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I - Eléments biographiques
Né à Chaumont (Haute-Marne) le 23 mars 1888,
fils de Jean Baptiste Collot, boucher (et conseiller municipal
de Chaumont en 1908) et Clémence Juliette Angelot, Marcel Eugène
Collot devient étudiant en médecine à Nancy, et reporte à ce
titre son incorporation militaire en 1909, puis en 1910, 1911 et
1912.
Il ne pourra cependant finir son cycle par un fâcheux incident
(voir III ci-dessous, pour ce qui a failli être considéré comme
un incident grave entre la France et Allemagne) qui, le
suspendant de 6 mois d'études en juillet 1913, le conduit à être
militairement incorporé au 21ème R.I. le 9 octobre
1913 comme soldat de 2ème classe (et 1re
classe le 30 juillet 1914).
Marcel Collot part en campagne avec ce
régiment, est blessé par balle à l'épaule droite le 17 septembre
1914.
De retour au dépôt du 21ème R.I. le 1er
octobre 1915, il rejoint la section d'infirmiers militaires de
l'Hôpital militaire de Langres le 21 octobre 1915, puis est
affecté au 1er régiment du Génie, Cie Z 31/2 le 6
février 1916.
Marcel Collot est nommé médecin auxiliaire le 12 avril 1916 (par
décision du médecin principal commandant le service de santé du
35ème corps d'armée), puis passe au 11ème
bataillon de chasseurs alpins le 14 avril 1916
Médecin auxiliaire de 2ème classe le 1er
juillet 1917, il est affecté à l'hôpital militaire Sédillot le
20 janvier 1919, puis démobilisé le 28 août 1919
Il reprend ses études à la Faculté de médecine de Nancy, comme
interne à Laxou (asile de Maréville) et s'installe dans cette
commune en décembre 1921.
Marcel Collot soutient sa thèse le 19 mai 1922 sur « Les
Pupilles de l'Assistance Publique, Anormaux Psychiques en
Liberté».
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L'Est
Républicain - 22 mai 1922
Une thèse
intéressante soutenue à Nancy
Les Pupilles de l'Assistance Publique, anormaux
psychiques en liberté.
Dangers qu'ils font courir à la Société
M. le docteur Marcel-Eugène Collot
vient de soutenir à Nancy une thèse, fort intéressant
devant un jury présidé par M. le professeur Etienne. Au
cours d'un séjour comme interne à l'asile de Maréville,
le docteur Collot a eu l'occasion d'examiner les
pupilles de l'Assistance publique placés dans cet
établissement à la suite d'actes antisociaux graves,
tentatives de meurtre, incendies volontaires surtout.
Le jeune praticien a, dans sa thèse inaugurale, étudié
minutieusement les causes de ces actes antisociaux et
recherché les mesures précautionnelles qui pourraient
être prises pour protéger la société contre les
réactions dangereuses de tels malades.
Le travail du docteur Collot comprend deux parties
principales.
Dans la première, il montre le danger de placer chez des
particuliers des pupilles de l'Assistance publique sans
les soumettre préalablement à un examen mental. La
deuxième est consacrée aux mesures à prendre envers les
pupilles : 1° avant de leur chercher un emploi ; 2°
alors qu'ils sont confiés à des employeurs ; 3° selon
qu'ils sont particulièrement difficiles à diriger.
ll est évident que la plupart des pupilles de
l'Assistance publique ont une hérédité très chargée. En
outre, on ne fait rien pour en guérir les tares. Ils
sont confiés comme petits domestiques à des personnes
étrangères qui ne leur montrent aucune affection, aucune
sollicitude. Leurs mauvais penchants se développent
facilement.
M. le docteur Collot estime que de précieux éléments
sociaux sont ainsi perdus ; il voudrait voir examiner
par un spécialiste, par un psychiatre, les pupilles de
l'Assistance avant leur placement chez des particuliers
et soumettre ultérieurement beaucoup de ces pupilles à
des visites périodiques.
