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Le crime de
Domêvre sur Vezouze - Juillet 1911
 


Rarement un fait criminel local n'aura donné lieu à autant de détails dans la presse que le meurtre du 10 juillet 1911 de Cyrille Prémoli, à Domêvre sur Vezouze. Mais ce qui reste le plus surprenant est que cinq mois seulement après le meurtre, les assises de Meurthe-et-Moselle rendront contre les deux coupables de cet homicide, certes involontaire, mais avoué et prouvé... un verdict d'acquittement.
Est-Républicain - 13 juillet 1911
Un crime à Domèvre-sur-Vezouze
Pour une querelle de jeu, deux ouvriers assassinent un de leurs compagnons
Un crime atroce, perpétré avec un rare sang-froid, a ensanglanté mardi soir la commune de Domèvre-sur-Vezouze.
Les motifs sont des plus futiles. Pour une querelle de jeu survenue deux jours auparavant dans un cabaret de la localité, deux ouvriers, mariés et pères de famille ont prémédité d'assassiner sur la grande route un maçon d'origine italienne, nommé Cyrille Trémoli, âgé de 30 ans.
En proie au remords, l'un des meurtriers, Jules Chatton s'est rendu à la gendarmerie de Blâmont où il s'est constitué prisonnier en donnant sur le crime des détails circonstanciés et complets, qui ont permis de mener très rapidement l'enquête judiciaire.

La découverte du crime
Inquiète de l'absence de l'homme en compagnie duquel elle vit maritalement, depuis un certain temps, Philomène Pierrel conçut des soupçons.
Pourquoi Cyrille Trémoli avait-il passé la nuit dehors ? Si tranquille d'ordinaire, si régulier dans ses habitudes, d'où vient qu'au lieu de regagner directement son domicile, après sa journée finie, il s*était ainsi attardé en quittant le chantier où il travaillait, à Ogéviller ?
Philomène Pierrel fit part de ses craintes, de ses inquiétudes à ses voisines :
- Je vais tâcher de le retrouver.... »
Elle se rendit à Ogéviller ; mais personne n'avait aperçu le maçon. Seulement un journalier du nom de Thomas, revenant d'une partie de pêche, l'aida dans ses investigations.
On apprit que Trémoli avait dû se rencontrer sur la route avec deux individus et que, probablement, il avait été victime d'une agression.
Des passants avaient remarqué sur le bord de la route de nombreuses traces de sang ; ils n'y avaient prêté que peu d'attention :
- Un chasseur a sans doute tué un renard, pensèrent-ils. »
Pendant ces recherches auxquelles fut employée toute la matinée de mercredi, une scène dramatique se déroulait dans la maison du terrassier Jules Chatton.
Celui-ci avait paru sombre, préoccupé et sa femme lui ayant demandé la cause de son humeur mélancolique :
- Ecoute ! j'ai fait hier soir un mauvais coup, avoua-t-il... Avec un de mes camarades, Ernest Lalevée, j'ai tué Trémoli ...On s'est disputé au jeu dimanche soir... Trémoli nous a injuriés.. Nous nous sommes vengés de lui. »
Mme Chatton conseilla, au criminel d'aller immédiatement prévenir la gendarmerie de Blâmont et c'est ainsi que, deux heures plus tard, menottes au poing, l'auteur principal de l'assassinat était conduit sur le lieu même où s'étaient déroulées les terribles péripéties du drame.
Ernest Lalevée était arrêté à son domicile, et les deux coupables indiquèrent alors l'endroit où ils avaient caché le cadavre.
Une foule énorme assistait à ce spectacle émouvant.

