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Presse - L'Espérance, courrier de Nancy - 1851-1860
 


17 janvier 1851
Un sieur Thomas, âgé de 72 ans, demeurant à Frémonville, a quitté Blâmont, le samedi 11 janvier, à cinq heures et demie du soir, ivre et pouvant à peine se soutenir. Pour gagner du chemin, au lieu de prendre la route, il suivit un sentier très-resserré entre le canal du moulin de Blâmont et les murs des jardins ; mais l’ivresse devait lui être fatale, car depuis ce jour il ne reparut plus en son domicile, et son cadavre a été retiré du canal mardi dernier.

14 avril 1851
On nous écrit de Blâmont, 6 avril : Hier, entre dix et onze heures du soir, un incendie a éclaté à la Petite-Domêvre, canton de Blâmont, et a réduit en cendres un petit groupe d’habitations appartenant à huit propriétaires. Ce sinistre est désastreux, parce qu’il frappe de malheureux ouvriers et les ruine. Trois d'entre eux sont assurés. Le mobilier a été en grande partie sauvé, mais détérioré. Une pauvre veuve sourde et infirme, aurait été brûlée dans son lit sans l’assistance qui lui a été donnée par ses voisins. Les secours organisés par le maire, secondé par les habitants, ont préservé les maisons voisines. Les pompiers de Verdenal se sont empressés de venir en aide à leurs voisins ; ceux de Blâmont, selon leur habitude, sont aussi accourus, mais à leur arrivée, on était maître du feu. Tout le monde a fait son devoir, et aucun accident n’est venu se joindre à ce sinistre dont les causes inconnues ne sont point attribuées à la malveillance.

15 avril 1851
L'incendie qui a éclaté, comme on sait, le 5 avril, à la Petite-Domêvre, écart de Domêvre, canton de Blâmont, a réduit en cendres 8 petites maisons dont deux seulement étaient assurées. Ce sinistre auquel la malveillance est étrangère, a causé une perte de 7,755 fr.

29 mai 1851
Vendredi soir, 22 de ce mois, Laurent Cerf, journalier à Tanconville, était monté sur une voiture d’écorce, se rendant de Blâmont à Frémonville ; un coup de vent emporta sa casquette, et faisant un mouvement pour la saisir, il perdit l’équilibre et tomba sur la tête. Transporté à l’hospice de Blâmont, il y mourut dans la soirée. Cerf était marié et père de sept enfants.

Dimanche dernier, Emélie Bastien, âgée de 5 ans était montée sur un tas de planches placé dans une des rues de Blâmont. Insouciante et sans crainte, elle courait d’une planche à l’autre sans prévoir le danger, lorsque le tas s’écroule et frappe à la tête la malheureuse enfant, qui mourut après quelques minutes d’agonie.

24 juin 1851
Montreux, près Blâmont, 21 juin 1851.
Monsieur le Rédacteur,
La mort vient encore d’enlever un des vieux braves de la grande armée, dont, chaque jour hélas ! les rangs s’éclaircis sent si rapidement. Après quelques jours de maladie, notre digne compatriote, M. Berce, ancien officier d’infanterie, s’est endormi dans le Seigneur à l’âge de 74 ans. Sa mort a été digne de sa vie, je veux dire des plus chrétiennes. Arrivé au moment suprême, il a demandé et a reçu les secours de la religion avec la plus touchante piété.
Ses états de service sont des plus honorables. Entré au 42e de ligne en 1800, Berce (Pierre) a suivi le glorieux itinéraire de son régiment, qui porta successivement son drapeau sur les bords du Rhin, en Helvétie, en Italie, etc. ; nommé sergent en 1808, il passa en Espagne, où il reçut un coup de feu au bras gauche. En 1813, il fut nommé sous-lieutenant et lieutenant à quelques jours d’intervalle. Il fit cette célèbre campagne sous les ordres du général Oudinot : le 21 mai, à la bataille de Bautzen, un nouveau coup de feu vint comme mettre le sceau au brevet de notre nouvel officier. Bloqué enfin dans la place de Torgau et prisonnier de guerre le 10 janvier 1814, il put revenir en France le 15 août suivant.
Rentré dans ses foyers en 1815, M. Berce y jouit, à juste titre, de l’estime et de la confiance des habitants qui, après l’avoir choisi pour chef de la garde nationale, le nommèrent administrateur de la commune ; fonctions que cet homme de bien et regretté de tous, a exercées à l’unanime satisfaction de la commune, jusqu’au moment où son âge et ses infirmités l’avertirent qu’il était temps de prendre quelque repos.
Agréez, etc.
Le maire de Montreux, N. Gigoux.