Que de crimes, en effet, sont commis inconsciemment par
ces malheureux enfants. M. Collot a fait de nombreuses
observations dont il nous livre lés résultats.
Telle fillette, malgré de véritables tentatives de
meurtre, a été placée quatre fois sans que l'on ait jugé
à propos de prendre l'avis d'un médecin spécialiste.
Il y a de nombreux exemples de sujets maintenus en
liberté et qu'un examen médical aurait dû faire mettre
beaucoup plus tôt dans l'impossibilité de devenir des
êtres nuisibles.
Les visites périodiques seraient fort utiles, elles
seraient assurées par des médecins aliénistes, des
médecins ayant obtenu le certificat spécial de médecine
légale, toxicologie et psychiatrie, d'anciens internes
des asiles d'aliénés. On objecte la dépense, mais quelle
épargne pourra être réalisée en faisant d'honnêtes
sujets des enfants qui, arrivés à l'âge d'homme,
seraient devenus des piliers de prison, ou d'asiles
d'aliénés.
M. le docteur Collot réclame dans tous les services de
l'Assistance publique l'institution d'une fiche médicale
contenant le plus possible de renseignements, relatifs à
l'hérédité, au genre de vie des ascendants, au caractère
habituel, à la manière de se conduire du pupille à
l'hospice ou chez les
particuliers.
Maintenant aucun pupille de l'Assistance publique ne
devrait être envoyé en correction sans avoir été
préalablement soumis à l'examen d'un médecin
spécialiste.
On créerait également des établissements
médico-pédagogiques, établissements qui sont
actuellement en nombre très insuffisant.
Telles sont les idées heureusement développées par M. le
docteur Collot. Nous ne pouvons que nous féliciter de
voir nos jeunes médecins tourner leur activité vers les
questions sociales, dans un esprit des plus généreux.
A une époque où la main-d'oeuvre agricole, fournie en
notable partie par les pupilles a une si grande
importance, on ne saurait trop s'occuper de l'améliorer.
Et surtout, ayons de la pitié pour ces enfants sans
père, ni mère, et n'envoyons pas en correction de
simples malades.
Léon PIREYRE. |
Marcel Collot épouse à Nancy Eugénie Adèle
Henriette Ann le 3 juin 1922, et part exercer à Blâmont, où il
se domicilie en octobre 1924 au 78 Place Carnot (il déménagera
après 1930 Grande Rue).
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L'Est
Républicain - 30 juillet 1922
BLAMONT
Un nouveau médecin. - Nous apprenons avec plaisir que M.
le docteur Marcel Collot, de la Faculté de Nancy, vient
de s'installer à Blâmont. Le docteur Collot, originaire
de Martigny-les-Bains, est un praticien aimable et fort,
distingué.
Nous lui souhaitons une cordiale bienvenue. |
C'est à Blâmont que nait Simone Collot
(Simone Adèle Eugénie Juliette Marcelle) le 5 juin 1925.
Déjà titulaire de la Croix de guerre, Marcel Collot est fait
Chevalier de la légion d'honneur par décret du 17 décembre 1934,
en tant que médecin-lieutenant de la 20ème région militaire.
Il décède le 11 décembre 1942 à Nancy (son corps retrouvé dans
un local des établissements Marchal, rue de Molitor).
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L'Écho de
Nancy - 14 décembre 1942
Mme Marcel COLLOT, née E. ANN ;
Mlle Simone COLLOT ; Mme Veuve E ANN ; toute la Famille
et les Amis, ont la douleur de vous faire part de la
mort de Monsieur Marcel COLLOT, Docteur en Médecine.
