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17ème bataillon de chasseurs à pied


Le 17ème Bataillon de Chasseurs, est au début de la guerre un bataillon de chasseurs à pied (BCP). Cette unité, casernée en 1914 à Baccarat, a accueilli de très nombreux soldats du canton de Blâmont (plus de 80 morts pour la France sur les monuments aux morts, soit 23 % des soldats tués du canton).
Le tableau en fin de cet article regroupe les 75 morts pour la France natifs d'une des 33 communes du canton de Blâmont).

Les fiches d'identification des morts pour la France du ministère de la Défense mentionnent cependant parfois « à pied » (BCP), ou « alpin » (BCA) : car ce n'est qu'en novembre 1917 que le bataillon prend officiellement le nom de « alpin » (« Le 17ème bataillon de chasseurs à pied est transformé en bataillon de type alpin ainsi que tous les autres bataillons de la division » - Journal de Marche du 17ème BCP, à la date du 25 novembre 1917).

Nous reproduisons ci-dessous intégralement l'Historique du 17ème bataillon de chasseurs à pied comme témoignage de ce qu'ont vécu les très nombreux conscrits du canton de Blâmont.


Historique du 17e bataillon de chasseurs à pied pendant la guerre 1914-1918
Ed. Berger-Levrault (Nancy)

Le 17e bataillon de chasseurs était en garnison depuis plus de trente ans à Rambervillers (Vosges) quand, au mois d'avril 1914, il vint stationner à Baccarat (Meurthe-et-Moselle), à 20 kilomètres de la frontière. C'est de là qu'il partit en campagne.
Le bataillon jouissait dans le 20e corps d'armée de tout le prestige que confèrent la belle tenue et la belle manoeuvre. Commandé par des chefs tels que les SERRET, les CARRÈRE, sa réputation s'agrandit. Au moment où la guerre éclata, il était, pour tous les corps de l'Est, le « bataillon de fer », le « bataillon-taureau », comme l'appela Georges d'Esparbès.
Il devait maintenir bien haut toutes ces traditions au cours de la campagne, et si les pertes qu'il a subies sont, hélas ! bien lourdes, c'est qu'il a toujours tenu ou attaqué jusqu'à l'extrême limite des forces humaines.

La couverture.

En juillet 1914, la situation politique se tendit. L'attentat de Serajevo, la mauvaise volonté évidente de l'Allemagne à réaliser une solution pacifique entre l'Autriche et la Serbie, rendirent bientôt illusoire le maintien de la paix. Songeuse, la France regardait cette frontière du Nord-Est, sur laquelle allaient se livrer les premiers combats.
La mission des troupes de couverture était redoutable. Il fallait interdire à l'ennemi l'accès de la vallée de la Meurthe, à l'abri de laquelle se rassemblaient les Ire et IIe armées françaises. Il fallait tenir pendant quinze jours pour permettre la mobilisation et la concentration de ces troupes. Or, le recul de 10 kilomètres prescrit par le Gouvernement permettait à l'ennemi d'approcher à 12 kilomètres de la Meurthe; il fallait donc garder 12 kilomètres pendant quinze jours, contre un ennemi dont la supériorité numérique devait se révéler incontestable, dès le début des hostilités.
Le bataillon est alerté le 28 juillet : deux compagnies vont garder les passages de la Verdurette, à Reherrey et à l'est de Merviller; un détachement cycliste, sous les ordres du lieutenant CHEVRON, patrouille dans la vallée de la Vezouse, entre Domèvre et Blâmont. Le 29 juillet, le bataillon est mobilisé; il reçoit ses réservistes et part à 7 heures sur ses positions de couverture, vers Montigny (10 kilomètres nord de Baccarat).
Le moral du bataillon, déjà si élevé en temps ordinaire, est exalté par l'imminence du danger. Parmi les réservistes, certains ont quitté avec deux jours d'avance leurs villages-frontière; les patrouilles de cavalerie ennemies ayant fait leur apparition dans le voisinage, ces braves ont quitté leur foyer avant d'être touchés par l'ordre d'appel, dans la crainte de ne pouvoir rejoindre s'ils tardaient un peu. Quant aux jeunes gens de l'active, ils partent avec la volonté d'interdire à l'ennemi la route de Baccarat; ils connaissent bien le terrain sur lequel ils vont se battre, et cette circonstance contribue à augmenter leur confiance en l'heureuse issue des combats futurs.
Les Allemands ont franchi la frontière le 2 août 1914, pénétré dans Blâmont, Cirey-sur-Vezouse, et avancé dans notre territoire sur une profondeur de 10 kilomètres. Des crêtes de Montigny, on aperçoit des colonnes de fumée qui montent des villages brûlés par l'ennemi, et plus d'un chasseur assiste ainsi, les doigts crispés sur son fusil, à l'anéantissement de l'oeuvre toute faite de durs labeurs à laquelle jusqu'alors il avait consacré sa vie.

Combat du Clair-Bois.

L'avance ennemie se fait sur deux directions aboutissant : l'une aux ponts de Baccarat-Azerailles; l'autre au pont de Raon-l'Étape. Le 9 août, un bataillon ennemi se heurte à la 3e compagnie, placée en grand'garde au Clair-Bois.
Le combat s'engage à 11 heures; l'ennemi s'efforce de tourner le bois par les nombreux boqueteaux qui le prolongent vers le nord, mais il est arrêté par les feux bien ajustés qui partent du bois. Épuisées, les compagnies de tête se terrent à 100 mètres des lisières.
Le capitaine BERNIER, commandant la compagnie, profite de cette accalmie pour échelonner son unité en profondeur jusqu'au hameau d'Ancervillers.
Lorsque, à 16 heures, l'ennemi se lance de nouveau à l'attaque, après avoir été renforcé par un nouveau bataillon, il est arrêté jusqu'à la nuit par les résistances successives qui lui sont opposées. Il réussit à pénétrer dans le bois, mais ne peut le dépasser.
A la nuit, des patrouilles sont envoyées pour reconnaître l'emplacement exact des postes allemands. Une d'elles, commandée par le caporal DUVAL, reste pendant la plus grande partie de la nuit au contact immédiat des troupes ennemies, et rapporte des renseignements précieux, sans que l'ennemi se soit aperçu de sa présence.
Ce combat avait été sanglant pour l'ennemi : la 3e compagnie du 17e avait deux blessés.

Combat de Saint-Maurice.

L'avance de l'ennemi en direction de Raon-l'Étape lui avait permis de s'emparer de Badonviller et du bois des Haies, après des combats sanglants. L'héroïque résistance du 20e B.C.P. l'avait contraint à stopper à la lisière du village et il n'avait pu dépasser le bois des Haies.
Une attaque française fut montée pour reprendre Badonviller. L'attaque principale (20e bataillon) avait pour objectif le village, pendant que deux compagnies du 17e B.C.P. devaient attaquer le bois des Haies. L'action s'engage le 10 août, à 7 heures; dès le début, elle revêtit un caractère d'extrême violence. Les 3e et 4e compagnies se déploient en tirailleurs aux lisières nord du village de Saint-Maurice, puis, précédées de patrouilles de combat, elles marchent sur le bois.
Elles sont accueillies par une violente fusillade partant de la lisière; à 100 mètres du bois, les patrouilles de combat se terrent, les tirailleurs avancent ensuite par bonds jusqu'à leur hauteur, puis se couchent.
A midi, toute la ligne de tirailleurs s'élance et, malgré la fusillade, arrive à la lisière du bois abandonnée par l'ennemi.
Le capitaine BERNIER, à cheval malgré les balles qui pleuvent autour de lui, entraîne sa compagnie avec un élan magnifique. Pas un seul homme ne reste en arrière. A droite, le 20e bataillon reprend Badonviller. Dans cette lutte à un contre trois; nous avons eu le dessus; les 17e et 20e B.C.P. ont battu ce jour-là deux brigades ennemies.
La prise du bois des Haies est le dernier combat de la période de couverture. Malgré sa grande supériorité numérique, l'ennemi était encore à 10 kilomètres de la Meurthe quand, le 14 août, le 17e bataillon fut relevé par l'avant-garde du 13e C. A.

Offensive de Lorraine.

Relevé le 4 août sur ses positions de Montigny, le 17e B.C.P. part pour Veney, où il se repose pendant cinq heures, puis, à 20 heures, il se dirige vers la vallée de la Plaine par le massif forestier du Rouge-Vêtu. Il arrive le 15 août, à 1 heure du matin, à Allarmont, où il cantonne.
Il en repart à 5 heures du matin. La 25e brigade à laquelle il appartient, marche sur Schirmeck, par le Donon.

Combat du Donon.