Dans une oseraie
A 600 mètres environ du village poussent des oseraies assez touffues. C'est là que fut retrouvé, au lieu dit « le Petit-Pré », le cadavre de Cyrille Trémoli.
Un bref interrogatoire permit de reconstituer la scène :
- Nous avons attendu Trémoli, au bord de la route, vers sept heures du soir. Il revenait à bicyclette de son travail... Nous avons lancé dans les roues de sa machine une des pioches dont nous étions armés... Trémoli est tombé. Il a essayé de fuir... Nous l'avons vite rejoint... Comme il criait grâce, nous l'avons frappé de deux coups de pioche dans le dos, puis, d'un troisième coup sur la tête, nous l'avons achevé sur place. »
Le cadavre dissimulé dans une oseraie voisine, Chatton et Lalevée songèrent à le faire disparaître.
Les doux hommes revinrent à Domèvre-sur-Vezouze. On les vit dans les cabarets. Ils dînèrent chez eux et retournèrent ensuite au Petit-Pré. Là, ils creusèrent dans un fossé d'irrigation un trou assez profond pour y placer le corps de leur victime.
Il était environ dix heures et demie du soir, quand fut terminée cette lugubre besogne.
En présence de M. Duron, juge de paix à Blâmont, de M. Voissemont, maire de Domêvre, et de M. Poisson, garde champêtre de cette commune, les assassins firent des aveux complets :
- Nous regrettons bien notre crime, ajoutèrent-ils. »

L'enquête
Le parquet de Lunéville fut -informé. Mais M. Couléru, procureur de la République, ne put se transporter mercredi à Domêvre.
La venue du magistrat est attendue dans la matinée de jeudi. M. Couléru sera accompagné de M. Le Cornée, juge d'instruction, du médecin légiste, M. le docteur Simon, et du greffier d'instruction, M. Géhin.
Les assassins ont été, sous bonne escorte, conduits provisoirement à la prison de Blâmont d'où ils seront extraits aujourd'hui pour être transférés à Lunéville.
Chatton et Lalevée paraissent très abattus, Chatton surtout que le remords torturait et qui, en proie à une sorte d'affolement, confessa à sa femme l'abominable forfait qu'il avait accompli.
M. Fourmann, débitant à Domêvre, fut requis pour le transport du cadavre que l'on déposa sous le hangar municipal de la pompe à incendie, sur un tas d'écorces.
Quant à la bicyclette de Cyrille Trémoli, les assassins s'en étaient débarrassés en la jetant dans la Vezouze, à proximité du moulin. Elle fut aisément retrouvée, sur les indications qu'ils fournirent à la gendarmerie,
La bicyclette de la victime et les pioches qui ont servi à l'exécution du crime ont été placées sous scellés à la mairie comme pièces à conviction, ainsi que son chapeau, ramassé dans l'oseraie, et la somme de soixante centimes qu'il avait dans sa poche.

L'émotion dans le pays
Nous nous sommes rendu la nuit dernière en automobile à Domèvre-sur-Vezouze.
Le débitant Fourmann nous a donné sur le guet-apens de la veille les renseignements que nous venons de publier :
- Jules Chatton est originaire de Saint Martin, nous a-t-il en outre déclaré... Il s'est marié dans le pays. Sa. soeur a épousé justement un des frères de la victime... Il est père d'une fillette d'environ sept ans et sa femme est presque au terme d'une grossesse... On le considère comme un brave et honnête ouvrier...
Par contre, Ernest Lalevée, son complice, est vraisemblablement l'instigateur de l'horrible forfait. Il est également marié et père d'un enfant de quelques mois à peine. Il est issu d'une famille de pauvres bergers. Il jouit dans le pays d'une mauvaise réputation :
- On n'a pas été surpris ici, nous dit M. Fourmann, quand on a su qu'il avait tué Cyrille Tremoli... Celui-ci n'était pas davantage exempt de reproches... »
Vers une heure du matin, nous heurtons à la porte de M. Poisson, l'actif garde champêtre, qui consent à ouvrir pour nous le hangar transformé en morgue où gît le cadavre du maçon.
Le malheureux est étendu sur des écorces d'osier. Il est vêtu d'un pantalon à grosses côtes, les souliers et la chemise sont souillés de terre Le visage garde dans la mort, un calme terrifiant ; les yeux sont restés ouverts ; la bouche se crispe légèrement sous la moustache blonde ; des traces de sang sont à peine visibles sur le front et sur les joues.
L'abandon auquel est livrée cette créature humaine, dans la paix du village endormi, a quelque chose de tragique et de navrant ; cette impression s'avive encore à la clarté de la lune qui enveloppe le cadavre oublié là comme une lamentable épave.
L'émotion, pourtant, s'est emparées de Domèvre-sur-Vezouze. Le triste événement a troublé le pays. Les femmes des assassins et Philomène Pierrel, la compagne de la victime, ont donné libre cours aux transports de leur douleur et de leur désespoir.
Les mêmes scènes se renouvelleront aujourd'hui, quand les magistrats viendront assister à l'autopsie et pour ordonner le transfert de Chatton et de Lalevée à Lunéville.
Achille LIÉGEOIS.