Chevalier de la Légion d'honneur. Croix de guerre
1914-1918, leur époux, père, gendre,
parent et ami, décédé subitement à Nancy le 11 décembre
1942, et vous prient d'assister aux obsèques
protestantes, qui auront lieu le mardi 15 courant, à 15
heures, au Temple protestant. Réunion et remerciements
au Temple, où le corps est déposé. - Nancy : 45, rue
Eugène-Hugo. |
II - Fonctions électives
Marcel Collot devient conseiller municipal
de Blâmont en 1928 avec Henry Hanriot, puis en 1930 avec Joseph
Colin, et en 1937 avec Jean Crouzier.
Candidat républicain, il est élu Conseiller d'arrondissement de
Blâmont aux élections cantonales du 25 octobre 1931, et réélu en
octobre 1937. Puis le régime de Vichy suspend les conseils
d'arrondissement par la loi du 12 octobre 1940.
III - L' « incident » de 1913
De très nombreux titres de la presse
nationale évoquent en juillet 1913 un « nouvel incident
franco-allemand à Nancy »
Le Mémorial des Vosges du 18 juillet 1913 ajoute qu'à Nancy,
« Au banquet qui a eu lieu hier soir, le maire a protesté, au
nom de la population de Nancy, contre les procédés tels que ceux
qu'on reproche à l'étudiant Collot »
Voici quelques-uns des multiples articles
relatant l'évènement :
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La Gironde
- 15 juillet 1913
UNE RIXE A NANCY
Nancy. 14 juillet. - Au cours de la nuit dernière, à la
suite d'une discussion survenue dans un café de la place
Stanislas entre deux consommateurs français et cinq
consommateurs venus des pays annexés, une rixe s'est
produite entre l'étudiant en médecine Marcel Collot et
le nommé Charles Conrad, vingt-six ans, quincaillier à
Hayange. Collot a été blessé à la tempe gauche, à
l'épaule gauche et au genou droit. Conrad, qui a reçu
quelques coups sur la tête et au menton, a été pansé à
l'hospice et reconduit ensuite dans un de ses
compatriotes. Les blessures reçues de part et d'autre ne
sont pas graves.
La police est immédiatement intervenue et une
Information judiciaire a été ouverte. Collot, qui paraît
avoir été l'agresseur, et qui était en état d'ivresse, a
été arrêté. |
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Le Petit
Parisien - 15 juillet 1913
UNE RIXE DANS UN CAFE DE NANCY
Nancy, 14 juillet.
Un étudiant, qui, en compagnie de quelques camarades, se
trouvait, la nuit dernière, dans un grand établissement
du centre de la ville, ayant avisé un consommateur nommé
Conrard, habitant Hayange, en Alsace-Lorraine, et venu à
Nancy à l'occasion du 14 juillet, lui adressa des
paroles désobligeantes. Le client interpellé se regimba
et l'étudiant riposta. Une bagarre assez sérieuse se
produisit alors, au cours de laquelle les deux
adversaires furent légèrement blessés.
Des poursuites correctionnelles seront exercées contre
l'étudiant, nommé Marcel Collot, âgé de vingt-cinq ans,
qui suit les cours de la Faculté de médecine ; en outre,
le recteur va engager contre lui une action
disciplinaire. |
| Le Courrier de Metz - 15 juillet
1913 Une rixe dans un café
de Nancy
Nancy, 14 juillet. - Un étudiant, qui, en compagnie de
quelques camarades, se trouvait, la nuit dernière, dans
un grand établissement du ventre de la ville, ayant
avisé un consommateur nommé Conrard, habitant Hayange,
en Alsace-Lorraine, et venu à Nancy à l'occasion du 14
juillet, lui adressa des paroles désobligeantes. Le
client interpellé se regimba et l'étudiant riposta. Une
bagarre assez sérieuse se produisit alors, au cours de
laquelle les deux adversaires furent légèrement blessés.
Des poursuites correctionnelles seront exercées contre
l'étudiant, nommé Marcel Collot, âgé de vingt-cinq ans,
qui suit les cours de la faculté de médecine.
