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La Semaine Religieuse du Diocèse de Nancy & de Toul
Ed. Nancy

- 1923 -



27 janvier 1923 - n° 4 - p. 72
Souscription pour le monument diocésain érigé en l'église Saint-Epvre de Nancy, en l'honneur de la Bienheureuse Marguerite de Lorraine.
[...] M. le Ch. Barbier, curé de Blâmont, 10 fr.; [...]


10 février 1923 - n° 8 - p. 117
Légion d'honneur
Nous sommes heureux d'apprendre la nomination de Monsieur l'abbé Fiel, secrétaire de la Coopérative des églises et de l'Union des Coopératives de reconstruction, au grade de Chevalier de la Légion d'honneur, et de publier le texte de sa citation :
« Abbé FIEL (Paul-Théophile-Frédéric), aumônier de l'Ecole nationale professionnelle de l'Est, secrétaire général de l'Union des Coopératives de reconstruction de Meurthe-et-Moselle: a été dès 1919, l'un des promoteurs de la création des coopératives de reconstruction en Meurthe-et-Moselle. A organisé, de sa propre initiative, huit de ces associations, notamment dans la Commune d'Ancerviller, qui, grâce à son action, a pu fêter, dès le 30 octobre 1921, sa reconstruction totale »,
Au nouveau Chevalier, nous offrons nos cordiales félicitations.


17 février 1923 - n° 7 - p. 123
Nécrologie
Monseigneur l'Évêque recommande aux prières du clergé et des fidèles du diocèse l'âme de M. le Chanoine Augustin ZINSMEISTER, décédé le, 10 février 1923.
Né à Nancy, le 28 Août 1847, ordonné prêtre le 13 août 1871 M. l'abbé Augustin Zinsmeister avait été successivement vicaire à Baccarat, (1871); curé de Domèvre-sur-Vezouze, (1881); Directeur de l'Institution des Sourds-Muets, (1885); curé de Haraucourt, (1885); curé-doyen d'Einville, (1890); curé-doyen de Saint-Martin de Pont-à-Mousson, (1896); chanoine honoraire le 11 Juin 1898; Monsieur l'abbé Zinsmeister avait été nommé chanoine titulaire de la Cathédrale de Nancy le 15 octobre 1920.
M. l'abbé Zinsmeister était membre de l'Association de prières.


24 février 1923 - n° 8 - p. 137
PARTIE OFFICIELLE
Itinéraire de la tournée de Confirmation dans l'arrondissement de Lunéville
[...] Mercredi 25 avril, [...]
A 3 heures - LANEUVEVILLE-AUX-BOIS, Emberménil, Vaucourt, Xousse .
Jeudi 26 avril, à 9 heures. - DOMJEVIN, Bénaménil, Blémerey, Ogéviller, Saint-Martin.
A 3 heures. - LEINTREY, Amenoncourt, Vého .
Vendredi 27 avril, à 9 heures. - BLAMONT, Autrepierre, Avricourt, Barbas, Chazelles, Gogney, Nonhigny, Repaix, Verdenal.
A 3 heures. - ANCERVILLER, Domèvre, Herbéviller, Mignéville


3 mars 1923 - n° 9 - p. 158
M. le Chanoine Augustin Zinsmeister
Bien qu'il ne nous appartienne pas de juger nos frères, Dieu s'étant réservé à lui seul le jugement, nous pouvons nous édifier au spectacle des vertus des justes.
« Bienheureux ceux qui meurent dans le Seigneur, dit l'Esprit-Saint, car leurs oeuvres les suivent » . Belles et nombreuses sont les oeuvres de celui qui vient de nous quitter. M. le chanoine Augustin Zinsmeister, dont la carrière bien remplie fut celle d'un prêtre fidèle, d'un pasteur dévoué.
Né à Nancy, le 28 août 1847, il reçut au baptême le nom du Saint sous les auspices duquel il vit le jour. Privé de son père dès le bas âge, il reçut d'une mère et d'une grand'mère très chrétiennes les meilleures leçons et exemples. Nouvelle Monique, sa mère se consacra tout entière à l'éducation de ce fils unique, de cet autre Augustin, qui, sans jamais suivre les égarements du premier, entra aussitôt dans les voies du Seigneur.
Elève de l'Ecole Saint-Léopold, puis du Petit-Séminaire de Pont-à-Mousson, il se fit remarquer par son intelligence, son ingéniosité, son bon esprit et prit bientôt rang parmi les premiers d'une classe féconde en hommes capables.
Au Grand-Séminaire, il mena de front les études théologiques, les fonctions pratiques de sacristain et l'exercice des vertus cléricales.
Prêtre au lendemain de la guerre, le 13 août 1871, il célébra sa première Messe, le jour de l'Assomption, assisté de M. Noël, le curé-fondateur, en cette chère église de St-Léon IX de Nancy, sa paroisse, où cinquante ans plus tard il devait, avec quelle pieuse joie, renouveler le même sacrifice en ses noces d'or sacerdotales.
Monseigneur Foulon nomma le jeune prêtre vicaire à Baccarat, où il se révèle doué d'activité et d'énergie et surtout d'un savoir faire incomparable. Le doyen de Baccarat, le vénéré M. Bailly, met en lui toute sa confiance, en fait son bras droit, et ne s'en sépare qu'à regret, après dix ans de collaboration.
De son coté, M. Zinsmeister voue un attachement indéfectible à celui que, dans l'intimité, on appelait avec une respectueuse familiarité « le patron », car il en avait toute l'autorité et la bonté. Le vicaire remplissait avec zèle toutes ses fonctions sacerdotales et y ajoutait celles de professeur, de musicien, de relieur, de menuisier, voire même de tailleur, de cordonnier et plusieurs autres encore. Aucun des termes et procédés techniques ne lui étaient inconnus, et il en remontrait parfois aux gens de métier. C'est ainsi qu'il fabriqua de multiples objets, parmi lesquels il faut citer les autels vraiment élégants qui ornent aujourd'hui encore l'église de Badménil.
Dans la paroisse, le nouveau vicaire eut vite acquis une popularité de bon aloi. Ses manières vives tranchaient bien quelque peu sur les moeurs ecclésiastiques, ses boutades, ses brusqueries, ses rudes franchises étonnaient d'abord, piquaient parfois, mais elles étaient si vite rachetées par des attentions les plus délicates.
Au cours d'une épidémie, son zèle lui fil contracter au chevet d'un malade une fièvre typhoïde qui le mit aux portes du tombeau ; mais des soins dévoués et des prières ardentes lui valurent une véritable résurrection.
Ses forces retrouvées, il les consacra spécialement au soin des jeunes gens, forma pour eux, de concert avec l'abbé Greff, une société de St-Louis de Gonzague, mais surtout suscita parmi eux des vocations ecclésiastiques. Il transforma sa chambre en salle de classe, prépara de nombreux prêtres au Diocèse et envoya plusieurs recrues aux congrégations religieuses. Toute sa vie, il sera le bienfaiteur de nos Séminaristes et, par les sujets qu'il y enverra et par les ressources qu'il leur assurera.
Ce long service vicarial avait mûri M. Zinsmeister, pour le pastoral. En 1881, il est nommé curé de Domèvre-sur-Vezouze et, quatre ans plus tard, de Haraucourt.
Dans la première paroisse, il restaure l'église, du pavé à la voûte ; dans la seconde, il apporte plusieurs embellissements à un gracieux édifice. Dans l'une comme dans l'autre, il gagne les coeurs par ses manières cordiales, par son soin à ne nuire à personne et à plaire à tous (comme le Bon Père de Mattaincourt), par le relief donné aux offices. Et quand, avec un déchirement de part et d'autre, il fallut quitter ces paroisses, il les laissait en meilleur état qu'il les avait trouvées.
Entre ces deux cures, l'abbé Zinsmeister qui avait - nous serions tenté de dire - toutes les aptitudes, remplit pendant six mois les fonctions de Directeur des Sourds-Muets, à la Malgrange. Après la mort du fondateur, M. le docteur Piroux, il installa l'oeuvre agrandie dans de nouveaux bâtiments, lui donna une organisation et introduisit la nouvelle méthode du langage parlé qui se substituait aux signes. Il insufflait déjà à l'Institution une vie généreuse, quand, peu ami de la lutte, il aima mieux se retirer que d'engager un conflit d'autorité.
C'est en 1890 que Monseigneur Turinaz, juste appréciateur de ses mérites, nomma le curé de Haraucourt au décanat d'Einville. Le jeune Doyen était en pleine maturité de talent et de vertu et il allait donner toute sa mesure dans ce nouveau champ d'apostolat. Ici encore, il entreprend d'embellir la maison de Dieu et son grand sens pratique sait trouver l'ornementation à la fois la plus convenable et la moins coûteuse. Hélas ! ces trois temples qu'il avait ornés avec tant de goût, il eut la douleur de les voir détruits ou incendiés par la barbarie allemande, en 1914. Mais Dieu, ensuite, lui donna la joie de les voir réédifiés par des successeurs très actifs. En novembre dernier, l'un d'eux eut même la délicate attention, qui lui fut une bien douce joie, de lui faire chanter la grand'Messe au jour de la bénédiction de sa chère église d'Einville, parfaitement restaurée.
Le curé ne prenait pas moins de soins de ces temples spirituels que sont les âmes. Il ne néglige aucune portion de son troupeau; il n'oublie aucun des devoirs de sa charge : catéchisme aux enfants, oeuvre de jeunes gens, congrégation de jeunes filles, visites aux malades et aux pauvres qu'il secourt avec une charité discrète, rapports corrects et même cordiaux avec les administrations, retraites et missions données en temps opportun, tout est fait par ce prêtre qui parle peu, mais qui pense et agit beaucoup. D'une santé vigoureuse, d'une activité inlassable, ses travaux du jour se prolongent en longues veilles d'étude, et comme le demande saint Jérôme, on le trouvait toujours soit priant, soit méditant, soit travaillant ou faisant quelqu'autre chose. « J'ai toujours été édifié, écrit un de ses anciens vicaires, par sa foi profonde et par sa ponctualité exemplaire ». Prêtre jusqu'aux moelles, il célébrait le Saint-Sacrifice sans précipitation, avec grande piété et une dignité, qui le rendaient vraiment majestueux; il entendait les confessions durant de longues heures, en donnant une direction sage et forte, très appréciée des âmes. Toujours serviable, il apportait son concours à qui le lui demandait et il répandait souvent le bienfait de sa parole sur les paroisses de son doyenné. Il était, de plus un administrateur avisé et prudent, tenant dans un ordre parfait tous ses registres paroissiaux, employant au mieux les fonds de la charité et gardant avec prévoyance des ressources pour l'avenir. Ce prêtre n'était pas de ceux qui éblouissent par un premier éclat, mais de ceux qui, avec le temps, conquièrent sûrement l'estime, l'influence, la douce autorité.
Ces précieuses et hautes qualités le désignèrent bientôt et à nouveau à l'attention de l'Administration diocésaine. En décembre 1895, Monseigneur Turinaz le nommait curé-doyen de la belle paroisse St-Martin de Pont-à-Mousson.
Le jour de la fête de l'Epiphanie (1896), son prédécesseur, M. le chanoine Eloy, qui venait d'être nommé à la cure archi-presbytérale de la cathédrale de Toul, l'installait solennellement.
M. Zinsmeister, nous le disions voici un instant, n'était pas de ceux qui éblouissent au premier abord, mais de ceux qui, avec le temps, se font aimer tous les jours davantage.
Arrivant à Saint-Martin, après le vénérable M. Breton qui, durant trente ans, s'était dévoué à sa paroisse et avait grandement travaillé à orner sa belle église; après la belle intelligence que fut celui qui devait devenir cardinal de la Sainte Eglise et représentant de la France à Rome. M. Mathieu dont la parole éloquente attirait les habitants de la ville entière; après M. Eloy, dont la souriante bonté, la parfaite distinction, la grande amabilité avaient conquis tant de sympathies et dont la nomination à la cathédrale de Toul laissait tant de regrets ..... M. Zinsmeister devait commencer, par être méconnu du moins pur une certaine partie de ses paroissiens.
L'élite de la population ne voyait en lui que ses manières vives, ses brusqueries; souvent même se trouvait piquée de ses rudes franchises, qu'elle ne lui pardonnait pas.
Ce fut l'honneur et la gloire du peuple, des petits, des humbles, de ceux que Jésus aimait tant de découvrir les premiers le coeur d'or qui se cachait sous des dehors si déconcertants.
Plus on étudiait ce prêtre, plus on l'entendait parler, plus on le voyait à l'oeuvre, et plus se révélaient les belles qualités d'esprit et de coeur d'une âme vraiment sacerdotale.
Ah ! si l'on pouvait interroger aujourd'hui tous ceux et celles qui ont reçu les enseignements et la direction de ce curé vertueux et dévoué, qui pendant vingt-cinq ans fut à la tête de sa chère paroisse de Saint-Martin, quel bel ensemble de respectueux éloges et d'affectueuse gratitude ne nous serait-il pas permis d'entendre. Et ceux qui, pendant plusieurs années, boudèrent plus ou moins leur nouveau curé seraient peut-être - si nos renseignements sont exacts, - les plus empressés à rendre au bon pasteur ce tribut de cordiale reconnaissance.
A St-Martin, comme à Einville, comme à Haraucourt et Domèvre, M. Zinsmeister se dévoue sans compter à ses paroissiens, à son église et à ses confrères. Enfants de la première communion, enfants de Marie, mères chrétiennes, Tiers Ordre qu'il fonde dès 1897, Ecole libre Notre-Dame qu'il bâtit pour permettre aux religieuses de la Doctrine de continuer leur belle mission d'éducatrices, Union des Hommes et Jeunes gens (Union St-Pierre-Fourier), qu'il dote d'un local, Patronage des Jeunes filles, Hommes et Femmes de France au Sacré-Coeur qu'il établit dans sa paroisse, tous et chacun reçoivent très régulièrement les enseignements, les conseils et les avis dont ils peuvent avoir besoin. C'est le bon père, au milieu des enfants, jeunes gens et congréganistes, qui sait au besoin par un bon mot ou même par une malice faire pénétrer la vérité dans les coeurs et vers lequel on ira plus tard, sans crainte, malgré cet extérieur si sévère, pour retrouver la paix de l'âme.
« Jamais, écrivait un de ses vicaires, je n'ai vu des enfants prier avec autant de piété « Le Bon Dieu n'est pas sourd » disait-il et lentement, doucement et posément, tout ce petit monde, (plus d'une centaine), récitait à haute voix, sous sa direction ou celle d'un de ses vicaires ou encore des religieuses, les prières du matin, de la Messe ou l'acte d'adoration du Premier Vendredi du mois. Chaque jour, c'était, après la Messe du matin la récitation en commun d'une belle prière pour demander à Dieu la grâce de faire une bonne première Communion. Ah ! ce grand jour ! comme il savait le préparer et le faire célébrer dignement. Avec quelle onction, ne donnait-il pas toutes les instructions de la retraite ! Et quelles magnifiques cérémonies, comme tout était bien ordonné. Ce n'était pas la voix plus ou moins grêle d'un enfant récitant ou galopant un acte, c'était tout ce petit monde sans exception, récitant pieusement et lentement d'un seul coeur et d'une seule âme tous les actes des différentes cérémonies de ce beau jour. Que tout cela était donc beau et édifiant et comme je m'efforce de faire comme lui ! » écrit un prêtre formé par lui.
Comme ailleurs, M. Zinsmeister profite de cet ascendant pour cultiver les vocations. Deux jeunes gens et deux jeune filles dirigés par lui sont encore les uns au Grand-Séminaire, les autres au noviciat. On parlait, au cours du beau service qui fut chanté à St-Martin pour le repos de son âme, de douze prêtre au moins, que le vénéré défunt avait dirigé vers le sanctuaire.
(A suivre) E. H.


