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Biographie historique et généalogique des hommes marquans de l'ancienne province de Lorraine
Louis-Antoine Michel - 1829



KLEIN (Louis comte), lieutenant-général, pair de France, chevalier de St-Louis, grand'croix de la légion-d'honneur, né à Blâmont en 1762; il passa en 1790 lieutenant dans un régiment d'infanterie, ensuite dans un régiment de chasseurs à cheval, et se signala dans l'armée du Nord, où il fut nommé adjudant-général Ici s'ouvre une carrière militaire des plus brillantes, dont la France ait à se glorifier. En effet, on vit le général Klein combattre sur lu Meuse, sur le Rhin, sur le Danube, en Autriche, en Suisse, en Prusse, avec une audace et un courage qui lui attirèrent des éloges mérités des principaux chefs des armées. Promu au grade de général de brigade en 1795, on le vit au passage de la Lahn, charger deux, fois la cavalerie ennemie, la culbuter entièrement, et n'échapper lui-même à la mort que par miracle ; à Sultzbach, battre complètement l'ennemi à la tête de l'avant-garde du général Championet ; et, avec 50 cavaliers seulement, pénétrer dans les rues de Bamberg, y soutenir pendant une heure, un combat inégal et meurtrier; enfin, se faire jour au travers des rangs autrichiens au moment où ils le croyaient leur prisonnier. Le comte Klein fut fait général de division en 1799, après avoir mis en fuite, entre Creutzwald et Kauserlautern, un corps ennemi de 11000 hommes, avec moins de 6000 sous ses ordres: Masséna le nomma aussitôt chef de l'état-major de l'armée. Appelé en l'an 8, au commandement de la cavalerie sur le Rhin, il seconda Moreau dans sa marche sur Vienne : à Donawert il fit des prodiges de valeur, et contribua à la défaite des Autrichiens à Alibuk, où le général O'Donnel fut fait prisonnier. A Marshein il force le commandant à capituler ; désarme 6 bataillons à Nuremberg, et dépleuple, pour me servir de l'expression d'un écrivain célèbre, la colonne de l'archiduc Charles, à force de lui faire des prisonniers. Si à la suite de la bataille d'Iéna, le loyal Klein crut à la droiture du général Blucher, qui, cerné de toutes parts, eut l'adresse de lui persuader qu'il existait une armistice, et qu'il devait laisser passer son corps d'armée, le général Français sut tirer quelques jours après une vengeance éclatante et héroïque de cette perfidie ; car il atteignit les Prussiens, les culbuta, et les défit- Depuis cette époque, M. le comte Klein déposa l'épée. Il passa au sénat en 1807 ; vota la déchéance de Napoléon en 1814 ; et comme il n'accepta aucun emploi dans les cent jours, il put reprendre sa place a la chambre des pairs, en 1815.


LAFROGNE (François-Balthazard), chevalier de la légion-d'honneur et membre du Conseil général du département, né à Harboué, en 1769 ; il exerçait à Blâmont les fonctions de maire et celles de notaire, lorsqu'il fut appelé à la chambre des députés par le département de la Meurthe, en 1816 : il y vota le rejet du projet de loi sur les commissaires-priseurs, et se montra l'un des défenseurs de la loi du 5 février. Peu de députés ont aussi loyalement rempli leur mandat que M. Lafrogne, qui a quitté ses fonctions législatives en 1820, et celles de maire en 1826. (1).
(1) Quoiqu'une biographie, fort connue, le dise mort Notaire à Nancy en 1819, il n'en existe pas mois à Blâmont pour ses parens, ses amis, les personnes qu'il a honorées de sa protection, et qui ne sont pas en petit nombre.


LOTTINGER, savant médecin et naturaliste distingué, né a Blâmont, décédé à Sarrebourg en l'an 2. Il a fourni plusieurs articles sur les oiseaux, à Buffon, avec qui il entretenait une correspondance fort intime.


MARMOD (Jean-Caude-Nicolas), né à Blâmont en 1757, décédé à Senones, en 1806; est cité dans l'histoire de Nancy, dans les statistiques de l'an 13, de 1822, et par plusieurs sociétés savantes, avec mention honorable pour les services qu'il a rendus aux diverses industries du département. En effet, il a introduit dans la province le filage du coton par mécanique, la teinture en rouge d'Andrinople ou des Indes ; il est l'inventeur du tissage et des procédés pratiqués aujourd'hui dans l'économie du chauffage des étuves et des chaudières. Avant 1790, M. Marmod avait importé des Pays-Bas dans l'arrondissement de Lunéville, la culture du trèfle qui alors y était encore ignorée. Il a monté beaucoup de grands et utiles établissemens industriels, qui ont tous prospéré jusqu'au moment de sa mort : entre autres, la création de 3 filatures, 2 teintureries en ronge des Indes ; 2 tissages, 2 forges et hauts fourneaux ; un sondage pour la recherche d'eaux jaillissantes, et un autre pour celle du charbon de terre. Les ateliers de M. Marmod étaient des écoles de morale et de religion : toute sa vie, il fut animé du désir d'être utile à la société, et spécialement à la classe indigente, dont, en toutes circonstances, il s'est montré le protecteur et l'appui.