Est-Républicain - 14 novembre 1911
Assises de Meurthe-et-Moselle
Voici le rôle des affaires qui seront jugées à la quatrième, session :
[...] Jeudi 23 novembre-. - [...] Soir. - Coups mortels. - Accusés : Maurice Eugène Lalevée,. âgé de 25 ans, et. Joseph Chatton, âgé de 32 ans, terrassiers, à Domèvre-sur-Vezouse. -- Ministère public: M. Duhaut ; défenseur : Me Aubertin. 
Est-Républicain - 24 novembre 1911
Jeudi après-midi, la cour d'assises a jugé les nommés Chatton et Lalevée, terrassiers à Domèvre-sur-Vezouse, qui, le 10 juillet dernier, tuèrent leur camarade Cyrille Brémoli.
Les deux accusés sont acquittés.
Est-Républicain - 25 novembre 1911
COUR D'ASSISES
de Meurthe et Moselle
Le meurtre de Domèvre-sur-Vezouze
Jeudi après-midi, un nombreux public se pressait dans la salle de la cour d'asaises pour assister aux débats de l'affaire de Domèvre-sur-Vezouze. Alors que le greffier donnait lecture de l'acte d'accusation, Prémoli Louis (frère de la victime), cité comme témoin, se trouvant en état d'ivresse, fit un tel tapage qu'on dut l'amener devant la cour qui ordonna son expulsion Le prétoire et décida qu'il n'était pas en état d'être entendu comme témoin.
Les accusés Maurice-Eugène Lalevée, âgé de 25 ans, et Joseph Chatton, 32 ans, terrassiers è Domèvre-sur-Vezouze, sont poursuivis sous l'inculpation de coups et blessures ayant entraîné involontairement la mort de Cyrille Prémoli, dans des circonstances que précise ainsi l'acte d'accusation :
Chatton et Lalevée vivaient en bonne intelligence avec Cyrille Prémoli, maçon au même lieu. Ils passaient souvent la soirée ensemble en jouant aux cartes. Le 10 juillet 1911, une discussion de jeu éclata entre eux au débit Grimus, à Domêvre, et Prémoli porta un coup de poing à Chatton, l'aubergiste pour terminer la scène, d'ailleurs sans gravité, mit les consommateurs à la porte.
Au dehors, la discussion reprit et Prémoli renversa Chatton d'un second coup de poing, tandis qu'un frère de l'agresseur empoignait Lalevée, qui parvint à lui échapper. Les intéressés eux-mêmes, qui ne portaient aucune trace de coups, ont qualifié cette scène de simple bousculade. Cependant Chatton et Lalevée résolurent le lendemain de se venger. Comme ils savaient que Prémoli, sa journée de travail finie rentrait à bicyclette d'Herbéviller à Domêvre-sur-Vezouze, vers 6 heures et demie du soir ils allèrent à cette heure s'embusquer à 600 mètres du village, sur le bord de la route que devait suivre leur victime. Ils étaient masqués par un bouquet d'arbustes et s'étaient armés chacun d'un manche de pioche dont ils avaient ôté l'outil.
Quand Prémoli déboucha en face d'eux, ils lui barrèrent le chemin et se ruèrent sur lui. Prémoli, abandonnant sa bicyclette, se jeta sur la droite de la route, dans une oseraie traversée par une rigole desséchée. Il suivit cette rigole en courant, poursuivi de près par Chatton et Lalevée. L'ayant rejoint, Chatton lui lança trois coups de manche de pioche dans le dos, près du cou, et le troisième sur le sommet de la tête, derrière l'oreille gauche. Le second coup asséné avec une extrême violence, renversa Prémoli, le crâne brisé, dans une mare de sang.
La mort avait pour ainsi dire été foudroyante, mais les spasmes de la victime purent faire croire aux assaillants que la blessure, tout en étant grave, n'était pas mortelle. Ils laissèrent le corps, qu'agitaient encore de suprêmes convulsions à l'endroit même où il était tombé, puis ils regagnèrent la route, où Lalevée brisa la bicyclette de Prémoli à coups de- pioche et la cacha à proximité. Cela fait, ils rentrèrent respectivement chez eux à Domèvre pour dîner.
A huit heures et demie, à la tombée de la nuit, les deux accusés se retrouvèrent pour aller, comme c'était convenu, se rende compte de l'état de la victime. Prémoli étant mort, il décidèrent de l'enterrer pour faire disparaître toute trace du crime et, attendant l'heure propice, rentrèrent se coucher. A minuit, ils se rencontrèrent une seconde fois à côté du cadavre. Pour ne pas tâcher leurs vêtements, ils placèrent le corps en équilibre sur un manche de pioche, dont chacun saisit une extrémité et le transportèrent à une distance de 1300 mètres, en pleine campagne, près d'un petit bois, où ils creusèrent avec leurs outils une fosse où ils l'enfouirent en ayant soin d'égaliser le terrain et de replacer les mottes de gazon qu'ils avaient découpées, puis de saupoudrer de terre et de poussière la flaque de sang qui marquait, à la sortie de roseraie, le lieu du crime.
En regagnant la grand'route, ils reprirent la bicyclette de Prémoli, qu'ils jetèrent dans la Vezouze près de Domèvre et rentrèrent se coucher définitivement.
Le lendemain dans l'après-midi, Chatton, sur les instances de sa femme, à qui il venait de révéler son forfait, alla se constituer prisonnier à la gendarmerie de Blâmont qui, guidée par lui, découvrit et exhuma le cadavre de Prémoli, repêcha sa bicyclette, et arrêta Lalevée.
Ces deux accusés ont fait des aveux complets et reconnaissent que c'est Lalevée qui a porté le coup mortel.
Chatton et Lalevée n'ont pas d'antécédents judiciaires. Les renseignements recueillis sur leur compte ne sont pas défavorables.
Parmi les pièces à conviction, exposées à l'audience, figure la bicyclette de Prémoli brisée en deux dont les rayons et les roues sont, tordues. On remarque aussi les deux manches de pioche qui servirent à Lalevée et à Chatton pour commettre leur crime.