12 juillet 1851
Mlle Comte est décédée à Blâmont le 3 juillet. Par son testament elle lègue : 1° à M. le curé, sa maison d’une valeur de 12,000 fr, pour prix en être employé à la reconstruction de l’église qui menace de tomber en ruines ; 2° à l’hospice, une valeur d’environ 70,000 fr., tant en meubles qu’en immeubles. Ce dernier legs est d’une grande importance pour cet établissement, dont le revenu jusqu’alors n’excédait pas 5,600 fr.
Cet acte de bienfaisance a été accueilli avec reconnaissance par la population, qui conservera la mémoire de cette bienfaitrice et perpétuera son nom, je l’espère, par un signe extérieur.
Mlle Comte fut généreuse, non point seulement en mourant, mais aussi pendant toute sa vie : elle vivait de peu, tout son surplus était destiné à des actes de piété et au soulagement des pauvres. Cette belle âme trouvera sa récompense au ciel. (Journal de la Meurthe.)

18 juillet 1851
On nous écrit de Blâmont, 14 juillet :
Dans la nuit du 13 au 14, un étranger, habitant du duché Bade mis en prison sous prévention de vol, s’est pendu dans son cachot. Il attacha un petit cordeau au verrou de la porte et fut obligé de se coucher sur le dos pour consommer le suicide.
Ce voleur s’était introduit par escalade dans le domicile de M. le curé de Gogney, pendant la messe du dimanche 13 courant. En explorant les lieux pour faire main basse sur les objets qu’il convoitait, il entra dans la chambre de la servante qui était au lit et malade. Cette entrevue forcée fut pénible, et le lecteur devinera facilement l’effroi de la pauvre malade: quant au voleur, il s’esquiva et gagna la campagne. Mais cette fois encore il joua de malheur, car il était à peine sorti de la chambre que la malade surmontant sa crainte se traîna près de la croisée qu’elle eut la force d’ouvrir, et d’une voix éteinte cria au voleur. Une femme qui passait entendit ses cris et s'empressa d’avertir les fidèles. Aussitôt l’église fut déserte et une vingtaine d’hommes se mirent à la poursuite du voleur qui fuyait à toutes jambes et pensa échapper en se blottissant dans une haie très-épaisse. Mais il ne put tromper longtemps l’œil vigilant des poursuivants qui se saisirent du fugitif et le livrèrent à la gendarmerie qui le mit sous les verrous.

1er septembre 1851
M. l’abbé Bongard, ancien vicaire de Blâmont, est décédé à Saint Firmin, à l’âge de 28 ans, le 28 août dernier.

28 octobre 1851
On écrit de Blâmont, le 17, à l 'Impartial :
Hier a éclaté à Autrepierre un terrible incendie, qui a dévoré trois maisons appartenant aux sieurs Vincent, Joseph et Collot. Le dévoüment des pompiers de Blâmont et des communes voisines, accourus sur les lieux avec le plus louable empressement, est digne des plus grands éloges. La perte totale est évaluée a environ 8,000 fr., qui sera couverte par la compagnie d’assurance l’Aigle.

