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Presse - L'Espérance, courrier de Nancy - 1841-1850
 


29 mai 1841
On nous adresse de curieux détails relativement à un orage qui a éclaté sur la ville de Blâmont dans la nuit du 23 au 24 de ce mois.
Blâmont, le 24 mai 1841
Monsieur le Rédacteur,
En arrivant sur les hauteurs qui avoisinent Blâmont, le voyageur contemplait avec étonnement la flèche de l’église paroissiale et cherchait à comprendre le mécanisme qui la tenait arrêtée dans les airs. D’abord, il voyait une tour massive, dont l’épaisse maçonnerie avait résisté à l’incendie allumé par les Suédois, dans les guerres du 17 e siècle ; puis, s’élançait, à une grande hauteur, le toit pyramidal qui, par l’effet de la tempête ou par le poids des âges, s’était contourné sur lui-même en forme de spirale allongée. Inclinée, en avant et en arrière, cette aiguille de forme étrange, conservait, malgré les vents, son menaçant équilibre, et elle offrait un symbole assez fidèle de la foi religieuse du peuple qui s’agite partout à son ombre : le tonnerre vient d’en faire justice. Dans la nuit du dimanche au lundi, vers dix heures, un orage terrible grondait sur les sommités des Vosges; bientôt il se détache, et s’avance avec un fracas effroyable vers le territoire de Blâmont ; tout-à-coup une épouvantable détonation se fait entendre, la terre tremble, on attend avec anxiété. C'était la foudre qui tombait sur le clocher de la ville et qui venait y produire les ravages les plus tristes et les plus curieux. Permettez-moi de les retracer, en quelques lignes, à vos bienveillants lecteurs; ces détails me paraissent dignes de fixer l’attention de nos savants. On est généralement persuadé, monsieur le Rédacteur, que le fer est un conducteur assuré du fluide électrique : cependant les traces laissées par le tonnerre dans la tour de Blâmont, semblent contredire une opinion établie d’ailleurs sur des expériences nombreuses. La croix de fer qui surmonte le clocher n’a pas été atteinte; elle se trouve maintenant appuyée sur un faisceau de bois déchiqueté et percé à jour; à partir de cette croix, jusqu’à la distance d’un mètre, en descendant, tous les bardeaux sont enlevés et dispersés; plus bas, une immense quantité de ces menues planches sont arrachées çà et là. Sur le pourtour de la flèche, et particulièrement sur le côté qui regarde l’Orient : le toit est découvert et criblé comme par les décharges de l’artillerie; les débris ont volé dans toutes les directions et cependant les poutres qui se dressent jusqu’au sommet n’ont presque pas souffert. Arrivée à l’horloge, dont les rouages sont de fer, la foudre n’y a rien dérangé, mais le cadran qui est en bois peint, conserve des traces visibles de son passage : les chiffres 9, 10, et la moitié d'onze, sont complètement effacés ; ce sont précisément les heures pendant lesquelles le tonnerre grondait dans la contrée; elles sont couvertes d’une large teinte noire. De là, descendant jusqu’au bas de la tour, sans s’arrêter à aucune parcelle de fer, le fluide a lézardé le mur en plusieurs endroits, a fendu des pierres énormes, et, négligeant les ornements de métal qui décorent les fonts baptismaux, il a séparé et défoncé le couronnement solide qui leur sert de base ; alors, s’échappant à travers une fenêtre dont les vitraux ont été brisés, il a disjoint quelques portions de muraille, jeté des fleurs artificielles hors d’une armoire qui avait été fermée, et n’a aucunement endommagé les énormes barreaux qui protègent la croisée. Les curieux arrivent en foule pour observer les prodigieux effets du tonnerre qui a sillonné partout, cette vieille tour sans y mettre le feu. Comment se fait-il que ce terrible météore ait épargné le fer (1), et qu’il ne l’ait touché nulle part, tandis qu’il était acharné sur le bois et sur la pierre ? Cette question mérite d’être examinée pour une juste appréciation des phénomènes électriques. Aujourd’hui, on démolit ce que la foudre n’a point abattu; on va, dit-on, coiffer le pauvre clocher d’un humble toit à deux pentes égales, qui ne ressemblera pas mal à un colombier juché sur une église gothique. Nous espérons quelque chose de mieux de la science architecturale des habitants de Blâmont.

(1) Le phénomène signalé par l’auteur de la lettre provient précisément de ce que le fer et autres métaux conducteurs ont la propriété d’être parcourus par le fluide électrique sans donner lieu à explosion, et que les corps non conducteurs, au contraire, offrent une résistance qui détermine à leur surface les altérations et les déchirures qu’on y observe, lorsqu’ils sont atteints de la foudre. N. du R.


