Le 23 de ce mois (Février)
vers les neuf heures du matin, il sera procédé par-devant les
Officiers de la Maîtrise Royale de Lunéville, en leur Salle
d’Audience, à la vente & adjudication, aux plus offrans &
derniers enchérisseurs, de la superficie de 189 Arpens, mesure
de Lorraine, formant le quart mis en réserve dans les Bois
Communaux de Fremonville. Ils consistent en une demie futaye de
Hêtres & de Charmes, en 899 Chênes, à vieilles écorces, depuis 2
jusqu’à 4 pieds de diamètre, 1257 Chênes anciens, depuis 1
jusqu’à 3 pieds de diamètre, 617 Chênes modernes, & 303 gros
Chênes. La moitié de ces Arbres est bois de service, propre à
toute espece d’Ouvrage, notamment à faire des planches, des
madriers, &c. La partie du Quart en réserve à exploiter, est
située sur le bord d’une petite Rivière déjà flottable, sur
laquelle on peut construire une Scirie, pour refendre, Enfin, sa
situation en Lorraine, à une lieue de Blamont & 12 de Nancy,
donne la facilité de verser le bois à Paris, en Hollande, &c.
Nous recevons de Leintrey les
détails suivans : le 24 avril dernier, un orage terrible a
éclaté sur la commune de Leintrey et villages circonvoisins.
Depuis le matin le ciel menaçait, lorsque vers 4 heures du soir
des secousses de tremblement de terre ont eu lieu et ont
épouvanté les habitans. Le tonnerre s’est fait entendre d’une
manière si effrayante, que chacun croyait être arrivé au dernier
de ses jours. Dans quelques communes voisines, il est tombé
quantité de grêle à la hauteur de 33 centimètres. A Leintrey, où
le fort de l’orage semblait être dirigé, il en est tombé fort
peu ; mais le tonnerre a fracassé un saule, le plus gros et le
plus grand du finage, près d’un lavoir, où une jeune fille
lavait du linge, laquelle, pour se garantir de la pluie mêlée
d’un peu de grêle, s’était mise sous ledit saule, d’où elle n’a
pas été plutôt sortie, par le conseil d’un homme qui passait,
qu’elle a senti des éclats de bois qui atteignaient ses vêtemens.
Après la crise, on est allé en foule examiner le saule, fracassé
sans être brûlé; les branches, des morceaux de bois
considérables ont été jetés dans la prairie à plus de 300
mètres, et, sur les arbres voisins. On a observé que le tonnerre
a pénétré jusqu’à la racine dudit saule, et est sorti du côté du
lavoir en enlevant 3 ou 4 grosses pierres et les a jetées de
l’autre côté dudit lavoir. Nous en avons été quittes pour la
peur.
Sarrebourg, 6 janvier. Un des
facteurs ruraux de Blâmont, nommé Laurent Pierrot, a été trouvé
dans la neige, sur le territoire de Repaix. Ce malheureux était
tombé dans une fondrière, et quand on vint à la recherche de son
cadavre, il était encore debout, mais gelé; on n’avait soustrait
aucune des dépêches dont il était porteur.
BEAUX TRAITS DE DEUX ENFANS.
La bonté, le courage n’attendent pas le nombre des années, mais
pour qu’ils se perpétuent, il faudrait les récompenser. Nous ne
sommes plus au temps où les éloges suffisaient, ce sont des
actes publics qui doivent en porter la connaissance aux yeux de
tous. Comme les vices, les vertus sont contagieuses.
[...] Mais laissons ces réflexions, et courons à un fait tout
pareil, qui vient de se passer à Repaix (Meurthe). Deux enfans
de M. Valiez jouaient ensemble au jardin, où se trouve un bassin
assez profond. La petite Léonie, âgée de quatre ans et demi,
tombe dans ce bassin et disparaît sous l’eau. A cette vue, son
frère Léon, qui compte à peine sept ans, se précipite après
elle, plonge au fond du bassin et parvient, on ne sait trop
comment, à la ramener sur le bord. Il est vraiment miraculeux
que les deux pauvres petits n’aient point péri ensemble.
Cependant, son acte de courage accompli, le brave Léon court
tout mouillé vers ses parens et leur dit, avec sang-froid et
dans son langage enfantin : « Maman, Léonie vit encore, je l’ai
retirée du bassin, elle est sur le gazon.» Les parens volent au
secours de leur fille, la trouve effectivement étendue sur
l’herbe et s’empressent de lui prodiguer tous les soins que
réclame son état. Elle est sauvée. Ce fait s’est passé le 8 de
ce mois vers midi.
Il est doux de penser que pendant que tant d’hommes agissent
comme des enfans, certains enfans privilégiés franchissent
l’espace pour devenir des hommes.
LUNEVILLE. - La cultivatrice
arrêtée à Leintrey s’est étranglée.
Un événement imprévu met fin à l’affaire d’inhumation
clandestine que nous avons relatée récemment en chronique
régionale. La femme Gadat s’est suicidée.
Mise en état d’arrestation, elle avait été mise à la chambre de
sûreté. Les gendarmes devaient la retrouver sans vie. Déchirant
une partie de sa robe, elle s’était, avec ce morceau de tissu,
étranglée.
Sa mort éteint l’action judiciaire.
Elle laisse 6 enfants dont son mari a désormais la charge.
La fillette, enterrée clandestinement, aurait succombé à une
pneumonie.
A trois kilométrés de
Blâmont, existe un faible hameau qui mérite une place dans nos
annales religieuses. Le village de Repaix compte à peine 229
habitans, et ne possède aucun revenu communal : les fonds qui
doivent pourvoir à toutes les charges publiques se prélèvent sur
les cotisations particulières de chaque famille. Or, cette
humble paroisse, docile aux exhortations pathétiques de M.
l’abbé Gondrexon (1), vient d’offrir un touchant exemple de foi
et de piété généreuse. L’église était depuis longues années dans
un état de dégradation et d’affligeante nudité : rien ne venait
stimuler le zèle et la charité des fidèles, qui ne comprenaient
point la nécessité de remédier â la situation d’un édifice assez
remarquable par plusieurs détails d’architecture ogivale.
Aujourd’hui plusieurs vitraux coloriés ont remplacé le blanc mat
des anciennes fenêtres, et produisent un effet merveilleux ;
les-autels ont été réparés, des ornemens plus convenables et
plus dignes apparaissent dans les cérémonies de la religion
quatorze tableaux d’une belle dimension et peints avec un fini
assez rare s'étendent autour de la nef et rappellent aux
chrétiens ce douloureux chemin de la croix, qui relève notre
courage et nos espérances parmi les épreuves de la vie. Enfin,
on compte aujourd’hui dans la tour de l’église trois cloches
également fondues par M. Baraban, de Nancy, et dont le timbre
sonore se répand à une longue distance.
Il faut remarquer que ces réparations et ces acquisitions
dispendieuses ont été réalisées par les dons volontaires des
habitans ; tous ont témoigné un empressement et une piété
vraiment louables ; aucun sacrifice ne les décourage, et dans ce
moment il est question de placer une balustrade élégante à
l’entrée du chœur et de compléter ainsi les travaux
d’embellissement exécutés dans cette modeste chapelle. Nous
croyons remplir un devoir de justice en félicitant les habitans
de Repaix de leur généreux concours et en applaudissant à leurs
nobles efforts pour consacrer à Dieu un sanctuaire plus digne de
son infinie majesté. Ces hautes leçons de religion et de charité
ne seront point perdues pour nos contrées; déjà l'affluence des
chrétiens qui remplissaient l’étroite enceinte du temple à
l’époque de la bénédiction des cloches et les éloges sincères
qui parlaient de toutes les lèvres pour louer les paroissiens de
Repaix, nous prouvent assez qu’on sait comprendre les prodiges
que la foi inspire encore dans notre âge d’indifférence, et nous
avons l’espoir que de pareils exemples trouveront de nombreux
imitateurs.
(1) Ce jeune prêtre est professeur au collège de Blâmont, et
remplit les fonctions curiales à Repaix depuis deux ans.
Des chutes de voiture
viennent d’occasionner : 1° la mort sur le territoire d’Igney,
du sieur Jean-Baptiste Parmentier, âgé de 33 ans, cultivateur à
Frémonville, qui laisse une veuve avec trois enfants ; [...]
Par arrêté préfectoral, le
débit de boissons du sieur Joseph Jaegert, à la gare d’Avricourt,
et celui de la dame veuve Larue, née Marie Brincard, à Ogéviller,
seront fermés pendant trois mois, à dater de la notification qui
leur sera faite du présent arrêté. Les deux débitants ont
enfreint les règlements sur l’heure de fermeture des lieux
publics.
Jusqu'à présent, dit
L’Eclaireur, on avait vu les chiens chasser les loups, mais on n
avait pas encore vu les loups se livrer à la chasse des chiens.
C est pourtant ce qui est arrivé jeudi matin, vers cinq heures.
Le sieur Chenal, voiturier d’Herbéviller, amenait des
marchandises au marché de Lunéville. Il cheminait tranquillement
sur la route, lorsque entre Herbéviller et Ogéviller, il crut
apercevoir, malgré l’obscurité à cette heure matinale, un loup
près de sa voiture. Comme son chien suivait, et qu’il n est pas
de forte taille, il arrêta son cheval pour descendre de sa
voiture. A peine eut-il mis pied à terre qu’il entendit un cri
et n’aperçut plus son chien. Le loup l’avait attaqué et enlevé.
[...] La Société centrale
d’agriculture de France avait mis deux prix à la disposition du
Comice de Lunéville, une médaille d’or, grand module, et une
médaille de bronze. La médaille d’or a été décernée à M.
Moitrier, d’Ogéviller, pour s’être occupé le premier de la
culture des osiers dans l'arrondissement et pour avoir donné à
ce genre de culture un essor considérable.
Un domestique d’Ogéviller
s’est pendu le 6 du mois courant, en se servant d’une branche de
saule en fait de corde. C’était d’ailleurs un mauvais sujet, dit
le Courrier.
Les martyrs du travail. - Le
3 de ce mois, à une heure de l’après midi, le sous- chef
d’équipe Cosserat, âgé de cinquante- quatre ans, depuis vingt
cinq ans dans la Compagnie des chemins de fer de l’Est, se
trouvait dans un train qui fait le trajet entre Emberménil et
Deutsch-Avricourt. A la gare d’Igney-Avricourt, il voulut sauter
dans son fourgon, au moment où le train se mettait en marche ;
malheureusement il heurta un des poteaux qui soutiennent la
marquise, placée devant les salles d’attente, et tomba entre
deux wagons.
Lorsque le train put s’arrêter, le malheureux avait cessé de
vivre ; son corps était en lambeaux.