MASSON (Charles-François-Philibert), membre associé de l'Institut de France, né à Blâmont en 1762, mort à Paris en 1807 ; passa très-jeune au service de la Russie, où il devint major en premier, et secrétaire des commandemens du grand-duc Alexandre, depuis empereur : Paul Ier renvoya Masson de la Russie, comme partisan delà révolution. On a de lui : Cours mémorial de géographie, à l'usage du corps d'artillerie des cadets, in-8.°, 1787 et 1790 ; Elmine, ou la fleur qui ne se flétrit jamais, in-8.°, 1790 ; Mémoires secrets sur la Russie, 4vol. in-8.°, 1802 et années suivantes ; les Hévétiens, poème en 10 chants, in-12, 1800 ; des Odes et la nouvelle Astrée, roman chevaleresque, 2 vol. in-12, 1802.


MASSU (Charles de Fleury), chanoine régulier et professeur de philosophie, puis abbé de Bekhamp, né à Blâmont en 1655,mort en 1742; a fait imprimer: la Modestie religieuse, in-8.°, 1713.
François (dom), son neveu, bénédictin et professeur à l'abbaye de Munster, né à Blâmont, mort à Porcieux en 1739, a publié à Nancy, 2 vol. de Méditations, in-8.°, 1717.


REGNEAULT (Charles), avocat du roi à Lunéville, puis juge au district de Blâmont, où il est né en 1755. Nommé par le bailliage de Nancy, député de l'assemblée nationale de 1789 à 1791, M. Regneault y apporta des idées saines, modérées, un coeur droit, préférant à tout le bien public et le bonheur de sa patrie. Aussi fut-il arrêté pour avoir protégé la fortune de plusieurs émigrés, et n'échappa-t-il à l'échafaud que par suite de la chute de Robespierre. En l'an 8, M. Regneault fut appelé à présider le tribunal civil de Nancy ; et ensuite employé pendant quatorze ans par M. Régnier, son parent, dans son ministère à Paris : c'est là que notre député est mort en 1811. - Il eut deux fils, l'un excellent militaire, lieutenant dans les grenadiers à cheval de la garde de Napoléon, est mort après la campagne de 1807 ; l'autre, sorti le premier de l'école polytechnique, est capitaine du 2.e ou 3.e régiment d'artillerie à pied : il s'est depuis voué à l'instruction publique ; voy. Léonard.


RÉGNIER (Claude-Antoine duc de Massa), grand croix de la légion-d'honneur, ministre, grand-juge, etc., né à Blâmont en 1746 \ il entra de bonne heure dans la carrière judiciaire, et était un des avocats les plus distingues du parlement de Nancy à l'époque de la révolution. Le bailliage de cette ville le nomma député aux Etats-généraux de 1789, et il fut employé dans les divers comités administratifs et judiciaires pendant tout le cours des sessions de l'assemblée constituante : il s'opposa à l'institution du jury en matière civile ; aux projets du parti ultra républicain, comme à ceux du parti de Clichy, et défendit avec zèle la cause d'une sage liberté. Il s'était retiré à la campagne après la clôture des sessions de la première assemblée nationale, et eut le rare bonheur d'échapper aux poursuites dirigées sous le règne de la terreur. En 1795, le département de la Meurthe l'appela au conseil des anciens : il en fut élu président en 1798 ; puis membre de cette assemblée, par le même département, lors des réélections de l'année suivante. Le dévouement de M. le duc de Massa à Napoléon est connu ; il s'attacha à la fortune du général dès le retour d'Egypte de ce dernier. Appelé au conseil d'état, (section des finances) en 1802, il passa aussitôt ministre de la justice; puis, en 1813, ministre d'état, président du corps législatif. Le pays n'a pas eu de magistrats plus habiles, de citoyens plus généreux, plus hommes de bien que M. le duc de Massa, qui ne survécut que peu de temps à la chute de l'empereur; il est mort à Parisen 1814.
Sylvestre (duc de Massa), chevalier de la légion-d'honneur, fils du précédent, né à Nancy, entra très jeune dans la carrière des emplois publics, et passa successivement sous le règne de Napoléon, auditeur au conseil d'état, sous-préfet à Château-Salins, secrétaire-général du conseil du sceau des titres, et préfet du département de l'Oise, poste qu'il occupait lors de la première invasion et qu'il refusa de remplir pendant les cent jours (1). Il y fut maintenu après la rentrée du roi ; puis nommé à la préfecture du Cher, qu'il quitta en 1816, pour ne plus remplir depuis de fonctions publiques. Par ordonnance de la même année, M. Sylvestre Regnier a été élevé à la pairie, avec le titre de duc de Massa que portait son père

(1) A l'exemple du maréchal Macdonald, dont il avait épousé la fille aînée, ils persistèrent l'un et l'autre à ne point accepter de place pendant l'interrègne de 1815.