8 juin 1841

Une lettre que nous avons insérée dernièrement dans notre feuille, a fait connaître à nos lecteurs les funestes résultats de l’orage qui avait éclaté sur la ville de Blâmont, et détruit une partie du clocher gothique de l'église paroissiale de cette ville. Ce qu’il y a de plus triste, c’est que les hommes vont venir en aide avec leur propre force destructive, aux désastres déjà causés par la foudre. En effet, l’on prétend qu’on se dispose à détruire ce que le tonnerre n’a point abattu, et qu’au lieu de reconstruire l'élégante flèche qui s'élançait dans les airs d’une manière si pittoresque, on parle de substituer un toit à deux pentes. Nous aimons à douter encore, de la réalité de ce projet; du moins, pour notre part, nous protesterions contre son exécution. Nous savons que trop souvent il est arrivé qu’on remplaçât par d’ignobles toitures à deux pans coupés, les flèches gothiques qu’il n’eût guère coûté davantage de réparer, et que l’on ne se fait pas scrupule d’agir de la sorte quand surtout l’on a affaire aux églises de petites villes ou d’humbles villages. S’imaginerait-on que personne ne daignera prendre la défense de l’art aussi longtemps qu’il ne sera outragé que dans temples villageois ? On le dirait en vérité, car c’est aux grandes villes qu’on applique la totalité des allocations votées par les chambres, pour la restauration des monuments, et l’on s’occupe peu des autres constructions si intéressantes qui embellissent ça et là nos campagnes, et dont la disparition priverait nos paysages de leur plus belle richesse.
En fait de restauration monumentale, l’étendue de la population des villes ne devraient avoir aucune influence sur les décisions prises par le conseil des bâtiments civils : la question d’art doit passer avant tout. Espérant qu’on n’a pas pris irrévocablement le parti d'employer tous les fonds disponibles, sans y faire participer ceux de nos monuments ruraux qui en sont dignes, nous avons cru opportun de publier les réflexions qui précèdent, et nous les présentons à nos lecteurs avec d’autant plus de confiance, que nous pouvons citer à leur appui l’opinion de M. le comte de Montalembert, qui, dans son livre intitulé, du Vandalisme et du Catholicisme dans l’art, plaide avec une éloquence chaleureuse et des formes si originales et si incisives, la cause des monuments, qu'il appelle, avec raison, les sublimes débris de notre passé.
« Ce n’est pas au clergé, dit-il, c’est au conseil des bâtiments civils, siégeant à Paris, qu’il faut attribuer et reprocher l’odieux système que l’on suit partout à l’encontre des clochers d’églises rurales. Il est à peu près reconnu par tout le monde que les flèches gothiques, ou en pointe, sont le plus bel ornement des horizons de nos campagnes. Mais malheur à celle qui exige des réparations. Fût-elle la plus antique, la plus noble, la plus gracieuse du monde, point de pitié. Dès qu’on y touche, il faut la remplacer par deux pans coupés, ou par une sorte de calotte ou chaudière. C’est la règle prescrite par le conseil des bâtiments, qui ne souffre pas qu’on s’en écarte, quand même a on aurait tout l’argent nécessaire pour payer quelque chose de mieux. La ville de Charmes, dans les Vosges, avait près de cent mille francs de fonds municipaux disponibles, pour une réparation de cette nature : on ne l’en a pas moins forcée à remplacer, par un capuchon en forme de marmite renversée, la flèche élégante et fière, qui de trois lieues à la ronde ornait le paysage. On pourrait citer une foule d’autres exemples de ce genre. Le résultat général de cette sorte de progrès consiste à abaisser partout les croix de village de trente à quarante pieds. Belle victoire pour la civilisation ! » J. G.

14 décembre 1841
Le 5 de ce mois, M. Dubois, demeurant à Blâmont, a fait chauffer, au plus haut degré, du son qu’il a mis dans un sac et qu’il a ensuite appliqué sur la croupe d’un de ses chevaux qui était malade. Pendant la nuit le sac et le son ont pris flamme et comme l’écurie était fermée de manière que la fumée ne pouvait en sortir ni l’air extérieur y entrer, trois chevaux quatre vaches et toutes les volailles qui se trouvaient dans l’écurie ont été asphyxiés. On ne s’est aperçu de ce désastre que le 6 au matin. Le feu a atteint quelques perches qui ne se sont pas enflammées faute d’air.

18 juin 1842
COLLÈGE ÉLECTORAL DE LUNÉVILLE.
On nous écrit de Blamont, 26 juin : « M. Boulay, qui renonce pour lui-même à sa candidature au collège de Lunéville, n'en travaille pas moins pour faire échouer la réélection de M. de l’Espée : il était hier en notre ville, et faisait, près des électeurs, des démarches en faveur de M. Lafrogne. M. Lafrogne, qui a déjà été député, et qui a joui longtemps de la considération de notre arrondissement, a, malheureusement pour lui, signé, comme président du conseil général, aux avant dernières élections, un pamphlet dans lequel étaient articulés, contre M.de l’Espée, des faits complètement faux.
» Cet acte lui a aliéné la confiance d’une foule de personnes, et a, dit-on, été la cause de sa non-réélection comme président de notre conseil général.
» On pense généralement ici que M. Lafrogne n’a aucune chance de réussir: il sera porté par quelques libéraux ; mais on a tout lieu de croire que, même parmi les anciens parti sans de M. Boulay, un grand nombre d’électeurs aimera mieux perdre ses voix que de les reporter sur M. Lafrogne.
» La réélection de M. de l’Espée paraît, en conséquence, assurée. »

En même temps que les détails précédents nous arrivent de Blâmont, nous recevons de Lunéville, une lettre qui paraît plus favorable à la candidature de M. Lafrogne. Nous y lisons ce qui suit:
« J’apprends à l’instant, de source certaine, que la partie modérée de l’Opposition vient de se décider à donner, dans notre arrondissement, un concurrent à M. de l’Epée : c’est M. Lafrogne, père, ancien député de Lunéville sous la Restauration.
» On ignore quelles pourront être ses chances de succès; mais on pense qu’un certain nombre d’électeurs libéraux réuniront leurs suffrages sur M. Lafrogne, qui présente, à nos yeux, toutes les garanties désirables d’indépendance et de moralité...