31 octobre 1851
Blâmont, le 28 octobre 1851.
Monsieur le Rédacteur,
A deux kilométrés de Domjevin, dans un lieu appelé la Bonne-Fontaine, où de temps immémorial la sainte Vierge est invoquée, les bons habitants de ce village viennent d’ériger en l'honneur de l’auguste Mère de Dieu, une élégante chapelle dans le style ogival. Il serait difficile de décrire le zèle et l’empressement qu’ils ont apportés à la construction de ce charmant petit édifice, dont les grâces font honneur à l’habile ouvrier qui en a conçu et exécuté le plan. Quatre vitraux sortis des ateliers de M. Rive, peintre sur verre à Nancy contribuent puissamment à en rehausser l’élégance.
Aujourd’hui, 28 octobre, par le temps le plus et le plus inespéré, M. Delalle, vicaire-général en a fait la bénédiction sous le vocable de Notre-Dame de la Croix. Qu’il était beau de voir le monde accourir de toutes les paroisses environnantes et même de localités assez éloignées ! Quelle était imposante cette procession, dont le silence religieux n’était interrompu que par des cantiques à Marie dont l’étendue représentait si bien ces grandes et belles processions inspirées par l’antique foi du moyen âge. Il y avait environ quatre mille personnes, groupées autour de la chapelle. M. le vicaire général, avant de célébrer l’office divin dans ce nouvel oratoire qu’il venait de bénir, a adressé à son nombreux auditoire une éloquente et pathétique allocution qui a attendri bien des cœurs.
Tous les prêtres, qui assistaient à cette pieuse et touchante cérémonie, ont vu dans ce concours extraordinaire un témoignage bien consolant de l’esprit de foi qui règne encore chez les bons habitants des campagnes. Recevez, etc. Un de vos abonnés.

26 janvier 1852
Un incendie a éclaté à Amenoncourt, canton de Blâmont, dans la maison d’un cultivateur, qui a été entièrement consumée. Une partie du mobilier et les bestiaux furent sauvés. La cause de cet incendie est inconnue, mais ne paraît pas devoir être attribuer à la malveillance. Les pertes seront couvertes par la compagnie d’assurance.

5 juin 1852
On nous écrit de Vic : Dimanche 30 mai, jour de la fête de la Pentecôte, une messe en musique, composée par M. Charles Marteau, de Vic, aujourd’hui professeur de musique au collège de Blâmont, a été exécutée dans l’église de Vie, sous la direction de M. l’abbé Ferry, par plus de 40 chanteurs, chanteuses et instrumentistes, qui tous ont fait preuve de talent. Nous nous sommes cru transportés à l’une de ces belles solennités qui se célèbrent dans nos cathédrales. Tout en rendant hommage à M. Ferry pour la bonne direction qu’il a su donner à celte charmante composition, ainsi qu’à ses coexécutants pour leur parfaite exécution, nous avons pu éprouver la plus agréable sensation en jouissant du beau talent de notre jeune compatriote, élève des premiers professeurs du Conservatoire, talent d’autant plus appréciable que notre jeu d’orgue est en ce moment dans le plus piteux état qu’il soit possible ; aussi nombre d’assistants ont cru ce jour là à sa restauration, tandis qu’elle n’est encore que projetée. Honneur donc et courage à ce jeune virtuose devant lequel s’ouvre une belle carrière. Agréez, etc.

1er octobre 1853
Le 28, un incendie terrible a éclaté à Chazelles, canton de Blâmont ; trois maisons et sept ménages ont été la proie des flammes. Les efforts courageux des pompiers, qui desservaient sept pompes venues des environs, ont arrêté les désastres autant qu’il a été possible.

