre, de s'enquérir de leurs difficultés, et de répondre d'avance, par expérience, aux objections.
Ce qui fait le charme de cette réunion, j'y insiste, c'en est la simplicité : point de souhaits de bienvenue; à peine quelques simples présentations indispensables ; il suffit de connaître les paroisses représentées : ici, ce sont les Frémonville; à côté, les Ancerviller; là-bas, les Autrepierre et les Saint-Martin, etc., etc. L'échange de vue est très amical, et le membre du comité diocésain qui était inscrit au programme, renonce bien volontiers à prendre la parole.
L'arrivée de Monseigneur l'Evêque, qu'accompagne M. le chanoine Gélinet, ne fait qu'accentuer ce caractère de fête de famille, dont seront marquées toutes les manifestations de la journée. Sans souci du protocole, Son Excellence prend place au milieu de ses fils spirituels, qui, par leurs applaudissements, leur cran, leur bonne volonté manifeste, lui savent gré de ce nouveau témoignage de sympathie et d'affection.
A la grand-messe, pendant laquelle une chorale de jeunes gens prête son concours, Monseigneur commente les paroles de saint Paul aux habitants de Philippe, s'adressant en particulier aux jeunes ruraux : « Il y a lieu de vous réjouir; que votre bon sens, que votre esprit de mesure, d'attachement à la terre soit apprécié et compris ; le Seigneur est tout près. »
Repas en famille que relèvent plusieurs tostes « brefs et spirituels » (selon le désir exprimé par M. le chanoine Gélinet); de M. le Doyen de Blâmont, pour remercier ; de René Mortier, au Souverain Pontife; de M. l'abbé Jacques, pour exprimer les regrets de M. le vicaire général Prévot, actuellement à Rome; de Monseigneur, pour démontrer que la région de Blâmont n'est pas un coin délaissé, et que l'expression de Sibérie s'entend du point de vue météorologique seulement.
Sa Grandeur, entourée de plusieurs curés du doyenné, préside la séance de l'après-midi, à laquelle assistent environ 120 jeunes gens représentant 17 paroisses.
En vue d'une sérieuse préparation du Congrès Eucharistique, qui se tiendra à Nancy en 1935, l'A.C.J.F. du diocèse a décidé d'étudier, à chacune de ses journées interparoissiales, le problème de l'Eucharistie, Cela s'est fait, au courant des semaines dernières, à Vézelise et à Homécourt. A Blâmont, il revient à Etienne Marchand, un militant avant la Iettre, de nous parler de « l'Eucharistie et des Jeunes ».
L'orateur, dans un rapport très surnaturel, rappelle la promesse de l'Eucharistie, sa réalisation, le soir du Jeudi-Saint, la dévotion envers la Sainte-Eucharistie dans la tradition chrétienne; il signale au passage les miracles de Favernoy et de Lourdes, « non indispensable, pour affermir un jeune catholique dans sa croyance » et conclut à la communion fréquente.
Jean Harrouard, vice-président de la J.A.C., un modèle de « chic type », retrace les buts du mouvement agricole : former des catholiques, des sociaux, des paysans, l'idéal de la J.A.C.
- le sien - servir ! Ses réprimandes, parfois sévères, semblent méritées, quand elles sont adressées avec autant de franchise. [...]


30 décembre 1933 - n° 52 - p.835
Nécrologies
[...] Monseigneur l'Evêque recommande aux prières du clergé et des fidèles du diocèse, l'âme de M. l'abbé Eugène CHAXEL, décédé le 23 décembre 1933.
Né à Bréménil, le 26 juin 1859, ordonné prêtre le 15 juillet 1883, M. l'abbé Chaxel avait été successivement : vicaire à Saint-Pierre (1883); curé de Méhoncourt (1885); curé de Blémerey (1888); curé de Neufmaisons (1906); retiré à la Collégiale- de Bonsecours (1928).
M. l'abbé Eugène Chaxel était membre de l'Association de Prières.
 

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