10 mars 1923 - n° 10 - p. 170
Coopérative des Eglises
Malgré nos pressantes réclamations, les marchés de plusieurs églises ne sont pas encore passés. Au nom de Monseigneur l'Évêque, nous prions MM. les curés des paroisses intéressées, de s'entendre avec MM. les maires pour seconder nos efforts afin de presser leurs architectes et d'obtenir que le marché de construction de l'église soit signé à bref délai.
Nous insistons à nouveau sur le fait que la Coopérative des Eglises dispose dès maintenant des crédits nécessaires pour payer au comptant tous les travaux des églises adhérentes. Les entrepreneurs ont le plus grand intérêt à donner aux chantiers des églises le maximum d'activité; et, pour l'hiver prochain, toutes les églises doivent être couvertes, quelques-unes même complètement terminées.
Dès maintenant, MM. les curés feront bien de s'entendre avec MM. les maires (et les architectes, s'il y a lieu), pour passer les commandes de vitraux, bancs, autels, cloches, appui de communion, etc... Quand la Coopérative aura reçu délégation des indemnités se référant à ces divers dommages et le président signé les marchés, elle en assurera le paiement également au comptant.
Cette façon d'agir devient d'autant plus pratique, plus nécessaire, que la loi de finances du 28 Février dernier, impose le paiement de ces immeubles par destination en obligations de la Défense nationale.
Pour demander aux communes délégation des indemnités, nous attendons quelques renseignements du ministère des Régions libérées, concernant les rapports entre la Coopérative et les communes.
Dans les églises peu importantes, les marchés pour les vitraux, chemin de croix, les bancs, la chaire, les cloches, l'horloge, etc., sont passés sans le concours de l'architecte ; les mémoires, situations ou certificats, doivent être visés par le maire et le curé, qui attestent que l'objet des marchés est realisé, que les travaux sont exécutés.
On nous demande des modifications importantes dans des plans acceptés par la Commission diocésaine des monuments religieux et par la Commission départementale des bâtiments civils. Nous n'avons pas qualité pour autoriser ou refuser ces modifications. Si elles sont faites, la Coopérative décline toute responsabilité dans le cas où l'administration rejetterait, pour celle raison, les demandes de paiement.
Si quelques maires tardent à communiquer les plans, les marchés, les titres de créance, nous faisons appel au dévouement de MM. les curés, pour faire les démarches nécessaires.
La ville de Nancy ayant électrifié les horloges des églises, la liquidation des anciennes horloges mécaniques, dont plusieurs sont en excellent état, est faite par M. Lenoir, électricien, 48, rue Gambetta, qui est à même de fournir tous les renseignements. Abbé L. THOUVENIN.


10 mars 1923 - n° 10 - p. 177
M. le Chanoine Augustin Zinsmeister (suite)
Aux mères chrétiennes, en des allocutions mensuelles bien préparées et écrites en entier, il redit les devoirs de leur charge', en leur donnant les conseils pour leur fidèle accomplissement; aux membres du Tiers-Ordre il s'efforce de faire comprendre et aimer la voie du renoncement et de la perfection.
Mais c'est surtout la dévotion au Sacré-Coeur de Jésus qu'il s'ingénie à communiquer aux âmes. Tous les premiers jeudis du mois, comme aux veilles des plus grandes fêtes et peu lui importe les rigueurs de la saison, il passera presque toute la journée au confessionnal où il donne cette direction forte et prudente si estimée des âmes. Le premier Vendredi du mois, le Saint Sacrement est exposé, des 6 heures du matin, l'église est ornée comme aux jours de fête et nombreuses sont les communions. Il chante la Messe du Sacré Coeur avec quelle piété et quelle solennité ! toute la journée les adoratrices se succèdent, lui-même y vient avec les enfants à 11 heures, et y passe encore plusieurs heures dans la journée. Puis, le soir, à huit heures, quelle que soit la saison, grand office en l'honneur du Sacré Coeur. Le premier Dimanche du mois, c'est l'Office des Hommes de France au Sacre Coeur ; avec allocution, procession du Saint Sacrement et bénédiction. Et que dire de la fête du Sacré Coeur ! Dès la veille, à midi, les cloches sonnent comme aux plus grands jours de fête; l'église prend sa plus belle parure; tout ce qu'il est possible de faire pour rehausser la solennité de la Grand'Messe est mis en oeuvre; le soir, un Office unique avec splendide procession se déroule dans son église
La guerre elle-même n'arrêta pas cette dévotion. Tant que l'église sera habitable, à part l'office du soir interdit en raison des lumières, les cérémonies en l'honneur du Sacré Coeur auront lieu, comme en temps de paix. Et, quand l'ordre d'évacuer la ville aura été donné, il reviendra chaque mois du Loiret, pour célébrer le jour du Sacré Coeur, au milieu de ceux qui ne se décidèrent à partir, que lorsqu'ils furent mis à la porte par l'autorité militaire. C'est au Sacré Coeur de Jésus qu'il attribuait, disons-le hautement, la préservation de son église Saint-Martin. Humainement parlant, ce superbe édifice placé en pleine ligne de tir devait être totalement détruit. « Le Sacré Coeur de Jésus, qui a été tant prié dans cette église, disait-il, ne semble pas l'avoir permis. »
N'est-ce pas dans cette ardente dévotion qu'il faut chercher le secret du succès que ce prêtre a et aura auprès des âmes jusqu'il la fin de son existence, partout où la Providence dirigera ses pas. Notre Seigneur ne disait-il pas à sainte Marguerite Marie: « Je donnerai aux prêtres le talent de toucher les coeurs les plus endurcis »
Aussi, l'idée de faire graver sur ce calice-souvenir, véritable merveille d'art, le Coeur adorable de Jésus, avec l'église et la paroisse Saint-Martin fut des plus heureuses. Ceux ou celles qui l'ont conçu peuvent se rendre le témoignage qu'ils ont trouvé l'objet qui fut pour le vénéré chanoine un incomparable souvenir, celui qui lui alla droit au coeur. Ce calice, suivant la volonté et le désir du vénéré défunt, « retournera un jour à Saint-Martin pour redire aux générations futures l'amour du curé pour ses paroissiens, et l'amour des paroissiens pour leur curé ».
Tous les ans, la neuvaine de saint François Xavier unie à la retraite pascale, lui faisait donner par un missionnaire une quinzaine pascale. Le bon pasteur se multipliait alors. Chaque famille recevait par ses soins une invitation; lui-même se renait chaque soir sur la porte ou au fond de l'église semblant aller à la rencontrer de ses ouailles.
Mais quelle n'était pas sa joie, au matin de Pâques, quand il voyait les deux côtés de la grande allée garnis complètement d'hommes et de jeunes gens venant remplir leur devoir pascal et chantant tous d'un seul coeur et d'une seule âme.
La fêle de saint Pierre Fourier, la fête de la Congrégation, la fête des Mères chrétiennes, etc ... étaient pour lui l'occasion de donner ou de faire donner une bonne et sanctifiante retraite, dont beaucoup savaient profiter.
Pour atteindre les indifférents ... et tous ceux qui ne viennent plus à l'église, il fonde, dès janvier 1905, un Bulletin paroissial qu'il fait distribuer dans toutes les familles.
A Saint-Martin, pas plus qu'ailleurs, M. Zinsmeister n'oublie le temple matériel. En bon administrateur qu'il fut toujours ; avec ce sens pratique qui lui était naturel, il transforme, organise ses sacristies, les orne de buffets convenables, solides et surtout commodes, fait l'acquisition d'un puissant et bel harmonium, s'ingénieà1 embellir son église avec goût, tant à l'intérieur à l'extérieur, sans pour cela trop dépenser.
La Canonisation de saint Pierre Fourier, la Mission des Pères Rédemptoristes, qui eut un si consolant succès, et chaque année les Fêtes-Dieu et de Jeanne d'Arc sont l'occasion de splendides et inoubliables cérémonies. Pour faire avec peu de superbes reposoirs, des illuminations intérieures cl extérieures de son église, il était passé maitre.
Si l'on additionnait tout ce que c prêtre a fait et qu'on le compare aux dépenses engagées, on serait surpris et tenté de ne pas le croire tant était grande son ingéniosité. Il était, d'ailleurs, admirablement secondé par un enfant de la paroisse dont la générosité pour Saint-Martin n'eut d'égale qu'une très grande discrétion.
Le même dévouement est acquis aux prêtres du Doyenné. « Serviteur »avait-il coutume de répondre entre ses dents aux confrères qui le saluaient. Serviteur, il le fut. Son concours était acquis à qui le demandait, soit pour prêcher, soit pour présider une cérémonie ; serviteur il le fut, lorsque son collègue de Saint-Laurent eut de graves difficultés. Avec prudence et bonté, il sut concilier ses sentiments de respect en vers ses supérieurs et d'affection pour un confrère éprouvé.
Dès le 11 juin 1893, Monseigneur Turinaz, qui l'avait en très haute estime, le nommait chanoine honoraire. Des confidences faites à un parent et à un ami nous permettent de dire qu'à plusieurs reprises, Sa Grandeur eût voulu lui faire accepter une stalle de chanoine titulaire, pour l'avoir auprès de lui. Monseigneur Ruch devait, après la guerre, tenter une nouvelle démarche, sans plus de succès.
Celui qui s'était donné tout à tous, qui « avait assuré seul jusqu'en février 1918, le service religieux de sa paroisse malgré les fréquents bombardements au cours desquels fut atteinte l'église Saint-Martin » ; celui qui « n'avait cesse de secourir et de réconforter la population, faisant preuve de sang froid et de courage aux heures les plus critiques » - (pour nous servir du texte même de la citation du Gouvernement portant à la connaissance du pays la belle conduite de M. le Chanoine Zinsmeister pendant la guerre) - celui-ci n'avait qu'un but, comme il le disait, dans son sermon d'adieu : « celui de se dépenser totalement pour le bien des âmes ». « Oh! comme j'aurais été heureux de voir enfin la restauration de notre chère église, de nous retrouver dans notre Saint-Martin, tous comme autrefois ! de voir reprendre, l'une après l'autre, et nos belles cérémonies et toutes nos pieuses associations! Oh! combien c'eut été joie et bonheur pour moi, et volontiers, avec le saint roi David, j'aurais redit: « Maintenant je puis mourir, la paroisse est redevenue florissante et profondément chrétienne. Dieu, mes Frères, m'a refusé cette grâce, que sa très sainte volonté soit faite et son nom soit béni ».
Mais Dieu semblait trouver assez longue cette vie si bien remplie. Gravement atteint, plus gravement qu'il ne voulait le laisser voir, il dût se résigner à quitter sa paroisse tant aimée.
« Le disciple n'est pas au dessus du Maitre». Il faut passer par le creuset des souffrances ». Si Dieu, en effet, pour le récompenser, sans doute, de sa vénération pour le bon M. Bailly, au temps déjà lointain de son vicariat, lui avait ménagé pour le soir de sa vie pastorale la collaboration de deux vicaires qui le comprirent et lui furent on ne peut plus dévoués, les souffrances physiques qui l'obligèrent à déposer son fardeau n'en eurent qu'un écho plus douloureux dans son âme. Ces souffrances ne devaient que croitre.
« Me sentant impuissant à continuer la restauration de notre chère paroisse, je me suis vu, dit-il à ses paroissiens, en les quittant, dans la nécessité d'accepter les offres et propositions renouvelées à plusieurs reprises d'une situation plus en rapport avec mon âge et ma santé ».
Chanoine titulaire de la Cathédrale de Nancy, le premier nommé par Monseigneur de la Celle, il apporte à ses fonctions la piété et la régularité de toute sa vie, se rendant exactement deux fois le jour aux Offices du Chapitre. En outre, il aimait à rendre service et ne refusait jamais son concours aux curés, aux aumôniers et même aux simples vicaires qui faisaient appel à son obligeance bien connue. Retiré à l'Hospice Saint-Julien, le vénéré Chanoine en édifiait tous les habitants, conquérait les sympathies par sa simple et cordiale bienveillance. Il se montrait reconnaissant des soins dévoués qu'il recevait du personnel et surtout des bonnes religieuses. Il entretenait avec l'Aumônier de la maison les plus cordiales relations, se faisant un plaisir de le suppléer. Ce qui valut aux pensionnaires de l'établissement quelques instructions fort goûtées où l'on retrouvait l'orateur de toutes les grandes cérémonies de la ville de Pont-à-Mousson. Il était affilié depuis longtemps au Tiers-Ordre de Saint-François; il l'avait implanté ou développé dans ses paroisses et ne manquait aucune des réunions de la Fraternité sacerdotale de Nancy à laquelle il donna même une conférence excellente sur la chasteté.
Mais le mal ne diminuait pas: ses atteintes devenaient plus fortes et plus fréquentes. Le Disciple du Christ fit bon visage à la maladie. Lui qui avait tant souffert moralement, en particulier, de l'expulsion des soeurs, de l'expulsion du Petit-Séminaire, des inventaires, de la confiscation des fondations ... supporta avec le même courage et sans se plaindre les coups si douloureux que lui portait la triste visiteuse. Il prit ses dernières dispositions temporelles et spirituelles avec un calme absolu, laissa deviner à ses amis que c'étaient les adieux d'ici-bas, reçut pieusement et sans tarder les Sacrements de l'Eglise et pria constamment la T. S. Vierge et le Sacré Coeur qui étaient les deux grandes dévotions de sa vie.
Enfin, le samedi 10 février, Vigile de Notre-Dame de Lourdes, dont il fut à plusieurs reprises le pieux pèlerin, pendant la Messe du Chapitre, sous les bénédictions d'un prêtre ami et les prières des religieuses, il s'endormit doucement dans le Seigneur, à l'âge de 75 ans et 5 mois.
Les funérailles furent dignes de sa vie. De nombreux fidèles accoururent de ses anciennes paroisses, ses confrères en grand nombre, l'Administration diocésaine au complet, enfin, Sa Grandeur Monseigneur l'Evêque vinrent unir leurs prières dans la vaste nef de la Cathédrale. Ses nombreux amis, les chanoines, ses collègues en habit de choeur, lui firent un cortège triomphal jusqu'à Préville où sa dépouille repose en la tombe familiale dans l'attente de la résurrection, tandis que son âme jouira de la gloire et de la félicité que le Christ Jésus a promise à ses bons et fidèles serviteurs. A. H.


