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Brèves de presse nationale (Avricourt) - 1845-1939
 


Journal des villes et des campagnes - 9 mai 1845

Le 21 avril, Mgr l’évêque de Nanci a entre pris sa tournée de confirmation dans l’arrondissement de Sarrebourg. Il a débuté par la paroisse d’Avricourt, qui, depuis un siècle et demi, n’avait point possédé son premier pasteur. Il est impossible de rendre ce qu’avait de touchant cette fête de famille. L’affluence des fidèles était générale. On y remarquait les autorités municipales avec leurs insignes ; l’artisan avait quitté son atelier et le laboureur sa charrue pour prendre, eux aussi, leur part dans cette joie universelle. Le prélat, vivement ému, parla du bonheur de la charité, qui doit tenir les chrétiens unis en Dieu, et souhaita à l’assistance le plus grand des biens : la paix avec les hommes et avec le juge de la vie.


Journal de Seine-et-Marne - 14 mai 1853

On annonce que l’administration du chemin de fer de Paris à Strasbourg va exploiter la voie avec des machines à grande vitesse du système dit crampton. Deux locomotives de ce nouveau modèle doivent arriver à Strasbourg dans le courant de cette semaine.
Il y a lieu d’espérer immédiatement une notable amélioration dans la marche des convois ; néanmoins tout l’effet de ces machines ne pourra se produire que quand la double voie ferrée sera posée dans tout le parcours du chemin. On sait que cette voie existe depuis longtemps entre Paris et Nancy et entre Strasbourg et Saverne. Depuis le 17 avril, la section de Saverne à Sarrebourg vient d’être livrée à la circulation. Bientôt il en sera de même entre Sarrebourg et Avricourt : il ne restera donc plus que la distance entre Nancy et Avricourt (environ 57kil.), qui, dit-on, ne sera livrée que vers l’automne pour que la ligne soit dans son état d’achèvement complet. Alors les renvois directs ne mettront plus que neuf à dix heures au lieu de treize qu’il leur faut encore maintenant pour franchir l’espace entre les deux extrémités.


La Petite République - 22 novembre 1868

INCIDENT FRANCO-ALLEMAND
Arrestation d’un employé de gare
Nancy, 20 novembre. - On parle d’un nouvel incident à la frontière. Un employé de la gare d’Igney-Avricourt aurait été arrêté par un gendarme allemand sur le territoire allemand où cet employé possédait un champ qu’il était en train de cultiver. Le sous-préfet de Lunéville aurait été mandé par télégramme. On ne donne pas d'autres détails, et on espère que cette affaire n’aura pas de gravité.

Igney-Avricourt, 20 novembre. - Voici à quoi se borne l'incident de frontière signalé ce matin :
Un employé de la gare française d’Avricourt a été arrêté, dimanche dernier, sur le territoire annexé, sous la prévention de vol de feuilles de choux dans un champ contigu au sien. Il a été relâché ce matin faute de preuves.
Il aurait peut-être mieux valu ne pas l’arrêter sans preuves; mais les Allemands, qui font de la croûte au pot avec des tiges de bottes et des vieilles chiques, se figurent qu’on irait d’un pays à un autre rien que pour voler des feuilles de choux, tout comme si c’était des pendules.


Le Soleil - 28 juin 1873

Évacuation du territoire
On lit dans le Journal d'Alsace du 25 : L’évacuation du territoire se faisant plus tôt qu’il n’était permis de penser, il s’agira de hâter la construction de la station près d’Avricourt. Dans ce village, appartenant à la France, s'étaient établies les administrations allemandes du chemin de fer, des douanes et des postes. L'évacuation accomplie, ce village fait retour à la France, et le gouvernement allemand se verra obligé de construire une station sur la nouvelle frontière, entre Avricourt et Rixingen. Ce sera une entreprise unique peut-être dans ce genre; car il faudra créer tout un village là où il n’en existait pas autrefois. Le plan marque environ quarante bâtiments à construire sur trois rues. Tous les édifices, toutes les constructions et dépendances nécessaires à une gare de chemin de fer, les hangars, les bureaux, l'hôtel de la poste et un nombre suffisant de jolis logements pour le personnel des fonctionnaire supérieurs et des employés subalternes, une école et une église, sont compris dans l’ensemble du projet. Toutes les constructions seront exécutées dans des proportions dignes d'une pareille station, assise sur la frontière entre l'Allemagne et la France. Dans l’espace d’un an, les principales constructions de cette entreprise grandiose seront terminées, et il faudra sans doute trois ans pour l’entier achèvement II est probable que d'ici là des marchands, des particuliers se grouperont au tour de la nouvelle station.


Le Bien Public - 11 mai 1875

On lit dans le Moniteur universel : Le 1er juin prochain sera inaugurée la gare construite à Avricourt aux frais du gouvernement français sur le territoire allemand ; ce même jour cessera le droit accordé au gouvernement allemand par la convention additionnelle du 12 octobre 1871 de pouvoir occuper militairement la commune d’Igney et la partie française de la commune d’Avricourt.


L’Univers - 11 mai 1875

On écrit de Strasbourg à la Gazette de l’Allemagne du Nord : La chancellerie de l'empire, par l'intermédiaire du ministère de la guerre, a fait prévenir le commandant du 15e corps de l'armée allemande que la gare d'Avricourt, située sur le territoire allemand, devra être terminée le 1er juin, et qu'en vertu d'un accord avec le gouvernement français elle sera livrée par l'administration des chemins de fer de l’empire à l'exploitation. En vertu de l'article 10 de la convention additionnelle au traité de paix de Francfort, le droit de l'empire allemand d'occuper militairement la commune d'Igney et la partie, française de la commune d'Avricourt expirera le même jour.


La Petite Gironde - 12 mai 1875

Le 1er juin prochain, sera inaugurée la gare construite à Avricourt aux frais du gouvernement français, sur le territoire allemand ; ce même jour cessera le droit accordé au gouvernement allemand par la convention additionnelle du 12 octobre 1871 de pouvoir occuper militairement la commune d’Igney et la partie française de la commune d’Avricourt.


La Petite République - 23 avril 1876

PASSAGE DE LA REINE D’ANGLETERRE A PARIS.

La reine d’Angleterre, venant de Cobourg, a passé la frontière vers minuit et demi à la gare d’Avricourt. Elle est arrivée hier matin à 9 h. 45 à la gare de La Villette.
Le train spécial qu’elle occupait avec sa suite était composé de deux wagons-salons, construits à Bruxelles pour l’usage de la reine, et de quatre wagons bavarois. Dans le trajet d’Avricourt à Paris, la reine ne s’est arrêtée qu’une vingtaine de minutes à la gare de Meaux, où un léger déjeuner lui a été servi dans son wagon-salon. M. le président de la République, accompagné de son premier aide de camp, M. le général marquis d’Abzac, est venu attendre le passage du train royal dans la partie de la gare de La Villette qui confine à la rue de la Croix de l’Evangile. [...]


Le Petit Parisien - 9 septembre 1880

On vient d'arrêter à Avricourt (frontière allemande) un caissier du Bon Marché, le nommé B...
Il y a deux mois, il avait demandé un congé pour aller voir sa famille en Alsace. Pendant son absence, on constata sur ses livres diverses irrégularités qui amenèrent la découverte d'un déficit de 100,000 francs dans sa caisse.


La Gazette de Château-Gontier - 11 mai 1882

CHOSES ET AUTRES
Une forte mystification - On écrit d’Avricourt (Meurthe-et-Moselle) :
« Un tour pendable vient d’être joué aux nombreux personnages de la gare de Nancy par un chevalier d’industrie ! Il y a trois semaines environ, descend à Nancy, d’un wagon de première classe, un monsieur vêtu avec élégance, coiffé d’une casquette à quadruple galon d’ingénieur d’Etat. Il se présente devant le chef de gare, les inspecteurs et les chefs de service, et se donne comme inspecteur du contrôle par l’Etat.
« Aussitôt chacun s’incline obséquieusement, et alors commence la tournée d’inspection.
« Notre homme visite toute la gare, fait démonter les machines, en réforme plusieurs, en renvoie cinq en réparation à Epernay, invite le chef à faire un rapport contre le restaurateur du buffet, promet une place de sous-chef à un homme d’équipe qu’il reconnaît et qu’il tutoie familièrement, rudoie vertement les chefs de service des négligences relevées, se plaint de ce qu’on ne l’a pas averti du départ d’un train, fait plusieurs fois le voyage de Nancy à Châlons, en première classe, monte sur la machine, dans le fourgon du garde-frein, parle haut aux contrôleurs et laisse entrevoir sa sollicitude et sa protection pour les employés subalternes. Et cette comédie incroyable dure quinze jours !
« Et lorsqu’il annonce officiellement son départ, il invite à un déjeuner de 400 fr. tout le haut personnel de la gare de Nancy, qui lui répond gracieusement par une invitation à un dîner de 700 fr. Inutile d'ajouter que le premier de ces repas reste à payer. L'individu vient enfin d’être arrêté.
« Il se nommerait Windinski W. Un de ses frères serait colonel. Il a fait d’excellentes études spéciales en mécanique, mais ne semble pas jouir de tout son bon sens. Un de ses oncles est mort inspecteur d’Etat, et le neveu a hérité de la fameuse casquette galonnée qui a induit en erreur MM. les agents et employés de la compagnie de l’Est. »


Le Petit Parisien - 29 mai 1883

Avricourt. 27 mai. Ces jours derniers, dans le bois de Foulcrey, près Avricourt, deux ours s'étaient échappés do leur ménagerie. Leur conducteur, malgré toutes les recherches, ne put les rattraper.
Deux bûcherons les ayant aperçus, se mirent à leur poursuite, mais les ours firent volte-face, se prêchèrent sur leurs agresseurs et déchirèrent l’un d’eux de telle façon qu’il a depuis succombé à ses blessures.
Une battue fut organisée, et deux gardes forestiers parvinrent à abattre les déserteurs à coups de fusil.