Dès hier soir la nouvelle en était affichée au moins par
la Metzer Ztg. Voulait-on déjà exploiter politiquement
cette rixe vulgaire ? Il faut vouloir chercher midi à 14
heures pour attacher à de telles bêtises un intérêt
suffisant pour afficher. Constatons toutefois que la
note n'est pas provocatrice.
A Berlin, on assure qu'à l'Office des affaires
étrangères on a déclaré aux journaux qu'on ne savait
rien de l'incident; mais qu'après la dernière affaire de
Nancy, les autorités allemandes et françaises s'étaient
entendues pour que dans: des cas semblables, on attende
avant de rien faire que le préfet français et le
président de police de Metz aient reçu des
renseignements précis sur l'incident qui se serait
produit, et qu'alors seulement, s'il leur paraissait
nécessaire, des pourparlers diplomatiques seraient
engagés. |
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Lothringer
Post - 17 juillet 1913
Hayingen. Wie aus Nancy gemeldet
wird, kam es Sonntag nacht nach einem Streit in einem
Cafe am Stanislausplatz unter Beteiligung französischer
Gäste unb Deutscher aus Elsass-Lothringen zwischen dem
Studenten Marcel Collot und dem 26 Jahre alten
Eisenhändler Karl Konrad aus Hayingen zu einer
Schlägerei. Collot, der der Hingreifer gewesen zu schein
scheint, unb ber betrunken war, würde verhaftet. Collot
und Conrad sind beide verwundet, jedoch nicht schwer.
Der Student Collot wird vor das Zuchtpolizeigericht
gestellt werden. Der Rektor hat gegen ihn eine
Disziplinaruntersuchung eingeleitet. |
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Le Petit
Parisien - 18 juillet 1913
L'incident de Nancy Quinze jours
de prison à l'étudiant Collot
Nancy, 17 juillet.
L'étudiant en médecine Marcel Collet, âgé de vingt-cinq
ans, auteur de l'incident que le Petit Pariaien a
signalé, a comparu ce matin devant le tribunal
correctionnel, sous l'inculpation de coups et blessures
et ivresse. Au nom de M. Conrard, partie civile, Me
Evard a réclamé quinze cents francs de
dommages-intérêts.
Le tribunal a condamné Marcel Collot à quinze jours de
prison sans sursis, cinq francs d'amende et trois cents
francs de dommages-intérêts. |
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L'Action
française - 18 juillet 1913
L'INCIDENT DE NANCY
L'incident du café de la Rotonde s'est terminé, hier,
devant le tribunal correctionnel, où M. Marcel Collot,
étudiait en médecine, âgé de 25 ans, a comparu sous
l'inculpation de coups et blessures. sur la personne
d'un Lorrain annexé, M. Conrad, employé d'économat à
Hayange.
M. Collot reconnaît avoir cherché querelle aux annexés
et les avoir traitée de Prussiens et il en exprime le
regret ; mais il dit qu'il reçût une grêle de coups ét
qu'en se défendant il renversa M. Conrad, qui, en
tombant, se fit une légère blessure. L'avocat de M.
Collot s'est efforcé de ramener l'affaire à ses justes
proportions, c'est-à-dire celles d'une simple rixe de
café.
Le tribunal n'en a pas moins condamné M. Collot à 15
jours de prison sans sursis, 300 fr. de dommages et
intérêts, et 5 fr. d'amende.
Dans l'auditoire, il y avait de nombreux étudiants et de
nombreux annexés. Le public a accueilli le jugement
qu'il trouvait trop sévère par des murmures. |
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Le Lorrain
: écho de Metz et d'Alsace-Lorraine - 18 juillet 1913
MEURTHE-ET-MOSELLE
Nancy. - L'affaire de la Rotonde.
Hier est venue devant le tribunal correctionnel de Nancy
l'affaire qui constitue l'incident du 14 juillet.