Nous apprenons également avec
douleur le décès d'un homme de bien, M. Lazare Godchaux,
administrateur de la communauté d'Herbéviller
(Meurthe-et-Moselle) et beau-père de notre collaborateur, le
respectable grand rabbin de Bordeaux. - Mort à soixante-douze
ans, M. Godchaux avait passé sa vie à faire le bien, et c'est à
lui qu'est due l'édification de l'oratoire d'Herbéviller,
véritable tour de force, si l'on considère le peu de ressources
de cette humble localité. La charité du vénérable défunt n'avait
d'égale que son extrême modestie; aussi avait il défendu tout
discours sur sa tombe, et M. le grand rabbin de Nancy n'a-t-il
pu que saluer sa dépouille d'un simple et suprême adieu. Mais
les regrets qu'il laisse et les bénédictions qui entourent sa
mémoire, n'est-ce pas la plus éloquente des oraisons funèbres ?
Nous avons le regret
d’apprendre la mort de M. l’abbé Eugène Galland, chef d’étude à
l’Ecole Saint-Sigisbert, décédé dimanche dans sa famille à
Ogéviller, à l'âge de 25 ans. M. l’abbé Galland faisait partie
de l’Association de prières.
Les associations en petite
culture
Le comice de Lunéville a reçu communication d’un fait très
intéressant en matière
d’améliorations agricoles.
A Herbéviller, une prairie de 84 hectares -appartenant à de
nombreux propriétaires, avait besoin d'être assainie. A
l’instigation de M. Fisson, conducteur du service hydraulique,
les propriétaires ont constitué entre eux un syndicat qui a
fourni les fonds nécessaires à cette opération. Chaque membre
y a contribué en proportion de sa portion de propriété. - La
prairie assainie donne des récoltes rémunératrices comme
quantité et surtout comme qualité.
Le comice a nommé une commission chargée de décrire l’opération
en vue d’offrir à tous les propriétaires de prairies les moyens
d’imiter l’exemple de ceux d'Herbéviller.
Nous donnerons la description de cette opération afin d’offrir à
des milliers de localités un exemple excellent à imiter.
M. Benoît, propriétaire à
Ogéviller, a été trouvé mort dans son domicile le 26 mars. Il
avait succombé aux suites d une congestion cérébrale
Le cadavre de M. Breton,
manœuvre à Foulcrey, a été trouvé, il y a quelques jours, dans
la rivière, sur le territoire de Blâmont. M. Breton était
étranger à la localité ; son identité n’a pu être constatée que
grâce à des papiers presque illisibles qui se trouvaient dans
ses poches.
M. Michel, vannier à Ogéviller, est tombé à bas d’un bœuf sur
lequel il était monté en rentrant des champs. Il a succombé
quelques instants après.
Dans la nuit du 1er au 2
février courant, des malfaiteurs ont cassé, sur la route de
Badonviller à Ogéviller, trente-trois petits arbres estimés à 60
francs. Auteurs inconnus.
M. LAFARGUE, NOTRE PRÉFET
Nos confrères républicains ont publié des comptes rendus
attendrissants sur le départ de Lunéville de M. Lafargue, notre
nouveau préfet. Nous empruntons au Journal de Lunéville les
lignes suivantes :
« Nous avons laissé partir, sans lui faire nos adieux, le
sous-préfet qui est resté près de cinq ans parmi nous, ce qui
est beaucoup par le temps qui court et sans exemple à Lunéville
depuis l'année 1870. Nous réparons, un peu tard peut-être, cette
omission, en exprimant sur ce fonctionnaire notre sentiment qui
n'est pas précisément un sentiment de regret.
« M. Lafargue cependant ne laisse pas derrière lui le souvenir
de cette brutalité de langage et d'action qui a été le propre
d'un de ses prédécesseurs, M. Gellion-Danglar, de triste
mémoire. S'il y a eu de sa part quelques écarts, notamment au
concours agricole de Cirey, où il se permettait de mettre en
doute la loyauté des adversaires qu'il venait de combattre aux
élections législatives, et dans certaine réception de M. le
Maire de Xousse, ce n'étaient là que des exceptions qui lui ont
servi de leçons. Il était si jeune !
« Mais, sous une apparence doucereuse, M. Lafargue n'en faisait
pas moins une guerre passionnée aux conservateurs, il n'était
pas le fonctionnaire impartial accordant sa justice et ses
égards à tous les élus du suffrage universel indistinctement. Il
devenait rogue, bourru, tracassier vis-à-vis des maires
n'appartenant pas au clan des frères et amis, recevant avec
complaisance les dénonciations dont ils étaient l'objet, les
mettant volontiers sur la sellette, les menaçant et exploitant
ainsi, vis-à-vis des faibles, pour les dégoûter de leur écharpe,
la terreur qu'inspire naturellement M. le sous-préfet.
« Quant aux affaires administratives proprement dites, il ne
s'en occupait que fort accessoirement. Il en laissait le: soin à
ses bureaux, et c'était fort heureux.
« En dehors de son action politique, M. Lafargue avait trois
marottes qui; pour lui, s'y rattachaient directement : c'étaient
les bataillons scolaires, le cercle cantonal et l'agriculture.
« Pour cette dernière, sa sollicitude s'est manifestée par un
traité indiquant à la crise des remèdes faciles pour un
agriculteur en chambre, et par la création d'une société
agricole des cantons Nord de Lunéville et d'Arracourt, qui n'a
d'autre but que de faire pièce à M. Paul Genay, président du
comice de l'arrondissement.
« Là où M. Lafargue s'est surpassé, c'est dans la création,
l'organisation et surtout le recrutement du cercle cantonal
destiné in petto à devenir un club électoral où les campagnes
pourront venir chercher le mot d'ordre et s'entendre sur les
moyens d'exécution. L’important était de recueillir des
adhérents et surtout des cotisations.
« MM. les fonctionnaires en savent quelque chose, et ont sans
doute dû faire acte de déférence à des invitations personnelles
qui représentaient pour eux la carte forcée. Nous ne saurions
les en blâmer. Car, c'est triste à dire, leur situation était eu
jeu.
« C'est par de pareils procédés, c'est par de pareils services,
qu'on gagne les faveurs du gouvernement ; et la preuve en est
dans l'avancement donné à M. Lafargue, devenu préfet des
Pyrénées-Orientales et en même temps, comme attribution de ses
nouvelles fonctions, demi-souverain de la république du Val
d'Andorre. »
Suicide
LEINTREY. - Le 31 juillet, vers sept heures et demie du soir, le
mécanicien du train omnibus 43, de passage à Leintrey, aperçut
une femme qui sortait d’une baraque située près de la voie
ferrée, la traversait rapidement et se jetait résolument sous la
machine.
Quand on releva son cadavre, il était affreusement mutilé, les
jambes étaient broyées, les reins et les poignets coupés et les
intestins sortis.
Le visage, qui était resté intact, l’a fait reconnaître pour
être celui de Marie-Aline F..., femme Auguste L..., âgée de 28
ans, demeurant à Leintrey.
Cette femme avait quitté son mari le matin même sans rien lui
dire, elle était dans un état de mélancolie, et la veille elle
avait eu une discussion avec sa mère pour une question
d’intérêt. Depuis quelque temps elle déraisonnait et ne
jouissait plus de toutes ses facultés intellectuelles, mais,
malgré cela, elle n’avait jamais fait part de sa funeste
résolution ; elle vivait en très bon accord avec son mari.
Les Expulsés d’Avricourt
Nancy, 8 août,
Le nombre des ménages d’employés des chemins de fer de l’Est,
expulsés d’Avricourt est de trente-huit, comprenant cent
personnes environ.
Depuis l’annexion, ces employés habitaient à Avricourt, village
cédé à l’Allemagne, parce que le village en deçà de la
frontière, Igney ne compte pas assez de maisons pour pouvoir les
loger.
A la suite de leur expulsion, il est probable que ces employés
habiteront Lunéville, en attendant qu’on ait fait des
constructions, à Igney pour les recevoir.
A EMBERMÉNIL
Nancy, 8 août.
Le préfet de Nancy a pris un nouvel arrêté accordant un délai de
trois mois à M. Wiesbach pour la fermeture de la fabrique de
poupées d’Emberménil. Un premier arrêté avait ordonné la
fermeture immédiate ; mais il est probable que l’administration
préfectorale aura voulu accorder un délai de trois mois à M.
Wiesbach, afin d’écouler le stock de marchandises qui se trouve
en magasin.
Procédés allemands
La lettre suivante a été adressée au journal le Temps par M.
Lang, instituteur à Igney-Avricourt.
Igney-Avricourt, 14 août 1887.
Monsieur le rédacteur,
Dans votre journal du 12 courant, je lis, sous la rubrique «
Alsace-Lorraine », ce qui suit :
« La Landeszeitung annonce que, dimanche dernier, la police a
arrêté le sieur Lang originaire des environs de Haguenau, et
instituteur à Igney-Avricourt. A l’occasion de la fête du 14
juillet dernier, Lang avait passé la frontière avec ses élèves
et la figure tournée vers l’Allemagne, leur avait fait chanter
des chansons dont le texte constituait de graves insultes envers
le gouvernement allemand. »
Voici la vérité :
» Ni moi ni mes élèves n’avons passé la frontière. Nous avons
chanté nos chansons patriotiques comme les années précédentes :
la Marseillaise des Enfants, les Girondins, le Drapeau de li
France, le Souvenir du beau pays de France, etc., et cela au
centre de la colonie française d'Igney-Avricourt devant l'hôtel
de la Gare, où le cercle tient habituellement ses réunions; mes
élèves avaient la figure tournée vers le village français d'Igney.
Et dire que nous avons passé la frontière est un infâme
mensonge. Toute la population de la gare française a été témoin
de notre tenue et de notre chant, et proteste avec moi contre
l’infâme article de la Landeszeitung.
Quant à l’arrestation dont parle le même journal, voici encore
la vérité :
Le 31 juillet, dimanche, à dix heures trois quarts, je suis
sorti de la messe du village allemand; un gendarme m’accoste et
me demande si j’ai sollicité la permission de passer mes
vacances en Alsace, et si j’en ai obtenu la permission. Sur ma
négation, il m’invite à l’accompagner chez le commissaire
allemand, qui m’obtiendra facilement cette permission.
Je l’en remerciais et lui disais que je resterai tranquillement
chez moi. Il insiste et je lui réponds que si l’envie me
prenait, je pourrais bien trouver le commissaire dans
l’après-midi. Mais il insiste plus fortement. Je l’accompagne.
En route, le gendarme me parlait de la fête du 14 juillet, des
cris qui ont été proférés. Sur toutes les questions je lui
répondais que nous sommes Français et chez nous. Arrivé chez le
commissaire, celui-ci me demande si je n’ai pas connaissance de
la loi qui interdit le territoire allemand à tout Français non
muni d’un permis allemand.
Et comme je lui disais que tous les employés et le personnel de
la gare française descendaient sans gêne au village, je m’en
croyais le droit aussi. Sur quoi il me répond que je suis
instituteur et que j’inculque à mes élèves un patriotisme
ridicule et outré, et qu’à partir de ce moment ni moi, ni ma
femme ne devaient plus franchir le territoire allemand, sans
quoi nous serions coffrés. Si nous voulions y descendre, nous
devrions nous pourvoir d’un permis du kreisdirector de
Sarrebourg. Je rentrai chez moi sans être accompagné par la
police.
Lang, instituteur.
