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Antoine Joseph LOTTINGER
(1725 - 1794 ?)


Antoine Joseph Lottinger, né à Blâmont en 1725 (- Sarrebourg 1794 ?), exerce son métier de docteur en médecine à Blâmont, puis à Lorquin et à Sarrebourg.

Il est correspondant de plusieurs sociétés savantes, dont par exemple :
- en 1774, La « Table alphabétique raisonnée des trente premiers volumes du Journal de médecine » nous indique parmi les médecins ayant fournis des observations « LOTTINGER, docteur en médecine à Sarrebourg. Cevadille, Cigüe, Hernie, Sebadilla »
- en 1776 un Mémoire « Sur les Charansons », couronné par la société royale d'agriculture de limoges.

Mais Antoine Joseph Lottinger est surtout passionné d'ornithologie.
On doit à Lottinger plusieurs communications (voir par exemple l'annonce de son « Mémoire sur le coucou » ci-dessous), mais surtout, on le retrouve très souvent cité dans la monumentale Histoire naturelle de Buffon publiée en 36 volumes de 1746 à 1788, dans les tomes XVI à XXIV concernant l'histoire naturelle des oiseaux. Nous avons extrait ci-dessous des passages de l'oeuvre de Buffon, avec qui Lottinger entretenait une correspondance, où il est nommément cité comme source, nous laissant ainsi de précieuses informations sur les oiseaux en Lorraine dans la seconde moitié du XVIIIème siècle.

L'esprit des Journaux
PAR UNE SOCIÉTÉ DE GENS DE LETTRES;
DÉDIÉ A Son A. R. Mgr. le Duc CHARLES
de Lorraine & de Bar, &c. &c. &c.
Mars 1776 - Tome III

MÉMOIRE sur le Coucou : ouvrage uniquement fondé sur des faits, qui, étant pour la, plupart aussi extraordinaires que peu connus, rendent très-intéressante l'histoire de cet oiseau singulier ; par M. A. J. LOTTINGER, Docteur en Médecine, in-8vo. A Nancy, chez Leclerc, & chez Gervois. 1775.

