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Assemblées électorales à Blâmont - Novembre 1792

Voir aussi Assemblées électorales à Blâmont - 1792


La Révolution française : revue historique
Décembre 1906

L'administration centrale du département de la Meurthe
Henri Poulet

[...]
Au lendemain de sa première réunion, le 22 septembre 1792, la Convention nationale avait décidé de renouveler tous les corps administratifs, municipaux et. judiciaires de la République un nouveau décret fixait au 19 octobre les détails de l'opération.
Contrairement à ce qu'avait édicté la loi du 22 décembre 1789, les membres du directoire devaient être désormais désignés directement par l'assemblée électorale avant les autres administrateurs; les suppléants ne faisaient plus l'objet d'aucune élection distincte, ils étaient choisis parmi ceux des administrateurs qui avaient le plus grand nombre de voix. Enfin, l'article 9 de la loi fixait au 11 novembre la réunion des corps électoraux au chef-lieu du district qui suivait immédiatement, dans l'ordre du tableau, celui où les assemblées électorales pour la nomination des députés avaient été tenues.
En vertu de ces diverses prescriptions, l'assemblée électorale du département de la Meurthe fut invitée par le procureur général syndic Lelorrain à se réunir, le 11 novembre, à Blamont, dans la ci-devant église des Capucins, à l'effet de procéder au renouvellement du corps administratif et des tribunaux criminels du département de la Meurthe.
La nouvelle assemblée ne ressemblait en rien aux précédentes réunions du corps électoral. Cette fois elle était nerveuse, agitée par des préoccupations de toutes sortes. Pour l'élection du président, il y eut déjà assaut de compétitions la lutte se poursuivit entre Pierre Collombel, maire de Pont-à-Mousson, et Jean-Baptiste Febvé, homme de loi à Lunéville. Le premier l'emporta finalement par 200 voix contre 148. En revanche, Mourer fut élu secrétaire sans concurrent par 378 voix sur 410 votants.
Ce dernier vote était significatif; un grand nombre d'électeurs portaient Mourer pour la place de procureur général syndic ce fut lui en effet qui triompha au second tour contre Lelorrain, procureur général sortant, par 333 voix contre 127.
Un instant les rivalités s'apaisèrent comme des prisonniers hessois passaient à Blamont, on interrompit la séance pour faire une collecte afin de leur venir en aide. Blamont était en fête, on dansait sur la place de la Liberté, et on chantait des hymnes en l'honneur des armées de la République victorieuses en Savoie cl en Allemagne.
Mais la lutte recommençait, le lendemain, tout aussi violente pour le choix des membres du directoire. En réalité, c'étaient surtout dos questions de personnes et de prépondérance de districts qui faisaient écarter les administrateurs sortants presque aucun ne fut réélu. Ce qui se passa le 12 se poursuivit les jours suivants. En vain, pour faire diversion, les administrateurs sortants essayèrent, le 13, de faire reprendre l'ancienne disposition des trois représentants par district. Le 14, on protesta contre la décision adoptée la veille par surprise contrairement à la loi qui voulait le scrutin de liste, et mal saisie par un grand nombre d'électeurs, et on la fit rapporter.
Les modérés restaient au pouvoir; mais la plupart des membres sortants avaient été évincés, comme le prouve la liste ci-dessous

Membres du directoire

MM. Bicquilley, ancien administrateur 357 voix.
Hubcrt-Anloine Billecard, maire de Dieuze 244
Nicolas Rollin, notaire et président du district de Vézelise 226
François-Mandel, procureur de la commune de Vic 206
Charles Regnault, président du tribunal de Blamont 197
Nicolas-Jacques Harlaut, archilecte à Lunéville 156
Louis Demangeot, ancien administrateur 136
Pierre Collombel, maire de Pont-à-Mousson. 103

Administrateurs du département
MM. Joseph Mangeon, ancien administrateur;
François Germain, juge de paix à Réchicourt;
Raphaël Mang, administrateur du district de Sarrebourg;
Remy Dieudonné, ancien administrateur;
Nicolas-François Mathieu, cultivateur à Lunéville;
Dominique Jacob, maire de Toul;
Joseph Cabocel, à Château-Salins ;
Louis Collière, ancien administrateur;
Joseph-Alexis Dauphin, ancien président du département ;
François Empereur, de Pont-à- Mousson;
Jean-François Poirson, officier municipal â Nancy;
Joseph Foudreton, juge au tribunal de Vézelise;
Pierre-Clément Colle, juge du tribunal de Sarrebourg;
Antoine Villemin, juge du tribunal de Pont-à-Mousson;
Antoine Renaud, propriétaire des verreries de Sainte-Anne;
Nicolas Michel, juge de paix à Vic;
Pierre Rigoine, chef de légion du district de Sarrebourg;
Claude Léger, cultivateur à Crépey, ancien administrateur;
Hubert Prugneaux, administrateur du district de Toul ;
Sébastien Dron, administrateur du district de Vézelise;
Philippe Louis, juge de paix à Saint-Clément;
Charles-François Gérard, notaire à Diarville, ancien administrateur;
Grégoire Perrin, de Nomeny, ancien administrateur;
François-Dagobert Pariset, juge du tribunal de Dieuze;
Pierre Voinot, administrateur du district de Blamont;
Biaise Bénard, maire de Foug.

Le premier élu avait obtenu 319 voix le dernier, 95.
Le 17 novembre, à 11 heures du matin, avant de clore l'assemblée, le président Collombel donnait lecture, au milieu des acclamations unanimes, de l'adresse suivante qui était envoyée à la Convention « Représentants du peuple, vous avez anéanti le monstre qui avait étouffé la liberté dans son berceau; l'abolition de la royauté est devenue le signal de nos succès la France, l'Europe entière ont tressailli d'allégresse la proclamation de cet immortel décret, Législateurs, vous avez commencé glorieusement votre mission, les premiers bienfaits que vous venez d'assurer à la Nation lui donnent le droit d'espérer que vous consoliderez le bonheur qu'elle attend de vos travaux. »
Les administrateurs de la Meurthe enflaient en vain leurs voix pour paraître plus violents leurs véhémentes déclarations ne trompaient personne. Elles ne pouvaient modifier l'opinion qu'on avait d'eux et de leur département. C'est ainsi que le 22 novembre 1792, Garat, ministre de la Justice, écrivait à son collègue de l'Intérieur, en lui envoyant la dénonciation d'un nommé Kieffer, de Dolving, sur les prêtres insermentés: « Le département de la Meurthe est un de ceux d'où il est. le plus difficile d'extirper le fanatisme, il semble sous ce rapport réclamer de vous une surveillance particulière »
[...]

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