Un jeune voleur, disant
s’appeler Henri Lécolier, être âgé de 13 ans et natif de
Raon-l’Etape, après avoir excité la pitié de M. Robert,
cultivateur à Ogéviller, en lui racontant qu’il était orphelin
et fatigué de mendier, s’est enfui du domicile de ce cultivateur
qui lui avait offert du travail, en emportant divers vêtements
estimés 30 fr.
ROCROI - Arrestation. - Les
gendarmes ont arrêté dans la rue de Bourgogne, un vagabond
étranger au pays, venant de Belgique. C’est le nommé Jambois
(Charles-François), âgé de 41 ans, né à Repaix
(Meurthe-et-Moselle).
MEURTHE-ET-MOSELLE
(Par dépêche de notre correspondant.)
Nancy 12 décembre, 8 h. matin.
Un épicier de Réclonville revenait du marché de Lunéville, sur
une voiture chargée de marchandises. Pendant le trajet, il
s'endormit ou voulut se pencher. Son foulard, dont une extrémité
pendait dehors, s'est enroulé autour du moyeu de la roue, et
suivant celle-ci dans la marche de l'axe, avait enserré le cou
du malheureux, nommé Idoux, qui est mort étranglé. Le cheval a
ramené la voiture jusqu'à Réclonville, où on a découvert le
cadavre de M. Idoux.
Ce terrible accident a produit dans la pays une émotion
considérable.
Alsace-Lorraine. - Deutsch-Avricourt,
17 janvier. - Dernièrement, quatre fenêtres de la douane, à
Deutsch-Avricourt, avaient été défoncées, puis, on avait jeté
par les ouvertures des brochures anti-allemandes. L’auteur de
ces bris de vitres, nommé E... a été arrêté dimanche par la
gendarmerie française, à Igney-Avricourt, et mis à la
disposition du parquet de Lunéville. Cet individu est considéré
comme un fou. Il a été arrêté en état de vagabondage.
Vols dans les églises.
Depuis une quinzaine de jours, la police a dû enregistrer
plusieurs vols commis dans les églises de Nancy ou des environs.
Ces vols sont dus, apparemment, à la même bande d’individus, et
nous ne saurions trop recommander la prudence en ces longues
nuits d’hiver.
En parcourant un vieux registre de l’année 1789, nous n’avons
pas été peu surpris de trouver, à la même époque, une série
considérable de vols dans les églises de Lorraine.
Ainsi, nous voyons des voleurs à Domèvre-sur-Vezouze, le 5
février 1789 ; le 7, à Saint-Clément ; le 8, à Azerailles, où
ils ont enlevé tous les vases sacrés ; le 10, encore à
Saint-Clément cette fois chez le curé, dont le vicaire a été
blessé de deux coups de feu.
Nous retrouvons la même bande insaisissable, le 11 février 1789
à Sainte-Marguerite, près de Saint-Dié ; le 12 à Fenneviller, où
ils dépouillent entièrement l’église et le 15 encore à
Saint-Clément; le 1er avril, les voleurs enlèvent tous les vases
sacrés de Bénaménil et d’Ogéviller, puis essayent vainement de
crocheter les portes de l’église de Domèvre ; le 13, on les
retrouve à Réding, près de Sarrebourg, à Repaix et à Cirey.
La police n’a pu mettre la main sur ces audacieux voleurs, et
les paroisses spoliées se comptent plus nombreuses encore dans
le cours de cette année 1789.
Vol Un malfaiteur inconnu
s’est introduit dans la maison des époux Louis, tisserands à
Nonhigny et a dérobé sur le grenier du linge étendu pour sécher
; le préjudice causé est d’environ 30 fr. Le voleur n’a pas eu
besoin de commettre d’effraction ; la fenêtre du premier est
constamment ouverte et une échelle jamais retirée y donne accès.
Procès-verbal a été dressé.
Ogéviller. - M. Marchal,
boucher, a porté plainte contre plusieurs individus de
Lunéville, qui lui auraient volé 80 kilos de raisins et 30 kilos
de poires, sur sa voiture remisée chez M. Masson, aubergiste à
Lunéville, rue d’Alsace. Le préjudice causé à M. Marchal est
estimé à 30 fr.
L'INCIDENT DE FRONTIÈRE D'AVRICOURT
Nous recevons de notre correspondant la dépêche suivante, qui
explique les circonstances qui ont pu donner naissance au bruit
relatif à un incident à la frontière :
Igney-Avricourt, 23 juillet.
Depuis quatre ou cinq jours, un régiment de uhlans, en garnison
à Sarrebourg, se livre à des simulacres de combats sur la
frontière. Vendredi, ce régiment se rapprocha, au cours de ses
manœuvres, de la ligne de démarcation et l’action finale se
déroula dans la forêt de Staatwald, en face de la forêt de
Parroy, qui est située en France et qui masque le fort français
de Manonviller. Le combat terminé, le régiment se disloqua.
Une partie se dirigea directement sur Sarrebourg tandis que
l’autre longeant la frontière, prit la route de Deutch-Avricourt.
Trente officiers sous les ordres du colonel gagnaient pendant ce
temps la ferme de Jambrock, située sur le territoire allemand, à
environ 300 mètres de la frontière qui fait à cet endroit un
énorme coude dont une partie se trouve située sur le territoire
français.
Le colonel questionna une fille de ferme pour savoir s’il n’y
avait pas de travaux de fortification française dans le
voisinage. Les officiers repartirent ensuite pour rejoindre leur
régiment. Des promeneurs ayant aperçu trente cavaliers assez
avancés dans le coude de la route crurent que les Allemands
étaient sur le territoire français et le télégraphièrent à
Nancy, et un journal de cette ville publia la nouvelle.
Le choléra
[...]
Tous les voyageurs passeront la visite médicale ; un lazaret est
établi pour les voyageurs suspects. A Igney-Avricourt, les
mesures sont prises et le poste d’observation comprenant 2
docteurs, 1 interne, 2 infirmiers, 1 infirmière et 2 secrétaires
organisé. L’étuve est aménagée.
En descendant des trains venant d’Allemagne, les voyageurs
défileront devant le médecin, qui se tiendra dans un local
précédant la salle de visite de la douane.
Toute personne atteinte de gastro-entérite sera retenue et
soignée au poste ; toute personne qui, sans présenter des signes
de gastro-entérite, offrira des symptômes suspects, pourra être
retenue en observation.
On remettra à chaque voyageur bien portant un « passeport
sanitaire ».
Laneuveville-aux-Bois. -
Mercredi soir, à Laneuvevile, un nommé Cabocel a tué d’un coup
de fusil un jeune homme d’une vingtaine d’années, nommé Alison.
C’est dans un accès de délire alcoolique que le meurtrier a
commis son crime. Il avait, d’ailleurs, déclaré qu’il tuerait la
première personne qu’il rencontrerait. Cabocel a été arrêté par
la gendarmerie. La victime est originaire d’Ogéviller, où ses
funérailles ont eu lieu vendredi matin.
Croa ! Croa !
Celui de Nonhigny prétend empêcher ses ouailles de manger de la
viande et du poisson dans un repas de noce sous prétexte que
l’on est en carême et cela malgré l’argent que les gogos lui
versent à titre de dépense. Le carême ne l’empêche pas cependant
d’accepter un excellent pâté dont lui fit cadeau le marié.
Celui de Parux voulant épater les naïfs qui fréquentent sa
boutique, s’écriait autrefois : nous sommes 46,000 avec lesquels
il faut compter en France. Hélas, il faut en rabattre ;
aujourd’hui il pleure sur les malheurs des temps présents, et
pour résister à l’envahissement de la mauvaise presse, il
distribue tous les dimanches des vies des saints et des Croa
croa !
Nonhigny. - Le sieur Hubert
Colin, maçon, a déclaré à la gendarmerie que se trouvant au café
Tisserant, il y avait été l’objet de violences de la part d’un
autre consommateur qui lui aurait jeté une chope à la tête et
l’aurait frappé de plusieurs coups de poing. Celui ci, le sieur
Hochon, également maçon, n’a pas encore été interrogé.
Nonhigny. - M. Malnory,
instituteur en retraite a été violenté par le sieur L’Hôte qui,
le rencontrant sur la route le saisit par la barbe, le traîna
jusque sur le bord du fossé où il le renversa avec sa
bicyclette. L’Hôte n’a pas encore été interrogé.
Blâmont. - Le nommé Eugène
Maire, âgé de 51 ans, manouvrier, sans domicile fixe, a été
arrêté en vertu d’un mandat d’arrêt délivré par le parquet de
Lunéville, sous l’inculpation de vol.
L’ESPIONNAGE ALLEMAND
Lunéville, 10 octobre.
On signalait, il y a quelques jours, l‘apparition sur Lunéville
d’un ballon allemand se dirigeant vers Nancy. Le ballon a été
vu, d’abord, par de nombreux villageois de Vaucourt, petit
village touchant à a frontière. Il se tenait à moins de trois
cents mètres au-dessus de la forêt.
Violent incendie
Vendredi, vers midi, un incendie dont les causes sont purement
accidentelles, s’est déclaré dans la maison de M. Karmann,
rentier, demeurant à la gare d’Emberménil (Meurthe-et-Moselle).
Cet immeuble, habité par le propriétaire et son neveu. M. Gatrio,
marchand de vins en gros et restaurateur, a été en entier la
proie des flammes. Une petite maison située derrière la
précédente, dont elle est séparée par une ruelle de quelques
mètres seulement, et habitée par le garçon de cave, M. Cherhal
et sa famille, a eu le même sort que la première.
Le feu a pris naissance dans un tas de regain déposé dans le
hangar attenant à la maison; c’est la fermentation de ce regain
qui doit être la cause du sinistre. Tout était assuré et les
pertes s’élèvent environ à 70.000 fr.
Aussitôt l’alarme donnée, le maire, les pompiers et les
habitants se sont rendus sur le lieu du sinistre et sont arrivés
à sauver une grande partie du mobilier ; mais, malgré la bonne
volonté de tous et des pompiers de Leintrey, accourus pour
prêter main forte, on ne put venir à bout d'éteindre l’incendie,
faute d’eau. A quatre heures de l’après-midi, il ne restait plus
que les quatre murs des bâtiments.
Avricourt. - (Les
romanichels.) Le 10 novembre, les gendarmes français ont rejoint
un camp volant tout près de Vaucourt à quelque distance du
poteau frontière. Il comprenait quatre hommes, quatre femmes et
sept enfants, répartis en quatre voitures. Comme c’étaient des
sujets saxons et alsaciens, les gendarmes les ont refoulés sans
peine de l’autre côté où un gendarme allemand d’Avricourt, après
exhibition de leurs papiers, les a laissés pénétrer.
Badonviller. - Procès-verbal
a été dressé au sieur François Bas, 31 ans, mécanicien, pour
coups et blessures à M. Joseph Fréchard, maréchal ferrant à
Nonhigny.
Tribunal correctionnel de
Lunéville
Règlements de comptes. - M. François Bas, 31 ans, mécanicien â
Badonviller, passait avec son frère et une entre personne dans
le village de Nonhigny, lorsqu’ils firent la rencontre du sieur
Fréchard, qui doit, paraît il, une certaine somme, depuis trois
ans au prévenu. Celui-ci ayant demandé à son débiteur quand il
se déciderait à le payer, Fréchard lui aurait répondu par des
injures. C’est alors que le créancier aurait frappé celui-ci
d'un coup de poing qui lui tuméfia l’œil. - 16 fr. d’amende.
