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De Senone le 7 Janvier 1789,
M., vous prenez plaisir à consigner dans vos feuilles tous les
actes d'humanité dont vous avez connoissance. J'ose espérer que
vous voudrez bien y insérer ceux-ci. [...]
Dans le comte de Blamont un général d'ordre, quoique peu riche,
honore l'humanité; j'apprends que toute l'année il fait
travailler les pauvres paysans qui ont le bonheur d'habiter près
de chez lui ; il ne se contente pas de leur prêter une main
secourable en tout temps. En ces moments de crise & de calamité
publiques, il vient de faire venir de Strasbourg cinq à six
cents livres de riz pour les malheureux qui l'environnent.
J'ai l'honneur d'être, &c. Signe de Mercier.
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Journal des
départemens de la Moselle, de la Meurthe, de la Meuse, des
Ardennes et des Vosges
Du 4e jour du mois pluviose de l'an II de la république.
(23 janvier 1794)
BLAMONT. Jea. Nic. Gérard
pere, habitant de Cambrey, ont vendu popr 400 liv. - Jea. Cla.
Glaudont, cultivateur, à Blamont, 927 liv. - [...] Affiché les
22 frimaire et 8 nivôse.
Deux loups viennent encore
d'être tués dans les forêts qui avoisinent Frémonville, village
près Blâmont.
Un incendie qui a éclaté tout
à coup dimanche dernier, à huit heures du soir, dans la ville de
Blâmont, et n'a pu être éteint qu'à trois heures du matin, a
réduit en cendres six maisons. On a craint un instant pour tout
un quartier; mais grâce à la bonne direction donnée aux secours
et aux efforts de la compagnie de sapeurs-pompiers, secondés par
ceux de Frémonville, de Domêvre et de plusieurs communes
environnantes, le foyer de l'incendie est resté concentré dans
la même rue. Cependant le désastre n'en a pas été moins grand ;
il a frappé la partie de la ville la plus populeuse et la plus
pauvre : dix-neuf ménages des plus nécessiteux se trouvaient
sans pain et sans asile. Les vieillards et les infirmes ont été
admis à l'hospice. Les personnes fortunées se sont empressées de
venir en aide à leurs concitoyens malheureux, de les loger, de
les vêtir et de leur donner du pain. De toutes parts se sont
faites pour eux des cotisations, car ils ont tout perdu. Cinq de
ces maisons étaient heureusement assurées à divers compagnies.
Cet incendie n'est point le fait de la malveillance : des
cendres chaudes placées dans un premier étage l'ont dit-on,
déterminé. (Patriote de la Meurthe.)
Le fils, âgé de 4 ans, du
sieur Harha, plâtrier à Nonhigny, ayant commis l'imprudence de
frapper, avec un roseau, un cheval que l'on conduisait à
l'abreuvoir, reçut de cet animal un coup de pied à la tête, qui
entraîna sa mort au bout de cinq jours.
Le Journal de la Meurthe et
des Vosges annonce que M. Marchal, maire de la commune de
Nonhigny, est révoqué par décret présidentiel.
M. Marchal avait favorisé dans sa commune l'établissement d'un
cabaret clandestin.
Il fréquentait lui-même cet établissement et avait défendu au
garde-champêtre de dresser procès-verbal contre le délinquant.
Mort du brigadier des douanes
Richard. - Le brigadier Richard, de Frémonville, qui s'était
grièvement blessé en voulant mettre fin à ses jours, vient de
mourir des suites de sa blessure.
Cérémonie patriotique
Le dimanche 16 août 1903 (33e anniversaire de la bataille de
Gravelotte), la 320e section de vétérans des armées de terre et
de mer accompagnée de l'admirable compagnie de sapeurs-pompiers
de Blâmont, s'est rendue au cimetière de cette ville, pour
déposer une palme de souvenir au monument élevé à la mémoire des
militaires morts au service de la France.
M. Ferrez, le sympathique président de la section, ancien
combattant de Gravelotte, a retracé avec intelligence les
différentes péripéties de cette bataille héroïque, en conviant
les jeunes générations à l'idée du dévouement patriotique.
Ensuite, il a donné la parole à M. Schneider, vétéran, qui a
prononcé l'allocution suivante :
Mesdames, Messieurs,
« C'est avec un profond recueillement et dans une pensée pieuse
que nous venons apporter le tribut de notre estime et Je nos
regrets aux braves défenseurs du pays qui ont donné à la France
leur sang et leur vie, et qui, par leur dévouement, sont arrivés
à sauver l'honneur de la patrie.