ROMER (Auguste), né à Blâmont, grenadier à la 49.e de ligne. Le 24 fructidor an 7, il sauta le premier dans les retranchemens anglais. Blessé à mort par une décharge de mitraille, ses camarades accouraient pour le secourir : « C'en est fait, leur dit-il, vos soins sont inutiles, prenez ma place !!! » et il expira.
Joseph, chevalier de la légion d'honneur, cousin du précédent, et neveu du duc de Massa, grand-juge, qui l'appela près de lui, et l'employa, tout jeune qu'il était alors; né à Toul, en 1780. M. Romer ne doit qu'à son mérite, malgré la haute protection de son oncle, le poste qu'il occupe de directeur de la comptabilité au ministère de la justice.


LÉONARD (de), officier au régiment de Mestre-de Camp-général de cavalerie ; a publié, en 1790, la Relation intéressante et trop peu connue, de ce qui s'est passé à Nancy le31 août et jours précédens de 1790(1)

(1) Le nom de ceux qui se sont conduits le plus honorablement dans l'affaire de Nancy, et qui y ont couru les plus grands dangers, doit se conserver dans les annales lorraines. Ce sont: MM. Bouillé, lieutenant-général, qui a sauvé Nancy, le théâtre de son habileté, comme il l'a été de sa modération; de Salis, major des Suisses de Boursier, capitaine au régiment de Royal-Lorrain dragons; de Noue, commandant de la province ; de Malartic, commandant de la citadelle; de Vaubécourt; de Malseigne ; de Gouvernet ; Fechter, grand-juge du régiment de Chàteauvieux; Hoener, Rambunoi, citoyens de Nancy; Isselin, capitaine au régiment de Châteauvieux, (qui eût péri sans ces derniers); Renard, avocat; Saladin, officier municipal; Regnault, notable de Nancy ; de Vigneron, grand-maître des Eaux-et-Foréts, (sans eux, M. de Malseigne était massacré); Chariot, capitaine dans la garde nationale de Nancy, (à qui MM. de la municipalité durent aussi la vie); de Lort, commandant des Suisses, dont le courage est au-dessus de tout éloge; comme Désiles, il retint les soldats prêts à mettre le feu aux canons braqués près de la porte Stainville: « Tirez sur moi, leur disait-il, si vous voulez vous rendre coupables d'un crime, mais que je n'en sois pas le témoin »; Dame Humbert, femme du concierge de la porte Stanislas, qui eut l'étonnant courage de jeter une cruche d'eau sur la lumière des canons prêts à vomir la mort dans les rangs de Bouillé ; Biaise, ex-artilleur et citoyen de Nancy, dont la vigilance et le courage préservèrent la citadelle de sa ruine; Udoschi, capitaine; Shuphauwer, commandant, qui, à l'exemple de de Lort, s'est couvert de gloire; Marcel, sous-lieutenant ; Pecand, porte-drapeau ; Varnold, capitaine; Dubey, lieutenant; Dubois, cadet-gentilhomme ; de Brisis et Bruno, officiers ; Gouvion et de Vigneulle, commandans des gardes nationaux de Toul et de Metz; Désilles, officier au régiment des chasseurs du Roi, dont le dévouement héroïque lui valut le titre de citoyen de Nancy, offert par les représentant de la ville. Couché sur une pièce de canon, il criait à ses assassins : « Frappez, que je ne sois point le témoin de votre honte; (ces douze derniers ont été tués dans l'affaire, où ils sont morts des suites de leurs blessures); Dubey, citoyen de Nancy; de St.-Sauveur, de Bailly, de Beaumont, de La Potherie, de Reiff; comte de Thurn, Pavillard, de Paravicini-Capelli, Dufour, de Peyer, Reiset de La Barge, Muller, Dubois, Friess, d'Artigny, de Flor, de Casteret, Divory, de Macmahon, d'Angeville, d'Apremont, (ces derniers, pour la plupart officiers, et officiers d'une rare intrépidité, ont été blessés). Au résumé, il y eut 111 personnes de tuées dans la déplorable affaire de Nancy, et 174 de blessés. La relation présente en outre 22 soldats suisses, qui furent pendus; un nommé Soret, qui fut roué vif ; et 41 soldats du régiment de Chàteauvieux, qu'on a condamnés à 30 ans de galère.

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