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Etat-civil de Saint-Omer
[...] Décès [...]
23 Jean Meugin, chasseur au 2e bataillon de chasseurs à pied,
section hors rang, 22 ans, domicilié à Domjevin, canton de
Blamont (Meurthe), célibataire.
Nouveau procédé infaillible
(breveté pour 15 ans s.g.d.g.)
Peu coûteux contre la gelée des vignes. En envoyant vingt-cinq
francs cinquante centimes par 20 ares, on recevra franco la
description avec dessin.
S'adresser à M. Auguste Marin, propriétaire, rue des Capucines,
à Blamont (Meurthe-et-Moselle).
Domèvre-sur-Vezouze. - Les
époux Mougeol, épiciers et entrepreneurs de broderies, sont
inculpés d'escroquerie de la somme de 5,200 francs au préjudice
de MM. Xilliez et Cie banquiers à Blâmont. Plainte a été portée
par les chefs de ladite banque.
Un incident de frontière.
Nancy, 16 octobre.
Une certaine émotion s'est répandue dans nos cantons de
l'extrême frontière à l'annonce d'un incident qu'on disait avoir
quelque ressemblance avec celui de Vexaincourt. Voici les faits
:
II y a trois jours, un nommé Marchal, habitant Blamont
(arrondissement de Lunéville), connu pour ses habitudes de
braconnage, pénétrait armé sur le territoire annexé. Deux
douaniers allemands, l'ayant aperçu, s'embusquèrent pour
l'arrêter. Ne pouvant y parvenir, ils tirèrent chacun un coup de
fusil. Marchal, revenu sur le territoire français, se retourna
vers les douaniers et tira les deux coups de son fusil de
chasse.
La gendarmerie française a ouvert une enquête. Marchal nie, mais
il y a plusieurs témoins contre lui.
On voit que cette affaire n'a que de lointains rapports avec
celle de Vexaincourt. Tandis que M. de Wanger et ses amis
étaient en chasse régulière et sur le territoire français,
Marchal était dans une situation irrégulière en armes sur le
territoire annexé.
Le parquet de Lunéville a opéré l'arrestation du braconnier.
Avricourt, 2 septembre.
Ce matin a commencé le service du poste sanitaire établi à
Avricourt contre le choléra, sous la direction des docteurs
Henriot et Zimmermann, de Blamont ; ces médecins sont assistés
de deux internes de Nancy, et deux infirmiers, d'une infirmière,
et d'un employé.
Une étuve de désinfection pour les linges sales et bagages a été
installée ; un lazaret en bois a été construit par la Compagnie
de chemins de fer de l'Est pour les malades ; quatre lits
fournis par la Société des femmes de France de Cirey y ont été
placés.
Aucun cas de choléra n'a été constaté jusqu'ici.
Le service sanitaire est assuré pour les arrivées par voie d'eau
à Xures.
Désertions dans l'armée
Allemande.
Blamont (Meurthe-et-Moselle), 28 septembre. - Ce matin, à la
police du jour, quatre déserteurs du 11e régiment de uhlans
brandebourgeois, en garnison à Sarrebourg (Lorraine),ont
franchi la frontière en uniforme, près de Blamont
(Meurthe-et-Moselle), après avoir erré toute la nuit dans la
campagne pour ne pas tomber dans les nombreuses embuscades de
gendarmes et de douaniers allemands échelonnés le long de la
frontière.
L'un d'eux, le nommé Bettbaum, s'est présenté affamé et harassé
de fatigue à la gendarmerie de Blamont où on l'a restauré et de
là conduit devant le commissaire spécial de la gare d'Igney-Avricourt,
à qui il a demandé à contracter un engagement de trois ans
dans la légion étrangère.
Ce magistrat l'a fait diriger à Nancy.
Les trois autres se sont mis à la recherche de travail.
Ces jeunes gfena ont déserté pour se soustraire au surmenage et
aux mauvais traitements dont ils étaient l'objet de la part de
leurs supérieurs.
Nous avons dit dans le
Bulletin de septembre dernier que les machines étaient exemptes
de toute taxe à l'entrée en Allemagne.
Or, il parait que cette information, exacte en 1894, ne l'est
plus en 1895.
Un unioniste qui vient de faire un voyage en Allemagne, M. Adam,
de Paris, nous signale qu'en sortant de France pour entrer en
Alsace par le bureau de Blamont, il a eu à verser une somme de 3
marks 10 (4 francs environ) pour une machine de 15 kilos environ
; et n'étant pas rentré en France par le même bureau. il a dû
renoncer au remboursement.
Voilà donc les cyclistes avertis; nous les engageons à tenir
compte de cet avis, car en passant sans s'arrêter devant les
bureaux de douane allemands, ils risqueraient de recevoir un
coup de fusil ou de se voir arrêter par la gendarmerie prévenue
téléphoniquement.