Le formidable massif du Donon domine toute la région de Baccarat. Les Allemands avaient là un observatoire excellent. La possession du massif leur permettait de descendre dans la vallée de la Meurthe sans qu'aucune résistance appréciable pût les retenir. Par contre, en l'occupant, nous avions la possibilité d'atteindre la plaine d'Alsace par la vallée de la Bruche et Schirmeck.
Aussi, quoique très fatigué, le bataillon part hardiment en tête du gros de la colonne; ce seul mot de Donon a ranimé les énergies. A partir de Raon-sur-Plaine, les 3e et 4e compagnies sont détachées en flanc-garde et gravissent les pentes nord du mont.
A peine a-t-on franchi les bornes-frontière, qu'il faut manoeuvrer prudemment; une maison forestière est là, dominant la vallée, et sentinelle avancée du Donon; le téléphone y est installé.
Avant qu'aucun renseignement ait pu être transmis, la 3e compagnie est dans la maison. Le téléphone est arraché des mains du garde et celui-ci es emmené. Il assistera en spectateur à la prise de la plate-forme du Donon, défendue par 200 fantassins environ; à 12 heures, tout le massif est à nous.
A 16 heures, le 17e est poussé aux avant-postes de Grandfontaine, sur la route de Schirmeck. A 20 heures, un escadron de uhlans, lancés en reconnaissance vers le Donon, se .heurte à un de nos postes aux issues, composé d'une demi-section commandée par le sergent HOUPERT. Celui-ci laisse approcher l'ennemi jusqu'à 20 mètres, puis commande un feu àr épétition. Complètement surpris, les uhlans tournent bride et fuient à toute allure, laissant quinze morts sur le terrain et dix prisonniers.

Combat de Saint-Léon.

Le 17 août, à 7 heures, le bataillon reçoit l'ordre de rejoindre, dans la vallée de la Sarre, une brigade coloniale à laquelle il est affecté momentanément.
Après une marche qui dure toute la journée, le bataillon bivouaque le soir dans les bois de Saint-Quirin. Le lendemain, au petit jour, il part à Abreschwiller, puis à Saint-Léon, où il stationne dans la nuit du 18 au 19. Le 19, il appuie par le feu l'attaque d'un régiment d'infanterie coloniale sur les crêtes nord de Saint-Léon.
Le 20, l'ennemi commence sa contre-offensive en Lorraine. A 15 heures, le village de Saint-Léon, tenu par les coloniaux, est presque complètement entouré. Une contre-attaque menée par le 17e est déclenchée pour dégager les défenseurs du village.
Le bataillon se rassemble sous bois, exécute une courte marche d'approche, puis se lance à corps perdu sur les tirailleurs ennemis. Un feu terrible lui cause des pertes cruelles, mais ne réussit pas à l'arrêter. L'ennemi est culbuté sur ses positions du matin.
Le capitaine BERNIER est blessé au moment où il place sa compagnie face à son objectif; le lieutenant DE BEAUREPAIRE tué pendant l'assaut, à la tête de sa section, après avoir abattu cinq Allemands qui l'assaillaient.
Le lendemain 21, le bataillon reçoit l'ordre d'abandonner Saint-Léon et de couvrir la retraite de la brigade. Pendant trois heures, il assiste à toutes les attaques qui sont lancées sur lui, puis se retire à son tour sur la rive gauche de la Sarre.

Retraite de Lorraine.

Les combats furent acharnés de la frontière à la Meurthe.
Devant Cirey, les 3e et 4e compagnies tinrent pendant cinq heures les bois de la Haie-Renardy; à Montigny, le bataillon, réduit à trois compagnies, résista pendant toute la journée du 22 août sur ses anciens emplacements de couverture. Les violents assauts de l'ennemi ne parvinrent pas à le chasser de ses positions; les capitaines DAVY et GARNIER furent blessés devant Montigny, à la tête de leur compagnie.
Dans la nuit du 23 au 24, le 17e se regroupe sur Vacqueville dont il organise la défense. Il doit tenir là jusqu'au 24 à 10 heures, afin de permettre le franchissement de la Meurthe à nos éléments en retraite.
Le combat s'engage à 6 heures. Il revêt dès le début un caractère de violence extrême. L'infanterie ennemie s'élance à l'assaut après un bombardement intense de nos positions, elle ne peut déboucher des bois à l'est de Vacqueville. A 11 heures, le bataillon se retire par échelons sur Veney et Bertrichamps, passe la Meurthe au pont de. Thiaville et se reforme à l'ouest de la Chapelle. Dans la nuit du 24 au 25, il s'installe à Anglemont, en réserve de division.
Le 25, à 6 heures, notre ligne de résistance passait par Bazien, le bois de la Pêche, Sainte-Barbe. A 10 heures, une attaque allemande rejette les troupes françaises vers Rambervillers. Le 17e est chargé de recueillir les troupes en retraite et de tenir le village d'Anglemont. Le combat dure jusqu'à la nuit; les tirailleurs ennemis ne peuvent franchir la Belvitte. Le bataillon vient cantonner dans les casernes de Rambervillers, puis à Housseras.

Combat de la Chipotte.

L'ennemi a franchi la Meurthe et s'est installé sur les crêtes boisées qui séparent la vallée de la Meurthe de celle de la Mortagne. Il occupe le col de la Chipotte, sur la route de Raon-FÉtape à Rambervillers.
Dans la nuit du 31 août au 1er septembre, la 25e brigade quitte la région d'Housseras pour attaquer le col de la Chipotte; le 17e est en avant-garde. Après une marche très pénible, le contact avec l'ennemi est pris le 1er septembre au petit jour.
Les Allemands ont solidement organisé la position. Ils ont construit des tranchées et des réseaux de fil de fer.
Les tirailleurs avancent jusqu'aux défenses accessoires. C'est uniquement un combat d'infanterie, l'artillerie ne pouvant entrer en action dans ces bois touffus. A 10 heures, le bataillon est tout entier engagé à 60 mètres des tranchées ennemies. Les pertes sont élevées, mais celles de l'ennemi ne le sont pas moins. A 12 heures, des troupes fraîches relèvent le bataillon, qui vient se reformer au col de Barrémont, où il reste jusqu'au 3 septembre.
Des actes de magnifique bravoure ont été accomplis à ce combat : le capitaine BERNIER, le héros de Saint-Maurice, est tué au moment où, à genoux à 20 mètres des lignes allemandes, il secourait deux chasseurs grièvement blessés; le sergent-major PIONNIER, tué aussi en courant le long de la ligne de feu pour encourager ses hommes et diriger leur tir.
Après le combat de Neuf-Étang, où une section de la 3e compagnie commandée par le sergent-major LÉONARD, agissant en liaison avec un bataillon d'infanterie, entraîna par son exemple les fantassins à l'assaut du village, le 17e est embarqué, le 3, à Darnieulles, pour aller coopérer à la bataille de la Marne.
A la suite des combats continus livrés pendant la retraite, l'ennemi, épuisé, ne songe plus à attaquer. Le front est stabilisé.

La Marne.

Le bataillon débarque à Joinville (Haute-Marne); il cantonne à Vaux et Montreuil-sur-Blaise, où il stationne pendant deux jours.
Le 6, il part en marches forcées vers le camp de Mailly; il arrive le 8, à midi, aux environs de la ferme de la Folie. A 14 heures, il est engagé et il s'empare du signal de l'Ormet.
Le 9, il continue sa marche en avant et livre un combat sanglant à une arrière-garde allemande, sur la voie ferrée de Sommesous à Sompuis. L'ennemi se replie pendant la nuit.
Du 10 au 13, il s'engage à marches forcées à la poursuite de l'ennemi. Le 13 septembre, à 23 heures, il se- heurte aux organisations ennemies sur la route de Souain à Perthes-lès-Hurlus, les compagnies se déploient et attaquent, mais elles sont obligées de se terrer à 100 mètres de l'ennemi retranché.
La guerre de position commence. Du 13 au 28 septembre, le bataillon organise le terrain sous un bombardement continuel. Il repousse une violente attaque allemande visant Souain. Installé dans des tranchées pour tireur à genou, il perd le tiers de son effectif, mais inflige de telles pertes à l'ennemi que celui-ci, après deux heures de lutte, s'enfuit vers ses tranchées abandonnant ses armes et laissant de nombreux cadavres sur le terrain.

Lille.