Les morts vers la terre
natale
Marseille, 9 septembre.
Le paquebot « France » est arrivé ce matin à Marseille venant de
Casablanca et Tanger. Il avait à bord 19 cercueils renfermant
les dépouilles mortelles des officiers et soldats tués pendant
la révolte qui se produisit à Fez ou au cours des divers combats
qui eurent lieu au Maroc. Ce sont celles du capitaine Desfrère,
de Frémonville (Meurthe-et-Moselle) ; des lieutenants Juge et
Renaud, de Paris ; Mascarat, de Mende ; Chardonnet, de La
Neuville-aux-Tourneurs (Ardennes); Franceschi et Oraison, dont
on ne connaît pas encore, la destination ; des caporaux de
Nexonne, de la Haute-Marne ; Basset, de Paris ; des soldats
Carne, de Laroque des Albères (Pyrénées-Orientales) ; Démoncey,
de Saint-Julien-de-l’Escap ; Guillot, de Lune (Loire); Lefèvre,
de Limeil-Brevannes (Seine-et-Oise) ; Maury, d’Angoulême ;
Maury, de Toulon, et des soldats Chavagnac, Soudessonne et
Garrigou, dont l’intendance militaire ce Marseille ne connaît
pas encore la destination.
La levée des corps s est effectuée sans cérémonie militaire et
les cercueils ont été dirigés sur leurs destinations
respectives.
Broyé par an train
Avricourt. - Jeudi, des ouvriers de la compagnie de l'Est ont
trouvé sur la voie, près de la gare d'Avricourt, le corps
horriblement mutilé de M. Emile Lhuillier, âgé de 50 ans On
croit que c'est en se rendant à son travail que M. Lhuillier a
été tamponné par un train. Il habitait Leintrey, était marié et
père de 4 enfants.
Des tentatives de désertion
Nancy, 24 mai.
L'Etoile de l'Est rapporte que deux anciens douaniers, nommés
Hild et Simon, ont fait arrêter par la gendarmerie près de
Vaucourt, trois chasseurs à cheval de la garnison de Lunéville,
qui voulaient passer la frontière.
On raconte également que quatre soldats de la compagnie du 153e
de ligne, cantonnée à Pont-à-Mousson, auraient aussi tenté de
s’enfuir au cours d’une manœuvre effectuée aux environs de
Pagny-sur-Moselle.
L’autorité militaire déclare ignorer ces faits.
MEURTHE-ET-MOSELLE
Un jeune homme tire sur son père. - Lunéville. - Au cours d’une
discussion, Adolphe Pierson, 24 ans, perruquier à Reclonville, a
tiré quatre coups de revolver sur son père, le blessant
grièvement.
La victime a été transportée à l’hôpital dans un état désespéré.
Le parquet a ouvert une enquête.
Au Champ d’Honneur
Il était presque notre concitoyen ce brave soldat qui vient de
périr glorieusement pour la France et dont la presse française
honore la mémoire.
L’aviateur Thouroude qui s’illustra comme dessinateur sous le
nom de « de Losques », partageait avec sa famille la sympathie
des Granvillais. Ceux-ci aimaient à voir parmi eux ce charmant
garçon, si brillant, si enjoué qui, chaque année venait passer
ses vacances dans notre ville, où il.se plaisait tant !
Artiste réputé autant qu’ardent patriote, Daniel de Losques dès
la déclaration de guerre, alors que son corps d’affectation
faisait partie des services de l’arrière, demanda à partir dans
l’aviation. Il voulait combative pour sa Patrie, il voulait la
vie active des champs de bataille.
Son désir réalisé, il ne tarda pas à se révéler à l’attention de
ses chefs, par son intrépidité, sa valeur. Blessé au cours d’un
raid audacieux, il obtint dernièrement comme nous l’avons
annoncé une citation à l’ordre du jour et la Croix de guerre.
Au cours d’une périlleuse mission qu’il accomplissait dans les
lignes allemandes, de Losques fut tué après s’être bravement
battu. Cette triste nouvelle fut apportée dans les lignes
françaises par un avion allemand, qui lança un oriflamme dans le
voisinage du terrain d’atterrissage ; ce papier constatait la
mort, le courage déployé par de Losques et son pilote.
Il dort maintenant son dernier sommeil dans le petit cimetière
d’Harbouey, près de Blamont.
Nous nous inclinons avec émotion devant la tombe de cet héroïque
soldat et prions son père, M. Thouroude, son frère, sa sœur et
la famille d’agréer nos sincères condoléances.
Nos prêtres otages ou
prisonniers civils
DIOCESE DE NANCY
Nous avons appris avec. une joie profonde le retour de M. l'abbé
Remy, curé de Thézey-Saint-Martin, emmené avec nombre de ses
paroissiens en captivité, au mois de juillet 1915, et de M.
l'abbé Gérard, ancien curé de Vaucourt, retiré à Hampont
(Lorraine), emmené à l'intérieur de l'Allemagne : tous les deux
étaient, en dernier lieu, dans un couvent à Paderborn.
Ils avaient quitté, voici deux mois, le camp d'Holzminden
(Brunswick), où ils avaient laissé M. l'abbé Moureaux, curé de
Serrouville; qui fut arraché à sa paroisse dès le 6 août 1914,
et qui vient, lui aussi, d'être rapatrié, ainsi que MM. les
abbés Peyen, curé de Jeandelize ; Rouyer, curé de Gogney ;
Mathis, professeur à l'institution Saint-Pierre-Fourier, de
Lunéville ; Collin,. vicaire à Mars-la-Tour ; Barbier,
séminariste de Jeandelize, et le R. P. Deiber, dominicain, qui
n'ont pas bénéficié de la même mesure, et sont en santé
relativement bonne.
M. l'abbé Heckler, curé de Laneuville-au-Bois, emmené comme
otage le 12 septembre 1914, est également rentré du dépôt d'Hirschberg
(Bavière).
M. l'abbé Louis, curé de Deneuvre, devrait à son âge d'être, lui
aussi, rendu à la patrie. Nous ne savons s'il a quitté Munster
où il était détenu.
Avec les prêtres et les clercs, brancardiers ou non, qui sont
prisonniers de guerre, le clergé nancéien compte encore plus de
vingt de ses membres dans les dépôts de captivité en Allemagne.
OPERATIONS FRANCO -
AMERICAINES EN LORRAINE
Pour la première fois, le 9 mars, des opérations de destruction
des organisations ennemies ont été exécutées en Lorraine par des
détachements composés d‘Américains et de Français.
A l’est de Reillon, soixante fantassin et des sapeurs français,
et cinquante soldats américains, après une forte préparation
d'artillerie, se sont élancés hors d’un de nos ouvrages formant
saillant, ont parcouru cinq cents mètres en terrain découvert,
sous le barrage ennemi, et ont bondi sur les objectifs qui leur
avaient été assignés.
Les sapeurs, protégés par l’infanterie, firent sauter les
réseaux, les abris, les observatoires de l’adversaire, qui
s’était prudemment replié, et revinrent dans nos lignes n’ayant
eu en tout que quatre hommes blessés.
A la même heure, à l’est de Neuviller et devant Badonviller,
deux détachements, composés chacun d’une compagnie américaine et
de deux compagnies françaises, après avoir traversé des terrains
bouleversés, pénétrèrent dans les lignes allemandes détruisant
trois tranchées et firent des prisonniers appartenant à un
régiment de uhlans.
Les soldats américains ont fait preuve, en la circonstance, d’un
enthousiasme et d’un courage de tout premier ordre. Loin d’avoir
besoin d’être encouragés, les combattants américains durent être
retenus.
Section de Lunéville
Compte rendu de la fête du 21 février
[...] Au milieu du concert, Me Roger RIBAUD, avocat,
vice-président, vient annoncer la quête au profit de l'A.M.C.,
puis recommande à la générosité des patriotes lunévillois
l'œuvre du monument de Vaucourt : il évoque la mémoire des «
vitriers » entrés dans l'immortalité sous le nom de Diables
Bleus, qui, des premiers, ont crié à l'ennemi des hauteurs de
Vaucourt « on ne passe pas ». Dans une éloquente péroraison il
dépeint la terre maternelle faisant pousser une ample moisson de
fleurs que les femmes françaises iront répandre sur la tombe des
camarades tombés au Champ d'Honneur.
Des applaudissements unanimes saluent les paroles du
vice-président de Lunéville, Le concert continue, puis, c'est la
quête; [...]
Une affaire d’Intelligence
avec l’ennemi devant le Conseil de guerre du 20e corps.
UN HABITANT DE SAINT-AVOLD DEVANT LES JUGES MILITAIRES
Nancy, 23 mars. - (De notre correspondant particulier.) - Le
Conseil de guerre du 20e corps juge aujourd’hui une affaire
d’intelligences avec l’ennemi qui évoque un des plus tragiques
incidents de l’occupation allemande en Meurthe-et-Moselle.
L’accusé est un vieillard nommé Joseph Losson, âgé de 77 ans,
domicilié en dernier lieu à Saint-Avold, 12, rue du
Président-Poincaré.
Losson est accusé d’avoir, à Vaucourt, près de Blamont, au mois
d’août 1914, faussement accusé un habitant de cette commune, M.
Charles Leclère, âgé de 61 ans, d’avoir tiré sur les troupes
allemandes, et d’avoir fait fusiller le malheureux.
Losson était domestique chez M. Leclère, cultivateur, lorsque,
dans la nuit du 30 au 31 août, il fut emmené avec son patron par
une patrouille allemande. Ils furent accusés d’avoir tiré sur un
soldat allemand qui avait été blessé.
Les deux hommes furent interrogés séparément. M. Leclère affirma
son innocence. Il n’en fut pas moins condamné à mort et fusillé.
Qu’avait dit Losson ? La rumeur publique l’accusa aussitôt
d’avoir dénoncé son patron pour se sauver lui-même.
Après l’exécution du malheureux Leclère un lieutenant allemand
interrogea de nouveau les habitants de Vaucourt, parmi lesquels
Losson. Toutes les réponses furent consignées, sauf les siennes.
Losson fut remis en liberté et nommé par les Allemands maire de
Vaucourt. Il s’installa dans la maison de M. Leclère et déclama
que celui-ci avait été fusillé parce qu’il avait tiré sur les
Allemands.
Tels sont les faits qui valent aujourd’hui à Losson d’être
inculpé d’intelligences avec l'ennemi.
Au cours des débats, l’accusé a finalement avoué qu’il avait dit
aux Allemands que Leclerc était l’auteur du coup de fusil parce
que son patron lui avait confié que c’était lui qui avait tiré
sur les soldats.
Losson a été condamné à cinq ans de réclusion. Son grand âge lui
a valu une certaine indulgence des juges.