« Si la palme que nous déposons au pied de ce monument est
modeste, en échange, nous y joignons une valeur qui émane du
fond de cœurs français, et qui se résume par le mot « souvenir »
et se personnifie par l'union autour du drapeau national. Car
nos âmes s'unissent dans la pensée. Il n'existe aucune barrière
infranchissable entre ceux qui espèrent, et assurément, sans
l'espérance, la vie ne serait qu'une amère dérision. Si quelque
chose peut consoler ceux qui restent, c'est de -penser que les
hommes dévoués trouvent leur récompense dans l'éternité.
« Dans notre société, les sentiments du souvenir sont
inséparables des sentiments patriotiques. Nous mettons en commun
nos aspirations françaises et nos espérances nationales.
« Nos cœurs éprouvent le mime sentiment fraternel pour les plus
modestes comme pour les plus illustres, et excitent dans nos
âmes le feu sacré du dévouement patriotique.
« Unissons nos cœurs et nos voix pour adresser un dernier
hommage à ceux qui furent de vaillants soldats. Inclinons-nous
respectueusement devant ce monument où reposent des braves
défenseurs du pays. Ils revivent dans l'immortalité qui est le
soleil des justes morts au service de la patrie française.
Au pied de ce monument aù seuil de l'éternité, je ne vous dis
pas adieu, chers camarades, mais plutôt : au revoir dans une vie
meilleure où les larmes et les chagrins sont inconnus.
« Au revoir ! »
A midi et demi, vétérans, sociétaires et sapeurs-pompiers se
sont réunis à l'hôtel de Paris, dans un banquet fraternel
admirablement servi, sous la direction agréable de Mme Cùny.
Après le repas, M. le président, après avoir remercié les
personnes qui ont prêté leur concours désintéressé à
l'organisation de la cérémonie patriotique, et exposé le but
noble de la Société des vétérans, a de nouveau accordé la parole
à M. Schneider, vétéran, qui s'est exprimé en ces termes :
« Messieurs et chers camarades,
« En présence de l'imposante cérémonie de ce matin, on comprend
que les aspirations de notre belle Société sont essentiellement
patriotiques. Mais, en même temps, elles tendent, par des
mesures de prévoyance et de solidarité, à améliorer l'avenir des
adhérents à notre Société, afin de leur assurer un bien-être
relatif pour l'heure où les forces ne leur permettront plus de
travailler manuellement.
« Cette pension sera le fruit de nos efforts, et le résultat de
l'union qui fait la force. Elle sera l'œuvre de la mutualité
fraternelle et du bon vouloir de ceux qui, favorisés par la
fortune, savent comprendre qu'en allant vers les humbles, on
inspire chez eux le sentiment du devoir et le dévouement le plus
complet.
« Notre Société, profondément libérale, sait réunir autour du
drapeau tricolore tous les anciens défenseurs de la patrie, sans
distinction d'arme ou de grade, et entretenir chez eux l'idée du
dévouement patriotique.
« Nous appartenons tous à la grande famille militaire, et,
certes, si la place d'honneur est destinée aux plus jeunes parmi
nous, le jour où la France fera appel à toutes les forces vives
de la nation, les vétérans sauront mettre leur expérience et
leur dévouement au service de la cause la plus noble qui est
celle de la défense du sol français et lorsque le vent des
batailles passera dans les plis du drapeau, sociétaires et
vétérans auront toujours pour signe de ralliement l'étendard
sacré de la Patrie française et pour mot d'ordre notre devise
patriotique :
« Oublier... jamais ! Espérer... toujours ! »
Reillon. - Contraventions ont
été dressées contre les nommés Crouvizier Emile et Maire
Victorine, tous deux aubergistes à Reillon, pour fermeture
tardive de leur établissement. Quatre consommateurs qui se
trouvaient dans le dernier, ont également eu contravention.
Blâmont. - La dame Mercio a
déclaré que sa voisine, la femme Kling, lui a jeté un seau d'eau
à la figure.
Leintrey
Samedi matin, le nommé Auguste Lamblé, âgé de 48 ans, rentier, a
été trouvé pendu dans son grenier. Ce suicide est attribué à des
souffrances physiques endurées par Lamblé.