Partis de Saint-Hilaire-au-Temple le 1er octobre, le 17e débarque à Armentières le 3, à 2 heures du matin. Après un repos de trois heures, le bataillon part dans la direction de Lille.
Les renseignements manquent. Les habitants d'Armentières prétendent que de la cavalerie allemande est signalée à Lille, mais ces dires ne sont pas contrôlés.
Quoi qu'il en soit, la mission du bataillon est la suivante : s'installer aux avant-postes aux débouché, de Lille à Fiers, Kélemmes, Mons-en-Baroeul; une brigade territoriale l'appuiera à droite, et il sera en liaison à gauche avec le 20e B.C.P. Il s'agit d'interdire à l'ennemi l'accès de Lille et de couvrir le débarquement du 21e corps à Armentières.
Le bataillon arrive à Lambersart, faubourg de Lille, où il est acclamé par la population, dont l'inquiétude était grande depuis quelques jours. Pendant toute la traversée de la ville, ce ne sont qu'ovations délirantes. Mais le tableau change à l'arrivée sur les remparts.
La 1re compagnie, marchant en avant-garde, est accueillie par une violente fusillade partant du talus de la voie ferrée et de la gare centrale. Elle s'installe sur les remparts et ouvre le feu sur l'ennemi qui tente de déboucher de Fives.
En un instant, le plan d'attaque est dressé par le commandant CARRÈRE. La 2e compagnie (capitaine JOLY) attaquera la gare; la 3e compagnie (lieutenant MARCHAND) prendra comme objectif la partie des remparts situés entre la Porte Louis XIV et la Porte de Valenciennss, et s'emparera du pont du chemin de fer sur lequel passe la route reliant Lille à Fives. La 1re compagnie assurera la liaison entre les 2e et 3e compagnies; le reste du bataillon est en réserve près de la Porte de Tournai.
L'attaque part à 10 heures et, d'un bond, la 2e compagnie s'empare de la gare ; plusieurs fourgons du détachement ennemi sont capturés. Ils contiennent la caisse d'un régiment, soit près de 30.000 marks. A droite, la 3e compagnie attein le pont de Fives et s'installe sur la voie ferrée L'ennemi est refoulé dans Fives, dont il commence à incendier quelques maisons.
Le 5, les patrouilles envoyées par la 1re compagnie signalent que l'ennemi s'est retiré. Le bataillon s'installe alors sur ses emplacements de couverture : la 1re compagnie à Kélemmes, la 2e à Fiers, la 6e à Mons-en-Baroeul, la 3e en réserve à la sortie de Fives.
L'ennemi ne réagit pas.
Le 8 octobre, sans que rien ait fait prévoir une attaque ennemie, le bataillon est alerté; il s'embarque en camions à Hambourdin, à 2 heures, et débarque à Vermelles, à 35 kilomètres de Lille. Une grande offensive allemande sur le front Arras-Lens avait motivé ce brusque mouvement vers le sud. Un nouveau théâtre d'opérations était ouvert : l'Artois.

Artois.

Les opérations du bataillon en Artois peuvent se diviser en trois périodes :
Période du 9 octobre 1914 au 9 mai 1915, pendant laquelle le bataillon organise le terrain, améliore ses positions par des coups de main et les garde en repoussant les contre-attaques ennemies ;
Période du 9 mai à fin octobre 1915 où, par des attaques continues, menées sur le plateau de Notre-Dame-de-Lorette, le 17e participe à notre avance en direction de Souchez;
Période de novembre 1915 à février 1916 : le bataillon organise et défend le secteur des crêtes de Vimy (cotes 119 et 140).

1re Période.

Le 10 octobre, le bataillon quitte Vermelles et arrive vers midi à Bully-Grenay.
Il s'agit d'arrêter l'ennemi dans sa marche sur Béthune. Depuis trois jours, celui-ci multiplie ses attaques sur Angres, la Fosse Galonné, Notre-Dame-de-Lorette. Les troupes qui lui sont opposées sont exténuées par ces combats incessants, et vers Lens de nombreux renforts allemands sont signalée.
En trois jours, le bataillon organise les trois crêtes successives qui s'étendent de la route Aix-Noulette-Bully à la route Noulette-Angres. Il tente des reconnaissances sur Angres et des patrouilles aux environs du village. Après quelques jours d'escarmouches, le calme renaît. Sur ce point l'ennemi est fixé ; il n'en est pas de même sur le plateau de Notre-Dame-de-Lorette où, après s'être emparé de la chapelle, l'ennemi domine nos positions de la plaine.
Les 16, 17, 18, 19 décembre, des attaques françaises sont prononcées contre les positions allemandes. Elles tendent au rétablissement de notre ligne sur la crête et à l'enlèvement des observatoires ennemis. Le 17e bataillon attaque à l'aile gauche, sur le versant nord du plateau.
De ces attaques, les quelques chasseurs ayant survécu à cette guerre peuvent seuls décrire l'épouvantable simplicité et l'admirable grandeur. Les assaillants partaient du bois de Bouvigny où, pendant vingt-quatre heures, ils s'étaient abrités des balles et des obus derrière les troncs des arbres à demi fauchés. Il n'y avait pas de parallèle de départ et, depuis quinze jours, les pluies avaient transformé le sol en bourbier.
A l'heure H, s'arrachant de la boue dans laquelle ils sommeillaient, épuisés, ils partirent, et ce fut un spectacle surhumain. Enfonçant dans la boue gluante jusqu'aux chevilles, culbutant dans les trous d'obus inondés, ils avançaient par bonds sous la fusillade d'une extrême violence. Le mécanisme du fusil, rempli de terre, leur interdisant l'action par le feu, c'est à la baïonnette qu'ils enlevèrent les deux tranchées formant leur objectif.
Mais les pertes furent lourdes ! Le lieutenant POUZOT fut tué dans la tranchée ennemie au moment où il criait : « Vive la France ! » Le sous-lieutenant GATRIOT fut frappé mortellement pendant l'assaut et 100 chasseurs tombèrent en héros au cours de ces combats.
Nos positions de Notre-Dame-de-Lorette étaient de nouveau solidement établies.
Après avoir assuré la garde du front entre les pentes des collines d'Artois et de la Fosse-Calonne, le 17e vint, en février 1915, occuper les tranchées de Notre-Dame-de-Lorette. Là, les organisations françaises et alliées sont séparées par une distance variant de 10 à 100 mètres. C'est la guerre d'usure avec toutes ses surprises et ses longues nuits de veille.
Le plateau a 800 mètres de large et 4 kilomètres de long. Il descend à pic, au nord, sur les bois de Noulette et la route de Béthune à Arras; au sud, sur les villages d'Ablain-Saint-Nazaire et de Souchez. La lutte d'artillerie y est continuelle ; c'est que ce point du front est ardemment convoité par les belligérants. Du plateau, on a des vues sur Arras, Béthune et l'immense plaine des Flandres, et toute attaque ayant un objectif situé dans les plaines flamandes ou artésiennes est prise à revers par cette formidable position.
Le 17e bataillon tient le secteur du 6 février au 9 mai 1915, et il organise solidement le terrain. C'est le premier hiver de guerre; il pleut sans arrêt et, comme tout est à créer, la vie se passe dans l'eau et dans la boue. Les chasseurs qui assurent la garde des bois de Noulette restent pendant quatre jours dans l'eau jusqu'aux genoux, recouverts d'une boue argileuse qui passe entre les vêtements, pénètre dans le mécanisme des fusils ; c'est avec la baïonnette que furent repoussés deux coups de main ennemis. Un exemple typique fera connaître la situation matérielle des troupes de ce secteur : pour aller du bois de Bouvigny, par le « boyau de crête », aux premières lignes, il fallait une heure de marche; or le parcours à effectuer n'était que d'un kilomètre !
Parmi les actions locales qui agitèrent ce secteur, les plus violentes sont celles des 20 et 21 mars.
Dans la nuit du 19 au 20 mars, les 1re, 2e, 3e compagnies venaient occuper le grand éperon de Notre-Dame-de-Lorette ; la relève était à peine terminée quand une attaque ennemie, partant de Notre-Dame-de-Lorette (chapelle) et du village d'Ablain-Saint-Nazaire, aborda nos tranchées avant que les emplacements de tir de chacun fussent complètement reconnus.
Rassemblant en hâte quelques hommes autour de son poste de commandement, le capitaine DE FALVELLY, commandant la 3e compagnie, le fusil à la main, debout sur le parapet de sa tranchée, arrête l'ennemi pendant une demi-heure ; il est tué au moment où il encourage de la voix les hommes exténués. A l'autre extrémité du point d'appui, le sous-lieutenant LACROIX subit le même sort, dans des circonstances semblables.
Les 5e et 6e compagnies, au repos à Bouvigny, furent alertées et chargées de reprendre la tranchée et le boyau perdus. La 5e compagnie, commandée par le lieutenant MARCHAND, devait attaquer par le boyau de Falvelly; la 6e, commandée par le capitaine CHEVRON, devait appuyer le mouvement de la 5e en s'emparant de la partie gauche de la tranchée perdue.
Le 20 mars, à 20 heures, la 5e compagnie part; en cinq minutes, le boyau est pris, mais la tranchée ne peut être abordée; dans la nuit, très noire, il ne peut être question de reformer l'attaque, car les sections sont enchevêtrées. Le sergent MENGIN et le caporal TISSERANT sont tués.
Le 21 mars, à 22 heures, une nouvelle attaque a lieu; elle nous donne la tranchée ennemie en entier. L'action a duré dix minutes, malgré la violente résistance allemande. Le fait suivant montrera bien quels étaient les hommes du début de la guerre : au cours de l'attaque, le caporal MENGIN aperçut à ses pieds le corps de son frère, tué la veille. Il tressaille violemment; mais, voyant la charge furieuse, il s'écrie : « France d'abord! » et court à la mitraille. Nommé sergent à la section que commandait son frère, ce brave devait tomber le 10 juin 1915 sur ce plateau sanglant, non loin du lieu où son aîné avait été mortellement frappé.

2e Période.