Meurthe-et-Moselle
Un fils tue son père à la chasse
Lunéville, 5 juillet - (De notre correspondant) : Un drame
atroce s’est déroulé dans la nuit de samedi à dimanche, près de
Saint-Martin, petite commune située à 8 kilomètres d'Emberménil,
dans le canton de Blâmont.
M. Edouard Pierron, maire de la commune de Saint-Martin, était
allé dans la soirée à la chasse aux sangliers avec son fils
Georges, âgé de 16 ans. Ils s’étaient mis tous deux à l'affût
dans un bois, à quelque distance l’un de l’autre.
Vers 11 heures du soir, après avoir vu passer un sanglier qu’ils
n’avaient pu tirer parce qu’il avait disparu aussitôt, Georges
Pierron aperçut une masse noire qui remuait à quelque distance
de lui. Le jeune homme épaula le mousqueton dont il était armé
et tira. Un corps tomba. Il courut et s’aperçut alors avec
horreur qu’il avait atteint son père. Le malheureux, atteint à
la tête par la balle était tombé foudroyé. Il avait dû se
déranger et se rapprocher de son fils sans l’en avertir.
Le jeune homme, affolé, courut au village chercher du secours et
on ramena à son domicile le corps de la victime de cet
épouvantable accident.
LAGARDE. - (De notre
correspondant) : Indélicatesse. - Les nommés Richard Léon,
Jeunesse Joseph et Schirra Marcel, de cette localité, ont porté
plainte à la gendarmerie contre un surveillant de travaux, à
Lagarde. Cet employé avait été chargé par M. Cathelin,
entrepreneur à Xousse, de remettre à chacun des trois jeunes
gens désignés ci-dessus la somme de 200 fr. pour travaux
exécutés au service de la reconstitution. Arend s’est contenté
de verser à ces ouvriers un acompte de 25 francs et a disparu
avec le reste de la somme.
CA ET LA
UNE BEAUTÉ IGNORÉE DE NOTRE ADMINISTRATION POSTALE
Le fait que nous voulons signaler aux lecteurs de ce journal est
tellement incroyable, inouï, que certainement ils se demanderont
si nous ne plaisantons pas. Hélas! non. Cependant il est bon que
le public puisse juger des méthodes de rapidité de
l'Administration des Postes et de l'esprit bureaucratique qui
préside à l’élaboration des règlements qui paralysent le
commerce et les relations de la Lorraine avec la métropole. Nous
laisserons aux lecteurs le soin de commenter et d'apprécier.
Toute personne connaissant la contrée sait que la distance
séparant les localités de Nouvel-Avricourt (anciennement
Deutsch-Avricourt) et Igney-Avricourt situées toutes deux sur la
même ligne de chemin de fer Nancy-Strasbourg est d'environ 2 km.
Or, un colis postal expédié de Nouvel-Avricourt à Igney-Avricourt
met 5 jours pour arriver à destination. Cependant, durant ces 5
jours, il voyage, il fait même ses 170 km !!! Mais oui, il
boucle le circuit Avricourt-Lunéville-Nancy-Bénestroff-Avricourt
(voyez la carte). Pourquoi ? C’est cependant bien simple! Malgré
la guerre, la victoire, nos 1.500.000 morts, entre Nouvel-Avricourt
et Igney-Avricourt, pour la poste, la frontière existe toujours
et le règlement est formel: les colis postaux n’entrent que par
Pagny et doivent tous, sans exception, passer par Metz. Après le
système décentralisateur des Allemands, nous avons le système
centralisateur et sommes à même de faire des comparaisons très
intéressantes et utiles. Bien entendu, cette façon d’opérer est
employée pour les colis de provenance ou à destination de toutes
les localités bordant l’ancienne frontière.
Ce en l'an de grâce 1921, troisième de la grande victoire, sous
le règne de la Toute-Puissante Bureaucratie !
L’administration des postes donne l’explication de ce fait qui
cessera de se produire lorsque le bout de réseau
d’Alsace-Lorraine sera rattaché au réseau de l’Est:
Tandis que dans la Métropole, le transport des colis-postaux est
assuré par Us Compagnies de chemins de fer, ce service incombe
exclusivement, en Alsace et Lorraine, à l’Administration des
Postes. La prise en charge des colis échangés entre les
Compagnies et le Service postal doit être entourée de garanties
et les formalités exigées pour les besoins de la comptabilité ne
peuvent être effectuées que dans des centres organisés à cet
effet et dénommés bureaux d‘échange.
C’est pour ce motif que les rares colis de Nouvel-Avricourt pour
Igney-Avricourt transitent par Metz et suivent ainsi un parcours
qui peut paraître excessif.
Toutefois cet état de choses ne tient nullement à des vestiges
de l’ancienne organisation imposée par l’existence de la
frontière. A l’intérieur même de la France, les divers réseaux
ne procèdent pas différemment et assurent leurs échanges au
moyen de gares de groupement convenablement choisies, sans tenir
compte uniquement de la longueur des parcours.
La durée des transports ainsi organisés n’est d’ailleurs pas
sensiblement augmentée et, normalement, un colis de Nouvel-Avricourt
doit parvenir à Igney-Avricourt dans 24 ou 48 heures. Le délai
exceptionnel signalé par votre correspondant est donc
tout-à-fait anormal et ne peut être qu’accidentel.
Leintrey
Forêt incendiée. - Un incendie s’est déclaré ces jours derniers
dans une forêt voisine de Leintrey, au lieudit « Les Amienbois »
Toutes 'les dispositions furent prises aussitôt pour lutter
contre le fléau que l’on put éteindre assez rapidement, 16 à 18
ares de forêt furent pourtant brûlés.
On présume que l’incendie a été provoqué par la chute, dans les
herbes sèches, de quelques escarbilles enflammées échappées du
foyer de locomotion passant sur la voie ferrée qui longe le
bois.
LES ANCIENS DU 37e R.I.T.
La filiale de l'arrondissement de Tonnerre de l’Association
Amicale des Anciens militaires du 37e R.I.T., vient de donner
son deuxième banquet. Cette réunion où n'a cessé de régner la
plus franche cordialité était présidée par son ancien chef, M.
le colonel de Saint-Didier et groupait autour de tables,
somptueusement fleuries, plus de 60 convives. Le bureau de
Paris, ainsi que les filiales d'Auxerre et d’Avallon étalent
représentées.
Après un menu délicieusement apprêté, savamment arrosé et
congrûment savouré, M. Poussière, président de la filiale de
Tonnerre, ouvrit la série des discours. De discours, personne
n'en fit et tant mieux. En Bourgogne ce n’est guère l’usage de
palabrer quand les yeux caressent un Clos Vougeot onctueux ou un
Pommard délicat et même un Epineuil émoustillant. M. Poussière,
donc retraça brièvement la marche ascendante de la section
Tonnerroise, adressa un cordial, salut aux camarades de Paris,
d'Auxerre et d’Avallon, et leva son verre à la santé des dames
et à la prospérité de l'association. A leur tour, MM. Boué,
Chanut et Thevenin exprimèrent leur joie de se retrouver si
nombreux, et le colonel de Saint-Didier, vint renforcer leurs
exhortations à ne pas s'oublier, en montrant combien l’amitié
devient tenace dans le cœur de ceux qui ont souffert ensemble.
Quand vint l’heure des chansons, notre compatriote Henri Chanot,
ancien du 37e retraçant une page de la vie du régiment pendant
la campagne, fit entendre la chanson suivante sur une localité
où le le régiment fit un de ses plus longs séjours :
A OGÉVILLER
Air : A Belleville.
Après s’être balladé d'Baccarat à Reherez
Par monts, par bois et par plaine en Lorraine
le 37e des Vieux Pépères
Décida pour se reposer
D’aller planter sa bannière à Ogéviller.
C’est un gentil p’tit pat’lin
Bâti tout le long du ch’min
Qui r’joint la route de la Ville d’Lunévllle.
L’été, y s’fait d’la culture,
L’hiver y s’fait des paniers
Comme çà la vie est moins dure A Ogéviller.
Il est orné de vielles tours
Qui ont servi d’nid d’amour
Parait-il à une chàt’laine du Domaine
Sous leurs murs plus qu’séculalres
Les habitants se réfugiaient
Pour fuir les bombes meurtrières à Ogéviller.
Quand on a pris position
I.’pavsan un peu grognon
Se dit ; Des gas d’là Bourgogne
Sûr, çà grogne.
Et puis y-a des Parisiens
Avec eux, faut pas s’y fier !
Et ma foi, tout marcha bien à Ogéviller.
Quand on avait fait quinze jours
Dans les tranchées d'alentour,
Qu’on avait tous la carcasse
Plein’ de crasse
Quand on était fourbu d'faire
Le guet sous le grand peuplier
On était heureux d’se r'faire, à Ogéviller.
Quand on avait jour et nuit
Trimballé des caill’boutis
Des rondins et d'là ferraille
En pagaye,
Ou quand le Boch’, par bêtise,
Nous empêchait d'roupiller
On aimait se r’faire la c’rise à Ogéviller.
Le premier jour de repos
C'était le plus rigolo
On n’soccupait que d'cuisine
Et d'chopines
Y-avait bien parfois des r’vues
Mais la plupart s'esbignaient
On les r(trouvait dans les rues à Ogéviller.
Les autr's jours c’était l'boulot
Avec pell's et pioch's sur l'dos
Y-avait toujours un' corvée
De tranchée
Qu’il pleuv', qu'il vente ou qu'il gèle
C’était pour s'désennuyer
On r’venait à la chandelle à Ogéviller.
Le boulot qu’on faisait l'matin
On le défaisait l’end'main
Ça dépendait d’la migraine du Pitaine.
Ou l’commandant, si la boue
Lui r’froidissait trop les pieds,
Nous renvoyait sur le coup à Ogêviller..
A Reclonvill’ dans les bois
On nous apprenait parfois
A j'ter à la régalade des grenades.
Si certains de cett' visite
R’venaient avec des lauriers
D’autres r’venaient avec un’ cuite à Ogéviller.
Grâce à nos grenad’s citron
On se tapait du poisson
Cuisine plus ravigotante
Qu' la roulante
Même d’aucuns sans manière
S’sont tapé du sanglier
D autr's du lapin d'gouttière à Ogéviller.
Quand c’était la bell'saison
Contre les démangeaisons
On s’trempait dans la rivière le derrière.
L’hiver c’est à Lunéville
Qu’on allait s'débarbouiller
On prenait l’automobile à Ogévlllers.
D’autr’s allaient à Luné
Dans la voitur' d l’infirmier
Sous prétexte de fair’ voir leur mâchoire.
Comme y-avait d'là gonzesse
Certains, qui s’sont oubliés
Sont r'venus, serrant les fesses à Ogéviller.
Et le soir chez l'habitant
Avant d'quitter l’cantonn’ment
C'étaient de bonnes ripailles de victuailles.
On chantait des gaudrioles
Et sur la paill’ du grenier
On s’roulait sans protocole à Ogéviller.
Et pendant ce long séjour
Je dois le dir’ sans détour,
L’37e, composé en somme que d’beaux hommes,
Sut, par sa belle énergie
Et son sourir’ cavalier
Servir deux fois sa Patrie à Ogéviller.