L'imbécilité autophobe
[...]
L'Auto relate de son côté ce second fait :
Sur une plainte déposée par l'Ambassade des Etats Unis en
France, le parquet de Lunéville a fait procéder à une enquête
sur des violences dont avait été victime le colonel Nutting, de
l'armée américaine.
Cet officier, passant en automobile, près de Domèvre sur-Vezouze,
le 30 juillet dernier, vers six heures du soir, se vit barrer la
route par des ouvriers terrassiers, et dut verser 250fr. pour
pouvoir continuer sa route, les ouvriers ayant prétendu qu'un de
leurs camarades avait été renversé par l'automobile. Un
garde-champêtre, coiffé de son képi, prit la somme et fit livrer
passage aux excursionnistes- L'enquête établit que les ouvriers
en question avaient simulé un accident et toute la mise en scène
qui suivit; l'un d'eux s'était muni d'un képi galonné, dans le
but de faire « chanter », les automobilistes. Deux des coupables
ont été retrouvés et auront à répondre devant les tribunaux des
escroqueries auxquelles ils ont participé.
Sans commentaires, mais à communiquer à ceux qui sont tentés de
ne voir, dans les chauffeurs, que des bêtes malfaisantes et des
êtres altérés de sang.
L'oeuvre du « Souvenir
français »
Rapport de M. X. Niessen
[...] C'est aussi grâce aux débris d'une croix que nous avons
retrouvé, à Domèvre-sous-Vezouve, près de Blâmont, un ossuaire
dans lequel reposent, depuis 1813-1814, 58 soldats français
et piémontais,
morts de la variole, et auxquels nous avons édifié un monument,
Dans le même département, à 6 kilomètres de Nancy, également
en 1813, pendant que la chartreuse de Bosserville était
inhabitée, des débris de l'armée d'Allemagne, Français et
Piémontais vainqueurs à Lutzen, à Bautzen et à Dresde,
atteints de typhus, furent internés dans les cloîtres et les
bâtiments de Bosserville où, par centaines, ils moururent du
terrible fléau.
Afin d'éviter la contagion, on enterra ces infortunées victimes
loin du hameau, au milieu du bois de Robin, de -chaque côté
d'une digue qui séparait deux étangs dont les eaux furent
vidées, et l'on déversa dans le fond, par tombereaux, les
cadavres de plus de 3.000 de ces héros qui avaient inscrit le
nom Français victorieux sur les murs de tant de cités.
Grâce aux indications d'un garde forestier, fils de M. Bayard,
l'un des fossoyeurs en 1813, une stèle indiquera aux passants
les précieuses reliques de tant de braves.
Déplacements ministériels
M. Lebrun ministre des colonies, accompagné de M. Boutroue, chef
de son secrétariat particulier, arrivera a Lunéville demain
samedi 12, à une heure de l'après midi pour assister aux fêtes
préparées en vue de l'inauguration du monument élevé à la
mémoire de M. Ribière, ancien maire de la ville.
M. Augagneur, ministre des travaux publics, arrivera à
Lunéville dimanche 13, à 5 heures du matin, accompagné de M.
Milliot, chef adjoint de son cabinet. A 8 heures, les deux
ministres prendront un train spécial qui circulera sur la
nouvelle ligne d'intérêt local de Lunéville à Blamont. Des
arrêts dans chacune dés gares marqueront l'inauguration
officielle de la nouvelle voie.
A midi et demi, le train atteindra Blâmont, point terminus.
Après leur réception par la municipalité, les deux ministres se
rendront à un banquet, auquel feront suite les fêtes d'un
concours de gymnastique. A 5 h. aura lieu le départ pour
Lunéville et à 11 h. 45 le retour à Paris.
La ligne que M. Augagneur va inaugurer a une longueur totale de
46 kilomètres ; elle dessert de nombreux et importants
villages de la vallée de la Vezouse, de la vallée de la Blette
et contribuera au développement industriel, commercial et
agricole de cette région.
Une gare de marchandises a été construite au sortir de
Lunéville, en bordure de la ligne de l'Est. L'établissement de
la nouvelle voie ferrée a coûté, matériel compris, 4 millions
: elle comporte deux ponts, un de 75 mètres, sur la Vezouse,
et un autre de 40 mètres.
A LA MEMOIRE D'UN BRAVE
La soldat Maurice Bracquemond, du 17e chasseurs à pied, a été
tué à l'ennemi, le 8 août dernier. La famille de ce soldat est
une vieille famille orléanaise qui, bien qu'ayant quitté notre
ville, a laissé de nombreux parents au milieu de nous. L'un
d'eux a bien voulu nous communiquer la belle lettre que le
lieutenant X... (aujourd'hui capitaine), a adressée â la mère de
ce jeune brave. Par le magnifique témoignage qu'elle rend à
Maurice Bracquemond et par les nobles sentiments qu'elle
exprime, elle mérite d'être reproduite en entier :
« ... Maurice Bracquemond est le premier chasseur sous mes
ordres qui ait été appelé par Dieu à donner sa vie pour la
Patrie, et les conditions dans lesquelles le sacrifice est
survenu vous donne le droit d'être fière entre toutes les mères
en deuil.
