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On lit dans les mémoires de
l’Académie de Metz :
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Mémoires
de l'Académie de Metz v. 76-77 1894-1896
Les derniers jours de l’Abbaye de Bouzonville (1790)
M. Benoit
[...] Ainsi, répétons-le encore
une fois, la dernière pensée des Bénédictins de l'abbaye
de Bouzonville, dépouillés de leurs biens, fut pour les
malheu- reux. Ils continuaient ainsi à observer dans
l'indigence, la règle de leur bienheureux fondateur et
les préceptes de l'Évangile.
Les religieux se dispersèrent peu après la dernière
visite. Leur prieur, Dom Néophite, leur donna l'exemple
de la foi. Il fut déporté sur un ponton à Rochefort, et
il eut le bonheur de revenir de ce lieu néfaste.
Quelques moines furent forcés d'émigrer; d'autres
restèrent en France, entr'autres Dom Jean-Nicolas
Réveillé, qui fut, en 1791, vicaire intrus à Lorquin,
puis résidant à Xouassange, le 14 février 1792 (1), avec
sa pension de 900 francs. Enfin, le 7 vendémiaire an IV,
il veut aller demeurer à Frémonville. […]
(1) Archives départementales. Nancy,
2293. |
La présence de Dom
Jean-Nicolas Revéillé à Bouzonville en 1791 est rappelée dans un
article du journal Le Messin :
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Le Messin
- 11 novembre 1929
Pendant la tourmente
révolutionnaire, après le vote de l’Assemblée Nationale
concernant la suppression des monastères, le maire de
Bouzonville Nicolas- Joseph Altmeyer, se présenta au
couvent, le 26 mars 1790, accompagné de deux officiers
municipaux et du greffier de ville, pour signifier aux
moines le sort qui leur était réservé.
Il y avait alors à Bouzonville onze religieux: dom Joss
Néophite, prieur, dom Augustin Liégeois, sous-prieur,
dom Jean Coûtant, doyen, dom Léopold Henri, dom
Jean-Christian Baudot dom J.-B. Pierron, procureur, dom
Jean-Joseph Lemoine, dom Jean-Nicolas Réveillé, dom
Jean-Ignace-Antoine Zibelin, dom Joseph Petitcolas, dom
Antoine Bridot, et deux frères convers: frère
Jean-Pierre Metzinger et frère François Pottier.
Questionnés s’ils voulaient rester dans leur paisible
asile ou le quitter, ils déclarèrent tous, sauf un,
vouloir rester. Ils soumirent au maire une dernière
prière, de demander à l’Assemblée Nationale
l’autorisation de disposer d’un certains nombre de
grains pour leurs aumônes habituelles, « à cause que la
misère était grande cette année ». Altmayer fut touché
de cette demande et les autorisa à dépenser par semaine
pour leurs aumônes une quarte de blé jusqu’à ce que
l’Assemblée Nationale ait statué.
La dernière pensée des Bénédictins de Bouzonville,
dépouillés de leurs biens, avait été pour les
malheureux.
Les religieux se dispersèrent peu après. Le prieur fut
déporté sur un ponton à Rochefort, mais il revint
bientôt en Lorraine. Quelques-uns émigrèrent, d’autres
restèrent en France. Les bâtiments claustraux furent
vendus comme biens nationaux. |
Jean-Nicolas Revéillé est né
à Lunéville le 28 juillet 1750. Devenu moine bénédictin à
l’abbaye de Bouzonville, il serait donc devenu vicaire à Lorquin
à 1791, avant de rejoindre Xouassange le 14 février 1792.
Mais s’est-il réellement réfugié à Frémonville comme en
indiquait son intention du 7 vendémiaire an IV (29 septembre
1795) ?
A ce jour, la réponse est inconnue, car on ignore où il a
résidé pendant douze ans. En effet, on retrouve Jean-Nicolas Revéillé nommé à la cure de Laneveuville devant Bayon le 1er
juin 1807, puis à Labeuville le 1er septembre 1811.
Le 1er septembre 1813, il quitte le diocèse de Nancy,
et a certainement rejoint la commune de Jasney (Haute-Saône) ou
il décède, prêtre succursaliste, le 9 janvier 1818.
Rappelons cependant qu’en 1795 à Frémonville, l’ex-curé
Jean-Baptiste Uriot (1739-1796) avait
épousé Marie-Catherine de Pindray le 23 septembre 1794 :
Jean-Nicolas Reveillé y aurait-il été le bienvenu ?
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