H. CHANOT
UNE AUTOMOBILE SAUTE DANS UN
RAVIN
Un mort. - Un blessé
Nancy, 26 novembre. - (De notre correspondant particulier).
M. Paul Dubois, industriel à Saint-Quentin, venant d’acheter une
voiture de fort-tourisme, 24 c.v., confia la direction à un
jeune chauffeur, Virgile Rollung, d’Ingenthal, assez
inexpérimenté. De Saverne à Blâmont, tout alla bien, les
agglomérations étaient traversées à folle allure et la voiture
tenait bien la route. Mais après Blâmont, à un kilomètre environ
de Domèvre, Rollung donna dans un tournant un trop violent coup
de volant à droite et l’automobile sauta dans le ravin, profond
de cinq mètres, bordant la route. M. Dubois réussit à
grand’peine à sortir des débris de la voiture; il avait un bras
cassé et de nombreuses plaies à la tête et aux jambes; quant au
chauffeur il ne donnait aucun signe de vie; il avait été tué sur
le coup.
GRAVE ACCIDENT D’AUTOMOBILE
PRÈS DE LUNÉVILLE
Un grave accident d’automobile s’est produit hie soir près de
Lunéville, sur la route de Nancy. M. Schoeffler, propriétaire
des Grands Moulins de Blâmont, se rendait à Nancy en automobile
sur une 10 CV. Peugeot, lorsque, dans un virage, sa voiture fit
une embardée et alla donner dans un arbre. M. Schoeffler, qui
était au volant, eut la poitrine complètement défoncée et les
deux jambes brisées. Un passant, qui allumait sa cigarette
derrière l’arbre où l’auto alla se briser, n’eut par miracle
aucun mal. M. Schoeffler, qui était âgé de 38 ans, a été
transporté à l’hôpital de Lunéville dans un état désespéré.
Un jeune homme tué par une
torpille qui explose
Nancy, 20 mars. - Un terrible accident vient de se produire dans
la zone rouge, à Reilles, près de Leintrey. Deux jeunes gens de
cette localité, Chartes Riche et Emile Boisselle, en traversant
un terrain, trouvèrent une torpille démunie de sa fusée, mais
possédant encore sa charge de poudre.
Charles Riche ne trouva rien de mieux pour faire un beau feu
d’artifice que d’introduire un papier enflammé dans la gaine.
Une formidable explosion se produisit aussitôt, Emille Boisselle
fut simplement projeté à terre, mais Charles Riche fut
grièvement blessé dans le dos.
Des ouvriers passant sur la route ramenèrent le blessé chez son
frère qui le fit transporter à l’hôpital de Lunéville.
Mais la blessure ôtait trop grave et le jeune imprudent ne tarda
pas à succomber.
AVRICOURT Vol d'une
bicyclette. - Au café Knaebel, on a volé une bicyclette
appartenant à M. Péténot Joseph, domestique à Xousse, Valeur
environ 400 francs.
Cycliste en défaut. - Jean Lécrivain, 14 ans, demeurant à Repaix,
a été verbalisé pour défaut de plaque d’identité et d’appareil
sonore à son vélo.
NOUVEL-AVRICOURT
Automobiliste en défaut. - Georges Violet, 34 ans, chauffeur à
Blâmont, a été l’objet d’un procès-verbal pour défaut
d’éclairage supplémentaire à son automobile
ASSOCIATION AMICALE DES
ANCIENS COMBATTANTS DU 37e R.I.T..
[...] Visite aux Tombes de Lorraine. - Nos amis Besançon et
Prost, au cours d’une randonnée en Lorraine ont eu la délicate
pensée de visiter les cimetières de villages occupés par nous.
Ils ont relevé tous les noms dont nous donnons ci-dessous la
liste complète par cimetière.
Cimetière National de Reillon : Gaillard Jules, caporal, Guichon
Emile, caporal, Baert Jean, 2e classe, Bouveau Emile, Brun Léon,
Cantin Georges, Chataignier Alphonse, Cheneau Jean, Chiquois
Marie, Déchelle Henri, Dehay Georges, Durand Louis, Erinion
Marcelin, Gaufilet Désiré, Germond Julien, Gogé Joseph, Gonzalve
Polycarpe, Gossé Hippolyte, Guillien, sergent, Grivel Pierre, 2e
classe. Heliot Emmanuel, Joly François, Lairaudat Emile,
Larsonneur François, Métairy Hector. Pelletier Albert, Picq
Louis, Prévost Achille, Robin Jules, Roy Jules, Sautereau Louis,
Siéreu Pierre, Sirenne Octave, caporal.
Cimetière communal de Saint-Martin : Natali Jean, capitaine,
Malmenede Emile, Rabanet Louis, Verry Georges.
Cimetière communal de Bénamenil : Nectou Georges, sergent,
Boursin Achille, 2e classe, Loray Victor, Velly Yves.
Cimetière communal de Domjevin : Lorin, Boullé Camille, Poulet
Isidore, Taillet Anicet.
Cimetière communal d’Ogéviller : Capitaine Herpin Louis,
Sous-lieutenant Billois Albert.
Cimetière communal de Fréminil : Doré Elie.
Nos amis ont pris la généreuse initiative de faire assurer, par
les municipalités, l’entretien des tombes délaissées. Nous
sommes très reconnaissants à nos deux amis de ce très joli geste
synthétisant parfaitement l’esprit de notre association.
NOTA. - Un certain nombre de tombes sont encore restées au
cimetière communal de Lunéville. Les noms qui sont demandés au
Conservateur du cimetière seront publiés dès réception.
LANDANGE, Une diseuse de
bonne aventure pincée. - Artiste foraine, Mme Marie Forthoffer,
40 ans, native de Xousse, semble ne pas pouvoir se nourrir avec
sa nombreuse progéniture du produit de ses représentations.
Aussi exploite-t-elle à temps perdu la vente de dentelles et
broderies qu’elle va offrir dans les maisons des villages,
devant lesquels, elle arrête sa roulotte. La où elle trouve le
terrain propice, la marchande ambulante offre aux clients de
leur dire l’avenir, et c’est ainsi que Mme Pfeiffer, seule à la
maison, n’osa, de peur, refuser l’offre de la foraine qui, pour
faire des grimaces et conjurer les malheurs, réclama 36 francs à
sa cliente. Elle put encore faire d’autres dupes jusqu’à ce que
les gendarmes, prévenus, vinrent mettre fin aux scènes comiques
de la diseuse de bonne aventure. Etant donné ses charges de
famille, Mme Forthoffer a été laissée en liberté provisoire en
attendant d’être convoquée devant ses juges.
Aux anciens du 223e Régiment
d’Infanterie. - Les anciens du 223 ont décidé l’érection du «
Monument du Souvenir » qui s’élèvera dans le cimetière de
Reillon, où reposent de nombreux combattants de ce régiment tués
à Reillon, Vého, de juin à novembre 1915.
Le « Monument du Souvenir », œuvre du bisontin Guénard, sera
inauguré le dimanche 25 août, en présence de tous les « Anciens
du 223e. » Les camarades habitant Besançon et les environs sont
priés de se réunir à Besançon le vendredi 26 juillet, A 18
heures, Brasserie de Strasbourg, 5, rue des Granges, où des
renseignements leur seront, donnés en ce qui concerne les
horaires et les prix, Des collectifs sont prévus.
Présence indispensable, les demandes devant parvenir aux
Compagnies de chemin de fer le 1er août dernier délai.
UN DRAME DE L’ADULTÈRE
Un manœuvre tente d’assassiner le mari de son amie
L’instigatrice du crime est la propre femme de la victime
Nouvel-Avricourt. - Vendredi soir, vers 10 heures, M. Louis
Boulanger, 42 ans, cultivateur, marié et père d’une fillette de
5 ans, a été assailli chez lui, en faisant une ronde avant de se
coucher, par un individu surgissant subitement d’une cachette
dans l’écurie. Sauvagement frappé à la tête, le cultivateur
s’affaissa en criant au secours, puis il perdit connaissance. Sa
femme, née Marie Frémiot, âgée de 28 ans, originaire d’Imling,
accourut aussitôt avec quelques voisins, tandis que le meurtrier
prenait la fuite. Un médecin de Blâmont fut appelé, qui donna
le» premiers soins au blessé.
La gendarmerie de Réchicourt, mise au courant de la sauvage
agression, commença aussitôt ses recherches. Guidés par la
rumeur publique qui s’était vite fait son opinion, les gendarmes
arrêtèrent samedi, à son domicile - une maison de barrière - le
manœuvre Christlit, actuellement occupé sur la voie ferrée à
Azoudange. Au cours de son interrogatoire, Christlit avoua être
l’auteur de l’agression et déclara avoir voulu tuer M. Boulanger
sur l’instigation de la femme de celui-ci, avec laquelle il
entretenait de coupables relations depuis un certain temps. Il
s’était muni d’un vieux fer à cheval qu'on a retrouvé dans un
réduit où l’avait jeté, après l’avoir lavé des traces de sang,
la femme Boulanger elle-même.
Le couple criminel a été arrêté et écroué à la prison régionale
de Saverne.
SOUVENIRS HISTORIQUES DE LA
GRANDE GUERRE
LA BATAILLE DE SARREBOURG
Dans le discours qu’il a prononcé à l’occasion de l’inauguration
du monument aux morts de Buhl, et dont nous reproduisons
ci-dessous l’une des parties les plus intéressantes, M. le
général Reibel relate en détail les différentes phases de cette
mémorable journée.
Je commandais, en août 1914, la 31e brigade, avant-garde du 8e
corps d’armée, commandée par le général de Castelli et faisant
partie de la 16e division, sous les ordres du général de
Maud’hui, qui a terminé sa carrière comme gouverneur militaire
de la ville de Metz où il était né, peu avant la mort de son
père, tué pendant la campagne d’Italie de 1859. C’était un chef
ardent et enthousiaste qui savait communiquer le feu sacré à ses
subordonnés. Ceux-ci connaissaient l’ivresse du succès depuis
qu’ils avaient franchi le 15 août la frontière lorraine et
avaient abattu les poteaux portant sur cette vieille terre
française les emblèmes de l’Empire allemand. Nous avions eu déjà
des combats meurtriers à Domèvre et à Blamont, où nos troupes
avaient reçu le baptême du feu et fait reculer la couverture
allemande. Ma brigade, 95e et 85e, était composée de Berrichons
et de Morvandiaux, venus de Bourges et de Cosnes. C’étaient
d’excellents soldats qui se battaient bien et qui aspiraient à
libérer nos provinces perdues en 1870, avec l’âpreté du paysan
qui ne se résigne pas à ce que les limites de son champ soient
déplacées et qui n’a de cesse qu’il ne soit rétabli dans son
intégrité. Par un heureux hasard, ils avaient à leur tête un
enfant de Strasbourg, commandant leur brigade, et un enfant de
Colmar, le colonel Henri Rabier, comme commandant le 85e
régiment.