Paris - 12 octobre 1886

Devant l’importance que prend l’épidémie cholérique dans quelques villes d’Autriche-Hongrie, M. le préfet de Meurthe-et-Moselle a pensé qu’il y avait danger à laisser passer la frontière aux wagons-lits de l'Express-Orient. La Compagnie devra donc avoir un double matériel : l’un qui s’arrêtera à Deutsch-Avricourt, et l’autre qui reprendra à Avricourt et circulera en France seulement. Les voyageurs seront transbordés. Quant aux bagages, ils seront soumis à une visite sanitaire et désinfectés s’ils renferment des objets pouvant servir de véhicule au choléra.


Paris - 29 avril 1887

A la frontière
On écrit de Lunéville que le sous-préfet de cette ville a reçu, avant-hier, une lettre du Kreisdirector de l’arrondissement de Sarrebourg l’invitant à prendre rendez-vous pour examiner l’opportunité du rétablissement de poteaux indicateurs de la frontière.
Ces poteaux ont été récemment renversés, surtout dans le voisinage d’Avricourt. On sait, d’ailleurs, que la convention franco-allemande de 1877 stipule que la délimitation de la frontière doit être faite, d’un commun accord, par les agents administratifs des deux nations.
Le sous-préfet de Lunéville, déférant à l’invitation du Kreisdirector de Sarrebourg, doit se rendre très prochainement à Avricourt. Ce fait mérite d’être enregistré aujourd’hui. En effet, M. Schnœbelé n’a pas fait autre chose que de se conformer à un usage constamment suivi.


Le Soleil - 21 juin 1887

LE PROCES DE LEIPZIG
Nous recevons la lettre suivante:
Nancy, le 19 juin 1887.
A Monsieur le Rédacteur en Chef du journal le Soleil, Paris.
Monsieur le rédacteur.
Un de mes amis vient de me mettre sous les yeux le n° 108 de votre journal, qui a paru vendredi, 17 courant, dans lequel je lis dans le compte rendu du procès de Leipzig, après la déposition de Zahn, inspecteur de police à Strasbourg, l’article suivant :
« On dit ici que ce dénonciateur ne serait autre que Kuhn, l'ancien commissaire spécial français a la gare d'Avricourt, le même qui dénonça M. Schnoebelé, etc... »
Me trouvant fortement compromis par cet « on dit », je viens, par la présente, protester contre celle ignoble calomnie et vous prier de bien vouloir me faire connaître par retour du courrier les auteurs de cette dénonciation lâche et mensongère.
J’ai toujours cru, jusqu’à ce jour, que le devoir d’un rédacteur était, avant tout, de bien s’assurer de la réalité des faits avant de nommer les personnes à la légère et leur causer un préjudice aussi grave, tel que vous venez de le faire.
Je suis le Kuehn, ex-inspecteur spécial de police à la gare d’Igney-Avricourt, visé par votre article. J’habite Nancy, où, depuis que j’ai quitté l'administration (le 15 février 1887), je suis représentant de commerce. Du reste la déposition de Zahn est complètement en contradiction avec votre « on dit », vu que en avril 1886, je me trouvais comme inspecteur spécial de police à la gare de Calais. Je n’ai du reste, durant mon service dans l’administration, que des certificats à mon avantage. Si j’ai quitté l’administration, ce n'est que sur une mise en disponibilité pour 2,000 francs de dettes. Votre accusation est d'autant plus infâme que je me trouve dans une situation très précaire, père de famille de deux enfants et ai toutes les peines du monde a nourrir ma petite famille par mon travail.
J'ai donc l'honneur de vous prier de bien vouloir me faire connaître les diffamateurs et de bien vouloir insérer ma lettre dans votre estimable journal, ce qui, en attendant, fera connaître ma protestation.
Dans le cas contraire, je vous préviens que j'userai de tous les moyens que me confère la loi pour me défendre et prouver mon innocence.
Parce même courrier, j'écris à ce Zahn, inspecteur de police à Strasbourg, pour lui demander des renseignements sur le traître.
Je ne reculerai devant rien et ferai tout ce que je pourrai pour ma réhabilitation, car je suis Français de cœur, ce qui veut tout dire.
Agréez, monsieur le rédacteur, l’assurance de ma parfaite considération.
Pierre Kuehn,
représentant de commerce,
44,rue des Quatre-Eglises, Nancy.

P: S. - Quant à la dénonciation Schnoebelé, que vous m'imputez également à tort, M. Schnoebelé lui-même peut parler.

M. Kuehn n’avait nullement besoin d invoquer l’appui de la loi pour obtenir l'insertion de sa lettre.
Notre correspondant a rempli son devoir en rapportant fidèlement ce qu’il a entendu dire.
Si M. Kuehn n’a été pour rien soit dans les dénonciations dirigées contre M. Schnoebelé, soit dans celles dont les accusés de Leipzig ont été victimes, nous en serons charmés, et il devra se féliciter de l’occasion que nous lui aurons fournie de se justifier des soupçons dont il a été l’objet.


Le Temps - 18 juillet 1887

La chambre correctionnelle du tribunal de Strasbourg s'est occupée le 14 juillet d'une affaire qui peut être considérée comme un épilogue du second procès de Leipzig (Klein et Grebert) et qui concerne le nommé Louis-Jean-Baptiste Herr, journalier, de Schiltigheim, prévenu d'avoir prêté un faux serment par imprudence. Voici, d'après le Journal d'Alsace, les faits :
Le 11 février, une perquisition domicilière fut opérée chez le sieur Martin Grebert, fabricant à Schiltigheim, soupçonné du crime de trahison envers l'Etat. Grebert était absent ce jour-là. Ayant appris ce qui s'était passé, Grebert prit la fuite et se réfugia en France. Sa femme chargea alors le prévenu Herr d'aller trouver son mari et lui remit un billet par lequel elle informait ce dernier qu'on n'avait rien trouvé de suspect lors de la visite domiciliaire. Herr fut arrêté le 13 février par la police de Deutsch-Avricourt, et, interrogé par le commissaire de police, il déclara qu'il avait été chargé par la femme Grebert de se rendre à Igney-Avricourt pour s'informer auprès du sieur Gerber, commissaire de police de cette localité, si Grebert se trouvait chez lui ou s'il avait l'intention ou non de revenir à Schiltigheim.
Le 12 avril de cette année, Herr fut entendu comme témoin dans l'instruction de l'affaire Klein et Grebert faite par le juge d'instruction de la cour suprême de Leipzig; on lui avait fait prêter serment pour l'engager à faire une déposition conforme à la vérité. Herr déclara qu'il n'avait pas été envoyé par la femme Grebert chez le sieur Gerber, commissaire de police, mais qu'il avait été chargé de s'informer sur le compte de Grebert auprès du sieur Fullhard, domicilié à Deutsch-Avricourt qu'ayant été très troublé, il avait pensé qu'il commettrait une imprudence en nommant ce dernier, qu'il s'est souvenu alors d'un ancien ouvrier de Grebert, portant le nom de Gerber, et que, sans savoir qu'il existait à Igney-Avricourt un commissaire de police de ce nom, il avait dit qu'il avait été envoyé chez le sieur Gerber, commissaire de police à Igney-Avricourt. Il aurait pris dans la précipitation un billet de chemin de fer pour Igney-Avricourt, au lieu d'en prendre un pour Deutsch-Avricourt.
Le juge d'instruction, après avoir fait ressortir la contradiction existant entre sa déclaration présente et sa déposition antérieure et l'avoir rendu attentif à l'importance du serment et les graves conséquences qu'entraîne le parjure, l'engagea à rectifier sa déposition faite sous serment, dans le cas où elle serait fausse mais Herr persista à déclarer que sa version actuelle était la seule vraie et que ses déclarations antérieures, faites dans le trouble, n'étaient pas exactes. Herr, soupçonné d'avoir prêté un faux serment, fut arrêté le 13 avril. Il fut interrogé le lendemain par l'amtsgericht et plus tard par le juge d'instruction, auquel il finit par avouer que les déclarations qu'il avait faites le 12 avril étaient inexactes.
A l'audience du 14 juillet, Herr renouvelle ses aveux et ajoute qu'à la vérité la femme Grebert l'avait envoyé chez le sieur Fullhard à Deutsch-Avricourt, mais que le sieur Haas, aubergiste (qui s'est suicidé pendant le procès de Leipzig), lui avait dit, avant son départ, de se rendre à Igney-Avricourt auprès du sieur Gerber, commissaire de police, qui lui donnerait des renseignements sur Grebert. Dans la déposition faite par Herr le 12 avril, celui-ci n'avait pas parlé de la commission dont J'avait chargé Haas, ce dernier l'ayant prié de ne pas dire qu'il avait été chargé d'aller chez le commissaire ̃ de police à Igney-Avricourt. Avant d'avoir été interrogé par le juge d'instruction, il s'était entendu avec Mme Grebert, qui lui avait dit ce qu'il devait déposer; ils n'avaient pas prévu qu'il serait appelé à prêter serment.
Sur la proposition du ministère public, le tribunal condamne Herr pour faux serment prêté par imprudence à un an de prison.