7 avril 1923 - n° 14 - p. 231
Cheminots Catholiques
Nous lisons ceci dans les QUATRE GROUPES, (de Nancy) :
L'état de l'Union dans le Diocèse
Rapport lu par M. Serrière à la Fête corporative de Conflans-Jarny, le 28 janvier
Messieurs, remplissant aujourd'hui les fonctions de délégué régional en l'absence du titulaire, M. le chef de train Désinval, que connaissent bien tous les vieux unionistes de Meurthe-et-Moselle, je suis chargé de vous donner un aperçu d'ensemble sur la situation de l'U. C. des Chemins de Fer dans le diocèse de Nancy.
Ont été reconstitués depuis la guerre, outre les groupes Saint-Joseph, Sacré-Coeur et Saint-Sébastien de Nancy, les groupes de Frouard, Jarville, Toul, Lunéville, Varangeville, Longuyon, Champigneulles, Mont-Saint-Martin, Pont-à-Mousson, Blainville-Damelevières, Longwy, Pagny-sur-Moselle, Avricourt, et le groupe de Conflans-Jarny, dont nous sommes aujourd'hui les hôtes très reconnaissants. En tout: 17 groupes.
« Ont été créés : les groupes Saint-Georges de Nancy, et Saint-Julien de Pont-Saint- Vincent. N'ont pas été relevés: les groupes de Rehon, Valleroy, Homecourt et Audun-le-Roman; dont la disparition, nous l'espérons, n'est pas définitive, mais dont la reconstitution se heurte à de nombreux obstacles.
« Il y avait donc avant la guerre 20 groupes dans le diocèse de Nancy. Il en existe aujourd'hui 19. Le groupe de Frouard s'est adjoint une douzaine de membres de Pompey. En plus, nous comptons de nombreux membres isolés. Cinquante-huit sont rattachés aux groupes de Nancy. Des sections de six, huit, dix unionistes existent à Vandières, Onville, Nomeny-Moivrons, Gerbéviller. Presque toutes les stations de Pompey à Conflans, de Pont-Saint-Vincent à Diarville, comptent un, deux ou trois unionistes. Valleroy et Homécourt conservent des témoins de leurs anciens groupes d'avant-guerre, et Auboué pourrait bien devenir un centre de regroupement.
« On peut estimer à sept ou huit cents le nombre total des unionistes du diocèse. »
Félicitons de ce beau succès le R. P. HURTET, directeur régional, et l'infatigable Père VIGY.



21 avril 1923 - n° 16 - p.265
Informations
Le Bon Grain du 15 avril relate que M. l'abbé Fiel a voulu recevoir, le 3 avril, la Croix de la Légion d'honneur des mains du Président de l'Union des Coopératives de reconstruction. De l'allocution prononcée à cette occasion par M. le chanoine THOUVENIN nous citons ce passage, qui intéresse plus particulièrement notre histoire diocésaine.
« ...Permettez à un témoin de parler d'un travail considérable qui n'est guère apparent, qui n'est guère connu du public, celui que vous avez entrepris en faveur de la Coopérative des églises, avec l'architecte départemental. Vous avez visité les communes adhérentes à notre société diocésaine ; vous avez réuni leurs conseils municipaux: ;vous avez frappé, combien de fois et avec quelle persévérance, à la porte des architectes, pour avoir des plans et des devis à présenter à la Commission diocésaine des monuments religieux, à la Commission départementale des bâtiments civils et aux Commissions cantonales; vous vous êtes entendu avec les experts spécialisés et les agents administratifs; vous avez mis au point les dossiers des églises et vous les avez présentés et défendus devant les Commissions cantonales : vous avez fait sortir les extraits de décision pour obtenir la délivrance des titres d'indemnités.
Tout ce travail, vous ne le considérez que comme un préliminaire; maintenant que vous l'avez mené à bonne fin, vous vous êtes tracé un nouveau programme : vous commencez à visiter les chantiers des églises; vous allez vérifier les titres de créance, de façon à en faire supprimer tonte imputation étrangère. Bientôt apparaitront ou plutôt déjà apparaissent les résultats de ce fécond travail que vous avez donné à la Coopérative diocésaine : beaucoup d'églises sortent de terre, quelques-unes sont avancées, celle d'Ancerviller sera consacrée, à l'automne prochain par « l'Evêque de la Reconstitution». Votre commune a été la première à fêter sa reconstruction totale; votre église, elle aussi, occupera le premier rang, parmi celles qui seront reconstruites de fond en comble. Aujourd'hui, la France, par son Gouvernement, récompense votre dévouement pour les Coopératives ; plus tard, le Seigneur saura récompenser celui qui aura contribué si efficacement à la restauration des « maisons de Dieu ».
Nous renouvelons au nouveau Légionnaire nos cordiales félicitations et nous nous associons à ces remerciements.


5 mai 1923 - n° 18 - p. 283
PARTIE OFFICIELLE
Coopérative des églises
Rectification et complément du mandat de gestion
Nous venons d'adresser aux Maires des Communes adhérentes à la Coopérative des églises une circulaire, trois exemplaires d'un extrait de délibération du Conseil municipal, trois exemplaires d'un complément de mandat de gestion et une ou deux feuilles de répartition des avances.
Nous prions Messieurs les Curés des paroisses intéressées de lire cette circulaire que nous publions ci-dessous et de s'entendre avec Messieurs les Maires pour remplir les formalitées demandées et nous retourner dans la huitaine les extraits de délibération et les compléments de mandat de gestion.
Pour les immeubles par destination et le mobilier, la Coopérative offre les avantages de ses services financiers; mais elle n'impose aucun fournisseur. Pour les bancs, les vitraux, les autels, les cloches, l'éclairage électrique, les ornements, etc..., la Coopérative ne prend aucune initiative; elle attend les projets de marchés proposés entre les fournisseurs d'une part, et les maires et les curés, d'autre part.
Nous publions ci-après un modèle de marché à forfait. Dans un marché à la série la formule devrait être changée.
Une certaine hausse, que nous espérons passagère, vient d'atteindre certaines matières, en particulier les métaux. Peut-être, conviendra-t-il d'ajourner quelques marchés.
Sur les titres d'indemnités des églises, nous avions constaté l'importantes imputations d'avances qui diminuaient d'autant le disponible. Répondant à notre demande, la Préfecture a bien voulu faire une répartition de ces avances entre l'école, l'église et les autres propriétés communales. Nous avons joint à notre envoi des exemplaires de cette répartition qui devront être retournés au Service du contrôle des Coopératives, 78, rue Saint-Georges, Nancy. Si quelque erreur subsistait sur ces répartitions, nous demandons à MM. les Curés de bien vouloir nous les signaler.
Nous avons remarqué sur les extraits de décisions des commissions cantonales que sont mélangées souvent les indemnités pour immeubles par destination et presque toujours les indemnités pour mobiliers, qu'ils concernent l'école, l'église, la mairie, etc .....
En conséquence, le titre de créance correspondant comprend à la fois les sommes attribuées pour l'école, l'église et les autres propriétés communales. Le montant du titre de créance est donc souvent supérieur à l'indemnité destinée à l'église. Aussi nous prions MM. les Curés d'inviter MM. les Maires à nous faire envoyer le titre collectif pour matériel ou pour mobilier. Avec les indications qui nous seront fournies par l'administration, nous pourrons faire déléguer à la Coopérative des églises ce qui lui revient.
Une nouvelle fois nous demandons à MM. les Curés de nous aider dans la lourde tâche que nous avons entreprise. Notamment nous les prions d'aménager les crédits de leur église de façon à ne pas dépasser le montant des indemnités.

Circulaire adressée à MM. les Maires
NANCY LE 27 AVRIL 1923.
Monsieur le Maire,
Quand, au nom de la Commune, vous avez adhéré à la Coopérative des églises, vous avez indiqué, sur le bulletin d'adhésion et de mandat de gestion, une somme approximative pour l'indemnité de l'église. Or cette somme est différente de l'indemnité fixée définitivement par la Commission cantonale.
En conséquence, il y a lieu de rectifier le mandat de gestion en ce qui concerne l'édifice.
De plus, beaucoup de maires, afin de se dispenser de remplir des formalités et de rechercher des fonds, ont demandé que la Coopérative s'occupe aussi des immeubles par destination (cloches, bancs, autels, chaire, confessionnal, statues, etc...) et du mobilier (ornements sacerdotaux, vases sacrés, etc...). L'assemblée générale du 30 janvier, acceptant cette demande, a donné toute autorisation au Conseil d'administration. La Préfecture, elle aussi, vient de donner un avis favorable.
En conséquence, j'ai l'honneur de vous demander de réunir votre Conseil municipal, pour délibérer sur les questions qui sont exposées dans un modèle d'extrait de procès-verbal ci-joint.
Si votre Conseil est d'avis de confier à la Coopérative des Eglises les immeubles par destination et le mobilier, vous voudrez bien remplir les trois Extraits de délibération du Conseil municipal et les trois Compléments du mandat de gestion.
Si vous ne laissez à la Coopérative que l'édifice proprement dit, vous rayerez sur les Extraits et les Compléments tout ce qui concerne les immeubles par destination et le mobilier.
Dans tous les cas, vous voudrez bien me retourner, dûment remplis, et les Extraits de délibération et les Compléments de mandats de gestion.
En même temps, vous m'enverrez ou me ferez envoyer par le percepteur les titres de créance correspondant au mandat de gestion.
Je ferai approuver par la Préfecture la délibération du conseil municipal, rectifier au Génie rural les mandats de gestion et imputer par le Contrôle financier les sommes à dépenser.
Si vous avez des doutes sur les dépenses faites ou engagées en dehors de la Coopérative des églises, vous ne remplirez pas les blancs marqués (1) à la fin du Complément de mandat de gestion; mais vous donnerez les renseignements que vous posséderez relativement à ces dépenses.
Veuillez agréer, Monsieur le Maire, l'expression de mes sentiments dévoués,
Le Président,
Abbé L. THOUVENIN.

Modèle de marché
Pour le matériel et le mobilier de l'église, on peut faire un marché eu adoptant le modèle suivant.
Les marchés doivent être faits en trois exemplaires ; ils sont obligatoirement signés par le maire, le fournisseur et le président de la Coopérative. Nous prions MM. les Curés de les signer également. Nous nous chargeons de les faire approuver par la Préfecture.
Nous demandons à MM. les Curés de nous envoyer des certificats attestant que la fourniture est faite et ensuite que la réception provisoire ou définitive en a été faite.