19 octobre 1853
Blâmont, le 17 octobre 1853.
Monsieur le Rédacteur,
Je vous prie d’insérer dans un prochain numéro de votre aimable journal les quelques lignes suivantes : Dimanche dernier, 16 octobre, la ville de Blâmont était en réjouissance, à l’occasion de la bénédiction de la première pierre de sa nouvelle église. M. l’abbé Mengin, chanoine honoraire, curé de la paroisse, assisté d’un nombreux clergé, a fait cette bénédiction au milieu d’un grand concours de fidèles. Précédées de la musique de la ville qui faisait retentir de joyeuses fanfares, les autorités locales l’ont accompagné professionnellement.
M. Mathis de Grandseille, chevalier de la Légion-d’Honneur, maire de la ville, a lu publiquement une inscription gravée sur acier et destinée à être scellée dans la pierre angulaire avec des pièces de monnaie de l’année, afin de rappeler à la postérité la date de la nouvelle église, érigée à la gloire de Dieu sous le vocable de saint Maurice et servir de notice historique à l’ancienne, bâtie en 1382 par Henri III, comte de Blâmont, et Valburge de Fénétrange, son épouse. Cette vieille église, dévastée par les Suédois, était restée 30 ans découverte; et durant ce long espace le culte se célébrait dans une autre église, ruinée depuis par la révolution. Elle fut enfin restaurée ; mais elle ne put se relever complètement de la ruine, qu’un coup de foudre, éclaté en 1843, rendit encore plus imminente. De notables ravages, opérés depuis lors dans le corps de l’édifice, en ont déterminé l’interdit en 1851.
Les plans d’une nouvelle église ont été confiés à MM. Vautrin et Laurent, architectes à Nancy, et MM. Pierre et Jacob Mensburger, entrepreneurs, en ont commencé l’exécution.
Les noms des bienfaiteurs et des souscripteurs en faveur de ce nouvel édifice ont été honorablement rappelés dans une pièce de vers et dans un discours plein de nobles et pieux sentiments, prononcé par M. le curé.
Toutes les autorités religieuses et civiles ont été successivement admises à donner le coup de truelle et de marteau, en usage dans ces cérémonies. La nouvelle église, grâce à l’ordre et à l’activité des entrepreneurs, devra être terminée dans moins de deux ans, à la satisfaction des vifs désirs de la population.
J'ai l’honneur d’être, Monsieur le Rédacteur, avec respect et reconnaissance, votre tout dévoué serviteur.
Un de vos abonnés,
Marsal, chan.-hon., principal à Blâmont.

24 février 1854
Le 18, les gendarmes de la brigade de Blâmont, ayant été informés qu’un homme gisait sur le chemin d’Autrepierre, y accoururent en toute hâte, et trouvèrent dans la neige un malheureux qui donnait à peine, quelques signes de vie. C’était un nommé Chatel, âgé de 77 ans, manœuvre à Vého. Les gendarmes le firent immédiatement transporter à son domicile, où il expira au bout d'une demi-heure.

5 juillet 1855
On nous écrit de Blâmont, le 3 juillet ;
Dimanche 1er juillet, à cinq heures du soir, la ville de Blâmont a inauguré la statue colossale de saint Maurice, son patron, placé comme protecteur sur le pignon entre les deux tours de la nouvelle église, qui s’achève avec des proportions et sous des formes très-élégantes.
Cette statue, due à l’habile ciseau de M. Giorné Viard, est riche d’expression et présente une attitude très-majestueuse: l’artiste a parfaitement rendu cette circonstance, où le chef de la légion thébaine dépose sa lance pour faire à Dieu le sacrifice de sa vie, plutôt que de sacrifier aux idoles. M. l’abbé Mengin, curé de la paroisse, a commencé la cérémonie par une allocution courte mais appropriée a la solennité ; puis, en présence de tous les habitants et de nombreux étrangers accourus sur la place de l’Eglise, il bénit celte énorme statue, haute de 3 mètres 15 centimètres, sculptée d’un seul bloc, et pesant plus de 5,000 kilogrammes.
La belle compagnie de pompiers était sous les armes. La musique a exécuté des jolies fanfares, pendant que la statue s’élevait. Aussitôt qu’elle est arrivée, à plus de vingt mètres, sur son piédestal, orné des armoiries des comtes de Blâmont, la grosse cloche, baptisée du nom de Maurice, a salué son patron, en faisant entendre seule son bourdon, jusqu’à ce que les deux autres y sont venues mêler leur harmonie. Une charmante couronne a été suspendue au dessus de la tête du saint ; et une illumination, en forme d’auréole, a très-heureusement terminé la fête. Une quête a été faite en faveur des ouvriers, qui a produit 124 fr. 80 c.