Si nous avions à nous prononcer nous-mêmes entre M. de l’Espée et M. Lafrogne, nous n’hésiterions pas à le faire en faveur de M. de l’Espée. Et cela, parce que, sans connaître les antécédents de M. Lafrogne, et tout en le croyant digne de l’estime de ses concitoyens, nous ne voyons pas en quoi M. de l’Espée aurait pu démériter de la confiance des électeurs de Lunéville.
On n’a cessé de dire et de répéter que M. de l’Espée était vendu au Pouvoir; et cependant M. de l’Espée, nommé à une préfecture, a donné sa démission de préfet pour pouvoir se présenter de nouveau aux élections de son arrondissement.
M. de l’Espée est une homme foncièrement honorable : il est parent ou allié de plusieurs familles considérées dans notre province : d’ailleurs, il est éminemment laborieux, et peut, dans les travaux de commission, rendre à la Chambre, à son département et au pays, des services dont on ne saurait, sans injustice ou sans aveuglement, méconnaître l’importance.

8 novembre 1842
Le 31 octobre, le nommé Laurent (Jean-Claude), commissionnaire demeurant à Blâmont, a été écrasé sur la route, pendant la nuit, entre cette ville et Domêvre. On présume que cet homme, qui était dans un état complet d’ivresse, après s’être laissé tomber, se sera endormi et aura été écrasé par une voiture publique qui passe ordinairement sur ce point, vers une heure du matin.

14 mars 1843
Le 6 mars, un incendie a détruit une partie du mobilier de MM. Bérie, Ourry et Maurice, négociants à Blâmont. La perte résultant de ce sinistre est de 2,400 fr.; ce mobilier était assuré près de la Compagnie Royale.

11 mai 1843
Le 7 de ce mois, M. Lahalle, docteur en médecine à Blâmont, membre du conseil d’arrondissement et de plusieurs sociétés savantes, a succombé à la suite d’une longue et douloureuse maladie. Cette perte sera vivement sentie dans le pays, où M. Lahalle jouissait de l’estime et delà confiance qu’il s’était si justement acquises.

15 juin 1843
Le cinq de ce mois, vers 8 heures du soir, une rixe a eu lieu, à Blâmont, entre plusieurs jeunes gens : l’un d’eux est resté sur la place, et malgré tous les secours qui lui ont été prodigués, après avoir été transporté chez ses parents, il est mort le lendemain à midi.

16 octobre 1843
Le 19 octobre, le nommé Zeliguer, âgé de 15 ans ouvrier employé dans la taillanderie de Blâmont, a été tué par les éclats d’une meule, sur laquelle il éguisait des outils.

18 octobre 1843
Dans la vieille société de nos pères que le génie catholique avait partout marquée de sa puissante empreinte, on sait que les hommes adonnés aux travaux matériels formaient entre eux des corporations, et que chaque corporation, chaque métier avait un saint pour patron. On a compris, dans la ville de Blâmont, tout ce que renfermaient de salutaire ces précieuses institutions du passé, et cette année, les cordonniers ont voulu célébrer religieusement la fête de leur patron. Mercredi, une messe solennelle a été chantée, à laquelle assistait tous le corps de ces honnêtes ouvriers de la ville. Quelque temps auparavant, les jardiniers avaient déjà voulu fêter, à l’église, le jour de la saint Fiacre ; et depuis plusieurs aimées les forgerons célèbrent régulièrement, chez nous, la saint Eloi. Nous enregistrons, avec plaisir, ces faits qui attestent le bon esprit des populations et font présager pour la religion des jours meilleurs.

29 août 1844
On nous écrit de Blâmont : Mercredi dernier, 21 de ce mois, a eu lieu avec la solennité accoutumée, dans la grande salle de l’Hôtel-de-Ville de Blâmont la distribution des prix du collège de cette ville. Parmi les jeunes lauréats, nous avons surtout remarqué MM. Simon Nicolas, de Bertrambois, élève de troisième, qui a obtenu onze nominations; Gérard Eugène, de Badonvillers, élève de cinquième, qui en a obtenu dix ; Mayeur Stanislas, de Niderhoff, élève de quatrième, appelé le même nombre de fois ; Scheyder Georges, à Ergerheim (Bas-Rhin), nommé huit fois et Rousselot Joseph, de Blâmont qui a remporté presque tous les premiers prix de la classe de quatrième. Depuis quelques années, le collège de Blâmont a grandi dans de remarquables proportions, et son état prospère s’accroît encore de jour en jour. Cette institution qui comptait à peine quelques pensionnaires, il y a peu de temps, en renferme aujourd’hui plus de soixante-dix. Les études y sont d’une force égale, à celle de nos meilleurs établissements d’instruction. De si précieux résultats sont dûs à la sage administration du principal, M. l’abbé Marsal que secondent, avec une infatigable activité, d’habiles professeurs parmi lesquels nous nous faisons un devoir et un plaisir de nommer MM. les abbés Guyot et Gondrexon.