DÉPARTEMENT DE MEURTHE-ET-MOSELLE
EGLISE DE A...
Dispensé du timbre et de l'enregistrement (Loi du 15 août 1920).
BANCS
Société Coopérative de Reconstruction des Eglises du Diocèse de Nancy
Marché à forfait
Entre les soussignés:
M l'abbé Lucien THOUVENIN, demeurant à Nancy, président la Société coopérative de reconstruction des églises du diocèse de Nancy, agissant au nom de la dite société, en vertu d'une délibération du Conseil d'administration, en date du 15 septembre 1921,
Assisté de M. X ....., maire de la commune de A ....., qui a adhéré à la Coopérative des églises, conformément aux lois des 15 août 1920 et 12 juillet 1921, et pour le compte de laquelle les travaux faisant l'objet du présent marché seront exécutés, et de M. l'abbé Y ....., curé de la paroisse de A ....., d'une part;
et M. Z ....., entrepreneur de menuiserie demeurant à ....., d'autre part;
Il a été convenu de ce qui suit :
MM. THOUVENIN, X ..... et Y ...., voulant reconstituer le mobilier de l'église communale, ont fait dresser un devis par M. Z ..... pour la confection de grands et petits bancs en chêne, suivant un modèle convenu.
L'entrepreneur s'engage à exécuter les travaux qui font l'objet du présent marché, moyennant le prix de ..... francs, à forfait.
La Coopérative s'engage à verser des acomptes à l'entrepreneur dans les conditions suivantes :
1° A la livraison à A ....., 5/10°, sur le vu d'un certificat du représentant de la commune auprès de la Coopérative;
2° Après la pose, 3/10° dans les mêmes conditions;
3° Le solde, sur le vu du procès-verbal de réception signé par le Maire, le Curé et l'Entrepreneur.
Si des livraisons partielles sont effectuées, il y aura aussi des paiements partiels.
Si la Coopérative qui se procure des fonds par des emprunts onéreux effectue les paiements au comptant, c'est-à-dire dans les trente jours après la remise du certificat ou procès-verbal ci-dessus indiqués, l'entrepreneur lui fera un escompte de caisse de ..... %.
Le présent marché entraine l'exécution des stipulations et clauses du cahier des charges en vigueur dans les Coopératives de reconstruction.
La fourniture devra être faite dans les ..... mois.
Fait en triple exemplaire, le ..... 192
LE PRÉSIDENT DE LA COOPÉRATIVE DES EGLISES
LE MAIRE DE LA COMMUNE (1),
L'ENTREPRENEUR (1),
LE CURÉ (1),
La banque de l'entrepreneur est .....
(1) Ecrire « Lu et approuvé » et signer.


5 mai 1923 - n° 18 - p. 288
Distinction Pontificale
Par diplôme signé du cardinal Gasparri, secrétaire d'Etat, Sa Sainteté le pape Pie XI vient de conférer la décoration « Bene merenti » à M. Jean-Baptiste Corrette, qui, depuis 46 ans, remplit à l'église d'Ancerviller les fonctions de chantre, maitre de cérémonies et sacristain.


19 mai 1923 - n° 20 - p. 316
CHRONIQUE DIOCÉSAINE
Annonces d'Offices et de Réunions
Offices extraordinaires. - Le lundi de la Pentecôte, pèlerinage à N.-D. DE BONNE-FONTAINE, à Domjevin, sous la présidence de M. le Curé-Doyen de Blâmont, A 10 h. 1/2, à la Chapelle, messe solennelle et sermon par M. l'abbé Renault, curé de Domêvre ; à 3 h. 1/2, cérémonie avec sermon et salut du Saint-Sacrement à l'église de Domjevin.


26 mai 1923 - n° 21 - p. 331
Coopérative des Eglises
Bénédictions
La Semaine religieuse a déjà relaté beaucoup de cérémonies relatives à nos églises dévastées par la guerre; mais, faute de renseignements, elle a pu en omettre. Afin de constater les progrès de la reconstitution et d'en conserver le souvenir dans les archives du diocèse, MM. les Curés sont priés de faire connaître au Président de la Coopérative, les dates des principaux événements concernant leur église : bénédiction de la première pierre, bénédiction de l'église, bénédiction des cloches, etc ....

Les Eglises en construction
M. Deville, architecte en chef de la reconstitution, et M. l'abbé Fiel, secrétaire de la Coopérative des Eglises, ont commencé et vont continuer la visite des églises en construction. MM. les maires, curés, architectes et entrepreneurs sont convoqués plusieurs jours à l'avance sur les chantiers et, sauf empêchement, ils sont exacts au rendez-vous.
Dans toutes les communes invitées jusqu'alors, les projets approuvés par la Commission diocésaine des Monuments religieux et le Comité départemental des Bâtiments civils sont fidèlement exécutés. Toutefois, malgré le soin avec lequel les devis ont été préparés, il semble dès maintenant, que souvent le montant des travaux sera difficilement maintenu dans la limite des sommes allouées par l'Etat. L'espoir de ceux qui compteraient sur la Coopérative des Eglises pour rétablir l'équilibre les exposerait à de graves mécomptes - les subventions et offrandes étant absorbées, et au-delà, par les frais de l'emprunt.
Afin d'éviter toute surprise, M. Deville et M. l'abbé Fiel, interprétant le désir de MM. les maires et de. MM. les curés, ont prié les architectes et entrepreneurs de la plupart des églises visitées d'établir un marché à forfait comprenant tout le gros oeuvre.
Sur cette base qui ne laisse place à aucun imprévu, l'aménagement des crédits alloués pour les immeubles par destination et pour le mobilier devient facile. Dans quelques communes, c'est déjà chose faite ; dans les autres, la question est étudiée au cours de la réunion.
Jusqu'alors, cinquante-trois églises ont été visitées, presque toutes dans les arrondissements de Lunéville et de Nancy. Dans cette partie du département, quatre églises sont déjà livrées au culte : Sainte-Geneviève, Clémery, Domèvre-sur-Vesouze et Magnières. Gerbéviller doit l'être incessamment.
Quatorze églises, dont sept construites sur un nouvel emplacement, sont couvertes ou prêtes à l'être. Trois d'entre elles entièrement neuves, ont déjà la flèche de leur tour: Halloville, Mouacourt et Neuviller-les-Badonviller. La construction des autres est en pleine activité et fait l'éloge des entrepreneurs qui apprécient les paiements rapides de la Coopérative. Cependant, dans quatre communes, les travaux ne sont pas encore commencés; pour deux de ces villages, le retard est causé par des difficultés d'emplacement qui semblent sur le point d'être résolues.
Les prévisions exprimées à la dernière assemblée générale de la Coopérative des Eglises sont en pleine voie de réalisation, et, dès maintenant, tout semble indiquer que sur les 83 églises adhérentes (1) trois ou quatre à peine ne seront pas couvertes.

(1) Sans compter les adhésions tardives qui viennent d'être données.

Remboursement des Obligations
Paiement des Coupons
Le 17 mai, à la Salle Déglin, en présence de MM. Malval et Frébillot, administrateurs de la Société civile des obligataires, et de MM. l'abbé Thouvenin, président et le comte de Mahuet, administrateur de la Coopérative des églises, il a été procédé au tirage au sort des 402 obligations, qui seront remboursables à partir du 1er juillet prochain. On en trouvera la liste plus loin.
Nous y ajoutons la liste de 66 obligations qui, sorties au tirage de 1922, n'étaient pas encore remboursées le 17 mai.
A la même date, il restait encore à payer 155 coupons échus le 1er juillet 1922 et 1.019 coupons échus le 1er janvier 1923.
On nous dit que plusieurs personnes, voulant en faire bénéficier la Coopérative des églises, renoncent à toucher les coupons échus et les obligations amorties. S'il en était ainsi, elles devraient en informer M. l'abbé Thouvenin, 6, rue Léopold-Lallement, Nancy, et lui envoyer, en même temps, ces coupons et obligations. Car, autrement, les coupons deviendront la propriété de l'Etat cinq ans après leur échéance et les obligations, trente ans après leur tirage au sort, en vertu de la prescription.
MM. les Curés qui ont souscrit des obligations pour leurs paroissiens rendront service aux intéressés en les renseignant sur ces questions de paiement de coupons et d'obligations.
[...]


26 mai 1923 - n° 21 - p. 335
Informations
Statue de la Bienheureuse Marguerite de Lorraine
[...] M. le Curé de Frémonville, 12 fr.; [...]


2 juin 1923 - n° 22 - p. 348
HISTOIRE ET ARCHÉOLOGIE
Le culte de saint Abdon dans les diocèses de Toul et de Nancy


9 juin 1923 - n° 23 - p. 361
Confirmation dans l'arrondissement de Lunéville en 1923
Les anciens rituels, en usage autrefois dans les diocèses de France, contenaient presque tous une instruction sur la Confirmation à lire au prône, avant la visite de l'Evêque. Plusieurs avaient aussi une instruction sur la visite pastorale, la voici telle qu'elle se lit dans l'ancien rituel de Toul:
« La visite des supérieurs ecclésiastiques, mais surtout celle des Evêques, est une fonction si importante pour la gloire de Dieu et le salut des peuples que tout le monde intérêt qu'elle soit bien faite.
Il y a trois choses que les pasteurs sont obligés d'apprendre à leurs paroissiens touchant la visite de l'Evêque: l'idée qu'ils en doivent avoir, les secours qu'ils en doivent attendre, les dispositions avec lesquelles ils la doivent recevoir.
Les peuples, en recevant la visite de leur Evêque, doivent la considérer comme celle de Jésus-Christ dont il est la plus vive image et l'expression la plus parfaite.
Les secours que les fidèles doivent attendre de cette visite sont les grâces que Dieu répand sur eux, plus abondamment puisque, en même temps que l'Evêque les visite visiblement, Dieu les visite intérieurement, joignant ainsi sa grâce et sa bénédiction à ce que lui même a institué le règlement des paroisses, le salut et l'édification des grands et des petits.
Les dispositions avec lesquelles les fidèles doivent recevoir la visite de leur Evêque sont de le considérer comme l'envoyé de J.-C., de se préparer à cette visite par la prière et les bonnes oeuvres, d'y assister avec un grand désir d'en profiter, d'y apporter un coeur docile et généreux. » Les idées de cette instruction semblent bien avoir inspiré les populations de l'arrondissement de Lunéville qui ont reçu la visite de leur Evêque venu pour administrer le sacrement de Confirmation à leurs enfants.
MM. les Curés, dont le zèle est si admirable, ont reçu Monseigneur avec une joie filiale et un empressement respectueux. Sa Grandeur en a été touchée profondément, et n'a pas manqué de le dire et de le répéter à leurs paroissiens.
Il faudrait, pour être juste, après les avoir remerciés, eux d'abord, remercier les humbles dévouements des ouvriers, des ouvrières qui, pendant les journées de printemps ou les soirées d'hiver ont tressé des guirlandes de mousse, préparé des arcs de triomphe et, le moment venu, ont transformé les rues de leurs villages en allées triomphales, jonché les chemins de verdure et de fleurs, planté des mâts et des drapeaux aux couleurs de France, de Lorraine, de Jeanne d'Arc et du Pape, orné les églises comme aux plus beaux jours de fête. C'était fête en effet et grande fête, la fête de la confirmation.
Dans les 25 paroisses où Monseigneur s'est arrêté pour donner la confirmation. Sa Grandeur a trouvé trois baraquements servant d'église. Arracourt, la première pierre de l'église a été bénite depuis plusieurs mois, mais les fondations sont encore à fleur de terre. Leintrey et Badonviller, où l'église n'est pas commencée. Onze églises sont restaurées complètement, après avoir été presque totalement détruites, comme Einville, gravement atteintes, comme Drouville et les neuf autres.
Les onze dernières qui avaient reçu des blessures moins graves, du fait des bombardements ou de l'occupation, sont maintenant en très bon état, et cette constatation a été bien sensible au coeur du Pasteur et de l'Evêque de la reconstruction,
Partout, Monseigneur a reçu à son arrivée la visite des membres du conseil paroissial, du comité catholique et une paroisse excepté, de tout le conseil municipal présenté par le maire, offrant au premier Pasteur du diocèse ses souhaits de bienvenue, en même temps que ses remerciements, pour les services rendus à la commune par M. le Curé.
Est-il besoin de dire que Monseigneur était accueilli par toute la population assemblée devant le presbytère, même quand la voilure, précédée de coureurs montés sur des bicyclettes ou des chevaux fleuris, comme à Leintrey ou à Magnières, avait quelque retard, comme à Neufmaisons; ou que les visites aux paroisses entre chaque station avait retardé l'heure d'arrivée.
Faut-il ajouter que l'entrée de Monseigneur dans des paroisses qui n'avaient pas eu la visite épiscopale depuis 30 ans et plus faisait couler des larmes au vénérable pasteur de Chanteheux qui malgré son émotion n'oubliait pas de commander à genoux ! et tous les enfants, ils étaient plus de cent, garçons à droite, filles à gauche recevaient à genoux la bénédiction de Monseigneur en pleine rue, pendant que les mamans portant les plus petits sur les bras s'apprêtaient à les faire bénir de plus près, pendant que les cloches sonnaient à toute volée. Puisque je parle de Chanteheux pourquoi ne dirai-je pas que M. le Maire avait réservé, au jour de l'arrivée de Monseigneur, la remise à M. le Curé de la médaille d'argent de la reconnaissance, qu'il avait demandée et obtenue pour son cher pasteur. A chaque cérémonie de la confirmation, Monseigneur interrogeait sur le catéchisme au grand émoi des enfants, à la profonde satisfaction des pasteurs, à la fierté inquiète des parents, les questions posées avec bonté étaient toujours suivies de réponses d'abord craintives mais bientôt assurées, heureuses et justes. Monseigneur prenait la parole avant la confirmation pour faire la préparation immédiate à la réception du sacrement, après la confirmation pour exciter l'action de grâces, susciter les résolutions, provoquer la persévérance et demander la générosité; aux enfants afin qu'ils entendent l'appel de Dieu les invitant au sacerdoce ou à la vie religieuse, générosité aux parents afin qu'ils favorisent cet appel que peut adresser à leurs enfants et estiment comme un honneur et une bénédiction, le choix que Dieu peut faire d'un de leurs enfants pour son Eglise et pour son service. A chaque station, Monseigneur adresse cet appel à la vocation et si l'on juge par l'attention avec laquelle il fut écouté, il faut espérer que la semence divine jetée par une parole qu'inspirait un au coeur d'apôtre, aura été reçue dans une bonne terre et y fera mûrir des fruits abondants. Entre chacune des 25 stations de Confirmation de Drouville à Barbonville, Monseigneur put visiter les paroisses et les églises - de Maixe restaurée et meubles - de Juvrecourt qui n'avait pas eu de visite épiscopale depuis 60 ans - de Réchicourt-la-Petite où fut bénite la première pierre de l'église déjà à hauteur des fenêtres - de Mouacourt où la petite église, complètement démolie, s'élève bien belle sous sa toiture en ardoises - de Parroy où les fondations au niveau du sol dessinent les contours que les pierres de Saverne, amenées par le canal, vont remplir et orner - de Bauzemont - de Valhey où le digne M. Conard présenta le conseil municipal, où le maire lut une adresse, et... demanda un curé pour la paroisse - Crion et Jolivet, Marainviller et ManonvilIer, Bénaménil et Embermenil, Avricourt et Igney, puis après la confirmation à Blâmont, Nonhigny, Montreux, Neuviller, Bréménil et Parux.
Le 29 avril se tenait, après-midi, à Cirey la réunion des Comités catholiques du canton, et avant d'arriver à Neufmaisons, Monseigneur visitait Val-et-Châtillon, Fenneviller et Pexonne, puis Vacqueville et Gélacourt. A Deneuvre Monseigneur bénissait, à l'ouverture du mois de Marie, à 8 heures du soir, une belle statue de Jeanne d'Arc et malgré une journée de prédication et de confirmation adressait à la population de Deneuvre et de Baccarat une éloquente et touchante parole, puis Chenevières, entre Azerailles et Saint-Clément, Crévic, Moyen Seranville, Mattexey, Giriviller, Vennezey, Essey-la-Côte, Romenoville, puis Rozelieures, Borville, Villacourt, Lorey, Saint-Mard, Haussonville furent les interstations où Monseigneur s'arrêta, reçut les autorités, parla, bénit et laissa la promesse d'un prochain retour.
Oui la visite pastorale de l'arrondissement de Lunéville à été vraiment la visite de l'envoyé de Jésus Christ, elle a répandu des grâces abondantes dans les âmes, elle a été l'édification des grands et des petits. Pour le premier Pasteur elle a été une grande joie, pour les prêtres un grand réconfort, pour les fidèles un puissant encouragement à la piété et à la fidélité à la sainte Eglise.