L’Echo Rochelais - 13 août 1887

LES INCIDENTS A LA FRONTIÈRE
Une dépêche de Nancy avait tout d’abord annoncé l’expulsion de trente-huit employés français de la gare française d’Igney-Avricourt, habitant à quelques centaines de mètres de la frontière, sur territoire allemand. Nous savons aujourd’hui qu’il ne s’agit pas seulement de trente-huit employés, ni même des trente-huit familles d'employés, mais bien de tous les employés sans exception, de leurs femmes et de leurs enfants, de tous les retraités et des veuves d’employés qui habitent Deutsch-Avricourt. Ces malheureux ont été convoqués le 5 août à la mairie et notification leur a été faite de cette brutale décision.
Un délai très court est accordé aux expulsés pour opérer leur déménagement. L’autorité allemande ne s’inquiète pas de savoir où ils pourront se réfugier.
Les employés de la Compagnie dont la présence est chaque jour nécessaire Igney-Avricourt sont tout particulièrement dans l’embarras, puisqu’ils ne peuvent trouver aucun logement suffisamment rapproché de la dernière station française Mais peu importe au statthalter, qui, après avoir prononcé tant d’expulsions de Français, en est arrivé à prononcer des expulsions en masses. Il n’invoque même pas l’ombre d’un prétexte. La Gazette de Cologne en a cependant trouvé un :
« Ce qui a choqué les autorités allemandes, dit-elle, c’est de voir les employés de la Compagnie circuler en uniforme dans les rues d’Avricourt. » (Sic.)
Exigera-t-on, désormais, que les employés de nos chemins de fer à la frontière de l’Est soient des Allemands ? En présence d’une mesure aussi brutale, on s’explique moins encore la faveur accordée au sieur Weisbach : cet individu avait menacé le préfet de Meurthe-et-Moselle de représailles, et les journaux allemands interprètent la décision du gouvernement français comme une reculade et lui adressent à ce sujet leur félicitations ironiques.
Voici en quels termes la nouvelle a été communiquée aux journaux de Strasbourg :
« MM. Weisbach frères ont reçu de la préfecture de Meurthe-et-Moselle l’autorisation d’ouvrir de nouveau leur fabrique à Emberménil. »
Il n’est pas question dans cette communication d'un simple délai de trois mois accordé à Weisbach. Celui-ci espère évidemment que, grâce à de hautes influences, l’arrêté du préfet de Meurthe-et-Moselle ne sera jamais appliqué.


Le Tintamarre - 29 janvier 1888

En Zigzag [...]
Le commissaire d'Avricourt,
Gare française, à la frontière,
Etait Allemand. Le bruit court
Qu'on le savait, dit ma portière.
Non, vraiment, c'est à rester court
Et muet pour sa vie entière
D'étonnement, un gros et court
A passer par une chatière.
Nous serons donc toujours roulés
Par ces Germains fourbes et laids
A qui nous devons une danse;
Nous serons donc toujours les daims
Qui remplacent par des dédains
L'espionnage et la prudence !


Le Petit Journal - 13 février 1888

Lunéville
Nouvelle vexation à la frontière.
Les magasins du-Printemps de Paris ont à Avricourt une maison de réexpédition pour le service des douanes. Les employés portent, depuis l'annexion le mot Printemps brodé sur leurs casquettes. Or, défense vient de leur être faite de porter désormais cet insigne même dans l'exercice de leurs fonctions, soit dans la gare allemande, soit à Avricourt.


Le Temps - 21 mai 1888

ALSACE-LORRAINE
On écrit d'Avricourt au Journal d’Alsace:
Le nommé Joseph Lutz, âgé de dix-huit ans, de Herlisheim, et un jeune homme de Rohrwiller (canton de Bischwiller) sont partis ces jours derniers par le train d'Avricourt pour émigrer en Amérique dans le but de se soustraire à l'obligation de servir dans l'armée allemande. Un ami de Lutz, le nommé Gabriel Veltz, âgé de vingt-trois ans, qui voulait également émigrer, a donné à ces jeunes gens le conseil de quitter le train à une station située en deçà d'Avricourt et de passer à pied la frontière, leur disant qu'il les rejoindrait en France. Les signaux qu'il faisait de la fenêtre du wagon aux deux fugitifs ayant attiré l'attention du personnel de la station, Veltz a été arrêté et conduit à Strasbourg. Il était porteur de l'argent et du billet de passage de son ami Lutz.


L’Echo de Paris - 3 juin 1888

A la frontière franco-allemande

Nancy, 1er juin.
Jusqu'à présent, une quarantaine, de personnes seulement ont dû rebrousser chemin pour retourner à Avricourt.
Un commissaire de police exécute rigoureusement la consigne envers tout le monde; il est assisté d'un gendarme nommé Reischer. Ce Reischer est un gendarme français, déserteur, qui, en 1870, ayant été puni de vingt quatre heure de salle de police, à Nancy, écrivit une lettre à M. de Manteuffel pour lui demander â servir dans l'armée allemande. Il fut aussitôt incorporé, et, la guerre finie, il demanda comme faveur de rester à Avricourt, où il est d'ailleurs détesté.
En attendant le train qui doit ramener en France les personnes non munies de passeports; la consigne est des plus rigoureuses ; ces personnes ne peuvent s'éloigner de la gare; les dames sont accompagnées jusqu'à la porte... des endroits les plus intimes.
Une Anglaise, fort scandalisée de cette escorte, a fait aujourd'hui un véritable esclandre.
Un jeune Russe, élève de l'école des Beaux-Arts de Paris, se rendant en Allemagne par Avricourt, et se voyant refuser la frontière, se mit dans une violente colère. Il cracha dédaigneusement sur les bottes d'un agent de police. Le commissaire le fit immédiatement reconduire à pied, entre deux gendarmes, à la frontière française.
Une dame de Nancy, qui possédait une autorisation de la direction de police de Strasbourg d'aller passer six jours dans cette ville pour aller voir sa mère souffrante, n'a pu passer, ne possédant pas le passeport réglementaire.
Une dame Wagner, dont le mari est serrurier à Reims, qui conduisait à Strasbourg son enfant atteint de la coqueluche et auquel les médecins avaient recommandé l'air du pays, a dû rebrousser chemin, après avoir vainement imploré le commissaire de police.

La Justice a reçu sous forme de lettre la protestation suivante :
Paris, 1er juin.
A trois heures du matin, l'avant-dernière nuit, l'Orient-express arriva comme de coutume à Avricourt. J'avais avancé mon voyage de quelques jours, espérant ainsi n'avoir rien à solliciter de l'ambassade d'Allemagne. Je m'étais trompé. Déjà on ne franchissait plus la frontière sans passeport visé à Paris.
Une vingtaine de voyageurs, dans le même cas furent également priés de descendre du train.
Les uns avaient des passeports, mais ces passeports n'étaient point revêtus du nouveau visa de l'ambassade d'Allemagne. D'autres, munis d'un permis de séjour en Alsace, s'étaient imaginés que, du moment où on les autorisait à séjourner sur territoire allemand, on leur laisserait franchir la frontière sans difficulté; ils avaient cru pouvoir se dispenser d'un passeport. Mais la logique et la politesse ne sont plus de saison sur la frontière. Ils l'ont bien vu.
Un seul Français était parmi cette vingtaine d'interdits. Des Allemands qui n'ont pu justifier suffisamment de leur nationalité ont été retenu jusqu'à plus ample informé.
Le domestique du sleeping lui-même - un Autrichien - a été- également retenu. Les voyageurs n'ont pas dû déjeuner.
Un phtisique, crachant le sang, a été longtemps gardé sous la pluie par deux gendarmes. On a fini par lui permettre l'accès de la gare. Mais défense absolue de sortir... Car, de l'autre côté, c'est territoire allemand.
Un Belge, marié à une Allemande, avait dans ses bras un enfant mourant. Ce malheureux, pleurant à chaudes larmes, se jeta aux genoux du commissaire allemand, lui baisant les mains, le suppliant de lui laisser continuer son voyage. Sa femme poussait des cris déchirants et l'enfant grelottait de fièvre sous la pluie.
Tout fut inutile ; Il n'avait pas de passeport.
Voilà ce que j'ai vu. J'en, pourrais dire plus long encore sur la brutalité allemande.
Mais à quoi bon ? Cela suffit, et tout commentaire est inutile.


Le Tintamarre - 17 juin 1888

En Zigzag
Les Prussiens, gare d'Avricourt,
Arrêtent ce qui vient de France
Sans distinguer et le bruit court
Que l'arrêt s'est pas sans souffrance.
Le voyageur arrêté court,
Sans le passeport-délivrance,
Qu'il soit mince et grand, gros et court,
De passer perd toute espérance.
S'il séjourne dans ces milieux,
Il ne peut seul aller aux lieux
S'affranchir de quelque malaise;
On accompagne aux cabinets
Le fabricant de robinets
Comme la plus pudique Anglaise.