« Il était parti avec moi, deux jours avant la mobilisation de
la couverture, quatre avant la mobilisation générale, six avant
la déclaration de guerre. Appelé par la confiance de mon chef de
bataillon à partir avec quelques braves, j'avais choisi Maurice
en raison de sa résistance physique (il s'agissait de faire de
longues courses en bicyclette), de son adresse au tir (on
pouvait tomber à chaque pas dans une embuscade), de son grand
calme (qui seul permet da sortir victorieux des sérieuses
difficultés), et de sa résolution à faire tout son devoir.
« Depuis plusieurs jours, nous manoeuvrions avec conviction, avec
enthousiasme avec foi, lorsqu'il réussit à faire prisonnier un
uhlan, après avoir tué la monture de ce dernier. Il le ramenait
en compagnie du sergent, lorsque le sale boche, indigne de la
grandeur d'âme de votre fils qui lui avait conservé la vie,
profitant d'une fusillade qui rendait pour mes deux camarades la
situation difficile, s'empara de l'arme de l'un d'eux, et
assassina le plus proche. Maurice le brave.
« Le sergent le vengea immédiatement en abattant l'assassin,
mais ne put malheureusement rien faire pour le sauver : Maurice
avait été tué sur le coup. Il reposa dans le cimetière de
Blamont, dans la fosse commune réservée aux braves Français qui
sont morts au champ d'honneur, à côté d'un pauvre brigadier de
chasseurs à cheval, blessé et achevé par les Allemands, dans des
conditions qui émouvraient la pauvre famille de ce dernier, à
côté d'un pauvre dragon, à côté de nombreux camarades.
« Il repose dans la paix du Seigneur, dans cette paix réservée à
ceux qui ont vécu sans reproche. Il y reposera toujours Madame,
car vous le laisserez là avec ceux qui ont consommé le même
sacrifice avec ceux auxquels la ville de Blamont reconnaissante
élèvera un monument digne de leur dévouement, de leur énergie à
défendre les foyers, les femmes, les fils des Vosges, avec ceux
qui seront l'objet, chaque année, de soins minutieux de la part
de la grande famille française, représentée à Blamont par une
population trop éprouvée au eours des siècles pour ne pas
traiter les tombes militaires avec le plus profond respect, avec
1a plus beau recueillement.
Et le laissant là, vous irez saluer sur la tombe militaire la
plus proche de votre habitation, où reposera peut-être le fils
d'une mère de Blamont, en tout cas le fils d'une femme
française.
« C'est le propre de la guerre de stimuler assez les énergies,
d'élever le moral, de vivifier assez la foi pour permettre aux
mères, aux veuves, aux orphelins, de ne pleurer que sur les
sacrifices nationaux, et dans la mesure seulement où les
événements l'exigent, pour éprouver la joie calme de la victoire
finale,
« Que cette énergie, ce moral, cette foi, Madame, constituent le
baume de votre douleur que je respecte et devant laquelle je
m'incline.
« Capitaine X...,
« le 1er novembre 1914. »
L'ADOLESCENCE GLORIEUSE.
Excelsior donne un tableau d honneur des enfants héros de la
guerre et qui s'étant attachés à des régiments ont fait
vaillamment campagne.
Voici quelques noms [...]
Le chasseur Emile Bigari, 15 ans de Blamont (Meurthe-et
Moselle). Incorporé au 7e bataillon blessé à la jambe et à la
main, félicité par Gallieni « Mon enfant, tu as porté avec
honneur l'uniforme des chasseurs à pied. Donne-moi la main, tu
es un brave ».
L'artilleur Aimé Agleot, 16 ans, de Domèvres-sur-Vezouze. Cité à
l'ordre du jour pour avoir surpris les positions ennemies et
averti au mépris de la mort.
ARRONDISSEMENT DE SARREBOURG
Enseveli vivant
Lixheim. - M. Florent-Boehm, 50 ans, père de six enfants, était
allé à Leintrey aider un de ses parents à démonter un
baraquement acheté au Service de la Reconstitution.
Le démontage allait être terminé quand le toit du baraquement
s'effondra, ensevelissant M. Boehm sous des débris et des
décombres.
Le malheureux eut la colonne vertébrale brisée, plusieurs côtes
enfoncées et de multiples lésions internes. Son état est grave.
B. Boehm a été transporté dans une clinique à Strasbourg.
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