Le Coucou d'Europe est un oiseau très connu par son chant ; mais les phénomènes singuliers qu'il présente, ont donné lieu à des conjectures plus ou moins ridicules. Il est même peu de volatiles sur lesquels les sentimens des Naturalistes aient été plus partagés que sur celui-ci : les uns croient qu'il nous quitte après la saison des nichées, tandis que d'autres assurent le contraire. Parmi ces derniers, quelques-uns donnant carrière à leur imagination, ont prétendu-qu'il s'approvisionne pour l'hiver d'une nourriture dont il ne fait aucun usage. Si l'on s'en rapporte à certains ornithologistes, le coucou, en vieillissant, se métamorphose en faucon : enfin, plusieurs en ont publié des choses plus étranges encore.
« Etant écolier, & à l'âge de 16 ans, dit M. Klein, je trouvai dans notre jardin un nid de fauvette avec un seul oeuf, qui paroissoit trop gros, & supposé. Ayant raconté ce phénomène à mon pere, il me défendit de l'ôter, parce que c'étoit, peut-être, un oeuf de coucou ; ce qui se trouva vrai : car l'oeuf étant resté seul, il en sortit un coucou. Enfin, quand l'oiseau fut en plume, je le mis dans une cage que je laissai au même endroit du jardin : peu de jours après, je trouvai la fauvette embarrassée entre les barreaux de la cage, & le coucou tenant dans son gosier la tête & le cou de cette fauvette, que ses ailes arrêtées par dehors l'avoient empêché d'avaler. Dans cet état, je transportai la cage avec les oiseaux au College expérimental de physique du célebre M. Gottsched, qui fit entendre que la fauvette ayant coutume de nourrir ses petits avec une ou deux chenilles vertes, le coucou, plus gourmand que fils ingrat, tuoit & dévoroit sa mere, & peut-être aussi son pere. »
Quelques naturalistes ont tiré de cet exposé des conséquences peu justes & trop générales contre le coucou ; « ce qui n'auroit„ pas eu lieu, dit M. Lottinger, s'ils eussent réfléchi que la fauvette dont il est question, pouvoit s'être étouffée pour avoir forcément engagé sa tête entre les barreaux de la cage. En effet, dans ce cas, rien de plus naturel que le procédé du jeune coucou ne se doutant aucunement du sort funeste de sa mere nourrice, il s'étoit, sans doute, présenté plusieurs fois à elle pour en recevoir sa nourriture, mais très-inutilement, comme on le pense : pressé enfin par la faim, il avoit saisi la tête de l'oiseau, & il faisoit effort pour satisfaire à ses besoins, lorsque M. Klein arriva. Ceux qui savent combien le bec du jeune coucou est foible, combien les muscles qui fervent à la déglutition font peu de résistance, quand on leur présente le doigt ou quelque autre chose, combien la fauvette est prudente & même méfiante, ne croiront jamais que cet oiseau, jouissant de toutes ses forces, puisse périr par une cause telle que celle qu'a imaginée M. Gottsched ».
Quoiqu'il en soit, voilà le coucou réhabilité, dit ingénieusement l'Auteur du Journal de Politique & de Littérature, & un innocent de plus sur ce globe fortuné.
M. Lottinger réfute ensuite l'opinion, de ceux qui prétendent que les jeunes coucous devenus un peu plus grands, font périr les petits de leurs peres & de leurs meres nourriciers, & que les vieux sont, pour-ainsi-dire, des modeles d'incontinence, de débauche, d'indifférence, & même de dureté. Si l'on considere, remarque-t-il, la petitesse des nids sur lesquels le choix des coucous tombe ordinairement, & la grosseur de leurs jeunes petits, lors même qu'ils n'ont que très-peu de jours, on fera obligé de convenir qu'il n'est pas vraisemblable que d'autres qu'eux puissent habiter à la fois cette demeure. D'ailleurs, en supposant, contre toute vérité, que le coucou ne touche pas aux oeufs qui le trouvent dans le nid dont il s'est emparé, auroit-on lieu d'avancer que les petits qu'ils renferment, éclosent avec le jeune coucou ? Il faudroit pour cela qu'ils eussent du moins été couvés en même-tems que celui qui contenoit cet oiseau ; mais je n'ai jamais oui dire que ce cas se soit présenté. Enfin, j'ai des preuves multipliées, que le coucou jette les oeufs qu'il trouve dans le nid où il veut déposer les siens : il est donc évident que ces oeufs ne peuvent rien produire, & que la cruauté dont on accuse les jeunes coucous, n'est qu'un être de raison.
Quant aux dénominations ou aux comparaisons qui tendent à rendre suspecte la fidélité des femelles de ces oiseaux, M. Lottinger observe que si, dans le cas qui, sans doute, a donné lieu à l'opinion vulgaire sur cet objet, elles s'écartent de la voie générale, c'est par une détermination nécessaire, & pour se conformer au voeu de la nature. Enfin, rien n'est moins vrai, suivant notre Auteur, que l'indifférence & la dureté qu'on impute aux coucous envers leurs petits : ils confient, à la vérité, leurs oeufs, & les volatiles qui en proviennent, à des oiseaux étrangers ; mais c'est sans preuves qu'on s'est imaginé que dès-lors ils les abandonnoient.