Le 9 mai 1915, une attaque française de grande envergure est déclenchée à midi. L'effort principal est porté entre Ablain-Saint-Nazaire et Arras, le 21e corps doit permettre l'avance aux ailes en s'emparant du plateau de Notre-Dame-de-Lorette.
Au début de l'action, le 17e bataillon est en réserve de division. 11 entre en ligne le 10 mai, à 3 heures du matin ; il a comme objectif les tranchées allemandes dominant le « fond de Buval ».
Les 4e et 5e compagnies (capitaine BOUDET et lieutenant MARCHAND) sortent de la parallèle de départ avant le jour et, de trous d'obus en trous d'obus, arrivent à 20 mètres des ouvrages ennemis. A 5 heures, elles s'élancent sous un feu extrêmement violent et s'emparent de la tranchée Brücker.
L'organisation du terrain commence aussitôt. Complètement bouleversée, la ligne ennemie ne présente aucun abri; c'est cette circonstance qui occasionnera les plus lourdes pertes que nous ayons subies jusqu'alors.
A 7 heures, un ouragan de mitraille s'abat sur nos lignes; il dure toute la journée du 10 et celle du 11, ensevelissant dans un même linceul les vivants et les morts. Trois fois l'infanterie ennemie s'élance à l'assaut; elle est repoussée par la poignée de survivants qui, çà et là, ont aménagé les trous d'obus qui servent d'abri.
Parmi les morts de ces horribles journées : le commandant RENOUARD, tué dans la tranchée de première ligne au moment où il dirigeait le feu d'une escouade dont le chef avait été mortellement frappé; l'adjudant LETTRON, tué pendant l'assaut.
Épuisé, ayant plus des trois quarts de son effectif tué ou blessé, le 17e est relevé, dans la nuit du 12 au 13, par un bataillon du 109e R.I.
Il remonte en secteur le lendemain 14 mai et reçoit mission d'organiser les positions conquises sur le plateau de Notre-Dame-de-Lorette. Pendant six jours, les chasseurs organisent le terrain bouleversé; mal ravitaillés, car les cuisiniers sont tués ou blessés, sans abri sous le bombardement incessant, ils travaillent au milieu des cadavres dont le nombre s'accroît chaque jour. Le capitaine BOUDET, mortellement blessé le 17 mai, refusa de se laisser évacuer; il voulut mourir dans la tranchée que ses chasseurs avaient construite sous sa direction.
Les trois dernières journées sont particulièrement terribles : le ravitaillement ne peut se faire, le bombardement nivelle les quelques éléments de tranchées à mesure qu'ils sont construits, et, malgré cela, pas un murmure ne se fait entendre !
Après un court repos, le bataillon remonte en lignes; cette fois, c'est pour attaquer.
L'ennemi se cramponne sur l'arête est du plateau; il y a construit une série de fortins qui, fortement tenus, entravent notre progression. Un de ceux-ci est particulièrement dangereux car il prend d'écharpe toutes nos lignes : c'est le fortin des sacs à terre.
Depuis trois jours, des attaques sont menées contre lui; elles ont toutes échouées. Le général DE BOUILLON, commandant la 13e D. I., charge alors le 17e d'enlever les sacs à terre.
Dans la nuit du 9 au 10 juin, le bataillon est amené par le commandant JOLY dans les trous d'obus qui forment ligne de- départ.
A 5 heures, le bataillon s'élance sous une fusillade d'une formidable intensité; en un instant, il perd 6 officiers, 50 chasseurs.
Il est obligé de se terrer à 50 mètres du fortin.
Le 13 juin, l'attaque est reprise. En une ruée furieuse, tous les objectifs sont enlevés. Le sous-lieutenant DOERR, voyant tomber le sous-lieutenant LAURENT commandant la 4e compagnie, prend spontanément le commandement de cette unité et, sabre au clair, dans sa tenue de cavalerie aux couleurs, voyantes, il charge à la tête de la 4e compagnie.
Il est tué sur le parapet de la tranchée ennemie, que ses chasseurs furieux débarrassent de ses occupants. Cet officier d'élite est une des plus belles figures du bataillon.
Le brillant succès obtenu par le 17e est immédiatement connu du commandement.
Le 13 au soir, la 13e division exploitait ce résultat en s'emparant da la gare de Souchez.
Le 25 septembre, deux attaques furent lancées en Champagne et en Artois. Le bataillon assura la liaison entre les troupe; françaises et l'armée britannique en tenant la Fosse Calonne devant Angres et Loos. A partir du 30, il tient les secteurs de Souchez, cote 109, cote 140, sur les crêtes de Vimy.

3e Période.

La possession des collines de Vimy permet de commander tout le front d'Artois ; aussi la lutte y est-elle âpre. Les troupes qui montent en secteur y séjournent pendant quinze jours, dans la boue, sans abri, en butte à un bombardement continu.
Elles vont au repos à 20 kilomètres en arrière, car les villages conquis depuis le 9 mai sont complètement détruits.
Les Allemands multiplient les attaques pour s'emparer dela crête militaire dominant la plaine de Carency.
Chaque semaine plusieurs mines éclatent.
Le 13 février 1916, à midi, une violente attaque allemande prend comme objectif les tranchées tenues par la 6e compagnie; elle est repoussée à coups de grenades. Debout sur le parapet de la tranchée, l'adjudant DURAND fait place nette devant lui. Après avoir subi de très lourdes pertes, l'ennemi regagne ses lignes.
Le commandant JANNOT, commandant le bataillon, fut blessé dans le boyau menant aux premières lignes, en se rendant sur le lieu de combat.
Le 23 février, le 33e corps est relevé et part au repos à Tricot, près de Montdidier.
Il quitte définitivement l'Artois.

Verdun.

Le 16 mars 1916, le 17e monte en secteur entre les forts de Vaux et de Douaumont. Son séjour dans la région comprend : l'attaque du village de Vaux et la garde des tranchées situées .sur les pentes du fort de Douaumont.
Le 19 mars, après avoir cheminé toute la nuit en terrain découvert sous le bombardement, le bataillon attaque le village. La 3e compagnie sort de ses tranchées avant l'heure H et s'avance sans bruit jusqu'aux réseaux de fil de fer ennemis.
A 3 heures du matin, elle s'élance et s'empare de deux lignes ennemies, faisant de nombreux prisonniers. Notre attaque avait devancé une offensive adverse qui ne put avoir lieu.
Le bataillon occupe ensuite les tranchées conquises; il éprouve de grosses pertes du fait du bombardement, repousse une contre-attaque ennemie et est relevé le 28 mars à 3 heures du matin.

La Somme.

Du 26 mai au 22 juillet, le bataillon occupe le secteur de Flirey-Bois de Mortmare. Un coup de main dirigé avec maîtrise par le sous-lieutenant MARTIN nous donne quelques prisonniers devant la corne nord-est du bois du Jury.
Le 3 septembre, le bataillon est en ligne devant Barleux. Il attaque le 9 septembre les Carrières ; il pénètre dans les tranchées allemandes, mais aux ailes, l'assaut ne peut déboucher.
Le lieutenant DEBET s'avance alors suivi de quelques chasseurs et tente d'élargir la conquête; il est tué en sautant dans une tranchée ennemie.
Le 29 octobre, le bataillon est en ligne devant Biaches et la Maisonnette quand, à 7h 30, l'ennemi déclenche subitement un formidable tir de destruction qui dure toute la journée; les communications sont interrompues en un instant, et toutes les tranchées comblées, quand, à 17 heures, l'infanterie ennemie attaque nos positions. De Biaches à la Maisonnette, les survivants jaillissent de leurs trous d'obus et refoulent à la grenade les vagues d'assaut ennemies; mais les Allemands réussissent à s'emparer de la Maisonnette, où le lieutenant MUSY est tué. La situation est critique; la liaison est complètement perdue à droite, où un grand vide existe entre la compagnie de droite du bataillon et les éléments du régiment voisin. La 4e compagnie réussit à organiser le terrain menacé et à enrayer toutes les tentatives faites par l'ennemi pour exploiter son succès.
Le bataillon est relevé le 1er novembre à 1 h 30 et part au repos pour Domart-sur-la-Luce.

Avec l'artillerie d'assaut.