J’ai déjà dit que notre général de division était de Metz. C’est
vous dire l’enthousiasme de notre marche en avant, en pays
annexé! Cependant, il fallait être prudents. Le 16 août, à
Lorquin, les braves gens chez qui nous étions logés nous avaient
dit: « Méfiez-vous, en se retirant les Allemands nous ont
menacés d’un prochain retour ». « Bald werden wir wieder kommen
mit Hurrah! »
La bataille
Le 18 août, la 31e brigade partant du Moulin de Zarizus enlevait
la position de Sarrebourg sous un bombardement violent et elle
s’installait aux alentours de la petite ville qui nous
accueillait en libérateurs. Le poste de commandement du colonel
Tourret, commandant le 95e, était à la caserne d’artillerie, à
la sortie Est de la ville, sur la route de Strasbourg. Le 85e
occupait Hesse. Je m’installai à la Sous-Préfecture, que le
titulaire, un nommé Krieger, avait quittée précipitamment,
laissant les clefs sur toutes les armoires. Le 20 août, lorsque
je dus me retirer, je fis constater à son domestique qu’il ne
manquait pas une tête d’épingle et que j’avais payé les
bouteilles de vin qu’il nous avait fournies.
Le 19 août, le 85e alla occuper Buhl, en poussant deux
bataillons à Eich et Petit-Eich. Le colonel Rabier, avec le 3e
bataillon, était en réserve à Buhl. Le 3e groupe du 1er régiment
d’artillerie, commandant Dessirier, était en position sur la
hauteur du Rebersberg; il était chargé d’appuyer ma brigade, qui
se trouvait en liaison vers la gauche avec la 32e brigade,
colonel Marie, dont le 13e régiment, colonel Chombart de Lawe,
occupait Hof, au nord de la voie ferrée.
Nous subîmes le 19 un bombardement de 210 et de 150, auquel nos
batteries de 75 ne pouvaient répondre. Les pièces allemandes,
derrière les hauteurs de Réding, se trouvaient à 10 ou 12
kilomètres et hors de portée des nôtres. Le bombardement
continua toute la nuit, allumant des incendies, dont celui du
parc à fourrages, voisin du lazaret militaire, que nos blessés
encombraient déjà et où ils étaient admirablement soignés, j’ai
pu le constater, par le personnel de la croix rouge allemande.
L'attaque allemande
Dans la soirée, me parvinrent les ordres d’attaque pour le
lendemain, 20 août; le 95e avait comme objectif les hauteurs de
Réding, le 85e celles au nord de Eich et de Petit-Eich.
Dès cinq heures du matin, la lutte d’artillerie recommença avec
une violence extrême. Du poste de commandement du colonel
Tourret, je vis l’attaque allemande se déclencher et se
développer méthodiquement sur un terrain battu par le tir de mon
seul groupe d’artillerie de 75, qui était pris à partie par
l’artillerie lourde adverse, à laquelle nous n’avions rien pour
riposter. Je transportai mon poste de commandement sur le toit
de la caserne des Uhlans, où de grosses marmites ne cessaient de
pleuvoir et où l’une d’elles avait écrasé un vaste manège,
quelques instants après que le bataillon Blavet du 95e en fut
sorti; je me trouvais de là en liaison par la vue et par des
bicyclistes avec les colonels Tourret et Rabier - ce dernier à
Buhl. La lutte se prolongea toute la matinée. A 10 heures, je
reçus un compte rendu de mon groupe d’artillerie qui, ayant
épuisé ses munitions et n’étant pas ravitaillé par la division,
se retirait du Rebersberg, devenu intenable. Mon infanterie
était désormais livrée à ses propres moyens. Je ne reçus aucun
ordre contraire à celui d’attaque de la veille et à celui de
résistance à outrance qui m’était parvenu dans la matinée du 20.
La retraite
Sarrebourg était en feu, de même que Buhl, et le colonel Rabier
blessé, lorsque à 17 heures je dus ordonner la retraite par
échelons dans la direction de Hesse et de Xouaxange. Elle
s’opéra régulièrement sous le feu de l’artillerie ennemie. Mais
les blessés, avec les brancardiers fournis par les deux musiques
des 95e et 85e, restèrent sur place ainsi que tout le service
médical des deux régiments, dont le médecin-commandant Mangenot,
du 95e, qui, né à Sarrebourg, se trouvait captif dans sa ville
natale. Je quittai Sarrebourg le dernier, après avoir transporté
mon poste de commandement successivement du toit de la caserne
des Uhlans au cimetière, sur la route de Buhl, puis à la mairie
de Sarrebourg, d'où je pus faire évacuer le lieutenant-colonel
de Chaunac, du 95e, blessé, avec le médecin-capitaine Randon,
qui restait le seul praticien de l’active dans ma brigade. Notre
passage fut salué par quelques coups de feu tirés de derrière
les volets. Nous ne fîmes aucune représaille.
La poursuite allemande fut enrayée par un barrage de
l’artillerie du XIIIe C.A. et par une contre-attaque de la 25e
division, général Delétoille, dirigée de Hesse sur le Rebersberg.
Les pertes
Ce fut par une admirable soirée, où le soleil couchant embrasait
l’horizon, mêlé à des lueurs d’incendie, que le repli se fit
méthodiquement derrière le canal de la Marne au Rhin - dont nous
fîmes sauter les ponts derrière nous - sans que rien décelât le
désordre d’une déroute; si bien que ce ne fût qu’arrivé à
Xouaxange, où j’avais déjà couché le 17, que je fis remarquer à
mon état-major - où se trouvait le lieutenant de Gramont,
petit-fils du Ministre des Affaires étrangères en 1870, et dont
le moral était demeuré intact - que la bataille de Sarrebourg
était perdue, mais que la guerre n’était pas finie et que ce
n’était là qu’une première manche.
Nous n’étions pas encerclés, nous avions conservé notre liberté
de mouvements, et l’état-major de la 1re armée s’était replié de
Blamont à Ramberviller. A la nuit tombante, on entendit, dans le
lointain, les hymnes d’un caractère religieux, chantés par les
soldats allemands, comme en 1870.
Nos pertes étaient lourdes, le 95e avait perdu 2 chefs de
bataillon sur 3; au 85e les trois chefs de bataillon étaient
tombés ; le colonel Rabier était blessé. Mes deux régiments
avaient laissé aux mains de l’ennemi tout leur personnel médical
et les brancardiers, c’est-à-dire la totalité des deux musiques.
La moitié des compagnies était commandée par des
sous-lieutenants. Un tiers de nos effectifs, deux tiers de nos
officiers, étaient hors de combat, et l’appel des morts et des
disparus était lugubre. Toute la jeunesse de cette partie de la
France, qui en est le cœur et qui n’a jamais cessé d’être
française, - au temps où Jeanne d’Arc allait y chercher le petit
roi des Bourges pour lui rendre le royaume de France, - toute
cette belle jeunesse était décimée. Elle s'était sacrifiée.
LUNEVILLE
Une équipe d’ouvriers est surprise par un express. - Une équipe
d’ouvriers serbes travaillant au doublement de la voie
Paris-Strasbourg, se rendait à son chantier en empruntant la
voie ferrée, près d’Emberménil.
Trois des ouvriers, furent surpris par un express et tamponnés.
Deux des malheureux, horriblement broyés, furent tués sur le
coup.
Le troisième, blessé très grièvement, a été transporté à
l’hôpital de Lunéville.
Les deux corps des ouvriers tués ont été mis en bière et
conduits à la maison de Leintrey.
Ils seront fort probablement inhumés au cimetière de cette
commune.
Grave accident de la route
près d’Avricourt
DEUX BLESSÉS
Avricourt, 23 novembre. - (De notre correspondant particulier).
- Un grave accident s’est produit, la nuit dernière, sur la
route d’Avricourt à Moussey, à la bifurcation du chemin de
Réchicourt. Pour une cause encore inconnue, l’ouvrier d’équipe
Lucien Klein, 32 ans, de Moussey, rentrant chez lui à
bicyclette, entra en collision avec une motocyclette venant de
Dieuze, conduite par un militaire, qui se rendait en permission
à Epinal. Tous deux furent grièvement blessés. Un médecin de
Blâmont, qui vint à passer, transporta les deux blessés à
l’hôpital de cette ville, où l’on constata chez Klein une
fracture du genou et de la mâchoire. Le motocycliste a eu une
jambe doublement fracturée. La gendarmerie de Réchicourt a
ouvert une enquête pour établir les responsabilités. Les deux
machines sont démolies.
M. Pierre Sonntag, 66 ans,
retraité à Gogney, regagnant à pied son domicile, fut accroché à
la jambe gauche par une automobile, conduite par Mlle Jeanne
Collot, 32 ans, sans profession, à Badonviller, qui se rendait à
Sarrebourg. M. Sonntag fut projeté sur le sol, où il resta
inanimé. Transporté à son domicile par un camion de passage, M.
Sonntag, qui a subi une fracture de la jambe gauche et porte des
ecchymoses à la tête, a été dirigé sur l’hôpital de Lunéville.
AVRICOURT
Un piéton blessé par une moto. - En traversant le village en
direction d’Igney, le chef d'expédition Vendrolet, de la maison
Bata, qui circulait en motocyclette, accompagné de sa femme, a
pris en écharpe et projeté sur la route un sexagénaire, M.
Auguste Petit, 65 ans. Le motocycliste lui-même fit une terrible
embardée et fut si grièvement blessé à la tête qu’on dut
l’hospitaliser à Blamont, ainsi que sa victime, également
blessée à la tête. Mme Vendrolet s'en est tirée indemne. La
motocyclette a été démolie. La gendarmerie a ouvert une enquête
pour déterminer les responsabilités.
SAINT-GEORGES
Un automobiliste écrase un passant qui était étendu sur la route
Dimanche dernier, vers 9 heures, un mortel accident de la
circulation s’est produit sur la route de Blamont à environ
1.500 mètres de notre localité.
M. Albert Coppin, de Sarrebourg, rentrait chez lui en auto
venant de Montigny, près de Blamont, lorsque, tout à coup, il
remarqua au milieu de la route une tache sombre qu’il prit pour
une flaque d’eau. Il ne ralentit donc pas son allure. Quand il
fut près de l’endroit, il constata qu’il s’agissait d’un homme
qui était étendu sur la chaussée. N’ayant pu ralentir à temps,
il happa l’homme et le traîna sur une distance d’environ 11
mètres, avant de pouvoir stopper. L’automobiliste s’occupa du
blessé qui ne tarda cependant pas à expirer.
M. Coppin se rendit aussitôt après à St- Georges et informa par
téléphone la gendarmerie de Réchicourt qui vint sur les lieux.
Le Dr. Gandar, de Sarrebourg, qui avait été également appelé ne
put que constater le décès consécutif à une lésion du crâne. La
victime a pu être identifiée comme étant le domestique de
culture Perrin Eugène, 34 ans, en service chez M. Eugène Adelé,
à Gogney (Meurthe-et-Moselle).
400.000 francs de titres et
15.000 francs en billets dérobés à une propriétaire près de
Nancy par d’audacieux malfaiteurs
Nancy, 26 janvier. - D’audacieux cambrioleurs, qui semblent
appartenir à une bande organisée, viennent de commettre, à
Blamont, un vol assez important. Ils se sont introduits la nuit
dernière, au domicile d’une propriétaire, Mlle Lhote. Ils
avaient eu soin, auparavant, de lancer des petits cailloux
contre les persiennes de l’immeuble habité par la victime, afin
de s’assurer qu’il n’y avait personne à l’intérieur.