Le coucou arrive dans nos contrées en Avril & en Mai, & il s'y fait entendre jusqu'au mois de Juillet. On ignore quel est précisément le tems de son départ : il y a cependant apparence qu'il se retire un peu plutôt que la plupart des autres oiseaux de passage : il rode çà & là dans les environs de l'endroit qu'il a choisi pour y passer l'été : à-peine reste-t-il, ce semble, quelques momens dans la même place ; ce qui n'empêche pas qu'il ne découvre avec une étonnante facilité les nids les mieux cachés.
Haï ou craint par les petits oiseaux, qui, font peut-être induits en erreur par sa ressemblance avec l'émérillon, il en est poursuivi comme un oiseau de proie. Son oeuf est blanc, parsemé de petits points semblables à ceux qu'on remarque sur les oeufs de l'écorcheur.
On l'accuse de manger les oeufs qu'il trouve dans les nids des autres oiseaux ; mais cela n'arrive que rarement, selon notre Auteur. M. Salerne dit aussi, sur le témoignage des habitans de la Sologne, que les coucous ne s'apparient pas non plus que les cailles : cette assertion paroît à M. Lottinger aussi peu sure à l'égard des uns qu'à l'égard des autres. « De ce qu'on a vu, dit-il, plusieurs cailles ou plusieurs coucous mâles rechercher une femelle, conclure que ces especes ne s'apparient pas, c'est, ce me semble, assez mal raisonner, & il seroit, sans doute, plus naturel d'en tirer cette conséquence, que les mâles en question n'étoient pas appariés. »
Le coucou ne fait point de nid, & il dépose son oeuf dans celui de quelque petit oiseau, tel que la fauvette, le chantre, &, par préférence, dans celui du rouge-gorge. L'oiseau dont le nid a été adopté, reçoit l'oeuf du coucou à la place des siens ; après l'avoir couvé, il éleve le petit qui en provient, avec tout le soin possible. Le coucou est conformé d'une maniere extraordinaire : M. Hérissant, à qui l'on doit cette découverte, remarque que son estomac, quant à sa situation, differe totalement de celui des autres oiseaux ; que dans ces derniers, il est presque joint au dos, & recouvert par les intestins, & que dans le coucou c'est tout le contraire : d'où il résulte qu'il lui est aussi difficile de couver ses oeufs, qu'il est facile aux autres de le faire.
M. Lottinger a joint à ces différentes notices plusieurs observations qui les confirment en partie, & dont nous rapporterons quelques-unes des plus importantes.
Le 17 Mai 1772, entre midi & une heure, je tirai, dit-il, d'un nid de merle un oeuf, que je plaçai tout chaud encore, dans celui d'une fauvette qui en étoit absente, mais depuis peu ; car ses oeufs avoient encore une chaleur très-sensible : j'enlevai tous ceux-ci; & pour mieux imiter le coucou, je ne laissai dans le nid que l'oeuf du merle : après quelques minutes, je m'en approchai le plus doucement possible, & j'y vis la fauvette qui l'occupoit, & qui couvoit à son ordinaire : je le quittai aussitôt ; mais, le lendemain, étant revenu voir le nid, je le trouvai abandonné, & je reconnus que la fauvette se disposoit à en faire un autre.
Sur la fin de Juin, j'ôtai d'un nid de bréant de haye quatre oeufs que l'oiseau couvoit déja depuis long-tems, & j'en mis un de merle à leur place. Deux heures après, le bréant couvoit cet oeuf, qui n'avoit souffert aucun dérangement : le lendemain matin, je trouvai les choses dans le même état ; mais, sur le soir, le nid fut abandonné.
Sachant que les chardonnerets, les linottes, les verdiers & les pinçons couvent assez facilement les oeufs qu'on substituoit aux leurs, & curieux de voir ce qui arriveroit en imitant à l'égard de ces oiseaux la conduite du coucou envers ceux dans les nids desquels il doit pondre, je cherchai à en découvrir de quelqu'une des especes dont je parle, & j'en trouvai bientôt un de verdier, vulgairement appellé Reclant. Après lui avoir laissé couver ses oeufs pendant six jours, je les lui ôtai, & je les remplaçai sur le soir, par un de merle : le lendemain matin le nid étoit abandonné ; je revins le voir plusieurs fois; mais je le trouvai toujours tel.
En 1773, le 9 du mois de Mai, je tirai d'un nid de rouge-gorge six oeufs, à la place desquels j'en mis un d'écorcheur, comme ressemblant le plus à celui du coucou; dès le lendemain, il étoit déserté.