16 juin 1923 - n° 24 - p. 383
Mort de M. Duponteil
Nous recommandons aux prières de nos lecteurs l'âme de M. Duponteil, ancien préfet de Meurthe-et-Moselle, mort chrétiennement à Paris lundi dernier. Ses obsèques ont été célébrées mercredi 13 juin à l'église Saint-Sulpice.
Les annales du diocèse garderont le souvenir de l'esprit de justice dont il a marqué la direction de l'administration départementale, et du dévouement avec lequel il a donné l'appui du gouvernement à la constitution et au fonctionnement de la Coopérative des Eglises. M. Duponteil a présidé avec Monseigneur l'Evêque maintes fêtes patriotiques et plusieurs cérémonies de premières pierres d'églises, notamment celle d'Ancerviller où il a prononcé des paroles qu'il nous plaît de rappeler : « ... Quand un bâtiment est terminé, on le couronne par un bouquet. Maintenant que votre village est complètement reconstruit, nous allons mettre le bouquet en plaçant première pierre de l'église. Je la poserai avec un respect infini et une émotion profonde, au nom de la France républicaine, abri tutélaire de toutes les croyances et de toutes les libertés ».


23 juin 1923 - n° 25 - p. 400
Coopérative des Eglises
Etat des travaux
D'après la tournée qui vient d'être faite dans les communes adhérentes à la Coopérative des églises, l'état d'avancement des travaux s'établit de la façon suivante :
Arrondissement de Lunéville. - Trois églises sont livrées au culte; huit sont couvertes et ont déjà, ou auront à bref délai leur clocher : nous signalons spécialement l'église de Neuviller-les-Badonviller dont les vitraux qui viennent d'être posés font l'éloge de l'artiste, aussi bien que de l'inspiration des sujets; les autres églises sont en construction, sauf une qui, bien que toutes les formalités aient été remplies par la Coopérative, n'est pas encore commencée.
Arrondissement de Nancy : Une église est livrée au culte ; trois sont couvertes ; les autres sont en pleine activité; sur les quatre qui ne sont pas encore commencées, une devrait l'être, dès lors que le marché est signé depuis plus d'un mois, deux pour lesquelles la question de l'emplacement vient seulement d'être résolue, vont être mises en chantier; une seule nous présente des difficultés de terrain que jusqu'alors il nous a été impossible d'aplanir.
Arrondissement de Toul. - Trois églises couvertes; les autres en pleine activité, sauf trois sur lesquelles deux vont être implantées; la troisième, adhérente récente à la Coopérative, sera bientôt en mesure d'être marchandée.
Arrondissement de Briey. - Trois églises couvertes, les autres en bonne voie de construction. Pour des raisons spéciales deux églises ne sont pas encore commencées : à Hussigny, grâce au concours financier des Sociétés minières, nous sommes sur le point de faire aboutir un projet de déplacement et d'agrandissement de l'église détruite; pour l'autre église nous étudions la solution de difficultés antérieures à la constitution de la Coopérative. Nous ouvrirons un crédit pour l'église de Longwy-Haut dès que la Municipalité de Longwy aura obtenu, du Ministère des Beaux-Arts, l'approbation du projet et une garantie de remboursement des sommes avancées par la Coopérative des églises.
Une nouvelle tournée générale sera faite au cours de l'été; les dates seront fixées quelques jours à l'avance. MM. les Curés qui jugeraient nécessaire une visite à bref délai, voudront bien en avertir M. l'abbé Fiel, 34, rue des Jardiniers, avant le 10 juillet.
Nous ne saurions trop louer MM. les Curés qui ont pris l'initiative de nous envoyer, chaque mois, une note sur l'état et l'avancement des travaux, avec leurs observations, dont nous garderons confidentiellement l'origine, dans la mesure où ils nous le demanderont.

Marchés
Au cours de ses visites, M. l'abbé Fiel, appuyé par M. Deville, architecte en chef, a commenté et recommandé notre circulaire concernant la transformation des marchés à la série en marchés à forfait. Nous prions MM. les Curés et MM. les Maires d'unir leurs efforts aux nôtres pour obtenir la convention forfaitaire qui, seule, peut garantir la complète exécution des projets prévus. Il est bien évident que l'engagement financier de la Coopérative ne s'étend pas au delà de l'indemnité déléguée par la commune : tout dépassement serait à la charge de la commune ou de la paroisse ; dans la carence de l'une ou de l'autre, nous ne pourrions que suspendre l'exécution des travaux. Du reste, afin de parer à tout aléa, pour les communes qui n'ont pas de marché à forfait, nous immobilisons une partie de l'indemnité des immeubles par destination et du mobilier.
Pour ce qui concerne les immeubles par destination, nous renvoyons MM. les Curés à la Semaine Religieuse, du 5 mai dernier, qui a publié un article sur la Coopérative des églises; nous recommandons surtout la lecture des 3e et 4e alinéas. La Coopérative ne choisit ni les fournisseurs ni les objets: son concours est purement financier. Le marché, dont un modèle se trouve dans la Semaine Religieuse du 5 mai, doit nous être présenté en triple exemplaire, avec les signatures du maire, du curé et du fournisseur. Le Président signe en dernier lieu et fait approuver le marché
Il faut autant de marchés que de fournisseurs ; mais chaque marché peut comporter plusieurs livraisons successives.
Le Président de la Coopérative des églises.


7 juillet 1923 - n° 27 - p. 417
Coopérative des Eglises
Un Exemple à suivre
Dans un sentiment de gratitude et d'édification, il nous plait de signaler la pieuse initiative des Noëlistes de Nancy, qui viennent d'adopter l'église d'Emberménil. Ce geste a été loué publiquement par Mgr l'Evèque à une séance de charité organisée par le Comité du «Noël », à la salle d'oeuvres de la paroisse Saint-Epvre. La générosité des Noëlistes sera rappelée dans le vitrail qu'elles ont décidé d'offrir à leur filleule.
Au cours des visites des églises en construction, on nous demande souvent sous quelle forme la charité privée peut s'intéresser à la décoration d'une église. S'il s'agit des dons en espèces, le mieux est de verser la somme au compte de la Coopérative des Eglises, à la Société nancéienne de crédits et dépôts, place Saint Jean ou à la Banque Renauld, à Nancy, avec mention de l'affectation à une église déterminée. Pour les sinistrés qui voudraient donner des indemnités complètes ou même des certificats de titres de créance, la donation doit se faire, par devant notaire, à la Coopérative des Eglises. Faites à une coopérative approuvée, ces donations sont exemptes de tous droits d'enregistrement et de timbre, et ne sont pas soumises à l'homologation par le tribunal.


14 juillet 1923 - n° 28 - p. 437
Souscription pour envoyer des malades pauvres au pèlerinage de Lourdes en 1923
2° LISTE
Mme Laurent, d'Ogéviller, 20 fr. ; [...]