Paris - 28 juin 1888

A LA FRONTIÈRE

(DE NOTRE CORRESPONDANT SPÉCIAL)
Igney-Avricourt, le 26 juin 1888. On dit généralement que les jours se suivent et ne se ressemblent pas. Ce dicton a perdu de son antique justesse - ici du moins - où les dimanches se suivent et se ressemblent en ce sens que tous les dimanches nous avons à regretter une incursion de la soldatesque allemande.
Tantôt ce sont des sous-officiers qui, suivant l’extrême frontière, se mettent à califourchon sur les bornes-frontières.
Une autre fois des sous-officiers franchissent la frontière de quelques mètres, et cela au passage à niveau de la gare d’Igney-Avricourt. Bref, pas un dimanche ne se passe sans que l’armée allemande, dont la discipline me paraît laisser à désirer, fournisse quelque incident.
Avant-hier, à sept heures trente du soir, un officier payeur du 97e de ligne en garnison à Sarrebourg, nommé Raisinger, a franchi la frontière d’environ 50 mètres, au passage à niveau de la gare d'Igney, est venu s’accouder sur la barrière du chemin de fer de l’Est, juste au moment où le train-poste allemand entrait en gare.
Le commissaire de police, prévenu de ce fait, a reconduit ledit officier à la frontière, en lui faisant remarquer que son excuse de n'avoir pas connu la limite séparant les deux pays était inadmissible, attendu que cette limite est indiquée par deux poteaux portant l’un l’inscription : Frontière, et l'autre, celle Grenze : (terme allemand signifiant frontière).
Ce dernier incident n’est évidemment pas plus sérieux que les précédents, mais la population d’Igney-Avricourt commence à croire à un système de bravade auquel il y aurait lieu de mettre un terme, à son avis, en appelant l’attention du gouvernement allemand sur les conséquences graves qui pourraient en résulter.
Cette population, qui est composée en majeure partie d’employés de la Compagnie de l’Est, originaires d’Alsace-Lorraine, est d’autant plus surexcitée qu’elle se trouve frappée dans ses plus chères affections et dans ses intérêts.
En effet, d’après le dernier ukase de M. de Hohenlohe, ces braves gens n’ont même plus la consolation de rendre les derniers devoirs à leurs pauvres parents qui meurent en Alsace-Lorraine.


Le Petit Journal - 6 juillet 1888

TOUCHANTE HISTOIRE
Un de nos lecteurs nous adresse de Nancy la lettre suivante :
Nancy, 2 juillet.
Monsieur le Directeur,
J'ai à -mon service depuis un an une jeune fille de dix-sept ans, native de Haguenau (Alsace-Lorraine). Hier matin, 1er juillet, elle recevait une dépêche ainsi conçue : « Maman dangereusement malade, elle t'appelle, accours vite! »
Vous concevez le désespoir de la jeune fille. Elle fit bien vite un petit paquet et se dirigea vers la gare. Cependant cette réflexion me vint aussitôt à l'esprit : La laissera-t-on passer à la frontière allemande? Elle avait bien dans ses mains la dépêche-allemande lui annonçant le terrible malheur dont elle était menacée, mais cela suffirait-il ?
Comme la jeune fille est un peu naïve et peu hardie, je me décidai à l'accompagner jusqu'à Avricourt, dans l'espoir de pouvoir intercéder en sa faveur. Nous arrivâmes en gare d'Avricourt à 8 h. 43 du matin.
Aussitôt descendus du train qui ne contenait que cinq personnes, on nous fit passer dans la salle de visite, où chaque voyageur dut défiler devant le commissaire allemand les papiers à la main.
La jeune fille, toute tremblante, se présente à son tour; je me tenais-à-côté d'elle. Voici le petit dialogue ,qui s'engagea alors entre elle et le commissaire :
Le commissaire. - Avez-vous un passeport où une pièce établissant votre nationalité allemande?
La jeune fille. - Non, monsieur le commissaire, mais j'ai là une dépêche qui m'appelle au chevet de ma mère mourante.
Elle lui tend, en même temps, le papier bleu.
Le commissaire allemand parcourt rapide ment la dépêche et la remet à la jeune fille en disant :
- Cela ne suffit pas pour passer !
A ces mots, la jeune, fille tombe évanouie sur une banquette de la salle de visite. Immédiatement on se porte à son secours. Les larmes, étaient dans-tous les yeux, le commissaire seul était impassible.
C'est à ce moment que le commissaire me demanda à mon tour mes papiers. Je lui fis connaître le but de ma présence à Avricourt.
« - La jeune fille que vous voyez là, moitié morte, lui dis-je, est à mon service. Elle appartient à une honorable famille de Haguenau; je l'ai accompagnée jusqu'ici pour intercéder en sa faveur auprès de vous, pour que vous la laissiez passer.»
Pour toute réponse, le commissaire me tourna le dos. Il n'y avait, donc rien à faire. Cinq minutes après cette scène, la jeune fille était revenue à elle. Aussitôt la malheureuse se dirige vers le commissaire les mains jointes, se jette à ses genoux et le supplie avec de grosses larmes de la faire accompagner par un gendarme jusqu'à sa maison.
- Ma mère ne peut pas mourir sans m'avoir embrassée ! criait-elle. Elle m'aime tant ! Elle m'attend !
Le désespoir de cette jeune fille faisait mal à voir, mais-il ne toucha pas le commissaire.
Un gendarme qu'on me dit être un Alsacien renégat (ô honte!) vint me dire de reconduire la jeune fille à la frontière, si je voulais lui épargner l'escorte armée.
Le train était en gare d'Igney-Avricourt et allait repartir ; j'y monte avec la jeune fille qui continuait à pousser des cris déchirants. Dans le petit trajet, entre les deux gares frontières, une idée lumineuse s'empara de mon esprit et je la mis à exécution aussitôt arrivé sur le sol français. Je me dirigeai au bureau télégraphique et j'envoyai immédiatement le télégramme suivant :
A Sa Majesté l'Impératrice d'Allemagne à Potsdam
Une jeune fille alsacienne appelée au chevet de sa mère mourante, empêchée de passer frontière Avricourt, supplie sa Majesté de venir à son secours. Caroline Staub.
Cette dépêche lancée; la jeune fille était rassurée. Elle n'avait plus que quelques heures à attendre. Il était alors dix heures du matin.
Le train suivant pénètre en Alsace-Lorraine à une heure vingt-deux minutes; nous prîmes ce train. Aussitôt débarqués pour la seconde fois, tous les employés de la gare allemande préviennent la jeune fille qu'une dépêche était arrivée de Berlin et qu'on devait la laisser passer.
C'était bien vrai ! ... Aussitôt introduits dans la salle de visite, le commissaire allemand, qui reconnut la jeune fille du matin, vint lui annoncer qu'elle pouvait passer librement.
Quelle joie pour la jeune fille! Je revins aussitôt à Nancy, et à neuf heures du soir je reçus une dépêche de Haguenau :
Arrivée à six heures, maman morte une heure avant mon arrivée ! Caroline Staub.
Tout commentaire, n'est-ce pas, serait superflu. Votre légion de lecteurs lira certainement ce récit avec toute l'émotion qu'il comporte. Inutile d'ajouter que je vous garantis sous la foi du serment l'exactitude de cette touchante et lamentable histoire.


La Cocarde - 20 septembre 1888

Une expulsion
On mande à la Post que M. Louis Wech, qui était depuis 12 ans chef de cuisine au restaurant delà gare de Deutsch-Avricourt, est expulsé du territoire d’Alsace-Lorraine. La Post croit que l’expulsion de M. Wech, qui fait partie de l’armée française, est une mesure de rétorsion, répondant à l’expulsion du sommelier allemand de la gave d’Igney-Avricourt.


Le Radical - 18 janvier 1889

Lunéville, 16 janvier. - Il y a quelques jours, quatre fenêtres de 1a douane, à Deutsch-Avricourt, avaient été défoncées et on avait jeté par les ouvertures des brochures antiallemandes.
L'auteur de ces bris de vitres, nommé E..., a été arrêté dimanche par la gendarmerie française, à Igney-Avricourt, et mis à la disposition du parquet de Lunéville.
Cet individu est considéré comme fou. Il a été arrêté en état de vagabondage.


La Presse - 1er février 1890

LA FRONTIÈRE
Une garnison à Deutsch-Avricourt
(De notre correspondant particulier) Lunéville-, 30 janvier. - Les Allemands vont mettre une garnison à Deutsch-Avricourt. Cette garnison se composera d'un bataillon d'infanterie bavaroise.
Deutsch-Avricourt se trouve sur la frontière même. Le village commence à quelques mètres de la gare française d'Igny-Avricourt.
Deutsch-Avricourt ne possède pas de caserne. Des baraques sont construites probablement sur le terrain qui se trouve à l'est du village, le long de la ligne ferrée, entre le village et la gare allemande.


Journal de la ville de Saint-Quentin - 22 mars 1890

Un scandaleux rançonnage Avricourt, 20 mars. - Les douaniers de Deutsch-Avricourt ont inventé un ingénieux moyen d’augmenter leurs appointements. Ils laissent passer sans autorisation les Français que leurs affaires appellent sur le territoire allemand, puis ne les relâchent que contre rançon. Le cas s’est présenté il y a quelques jours : Un Français, marchand de chevaux, ayant vendu quelques bêtes en Alsace-Lorraine, se rendit â la douane allemande, à Deutsch-Àvricourt, pour acquitter les droits d’entrée. Lorsqu’il eut payé ses droits, comme il se disposait à rentrer en France, il fut mis en état d’arrestation par les douaniers sous le prétexte qu’il avait pénétré sur le sol allemand sans autorisation. Les douaniers 'exigèrent de lui le paiement d'une somme de 50 fr., moyennant laquelle il put regagner la frontière.


Courrier de Saône-et-Loire - 23 mars 1890

Vexations allemandes
Avricourt, 21 mars. Les douaniers de Deutsch-Avricourt ont inventé un ingénieux moyen d’augmenter leurs appointements. Ils laissent passer sans autorisation les Français que leurs affaires appellent sur le territoire allemand, puis ne les relâchent que contre rançon.
Le cas s’est présenté il y a quelques jours.
Un Français, marchand de chevaux, ayant vendu quelques bêtes en Alsace-Lorraine, se rendit à la douane allemande, à Deutsch-Avricourt, pour acquitter les droits d’entrée. Lorsqu’il eut payé ses droits, comme il se disposait à rentrer en France, il fut mis en état d’arrestation par les douaniers, sous le prétexte qu’il avait pénétré sur le sol allemand sans autorisation. Les douaniers exigèrent de lui le paiement d’une somme de 50 francs, moyennant laquelle il put regagner la frontière.