18 février 1845
Le petit village de Gondrexon près de Blâmont, vient d échapper à un désastre imminent. Le feu y a éclate au milieu de l’une des deux masses de maisons qui le composent et quoique M. le maire, M.Chapel, et les quelques habitants qui n’avaient pas à craindre immédiatement pour leurs propres foyers, fissent des efforts inouïs pour en arrêter les progrès, il allait envahir les maisons voisines quand les habitants de Verdenal, le maire en tête, et les pompiers de Lentrey, dirigés par le sieur Quitter, leur chef, sont arrivés avec des pompes et des paniers. M. Petit, placé sur un toit ou il tenait un piston, a bravé tous les dangers pour arrêter le mal, et le sieur Quitter a fait d’un autre côté preuve d’un sang froid et d’un courage remarquables. Grâce au dévouement de tous, le mal n’a pas été aussi grand que le manque d’eau causé par l’intensité du froid, devait le faire craindre, mais on a des inquiétudes sur la santé de M. Chapel qui a, mieux que tout autre encore, paye de sa personne.
De pareils événements témoignent bien de la nécessite pour chaque commune d’avoir une pompe et quelques seaux ; mais Gondrexon ne possède aucun revenu, et il n’a pu même naguère prévenir la ruine complète de sa modeste chapelle, qu’au moyen de la bienfaisante participation de S. M. la reine.

24 juin 1845
On nous écrit de Blâmont : Le vénérable Frère Charles n'a pas voulu priver Blâmont du bonheur de contribuer à l’œuvre éminemment nationale du Mont-Carmel. La, comme ailleurs, il a rencontré une cordiale sympathie de la part des habitants, qui ne savent pas faire défaut, quand il s agit de charité et de patriotisme Les bourses se sont ouvertes en même temps que les cœurs, et en moins d’un jour, il a recueilli environ 400 fr., quoique les 40 Montagnards l’eussent précédé de quelques jours, avec non moins de succès.

10 mars 1846
Sur la demande de M. le préfet de la Meurthe, M. le ministre de l’instruction publique vient d’accorder à la ville de Blâmont un secours de 900 fr. pour l’aider à solder les frais de premier établissement d'une salle d’asile.

22 août 1846
Dans la nuit du 16 au 17 du courant, un incendie considérable, attribué à l’imprudence, a éclaté dans la ville de Blâmont et a consumé 7 maisons ainsi qu’une partie du mobilier qu’elles renfermaient. Ce sont les plus pauvres habitants de Blâmont qui ont été victimes du sinistre. Ces sept maisons contenaient dix-huit ménages, et ces dix-huit ménages sont composés de soixante-deux personnes dont la plupart sont sans asile. La perte est évaluée à 18 ou 20,000fr. Les maisons étaient assurées ainsi qu’une partie seulement du mobilier.

4 février 1847
La ville de Blâmont mérite d’être citée au premier rang parmi les communes qui s’imposent des sacrifices de tous genres, pour venir en aide aux malheureux. Dès le commencement de la mauvaise saison, le conseil municipal a volé 1° 1,000 fr. pour l’hospice, qui entretient 30 pauvres, et qui est pauvre lui-même ; 2° 4,000 fr., pour maintenir le prix du pain à un taux modéré, à l’aide de bons qui sont distribués, par quinzaine, aux indigents, aux familles peu aisées, aux ouvriers ; 3° 5.455 fr. pour divers travaux.
La quête annuelle au profit des pauvres a produit 3,000 fr., et il s’est trouvé des propriétaires qui ont bien voulu céder, à 41 fr. les 123 litres, le blé nécessaire à l’approvisionnement du bureau de charité. Ce bureau fait aux indigents une distribution hebdomadaire de 5 à 600 kil de pain, sans compter la soupe, la viande, le linge, pour les vieillards et les malades.
Enfin, ces jours derniers, une souscription, par coupons de 500 fr., a produit 23,000 fr.; cette somme est destinée à des achats de blé au loin, et, s’il le faut, à l’étranger.
Pour faire le bien, pour le faire en commun, toutes les opinions se sont fondues en une seule, et la fusion a été complète.

