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Les écoles pendant la révolution
 


Revue de la Révolution - 1883

Les écoles pendant la révolution

Blâmont avant 1789

1382. Chapitre et Collégiale. 1693. Gages du maître d'école. Il est installé dans l'ancienne maison curiale appropriée a sa nouvelle destination. 1627. Établissement des Capucins. 1639. Dotation de la duchesse Marguerite, en faveur des Dames de la Congrégation, « dont la communauté occupe une maison proche l'église ». - 1699. Un bourgeois fonde un hôpital. - 1743. Traité avec le maître d'école. -1760, Subvention accordée a un régent de latinité. -1779. Le subdélégué et le curé adressent à l'intendant des mémoires fort remarquables, au sujet des réformes à opérer pour le choix et la nomination des maîtres d'école. Les registres sont tenus avec le plus grand soin. J'ai lu, sur l'un d'eux, à la date de 1686, cette inscription de la main du curé « Beati quorum nomina scripta sunt in libro vitoe ». De 1686 à 1690 : 39 mariages, 21 époux, 18 épouses signent de 1786 à 1790 : 47 mariages, 37 époux, 30 épouses signent., En 1791, 340 témoins signent les actes de baptêmes (60), de mariages (15), de décès (40) ; il n'y a que dix croix !
Après 1789. -1790, 25 avril - Inventaire du couvent des capucins, de l'abbaye de Haute-Seille. 3 novembre. La municipalité réclame le maintien des religieuses « qui rendent d'immenses services à l'éducation des jeunes filles » le Directoire du département, « oui le procureur général syndic, déclare que les Dames de la Congrégation doivent être rangées dans la classe des maisons religieuses, en faveur desquelles l'article 8 des lettres patentes du 22 avril 1790 prononce une exception, »
1792. Malgré les plus vives instances, les religieuses refusent le serment, on les remplace par la dame Catherine Vorgny. Le citoyen Charron chargé de l'école. An II, 39 pluviôse. Le Conseil exprime les plaintes les mieux fondées, il rappelle la situation des écoles « avant la Révolution », il déplore que, « malgré ses réclamations, tous les biens des religieuses ont été vendus, même la maison d'école construite sur un terrain de ville. » - An XI. Charron est nommé Instituteur, il traite avec le Conseil : un prêtre, l'abbé Fidry, fait une classe de latinité. On demande que cette classe, comme avant la Révolution, soit convertie en école secondaire. 1805. L'école des filles, fermée depuis 1796, est rétablie ; on loue un local, on accorde 200 fr. de traitement à deux soeurs Vattelotes ; en 1810, elles reçoivent 300 fr., « en raison des services qu'elles rendent ». Partout, à Cirey, à Domèvre, à Bayon, dans les bourgs et les villages de l'arrondissement, les Archives m'ont fourni les mêmes résultats partout les notices adressées au district, par les officiers municipaux, démontrent que les familles protestent, non contre l'école, mais contre la direction impie qui. lui est imposée. En moins de six années, l'esprit démagogique a substitué le régime de l'ignorance -et de l'impiété à ces réformes salutaires, dont l'intendant de Lorraine et Barrois avaient pris la généreuse initiative.

RÉSUMÉ ET CONCLUSION.

En 1789,162 des 163 communes qui forment aujourd'hui l'arrondissement de Lunéville ont au moins une école. En 1792,125 des 168 communes des districts de Lunéville et de Blamont ont encore une école. En 1794, le nombre des communes pourvues d'une école est réduit à 51 Les maisons sont vendues, les revenus dissipés, il ne reste rien de ces pieuses fondations qui ont assuré l'existence des maîtres. La conclusion est triste. Ecoutons un témoin oculaire, un acteur de ce drame terrible, le conventionnel Grégoire ; il nous dira ce qu'il faut penser de la légende des écoles de la Révolution.
Le 14 fructidor an II, en séance publique, il s'exprime en ces termes : « Il y a quinze mois que le Comité de salut public vous déclarait qu'il y avait urgence pour organiser l'éducation nationale, et vous ne faites rien. L'éducation nationale n'offre plus que des décombres ; il nous reste 20 collèges agonisants... Sur près de 600 districts, 67 ont quelques écoles provisoires, 16 seulement présentent un état qu'il faut bien trouver satisfaisant, faute de mieux. Cette lacune de 6 années a presque fait écrouler les moeurs et la science. »
Le 3 pluviôse an IV, dans un rapport sur l'ouverture d'un concours pour les livres élémentaires, il écrit « Pendant dix-huit mois, la Convention a été en révolte ouverte contre la volonté du peuple. Sur la parole de quelques brigands, elle affectait de croire que la France entière avait abjuré son Dieu, tandis que la désolation universelle protestait contre cette imposture »
En 1803, au retour d'un voyage dans les Vosges, il consigne, dans un mémoire destiné à l'Institut, quelques observations propres à provoquer des mesures administratives de la part du ministre de l'Intérieur, « Il y a neuf dix ans, chaque commune avait un maître et souvent aussi une maîtresse d'école. La méthode d'enseignement était bonne. De toutes parts on stimulait le zélé des parents, on excitait l'émulation. Tout cela n'est plus. La persécution a tout détruit. L'ignorance menace d'envahir les campagnes, les villes même, avec tous les fléaux, qui en sont la suite. On a beaucoup raisonné et même déraisonné sur rétablissement des écoles primaires et les écoles primaires sont encore à naître.
En 1808, dans ses mémoires (ch. III, p. 244), il rappelle qu'il attaqua le premier le « projet de défunt Le Pelletier, proposé par Robespierre » qui voulait faire de la France une nouvelle Sparte  : « Tous les enfants devaient être enlevés à leurs parents et parqués dans des écoles. » Il exprima, de la façon la plus violente, l'opinion que j'ai affirmée sur la désertion des écoles : « Toutes les âmes honnêtes répugnent a envoyer leurs enfants à ces magisters, presque tous ignorants ou crapuleux, qui occupent les presbytères et perçoivent un traitement sans fonctions. Ils ont grand soin de ne parler de religion aux élèves que pour la ridiculiser, de ne pas prononcer le nom de Dieu, d'empêcher qu'ils n'apprennent à le prier. Dans quelques écoles, on fait faire le signe de la croix au nom de Marat ou de Lazouski.... » On était arrivé à l'idéal de l'école laïque. Mais l'ancien curé d'Embermenll n'en était pas là., il ne pouvait oublier l'éducation religieuse qu'il avait reçue à l'école de Vého et qu'il avait donnée dans sa paroisse; son âme qui, malgré ses fautes, était restée chrétienne, gémissait de la corruption légale à laquelle l'enfance était condamnée !

L. MAGGIOLO.

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