La Presse - 11 février 1891

Quatre jours dans un wagon
MEURTHE-ET-MOSELLE. - Avricourt, 9 février. - Hier, des, hommes d'équipe de la gare d'Igney-Avricourt, qui procédaient à la visite de wagons de marchandises arrivés de Paris, ne furent pas peu surpris de trouver un individu blotti dans l'un d'eux.
Les portes du wagon furent immédiatement refermées et on appela la police.
Il résulte de l'interrogatoire que lui a fait subir le commissaire, que le voyageur se nomme Nicolas Roth, sujet badois; il a déclaré qu'étant ressources à Paris et désirant regagner son pays sans frais, il s'était introduit jeudi dernier à la gare de la Villette dans un wagon vide où il s'était enfermé, espérant arriver ainsi à Strasbourg et de là se rendre dans le grand-duché de Bade.
Le wagon ayant été hermétiquement fermé au départ de Paris, l'Allemand Roth est donc resté dans ce véhicule depuis jeudi, sans nourriture et par une température très froide.
Le commissaire spécial de la gare lui a fait donner quelques aliments et lui a procuré un gîte en attendant son rapatriement.


Le Petit Journal - 27 septembre 1891

LA SUPPRESSION DES PASSEPORTS en Alsace-Lorraine
(Dépêche de notre envoyé spécial)
Avricourt, 26 septembre. Les passeports ne sont supprimés en principe entre la France et l'Alsace-Lorraine qu'à partir du 1er octobre et il n'est pas encore très aisé de savoir exactement à quoi s'en tenir. Aussi, au lieu de tenter immédiatement de franchir la frontière, ai-je préféré m'arrêter ici, au point extrême, et voir un peu comment les choses s'y passent.
La situation d'Igney-Avricourt dépasse en bizarrerie tout ce qu'on peut imaginer. Figurez-vous un village brutalement coupé en deux par l'annexion. D'un côté, il n'y a rien, aucune ressource, aucun moyen d'approvisionnement. C'est le côté français, habité par tous nos fonctionnaires, inspecteur et receveur des douanes, employés des postes, personnel de la gare, etc.
Vous franchissez la voie et, à vingt-cinq pas, vous vous heurtez au poteau frontière avec l'inscription. Au delà du poteau déambule le douanier allemand. C'est dans cette partie du village que se trouve, si on peut s'exprimer ainsi, tout 1e commerce d'Avricourt; boulangerie, boucherie, marchands de légumes et de lait, tout est là.
Or, précisément au moment où vient d'être rapportée la mesure des passeports, les autorités françaises ont donné aux employés de tous les services les ordres les plus sévères pour leur interdire de franchir, sous quelque prétexte que ce soit, la frontière. Jadis, c'est-à-dire il y a quelques jours encore, Avricourt français s'approvisionnait à Avricourt annexé qu'il ne faut pas confondre comme on le fait trop souvent avec Deutsch-Avricourt dont je parlerai tout à l'heure. Maintenant cette facilité n'existe plus. Les habitants qui tiennent par un lien quelconque à l'Etat, - et tous y tiennent plus ou moins, - sont contraints de faire plusieurs kilomètres pour se procurer les objets de première nécessité.
En suivant pas à pas, comme je viens de le faire tout à l'heure, la ligne de la frontière indiquée de place en place par les poteaux et des bornes blanches, en constatant ces zigzags invraisemblables, on se demande ce que pouvaient bien avoir en tête ceux qui l’ont ainsi délimitée.
- Si encore, me disait un brave habitant, il y avait quelque chose de naturel comme limite, un fossé, un ruisseau ! Mais non! Tenez, voici un champ à travers lequel la frontière décrit des arabesques insensées. Voici un petit tertre dont la moitié est allemande et autre française.
Et pendant que mon interlocuteur m'expliquait cette étrange: situation sur une route blanchie, un point noir au sommet duquel; scintillait quelque chose de métallique s'avançait, grossissait peu à peu : c'était un gendarme allemand qui, son service fait, s'en revenait de la gare de Deutsch-Avricourt. Et il y a chez nous, des écrivains spéciaux qui font la guerre aux uniformes voyants, en nous citant comme exemple les costumes militaires allemands. Ah! je vous jure qu'on l'apercevait de joliment loin, ce gendarme, et qu'il eût fallu être bien myope pour ne pas voir les éclairs successifs qui jaillissaient de son petit paratonnerre.
Mais revenons à Deutsch-Avricourt. C’est à proprement parler une colonie allemande, un familistère de fonctionnaires, érigé depuis l'occupation par les Allemands. Il n'y a là, groupés autour de la gare, que des feux allemands et on n'y trouverait pas un Alsacien, alors qu'Avricourt annexé ne contient, sauf une douzaine d'exceptions, que des foyers alsaciens ou pour mieux dire français. Aussi les interdictions récentes de communications sont pour, la population d'Igney-Avricourt encore plus pénibles, parce qu'elles la forcent à vivre isolée de ces cultivateurs qui sont demeurés attachés à leur patrie, et dont les fils passent sans hésiter la frontière lorsque l'âge du service militaire arrive.
Peut-être vaudrait-il mieux laisser les habitants de ce qui fut le même village communiquer entre eux et ne mettre en quarantaine réciproque que les fonctionnaires. Tel est l'avis de bien des gens,,ici pour lesquels habiter Avricourt français est un véritable exil. Mais n'allez pas croire pour cela que les inconvénients, les entraves apportées à la vie matérielle altèrent en quoi que ce soit les sentiments patriotiques de la population. Sa tenue, son tact; sont vraiment admirables et c'est les larmes aux yeux qu'un Avricourtais me racontait que, tout récemment, à moins d'un kilomètre de la frontière, les troupes allemandes manoeuvraient sous les yeux des habitants qui, en cas de conflit, supporteraient la première agression. Et c'est à chaque instant comme cela. Aussi règne-t-il ici une atmosphère de tristesse perpétuelle. On ne connaît plus ces fêtes qui égayaient les dimanches de jadis; plus de promenades possibles, rien, rien que la contemplation continue de ces bornes et de ces poteaux, qui ne permettent pas d'oublier un seul instant que le moindre geste, la moindre démarche peuvent être la source d'un incident.
En terminant ces quelques notes, je tiens à vous signaler un fait des plus anormaux et sur la gravité duquel je crois inutile d'insister. La prise d'eau dont la Compagnie de l'Est se sert pour alimenter ses machines est située en bas du village allemand d'Avricourt, de sorte qu'en cas de conflit les Allemands pourraient nous couper net l'eau dont nous aurions besoin. N'est-ce pas déplorable, alors qu’il serait si aisé à l'aide d'un forage d'avoir un puits dans la gare même, puisqu'il a été maintes fois constaté et démontré que la source qu'on va chercher sur le territoire annexé passe à proximité du dépôt des machines. Roland.

La Lanterne - 29 mai 1892

MEURTHE-ET-MOSELLE
Igney-Avricourt, 27 mars. - La nuit dernière, Mme Vouaux, femme d'un facteur-aiguilleur à la gare d'Igney-Avricourt, quittait son domicile pour aller retrouver son mari, de service à l'aiguille de la ligne de Blâmont. Elle laissait à son domicile ses quatre enfants, dont l'aîné est à peine âgé de 8 ans.
Que se passa-t-il pendant son absence? On n'en sait rien encore. Toujours est-il qu'en rentrant vers minuit, la femme Vouaux vit, en approchant de son domicile, situé sur la route d'Igney à Réchicourt-le-Château, les flammes sortir des fenêtres de son habitation. En même temps accouraient au-devant d'elle ses quatre enfants, qui poussaient des cris de frayeur.
Les trois aînés étaient parvenus à se sauver sitôt qu'ils aperçurent le feu, et Edmond, le plus âgé des trois, avait saisi son petit frère, âgé d'un an, et l'avait déposé en lieu sûr.
Quand les secours arrivèrent, la maison était détruite. Les pertes couvertes par une assurance, s'élèvent à 1,600 fr.
On tremble à la pensée que ces quatre enfants, laissés seuls, eussent pu devenir la proie des flammes.


La France - 6 juin 1892

Incident à la frontière
Revenons sur l'arrivée des Sokols à la frontière. A Deutsch-Avricourt, dernière station annexée, un petit incident s'est produit.
On sait que les couleurs tchèques sont les mêmes que les couleurs françaises, bien que le même ordre ne soit pas observé ; chaque Sokol, en traversant l’Alsace-Lorraine, avait sur la poitrine un de ces insignes placé d'une façon apparente.
A Deutsch-Avricourt, le commissaire spécial s’approche d’un de ceux qui étaient à la portière et, d’un ton rude, l’invite à enlever son insigne en lui disant que ces couleurs ne peuvent être tolérées en Allemagne.
Le Sokol ainsi interpellé lui fait remarquer la différence existant entre la disposition des couleurs et refuse d'obtempérer aux injonctions de l’Allemand. Sur ce, grande conversation sur le quai avec le chef de gare et autres autorités de l'endroit. Finalement, après une demi-heure d'arrêt, le train sa remit en marche, sans qu’on inquiétât davantage les Sokols.
Cet incident minime a exaspéré encore davantage les Sokols contre les Allemands, dont ils ont plus d'une fois éprouvé les vexations inutiles.