6 mai 1847
L’église de Blâmont vient de s’enrichir d’un magnifique autel, en pierre, exécuté avec un rare bonheur par M. Jules Laurent, architecte-décorateur à Nancy. Ce jeune homme, à peine âgé de vingt-cinq ans, promet à l’art et à son pays une illustration de plus. Il s’est livré avec foi et amour à l'étude des magnifiques traditions de l’art chrétien au moyen-âge, et il a voué sa vie à les faire revivre dans notre siècle. Au milieu du mouvement universel qui ramène aujourd’hui toutes les nobles intelligences à l’admiration des monuments de l’architecture ogivale, - œuvres de foi et de piété que l'incrédulité des siècles passés n’était plus digne de comprendre, - il a voulu, lui aussi, apporter sa pierre à ce travail puissant de réhabilitation. L’autel de Blâmont est son premier essai, et cet essai, nous le disons sans crainte d’être démenti, ne serait pas indigne d’un grand maître. Cet autel est en belle pierre blanche, dans un style noble et sévère, admirablement proportionné, dans ses grandes lignes, à l'architecture simple de l'église qui date du 14e au 15e siècle. Sur le devant du tombeau l’ogive se promène avec une mâle et chaste élégance ; au milieu est un admirable Agnus Dei. Sur le tombeau posent deux gradins qui soutiennent le tabernacle. Ce petit monument surtout est de toute beauté; l'art y a prodigué ses plus belles décorations. Il est orné, sur ses flancs, de quatre statuettes représentant les Evangélistes qui semblent garder là, comme des sentinelles vigilantes, le dépôt de la foi et les trésors eucharistiques. Ces admirables figurines taillées dans la pierre même du tabernacle sont l’ouvrage de M. Laurent. Au-dessus du tabernacle s'élève une exposition où l’on place, en l’absence du Saint-Sacrement, un magnifique Christ en bronze dont le travail répond parfaitement au genre de l’autel. Enfin le tout est terminé par une jolie petite flèche flanquée de clochetons. Tel est cet autel, vrai petit bijou qui par l’élégante simplicité de l’ornementation et l’harmonie des proportions satisfait tout à la fois l'œil, le goût et l’art.
L'église de Blâmont va incessamment encore recevoir deux petits autels collatéraux, de même genre que le maitre-autel et sortant des mêmes ateliers. Précédemment déjà on y avait posé, au fond du chœur, un admirable vitrail comme M. Maréchal de Metz sait en faire. Il représente J.-C. entouré de la sainte Vierge et de saint Joseph. Le fini des peintures s’y mêle heureusement à l’éclat des couleurs. On regrette seulement que les personnages n’aient pas un peu plus de hauteur. Tous ces travaux accomplis dans peu de temps et avec de très-faibles ressources attestent le bon goût et la piété des habitants de Blâmont, non moins que l’intelligente activité de leur digne curé. Ch. B.

On nous écrit de Blâmont : La distribution annuelle des prix, aux élèves des écoles primaires de notre ville, a eu lieu le dimanche, 2 mai. Ces prix sont donnés après un examen qui ne dure pas moins d’une douzaine de jours. Le comité local passe la revue, interroge tous les enfants sur les matières qui font l’objet de l'enseignement primaire L’attention des examinateurs se porte surtout sur les enfants pauvres, qui ont plus particulièrement besoin d’être suivis de près, et qu’une instruction élémentaire et pratique, doit aider concurremment à l’instruction religieuse, à sortir de cette espèce d’ilotisme dans lequel ils végètent. Désormais, les parents dont les enfants auront manqué à l'école, sans motif valable, seront privés pendant quinze jours, du pain de charité, et plus s’il y a récidive. D’autre part, le conseil municipal a alloué, sur la proposition du maire, une somme de 100 fr., à une pauvre femme dont les enfants se font remarquer depuis des années, par leurs succès et leur tenue, propre et décente. Le mandat de payement a été remis par le maire, à l’aîné de ces enfants, en même temps qu’il le couronnait pour le prix de conduite de l'école des garçons.