Le 3 janvier 1917, en vertu d'un ordre du général commandant en chef, le 17e B.C.P. était mis à la disposition du général ESTIENNE, commandant l'artillerie d'assaut (les tanks). Il venait cantonner à Gilecourt, près du camp de Champlieu, servant de. terrain de manoeuvre aux nouveaux engins de guerre.
Jusqu'au mois d'avril, il coopéra à l'élaboration des principes et des procédés de combat de l'infanterie attaquant, en liaison avec les chars d'assaut. La méthode fut appliquée au combat du Cornillet (avril) et du Moulin de Laffaux (5 mai).
L'offensive française du 17 avril visait la prise du massif de Nogent-l'Abbesse par deux attaques partant : l'une de la région de l'Aisne, l'autre de l'est de Reims, dans la région des Monts. Des chars d'assaut étaient affectés aux troupes d'attaque. Le 17e devait accompagner trois groupes d'A.S. dans l'attaque menée à l'est de Reims.
Dans la nuit du 16 au 17, le bataillon quitte l'arsenal de Mourmelon où il était cantonné et se rend à ses emplacements d'attaque.
La 4e compagnie part aux lignes; elle doit bondir avec les vagues d'assaut et aménager des passages pour les chars sur les tranchées ennemies. Le reste du bataillon est en réserve au bois des Cuisines, à 2 kilomètres en arrière.
L'attaque a lieu à 5 heures Les vagues d'assaut sont arrêtées à la deuxième ligne ennemie presque intacte par de violents feux de mitrailleuses et un bombardement très intense. La 4e compagnie est en première ligne.
A 9 heures, après un bombardement d'une extrême violence, l'ennemi contre-attaque vigoureusement. Quittant l'outil pour le fusil, les chasseurs de la 4e arrêtent net ce retour offensif. Le sous-lieutenant BOUTHONNIER est tué en nettoyant à la grenade les trous d'obus dans lesquels l'ennemi s'est terré.
Les chars d'assaut devaient s'engager après la prise de la 2e position. L'échec de l'offensive ne permit pas leur entrée en ligne et le bataillon revint à Mourmelon dans la nuit du 17 au 18 avril.
Il devait s'illustrer quinze jours plus tard au cours de l'attaque du Moulin de Laffaux. Dans la nuit du 4 au 5 mai, il venait occuper les quelques abris situés en arrière de notre première ligne; trois groupes de chars d'assaut devaient marcher en première vague, escortés par les chasseurs du 17e bataillon.
A 5 heures, après un copieux bombardement des lignes allemandes, mais auquel l'ennemi répond par un tir de barrage intense, les chars d'assaut s'ébranlent. Bondissant par-dessus les tranchées ennemies, les chasseurs achèvent à coups de grenades l'oeuvre des tanks, et leur créent des passages aux endroits impraticables; ce travail est particulièrement pénible car les engins sont autant de centres d'attraction du feu ennemi et si les servants, abrités à l'intérieur, se rient des mitrailleuses adverses, il n'en est pas de même de ceux qui, à l'extérieur, les accompagnent au combat.
Aussi, les pertes sont élevées : le lieutenant LECHIEN, le sous-lieutenant CRÉPIN sont tués pendant l'assaut: blessé grièvement au début de l'action, le lieutenant GUÉPRATTE ne consent à se faire évacuer qu'après avoir conduit sa section jusqu'à la première tranchée ennemie. Partout le bataillon force l'admiration des groupes qui combattent à ses côtés. Après la relève, les généraux ESTIENNE et MAISTRE félicitent le 17e pour la maîtrise et le brio de sa coopération au cours de cette première opération avec l'artillerie d'assaut.
Le bataillon reste à l'A.S. jusqu'à la fin juin, puis rejoint le 33e corps au Chemin des Dames.

Au Chemin des Dames.

Le 10 juin, le bataillon monte en secteur à l'épine de Chevregny. La situation tactique est mauvaise; les Allemands ont réussi à s'emparer, il y a deux jours, d'une grande parie de notre première ligne. Le quartier affecté au 17e est le plus dangereux car il comprend la partie de notre ancienne ligne que l'ennemi n'a pu prendre, le bataillon est donc en flèche, avec, sur les côtés, des groupes allemands extrêmement actifs; il n'y a pas de postes d'écoute, car la ligne ennemie se trouve à 15 mètres de la nôtre. En huit jours, la situation est transformée : une tranchée continue relie notre ancienne première ligne à nos organisations nouvelles. Ce travail exécuté à 20 mètres de l'ennemi n'était possible qu'à la condition d'acquérir ascendant sur lui; ce fut l'occupation du bataillon pendant les quarante-huit heures qui suivirent la montée en ligne. A coups de grenades, de fusil, tout Allemand montrant la tête était abattu; ce régime sévère permit aux compagnies de réserve du bataillon de venir travailler, sans de grosses pertes, à la construction de la nouvelle tranchée.
Le 21 juin, le bataillon est relevé et va au repos à Chavanne ; le 23, il remonte par alerte, l'ennemi ayant pris une partie des tranchées que nous avons quittées l'avant-veille. La 2e compagnie contre-attaque et, en une heure, reprend tout le terrain perdu.
Après un second séjour dans le secteur de la ferme de la Royère, qu'il organise offensivement sous le commandement du capitaine adjudant-major DU TEMPS, le bataillon quitte la région et part pour l'armée d'Alsace.
Le 27 juillet, le commandant MARCHANT, venu du 104e R.I., prend le commandement du bataillon.

En Alsace.

Après avoir assuré la garde du secteur Schönholz, depuis le 10 septembre, le 17e bataillon est chargé d'enlever les positions ennemies qu'il a en face de lui et dont ses patrouilleurs ont percé quelques secrets.
Les organisations allemandes sont formidables; construites sous bois à grand renfort de béton, elles ont été sans cesse améliorées par leurs occupants. Depuis deux ans, le calme règne dans ce secteur, les travaux ont donc pu être complétés.
En fait, la partie du bois occupée par les Allemands est couverte de fortins protégés par d'épais réseaux de fil de fer.
L'attaque est fixée au 7 novembre; une compagnie du 17e attaquera la position ennemie dans sa partie la plus large; elle agira en liaison avec le 60e B.C.P. qui marchera à sa gauche. Une formidable préparation d'artillerie est annoncée.
A 13h 30, la compagnie d'assaut (la 4e) prend place dans la parallèle de départ. Elle se trouve aussitôt en butte à un très violent tir de contre-préparation qui lui fait perdre quelques tués et de nombreux blessés. Le sous-lieutenant JELSCH est mortellement frappé à la tête de sa section quelques instants avant l'heure H.
A 14 heures, malgré le tir allemand qui se fait de plus en plus violent la 4e compagnie sort en chantant. Deux lignes de fortins sont franchies d'un bond. Le commandant MARCHANT, la cigarette à la main, donne la direction. Les abris dépassés sont immédiatement nettoyés; le lieutenant GERVAIS descend seul dans un fortin et capture douze prisonniers; les chasseurs tiennent tout le bois, tuant tout ce qui tente de résister.
Le commandement avait prévu un arrêt d'une heure au premier objectif, mais la 4e compagnie fonce sur la ligne fixée comme objectif final et s'en empare malgré une résistance acharnée. Le sous-lieutenant SICARD est tué en sautant dans un fortin; le sous-lieutenant GUYARD est blessé à la fin de l'attaque, au moment où il donne ses ordres pour l'organisation du terrain. Complètement désemparé, l'ennemi ne réagit pas.
Le bataillon reste en secteur pendant trois jours pour organiser le terrain, puis il est relevé par le 21e B.C.P. Il avait fait, au cours de cette attaque, 120 prisonniers.
Ce fait d'armes lui valut sa première citation à l'ordre de l'armée.
Le. 13 novembre, le bataillon est affecté à la division BRISSAUD-DESMAILLETS (66e D.I.). Il va la rejoindre dans la région de Villersexel.
Un mois plus tard, il part pour l'Alsace, où il va tenir le secteur compris entre Thann et le ballon de Guebwiller. La région la plus dure de cette partie du front est constituée par le Südel et l'Hartmannswillerkopf. Là, le bombardement est continuel; les boyaux n'existent pas, les tranchées sont continuellement effondrées et les postes d'écoute séparés des abris par des pistes longues de 50 mètres constamment battues par les torpilles de 240; aussi, c'est le quartier classique des coups de main.
Le 13 février 1918, l'ennemi bondit sur nos petits postes après un bombardement d'une extrême violence avec torpilles de 240. Les sentinelles des 2e et 4e compagnies ont réussi à franchir la zone de barrage et ont donné l'alerte; contre-attaqué à coups de grenades, l'ennemi s'enfuit, abandonnant dans nos lignes le matériel et les munitions qu'il avait apportés pour faire sauter nos abris.
Le 26 mars, le bataillon est relevé; il quitte l'Alsace pour participer à la grande bataille qui se livre dans la Somme depuis le 21 mars.

Secteur Sénécat- Moreuil.