11 juillet 1855
Un médecin s’il vous plaît. Sous ce titre on nous écrit de Blâmont :
Vous avez bien voulu insérer dernièrement une note au sujet de la nécessité d’un second docteur en médecine pour notre canton : permettez-moi d’insister sur quelques détails. Pour la seule commune de Blâmont, il y a une liste officielle de deux cent quatre-vingt-huit ménages ayant droit à la visite gratuite des médecins cantonaux. Jugez de la possibilité de faire administrer les secours nécessaires dans un moment d’épidémie ou d’influence épidémique, à un canton composé de trente et une communes, par un seul docteur en médecine, auquel est ajouté comme deuxième médecin cantonal un officier de santé. Or, on sait qu’un officier de santé ne peut seul agir comme un médecin complet ; quand il aurait le même talent, il n'a pas le même droit.
L’unique docteur en médecine de notre canton appartenant à la religion juive a contre lui, malgré son zèle égal pour tous, les préventions de certaines personnes ; on ne peut pas plus nier cela ni l’empêcher qu’on n’empêcherait certains juifs d’être en méfiance contre les catholiques. D’autres ne se soucient que tout juste-de confier leur vie à un officier de santé, quoiqu’un bon officier de santé vaille souvent autant et plus qu’un médecin en titre. Enfin il est certain qu’il y a un vide a combler, vide considérable, et voici un fait à l’appui de mon assertion : depuis trois mois ont été appelés à Blâmont trois médecins de Lunéville et un de Nancy : de plus, on a fait plusieurs fois le voyage de Strasbourg pour consulter entre autres M. Aronsohn. Et s’il ne nous arrive prochainement quelque homme expérimenté, la place, trop bonne pour être longtemps vacante, sera prise par des jeunes gens. Avis au lecteur.
J. Régnier.

6 mars 1857
On nous écrit de Blâmont, le 2 février :
Dimanche dernier, immédiatement après la grand'messe exécutée en musique par un chœur d’amateurs, a eu lieu l’inauguration d’un fort bel orgue, sorti des ateliers de MM. Verschneider, de Puttelange. Il est composé de 24 jeux parfaitement harmonisés entr’eux et en rapport de puissance avec l’édifice religieux auquel il est destiné. Seulement l’on a cru devoir conserver le buffet de l’ancien orgue, à cause de ses magnifiques sculptures, qui, sans être du style ogival comme l’église, concordent si bien avec celles de la chaire et des confessionnaux, précieux objets d’art dus à l’inspiration et au ciseau de ces artistes religieux qui ont laissé dans nos basiliques et les monastères que le marteau révolutionnaire a respectés, de si merveilleux monuments de leur talent.
Dès la veille, la tribune et le buffet de l’orgue avaient été artistement décorés de guirlandes en draperie, retombant en festons parsemés de fleurs artificielles. M. l’abbé Mengin, curé de la paroisse, a commencé la cérémonie par une éloquente allocution, tout-à-fait de circonstance. Puis, pendant le chant du Laudate Dominum in sanctis ejus, qui rappelle les instruments dont le roi-prophète accompagnait ses psaumes, alterné par les couplets d’un cantique composé par M. le curé et mis en musique par M. Haumesser, organiste de la paroisse, s’est organisée, dans l’intérieur de l’église, une procession composée de trente jeunes filles, habillées de blanc, portant les unes des bouquets et des couronnes, et les autres des lyres, des guitares et des harpes ; de vingt-quatre enfants de chœur, élégamment costumés, tenant aussi dans les mains des insignes appropriés à l’objet de la cérémonie ; et des nombreux ecclésiastiques de la paroisse, revêtus des plus riches ornements. Arrivées devant l’instrument religieux, trois jeunes filles se sont retournées vers le célébrant et lui ont présenté à bénir, l’une un énorme bouquet et les deux autres chacune une couronne pour être, le bouquet placé en avant du positif, et les deux couronnes suspendues aux instruments des deux anges musiciens qui couronnent le buffet. La cérémonie, s’est terminée par la bénédiction du Saint-Sacrement, pendant laquelle l’organiste, jeune artiste habile et distingué, a fait ressortir avec talent toute la puissance et toute l'harmonie de son nouvel instrument.
La quête au profit de l’orgue a été faite par Mme Gorius-Mézière, conduite par M. Mathis de Grandseille, maire de la ville, et a produit 282 fr. 40 c.
Déjà quelques semaines auparavant, un concert organisé et dirigé par l’excellent organiste de la paroisse, secondé par quelques artistes de Baccarat et de Réchicourt-le-Château, et beaucoup d’amateurs de la localité, avait réalisé au profit de la même œuvre une somme de 345 fr. Par ce moyen et par le zèle de quelques demoiselles dévouées qui ont spontanément établi une œuvre de l'harmonie, les dépenses de l’orgue, qui se montent à 6,800 fr., sans le buffet, sont à moitié couvertes. Pour compléter l’ameublement rigoureusement nécessaire de la belle église de Blâmont, il ne manque plus qu'un maître autel gothique. Nul doute que quelques personnes, désireuses de procurer la gloire du Seigneur, n’avisent à un si agréable sacrifice.