Le 15 Juin, au matin, je me rendis dans les grands taillis de la forêt de Hesse, pour y voir un jeune coucou que l'on m'avoit dit s'y trouver dans un nid de rouge-gorge. Arrivé sur les lieux, mon premier soin, après avoir jetté un coup-d'oeil sur le petit oiseau, fut de me poster avantageusement pour observer ses pere & mere nourriciers ; mais ceux-ci tarderent quelque tems à se montrer : cependant, comme leur nourrisson, pressé, sans doute, par la faim, faisoit des cris fréquens, ils furent obligés de paroître : je reconnus alors qu'on s'étoit trompé, & que ces oiseaux bienfaisans étoient des chantres & non des rouge-gorges ; ce qui augmenta mon étonnement & mon admiration. Plus familiarisés avec moi, ils se montrerent fort souvent, & plus d'une fois je les vis apporter pour nourriture au coucou des insectes plus ou moins gros : il me vint alors en idée de m'assurer si les vrais pere & mere, en livrant leurs oeufs & les petits qui en devoient provenir, à des oiseaux étrangers, les abandonnoient pour toujours : en conséquence, je me cachai sous des feuillages, de maniere à n'être pas apperçu; j'y restai en silence, & je ne tardai pas à voir paroître un coucou qui rodoit en chantant, aux environs du jeune oiseau: je mis ce dernier, afin de mieux remplir mon objet, dans une clairiere, à peu de distance du nid, après l'avoir excité à faire quelques cris qui pussent attirer ses pere & mere ; mais ce fut envain, ils n'approcherent pas davantage : cependant j'observai que le vieux coucou redoubloit son chant en raison des cris du jeune, & que tous deux sembloient se prêter la plus grande attention. Ensuite j'enlevai le nid, & je gardai le petit coucou jusqu'à sa mort, qui fut occasionnée par un accident : alors je l'envoyai à M. Daubenton, qui a dû le placer dans le Cabinet du Roi.
Louis Bonne, bucheron du village de Hesse, étant à faire des fagots dans un bois appartenant à l'abbaye de Hauteseille, vit une femelle de rouge-gorge qui lui parut inquiéte : il se douta qu'elle avoit son nid dans les environs ; il l'épia, & bientôt après, il remarqua qu'elle se couloit avec précaution le long d'un rôle d'une demi-corde de bois, dans lequel elle entra. Le bucheron courut aussitôt à cet endroit ; mais quelle fut sa surprise, quand au lieu de jeunes rouge-gorges, il vit un oiseau qui, ouvrant un large bec, sembloit le menacer ! Après avoir hésîté quelques momens, il le prit, & le porta au village, où il le nourrit pendant deux jours: ensuite il en fit présent à la niéce de son curé. Comme depuis long-tems, je desirois fort d'être le témoin d'un fait assez extraordinaire pour que de savans Naturalistes (entr'autres, M. Willugbi) en aient douté, je me rendis à la forêt en question, où j'espérois de trouver une occasion favorable à mes desirs. Louis Bonne, qui m'accompagnoit, me montra la plus grande partie du nid de coucou : il étoit placé, contre l'usage, à trois pieds de terre, dans une ouverture que formoient quelques buches, & qui étoit assez grande pour y passer l'avant-bras. Le bucheron me dit qu'il avoit trouvé les oeufs de rouge-gorge, au nombre de quatre, encore entiers ; & placés dans l'ouverture, mais hors du nid, & le long d'une buche. Cette circonstance, qui devenoit des plus intéressantes, fixa toute mon attention ; & sur ce qu'il m'assura qu'il n'avoit pas pris ces oeufs, mais qu'en tirant le jeune coucou du nid, il les avoit vraisemblablement fait tomber dans les feuillages, je le priai de se joindre à moi pour les chercher : il y consentit, & nous en trouvâmes deux, dont l'un étoit parfaitement conservé.
De ces observations & de quelques autres qu'il faut lire dans l'ouvrage même, il résulte,
1° que tout oiseau qui a des oeufs, quitte son nid, si on les lui ôte pour mettre à leur placé un seul oeuf provenant d'une autre espece de volatiles ; 2°. que, par une exception fort extraordinaire, il en arrive tout autrement, lorsque le coucou est le ravisseur; 3°. que ce dernier ne couve pas, qu'il ne fait point de nid, & qu'il pond dans celui de quelque petit oiseau, dont il a auparavant jetté les oeufs ; 4°. que ce petit oiseau, ainsi maltraité, retourne à son nid, où il couve l'oeuf, que le coucou a substitué aux siens ; quoiqu'unique, & très-different ; 5°. que ce n'est nullement par indifférence ou par paresse, que le coucou ne fait point de nid, & qu'il ne couve pas, mais qu'à raison de sa conformation, il est nécessaire que d'autres que lui travaillent & cooperent à la multiplication de son espece ; conséquemment, que les singularités qu'il présente à cet égard, ne font point un caprice ni un désordre de la nature, mais l'effet d'une volonté suprême, qui, en variant ses ouvrages à l'infini, les porte à leur perfection, & sçait les faire subsister par des moyens tout aussi variés.
L'Auteur du Mémoire est très-connu dans la république des lettres par différentes obfervations qu'il a communiquées à M. le Comte de Buffon sur les oiseaux, & dont ce Savant a fait mention, de même que par celles qu'il a communiquées à M. Buchoz sur l'Ornithologie de la Lorraine. (.Voyez.l'Aldrovandus lotharingiae)