Le 17e entre en secteur le 4 mai; il occupe les trous d'obus qui jalonnent notre première ligne entre les villages de Hailles et de Castel. La bataille pour Amiens est dans sa période, active; en s'emparant de Moreuil et de Morisel, les Allemands, se sont rendus maîtres d'une importante tête de pont sur la rive gauche de l'Avre, et une nouvelle avance de leur part menacerait sérieusement Amiens vers le sud.
Il fallait tout organiser dans ce secteur. En accord avec les autres bataillons de la division, le 17e se mit résolument à la tâche. Il reste en secteur pendant cent jours, ne prenant que quelques jours de repos dans les bivouacs de Guyencourt. Malgré les gaz, la très sérieuse épidémie de grippe, le bataillon fit un tel travail qu'une magnifique citation vint récompenser ses efforts.
Mais là ne se borna pas son activité.
Le 14 mai, après une courte mais violente préparation d'artillerie, le bataillon enlève les observatoires ennemis de la cote 100. L'action a duré vingt minutes environ; menée par les 1re, 2e et 3e compagnies, elle nous donne 60 prisonniers et des observatoires sur la vallée de l'Avre et nous vaut, une citation à l'ordre du corps d'armée.
Au début de l'attaque, le commandant MARCHANT se montre le chef qui s'est révélé au Schönholz : debout sur la ligne de départ, il accompagne les vagues d'assaut jusqu'à leur objectif. Le lieutenant GERVAIS, commandant le groupe d'engins d'accompagnement, est grièvement blessé en manoeuvrant lui-même ses engins pour remplacer un de ses servants tué.
Enfin la 4e compagnie relie en une nuit par des boyaux notre ancienne ligne et notre ligne actuelle.
Le 27 juin, la 4e compagnie attaque, à la corne nord-est du bois Sénécat, l'ouvrage ennemi dit « le nid à Boches ». Elle s'en empare sans coup férir, faisant 30 prisonniers. Le lieutenant BROUILLON est grièvement blessé en repoussant à coups de grenades une contre-attaque ennemie.
Enfin, le 2 juillet, la 2e compagnie, sur l'initiative de son chef, le capitaine BARBARIN, nettoie complètement les trous d'obus situés en avant de nos nouvelles lignes. Ces opérations valent au bataillon une citation à l'ordre de l'Armée et a fourragère aux couleurs de la croix de guerre.
Le bataillon est relevé le 8 août et part au repos à Lornilly, dans la région de Courtey.

Dans l'Aisne.

Le 29 août, à 2 heures, le bataillon monte en ligne dans la ferme de Montécouvé. Il reçoit l'ordre d'attaquer les positions ennemies qui s'étendent jusqu'à la route de Soissons à Béthune sur une profondeur de 3 kilomètres; cette route constitue son objectif final.
Ici, ce n'est plus la guerre de tranchées, et ce n'est pas encore la guerre de mouvement. Les troupes de première ligne sont çà et là dans des trous d'obus; les réserves s'abritent tant bien que mal dans les ravins. Les Allemands ont installé des mitrailleuses dans les entonnoirs produits par l'éclatement des obus de gros calibre, et cette façon de procéder ne permet pas à notre artillerie de faire des tirs précis. D'autre part, la configuration du terrain né permet pas l'emploi des chars d'assaut ; c'est donc par leur propre moyen que les troupes d'attaque vont opérer contre un ennemi qui est sur ses gardes, car le 29 une offensive française est venue se briser sur les premières lignes adverses.
Le 31 août, à 16 heures, le bataillon sort des trous d'obus qu'il occupait. Il est aussitôt accueilli par un feu d'une violence inouï qui oblige les vagues d'assaut à se terrer après avoir subi de très lourdes pertes.
On voit alors un spectacle magnifique d'héroïsme; sans ordre, quelques chasseurs se relèvent, puis vingt, puis tous les survivants du bataillon.
Tous se ruent vers la ligne des mitrailleuses ennemies, tuent les servante et, par d'habiles manoeuvres, tournent les résistances ennemies. A 18 heures, le bataillon atteint la route de Béthune. Le butin de cette journée s'élevait à quatre canons et un nombre de mitrailleuses qui ne put être complètement fixé; des centaines de prisonniers restaient entre nos mains.
Mais les pertes furent élevées : le 17e perdit dans cette seule journée seize officiers tués ou blessés.
Les jours suivants, l'attaque fut continuée par les 28e et 68e bataillons, le 17e en réserve, et nos lignes, le 6 septembre, sont à Vauxaillon au pied du plateau du Mont-des-Singes.
Notre situation dans ce ravin est défavorable. En tenant les pentes ouest du plateau, l'ennemi domine le ravin de Vauxaillon et gêne considérablement notre ravitaillement et nos travaux. Une attaque est montée le 7 septembre; le 17e doit s'emparer de la ferme Moisy, point culminant de la région.
A 16 heures, l'attaque est déclenchée, le sous-lieutenant GUITARD est mortellement frappé au moment où il sauté par-dessus les murs de la ferme dans les ouvrages ennemis. Ses hommes le vengent en exterminant tous les occupants. C'est des emplacements enlevés par le bataillon que devait partir l'offensive qui, quelques semaines plus tard, emporta Laon.
Le bataillon reste en secteur jusque dans la nuit du 16 au 17. Il organise le terrain conquis sous un bombardement perpétuel, mal ravitaillé. Une troisième citation à l'ordre de l'Armée lui est décernée.

Offensive de la Somme.

Le 17 octobre 1918, le 17e est en ligne vers Seboncourt. Il a relevé, dans la nuit du 16 au 17, quelques unités du 12e R.I. Il attaque le 17, à 5h 30, et surmonte toutes les résistances successives qui lui sont opposées. Deux heures après le commencement de l'attaque, il est au Petit Verly, à 3 kilomètres au delà de son point de départ.
La ligne ennemie est complètement disloquée par ce formidable coup de boutoir. Aussi, le 18, dès le petit jour, les Allemands exécutent un repli de 6 kilomètres et reculent derrière le canal de la Sambre.
La 1re compagnie du 17e s'est particulièrement distinguée au cours de l'offensive. Voyant l'ennemi fuir au sud de Petit Verly, elle partit résolument en avant sous le commandement du capitaine RENARD et s'empara d'une partie des objectifs fixés pour le lendemain.
Ce combat valut au bataillon sa troisième citation à l'ordre de l'Armée.
Le 4 novembre fut livré le dernier combat du bataillon, l'un des plus sanglants de la grande guerre et peut-être celui qui nécessita le plus de mordant et d'habileté dans la manoeuvre.
Depuis quinze jours, nos premières lignes étaient fixées sur la berge ouest du canal de la Sambre, devant Oisy, l'ennemi tenait la berge est. Le canal qui séparait les belligérants avait 20 mètres de large, une profondeur de 6 à 10 mètres; les ponts étaient coupés.
Le 2 novembre, à minuit, le bataillon gagne ses emplacements de départ. Des passerelles et radeaux construits par le génie sont amenés à pied d'oeuvre. C'est avec ce matériel que le bataillon devra franchir le canal sous le feu des mitrailleuses ennemies postées sur la berge opposée.
Le 4, à 6 heures, sous un barrage d'artillerie et de mitrailleuses d'une extrême intensité, le 17e lance des radeaux, réussit à franchir le canal et se rue sur la berge est dont il s'empare. C'est la victoire, car le plus dur est fait. Poursuivre l'ennemi désemparé par la prise du canal qu'il devait conserver à tout prix, le chasser des points d'appui dont il tente désespérément la défense, tout cela n'est qu'un jeu après l'assaut du début.
Cette journée magnifique dans ses résultats est un grand jour de deuil pour le bataillon. Dès le début de l'action, le commandant MARCHANT fut mortellement blessé. Alors que, selon son habitude, il était en tête de son bataillon, donnant ses derniers ordres pour l'assaut, un obus vint éclater à ses pieds. Ce fut parmi les spectateurs un moment d'émotion indescriptible; se précipitant vers leur chef, tous voulaient le secourir, mais il leur interdit de l'amener. Il rendit le dernier soupir dans la ligne de départ, face à l'ennemi, avec un courage stoïque. L'obscur artilleur qui le tua ne se doutera jamais qu'il a privé l'armée française d'un de ses plus brillants chefs.
Ici se terminent les fastes de guerre du 17e bataillon de chasseurs. Placé sous les ordres du commandant VIAL depuis février 1919, il montre en pays rhénans la même discipline, la même ardeur dans les diverses missions d'ordre qui lui sont confiées.
« Il n'y a pas de dernier effort », disait son ancien chef, le général SERRET. Cette devise pourrait être celle de tous les braves qui ont compté à ce bataillon d'élite. Elle sera celle des jeunes générations qui leur succéderont à l'ombre de son glorieux fanion !
 
 

CITATIONS COLLECTIVES OBTENUES PAR LES GRANDES UNITÉS AUXQUELLES COMPTAIT LE 17e B.C.P. ET DÉCERNÉES AU 17e B.C.P.

ORDRE GÉNÉRAL N° 67 DE LA Xe ARMÉE, DU 17 MAI 1915
Le général commandant la Xe armée cite à l'ordre de l'armée :
La 13e division d'infanterie.
« Sous l'impulsion de son chef, le général de CADOUDAL, a enlevé de haute lutte la position de Notre-Dame-de-Lorette et s'y est maintenue avec un courage héroïque sous un bombardement ennemi d'une intensité exceptionnelle. »
Signé : D'URBAL.

ORDRE GÉNÉRAL DE LA Xe ARMÉE N° 111, DU 11 JUILLET 1915
Le général commandant la Xe armée cite à l'ordre de l'armée :
« Le 21e corps d'armée ainsi que les 48e et 58e divisions qui, sous le commandement du général MAISTRE, ont fait preuve au cours d'attaques renouvelées pendant plusieurs semaines consécutives et sous un bombardement intense et continu de jour et de nuit de l'artillerie ennemie, d'une ténacité et d'un dévouement au-dessus de tout éloge. »
Signé : D'URBAL.