28 juillet 1923 - n° 30 - p. 466
CHRONIQUE DIOCÉSAINE
COOPÉRATIVE DES ÉGLISES
Réunion du Conseil d'administration le 19 Juillet 1923
Le Conseil d'administration s'est réuni le 19 juillet à l'Evêché. Etaient présents : Monseigneur l'Evêque, président d'honneur; MM. le Vicaire général Barbier; l'abbé Thouvenin, président; l'abbé Fiel, secrétaire; le comte de Mahuet, trésorier ; Dardaine et Godfrin. S'étaient excusés MM. Henriot et de Metz-Noblat.
Situation financière. - Dans le premier semestre, nous avons versé six millions et demi pour la construction, actuellement nous payons près de deux millions par mois; néanmoins notre trésorerie est régulièrement alimentée par nos fonds d'emprunt et les crédits d'Etat qui nous arrivent à peu près normalement. Nos entrepreneurs apprécient beaucoup nos paiements au comptant, c'est-à-dire ordinairement dans les quarante -huit heures et parfois dans les vingt-quatre heures du dépôt de la demande. Au 30 juin, nous disposions de treize millions en espèces, en bons et en obligations.
Situation morale, - Nous avons admis Dampvitoux, Lanfroicourt, Morfortaine, Saint-Baussant et Seicheprey en 1922; Anthelupt, Flirey et MignéviIle en 1923. De nombreuses demandes d'affiliation viennent de nous parvenir. Le Conseil, après discussion, admet les églises d'Einville, Gondrecourt, Landres. Longwy-Bas, Noviant-aux-Prés, Pierre-Percée et Saffais, dont la réparation ou la reconstruction n'est pas terminée. Toutefois le produit des emprunts étant réservé aux églises pour lesquelles l'émission a été faite, les travaux dans les églises nouvellement admises devront être payés surtout en obligations décennales et la perte qui en résultera devra être supportée par la commune et par l'entrepreneur et l'architecte qui seront payés au comptant. Le Conseil écarte certaines demandes concernant du mobilier ou des immeubles par destination : les communes non admises pourront sans doute obtenir de l'argent sur les nouveaux crédits accordés par l'Etat à notre département.
On examine ensuite la situation nouvelle des églises classées comme monuments historiques, situation révélée par une récente discussion au Parlement.
Un sénateur avait demandé pourquoi on ne réparait pas rapidement les monuments historiques classés parmi lesquels sont rangées beaucoup d'églises.
Voici à peu près la réponse du Ministre des R. L. : « Si un monument est classé comme historique, il appartient au service des Beaux-Arts seul d'en assurer la restauration à l'aide de fonds qui sont votés par le Parlement à cet effet ..... Il est absolument impossible que les Commissions cantonales donnent aux communes des indemnités au titre des dommages de guerre pour réparer les édifices classés comme monuments historiques ..... Chaque fois que je trouve des églises, classées alors qu'elles n'auraient pas dû l'être, je conseille aux communes d'en demander le déclassement au service des Beaux-Arts. Quand elles seront déclassées, les Commissions cantonales pourront accorder des indemnités de dommages de guerre et on pourra faire les réparations nécessaires. » (Sénat, 10 juillet 1923.)
Nous publions cette réponse sur la demande de Monseigneur l'Evêque qui invite MM. les Curés intéressés à étudier la question avec MM. les Maires, afin qu'on puisse au plus tôt réparer les églises classées du diocèse.
La Coopérative ne parait donc plus qualifiée pour aider à la réparation des églises tant qu'elles seront classées.
Monseigneur demande des renseignements sur les églises non classées qui n'ont pas adhéré à la Coopérative. Plusieurs de ces églises sont réparées par les coopératives communales ; d'autres sont en souffrance : la Coopérative diocésaine n'en étant pas chargée, Monseigneur demande à MM. les Curés de s'en occuper activement.
Frais d'expertise. - Location d'abris. - Comment calculer et payer les frais d'expertise des églises ? Comment payer la location des chapelles provisoires ? Questions que depuis plusieurs mois nous avions posées à la Préfecture. L'administration vient de les résoudre d'une façon pratique pour tous les immeubles communaux. Nous publions ci-après la lettre préfectorale qui tranche ces difficultés (page 468).
En général, les architectes qui ont fait l'expertise des églises (établissement du dossier de dommages de guerre) et qui sont chargés de la reconstruction renoncent aux honoraires d'expertise.
Honoraires d'architecte pour les immeubles par destination, - Les architectes .reçoivent 5 % d'honoraires pour la construction. Faut-il les leur accorder pour les vitraux, les bancs, les autels, l'installation électrique, l'horloge, les cloches, etc ... ? Nous avons consulté plusieurs architectes- Voici leur réponse :
« En principe, toutes les fois que la fourniture n'a pas exigé des travaux spéciaux, tels que dessins, devis, surveillance, en un mot, ce que l'architecte doit faire dans l'exercice de sa profession, aucun honoraire ne lui est dû ... Si le concours de l'architecte a été demandé, l'honoraire peut être modéré quand il s'agit d'objets ne nécessitant qu'un dessin mais se répétant un grand nombre de fois, comme c'est le cas pour les bancs ... Il ne peut y avoir de règle générale, mais il faut une entente avec l'architecte à propos de chaque édifice. »
Le Conseil adopte cette manière de voir : on se concertera avec les architectes.
Achat de dommages de guerre. - Donations. - La Coopérative a acheté quelques indemnités de dommages de guerre. Puis, le Ministre des R. L. ayant conteste la légalité de ces achats, nous avons fait faire quelques achats par les communes avec le concours de la Coopérative.
Des sinistrés, ayant des indemnités disponibles, les donnent à notre Société : la donation doit être reçue par un notaire en présence de deux témoins et acceptée par un représentant de la Coopérative. Il n'y a pas de frais de mutation; seuls les frais d'acte sont à la charge du donateur ou de la Société. Le nombre de ces actes allant en augmentant, nous croyons utile de publier un modèle de donation (voir page 472).
Reconstitution de mobilier. - L'indemnité pour matériel (cloches, bancs, chaire ... ) et parfois l'indemnité pour mobilier (ornements, vases sacrés ... ) sont portées sur titres bleus «Immeubles-Remploi». M. l'abbé Fiel a demandé à l'Administration si cette pratique n'amènerait pas de difficulté lors de la justification de remploi. Voici la réponse :
« J'ai l'honneur de vous accuser réception de votre lettre du 3 juillet courant, me demandant si les factures concernant les achats de mobilier d'église, tel que candélabres, vases sacrés, linge d'autel, vêtements sacerdotaux, etc ..., pourraient être, sans difficulté, produites comme justification des indemnités qui auront été accordées pour ces objets, alors même qu'elles auraient été classées en 3° catégorie.
« Je m'empresse de vous faire connaître qu'aucune difficulté n'est à craindre à ce sujet, puisqu'il y aura remploi en identique et, qu'au surplus, il semble bien que les Commissions cantonales aient classé avec juste raison ces objets en 3° catégorie, car, par leur affectation, ils paraissent bien avoir le caractère d'immeuble par destination.
« Agréez, Monsieur, etc...
« Pour le Préfet :
« Le Secrétaire Genéral à la Reconstitution,
« MARTELLI. »
Achats de terrain - Quand l'église est transférée, l'Etat accorde une indemnité spéciale qui peut être déléguée à la Coopérative en même temps que l'indemnité pour l'édifice. Dans ces conditions, la Coopérative paie le terrain par l'intermédiaire du notaire qui fait l'acte. MM. les Curés sont priés de s'entendre avec MM. les Maires pour hâter l'achat de terrains.
Délégations, Crédits, Marchés, Paiements. - Le président expose les difficultés rencontrées pour établir les fiches de chaque église. Ces fiches contiennent : le montant des indemnités pour l'édifice, le matériel et le mobilier, le montant des sommes employées hors de la Coopérative et le montant des délégations; le montant des crédits affectés à chaque église sur l'emprunt diocésain, sur l'emprunt départemental et sur le budget de l'Etat; le montant des marchés; enfin le montant des paiements effectués sur ces marchés.
Pour les marchés concernant les immeubles par destination et le mobilier, les Curés et les Maires sont priés de s'entendre pour l'aménagement des crédits et pour le choix des fournisseurs; en cas de désaccord, nous appliquerons les statuts qui nous donnent le droit de régler ces questions.
Fonds commun. - Sur la demande du Président et sur l'avis du Conseil, Monseigneur décide que les 300.000 fr. qui lui ont été donnés et qui ont été déposés à la Coopérative formeront un fonds de réserve pour parer à toute éventualité. Cette réserve est importante et pourtant elle n'est que de 0,66 % si on la compare aux 45 millions de travaux de la Coopérative. On se tromperait donc beaucoup si on comptait sur cette réserve pour accorder des subventions aux Communes ou pour couvrir les dépassements de crédits.
Administrateur délégué. - M. l'abbé Thouvenin, président, est maintenu dans ses fonctions d'administrateur délégué avec tous les pouvoirs du Conseil d'administration. Pour les donations, il peut subdéléguer tout membre du Conseil d'administration.

Monseigneur clôt Ia réunion, en félicitant et en remerciant la Coopérative des églises : pendant la tournée de Confirmation et lors de ses visites dans le Diocèse, Sa Grandeur a constaté l'importance des travaux exécutés par la Société.
PRÉFECTURE DE MEURTHE-et-MOSELLE
NANCY, le 20 Juillet 1923.
NOTE PRATIQUE
pour MM. les Maires des Communes sinistrées et MM. les Présidents des Sociétés Coopératives de Reconstruction qui ont reçu mandat de gestion des Communes.
OBJET: Honoraires d'expertises et location d'abris pour les communes.
Questions pratiques à résoudre
1° Honoraires d'expertises - La plupart des communes ont adhéré aux Coopératives de Reconstruction. Celles-ci ont fait faire l'expertise des dommages de guerre par des architectes et des hommes de l'art et, pour en payer les frais, ont souvent obtenu une avance dite de 4 %. Pour les édifices civils et cultuels, les Commissions cantonales ont, dans la plupart des cas, fixé une indemnité globale pour la reconstruction, sans déterminer les honoraires d'expertise. Enfin, après l'expertise faite, les communes ont presque toutes retiré des Coopératives locales les écoles, les mairies et les églises pour les confier aux Coopératives générales des « Ecoles et Mairies » et des « Eglises ».
Architectes, maires et présidents de coopératives nous demandent conseil pour régler cette question.
2° Location d'abris. - Les maires et les présidents de coopératives sollicitent également notre avis sur le paiement de la location des abris provisoires établis en remplacement des édifices civils et cultuels. Actuellement, en vertu de la circulaire ministérielle du 17 février 1923, il n'est prévu qu'une redevance de principe d'un franc par an pour chacun de ces abris. Mais, du moins pour l'instant, cette circulaire n'a pas d'effet rétroactif et certaines communes sont assujetties à payer une location de plusieurs centaines de francs. Les imputations correspondantes ont été faites sur les titres de créance. Or ce paiement de location ne peut servir de justification.
Ces deux questions sont assez difficiles à résoudre juridiquement. Comme il s'agit de sommes relativement faibles, nous proposons des solutions pratiques que les Municipalités et les Coopératives pourront adopter après entente préalable, sous le contrôle de l'Administration.

(1) Pour certains édifices civils et cultuels, peu endommagés, l'indemnité a été souvent fixée suivant la procédure de l'art. 5 (voir paragraphe 6).

Calcul des Frais d'expertise
Les immeubles communaux se divisent en deux catégories : a) Les édifices civils et cultuels (mairie, école, église, etc.) (1) pour lesquels l'indemnité est fixée d'après la procédure spéciale de l'article 12 de la loi du 17 avril 1919, c'est-à-dire au vu du projet de reconstruction lui-même et non pas d'après l'expertise de l'édifice détruit. Il n'y a donc pas de distinction entre les divers éléments de l'indemnité « Perte subie, Allocation pour vétusté, Frais supplémentaires » mais uniquement une somme globale qui totalise les dépenses d'entreprise et les honoraires de construction.
b) Les autres immeubles (presbytère, maison du berger, remise à pompes, abri du lavoir, etc .... ) pour lesquels l'indemnité est fixée d'après l'article 5 de la loi de 17 avril 1919, c'est-à-dire d'après l'expertise de l'immeuble détruit. L'indemnité comprend alors trois éléments distincts: Perte subie (comprenant les frais d'expertise), Allocation pour vétusté et Frais supplémentaires.
Pratiquement, et pour ce qui concerne les édifices civils et cultuels, deux cas à distinguer :
1° Si, la demande d'indemnité ayant été préparée selon la procédure de l'art. 5, d'après une expertise de l'immeuble détruit, la Commission cantonale a rendu une décision provisoire fixant la perte subie, les frais d'expertise doivent être calculés d'après cette perte subie.
2° Si l'indemnité a été fixée globalement selon la procédure de l'art. 12, c'est-à-dire d'après le projet de reconstruction, il n'y a pas lieu à frais d'expertise. Les honoraires de construction comprennent l'établissement du projet.
D'ailleurs, lorsque l'Architecte qui a établi un dossier préalable d'expertise est ensuite chargé de diriger la reconstruction correspondante, il renoncera presque toujours au paiement distinct des frais d'expertise.
Quand il y a eu changement d'architecte, il y a lieu de payer les honoraires à celui qui a fait l'expertise et préparé le dossier de déclaration. C'est à ce cas que se rapportent les instructions suivantes.

Imputation et paiement
Voici comment la question se pose le plus souvent : la Commune a précédemment adhéré à la Coopérative locale pour faire établir les dossiers d'évaluation de tous ses bâtiments. Les avances pour frais d'établissement des dossiers et pour fonds de roulement (avances dites de 4 %) ont été ainsi versées à cette Coopérative qui se trouve appelée maintenant à en justifier et à préciser les imputations définitives sur les divers comptes de la Commune.
Après accord entre le Conseil municipal et le Conseil d'Administration de la Coopérative, on pourra prendre les dispositions suivantes :
1° On proposera des imputations de frais d'expertise sur les comptes des immeubles particuliers (presbytère, maison du berger, remise à pompes, abri pour lavoir, etc ... ) jusqu'à concurrence des sommes spécialement allouées à cet effet par les Commissions cantonales (art. 5). La Coopérative locale justifiera ainsi d'une partie de l'avance 4 %.
2° Si, pour les cas exceptionnels qui ont été ci-dessus indiqués, il y a un reliquat de frais d'expertise à payer, on ne proposera pas d'imputation sur les comptes des édifices publics (mairie, école, église), dont le montant doit être intégralement réservé à la reconstruction. Ce reliquat de frais pourra être payé au moyen des intérêts sur perte subie alloués pour les meubles et immeubles par destination qui garnissaient les édifices détruits (mobilier de mairie, école ou église; cloches, horloge, pompes, etc ... ).
3° La partie des avances 4 % perçues par la Coopérative locale qui ne sera pas imputée comme frais d'expertise selon le paragraphe 1 ci-dessus, pourra généralement être justifiée en travaux exécutés par la dite Coopérative pour le compte de la Commune (immeubles, lavoir, pompes, égouts, etc ... ).
4° De même, les frais de location d'abris provisoires, qui ne peuvent former justification de remploi, pourront généralement être payés au moyen de ces mêmes intérêts qui forment pour la plupart des communes une somme importante.
En conséquence, nous demandons aux Conseils municipaux et aux Conseils d'Administration des Coopératives de se concerter pour nous proposer, dès maintenant, les imputations nécessaires sur les comptes correspondants.
Il importe, en effet, de liquider le plus tôt possible les situations considérées.

Compte rendu
Après accord signé du Maire et du Président de la Coopérative, un compte rendu sera fourni au Service du Contrôle des Coopératives le plus tôt possible, et en tous cas pour le 25 août, conformément au modèle ci-joint.
POUR LE PRÉFET :
Le Secrétaire général à la Reconstitution, MARTELLI.
(Suit un modèle de compte rendu de l'accord entre le Maire et le Président de la Coopérative.)