Rappelons brièvement les faits : Le dimanche 13 juillet,
un étudiant en médecine, M. Marcel Collotn 28 ans,
originaire de Chaumont (Haute-Marne), avait commencé à
fêter plus qu'il ne convenait par des libations le 14
juillet. Au café de la Rotonde, où il était entré en
compagnie de camarades, il avisa un groupe de quatre
Lorrains et dit en passant près d'eux : « Tiens, en
voilà encore qui sont de l'autre côté ! » Puis, comme
ceux-ci allaient quitter l'établissement, il se
rapprocha d'eux, plaça un porte-parapluie et manteau
entre leur table et la sienne et dit: « Voilà la
frontière ; restez de votre côté, car vous êtes des
Prussiens ! » L'un des Lorrains, M. Conrad, se leva et
riposta à cette apostrophe par une magistrale gifle à
Collot. Une bousculade se produisit ; les amis de
Conrard levèrent leurs cannes sur Collot, qui prit la
fuite dans le jardin. Conrard le rejoignit. C'est alors
que Collot saisit une chaise et en frappa Conrard à la
tête. Puis un corps-à-corps se produisit, et les deux
hommes tombèrent dans l'escalier du jardin, où Conrard
se blessa à la tête. Collot, de son côté, était assez
contusionné. On arrêta Collot et l'instruction fut
rapidement menée.
Un important service d'ordre avait été organisé par la
police. Dans l'enceinte du prétoire on remarquait plus
de deux cents étudiants venus pour assister aux débats.
Après l'interrogatoire de l'accusé Marcel Collot, on
entend Conrard, 28 ans, employé de commerce à la
quincaillerie Wonner, à Hayange, originaire de Marsal ;
puis les témoins cités. De l'audition de tous, qui
confirment leurs premières dépositions, il résulte que
l'étudiant Collot, qui était en état d'ébriété, insulta
sans raison Conrard et ses amis, que Conrard porta les
premiers coups et enfin, qu'au cours de la bagarre, les
deux adversaires furent blessés.
Conrard s'était porté partie civile. Son avocat, Me
Evard, dramatise un peu les faits : il voudrait
justifier une demande excessive de 1.500 francs de
dommages-intérêts.
M. le substitut Guignot, lui, prononce un réquisitoire
très sobre. Il laisse à cette affaire son véritable
caractère de rixe banale et sans gravité et déplore, en
termes parfaitement mesurés, une attitude qui est en
contradiction avec les traditions d'urbanité et de
courtoisie dont Nancy s'honore si hautement et si
justement.
Me Pierre Weiss présente avec chaleur et conviction la
défense de son client, Marcel Collot. Il montre à quoi
se résume en réalité la signification du geste
inconsidéré, étourdi, d'un étudiant qui, dans sa
griserie plus joyeuse que méchante, voyait, ce soir là,
des Prussiens partout. Il demande au tribunal de
repousser la hantise de tout incident diplomatique, de
ne retenir dans la balance de la justice que le poids
léger des faits et de témoigner une juste indulgence à
un étudiant dont le cas sera en outre jugé, lundi, au
Conseil de l'Université.
Le tribunal condamne Collot à 15 jours de prison, à 5
francs d'amende et à 300 fr. de dommages envers la
partie civile.
A la sortie, les camarades de Marcel Collot lui
manifestèrent leurs sympathies et leur amitié, cependant
que beaucoup d'assistants commentaient la présence, dans
la salle, d'un inspecteur de police allemand. |
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L'Union
libérale - 20 juillet 1913
L'Incident de Nancy
L'épilogue
Nancy. 18 juillet. - Hier matin a comparu devant le
tribunal correctionnel, l'étudiant en médecine Marcel
Collot, âgé de 25 ans, qui, dans la nuit du 13 au 14
juillet dans un grand café de Nancy, s'est pris de
querelle avec un habitant du pays annexé avec lequel il
avait échangé des coups. L'étudiant n'a fait aucune
difficulté pour reconnaître qu'il avait eu les premiers
torts.