(Journal Encyclopédique, Journal de Politique & de Littérature, Mercure de France.)


HISTOIRE NATURELLE, GÉNÉRALE ET PARTICULIÈRE
Georges-Louis Leclerc, Comte de Buffon (1707-1788)

Tome Corpus Notes
XVII La Poule
M. Lottinger, Médecin à Sarrebourg, qui a fait de nombreuses et très-bonnes observations sur les oiseaux, m'a assuré que nos poules, lorsqu'elles sont en pleine liberté, font des nids, et qu'elles y mettent autant de soin que les perdrix. »
 
XVIII La casse-noix
Un habile Ornithologiste de la ville de Sarbourg* m'apprend qu'en cette même année 1754, il passa en Lorraine des volées de Casse-noix si nombreuses, que les bois et les campagnes en étoient remplis ; leur séjour dura tout le mois d'octobre, et la faim les avoit tellement affoiblis qu'ils se laissoient approcher et tuer à coups de bâton. Le même Observateur ajoute que ces Oiseaux ont reparu en 1763, mais en beaucoup plus petit nombre ; que leur passage se fait toujours en automne, et qu'ils mettent ordinairement entre chaque passage, un intervalle de six à neuf années : ce qui doit se restreindre à la Lorraine, car en France, et particulièrement en Bourgogne, les passages des Casse-noix sont beaucoup plus éloignés.
* M. le Docteur Lottinger qui connoît très-bien les Oiseaux de la Lorraine, et à qui je dois plusieurs faits concernant leurs moeurs, leurs habitudes et leurs passages : je me ferai un devoir de le citer pour toutes les observations qui lui seront propres ; et ce que je dis ici pourra suppléer aux citations omises.
  Le Rollier d'Europe
Les noms de geai de Strasbourg, de pie de mer ou des bouleaux, de perroquet d'Allemagne, sous lesquels cet oiseau est connu en différens pays, lui ont été appliqués sans beaucoup d'examen, et par une analogie purement populaire, c'est-à-dire, très-superficielle [...].On en voit aussi, quoique rarement, aux environs de Strasbourg, comme nous avons dit plus haut, de même qu'en Lorraine, et dans le coeur de la France* ; mais ce sont apparemment des jeunes qui quittent le gros de la troupe et s'égarent en chemin
* Ornithologie de Brisson, tome II, page 68. M. Lottinger m'apprend qu'en Lorraine ces oiseaux passent encore plus rarement que les casse-noix, et en moindre quantité ; il ajoute qu'on ne les voit jamais qu'en automne, non plus que les casse-noix, et qu'en 1771 il en fut blessé un aux environs de Sarrebourg, lequel, tout blessé qu'il étoit, vécut encore treize à quatorze jours sans manger.
  La grive
[...] M. le Docteur Lottinger m'assure qu'elles arrivent aux mois de mars et d'avril dans les montagnes de la Lorraine, et qu'elles s'en retournent aux mois de septembre et d'octobre ; d'où il s'ensuivroit que c'est dans ces montagnes, ou plutôt dans les bois dont elles sont couvertes, qu'elles passent l'été, et que c'est de-là qu'elles nous viennent en automne ; mais ce que dit M. Lottinger doit-il s'appliquer à toute l'espèce, ou seulement à un certain nombre de familles qui s'arrêtent en passant dans les forêts de la Lorraine, comme elles font dans les nôtres ? c'est ce qui ne peut être décidé que par de nouvelles observations.
[...] M. le Docteur Lottinger dit aussi que quoiqu'elles ne voyagent pas en troupes, on en trouve plusieurs ensemble ou peu éloignées les unes des autres.
 
  En Bourgogne les draines arrivent en troupes aux mois d'octobre et de novembre, venant selon toute apparence des montagnes de Lorraine* [...]
* M. le Docteur Lottinger, de Sarbourg, m'assure que celles de ces grives qui s'éloignent des montagnes de Lorraine aux approches de l'hiver, partent en septembre et en octobre, qu'elles reviennent aux mois de mars et d'avril, qu'elles nichent dans les forêts dont ces montagnes sont couvertes, etc. tout cela s'accorde fort bien avec ce que nous avons dit d'après nos connoissances particulières ; mais je ne dois pas dissimuler la contrariété qui se trouve entre une autre observation que le même M. Lottinger m'a communiquée et celle d'un Ornithologiste très-habile : celui-ci (M. Hébert) prétend qu'en Brie les grives ne se réunissent dans aucun temps de l'année, et M. Lottinger assure qu'en Lorraine elles volent toujours par troupes, soit au printemps, soit en automne, et en effet nous les voyons arriver par bandes aux environs de Montbard, comme je l'ai remarqué ; leurs allures seroient-elles différentes en des pays ou en des temps différens ? cela n'est pas sans exemple ; et je crois devoir ajouter ici, d'après une observation plus détaillée, que le passage du mois de novembre étant fini, celles qui restent l'hiver dans nos cantons, vivent séparément et continuent de vivre ainsi jusqu'après la couvée ; en sorte que les assertions des deux Observateurs se trouvent vraies, pourvu qu'on leur ôte leur trop grande généralité et qu'on les restreigne à un certain temps et à de certains lieux. 
  Le Mauvis
[...] on le trouve quelquefois seul dans les bois et il se jette aux vignes, comme la grive avec laquelle M. Lottinger a observé qu'il voyage souvent de compagnie, sur tout au printemps. 
 