L'interrogatoire
M. le président donne tout d'abord lecture des renseignements recueillis sur les accusés. Ils leur sont favorables. Bons ouvriers, sobres, de caractère doux, ils jouissent de la considération générale à Domèvre-sur-Vezouze.
M. le président rappelle que la veille du crime ils jouèrent aux cartes avec Cyrille Prémoli, beau-frère de Chatton. Ils eurent une discussion ensemble à propos d'une pièce de cinq centimes. A un moment, comme ils sortaient du cabaret Grimm, Cyrille et son frère Louis lui portèrent plusieurs coups de poing, mais l'incident n'eut pas plus de gravité.
Chatton. - Le lendemain nous avons appris par des camarades que Cyrille Prémoli s'était vanté sur son chantier de nous avoir flanqué une raclée. Des camarades nous ont blagués et nous ont excités. Nous avons décidé alors de nous venger mais nous n'avions nullement l'intention de le tuer.
D. - Et alors qu'est-ce que vous avez fait ?
R. - Nous voulions le battre.
D. - Seulement c'était un homme grand, beaucoup plus fort que vous, vous le redoutiez. Pour en venir à bout plus facilement, comment vous y êtes vous pris ?
R. - Nous avons démanché nos pioches.
D. - vous saviez qu'après 7 heures, son travail terminé, il regagnait Domèvre.
R. - Oui.
D. - Vous êtes allés vous embusquer sur la route d'Herbéviller à Domèvre et alors vous avez vu venir Prémoli, vous vous êtes rués tous les deux sur lui. Il s'est jeté sur la droite de la route et a pris un sentier pour s'enfuir dans les prés. Il fut bientôt rejoint. Le premier qui frappa c'est vous Chatton ?
R. - Oui.
D. - Vous lui avez donné trois coups de manche de pioche, dont deux dans le dos et un sur la tête. Il a continué à s'enfuir. Mais il fut rattrapé par vous Lalevée et vous lui avez porté deux coups qui l'atteignirent au côté gauche de la tête. Le second coup lui brisa le crâne. La mort a été foudroyante
Lalevée. - Oui, j'ai frappé deux fois,
D. - Croyant qu'il n'était que blessé légèrement, vous êtes parti vers Domèvre, mais vers 8 h. j du soir, pris d'inquiétudes, vous avez été voir si Prémoli était resté sur place. Vous avez constaté qu'il était mort.
Chatton. - Oui.
D.- Comprenant la gravité de votre acte, vous vous donnâtes rendez-vous pour minuit et vous avez enterré votre malheureuse victime.
Chatton. - Nous étions affolés et. nous avons voulu faire disparaître la trace de notre meurtre.
D. - Les remords n'ont pas tardé à vous gagner. Le lendemain votre femme voyant que vous ne mangiez pas a pensé qu'il devait y avoir quelque chose. Elle vous a pressé de questions et recueillit vos aveux. Elle vous conseilla d'aller vous constituer prisonnier ; « On n'échappe pas à la justice », vous dit-elle, et c'est ainsi que vous êtes allé trouver le juge de paix de Blâmont en disant : « Je viens de faire un sale coup ».
R. - Oui.
D. -Vous Lalevée, on vous a arrêté à la suite de la déclaration de Chatton.
M. le président établit ensuite la responsabilité des accusés.
Les coups portés par Chatton, dit-il, n'étaient pas très graves. C'est Lalevée qui assomma Prémoli par les deux coups qu'il lui asséna sur le crâne.