ORDRE GÉNÉRAL DE LA Xe ARMÉE N° 111, DU 30 SEPTEMBRE 1915
Le général commandant la Xe armée cite à l'ordre de l'armée :
La 26e brigade d'infanterie.
« Qui sous le commandement de son chef, le colonel SCHMIDT, a enlevé d'un seul élan plusieurs lignes de tranchées formidablement organisées, a fait tomber les résistances que l'ennemi avait accumulées dans la partie nord du village de Souchez, a pris pied sur la crête et dans les ouvrages du bois de Givenchy, faisant plusieurs centaines de prisonniers et menant pendant cinq jours de progrès incessants, le combat le plus acharné qui se puisse imaginer. »
Signé : D'URBAL.

ORDRE GÉNÉRAL N° 63 bis DE LA VIIe ARMÉE, DU 30 NOVEMBRE 1917
Le 17e bataillon de chasseurs à pied.
« Corps d'élite remarquable par sa discipline et sa valeur guerrière.
Après plus de trois années de luttes glorieuses en Lorraine, en Artois, à Verdun, sur la Somme et au Chemin des Dames, a attaqué, le 7 novembre 1917, une position ennemie considérée comme particulièrement difficile et, après avoir subi dans ses tranchées de départ un bombardement des plus meurtriers, s'est élancé à l'assaut derrière son héroïque chef, le commandant MARCHANT, a enlevé quatre lignes de tranchées, trois fortins bétonnés, conquis plus de 500 mètres de terrain en profondeur, des prisonniers, du matériel, a maintenu sans faiblir sa conquête pendant les deux journées suivantes sous un feu violent d'artillerie et de mitrailleuses, »

ORDRE GÉNÉRAL N° 66 DU 5e C. A., DU 17 JUIN 1918
Le 17e bataillon de chasseurs à pied.
« Après s'être particulièrement distingué à l'Hartmannswillerkopf pendant l'hiver 1917-1918 en repoussant deux attaques préparées par de violents bombardements d'obus à ypérite, vient encore, le 14 mai 1918, sous les ordres de son valeureux chef, le commandant MARCHANT, entraîneur d'hommes de premier ordre, d'affirmer sa vieille réputation de troupe de choc, en emportant d'assaut d'une façon splendide les précieux observatoires à l'est du bois Sénécat, sur un front de 1.000 mètres et une profondeur de 4000 mètres. Après un rapide corps à corps, a infligé à l'ennemi des pertes considérables lui capturant 33 prisonniers, 3 mitrailleuses, a repoussé une contre-attaque et ne s'est laissé relever que cinq jours après, une fois le terrain conquis complètement organisé. »

ORDRE GÉNÉRAL DE LA Ire ARMÉE N° 80, DU 4 AOUT 1918
Le 17e bataillon de chasseurs alpins.
« Bataillon d'élite qui ne cesse de donner des preuves de sa maîtrise dans l'attaque et la manoeuvre. Après le brillant fait d'armes du 14 mai 1918 vient de se signaler à nouveau en exécutant, à partir du 27 juin, sous la conduite de son chef, le commandant MARCHANT, une série d'opérations qui ont définitivement dégagé un bois, brisant dé violentes contre-attaques ennemies, opérations qui se sont terminées magnifiquement le 2 juillet par l'enlèvement en plein jour des deux derniers postes allemands existant encore en vue de la lisière. »

ORDRE GÉNÉRAL DE LA Xe ARMÉE N° 346 DU 1er NOVEMBRE 1918
Le 17° bataillon de chasseurs alpins.
« Superbe bataillon qui, sous les oidres du commandant MARCHANT blessé et resté à son poste de combat, a fait preuve une fois de plus d'une ténacité, d'un mordant remarquable Au cours d'une lutte acharnée contre les meilleures troupes allemandes, a constamment poussé de l'avant entraînant toute une ligne de bataille. A conquis de haute lutte tous les objectifs qui lui étaient assignés. Après six jours de combat ininterrompus, a enlevé, à un ennemi bien décidé à la conserver à tout prix, une position puissamment organisée, s'y est maintenu malgré de nombreuses contre-attaques, infligeant à l'ennemi des pertes considérables. A capturé du 31 août au 8 septembre 1918, 9 canons, près de 100 mitrailleuses, 350 prisonniers.

ORDRE GÉNÉRAL N° 816 DE LA 66e DIVISION, DU 7 JUIN 1918
Le général commandant la 66e division cite à l'ordre de la division :
Le 8e groupe de chasseurs commandé par le lieutenant-colonel LECLÈRE et comprenant :
Le 17e bataillon de chasseurs alpins.
« Héritant d'une situation de fin de combat sur un terrain dépourvu d'organisations défensives, a fourni un effort exceptionnel durant un mois de dur labeur, a culbuté l'ennemi en lui enlevant des observatoires d'une importance capitale. Grâce à un labeur inlassable malgré les fatigues résultant d'une très sérieuse épidémie et en dépit de violents bombardements par obus toxiques, a organisé le terrain conquis et en a fait à la fois un centre de résistance de premier ordre et un tremplin offensif parfaitement outillé. Par une lutte d'usure de tous les instants a pris et conservé l'ascendant sur le Boche, supprimant en lui toute velléité de réaction et lui infligeant des pertes telles que ce dernier a dû être relevé à trois reprises.
« Magnifique faisceau d'énergie, de vaillance et de dévouement. »

ORDRE GÉNÉRAL DE LA 66e DIVISION N° 878, DU 11 SEPTEMBRE 1918
Le 8e groupe de chasseurs comprenant :
Le 17e bataillon de chasseurs alpins.
« S'est affirmé une fois de plus troupe de choc incomparable par son esprit offensif, sa souplesse manoeuvrière, son inlassable ténacité, son .esprit de sacrifice illimité. Engagé le 29 août, sur une partie du front particulièrement résistante, a entamé les lignes ennemies dès le premier choc, a poursuivi ensuite ses succès par un effort ininterrompu de jour et de nuit soutenu pendant douze journées, réalisant une avance de plus de 10 kilomètres à travers une succession d'organisations puissantes énergiquement défendues. »
 


75 morts pour la France natifs du canton de Blâmont ayant appartenu au 17ème B.C.P.
 

