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Journaux de marches et opérations - Blâmont - 15, 21, 22 août 1914


95ème régiment d'infanterie - 1914

15 août
Dans la nuit du 14 au 15 août le 2e bataillon reçoit l'ordre de faire sous le commandement du Colonel une attaque de nuit sur Blamont.
La bataillon engage une action très violente et enlève à la baïonnette la position.
Ont été tués à ce combat
M.M. Le lieutenant Quinquet (7ème cie)
    les sous-lieutenants Allégrini et Eucharis
7 h 35. Le régiment reçoit l'ordre d'opérations n° 1
8 h. Le 1er bataillon traverse Blamont
13 h 30. Le régiment est maître de la côte 371
16 h 30. Le régiment ayant poursuivi sa marche en avant rentre dans Hattigny et se couvre par des avants-postes

Pertes : Tués : 7 Blessés : 16 Disparus ?6 (Parmi ces disparus se trouvent un assez grand nombre d'hommes qui ont été évacués et sur le sort desquels on sera fixé plus tard)

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Le 18 août, le 95ème R.I. est désigné pour attaquer Sarrebourg : le général de Maud'huy, commandant la 31e brigade, a promis cette récompense au régiment, à la suite de sa brillante attitude à Blâmont.
Mais Sarrebourg conquis ne peut être conservé, et

21 août
5 h 30 : le régiment reçoit l'ordre de soutenir l'artillerie sur les hauteurs de Lorquin puis l'ordre de se retirer sur Blamont.
Le Colonel donne l'ordre de stationnement n° 1
- 1 bataillon aux avant-postes (1er)
- 2 bataillons cantonnés dans le bourg

22 août
3 h 45. Le régiment reçoit l'ordre d'opération N°1 : la 31e brigade tiendra et fortifiera solidement dès 5 h du matin la hauteur 348 N-E de Blamont en liaison au bois de Trion avec la 13 C. d'A, à gauche avec la 32e brigade qui fortifie les hauteurs de Sainte Marie le château. Le 95e et la Cie divisionnaire du génie 8/2 fortifieront la position de la cote 348 entre la nouvelle route et l'ancienne route de Strasbourg. Tout le monde en place pour 5h.
En conséquence le 1er bataillon avec l'aide de la Cie 8/2 fortifiera le mamelon 348 face au N et au N-E, le 3e bataillon fortifiera une position sur le mouvement de terrain à 1 km plus au N-E, le 2e bataillon une 3ème position dans l'étrangement du plateau à hauteur de l'extrémité N-E du parc. Les 3 sections de mitrailleurs seront portés sur la 1e ligne pour 5 heures.
5 h 30. Le régiment reçoit l'ordre verbal du général de division de se replier sur Domesvre où il sera à disposition. Le 32e bataillon couvre la retraite du
régiment sur les mouvements du terrain.

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85ème régiment d'infanterie - 1914

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« Dans la nuit du 14 au 15, une unité du 85e R.I. et le 2e bataillon du 95e doivent attaquer Blâmont. Nous sommes en réserve dans les bois au sud de la ville. Vers minuit, nous entendons les cris de « En avant, à la baïonnette ! », le clairon sonne la charge et une violente fusillade éclate. Nous sommes aux aguets dans une nuit opaque. Après un temps qui nous paraît long, le silence le plus complet est revenu. Vers 3 heures nous ignorons le résultat ; un obus tombe dans la 4e compagnie tuant un caporal et blessant plusieurs hommes.
A la pointe du jour, le 15 août, nous apprenons que le 2e bataillon a atteint son objectif, mais qu'il a été très éprouvé ; nous le dépassons, traversons Blâmont sans nous arrêter et continuons la marche vers la frontière, que nous franchissons dans la journée, sans résistance ; les Allemands se replient. Le soir, sous un violent orage, vers 21 heures, nous arrivons à Hattigny. Là, se situe un curieux incident :
Le 1er bataillon a formé les faisceaux aux abords du village ; nous attendons patiemment sous l'averse qu'on nous fasse connaître les cantonnements qui nous seront assignés. Brusquement éclate une intense fusillade venant de la direction du village ; des balles nous sifflent aux oreilles ; puis une immense gerbe de flammes s'élève dans le ciel et sur ce fond lumineux le pays se détache au premier plan comme un décor de théâtre ; c'est féerique. Nous nous sommes précipités aux faisceaux ; un léger sentiment de panique nous assaille : « Est-ce une contre-attaque allemande ? Ne serions-nous pas couverts en avant ? » Nous attendons des ordres qui ne viennent pas ; puis brusquement le silence se rétablit ; seules quelques flammes rougeoient encore à l'horizon. Les fourriers sont revenus ; ils nous conduisent vers les granges qui nous sont affectées. Rien ne s'est passé dans le village ; ce sont nos troupes qui ont attaqué et pris un convoi allemand ; nous n'en demandons pas plus et prenons possession du foin nouveau qui nous est attribué ; qu'il fait bon s'y enfuir, et dormir, dans cette couche moelleuse, dont depuis plusieurs nuits nous ne connaissons plus la douceur, et à l'abri de la pluie, sans souci de ce qui se passe au dehors ; d'autres veillent sur nous !
Lorsque les Allemands ont été repoussés de Blâmont, ils sont partis si précipitamment qu'ils n'ont pas songé à couper la ligne téléphonique. Le colonel du 85e a capté une communication de leur intendance, annonçant l'envoi d'un convoi de ravitaillement pour Blâmont, par Hattigny, pour la nuit du 15 au 16. Il dresse immédiatement une embuscade au nord du village et lorsque les camions arrivent sans méfiance, ils sont accueillis par la fusillade que nous avons entendue ; l'un d'eux prend feu, quelques convoyeurs qui résistent sont tués ou blessés, les autres faits prisonniers et le ravitaillement recueilli. »

(Almanach du combattant 1973 - 2e classe Chambraud, 3e compagnie du 95e R.I.)

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