  Le Merle
[...]M. Lottinger croit que les mâles passent l'hiver en Lorraine, mais que les femelles s'en éloignent un peu dans
les temps les plus rudes.
[...] Parmi les merles tachetés de blanc, cette dernière couleur se combine diversement avec le noir ; [...] M. Lottinger qui a eu occasion d'étudier ces oiseaux dans les montagnes de la Lorraine où ils font quelquefois leur ponte, m'assure qu'ils y nichent de très-bonne heure, qu'ils construisent et posent leur nid à peu-près comme la grive, que l'éducation de leurs petits se trouve achevée dès la fin de juin, qu'ils font un voyage tous les ans, mais que leur départ n'est rien moins qu'à jour nommé ; il commence sur la fin de juillet et dure tout le mois d'août ; pendant lequel temps on ne voit pas un seul de ces oiseaux dans la plaine, quel qu'en soit le nombre, ce qui prouve bien qu'ils suivent la montagne. On ignore le lieu où ils se retirent, M. Lottinger ajoute que cet oiseau qui étoit autrefois fort commun dans les Vosges, y est devenu assez rare.
II. LE GRAND MERLE DE MONTAGNE. Il est tacheté de blanc, mais n'a point de plastron, et il est plus gros que la draine. Il passe en Lorraine tout à la fin de l'automne, et il est alors singulièrement chargé de graisse. Les Oiseleurs n'en prennent que très-rarement ; il fait la guerre aux limaçons, et sait casser adroitement leur coquille sur un rocher, pour se nourrir de leur chair ; à défaut de limaçons il se rabat sur la graine de lierre : cet oiseau est un fort bon gibier, mais il dégénère des merles quant à la voix qu'il a fort aigre et fort triste *
[...] M. Lottinger me parle d'un merle plombé qui passe dans les montagnes de Lorraine aux mois de septembre et d'octobre, qui est alors beaucoup plus gras et de meilleur goût que nos merles ordinaires, mais qui ne ressemble ni au mâle ni à la femelle de cette dernière espèce. Comme la notice que j'ai reçue de cet oiseau n'étoit point accompagnée de description, je ne puis décider s'il doit être rapporté comme variété à l'espèce du merle bleu dont il semble se rapprocher par le plumage et par les moeurs. 
 * Je tiens ces faits de M. le Docteur Lottinger.
  La Soulcie
[...]Ils ne sont que de passage en Allemagne*, ils ne s'y réunissent pas en troupes et y arrivent un à un.
* Cet oiseau n'étoit point ou presque point connu ci-devant en Lorraine ; mais depuis quelques années il y est devenu tres-commun. Note communiquée par M. Lottinger.
XIX Le Serin des Canaries
[...] C'est le même oiseau qu'on connoît en Bourgogne sous le nom de serin, il fait son nid sur les osiers plantés le long des rivières, et ce nid est composé de crin et de poil à l'intérieur, et de mousse au dehors. Cet oiseau, qui est assez commun aux environs de Marseille et dans nos provinces méridionales jusqu'en Bourgogne, est rare dans nos provinces septentrionales. M. Lottinger dit qu'il n'est que de passage en Lorraine.
 
  La linotte aux pieds noirs.
Elle a le bec verdâtre et la queue très-fourchue, du reste c'est la même taille, mêmes proportions, mêmes couleurs que dans notre Linotte ordinaire. Cet oiseau se trouve en Lorraine, et nous en devons la connoissance à M. le Docteur Lottinger, de Sarbourg.
 