Le Figaro - 3 septembre 1892

LES PREMIERS DÉSINFECTÉS

Cette malheureuse question du choléra qui inquiète à tort - en France, du moins - se complique - pour ceux d'entre nous qui villégiaturent encore à l'étranger de la crainte de la quarantaine et de la peur de la désinfection. Je voudrais tranquilliser les Français et surtout les Françaises qui, un peu partout, tremblent à l'idée de passer quelques jours ou quelques heures dans une baraque peu confortable, après avoir été au préalable aspergés d'acide phénique ! J'ai été désinfecté hier matin et je ne m'en porte pas plus mal - et ce d'autant plus facilement que quarantaine si sévère dans les instructions ministérielles, désinfection si minutieuse dans les circulaires du Conseil supérieur d'hygiène se réduisent à un minimum d'opérations aussi brèves que peu odoriférantes. Le grand-duc et la grande-duchesse Pierre de Russie, qui se trouvaient, hier, dans l'Orient-Express, pourront en témoigner, en cas de besoin.
Le plus désagréable moment a été celui que les voyageurs, ont passé à Deutsch-Avricourt où employés, gendarmes, conducteurs, porteurs disaient, tous que le train ne passerait pas, qu'il faudrait défaire toutes les malles, et que ceux qui auraient de la chance en auraient pour dix heures ! À Igney-Avricourt, c'est-à-dire à quelques kilomètres à peine de la station allemande, on n'était pas si méchant; Nous sommes entrés les uns après les autres dans un bureau où se trouvaient quatre médecins venus de Nancy; un des médecins nous a demandé, de la plus aimable façon du monde, d'où nous venions; un autre médecin nous a remis, avec un sourire, une carte jaune semblable à celle qui a été décrite dans les journaux d'hier; un troisième médecin, hilare celui-là, a écrit sur un registre à souche l'endroit où nous nous rendions et - sous le regard étonné du gendarme de planton qui paraissait tout stupéfait qu'une opération administrative pût se faire si poliment - on nous a renvoyés à nos bagages qu'un délicieux douanier a marqué dé la plus belle des croix blanches sur la seule présentation d'une patente de santé aussi nette que jaune !
Voilà toute l'opération qui fait tant de bruit de par le monde. Tout s'est réduit à l'enqui de descendre de wagon et à un retard de dix minutes. S'il y avait une critique à adresser aux aimables désinfecteurs, ce serait la trop grande facilité avec laquelle ils croient les déclarations des voyageurs : on devrait au moins leur demander leur billet ou une preuve quelconque de la véracité de leur dire : il y avait hier dans le train des Viennois qui avaient un terrible accent hambourgeois ! Et s'il est plus français de laisser passer tout le monde, s'il est inutile d'imiter l'exemple des aubergistes de Cassel qui se sont engagés à ne pas loger des voyageurs venant de Hambourg, s'il est nécessaire de blâmer publiquement les journaux de Hanovre qui publient les noms des familles qui ont recueilli ceux de leurs membres venant de la ville contaminée - il serait peut-être bon d'être un peu plus sévère, quitte à faire crier quelques gens pressés ! (J'avoue que je n'en disais pas autant avant d'avoir passé la frontière !)
Saint-Charles.


La Croix - 9 octobre 1892

LES PANIQUES

La peur du choléra provoque un grand nombre de paniques aussi puériles qu’injustifiées. Il y a quelques jours à Deustch-Avricourt, on descendait du train venant de Nancy, une jeune fille en proie à d'horribles contorsions. Tout le monde s’éloigna avec terreur; la cholérique est transportée au lazaret et là le médecin constate qu’elle n’a qu’une crise de nerfs.
Quelques jours après, à Igney-Avricourt, un Lorrain descendait du train de Strasbourg, criant d’une voix lamentable : J’ai le choléra. On s’empresse autour de lui. Vomissements, crampes, déjections, tous les symptômes du choléra sont constatés. Le wagon est désinfecté et mis en quarantaine, le cholérique est confortablement installé au lazaret, où il ne tarde pas à dormir d’un profond sommeil. Le lendemain, il se réveillait, gai, frais, dispos. Toutes les traces du choléra avaient disparu. Les trop nombreuses chopes de bière qu’il avait absorbées à Strasbourg étaient l’unique cause de cette prétendue attaque.


La Libre Parole - 19 septembre 1903

ALSACE-LORRAINE
(De notre correspondant spécial)
Arrestation arbitraire d’un Français
Lorquin, 16 septembre.
La presse officieuse a beau clamer sur tous les tons que les relations de la France avec l’Allemagne vont sans cesse s’améliorant, il n’en est pas moins vrai que la police allemande s’ingénie constamment à tourmenter les citoyens français qui tombent entre ses griffes.
Voici une nouvelle arrestation arbitraire à l’actif des policiers de la station allemande de Deutsch-Avricourt.
M. Joseph Massenot, habitant Dombasle (Meurthe-et-Moselle), né le 14 mars 1878, à Steinbach, canton de Sarreguemines, de parents français, et libéré le 14 mars 1902 de son service militaire, fait à Toulon au 8e régiment d’infanterie de marine, se rendait en Lorraine annexée pour y chercher un acte de décès nécessaire à son prochain mariage, lorsqu’il fut appréhendé par un gendarme à Deutsch-Avricourt et conduit, menottes aux poignets, à la prison de Lorquin, où il est encore à l’heure actuelle.
Le père de M. Joseph Massenot, était Français, né à Lemay (Côte-d’Or) en 1845 ; il était venu en Alsace-Lorraine en 1873, pour y résider quelques années. On se trouve donc en face d’un acte arbitraire nettement caractérisé.
Que va faire, en cette circonstance, le tremblotant Delcassé ?


Le Petit Journal - 3 janvier 1907

L'ÉBOULEMENT D’UN TALUS fait dérailler l'express d'Avricourt à Nancy
(Dépêche de notre correspondant)
Lunéville, 2 Janvier.
Le train express n° 38, venant d'Avricourt et se dirigeant vers Nancy, a déraillé, hier soir, vers dix heures, entre les gares de Emberménil et de Marainviller, près du poteau kilométrique 396, à la suite d'un éboulement du talus bordant la voie, sur une longueur d'environ cinquante mètres ; la locomotive est seule sortie des rails et les voitures n'ont pas déraillé.
Les voyageurs en ont été quittes pour une violente secousse et aucun d'eux n'a été sérieusement blessé ; mais trois employée de l'administration des postes, qui se trouvaient dans le wagon faisant le service des postes entre Avricourt et Paris ont été légèrement contusionnés.
Une machine et le wagon de secours ont été envoyés par la gare d'Avricourt, avec des équipes d'ouvriers pour débarrasser les voies, et après cinq heures et demie de travail, le train a pu continuer sa route, mais sans les voyageurs qui ont été transbordés dans un train de secours.


La Lanterne - 8 mars 1908

MEURTHE-ET-MOSELLE

Avricourt. - Vers une heure du matin, M. Intz, visiteur a la Compagnie des chemins de fer, en résidence à Avricourt, a été broyé par un train en manœuvre.


La Petite République - 9 octobre 1908

Pour échapper à la justice un satyre veut se suicider
(DEPECHE DE NOTRE CORRESPONDANT PARTICULIER)
Lunéville, 8 octobre.
Nous avons relaté les nombreux attentats commis à Avricourt sur des jeunes filles par le postier ambulant Cotten, originaire de Paris. Cotten, qui faisait quotidiennement le train-poste Paris-Avricourt, profitait de ses heures de loisir dans cette dernière localité pour abuser odieusement de plusieurs fillettes dont la plus jeune n’avait pas douze ans. Il n’épargnait même pas la fille d'un ami chez lequel il descendait habituellement.
Ce matin, Cotten, qui doit comparaître devant les assises de Meurthe-et-Moselle au cours de la prochaine session, a été extrait de la maison d’arrêt de Lunéville pour être conduit à Nancy. Au moment où les gendarmes l’emmenaient, il se porta tout à coup dans le côté gauche quatre violents coups de couteau, se faisant d’assez profondes blessures. Son état, quoique grave, ne semble pas devoir mettre ses jours en danger.


L’Indépendant du Cher - 10 novembre 1908

Arrestation d'espions ?
Paris. - On mande d’Avricourt à « La Presse » : Le bruit court que la police vient de procéder à l'arrestation de plusieurs espions allemands qui auraient formé le projet de faire sauter une partie de la voie ferrée. Des inspecteurs de la Sûreté générale de Paris auraient été mandés d’urgence.


Le Progrès de la Côte-d’Or - 24 juin 1910

Les premiers pas sur le sol de France
D’Avricourt à Paris
Avricourt, 23 juin.
Le train royal amenant en France les souverains bulgares est entré en gare d’lgney-Avricourt à huit heures quarante-cinq et en est reparti quelques minutes après. C’est à cette gare que M. Stancioff, ministre de Bulgarie à Paris, et le comte de Bourboulon, grand chambellan, étaient allés attendre le roi et la reine. Ceux-ci les ont invités à prendre place dans le wagon-salon.


Le Petit Journal - 31 juillet 1910

ASSASSINAT D’UN GARDE PARTICULIER
Avricourt, 30 juillet.
Il y a environ deux semaines, on a trouvé dans un tunnel, près d'Avricourt, le cadavre d'un garde particulier. On supposa tout d'abord qu'il était tombé d'un train et écrasé par les roues. Or, on vient d'arrêter, à Avricourt, deux ouvriers français qui, depuis quelques jours, se livraient à des dépenses exagérées. Ils ont avoué avoir assassiné et dépouillé le garde particulier qui avait sur lui une assez forte somme destinée à payer des bûcherons. Pour déguiser leur crime, ils avaient jeté le cadavre sur la voie.
Les deux meurtriers ont été conduits sous bonne escorte à Strasbourg, où ils seront jugés.