24 août 1848
Blâmont, le 21 août.
M. le Rédacteur,
Les révolutions dans leur marche inexorable, versent souvent dans le sein des peuples, à côté d’immenses bienfaits, des calamités bien cruelles qui déconcertent les espérances de l’avenir.
La ville de Blâmont gémit, en ce moment, sous une expérience aussi douloureuse. Elle vient de perdre, vendredi dernier, son magistrat le plus éminent, l'homme auquel elle devait le plus.
Charles-Balthazard Lafrogne, ancien maire et ancien membre du conseil général de la Meurthe, est décédé à Nancy le 10 août, après avoir vainement lutté contre les progrès d’un mal incurable et contre les chagrins qui lui brisaient le cœur.
C’est à ces concitoyens qu’il appartient de nous dire tout ce qu il y a eu de dévouement, de lumières, de sagesse et d’énergie dans la carrière de cet habile administrateur. Il serait trop long d’énumérer ici les bienfaits d’une édilité qui a toujours exercé la plus heureuse influence dans la modeste cité que dirigeait M Lafrogne et dans les campagnes environnantes.
On lui doit plusieurs constructions d’une haute nécessité, des voies de communications réparées et embellies; une police fortement constituée, et plus que cela encore : des moyens d’instruction largement répandus, des écoles prospères, un collège admirablement pourvu et jouissant d'une confiance universelle; voilà quelques-uns des fruits d’une magistrature qui laissera des regrets impérissables.
D’autres mettront peut être des ombres dans ce tableau; on se plaindra des formes un peu acerbes de M. Lafrogne, de l’usage tant soit peu despotique qu’il faisait parfois de son autorité. Mais tous conviendront que l’excellence de son cœur était incomparable; que ses intentions se montraient toujours dirigées par la justice; qu'il aimait à prêter son appui à tous ceux qui en avaient besoin, et qu’enfin sur son lit de mort, il obtenait encore des grâces a des adversaires ou à des ennemis !
Bien connu par son dévouement au pouvoir monarchique, la révolution devait l’atteindre, elle fut cruelle pour lui. Dépouillé de l’écharpe municipale, exclu même du nouveau conseil, et frappé, chaque jour, de nouvelles marques d’ingratitude, il courut a Nancy, chercher un peu de calme et de repos. Il n’y trouva que les ennuis, les regrets du passé, les funèbres préoccupations de 1’avenir, et enfin la mort ! Blâmont était son idole; il y avait concentré ses affections les plus chères : ne pouvant plus lui donner sa vie, il ne lui restait plus qu’à demander la paix du tombeau !
S’il y avait quelques pompes véritables dans les solennités qui entourent un cercueil, nous dirions que le convoi funèbre de M. Lafrogne a été un triomphe. A l’approche du char lugubre, qui le ramenait dans sa ville bien-aimée, on vit la population se précipiter en masse au-devant de lui, et l'accompagner des témoignages de son affliction : ceux mêmes qui lui avaient été hostiles formaient son cortège. Aujourd’hui, lundi, la ville entière et l'élite de nos campagnes ont voulu prendre part à ses funérailles. C’était une solennelle réparation du passé et une protestation éloquente en faveur d un magistrat dont l’existence fut si active et si utile. Le clergé du pays n’est pas resté en dehors de cet hommage universel ; quarante prêtres se trouvaient réunis autour de son cercueil.
Il a disparu au moment où l’appel de ses concitoyens venait de le replacer au sein du conseil municipal, et créé par les suffrages de la contrée, il devait, hier encore, rentrer dans le conseil général du département. L’élection de M. Lafrogne au conseil général, était certaine, en effet, à la nouvelle de sa mort, l’immense majorité des votants reportée sur un autre lui-même, sur M. Vautrin, ancien juge de paix de Blâmont.
Que cette mort si imprévue et si rapide ne demeure pas stérile dans ses enseignements ! Si des luttes orageuses ont pu tourmenter une ville autrefois paisible, et diviser malheureusement un peuple de frères, que tout se taise maintenant et se réconcilie devant la mort ! Le plus noble hommage qu'il soit possible de rendre à M. Lafrogne, c’est de continuer sa vie de dévouement et de multiplier, comme lui, les œuvres utiles, les œuvres qui peuvent contribuer au bonheur public. D’ailleurs, avec le dogme sublime de la fraternité, rien n’est beau, rien n’est divin comme l’oubli et le pardon réciproques, dans les liens d’une véritable union, qui sera, je l’espère, cimentée, pour toujours, sur le tombeau d un homme de bien ! Agréez, etc.
E.G.

17 septembre 1848
Le8 septembre, un incendie a éclaté a Blâmont, au domicile des frères Royer, et s’est communiqué aux habitations des sieurs Delorme et Gueury. Ces trois maisons, qui étaient occupées par les propriétaires et cinq locataires, ont été la proie des flammes, ainsi qu’une grande partie du mobilier. Deux maisons étaient assurées; la perte totale est évaluée à 12,150 fr. La femme de M. Louis Nicolas, locataire des frères de Royer, ayant été arrêtée comme soupçonnée d’être l’auteur de ce sinistre, s’est étranglée dans la prison de Lunéville.

23 septembre 1848
Mardi dernier, un incendie considérable a jeté l’épouvante et la désolation dans la commune de Nonhigny. Vers onze heures du matin, le feu s’est déclaré avec une violence inouïe sur le grenier à fourrages d’un cultivateur; quelques instants après les deux maisons voisines étaient envahies par les flammes.
Aux premières lueurs du sinistre et à l’appel du tocsin, les populations de Harboué, de Barbas, de Montreux et d’Ancerviller sont accourues avec leurs pompes. Toutes ont rivalisé de zèle et d’activité, en sorte que vers deux heures on était complètement maître de l’incendie, et il n’y avait plus aucun danger à redouter.
Trois maisons ont été consumées et ne présentent plus que des ruines : deux autres habitations sont quelque peu endommagées ; mais on ne connaît pas encore toute la perte qui résulte de ce cruel événement. Nous regrettons vivement de ne pouvoir citer le nom d’un ouvrier intrépide, qui, nous écrit-on, s’est élancé, la hache à la main, sur l’un des toits embrasés, et là au milieu des flammes, exposé à tomber dans cette horrible fournaise, est parvenu à briser les poutres et les charpentes qui pouvaient alimenter l’incendie. Ce courage et ce sang-froid dans un pareil danger ont excité l’admiration générale, et nous espérons qu’une si belle conduite sera bientôt signalée à l’administration supérieure.
Quelques habitants de localités plus éloignées, de Petitmont, de Parux, de Frémonville et de Blâmont sont également venus prêter leur concours : ils ont droit aussi à la reconnaissance publique.
Il est consolant de penser que la malveillance ne doit pas être accusée de ce cruel malheur; tout nous démontre que cet événement désastreux est le résultat de circonstances imprévues et purement accidentelles.
M. le curé de Nonhigny s’est empressé de recueillir dans son presbytère une famille qui se trouve sans asile : cette conduite n’a pas besoin de nos éloges. (Journal de la Meurthe)

9 mai 1849
Jeudi 26 avril, un incendie a consumé deux maisons considérables de la commune de Cogney, canton de Blamont, appartenant à MM. Noël et Aubry, cultivateurs. On n a presque rien pu sauver, malgré le zèle des habitants de Blamont, qui se sont empressés de voler au secours d’une commune dépourvue de pompes à feu.