  Le pinson
M. Lottinger a fait aussi quelques observations sur cette matière : « Dans la colère, dit-il, le cri du pinson est simple et aigu ; dans la crainte il est plaintif, bref et souvent répété ; dans la joie, il est vif, assez suivi, et il finit par une espèce de refrain ».
[...] Le pinson est un oiseau de pipée ; il vient en faisant un cri, auquel les autres pinsons ne manquent pas de répondre, et aussitôt ils se mettent tous en marche. (Note de M. le Docteur Lottinger).
[...] cela convient beaucoup mieux aux pinsons d'Ardenne qu'aux pinsons ordinaires, puisqu'une grande partie de ceux-ci ne voyagent point, et que ceux-là non-seulement sont voyageurs ; mais qu'ils ont coutume d'arriver au fort de l'hiver *
* M. Lottinger me mande que dès la fin d'août il en paroît quelques-uns en Lorraine ; mais que l'on n'en voit de grosses troupes que sur la fin d'octobre, et même plus tard.
  Les pinsons d'Ardenne ne nichent point dans nos pays ; ils y passent d'années à autres en très-grandes troupes : le temps de leur passage est l'automne et l'hiver ; souvent ils s'en retournent au bout de huit ou dix jours ; quelquefois ils restent jusqu'au printemps : pendant leur séjour ils vont avec les pinsons ordinaires, et se retirent comme eux dans les feuillages. Il en parut des volées très-nombreuses en Bourgogne, dans l'hiver de 1774, et des volées encore plus nombreuses dans le pays de Wirtemberg, sur la fin de décembre 1775 ; ceux-ci alloient se gîter tous les soirs dans un vallon sur les bords du Rhin(1), et dès l'aube du jour ils prenoient leur vol : la terre étoit toute couverte de leur fiente. La même chose avoit été observée dans les années 1735 et 1757; on ne vit peut-être jamais un aussi grand nombre de ces oiseaux en Lorraine, que dans l'hiver de 1765 ; chaque nult on en tuoit plus de six cents douzaines, dit M. Lottinger, dans des forêts de sapins qui sont à quatre ou cinq lieues de Sarbourg ; on ne prenoit pas la peine de les tirer, on les assommoit à coup de gaules ; et quoique ce massacre eût duré tout l'hiver, on ne s'apercevoit presque pas à la fin que la troupe eût été entamée. M. Willughby nous apprend qu'on en voit beaucoup aux environs de Venise, sans doute au temps du passage ; mais nulle part ils ne reviennent aussi régulièrement que dans les forêts de Weissembourg où abonde le hêtre, et par conséquent la faine dont ils sont très-friands : ils en mangent le jour et la nuit ; ils vivent aussi de toutes sortes de petites graines. Je me persuade que ces oiseaux restent dans leur pays natal tant qu'ils y trouvent la nourriture qui leur convient, et que c'est la disette qui les oblige à voyager ; du moins il est certain que l'abondance des graines qu'ils aiment de préférence, ne suffit pas toujours pour les attirer dans un pays, même dans un pays qu'ils connoissent ; car en 1774, quoiqu'il y eût abondance de faine en Lorraine, ces pinsons n'y parurent pas et prirent une autre route : l'année suivante au contraire, on en vit quelques troupes quoique la faine eût manqué (2).  (1) M. Lottinger dit, peut-être un peu trop généralement, que le jour ils se répandent dans les forêts de la plaine, et que la nuit ils se retirent sur la montagne : cette marche n'est point apparemment invariable, et l'on peut croire qu'elle dépend du local et des circonstances.
[...]
(2) Je tiens ces faits de M. Lottinger.
  Le Sizerin (1)
[...] J'ai dit qu'il tenoit plus du tarin que de la linotte, c'étoit l'avis de Gesner, et c'est celui de M. le docteur Lottinger, qui connoît bien ces petits oiseaux.
[...] on sait que les tarins aiment beaucoup la graine de cet arbre, ce qui est un nouveau trait de conformité entre ces deux espèces : d'ailleurs les sizerins ne mangent point de navette comme la linotte, mais bien du chenevis, de la graine d'ortie grieche, de chardons, de lin, de pavots, les boutons des jeunes branches de chêne, etc. ils se mêlent volontiers aux autres oiseaux ; l'hiver est la saison où ils sont le plus familiers ; on les approche alors de très-près sans les effaroucher (2)
(1) Le sizin ou petit chêne de M. le docteur Lottinger.
(2) Ces observations sont de M. Lottinger
  L'Ortolan
[...]Quelques personnes regardent ces oiseaux comme étant originaires d'Italie, d'où ils se sont répandus en Allemagne et ailleurs ; cela n'est pas sans vraisemblance, quoiqu'ils nichent aujourd'hui en Allemagne où on les prend pêle-mêle avec les bruans et les pinsons ; mais l'Italie est un pays plus anciennement cultivé ; d'ailleurs il n'est pas rare de voir ces oiseaux, lorsqu'ils trouvent sur leur route un pays qui leur convient, s'y fixer et l'adopter pour leur patrie, c'est-à-dire, pour s'y perpétuer. Il n'y a pas beaucoup d'années qu'ils se sont ainsi naturalisés dans un petit canton de la Lorraine, situé entre Dieuse et Mulée ; qu'ils y font leur ponte ; qu'ils y élèvent leurs petits ; qu'ils y séjournent, en un mot, jusqu'à l'arrière-saison, temps où ils partent pour revenir au printemps*.
* J'ai pour garant de ce fait M. le docteur Lottinger.
  L'Ortolan de Lorraine.
M. Lottinger nous a envoyé cet oiseau de Lorraine, où il est assez commun ; il a la gorge, le devant du cou, la poitrine d'un cendré-clair moucheté de noir ; le reste du dessous du corps d'un roux-foncé ; le dessus de la tête et du corps roux moucheté de noir ; l'espace autour des yeux d'une couleur plus claire ; un trait noir sur les yeux ; les petites couvertures des ailes d'un cendré-clair sans mouchetures ; les autres mi-parties de roux et de noir ; les premières pennes des ailes noires, bordées de cendré-clair ; les suivantes de roux ; les deux pennes du milieu de la queue rousses, bordées de gris, les autres mi-parties de noir et de blanc, mais les plus extérieures ont toujours plus de blanc ; le bec d'un brun-roux, et les pieds moins rembrunis.
Longueur totale, six pouces et demi ; bec, cinq lignes et demie ; queue, deux pouces quatre lignes, dépasse les ailes de quinze lignes.
La femelle (même planche, fig. 2) a une espèce de collier mêlé de roux et de blanc, dont on voit la naissance dans la figure ; tout le reste du dessous du corps est d'un blanc-roussâtre ; le dessus de la tête est varié de noir, de roux et de blanc, mais le noir disparoît derrière la tête, et le roux va s'affoiblissant, en sorte qu'il résulte de tout cela un gris-roussâtre presque uniforme ; cette femelle a des espèces de sourcils blancs ; les joues d'un roux-foncé ; le bec d'un jaune-orangé à la base, noir à la pointe ; les bords du bec inférieur rentrans et reçus dans le supérieur ; la langue fourchue et les pieds noirs.
On m'a apporté, le 10 janvier, un de ces oiseaux qui venoit d'être tué sur une pierre au milieu du grand chemin ; il pesoit une once ; il avoit dix pouces d'intestins ; deux très-petits caecum ; un gésier très-gros, long d'environ un pouce, large de sept lignes et demie, rempli de débris de matières végétales et de beaucoup de petits graviers ; la membrane cartilagineuse dont il étoit doublé, avoit plus d'adhérence qu'elle n'en a communément dans les oiseaux.
Longueur totale, cinq pouces dix lignes ; bec, cinq lignes et demie ; vol, douze pouces ; queue, deux pouces et demi, un peu fourchue, dépassant les ailes d'environ un pouce ; ongle postérieur, quatre lignes et demie et plus long que le doigt.
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  Le Bouvreuil
M. Lottinger assure que le bouvreuil de montagne est plus grand que celui de la plaine ; et cela explique assez naturellement l'origine de ces variétés de grandeur, qui dépendent en effet, du moins à plusieurs égards, de la différence de l'habitation, mais dont les limites ne sont point assez connues, et les caractères, c'est-à-dire, les mesures relatives aux circonstances locales, ne sont point assez déterminées pour que l'on puisse traiter de chacune dans un article séparé
 
