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Polémique autour du concours de gymnastique - 1911
 

NDLR : Le périodique français « France d'hier et France de demain », fut publié de novembre 1910 à  décembre 1911 (61 numéros), avec ligne éditoriale antimaçonnique et antijudaïque.
Ce journal était dirigé par Paul Copin-Albancelli et André Baron (qui écrivait alors sous le pseudonyme de Louis Dasté). André Baron était journaliste et militant nationaliste antidreyfusard et antisémite. Il avait créé plusieurs journaux antisémites (« A bas les tyrans », « La Bastille »). Son obsession du complot l'amenait à voir dans de nombreux éléments de l'histoire une responsabilité des francs-maçons (« L'armée et la franc-maconnerie » - 1899, « La Franc-maçonnerie démasquée » - 1899, « les francs-maçons et la Terreur » - 1904, « Les sociétés secrètes - Leurs crimes - Depuis les initiés d'isis jusqu'au francs-maçons modernes » - 1906, « Marie-Antoinette et le complot maçonnique. » - 1910)

L'article ci dessous de « France d'hier et France de demain » montre comment un évènement local (13 août 1911 - Fête de la Gymnastique et de la Préparation militaire - Voir l'article Société de Tir de Blâmont) se retrouve exploité au niveau national dans une polémique antisocialiste et un amalgame  anti-maçonnique et antisémite...


FRANCE D'HIER ET FRANCE DE DEMAIN
2 SEPTEMBRE 1911


L'armée au service des Loges

L'incident de Nancy a inspiré au général Cherfils, dans l'Echo de Paris, un article où il a mis fort heureusement en regard un autre incident, moins connu, malheureusement : celui de Blamont.
La fête de la Fédération des patronages de Nancy, écrit le général, a eu un épilogue pour le moins singulier. Un soldat de la garnison, en voyant passer, dans un groupe du cortège, un jeune homme de son pays s'approche de lui pour lui serrer la main, puis rentre dans la foule. Mais les affiliés de la libre pensée veillaient. Le préfet de Meurthe-et-Moselle demande aussitôt qu'un pareil scandale soit réprimé, et réclame pour ce soldai, trop affectueux pour les chrétiens de son village, une punition exemplaire.
L'autorité militaire, docilement, s'incline devant l'injonction préfectorale, et le soldat est puni de trente jours de prison, comme s'il avait commis un acte d'indiscipline des plus graves.
La même autorité qui, le 13 octobre dernier, reculait de deux jours la convocation des réservistes israélites, pour leur permettre d'assister, dans leur famille, à une grande fêle religieuse, puis qui inflige trente jours de prison à un soldat coupable d'avoir, au passage, parlé à un catholique, n'a pas appliqué à ces deux actes successifs le même poids et la même mesure.
C'est bien certain. Et il est non moins certain, n'est-ce pas, qu'en la circonstance, c'est Israël qui est persécuté par les catholiques.

C'est bien pire dans la circonstance suivante relatée par le général Cherfils.
Des fêtes ont été données à Blamont, le 13 août, à l'occasion d'un petit chemin de fer d'intérêt local. Mais Blamont est une ville juive. Alors, on voit la même autorité militaire, qui vient d'être injustement sévère pour un soldat catholique, se mettre aux ordres du pouvoir maçonnique pour assurer aux fêtes de Blamont le concours de l'élément militaire.
Tous les journaux lorrains, écrit le général Cherfils, ont reproduit celle note, adressée, le 8 août 1911, par le général commandant le 20e corps, aux deux divisions de Toul et de Nancy.
« Après entente avec l'autorité administrative et pour le cas tout particulier du concours de gymnastique de Blamont qui aura lieu le 13 août courant sous la présidence de deux membres du gouvernement, le général commandant le C. A. autorise les chefs de corps et de service qui seraient saisis de demandes de militaires sous leurs ordres pour participer à ce concours, à donner les autorisations sollicitées, sans consultation préalable de l'autorité administrative.
« Prière de vouloir bien porter d'urgence cette disposition à la connaissance des chefs de corps et de service et de les inviter à en assurer l'exécution. »
Ainsi, par ordre, on vide les casernes, on bat le rappel pour, sur les injonctions des loges, envoyer les soldats de la France prendre part à une représentation dont le patriotisme colore mal le caractère uniquement politique.
Les choses se passent ainsi depuis longtemps. Mais on ne le remarquait pas, si ce n'est chez les antimaçons de la première heure. Grâce aux efforts et à la constance de ceux-ci, on le remarque un peu partout maintenant. C'est un premier résultat, qu'il était très difficile d'obtenir, et qui, une fois acquis, en amènera d'autres.