13 juin 1849
Le vendredi, 8 de ce mois, il a été perdu à Blâmont deux CHIENS COURANTS de petite taille, ayant les oreilles assez courtes, sous poil blanc-brun et feu, répondant aux noms de Tambeau et Valdine, la chienne est pleine d’un mois environ. Ils ont cinq ans. Les ramener chez M. Quintard, juge de paix à Blâmont, il y aura bonne récompense.

28 septembre 1849
Chapelle du collège de Blâmont.
Lorsque de temps à autre nous voyons s’élever quelque église ou quelque chapelle dans un style architectural qui fait entrevoir enfin le retour aux bonnes traditions de l’art chrétien, nous nous sommes toujours fait un devoir, tout en rendant hommage au goût éclairé de l’administration locale, de signaler ces sortes de constructions à l’attention publique.
C’est donc une satisfaction pour nous d’apprendre que la chapelle ogivale du collège de Blâmont, confiée à la direction de M. Jules Laurent, de Nancy, est terminée. Honneur à M. l’abbé Marsal, principal d’un établissement en pleine voie de prospérité, qui n’a reculé devant aucun sacrifice pour mener à bonne fin un petit monument qui sera désormais l’un des ornements de la ville de Blâmont.
Rien de plus gracieux que cette chapelle, rien de plus svelte que l’élancement de ses voûtes. L’autel et le chœur surtout se font remarquer par le fini et la délicatesse du travail :
« ... Voyez ce tabernacle, avec ces clochetons élancés qui se découpent dans des fuseaux ciselés ; voyez ce retable avec ces formes variées et ces entrecolonnements qui garnissent le pourtour du chœur. Ne vous semble-t-il pas que ce sont des dentelles suspendues aux murailles. Approchez et remarquez ces figures nombreuses qui se cachent sous des guirlandes de pierre, les unes grimaçant de désespoir, les autres épanouis d’allégresse et chantant les louanges du Dieu trois fois saint. Ici des anges entonnant sur le psaltérion le cantique éternel ; là, des animaux et de mauvais génies s’enfuyant ou expirant devant la lumière de l’évangile. Partout, le symbolisme chrétien se révèle, avec son incomparable beauté, sans les bas-reliefs, dans les statuettes, dans les moindres découpures de ces pierres qui semblent vous répéter chacune à leur tour, un acte de foi, une prière, ou une aspiration vers l’infini.
A ces chefs-d’œuvre de sculpture et d’architecture catholiques, viennent se joindre encore des peintures si renommées de M. Maréchal, de Metz. Deux fenêtres ogivales, représentent les sublimes figures de l’auguste mère des chrétiens et de saint-Louis de Gonzague. Ces vitraux produisent un effet magique, indépendamment des peintures sur verre qui décorent les autres parties de la nef... »
On sait que cet oratoire, alors inachevé, a été béni l’année dernière, par notre vénérable prélat. En rendant compte de cette cérémonie, nous avons eu occasion de dire un mot de M. Jules Laurent, de cet artiste plein de foi et d’avenir, qui, s’inspirant aux meilleures sources a déjà orné plusieurs églises de notre diocèse et des diocèses circonvoisins de diverses constructions de détail remarquables. La chapelle du collège n’est pas, on se le rappelle, le seul souvenir que notre jeune compatriote laissera de son talent à Blâmont, les deux autels, en style ogival, élevés récemment dans l’église paroissiale sont dus aussi a son habile ciseau.

8 mars 1850
On nous écrit de Montreux (canton de Blâmont) le 6 mars.
Encore un de ces glorieux débris de la grande armée que la mort avait épargné dans vingt combats et qui vient de s’éteindre entouré des regrets et de l’estime de tous ceux qui le connurent : M. Aubert (Charles François), ancien aide-de-camp du général Vergès, est mort le 26 du mois dernier, à l’âge de 72 ans.
Entré comme soldat au 30e de ligne, le 17 nivôse an VII, Aubert fil la campagne du Rhin, sous les généraux Masséna et Moreau; celles d’Espagne et de Portugal, sous le comte Régnier et le duc de Raguse. Incorporé à la grande armée commandée par Napoléon, il assista aux plus sanglantes batailles de l’Empire, il reçut le noble baptême du feu à Austerlitz, atteint une seconde fois à Heiselberg, les deux cicatrices qu’il en conserva sont parmi ses blessures, les glorieux titres de sa carrière militaire.
Estimé de ses chefs pour son zèle et son dévouement il fut nommé, le 13 août 1813, lieutenant au 124e de ligne. Deux mois après il recevait de l’Empereur, lui-même, sa promotion d’aide-de-camp du général Vergès.