6 décembre 1858
M. Charles Marteaux, de Vic, précédemment maître de musique au collège de Blâmont, puis au collège de Vic, et en dernier lieu à l’Institution des Jeunes-Aveugles, de Nancy, vient d’être nommé, au concours, organiste de la paroisse Saint-Louis-d’Antin, à Paris.

27 avril 1859
Sur la demande de Monseigneur l’Evêque de Nancy et de Toul, S. M. l’Impératrice a bien voulu accorder à l’église de Blâmont une fort belle chappe en drap d’or, relevée par une élégante broderie.

26 juin 1859
M. le maire de Xousse nous prie d’insérer la note suivante : Catherine-Agnès Didier, aliénée, fille de Laurent Didier, cultivateur à Vaucourt, canton de Blâmont (Meurthe), a quitté le domicile paternel le 5 de ce mois. Toutes les recherches faites jusqu’alors pour la découvrir ont été infructueuses.
Signalement : Agée de 43 ans, taille moyenne, ayant une épaule plus haute que l’autre, cheveux châtains. Vêlements : Cornette blanche brodée, mouchoir de cou de perse, camisole d'indienne, fond blanc parsemé de Heurs grisâtres, jupon en laine et colon, rayé rouge et bleu, tablier de tisserand, bleu et demi-bleu. Prière aux personnes qui la rencontreront, d’en donner avis à ses parents.

19 août 1860
La distribution des prix du collège de Blâmont a eu lieu, jeudi dernier, sous la présidence de M. l’abbe Gérard, vicaire-général du diocèse. Les autorités de la ville, un nombreux concours d’ecclésiastiques témoignaient de leur sympathie pour ce nouvel établissement diocésain appelé à recueillir les heureux fruits du zèle et du désintéressement de l’honorable M. Marsal. Le digne supérieur a ouvert la solennité par un discours sur l'éducation.
Il a montré la nécessité et les avantages de l’éducation au triple point de vue du corps, de l’intelligence et du cœur ; il a fait comprendre combien il importe a l’élève d’apporter dans son éducation classique une correspondance active et généreuse au travail dévoué et affectueux de son maître, il a montré qu’au sortir du collège, il y a encore pour l’humanité une éducation dernière et sans terme : la grande école de la vie. C’est cette éducation qui donne une trempe décisive à l’esprit et au cœur, et qui mesure la force de résistance et de conquête de toute nature d’homme.
Après ce discours, vivement applaudi, les élèves ont parfaitement exécuté une des belles et joyeuses cantates de M. l’abbé Ferry ; l’habile artiste avait bien voulu diriger lui-même l’exécution de cette cantate, qui a été suivie des plus chaleureux applaudissements.
Pendant la distribution des prix, la musique du collège a fait entendre de joyeuses harmonies exécutées par les élèves eux mêmes.
En priant Monseigneur de vouloir bien accepter la haute direction de son établissement, la municipalité de la ville de Blâmont a fait un acte de cœur et de haute intelligence ; aussi le collège Saint-Louis de Gonzague est il devenu trop étroit pour recevoir les nombreux élèves qui se sont présentés de toutes parts.
C’est que sous l’habile direction du digne supérieur et de ses dévoués collaborateurs, l’esprit de famille a poussé de profondes racines au collège de Blâmont. L’élève retrouve dans ses maîtres l'autorité du père et l’affection de la mère ; aussi les larmes provoquées par la séparation de la famille se sèchent-elles bientôt, et l'enfant se met au travail avec courage et bonheur.
 

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