L'ECHO DE PARIS - 13 août 1911


2 grands concours. Gymnastique - Préparation militaire - 13 août 1911  Fête de la Gymnastique et de Préparation militaire - 13 août 1911 - La tribune officielle
Fêtes de Gymnastique et de Préparation Militaire - 13 août 1911 - Arc de Triomphe des Usines Mazerand Café Toel et Porte  
     

NDLR : Rappelons qu'Émile Driant (11 septembre 1855 - 22 février 1916), officier de carrière et gendre du général Boulanger, quitta l'armée en 1905 et devint député de Nancy (il reprendra du service en 1914).
Promis au départ aux plus hauts postes de la hiérarchie militaire, son départ en 1905 fut le résultat de plusieurs affaires, dont le scandale de « L'affaire des fiches » en 1904. Dans cette année qui précédait la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat, et où luttaient au sein de l'armée les tenants du socialisme et du catholicisme, fut révélé le fichier que le général André, ministre de la Guerre, avait fait établir pour chaque officier, comprenant des renseignements politiques et confessionnels. Emile Driant manifesta  haut et fort son indignation devant ses officiers, d'où un sévère rappel à l'ordre de la part du ministre.
Émile Driant créera alors la ligue antimaçonnique, société secrète, avec initiation et signes spéciaux, et cette ligue fusionnera en 1906 avec l'Union française antimaçonnique, dirigée par Paul Copin-Albancelli (que l'on retrouve ainsi en 1911 relayant dans son journal "l'incident de Nancy" déjà évoquée par Driant, et le très militariste général Cherfils *)

* : le général Cherfils a écrit de nombreuses chroniques dans le journal nationaliste l'Echo de Paris, et ses "fanfaronnades" militaires ont souvent été relevées  dans divers "bêtisiers".
Citons par exemple :
"Le pacifisme conduit à l'antimilitarisme, l'antimilitarisme à l'antipatriotisme et ce dernier au néant, où s'effondrerait la patrie. A un poison aussi mortel, il faut appliquer un antidote. L'antidote du pacifisme, c'est le militarisme, c'est-à-dire le culte de respect, de confiance et d'honneur dont il faut entourer l'armée. Méditons la prophétique parole du philosophe: «Quand un peuple montre pour la guerre une horreur coupable, Dieu le change en un peuple femme et lui envoie un vainqueur qui le viole.» Ne devenons pas le peuple femelle que l'on viole. Restons le peuple mâle capable d'attaquer pour mieux se défendre, le peuple de nos seize siècles d'histoire; gardons les vertus guerrières qui ont fait la France et qui peuvent seules la maintenir terrible et respectée. On ne respecte que les forts."
(Marseille, 17 décembre 1914).
Les multiples écrits du Général Cherfils ont très vite donné lieu à moqueries, comme on le voit dans la revue "L'Elan" (Paris, revue artistique Dada), qui lui consacre une rubrique "florilège cherfilial" :

L'Elan n° 3 - 15 mai 1915

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L'Elan n° 4 - 1er juin 1915  Cliquez pour agrandir
L'Elan n° 5 - 15 juin 1915  Cliquez pour agrandir
L'Elan n° 6 - 1er juillet 1915  Cliquez pour agrandir
L'Elan n° 7 - 15 décembre 1915  Cliquez pour agrandir
L'Elan n° 8 - janvier 1916  Cliquez pour agrandir
L'Elan n° 9 - février  Cliquez pour agrandir

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