14 août 1850
Dans la nuit du 9 au 10 août, vers deux heures du matin, un vol a été commis au préjudice de M. Pierron, limonadier Blâmont. Les voleurs se sont introduits dans le café, au rez-de-chaussée, après avoir ouvert les persiennes en brisant une planchette, et la croisée en coupant un carreau avec un diamant. Ils ont enlevé dans le comptoir environ 6 fr. en billon, seul argent qui s’y trouvait, seize petites cuillères en argent enfermées dans une armoire. Ils ont aussi fracturé une malle qui avait été déposée par un voyageur, retourné tous les effets qui y étaient contenus : on ignore s’ils en ont enlevé quelques-uns ; le voyageur seul, à son retour, pourra donner des renseignements.
Ce café de M. Pierron est situé près de la place, dans la rue plus fréquentée. Peut-être y supposaient-ils un dépôt de fonds par les voitures publiques qui y stationnent à leur passage. La justice informe sur ce fait dont les auteurs pourraient être affiliés à la bande qui a exploité l’arrondissement de Sarrebourg.

21 septembre 1850
On écrit de Blâmont, le 18 septembre, à l’Impartial: On dit à Blâmont que, dans la nuit du 15 au 16, un vol de marchandises a été commis au préjudice du sieur Georges, marchand et buraliste à Richeval (canton de Réchicourt). On évalue a 1,000 francs la valeur des marchandises volées, mais cette évaluation paraît exagérée.
Un sieur Claudel, charron à Blâmont, avait recueilli chez lui un ouvrier étranger, sans s’enquérir de sa moralité, de son nom et de sa résidence. Dimanche dernier, cet ouvrier régla son compte, et se retira, en manifestant l’intention d’aller chercher du travail dans une autre ville : mais au lieu de quitter Blâmont, il profita de la nuit et de la connaissance des lieux pour donner une leçon à son maître ; il s'introduisit dans son écurie et enfourcha son cheval. Le lendemain matin le maître porte plainte, et la gendarmerie se met à la recherche du voleur, que le maire d’Avricourt (canton de Réchicourt) fait arrêter le surlendemain. Le voleur, saisi en flagrant délit, prétend qu’il n’avait pas l’intention de voler, mais seulement de jouer une farce à son maître; malheureusement pour lui, il sera prouvé qu’il a offert de vendre le cheval pour 150 fr.

18 octobre 1850
Ces jours derniers un prisonnier que l’on dirigeait sur Sarrebourg s’est évadé de la prison de Blâmont. Vers 6 heures il se plaignit du froid et obtint de la pitié du concierge de passer la nuit sur un matelas placé dans sa chambre. Pendant le sommeil du trop confiant gardien, le
prisonnier profita de la liberté pour descendre à la cave et s’échapper par le soupirail. Il laissa pour gage de son retour une mauvaise redingote.

9 novembre 1850
On nous écrit de Blâmont : Dimanche dernier, 3 novembre, entre 2 et 3 heures de l’après-midi, le feu a éclaté dans la maison du sieur Claude Michel fils, fileur de laine, à Leintrey. Le rez-de-chaussée a été conservé par les secours prompts et empressés des habitants ; les greniers et la toiture ont été brûlés, ainsi que toutes les provisions, fourrage et linge, et environ 50 kilogrammes de laine appartenant a des étrangers.
La famille Michel était à Vêpres au moment du sinistre, et les voisins, qui apercevaient le feu, ont brisé la croisée pour sauver un enfant au berceau.
Michel avait assuré la maison et les meubles, à la compagnie du Phénix, pour une somme de 2,000 fr., et le dommage est d’environ 1,100 fr. Pour le moment, on ignore la cause du sinistre.

8 décembre 1850
On nous écrit de Blâmont, le 28 novembre 1850 :
Aujourd’hui, à sept heures et demie du matin, le feu a détruit à Harbouey une maison appartenant à Mlles Flavenot et à M. Gérard, tisserand. Les propriétaires n’ont aperçu la flamme que lorsqu’elle gagnait déjà la toiture couverte en bardeaux. Les secours organisés par les habitants n’ont donc pour but que d’arracher aux flammes le peu de mobilier appartenant aux incendies, et de garantir les maisons voisines. Heureusement que cette maison était séparée des autres par un jardin, car le ruisseau est à un kilomètre du village et les puits ne sont pas encore bien remplis. Au bruit du tocsin les communes voisines se sont empressées d’accourir, mais à leur arrivée le feu avait déjà tout dévoré. La perte est d’environ 5,000 fr. M. Gérard avait assuré sa portion pour 2,000 fr à la compagnie Lyonnaise. Le mobilier n’était pas assuré. La cause de l’incendie ne peut être attribué à la malveillance.
Ces jours derniers, le regain de M. Rizer, de Gondrexon s’est consumé complètement sans cependant prendre feu. La masse se composait de 25,000 kilogrammes, dont on ne peut faire aucun usage. La perte est d’environ 800 fr., dont le propriétaire espère le paiement de la compagnie l'Indemnité, à laquelle il a assuré son mobilier.
 

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