Nom Prénoms Lieu de naissance Date de naissance Grade au 17ème BCP Date de décès Motif du décès Lieu du décès
ANTOINE Eugène Léon Fréménil 28 mars 1880 2ème classe 25 octobre 1914 Décédé de maladie contractée en service Hôpital de La Guerche-de-Bretagne (35)
ARNOUX Charles Jules Leintrey 2 octobre 1882 2ème classe 28 août 1914 Décédé de suites de blessures Hôpital mixte de Baccarat (54)
BALLAND Paul Joseph Eugène Emberménil 21 novembre 1886 Sergent 19 septembre 1914 Tué Suippes (51).
BENOIT Jean-Baptiste Hubert Henri Fréménil 5 mai 1885 2ème classe 20 août 1914 Tué Col de Saint-Léon - Walscheid (57)
BERGER René Zéphirin Verdenal 10 mai 1883 1ère classe 10 septembre 1914 Tué Mailly (51)
BERNARD Auguste Alfred Autrepierre 7 novembre 1884 1ère classe 20 août 1914 Tué Col de Saint-Léon - Walscheid (57)
BERNARD Émile Eugène Autrepierre 30 septembre 1884 2ème classe 20 août 1914 Tué Col de Saint-Léon - Walscheid (57)
BERNARD Gustave Blâmont 19 décembre 1881 Caporal 18 mai 1915 Tué Bois de Bouvigny-Boyeffles (62)
BONHOMME Léon Marie Reillon 12 décembre 1881 2ème classe 11 octobre 1914 Tué Aix-Noulette (62)
BOUDOT Joseph Georges Halloville 17 septembre 1883 1ère classe 16 septembre 1914 Tué Vitry-le-François (51)
BREGEARD Aimé Amédée Domjevin 1er octobre 1885 2ème classe 20 août 1914 Tué Col de Saint-Léon - Walscheid (57)
BREGEARD Jules Louis Eugène Domjevin 24 juillet 1890 Sergent 15 mai 1918 Tué Bois Sénécat (80)
BRENON Edmond Auguste Amenoncourt 17 février 1880 2ème classe 20 mars 1915 Tué Notre-Dame de Lorette (62)
CAMAILLE Victor Jean Baptiste Frémonville 19 septembre 1891 Sous-lieutenant 2 septembre 1914 Décédé de suites de blessures Hôpital militaire d'Epinal (88)
CAMAILLE Charles Camille Reillon 28 juin 1884 2ème classe 30 mars 1915 Tué Notre-Dame de Lorette (62)
CAMAILLE Joseph Léopold (Paul ?) Vého 22 août 1886 Clairon 11 décembre 1914 Décédé de suites de blessures Hôpital maritime de Rochefort (17)
CHATON Émile Auguste Domjevin 18 novembre 1880 2ème classe 14 septembre 1914 Tué Suippes (51)
CLASQUIN Henri Marie Camille Verdenal 13 janvier 1893 2ème classe 26 décembre 1914 Tué Aix-Noulette (62)
CLAUDEL Charles Louis Albert Igney 6 mars 1886 2ème classe 10 septembre 1914 Tué Mailly (51)
COLIN Joseph Ancerviller 18 avril 1888 2ème classe 29 octobre 1914 Tué Saint-Pol-sur-Ternoise (62)
COLIN Joseph Émile Ancerviller 21 janvier 1884 Caporal 20 mars 1915 Tué Notre-Dame de Lorette (62)
COLIN Charles Gustave Domèvre-sur-vezouze 18 septembre 1882 2ème classe 19 septembre 1914 Tué Souain (51)
COSTER Félicien Jean Baptiste Barbas 24 mars 1892 2ème classe 13 juin 1915 Tué Notre-Dame de Lorette - Ablain-Saint-Nazaire (62)
COURRIER Georges Joseph Hippolyte Montreux 22 août 1889 Sergent 10 septembre 1914 Tué Camp de Mailly (10)
COURTOIS Léon Alfred Domèvre-sur-vezouze 19 avril 1882 2ème classe 23 août 1914 Tué Abreschwiller (57)
DECORNY Adolphe Jules Domjevin 11 février 1886 2ème classe 30 août 1914 Tué La Chipotte (88)
DENIS Louis Ancerviller 25 février 1893 Caporal à 22 septembre 1914 Tué Suippes-Souain (51)
DEPOUTOT Camille Blâmont 23 mai 1880 (Val et Chatillon, 54) 1ère classe 23 août 1914 Tué Vacqueville (54)
DEVAUX Georges Frémonville 20 novembre 1894 2ème classe 20 décembre 1914 Tué Aix-Noulette (62)
DUCHAMP Marie Victor Eugène Paul Blâmont 27 juillet 1891 Aspirant 3 mars 1915 Tué Bois des Haies (nord-ouest de Badonviller, 54)
FOURMANN Henri Domèvre-sur-vezouze 10 décembre 1888 (Blâmont, 54) Caporal 20 mars 1915 Décédé de suites de blessures de guerre Notre-Dame de Lorette (62)
FRICHEMANN Émile Amenoncourt 28 mai 1887 2ème classe 30 août 1914 Tué La Chipotte (88)
FRIOT Albert Jean Herbéviller 1er juillet 1889 2ème classe 1er octobre 1914 Décédé de suites de blessures 4 kilomètres au nord de Suippes (51)
GADAT Camille Auguste Blâmont 20 décembre 1881 2ème classe 18 mai 1915 Tué Notre-Dame de Lorette (62)
GALLOIS Germain Arsène Leintrey 15 octobre 1892 Caporal 4 juillet 1916 Décédé de suites de blessures Ambulance 5/38 de Ménil-la-Tour (54)
GEOFFROY Charles Antoine Igney 15 septembre 1893 2ème classe 13 avril 1915 Décédé de suites de blessures (septicémie consécutive) Hôpital temporaire 42 de Berck (62)
GERARD Arsène Théophile Adrien Nonhigny 22 février 1884 2ème classe 12 août 1914 Tué Vacqueville (54)
GERBE Charles Julien Fréménil 17 novembre 1884 2ème classe 10 septembre 1914 Tué Vitry-le-François (51)
GONDREXON Auguste Joseph Barbas 28 septembre 1892 Sergent 23 août 1914 Décédé de suites de blessures Vacqueville (54)
GONDREXON Just Victor Barbas 21 février 1880 2ème classe 10 juin 1915 Disparu Notre-Dame de Lorette (62)
GRIVEL Ernest Eugène Marie Gondrexon 4 août 1892 2ème classe 23 août 1914 Décédé de suites de blessures Vacqueville (54)
GUISE Léon Georges Emberménil 15 décembre 1886 Sergent 11 mai 1915 Tué Notre-Dame de Lorette (62)
JACQUOT Eugène Ancerviller 27 février 1891 Trompette 3 septembre 1918 Décédé de suites de blessures Hôpital militaire de Golbey (88)
JACQUOT Joseph Jean Baptiste Ancerviller 12 novembre 1884 Sergent 16 septembre 1914 Tué Vitry-le-François (51)
JOLLAIN Paul Ernest Halloville 21 décembre 1884 (Sommesous, 51) 2ème classe 30 août 1914 Tué Saint-Benoît-la-Chipotte (88)
KNAPP Valentin Verdenal 18 juillet 1881 2ème classe 10 septembre 1914 Tué Vitry-le-François (51)
KNIPILER Georges Aimé Domjevin 1er mars 1889 1ère classe 17 septembre 1914 Tué Camp de Mailly (10)
LALEVEE Maurice Leintrey 18 septembre 1889 2ème classe 20 avril 1915 Tué Ablain (62)
LAMBLE Lucien Théodore Barbas 8 janvier 1888 2ème classe 24 septembre 1914 Tué Suippes (51)
L'HUILLIER Lucien Pierre Joseph Harbouey 22 mars 1883 2ème classe 1er août 1916 Tué Allamps (54)
LOUBETTE Joseph Nicolas Ogéviller 26 novembre 1881 (Vého, 54) 2ème classe 19 septembre 1914 Disparu Souain (51)
LOUVIOT Alfred Ferdinand Barbas 28 février 1888 2ème classe 11 octobre 1915 Décédé de suites de blessures Ambulance 182 Fresnicourt (62)
LOUVIOT Henri Barbas 31 octobre 1889 2ème classe 19 décembre 1914 Tué Notre-Dame de Lorette (62)
MAGRON Félix Jean Baptiste Vého 21 mai 1892 Sergent 6 mai 1917 Décédé de suites de blessures Ambulance 237 de Soissons (02)
MAIRE Jules Joseph Buriville 23 mai 1885 1ère classe 20 mars 1915 Tué Lorette (62)
MAIRE Edmond François Vaucourt 6 octobre 1887 Caporal 20 août 1914 Tué Col de Saint-Léon - Walscheid (57)
MALO Paul Jean Georges Ogéviller 9 août 1885 2ème classe 29 septembre 1914 Tué Saint-Benoît (88)
MANGIN René Auguste Verdenal 17 janvier 1893 2ème classe 12 mai 1915 Tué Notre-Dame de Lorette (62)
MANONVILLER Lucien Charles Camille Domjevin 24 janvier 1885 2ème classe 11 mai 1915 Tué Notre-Dame de Lorette (62)
MARCHAL Charles Bernard Ogéviller 20 août 1882 Clairon 18 décembre 1914 Tué Ablain-Saint-Nazaire (62)
MICHEL Constant Aimé Reillon 8 février 1882 Soldat 13 septembre 1914 Disparu Suippes (51)
MUNIER Edmond Apollinaire Frémonville 23 août 1889 2ème classe 13 janvier 1915 Tué Noulette (62)
MUNIER Joseph Charles François Herbéviller 15 mars 1888 2ème classe 23 juin 1915 Tué Notre-Dame de Lorette (62)
MUNIER Jules Charles Jean François Herbéviller 24 août 1881 2ème classe 30 août 1914 Tué La Chipotte - Étival-Clairefontaine (88)
PAGNY Joseph Victor Domèvre-sur-vezouze 23 octobre 1882 Caporal 19 août 1914 Tué Col de Saint-Léon - Walscheid (57)
PIERRAT Joseph Auguste Igney 27 septembre 1887 Caporal 14 septembre 1914 Tué Suippes (51)
PIERSON Victor François Xousse 17 juillet 1880 2ème classe 15 septembre 1914 Tué Vitry le François (51)
PIQUARD Jules Joseph Vaucourt 2 juin 1888 Sergent 29 janvier 1916 Tué Vimy (62)
POIREL Georges Hubert Domjevin 6 janvier 1887 2ème classe 19 mai 1915 Tué Notre-Dame de Lorette (62)
SAUNIER Joseph Émile Nonhigny 14 février 1886 Caporal 29 octobre 1916 Tué Entre Biaches et la Maisonnette (80)
THIEBAUT Camille Edmond Reillon 23 octobre 1886 1ère classe 20 mars 1915 Disparu Ablain-Saint-Nazaire (62)
TONNELIER Désiré Jean Baptiste Nonhigny 8 décembre 1886 Soldat 31 mars 1917 Décédé de bacillose pulmonaire contractée en service Hôpital Villemin de Nancy (54)
TOUSSAINT Joseph Marie Gondrexon 11 juin 1889 2ème classe 9 juin 1915 Tué Lorette (62)
VOINOT Jules Aimé Saint-martin 19 janvier 1888 1ère classe 10 septembre 1914 Tué Sompuis (51)
VOUAUX Eugène Florentin Gogney 16 avril 1880 2ème classe 12 août 1914 Disparu Saint-Maurice (54)

 

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