Leintrey. - Charles Arnoux,
25 ans, cultivateur, a été l'objet de procès verbaux pour
violation de domicile et violences. Il avait pénétré, en
enfonçant la porte, dans la maison de Mme et Mlle Mougin, avait
frappé la première et lui avait brisé son parapluie. Les dames
Mengin ont été aussi l'objet d'un procès verbal pour tapage
nocturne.
ANCERVILLER
Mort accidentelle. - M. Ch. Barbier, 35 ans, cultivateur, s'est
tué en tombant alors de qu'il conduisait une voiture.
Le malheureux était épileptique et sujet à de fréquentes crises
; il a succombé à une fracture du crâne.
UNE MESSE AU FRONT
L'autel est disposé près du chêne géant
Et le prêtre-soldat a commencé l'office,
L'on honore aujourd'hui ceux tombés au néant
Du ravin de Reillon et ceux qui dans la lice
Ont défendu le sol du doux pays lorrain.
Au premier rang, les clefs sont debout, mine frère,
Derrière eux les poilus, de qui l'âme d'airain
Pleure pourtant la mort des compagnons de guerre.
Un chant s'élève : il est grave et mélodieux,
Un chant par quoi le cœur qui s'humilie implore
Le seigneur trois fois juste et miséricordieux,
Evoque les défunts que l'on croit voir encore.
Soudain, un grondement là-bas a retenti,
Un « cent cinquante » arrive el, sa puissante haleine
Trouant l'air, fait vibrer le sol et s'aplatit
Dans un bruit d'ouragan derrière le grand chêne.
Quelques éclats d'obus jaillissent au milieu
Des soldats assemblés au service funèbre.
Peut-être un peu d'émoi, de crainte est-elle en eux ?
Eux, qui narguent pourtant l'Enfer et ses ténèbres.
Mais ils ont vu leurs chefs indifférents debout
Et pareil au grand chêne, impavide pilastre,
Le Général suivant la messe, jusqu'au bout...
Ses deux étoiles d'or semblent être ces astres
Sur qui les voyageurs se guident en chemin
De même ses soldats ont foi dans ses étoiles.
Chaque fois que l'obus, le lourd obus germain,
S'annonçait en sifflant, lui, l'âme martiale.
Stoïque et froid prononçait : « Casque ! » simple[ment
Et tous les assistants se coiffaient, héroïques ;
Puis, le danger passé, respectueusement
Les fronts se découvraient devant l'autel mystique.
Les chants furent plus beaux après cet incident,
Les cœurs étaient plus forts, plus graves les pensées
Et les Boches tiraient sans succès... cependant
Seul un soldat eut sa capote transpercée.
Et le chêne au milieu des obus demeurait
Droit, tel un bouclier défendant la patrie
Et telle que ce chêne, ô France, tu parais
Plus forte que jamais par le malheur grandie.
Trouttet
Tribunal correctionnel de
Lunéville
Audience du Mercredi 6 Juin
Abus de confiance. - En octobre 1922, Raymond François, chef
d'équipe au service d'exhumation des tombes militaires à Reillon,
pour le compte de la maison Morel, de Paris, disparaissait en
emportant 3.000 fr. qui lui restaient sur la paye de ses
ouvriers. et une somme de 5.000 fr. au préjudice du même Morel ;
mais la comptabilité peu régulière de la maison ne permet pas
d'affirmer qu'elle a suivi le même chemin. Toutefois, afin
d'entendre M. Morel qui est absent de France pour le moment,
l'affaire est renvoyée au 27 juin.
Tribunal correctionnel de
Lunéville
Audience du Mercredi 11 Juillet
Abus de confiance. - Le nommé Raymond François. avait touché de
l'argent pour payer des ouvriers, au nom de M. Morel, et en
avait gardé une partie. M Morel déclare par l'organe de
ministère public retirer sa plainte.
Le tribunal en prend bonne note et relaxe Raymond.
FREMONVILLE
N'OUBLIEZ PAS L'HEURE ! - Le nommé Reisch Michel, 35 ans,
cafetier, s'amusait, en compagnie de clients, au point qu'il
oublia l'heure de fermeture. Les gendarmes la lui rappelèrent
par un procès-verbal.