Modèle de donation en faveur de la Coopérative des Eglises
Par devant M ....., notaire à .....
en présence et avec l'assistance des témoins ci-après nommés, aussi soussignés ..... .
A comparu :
M ..... (noms, prénoms) : .....
Profession .....
Domicile .....
Lequel a, par ces présentes, fait donation entre vifs et irrévocable,
A la Société Coopérative de Reconstruction des Eglises du Diocèse de Nancy, dont le siège est à Nancy, rue Léopold-Lallement, n° 6
Ce qui est accepté pour elle par M ....., administrateur de ladite Société, auquel tous pouvoirs ont été donnés à cet effet, suivant délibération dudit Conseil d'administration, en date du ..... dont une ampliation est demeurée, ci-annexée après mention,
Des indemnités de dommages de guerre allouées à M ..... par décision n° ..... de la Commission cantonale de Dommages de guerre de ..... en date du ..... et représentée par un certificat de créance : « ..... », n° ..... s'élevant à la somme de ....., répartie ainsi qu'il suit : Perte subie ....., etc
A charge par la Société donatrice d'affecter le remploi de ces indemnités dans l'église de ..... (1)
(1) Ou dans les églises de ....., ou encore dans les églises affiliées à la Coopérative et situées dans le rayon légal.
En conséquence et sous réserves de l'affectation spéciale ci-dessus imposée, la Société Coopérative de Reconstruction des Eglises du diocèse de Nancy disposera des indemnités à elle données comme de chose lui appartenant en toute propriété à compter de ce jour.
Elle sera subrogée purement et simplement dans tous les droits résultant, en faveur de M ....., donateur, de la loi du 17 avril 1919, et de toutes autres en vigueur en ce qui concerne les indemnités cédées et elle aura droit à tous intérêts échus et à échoir qui ont pu être alloués sur le montant représentatif de la perte subie.
Les parties requièrent M ....., notaire soussigné, de délivrer le certificat de propriété nécessaire pour arriver au transfert du certificat de créance n° ....., ci-dessus énoncé, au nom de la Société donataire.
FRAIS
Tous les frais, droits et honoraires des présentes et de leur suite, seront à la charge de la Société coopérative de reconstruction des Eglises du diocèse de Nancy.
Dont acte.
Fait et passé à ....., le ..... 192..... .


6 octobre 1923 - n° 40 - p. 621.
Nécrologies
Monseigneur l'Evêque recommande aux prières du clergé et des fidèles du diocèse, l'âme de M. l'abbé Hans, décédé le 28 septembre.
Né à Wolxheim, le 26 avril 1871, ordonné prêtre le 7 juillet 1895, M. l'abbé Hans (François-Auguste) avait été successivement vicaire à Baccarat (1895); curé de Repaix (1896).
M. l'abbé Hans était membre de l'Association de prières.


6 octobre 1923 - n° 40 - p. 623.
Funérailles de M. l'abbé Hans Curé de Repaix
Lundi dernier, maires et conseillers municipaux en tête, toute la paroisse de Repaix et Igney, à laquelle s'étaient joints de nombreux fidèles des environs, a fait d'émouvantes funérailles à son regretté Curé, victime d'une odieuse agression en chemin de fer.
M. le Vicaire général Barbier représentait Monseigneur l'Evêque; M. le Curé de la Cathédrale, M. le Chanoine Benoît, ancien doyen de Blâmont, M. le Supérieur du Grand Séminaire et une cinquantaine de prêtres étaient venus s'associer au deuil de la population, ainsi que M. le Baron Adrien de Turckheim, conseiller général et maire de Repaix, et d'autres personnalités de la région.
La Messe fut chantée par M. le Doyen de Cirey; l'oraison funèbre, prononcée par M. le Doyen de Blâmont et l'absoute, donnée par M. le Vicaire général, qui tint à dire, au nom de Monseigneur l'Evêque, en quelle estime l'Autorité diocésaine avait le regretté Défunt.
Au cimetière, au milieu des larmes de l'assemblée. M. le Baron de Turckheim, interprète éloquemment les sentiments de tous et souhaite que bientôt, l'Evêché de Nancy soit à même de donner à M. l'abbé Hans, un successeur qui continue sa tâche et s'attache, comme lui, à cette chrétienne paroisse.
Nous espérons pouvoir publier une notice biographique de ce bon Serviteur de Dieu, si tragiquement ravi à l'affection de ses paroissiens.


13 octobre 1923 - n° 41 - p. 637
Nos églises
Sous ce titre, M. le Chanoine BOULANGER a publié, dans la Croix de l'Est, cet article qui intéresse notre histoire diocésaine et doit être reproduit ici.
« Ces années dernières, nous avons fait appel au crédit de nos lecteurs pour l'Emprunt en faveur de nos églises dévastées. Vous ayez magnifiquement répondu, puisque plus de neuf millions ont été souscrits à nos bureaux.
« Quelques-uns d'entre vous se demandent s'il a été fait bon usage de ces sommes considérables et si les emprunts ont réellement hâté la restauration de nos sanctuaires et mis fin à la désolation de nos villages, sans lieu de culte convenable, « à la grande pitié de nos églises de Lorraine en ruines ».
«Depuis quelques semaines, M. le chanoine THOUVENIN, de grand artisan de la Reconstitution, fait, en compagnie de M. DEVILLE, le distingué architecte départemental; de M. l'abbé FIEL, le dévoué secrétaire de la Coopérative des églises, et le collaborateur infatigable de M. le chanoine Thouvenin, la visite par étapes successives des chantiers où ressuscitent nos églises. J'avais la bonne fortune d'être d'un des derniers pèlerinages, dans la région d'Arracourt-Einville. J'ai été émerveillé ! J'ai vu le travail immense accompli. Sur 11 églises visitées. 3 sont terminées ou à peu près (Einville, Mouacourt, Anthelupt), 6 sont couvertes, pour permettre pendant la mauvaise saison la construction des voutes et les aménagements intérieurs, travail long et minutieux (Bezange, Réchicourt, Bures, Bathelémont, Hénaménil, Serres). Pour les deux autres (Arracourt, Parroy), le gros oeuvre s'élève jusqu'au-dessus des fenêtres. Partout, le clocher monte, en même temps que s'achève le sanctuaire Toutes ces églises, à des échéances diverses, pourront, grâce aux fonds que vous avez souscrits être livrées au culte avant six mois, plusieurs dans quelques semaines
« A noter que, pour les 80 églises en construction, la proportion est sensiblement la même. Le Dimanche 30 septembre, Monseigneur bénissait l'église de Pannes ; dans quelques semaines, il consacrera celle d'Ancerviller. Son coeur paternel se réjouit de la perspective des cérémonies qui vont se succéder dans les prochains mois. Dès les premiers temps de son apostolat au milieu de nous, il avait voulu faire le douloureux chemin de croix de nos villages en ruines, pour apporter ses consolations aux sinistrés. Il est juste que, demain, il assiste aux joies des résurrections.
«Une autre chose m'a frappé: c'est l'union intime et féconde entre les divers éléments qui devaient assurer le succès. Liaison avec le bureau central de la Coopérative ; union étroite, confiante, du Curé et de la Municipalité, sans distinction d'opinion, pour l'oeuvre commune qui, à divers points de vue, intéresse si vivement l'un et l'autre; collaboration des architectes, des entrepreneurs, des ouvriers, qui ont apporté non seulement leur talent, mais leur coeur, et pour lu plupart leur esprit de foi: ils considèrent la construction d'une église, moins comme une affaire que comme un chef-d'oeuvre qui doit durer, rappeler aux générations de demain les temps graves que nous venons de traverser et qui font époque dans l'histoire d'une localité et d'un peuple. Proportions gardées, ils sont les dignes continuateurs de ceux qui, autrefois, bâtirent nos cathédrales et qui travaillaient, non pour la fortune, mais pour la gloire ... pour le pays de pour Dieu. Je proposerais volontiers qu'à l'Evêché, comme à la Préfecture, soit conservé précieusement, pour être exhumé dans les siècles futurs, le noms de tous ces bons artisans de la résurrection de la Lorraine.
« Les dirigeants de la Coopérative des églises me permettront bien une dernière constatation, qui risque de blesser leur modestie, mais qui est un acte de justice : c'est le travail formidable qu'assume et fournit le bureau central. J'assistais, en profane, à ce petit conseil qui, au milieu des matériaux et du va et vient des ouvriers, se tenait dans chacune des églises entre MM. les abbés Thouvenin et Fiel, M. Deville, MM. les Curés et Maires, architectes et entrepreneurs. On y vérifiait les plans, les devis, les sommes engagées, on y étudiait les moyens de remédier à de généreuses imprudences qui, dans le seul désir de faire beau et bien, avaient quelque peu outrepassé les crédits. Et, quand je multipliais ces jongleries de chiffres, par 80, total des églises en reconstruction, j'admirais la somme de travail représentée par cette tenue à jour des dossiers, les démarches, les correspondances, les opérations financières indispensables. En d'autres administrations, c'est tout le personnel d'un ministère qu'on jugerait nécessaire. Ici, deux hommes suffisent à la tâche, mettant les bouchées doubles, pour que rien ne reste en souffrance et que cependant, soient ménagés les frais d'administration, en l'espèce, les deniers de l'Etat.
« Chers lecteurs. regrettez-vous maintenant d'avoir souscrit à l'Emprunt des églises dévastées ? »


13 octobre 1923 - n° 41 - p. 643
Informations
Mardi dernier, 9 octobre, Monseigneur l'Evêque, accompagné de M. le Chanoine Benoit, ancien curé-doyen, a béni, dans l'église de Blâmont restaurée et magnifiquement ornée, en présence de M. Labourel, maire, et du Conseil municipal, de M. le Baron de Turkeim, conseiller général et d'une très nombreuse assistance, quatre magnifiques cloches, dignes de la majestueuse sonnerie qu'elles remplacent; puis, dans une allocution toute paternelle, après avoir félicité M. le Doyen. la Municipalité et les habitants, du relèvement de leur cité, Sa Grandeur a engagé ses auditeurs à écouter dociles la voix de leurs cloches, dont ils ont le droit d'être fiers.
Au retour, Sa Grandeur a tenu à venir prier sur la tombe de M. le Curé de Repaix et la population a été très sensible à cette démarche.


13 octobre 1923 - n° 41 - p. 644
Dimanche, après un Service funèbre solennel, Lironville a commémoré la bataille de Septembre 1914 et Mignéville a procédé à la bénédiction et à l'inauguration de son Monument aux Morts.


20 octobre 1923 - n° 42 - p. 656
Dimanche, M. le Curé-Doyen de Blamont a béni les cloches de l'église d'Halloville. L'ancien Curé de Nonhigny. qui desservit cette annexe, M. l'abbé Séel, aujourd'hui curé de Val-et-Châtillon, avait amené, pour rehausser la cérémonie, l'harmonie de son patronage : Les Gars du Val.


3 novembre 1923 - n° 44 - p. 678
PAGE OFFICIELLE
Le Nonce du Pape dans le Diocèse de Nancy


3 novembre 1923 - n° 44 - p. 685
Coopérative des églises Extrait d'un rapport du Président du Conseil d'administration
La reconstruction des églises du diocèse de Nancy fait de grands progrès et notamment plusieurs d'entre elles, complètement terminées, vont être inaugurées prochainement.
Nous devons ces résultats importants, en particulier au Gouvernement français qui met les fonds à la disposition de la Coopérative du diocèse de Nancy.
Alors que le Gouvernement et le Saint-Siège collaborent à la paix religieuse en notre pays, où vont sans doute se créer des Associations diocésaines, nous pensons qu'il faut marquer ce que fait la France pour la reconstruction des églises.
Il faut, semble-t-il, qu'une voix autorisée dise assez haut pour être entendue chez nous et à l'étranger, que nos églises sont reconstruites. en vertu de la loi française du 17 avril 1919, grâce aux budgets présentés par le Gouvernement français et volés par les Chambres françaises, avec le concours empressé des gros et surtout des petits capitalistes français qui souscrivent aux emprunts émis par la Coopérative des Eglises, sans aucun concours de nos anciens ennemis responsables de la destruction de nos monuments religieux.
Ce geste et cette parole peuvent avoir une grande répercussion dans toute la France, mais particulièrement dans nos provinces reconquises toutes proches de notre département, dans les pays catholiques étrangers où la propagande ennemie a tant travaillé contre la France, en Allemagne où l'on a dit que nous ne voulions pas reconstruire nos maisons et nos églises pour apitoyer le monde sur notre pays.
L'occasion de faire ce geste et de dire cette parole nous est donnée, le 20 novembre prochain, à l'inauguration de l'église d'Ancerviller, la première église reconstruite de fond en comble sur un nouvel emplacement, qui sera solennellement consacrée suivant les règles de la liturgie catholique.
Faire ce geste, dire cette parole, revient à l'Evêque du diocèse, au Président d'honneur et protecteur de la Coopérative des Eglises du diocèse.
Nous avons pensé que ce geste pouvait être fait, et que celle parole pouvait être dite devant le Nonce apostolique, Monseigneur Céretti.
Le représentant du Pape en France consacrant une nouvelle église construite à la place d'une église détruite par les faits de guerre, avec l'argent de la France, - l'Evêque de Nancy disant à l'ambassadeur du Saint-Siège tout le concours apporté par le Gouvernement français et ses représentants dans la reconstruction des églises, - le Nonce rapportant au Chef de l'Eglise catholique que la France, en s'imposant de très lourds sacrifices, relève les temples de Dieu aussi bien que les mairies et les écoles, les usines et les maisons de commerce, les fermes et les habitations particulières, voilà, il nous semble, des gestes et des paroles capables d'impressionner tous les bons Français, tous les Etrangers sincères et de détruire les préjugés et les erreurs engendrés par la propagande de nos anciens ennemis.
Monseigneur l'Evèque a exposé ses idées au Nonce apostolique et lui a demandé de faire au diocèse de Nancy, l'honneur de présider la première consécration d'église relevée des ruines de la guerre.
Monseigneur Céretti, entrant dans les idées de notre Evêque, accepte l'invitation. Nous avons tout lieu de croire que ce sera pour le bien de la France et de l'Eglise.
Le President de la Coopérative des Eglises, Abbé L. THOUVENIN.