Mlle Lhote, qui était en voyage, a constaté à son retour le vol
qui se monte à une somme de 15.000 francs en numéraire et à près
de 400.000 francs de titres. Les malfaiteurs, une fois leur coup
réussi, se sont enfuis en automobile.
ELEVES DE LEINTREY
(MEURTHE-ET-MOSELLE)
Dans un geste touchant, les élèves de l’école primaire de
Leintrey, par Emberménil (M.-et-M.) avaient adressé au Ministre
de la Défense nationale une lettre qui contenait 100 francs,
provenant de la coopérative scolaire, pour aider à l’achat d’un
avion.
Voici la réponse que M. Edouard Daladier vient d’adresser à nos
petits compatriotes :
Mes chers petits amis, J’ai bien reçu votre lettre et les 100
francs que, tous ensemble, vous m’avez adressés pour m’aider à
acheter un avion.
J’ai été très touché du geste que vous a dicté votre grand amour
de la France. Je vous en félicite et vous remercie de votre don
généreux. Les témoignages du fervent patriotisme des enfants de
notre chère Lorraine me sont particulièrement précieux.
J’ai fait transmettre ces 100 frs à la Caisse autonome de la
défense nationale comme contribution à l’achat d’un avion qui
portera le nom de votre belle province.
Je vous adresse, mes chers petits amis, mes meilleures pensées.
Signé : DALADIER.
L’infanticide de Leintrey se
suicide. - Mme Gadat, cultivatrice à Leintrey, arrêtée récemment
pour avoir enterré clandestinement son huitième enfant, s’est
étranglée dans sa cellule avec les lambeaux de son corsage,
déchiré et roulé en corde. Agée de 34 ans, elle laisse sept
enfants vivants
Blessures par imprudence. -
Un boulanger de Mignéville, M. Kauffmann Charles, est poursuivi
pour infraction au code de la route et blessures par imprudence.
Au cours d'une collision d'automobiles dont on lui attribue
partie de la responsabilité, une personne qu'il transportait a
été blessée.
L'affaire est remise à une audience ultérieure.
TRIBUNAL CORRECTIONNEL
Audience du 11 décembre
Blessures par imprudence. - M. Kauffmann Charles, 30 ans,
boulanger à Mignévillë, est poursuivi sous l'inculpation de
blessures par imprudence et d'infraction au code de la route.
Conduisant sa voiture automobile, M. Kauffmann se dirigeait vers
Blâmont. La nuit tombait. A côté du conducteur, se trouvait
assis un de ses amis, M. Rousselot.
En arrivant à Bénaménil, M. Kauffmann, trompé par l’obscurité,
rentra en collision avec un camion venant en sens inverse. Le
choc fut très violent et MM. Kauffmann et Rousselot furent, tous
deux, assez grièvement blessés.
Le prévenu affirme qu'il tenait correctement sa droite,
contrairement à l'enquête de la gendarmerie qui le montre
obliquant à gauche, dans un moment de brusque affolement.
L'affaire est renvoyée pour complément d'information.
Un village français qui n’a
pas oublié l’héroïsme d’un Canadien
(par Maurice Desjardins)
YGNEY, Meurthe-et-Moselle, France, 26 septembre (Retardée. - C.P.)
- Les habitants de ce petit village de la Lorraine se sont
recueillis autour de la tombe du lieutenant Maurice Rousseau, de
Montmagny, tué il y a un an par les SS alors qu’il accomplissait
son dangereux métier de parachutiste à l'intérieur des lignes
ennemies.
La cérémonie, simple et touchante, s’est déroulée en présence de
Claude, frère du défunt, actuellement en mission d'affaires en
France au compte de la Chambre de Commerce de Montmagny dont il
est le président.
Capitaine au Régiment de la Chaudière en 1943, Maurice Rousseau
renonça a son grade pour passer au 1er régiment des
parachutistes canadiens, avec le grade de lieutenant. Son frère,
Philippe, le suivit a quelques jours d’intervalle.
(Philippe fut tué dans la nuit du 5 au 6 juin, après avoir été
parachuté en Normandie. En se rendant au point de rendez-vous à
la tête de ses hommes, il se buta nez à nez avec une patrouille
allemande. Les deux côtés ouvrirent le feu : le lieutenant
Rousseau, un de ses hommes et plusieurs Boches restèrent sur le
carreau.
Maurice, alors chargé de l’entrainement en Angleterre, était
impatient d’aller au front pour venger son frère. Il obtint
d’être affecté au S.A.S. britannique, détachement des commandos
parachutés.
On avait justement besoin d’un officier parlant français pour
une mission spéciale derrière les lignes allemandes. Maurice
prit le commandement d'une bande de neuf parachutistes de la
“Légion étrangère”. 5 Français, 2 Espagnols, un Anglais et un
Allemand.
Dans la nuit du 9 au 10 septembre 1944, les dix hommes furent
parachutés à Richicourt, en Lorraine allemande, village dont
tous les Français avaient été expulsés en 1940. La mission
consistait à couper les communications des troupes allemandes
qui se repliaient devant les Américains.
L’atterrissage se fit à environ 500 mètres d’un chantier de
construction de l’agence Todt, où des membres de la Hitler
Jugend exécutaient des travaux nocturnes. Cinq des neuf hommes
se perdirent et ne purent rejoindre le lieutenant Rousseau.
Après deux jours d'aventures, le lieutenant et les quatre hommes
qui lui restaient arrivèrent à Igney. Le voyage se fit la nuit.
Les hommes avançaient le long des haies, épiant les mouvements
des Allemands. A Ygney, des maquisards les, dirigèrent vers le
village voisin de Repaix, où le curé, M. l’abbé Senger, les
cacha pendant quatre jours dans le clocher de son église Le
presbytère était alors réquisitionné par des Allemands qui y
logeaient.
Le curé et son frère prirent toutes sortes de risques pour
ravitailler les parachutistes, montant dans des paniers des
vivres qu’ils transportaient cachés sous d'amples manteaux.
Rousseau rencontra l'abbé Stutzman, curé de Domèvre, et chef de
Maquis de la région, qui lui aida à exécuter sa mission. La
mission terminée, Rousseau décida de partir vers les lignes
américaines, à 20 kilomètres plus loin. Dans l'intervalle, des
patriotes ont retrouvé les cinq qui manquaient à l'appel. Il fut
convenu que tous repasseraient les lignes le 17 septembre.
L’abbé Stutzman, qui devait conduire le groupe vers les lignes,
attendait dans un bois, et avait donné comme mot de passe de
siffler les premières mesures de “La Madelon”.
Rousseau, pas très fort en musique, faillit être mis en joue par
le brave abbé, mais se faisant violence, il réussit à siffloter
tant bien que mal les quelques mesures qui le faisaient
reconnaître.
Après avoir établi contact avec les Américains, Rousseau se mit
à leur tête et les dirigea vers Ygney. Le groupe comprenait
quelques chars légers et des auto-mitrailleuses. La bataille
s’engagea, le lieutenant et ses hommes attaquant une extrémité
du village pendant que les Américains s’occupaient de l’autre
bout. Au cours de l’échauffourée, Rousseau tua un officier SS
porteur de documents importants qui furent remis par la suite à
la division Leclerc.
Dans le village, c’était le délire, car tout le monde croyait, à
tort, que c’était la libération. A 5 heures de l’après-midi, les
Allemands contre-attaquèrent, forçant les Américains à se
replier. Rousseau se dirigeait à pied, avec ses hommes, dans la
direction de Repaid, lorsqu’il se buta à une trentaine de SS.
Les parachutistes, entourés toutes parts, épuisèrent rapidement
leurs munitions. Rousseau s’élançait pour lancer sa dernière
grenade lorsqu’il reçut une balle explosive en pleine poitrine.
Il expira pendant que les Allemands le transportaient à leur
quartier.
Enterré d’abord par les Allemands à Vricourt, sa dépouille fut
transportée récemment à Ygney et inhumée dans le cimetière
paroissial, où les habitants s’étaient réunis aujourd’hui pour
évoquer le triste anniversaire de cette mort héroïque.
Deux des parachutistes qui servirent sous les ordres du
lieutenant Rousseau, Mazières et Gallemart, assistaient à la
cérémonie, de même que le curé Senger et un guide de la division
Leclerc.
« Un an déjà ! » s’écriait Madame Just Verdenal, dans une
allocution prononcée au cimetière. “Si ce n’était la présence de
Mazières avec son béret rouge, et toutes ces ruines au milieu
desquelles nous vivons, je croirais avoir rêvé tous les
tragiques événements de l’an dernier. Hélas non! C’est bien
vrai, et pour m’en assurer il me suffit de voir autour de moi
tous ces visages graves et recueillis. C’est qu’aujourd’hui dans
notre pauvre, si pauvre chapelle temporaire, notre église ayant
été démolie par la mitraille, tout ce qui reste des habitants d’Ygney
se sont réunis autour de ceux qui furent mêlés de plus près aux
jours terribles de l’an dernier et autour du frère du lieutenant
Rousseau pour prier pour le repos de l’âme de celui qui, il y a
si peu de temps encore (qu’est-ce qu’un an ?) était la avec
nous, si jeune, si conquérant, si vivant! tous sont là, pour
apporter encore une fois, en commun, le plus beau merci que nous
puissions dire au lieutenant Rousseau pour son sacrifice, cette
offrande de la sainte messe et de nos prières.”
Après la cérémonie, les villageois émus s’approchèrent de Claude
Rousseau et chacun tint à lui offrir ses condoléances.
Le bûcheron est tué à coups
de hache
Nancy. - On vient de retrouver dans les bols, près d’Avricourt
(Meurthe-et-Moselle), le cadavre de l’ouvrier Fernand Perdriac,
habitant Passavant, qui avait disparu depuis plusieurs jours du
chantier forestier où il travaillait, à Remoncourt. Fernand
Perdriac a été tué de trois coups de hache. L’arme du crime a
été retrouvée près du cadavre. Il semble que le meurtre ait eu
le vol pour mobile.
Un enfant de 10 mois battu à
mort par l’amant de sa mère un vannier qui a pris la fuite
Nancy, 18. - Hier matin, vers 9 heures, certains habitants du
petit village de Gogney (Meurthe et Moselle) étaient alertés par
les cris de souffrance d’un enfant. Ceux-ci provenaient de la
maison qu’habitent Vincent Bruckhart, 23 ans, vannier, et
Henriette Weiss, sa maîtresse. Les voisins forcèrent la porte et
découvrirent, gisant dans une pièce, le corps d’un bébé de 10
mois, meutri de coups, enfant naturel de Henriette Weiss.
L’enfant, déjà dans le coma, fut transporté à l’hôpital de Nancy
où il devait décéder le soir. Les gendarmes eurent rapidement la
conviction que l’auteur de cet acte criminel était Burckhart,
mais le vannier s’était enfui avant leur arrivée et n’a pas
encore été retrouvé. |