Tribunal correctionnel
Coups et blessures. - Buda Charles-Georges, 25 ans, carrier à
Frémonville, a frappé d'un coup de poing à la figure et renversé
M. Seyer Albert, à Blâmont. 50 fr. d'amende.
MEURTHE-ET-MOSELLE Blamont. -
Fiançailles. - Nous apprenons avec plaisir les fiançailles de
Mlle Marguerite Resnick, fille de M. Aria Resnick, grand mutilé
de guerre, Médaille militaire, Croix de guerre, et de Mme
Resnick, avec M. Sam Spiegel, étudiant à la Faculté de droit de
l'Université de Nancy. Nos sincères félicitations.
Tribunal de Lunéville
Audience du 31 Octobre 1934
Bris de vitres. - René Zinckuck, 37 ans, garçon de culture,
étant en état d'ivresse a cassé des carreaux dans un débit de
Blâmont. Il s'engage à payer la casse. 25 fr. d'amende.
AVRICOURT
A la prochaine fois! - Pour avoir cambriolé la caisse de la gare
d'Avricourt, où il fit main basse sur une somme de 75 francs, le
mécanicien Mathieu Lisch, 33 ans, titulaire de tout un paquet de
condamnations, avait été condamné par le tribunal correctionnel
de Saverne à un an de prison et à la relégation. Le condamné
ayant fait appel du jugement, la Cour de Colmar a réduit à trois
mois la peine de prison et supprimé la peine de relégation.
Tribunal de Lunéville
Audience du 9 Septembre 1936
Pâturage économique. - Anthony Marie, 58 ans, vannière
ambulante, faisait pâturer son cheval à Frémonville, dans un
parc appartenant au sieur Mougeot. Poursuivie pour ce délit,
elle fait défaut le Tribunal la condamne à 25 francs d'amende.
CENTRE D'ÉTUDES LORRAINES
Conférence de l'abbé Hatton
C'est demain jeudi, à 16 h. 30, qu'aura lieu, dans le grand
amphithéâtre de la Faculté des Lettres, la troisième conférence
du centre d'études lorraines. M. l'abbé Hatton parlera de ses
recherches et de ses fouilles également pittoresques dans la
région de Blâmont, afin de retrouver, dans une mesure
jusqu'alors insoupçonnée, les traces de l'installation et de
l'occupation des Romains. On peut encore louer des places
aujourd'hui au bureau de renseignements, 13, place Carnot, de 9
heures à midi et de 15 à 18 heures. La précieuse leçon
d'archéologie pratique du distingué curé de Domjevin attirera
certainement un nombreux public.
DISSOLUTION DE CONSEILS
MUNICIPAUX
Le conseil municipal de la commune d'Ancerviller est dissous.
Il est Institué dans la commune d'Ancerviller une délégation
spéciale habilitée à prendre les mêmes décisions que le conseil
municipal ei ainsi composée ; Président : M. Cotel (Louis) ;
membres : MM. Lartisant (Paul), Colin (Louis).
Parce qu'il ne savait danser
que la polka
Un plombier-zingueur est assommé à coups de louche par Marie, la
gracieuse danseuse d'Avricourt
Nancy. - Au petit bal d'Avricourt (Moselle), la toute jeune et
gracieuse Marie Jazinsky s'était taillé un beau succès l'autre
soir.
Le mambo n'avait pas plus de secret pour elle que la samba.
Malheureusement, le fiancé qui l'avait amenée là, Jean Kruger,
29 ans, plombier zingueur, était bien forcé d'attendre à la
buvette que l'orchestre entamât une polka.
« Je ne savais danser que ça », précisa-t-il aux gendarmes.
L'attente devint pénible. Finalement, il pria Marie de quitter
la piste ; elle refusa. Il l'attendit alors à la sortie et lui
asséna, sous les étoiles, une correction tellement rude que, dès
le lendemain, la nécessité de se faire pardonner lui parut
évidente.
Et notre amoureux d'aller rendre visite aux parents de la
victime. Alors qu'il discutait avec sa future belle-mère, la
fiancée l'approcha par derrière, armée d'une louche et. d'un
seul coup solidement asséné sur le crâne, le coucha sans
connaissance sur les pavés de la cuisine.
La petite Marie a porté plainte aux gendarmes de Sarrebourg pour
avoir été corrigée. L'amoureux est allé raconter lui aussi son
histoire à la gendarmerie.
« Il n'y a pas de raison de se faire assommer parce qu'on ne
sait danser que la polka ».
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