Le Gaulois - 27 janvier 1912

Les journaux annonçaient, ces jours-ci, l'arrestation, à la frontière franco-allemande, d'un pseudo agent de notre gouvernement, accusé de racolage pour la légion étrangère.
Sait-on quelle étroite surveillance s'exerce là-bas à l'égard de tout ce qui touche la légion ? Un de nos amis se trouvait récemment à la gare française d'Avricourt, quand il se vit soudain interpellé par un jeune gendarme, qui était de planton.
- C'est bien vous, monsieur, fit ce dernier, qui avez contracté un engagement ? J'ai l'ordre de vous faciliter les formalités. Moi ? répondit l'autre, stupéfait; c'est la première nouvelle.
Allons, pas de plaisanteries J'ai votre signalement c'est bien le vôtre.
Notre ami, pour avoir sa liberté, dut exhiber ses papiers. Or, quatre jours plus tard, comme il revenait, à pied, du village allemand d'Avricourt à la frontière, distante d'environ un kilomètre, un menaçant casque à pointe surgit tout à coup devant lui, au haut d'un talus, et un gendarme allemand, cette fois, blond géant formidable, flanqué de deux molosses, lui cria Warten sie mir, mein Herr Wo gehen Sie so schnell (Attendez-moi, monsieur, pas si vite !)
Mêmes protestations de la part de notre ami, et même étalage de pièces. Mais l'Allemand ne se laissa pas convaincre et notre compatriote, après avoir traversé le village, dut le suivre au bureau du commissaire spécial de la gare, homme parfaitement courtois, d'ailleurs, qui n'eut pas de peine à se convaincre qu'il n'était pas le déserteur recherché.
C'est égal, notre ami ne se voyait pas sans peine incarcéré dans quelque forteresse des bords du Rhin, d'où il lui aurait été sans doute moins aisé de s'évader que le capitaine Lux.


Le Nouvelliste de Bellac - 21 juillet 1912

L’aventure du dragon français Un dragon de la garnison de Lunéville a eu une inspiration qui pourrait bien avoir pour lui de très fâcheuses conséquences. Ayant reçu de sa famille une certaine somme d’argent, il se procura des effets civils et entreprit un voyage d’agrément à Strasbourg. Le soir venu, ayant dépensé jusqu’à son dernier centime, il réussit à se glisser sans billet dans le dernier train pour Lunéville, mais, peu avant d’arriver à Avricourt, le dragon fut surpris par un contrôleur qui le désigna au gendarme allemand de service. Il est maintenant écroué à la prison Lorquin, arrondissement de Sarrebourg, sous l’accusation de fraude au détriment de l’administration des chemins de fer. Au régiment, à Lunéville, une autre surprise l’attend, même s’il devait échapper à une punition pour absence illégale, car les règlements interdisent sévèrement à tout militaire de quitter le territoire français sans autorisation ministérielle.


Journal des débats politiques et littéraires - 10 août 1912

ALSACE-LORRAINE
UN CAS DE DOUBLE NATIONALITÉ
Le gouvernement d'Alsace-Lorraine vient de demander au gouvernement impérial une intervention diplomatique à Paris en faveur d'un nommé Petitpas, arrêté récemment à Igney-Avricourt pour insoumission.
Le père de Petitpas, rémouleur ambulant de nationalité française, était venu se fixer, il y a une vingtaine d'années, à Foulcrey, petite commune de l'arrondissement de Sarrebourg, située à un kilomètre à peine de la frontière. Tracassé par les autorités en Alsace-Lorraine, à cause de l'exercice de sa profession, il finit, dit-on, par se faire naturaliser allemand. Sa nombreuse famille se composait de plusieurs filles et de trois fils, qui tous, quand vint l'âge du service militaire, furent soldats allemands dans la garde impériale à Berlin.
Avant comme après leur service, tous trois se rendaient pour ainsi dire quotidiennement en France, où ils trouvaient de l'occupation comme journaliers. Or, il y a une quinzaine de jours, le second fils, Albert, fut arrêté à Avricourt-français par un gendarme, transféré aussitôt à Nancy au 69e de ligne, où il se trouve provisoirement en subsistance en attendant son passage au Conseil de guerre comme insoumis.
Les fils Petitpas, nés en France, avant que leur père vint s'établir en Lorraine annexée, étaient incontestablement Français, aucune démarche de naturalisation n'ayant été faite pour eux en Allemagne. C'est donc par erreur que les autorités militaires allemandes les ont incorporés dans un régiment allemand. Mais, d'après le texte de la loi française, on perd sa qualité de Français « par le fait d'avoir pris du service militaire à l'étranger sans y avoir été autorisé par le gouvernement français. »
La démarche faite par le gouvernement allemand, si celui-ci se décide à la tenter, permettra de mettre fin, une fois pour toutes, à une situation qui a déjà donné lieu à de nombreuses vexations. A plusieurs reprises, depuis quelques années, de jeunes Alsaciens-Lorrains établis en France, où ils ont fait leur service militaire, ont été appréhendés parles autorités allemandes dès qu'ils remettaient le pied sur le sol natal et incorporés aussitôt dans des régiments allemands. Toutes les démarches en leur faveur ont généralement été vaines. Maintenant que l'Allemagne a à se plaindre d'un incident de même nature, elle ne trouvera peut-être pas mauvais que l'on remette sur le tapis des cas déjà anciens et au sujet desquels elle n'a jamais donné satisfaction.


L’Alsacien-Lorrain de Paris - 29 septembre 1912

AVRICOURT ALLEMAND.
L’accroissement continu du transit des marchandises à la gare frontière d’Avricourt nécessite un nouvel agrandissement de cette gare; onze nouvelles voies de garage vont être construites, dont quelques-unes devront déjà être livrées à la circulation pour le 1er octobre. Il s'ensuivra forcément une augmentation du personnel et, par contre coup, la nécessité de nouveaux logements.


Mémorial de la Haute-Loire - 31 décembre 1912

LA CONQUÊTE DE L’AIR

Le biplan français en territoire annexé
Avricourt, 30 décembre. - Toutes les pièces du biplan français, qui a atterri mardi à Avircourt à trois ou 400 mètres en territoire annexé, ont été transportées en gare d’Igney-Avricourt pour être expédiées à Nancy. Malgré la surveillance constante dont l’avion avait été l’objet de la part de ses pilotes, un malfaiteur a réussi à crever l’une des ailes, d’un coup de pied, semble-t-il.


Journal de la Ville de Saint-Quentin - 6 avril 1913

Simples réflexions

Saint-Quentin, le 5 avril 1913.
Ce qu’il y a de plus admirable dans l’affaire du Zeppelin de Lunéville, c’est la douane.
Un dirigeable allemand ayant perdu sa route - et cela fut évident dès le premier moment - descend en terre française; son pilote a l’habileté et le sang-froid de choisir son terrain d’atterrissage un champ de manœuvres où caracolent des escadrons ; l’émotion est vive dans tout le pays, le ministre dépêche le grand chef de l’aérostation militaire à fin d’enquête; l'incident peut être gros de conséquences... M. le receveur des douanes d'Avricourt prend le train, accourt, examine l’objet, suppute la valeur de l’aluminium, les moteurs, accessoires et autres ustensiles généralement quelconques, et conclut au versement d’une somme de 7.600 francs comme droits de douane...
Pourquoi 7,600 plutôt que 6,700 ?
C’est sur le poids sans doute que le droit a été calculé : 50 francs les cent kilos au tarif minimum, l’Allemagne jouissant du traitement de la nation la plus favorisée, ce qui supposerait que M. le receveur des douanes a attribué un poids de 15,200 kilogrammes au Z-lV, et qu’il s’imaginait ou faisait semblant de s’imaginer que la Société Zeppelin envoyait un de ses appareils en France pour le vendre à quelque amateur. C’est un joujou encombrant: 118 mètres de long.
Nous avons la réputation - quelquefois méritée - d’avoir beaucoup d’esprit en France. Franchement, en l’occurrence, nous en avons manqué. Ce formalisme chinois est d’un ridicule que nous aurions peut-être pu nous éviter devant des étrangers.
Cet accès de fonctionnaire aiguë et de fiscalité délirante était déplacé.
On eut compris jusqu à un certain point la confiscation ou le démontage - ce qui équivalait à son anéantissement - du Zeppelin qui, somme toute, avait opéré une randonnée de nuit lui permettant de repérer à leurs feux et sur 200 kilomètres des positions françaises. Le pilote-commandant a juré sur l’honneur que cela il ne l’avait pas fait. Soit ! La mauvaise foi ne se présume pas et la parole d’un soldat a sa valeur.
Mais cet autre avec sa quittance de 7,600 francs !...
Est-ce assez grotesque !
Et ce n’est pas fini. Le ballon étant reparti sans avoir trouvé acquéreur, les droits devront être restitués, mais que de difficultés ! Mais aussi que de belles écritures et quel magnifique dossier à constituer!
Le pilote responsable n’avait évidemment pas songé à faire établir un passavant descriptif au bureau allemand du Rixingen (anciennement hélas! Richicourt), qui est le bureau de douane correspondant à ce lui d’Avricourt, ni par conséquent à faire viser ce passavant par le douanier de garde à la frontière. Première irrégularité, et grave, car cette formalité du visa est essentielle. On petit échanger là-dessus des correspondances pendant des années et même n’arriver à aucune solution. Jugez si c’est passionnant.
Bref, après bien des formalités, des échanges de notes, demandes de renseignements, avis autorisés, consultations, etc., les 7,600 francs, moins le timbre-quittance, seront renvoyés à la Société Zeppelin à Friedrichshaffen.
Dix agents y auront été employés pendant trois mois. Peut-être eut-il été plus simple de ne les pas percevoir.
Dans le beau manuel d’énergie du lieutenant de vaisseau Hébert, dont nous parlions hier, on lit ces lignes si vraies où les officiers purement « intellectuels » sont assimilés aux bureaucrates les plus ratatinés.
Peu à peu, ils en arrivent à prendre la manière légendaire des bureaucrates fonctionnaires pour donner des ordres et rédiger des rapports. Ils compliquent tout et deviennent inaptes à toute solution claire, nette précise et rapide. Ils hésitent perpétuellement. A côté de cela, on voit aujourd’hui des commerçants, des hommes d’affaires, des chefs d’industrie, des ingénieurs, des publicistes... qui sont capables de dicter d’un seul jet leurs lettres ordres, articles, avec une rapidité et une maîtrise insoupçonnées dans le métier militaire, où la rédaction du moindre programme apparaît comme un travail effrayant.
Eh! oui, si dans une entreprise industrielle et commerciale on compliquait ainsi les choses les plus simples, où irait-on et combien d’employés faudrait-il pour la plus vaine des besognes?
On n’irait pas loin en tout cas.
Enfin, la bureaucratie française - que l’Europe a cessé de nous envier - a perdu l’occasion d’éviter un ridicule au pays.
Il y aurait un moyen de rattraper cette gaffe.
Le commandant-pilote du Zeppelin, outre les fameux 7.600 francs, a laissé une somme de 2.000 francs « pour les dépenses nécessitées pour la garde du ballon et le service d’ordre ».
Si on les lui renvoyait avec les 7.600 francs ?
Ce serait assez chic.
E. F.


