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La protection de l'enfant et de l'adulte
Eugène Ory - 1883

Voir aussi Société de Tir de Blâmont



Les Cercles cantonaux.

« Il se fait depuis quelques mois, particulièrement dans les départements de l'Est, qui sont véritablement, à tous les points de vue, l'avant-garde de la patrie, une propagande fort active en faveur d'une idée excellente. Nous voulons parler de la création dès cercles cantonaux; destinés à grouper dans chaque canton toutes les bonnes volontés, toutes les ressources, tous les dévouements pour entreprendre et développer les oeuvres d'éducation physique et morale, d'intérêt patriotique et de progrès social qui seraient jugées Utiles et possibles;
« Cette idée est partie, si nous ne nous trompons, de Lunéville, Où existe et fonctionne déjà un cercle cantonal de cette nature...
« Que doivent être ces cercles et de quelles oeuvres doivent-ils s'occuper ? Les statuts de celui de Lunéville, approuvés par le congrès de la Ligue de l'enseignement, expliquent avec précision ces deux points. Supposons un canton, offrant des ressources suffisantes. Les citoyens décidés à travailler à l'oeuvre d'éducation nationale sous une forme ou sous une autre, se réunissent, font choix d'un local qui leur sert de lieu de réunion, de salle de bibliothèque et de lecture. Ils examinent ensuite ce que les conditions et les besoins de leur canton leur permettent ou leur conseillent d'entreprendre ; société de gymnastique, bataillon scolaire, bataillon d'adultes, promenades militaires, fêtes de la jeunesse, musées cantonaux, jardins d'expériences agricoles et horticoles, orphéons, fanfares, sociétés de secours mutuels, bibliothèque roulante entre les communes, série de conférences données au chef-lieu. Le champ est vaste : nul n'est tenu de l'embrasser tout entier; il suffit de faire quelque chose de patriotique et de
bienfaisant.
« Nous ne voulons pas entrer ici dans les détails pratiques d'organisation de ces cercles. Cette organisation variera nécessairement avec les localités...
« Les promoteurs de l'idée ont très sagement fait appel sans distinction à tous les hommes de bonne volonté. Il est entendu qu'on ne doit laisser pénétrer dans l'institution nouvelle ni l'intérêt politique, ni les discussions religieuses. Ces prescriptions sont faciles à mettre sur le papier, mais chacun sait qu'il en va autrement dans la politique. La lutte politico-religieuse a été si violente, qu'elle a eu son contre-coup et produit ses effets de division intestine jusque dans le moindre village. Partout les citoyens forment deux camps hostiles, si bien que tout ce qui part de l'un est suspect aux regards. de l'autre.
« C'est cette division que les cercles dont nous parlons devraient avant tout se donner la mission de combattre. Faire renaître la confiance réciproque, rétablir la paix, en se montrant tolérant, large, ouvert à toute pensée généreuse, on évitant tout conflit à force de patience et de patriotisme élevé, c'est une oeuvre digne de tout hommage, mais aussi d'une extrême difficulté. Il ne faut pas oublier que la vraie, l'utile propagande à faire dans ce pays, c'est aujourd'hui la propagande de la solidarité et de la tolérance. La lutte violente a donné aux partis tout ce qu'elle pouvait leur donner. La victoire finale restera désormais à celui qui saura se montrer le plus compréhensif et le plus soucieux des intérêts du plus grand nombre. Il faut que l'oeuvre entreprise reste une oeuvre d'utilité générale et ne devienne pas l'instrument d'un parti; que ceux qui l'ont conçue la maintiennent soigneusement à la hauteur première où ils l'ont placée; qu'ils se défient des concours intéressés et des succès faciles, toujours plus apparents que réels. Sans doute, les cercles en question ne pourront manquer d'avoir une couleur politique; les adversaires suffiraient à la leur donner; mais qu'ils se gardent de devenir des coteries politiques, qu'ils restent des cercles d'éducation physique et morale ; en faisant peu de bruit, ils feront beaucoup de bien...
Un cercle de ce genre est en voie de formation à Blâmont, chef-lieu de canton de l'arrondissement de Lunéville.
Je n'aurais rien à ajouter aux appréciations d'un organe, dont l'autorité est acceptée partout, si je ne voulais, par esprit d'équité, rétablir ce que je crois être la vérité.
Cette idée, qui a été appliquée par la ville de Lunéville, la première en France, est due, sauf erreur, à l'infatigable M. Groult, avocat à Lizieux, qui a le premier fondé des musées cantonaux, organisé des fêtes de l'enfance qui s'imposent à l'attention des municipalités désireuses d'organiser de belles fêtes patriotiques, au 14 Juillet, avec la participation des enfants; en un mot, s'est fait le promoteur d'oeuvres frappées au coin du libéralisme le plus élevé et du patriotisme le plus ardent.
Suum cuique !... à chacun le sien.
La part de mes amis de Lunéville est assez belle pour que cette petite rectification soit ratifiée, même par eux, surtout par eux, si elle est fondée, comme je le crois.

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