10 novembre 1923 - n° 45 - p. 702
Dimanche, un service solennel pour les Victimes de la Guerre a été célébré en l'église de Cirey-sur-Vezouze; puis, le Monument aux Morts a été béni par M. le Doyen, en présence de M. Reibel, ministre des Régions libérées, qui apporta la Croix de Guerre à la vaillante cité.


17 novembre 1923 - n° 46 - p. 708
PARTIE OFFICIELLE
S. Exc. le Nonce dans le Diocèse de Nancy Son Excellence Mgr Cerretti, Nonce Apostolique, arrivera à la gare de Nancy...


17 novembre 1923 - n° 46 - p. 715
Bénédiction de la nouvelle église de Neuviller-les-Badonviller
Nous avons reçu trop tard le présent compte rendu, pour pouvoir le publier dans notre dernier numéro. Nous prions l'obligeant auteur de vouloir bien nous excuser.
Une à une, les églises que la guerre avait détruites surgissent de leurs ruines ; ici, puis là, un clocher relevé tend de nouveau vers le ciel la croix triomphante; et, de là-haut, des cloches neuves, tout imprégnées encore des onctions de leur « baptême », reprennent le cantique sacré que le canon avait fait taire.
Et c'est chaque fois grande joie au village: les drapeaux flottent au vent; les trimas, plantés par des mains vigoureuses, mettent dans les rues une note solennelle; le maire, son conseil municipal, le curé, la population tout entière sont là, pour accueillir l'Evéque ou son représentant, le délégué de la Coopérative de Reconstruction, les curés du voisinage, l'architecte et ceux qui ont réalisé le plan conçu par lui.
Devant l'église reconstruite et qui attend la bénédiction, tous sont debout, se laissant pénétrer par les hauts enseignements donnés par les rites qui s'accomplissent. C'est d'abord à l'extérieur de l'édifice; puis, on entre et, sous les voûtes nouvelles, retentissent les émouvantes litanies qui sollicitent l'intercession de tous les saints; pour la première fois, les chants liturgiques s'élèvent dans l'enceinte devenue sacrée: « Laetatus sum ... Nous entrons dans la Maison de Dieu: quelle joie ! » ...
L'Hôte divin peut venir. Il sort de la pauvre église de bois dont il s'est contenté durant des années; précédé des lumières symboliques, il approche; le voici ! ... A genoux, Chrétien! Laisse couler ces larmes, qui témoignent de ta foi, de ta reconnaissance et de ton amour ! ...
Dans leur nouvelle église, les paroissiens de Neuviller, le mardi 23 octobre, connurent ces douces émotions.
Conçue dans le style ogival par M. Deville, architecte, réalisée par la Société Vercelli, ornée de beaux vitraux par M. Gsell, dotée par M. Cayette, d'un mobilier du plus bel effet, elle fut bénie par M. le Vicaire général Barbier. En l'absence de Mgr l'Evêque empêché, ce fut une grande joie pour les gens de Neuviller de voir un compatriote dont ils sont justement fiers, présider cette touchante cérémonie et donner ainsi une nouvelle preuve de la prédilection avec laquelle, parmi toutes les églises dont il a la sollicitude, il pense à celles de la région où furent ses origines.
Le prédicateur, sans oublier de dire les consolations du jour présent, sans manquer de faire ressortirce que l'église représente d'éternel, voulut surtout, se laissant aller à des souvenirs très chers, évoquer le passé de son village natal et du sanctuaire disparu.
En ces lieux, où la guerre a passé, qui a détruit les choses, et la mort aussi, qui a pris les gens d'autrefois, il rappela l'aspect de l'ancien Neuviller, la douceur de son église, centre de pélerinage à la Vierge Immaculée; il évoqua le souvenir des anciens curés, des prêtres que le village a donnés à la Sainte Eglise, des auxiliaires dévoués qui contribuaient à la splendeur des offices ; il dit la piété des paroissiens de jadis et l'entrain avec lequel, aux Vêpres surtout, quand, avec le degré de la fête, le ton des psaumes s'élevait, ils donnaient aux chants liturgiques les plus ardentes sonorités.
La nouvelle église est bâtie sur les fondations de l'ancienne; elle rappelle parfaitement la beauté de l'édifice disparu : puissent les paroissiens actuels, pierres vivantes de l'édifice spirituel, rester, sous la direction de M. l'abbé Dupré, leur dévoué curé, dignes de la génération qui les a précédés et qui fut croyante et pratiquante ! P. G.


24 novembre 1923 - n° 47 - p. 721
Son Excellence le Nonce apostolique dans le Diocèse de Nancy


1er décembre 1923 - n° 48 - p. 753
PARTIE OFFICIELLE
LETTRE DE S. EXC. LE NONCE


1er décembre 1923 - n° 48 - p. 766
Informations
Le Vendredi, 23 novembre, Monseigneur l'Évêque, accompagné de M. le Vicaire général Barbier; de MM. les chanoines Loewenbruck et Fiel; de M. l'abbé Mongeot, curé de Bréménil, qui dessert actuellement la paroisse et qui s'est dévoué de tout coeur à cette oeuvre de reconstitution; de MM. les Doyens de Badonviller et de Cirey, et de nombreux prêtres, a béni la gracieuse église d'Angomont, de style ogival classique, décorée de verreries historiées par la maison Benoit, et a baptisé les trois nouvelles cloches. La population, municipalité en tête, assistait à la cérémonie et a témoigné à Sa Grandeur, par ses arcs de triomphe, le pavoisement de ses maisons, les adresses qui lui furent lues, l'attention avec laquelle furent écoutés ses paternels avis, la joie et la gratitude que lui causait la démarche de son premier Pasteur, venu de si loin, en cette rude saison.


8 décembre 1923 - n° 49 - p. 777
Echo des fêtes d' Ancerviller


15 décembre 1923 - n° 50 - p. 790
Ordination
Le samedi des Quatre-Temps, 22 décembre, à 9 heures, Monseigneur fera une, ordination à la chapelle du Séminaire de Bosserville. Y prendront part, 8 diacres et 2 prêtres :
MM. DELARUE, de Blâmont, et TASSIN, de Bayon.
Nous recommandons les futurs ordinaires et leur retraite aux prières des lecteurs.


22 décembre 1923 - n° 51 - p. 816
Bénédiction des églises et des cloches de Mignéville et de Manoncourt-sur-Seille
La réconfortante série des bénédictions d'églises se poursuit : samedi prochain, nous aurons à parler des cérémonies d'Herbéviller et de Xousse, qui ont été célébrées, avant-hier, jeudi, alors que nous mettions sous presse. Aujourd'hui, nous avons à relater également deux de ces joyeuses fêtes, que Monseigneur « l'Evêque de la Reconstitution », accompagné de M. le Vicaire général Barbier, eut la pastorale consolation de présider, après avoir parcouru les rues pavoisées, décorées de sapins et de guirlandes, et avoir été reçu par le Maire et la Municipalité.
Le mercredi 12 décembre, c'était l'église de Mignéville, qui, sous l'active impulsion de M. l'abbé Aubert, le dévoué curé de la paroisse, et de M. le maire Liengey, ayant pansé ses graves blessures de guerre, sollicitait la bénédiction du premier Pasteur du diocèse, ainsi que les trois cloches, destinées à remplacer celles qu'emporta l'envahisseur
Et, dimanche, la même cérémonie en partie double amena Sa Grandeur à Manoncourt-sur-Seille. Là, l'église, presque complètement ruinée, a été très heureusement déplacée : sa façade, surmontée d'une haute tour et d'une flèche élancée, domine une vaste place et fait face au chemin qui, de la route de Nomeny, conduit au village. L'intérieur, en plein cintre, d'une élégante simplicité, dessiné par M. l'architecte Mienville, est décoré d'autels en pierre, d'un ambon-chaire, aussi de pierre sculptée, et éclairé par de belles verrières, historiées, dues à la Maison Benoit. Ici encore, l'oeuvre de reconstruction est due à l'étroite entente des deux autorités : M. le maire Dardaine et M. l'abbé Nicolas, curé de Clémery et Manoncourt; à la collaboration de la Coopérative des Eglises et à la générosité des paroissiens.
Les chants de la Messe furent parfaitement exécutés par la petite, mais très exercée Maitrise de Clémery et par la foule, suivant notre excellente coutume lorraine, et le florissant Patronage de Frouard, se souvenant que M. l'abbé Nicolas fut le collègue de son bienaimé curé à la Cathédrale de Toul, prêta le concours de sa bonne chorale, de ses clairons et de ses tambours.
Après la Messe, Monseigneur procéda au « baptême » des cloches ..... Puis, avec les autorités, parmi lesquelles se remarquaient M. Carau, représentant M. le Préfet, et M. Marin, vice-président de la Chambre des Députés, il se rendit au Cimetière militaire, précédé des « Intrépides » de Frouard, et y récita un « De Profundis », auquel l'assistance répondit. Cérémonie très simple, mais combien émouvante ! N'est-ce pas à nos héros que nous devons de ne plus apercevoir toute proche la frontière, de ce plateau de la Seille, et de pouvoir reconstruire nos villages et relever nos églises !
A Manoncourt, comme à Mignéville, Sa Grandeur, dans une pastorale allocution, rappela ce qu'est une église, au regard de la foi, et exhorta les paroissiens à s'y retrouver, nombreux et fervents, chaque dimanche. Il faut que la restauration morale et religieuse de nos villages aille de pair avec leur restauration matérielle. Et la plus riche parure d'une église, si splendide soit-elle, c'est la foule recueillie, priant et chantant.
Qu'il en soit ainsi de plus en plus dans notre Lorraine ! Nous en voyons le gage dans l'empressement que nos chrétiennes populations apportent à ces fêtes de résurrection et dans la fierté qu'elles éprouvent de posséder des églises élégantes, spacieuses et bien ornées.
E. M.


22 décembre 1923 - n° 51 - p. 819
Le jeudi 13, Vaucourt eut la satisfaction d'assister à la bénédiction de ses cloches.


22 décembre 1923 - n° 51 - p. 820
L'article de la Semaine Religieuse sur la Consécration par le Nonce de l'Eglise d'Ancerviller, vient d'être tiré à part, enrichi de nombreuses illustrations.


29 décembre 1923 - n° 52 - p. 827
Le travail de la reconstruction des villes et des villages dévastés s'est poursuivi actif, grâce en partie à la compétence toujours en éveil du Président-Fondateur de l'Union des Coopératives de Reconstitution, M. le Vicaire général Thouvenin, et à l'entente des Municipalités et des Curés. 15 ÉGLISES reconstruites et meublées ont été consacrées ou bénites - ce qui porte à 18 le nombre des édifices sacrés relevés de leurs ruines; il y eut au moins une vingtaine de « baptêmes» de CLOCHES ..... et ces deux cérémonies furent l'occasion de fêtes magnifiques, auxquelles, oubliant les épreuves passées, toute la population, autorités en tête, prit une large et joyeuse part.


29 décembre 1923 - n° 52 - p. 827
Bénédiction de l'église de Herbéviller
Monseigneur l'Evêque, assisté de MM. les chanoines Gérardin, archiprêtre de Lunéville, Barbier, doyen de Blâmont, Fiel, secrétaire de la Coopérative des églises, et des Curés des environs, procédait, Jeudi 20 décembre, à la bénédiction de l'église restaurée de Herbéviller.
Là, il ne restait guère debout que le clocher, d'où les cloches, installées depuis quelque temps, saluèrent de leurs harmonieux accords l'arrivée du premier Pasteur du diocèse. A la tour, le talent de M. l'architecte Criqui a joint un gracieux vaisseau ogival de cinq travées, terminé par un choeur circulaire à cinq fenêtres, décoré de verrières artistiques par M. Jacques Grüber, et orné d'un beau mobilier.
A la Mairie, M. le Maire, entouré de son Conseil municipal, et, à l'église, M. l'abbé Renault, curé de Domèvre-sur-Vezouze et administrateur de la paroisse, témoignèrent la joie que causait aux habitants d'Herbéviller la démarche de leur Évêque et la reconnaissance qu'ils éprouvent envers la Coopérative de Reconstruction des églises dévastées.
Au banquet qui fut servi à la Mairie, après l'office, M. le chanoine Fiel, dans un toast très délicat, rendit hommage, au nom de la Coopérative, à MM. les Curés, « les pionniers de la reconstitution », en particulier à M. l'abbé Renault qui, le 17 janvier 1921, à l'assemblée générale des Catholiques du Diocèse, prononça un si émouvant plaidoyer, en faveur des églises victimes de la guerre et qui fut « l'initiateur », qui reste « l'actif et prudent animateur » du relèvement de toute la région.
Monseigneur qui, dans l'allocution qu'il prononça durant la Messe, avait félicité M. l'abbé Renault de son oeuvre et du concours qu'il rencontra dans la Municipalité, chez l'architecte, l'entrepreneur, les artistes et tous ses paroissiens, s'associa à cet éloge mérité et se déclara, une fois de plus fier de se trouver à la tête d'un Clergé tel que celui du diocèse de Nancy.
La série des bénédictions d'églises est interrompue, pour quelques semaines ; mais les travaux continuent, et elle reprendra, non moins fournie, dès les premiers jours du printemps.
 

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