L’Ouest-Eclair - 3 août 1914

EN ALSACE-LORRAINE

NANCY, 2 août - Dès jeudi tous les officiers allemands de la garnison de Sarrebourg ont fait partir leurs femmes et enfants pour Strasbourg et il y a huit jours que de cette dernière ville on ne pouvait plus sortir ni racines ni grains. Vendredi matin il n'y avait pas en territoire annexe de petites stations qui ne fut gardée par quatre soldats allemands au moins baïonnette au canon. Du côté français je n'ai pas rencontré de troupes avant une quinzaine de kilomètres de la frontière.
Il ne faudrait pas croire cependant que notre surveillance ne soit pas vigilante. Jeudi les douaniers français sont partis vers la frontière en emportant les pancartes-halte, les chaînes et les fils Barbeles à Avricourt.
A 50 mètres de la gare on voyait près du poteau frontière du côté frontière deux chariots remplis de fagots et entre les chariots un douanier allemand en armes. Je puis dire qu'en Alsace-Lorraine la population est calme. Oserai-je ajouter qu'en dépit de l'angoisse que la situation présente fait peser sur tous les cœurs un immense espoir soutient et réconforte les Alsaciens-Lorrains. J'étais en Alsace en 1870, j'ai vu alors les préparatifs de la guerre, la situation présente ne peut être comparée à celle de l'année néfaste.


La Gazette de Biarritz-Bayonne et Saint-Jean-de-Luz - 13 décembre 1918

Au pied du poteau-frontière
STRASBOURG. - Le train des journalistes parmi lesquels se trouvaient plusieurs invités du gouvernement qui venaient d’assister aux inoubliables journées le Strasbourg et de Metz, s’arrêtait hier matin quelques instants à la hauteur du poteau de l’ancienne frontière, entre les gares de Deutsch-Avricourt et Avricourt, Les invités, dont les généraux Balfourier, Bœll, Curé et les journalistes descendirent du train et se placèrent aux côtés de Mme Dussane, de la Comédie-Française qui entonna les premiers couplets de la « Marseillaise » laquelle fut reprise en chœur. Les invités se découvrirent, les généraux saluèrent militairement.


Le Journal Amusant - 9 octobre 1927

LA FOURCHE

En ces sinistres jours, peu de personnes avaient déjà acquis cet entraînement moral, qui nous permit plus tard d'endurer sans défaillir, les mauvaises nouvelles et surtout ces chutes affreuses du haut d'un grand espoir, quand les bonnes nouvelles étaient brusquement démenties.
L'esprit critique n'était pas encore formé. On ne savait pas quels étaient les bons et les mauvais « renseigneurs ». . On haïssait les infortunés « circonspects » qui faisaient là moue ; on les considérait comme de méchants hommes. En revanche, la joie d'entendre les bons pronostics vous faisait reconnaître une compétence exceptionnelle et une clairvoyance prophétique à de lamentables hurluberlus.
Ainsi, le matin du 2 août, avant même que la guerre fût officiellement déclarée, M. Morandy entendit dans un bureau de poste un monsieur, fort sérieux d'allures, annoncer cette nouvelle, qu'un grand nombre de personnes colportèrent ce jour-là : une grande bataille s'était livrée pendant la nuit à Avricourt. Il y a huit mille Français de tués et trente-cinq mille Allemands, Le monsieur avait vu la dépêche au ministère. Il n'avait vu aucune dépêche, mais, croyant dur comme fer à la nouvelle qu'il annonçait, il voulait, par des affirmations précises, faire passer sa conviction plus vite et sûrement dans l'esprit de ses auditeurs.
La suite des événements devait montrer qu'il était difficile de dresser aussi vite le bilan d'une bataille...
M. Morandy, qui connaissait du monde au ministère, alla vérifier la nouvelle. Elle l'étonnait un peu. Aussi prit-il un air sceptique et dit simplement : « Croyez-vous ce qu'on raconté ! » Il vit avec tristesse que son scepticisme était partagé par son interlocuteur, qui se contenta de hausser les épaules.
[...]
TRISTAN BERNARD.


L’œuvre - 13 septembre 1931

LE RAPIDE PARIS-STRASBOURG TAMPONNE UN TRAIN DE MARCHANDISES
Quelques voyageurs ont été légèrement contusionnés

Nancy, 12 septembre. - La nuit dernière, à 22 h. 33, comme il traversait la gare d'Igney-Avricourt, le rapide Paris-Strasbourg a pris en écharpe un train de marchandises.
Le train 5.073 était arrêté dans la gare quand le rapide 35 arriva sur lui à toute allure. Sous la violence du choc, la locomotive du rapide se renversa. Heureusement, le mécanicien avaient eu le temps de sauter à terre.
Bousculés par la lourde machine, cinq wagons du train de marchandises sortirent des rails et se couchèrent en travers des voies.
Pendant un instant, l'émotion fut à son comble dans la gare. Mais on apprit vite qu'il n'y avait eu aucun accident de personnes ; seuls quelques voyageurs, projetés contre les parois des wagons, avaient été légèrement contusionnés.
Un service de transbordement fut aussitôt établi. Les trains de la gare de Strasbourg n'en ont pas moins subi d'importants retards.
Ce n'est qu'après onze heures de travail, vers 11 heures ce matin, que les voies ont pu être dégagées et que le trafic normal a repris.


L’Intransigeant - 13 septembre 1931

A Igney-Avricourt
Le Rapide Paris-Strasbourg tamponne un train de marchandises

Pas de victimes
Nancy, 12 septembre (de notre corr. part).,- Au-cours de la nuit dernière, vers 22 h.. 20, à la gare de Igney-Avricourt, le rapide Paris-Strasbourg a pris en écharpe un train de marchandises. Sous la violence du choc, la locomotive se renversa ; mais le mécanicien et le chauffeur avaient pu sauter à temps. Cinq wagons du train tamponné ont été couchés sur la voie. Quelques voyageurs ont été simplement contusionnés. Par contre, les trains de la ligne ont subi de sérieux retards. Un service de transbordement a été établi en attendant que les équipes de secours s’occupent de relever 1a locomotive.


L’Aube - 2 mai 1933

Plusieurs morts mystérieuses émeuvent la région d’Avricourt
Nancy, 1er mai. - Une singulière affaire émeut la région d’Avricourt. Depuis deux mois, quatre jeunes filles travaillant dans le même atelier d’une manufacture de chaussures, seraient mortes successivement, emportées par le même mal mystérieux.
Nous avons interrogé un employé de la manufacture qui nous a répondu : « Nous ignorons les causes du décès de ces quatre ouvrières. Le Docteur Martignon, qui leur donna les premiers soins les fit transporter à l’hôpital de Strasbourg et à celui de Nancy.
« La Préfecture de la Moselle a chargé les inspecteurs de l’Office d’Hygiène départementale de visiter nos établissements. Nous n’avons pas connaissance du rapport qui a dû être établi. » Nous avons, par ailleurs, rencontré le Dr Martignon, Le praticien se retranche naturellement, derrière le secret professionnel, ajoutant simplement :
« Je vous confirme seulement l’exactitude des renseignements fournis par fa direction de la manufacture en ce qui concerne le nombre des malades, emportées, après quelques jours d’hôpital, par d’abondantes hémorragies. »
Dans la région, à Moussey, Avricourt, à Blamont, les gens colportent, au su jet de cette affaire, des nouvelles et des commentaires dont la fantaisie le dispute à l’exagération.


Le Populaire - 22 mai 1939

Tombé de sa locomotive un mécanicien a les jambes coupées
Sarrebourg, 21 mai. Tombant de la locomotive qu'il conduisait, le chauffeur-mécanicien Georges Martin, 31 ans, célibataire, glissa sur la voie, non loin de la gare d'Avricourt, et eut les deux jambes sectionnées par les roues du tander.

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