Les témoins
M. le docteur Hanriot de Blâmont qui examina le cadavre de Prémoli vient dire que ce sont les deux coups portés sur la tête qui ont entraîné la mort. Il donne de bons renseignements sur les accusés.
M. Leblanc, maréchal des logis à Blâmont, fait le récit de son enquête alors de la découverte du meurtre. Il donne lui aussi de bons .renseignements sur les accusés et ajoute que Prémoli avait un caractère batailleur.
Prémoli, Auguste, frère de la victime, expose dans quelles circonstances une légère rixe se produisit entre son frère et les accusés au débit Grimm, à propos d'une partie de cartes. Le témoin se flatte d'avoir envoyé une bonne paire de gifles à Lalevée. Celui-ci répond qu'il les a parées. Oh ! il les a tout de même bien reçues, répond Prémoli.
Enel, Alphonse, dépose lui aussi que la discussion ou café Grimm fut peu importante.
M. Grimm, débitant, estime que Cyrille Prémoli était légèrement ivre et cherchait querelle. A un moment il porta un coup de poing à Chatton qui répondit : « Je ne me battrai pas ».
A dix heures, il les mit à la porte. Le témoin ajoute que Cyrille avait un caractère violent.
Courtois, Louis, vannier à Domèvre, a vu Cyrille s'élancer sur les accusés la veille du crime à la sortie du café Grimm.
Mines Chatton et Lalevée, femmes des accusés, sont, ensuite entendues, mais elles n'apprennent rien de nouveau. Elles affirment seulement qu'avant la scène du café Grimm, leurs époux n'avaient aucune animosité contre Cyrille Prémoli.

Réquisitoire et plaidoirie
M. Duhaut, avocat général, rappelle les circonstances du meurtre. II reconnaît que les accusés ont un passé honorable, que leurs familles sont dignes d'intérêt, c'est pourquoi malgré l'atrocité du meurtre il demande lui-même un verdict de pitié avec circonstances atténuantes, mais une condamnation s'impose car on ne peut laisser-impuni un guet-apens qui amena la mort d'un homme.
Me Aubertin, du barreau de Lunéville, s'efforce de montrer que Prémoli était un individu batailleur, peu sympathique dans le. pays. Dans un moment d'aberration, ses clients ont frappé ce malheureux avec. une brutalité qu'ils déplorent et qui leur a déjà causé de vives souffrances morales. Il termine en implorant le jury de les rendre à leurs familles, car l'un et l'autre ont de petits enfants qui ont besoin de leurs gains-et dont l'avenir serait attristé si une condamnation était prononcée contre leur père.

Le verdict
A cinq heures un quart, le jury se retire dans la salle des délibérations, il en revient à 5 h. 40 avec un verdict négatif pour les deux accusés. En conséquence, la cour prononce leur acquittement. Quelques applaudissements se font entendre.

 

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