Maigre une chaleureuse plaidoirie de Me Pierre Weiss,
Collot a été condamné à 13 jours de prison, sans sursis,
15 francs d'amende et 300 francs de dommages-intérêts
envers l'Alsacien-Lorrain qui s'était porté partie
civile. |
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Le Petit
Parisien - 22 juillet 1913
L'INCIDENT DE NANCY
L'étudiant en médecine Collot exclu de l'Université pour
six mois
Nancy, 21 juillet.
L'étudiant en médecine Marcel Collot qui, à la suite de
l'incident survenu au cours de la nuit du 13 au 14
juillet, avait été condamné à quinze jours de prison, 5
francs d'amende et 300 francs de dommages-intérêts,
vient de comparaître devant le conseil de l'université.
La commission des affaires contentieuses et
disciplinaires demandait que l'étudiant fût exclu de
l'Université de Nancy pendant un an.
Le défenseur de Collot, M« Pierre Weiss, a
chaleureusement plaidé la cause de son camarade et le
conseil a fixé à six mois la durée de l'exclusion. |
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Le Matin -
22 juillet 1913
L'INCIDENT DE BRASSERIE
Les sanctions universitaires après les sanctions
judiciaires
NANCY, 21 juillet. - Du correspondant particulier du «
Matin » (par téléphone). On sait que dans la nuit du 13
au 14 juillet, à la brasserie de la Rotonde, l'étudiant
Marcel Collot, au cours d'une discussion avec un Lorrain
annexé, traita celui-ci de Prussien. Giflé par
l'insulté, il le frappa d'un coup de chaise à la tête.
Condamné jeudi dernier par le tribunal correctionnel à
quinze jours de prison, 5 francs d'amende et 300 francs
de dommages-intérêts, Marcel Collot comparaissait devant
le conseil de l'université de Nancy, présidé par M.
Adam, recteur.
Le tribunal universitaire a siégé à huis clos.
L'étudiant Collot était assisté de son défenseur, Me
Pierre Weiss. Des conclusions furent déposées par la
défense, à laquelle il en fut donné acte, et qui
tendaient à faire constater que la commission d'enquête
n'était pas légalement constituée.
Après une délibération de deux heures et demie, le
conseil a prononcé contre Collot la peine de six mois
d'exclusion des cours de l'université de Nancy. |
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Le Siècle
- 23 juillet 1913
L'incident de Nancy
Les sanctions proposées par le conseil de l'Université
Nancy, 22 janvier. On se souvient de l'incident qui se
déroula dans la nuit du 13 au 14 juillet à la brasserie
de la Rotonde, à Nancy. Un étudiant en médecine, Marcel
Collot, après boire, traita de « Prussien » un Lorrain
annexé, M. Conrad, de Hayange (Alsace-Lorraine), qui le
gifla. Une bagarre éclata au cours de laquelle Collot
frappa M. Conrad d'un coup de chaise sur la tête, le
blessant peu grièvement d'ailleurs. Arrêté, incarcéré et
traduit en correctionnelle, Collot fut condamné à quinze
jours de prison sans sursis, 5 francs d'amende et 300
francs de dommages-intérêts envers la partie civile.
A la suite de cette condamnation, Collot fut traduit
devant le conseil de l'Université, où il comparut sous
la surveillance de deux agents de la Sûreté. Il était
assisté de M. Pierre Weiss, son défenseur. La séance eut
lieu à buis clos et les débats se prolongèrent de cinq
heures à sept heures et demie du soir,
La défense a déposé des conclusions tendant à déclarer
que la commission des affaires contentieuses et
disciplinaires sur le cas de l'étudiant Collot n'avait
pas été constituée conformément à l'article 16 du
décret, du 21 juillet 1907 portant règlement pour les
conseils de l'Université. Il en fut donné acte.
La commission demandait l'exclusion de Collot pour un an
de l'Université de Nancy.
La majeure partie du conseil (9 voix contre 5) - se
prononça pour l'exclusion pendant six mois. |
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