  Le Gobe-mouche
[...] Ces oiseaux prennent le plus souvent leur nourriture en volant, et ne se posent que rarement et par instans à terre, sur laquelle ils ne courent pas. Le mâle ne diffère de la femelle qu'en ce qu'il a le front plus varié de brun, et le ventre moins blanc. Ils arrivent en France au printemps, mais les froids qui surviennent quelquefois vers le milieu de cette saison leur sont funestes. M. Lottinger remarque qu'ils périrent presque tous dans les neiges qui tombèrent en Lorraine, en avril 1767 et 1772, et qu'on les prenoit à la main. Tout degré de froid qui abat les insectes volans dont et oiseau fait son unique nourriture, devient mortel pour lui ; aussi abandonne-t-il nos contrées avant les premiers froids de l'automne, et on n'en voit plus dès la fin de septembre.
 
  Le Gobe-mouche noir à collier ou Gobe-mouche de Lorraine.
[...] Suivant les différentes saisons, l'oiseau mâle paroît porter quatre habits différens ; l'un qui est celui d'automne ou d'hiver, n'est guère ou point différent de celui de sa femelle, laquelle n'est pas sujette à ces changemens de couleur ; leur plumage ressemble alors à celui du mûrier, vulgairement petit pinçon des bois. Dans le second état, lorsque ces oiseaux arrivent en Provence ou en Italie, le plumage du mâle est tout pareil à celui du bec-figue ; le troisième état est celui qu'il prend quelque temps après son arrivée dans notre pays, et qu'on peut appeler son habit de printemps *. C'est comme la nuance par laquelle il passe au quatrième, qui est celui d'été, et qu'on peut nommer avec raison, dit M. Lottinger, son habit de nôces, puisqu'il ne le prend que lorsqu'il s'apparie, et qu'il le quitte aussitôt après les nichées ; l'oiseau est alors dans toute sa beauté. [...]J'ai été trouver plusieurs fois, dit M. Lottinger, des Oiseleurs qui avoient des tendues sur des fontaines dans des lieux où nichent ces oiseaux, et quoique ce ne fût qu'en juillet, ils me dirent qu'ils prenoient fréquemment des femelles, mais pas un seul mâle, » tant les mâles étoient devenus semblables aux femelles. C'est aussi sous leur livrée qu'ils reviennent avec elles, dans leur retour au printemps : mais M. Lottinger ne nous décrit pas, avec le même détail, l'habit que ce gobemouche prend dans son passage aux provinces méridionales, je veux dire le quatrième changement qui lui donne l'apparence de bec-figue. [...] Dans cette espèce de gobe-mouche, le bout des ailes se rejoint et s'étend au-delà du milieu de la queue, ce qui fait une exception dans ce genre, où l'aile pliée n'atteint pas le milieu de la queue : l'oiseau ne la tient pas élevée comme elle est représentée dans la planche enluminée n.º 565, figures 2 et 3 ; le blanc du devant de la tête est aussi beaucoup plus étendu que dans cette figure, et M. Lottinger juge qu'au n.º 3, on a donné un mâle commençant à changer d'habit, pour une femelle ; il observe de plus que le collier du mâle, n.º 2, devroit environner tout le cou sans être coupé de noir. L'on doit avoir égard aux remarques de cet observateur exact, qui, le premier, nous a fait connoître les habitudes et les changemens de couleur de ces oiseaux.
* « J'en ai nourri un, ce printemps trois ou quatre jours ; chacun l'admiroit, quoiqu'un de ses plus beaux ornemens (le collier) lui manquât. Tout ce qu'il a de blanc est du plus beau blanc, et ce qu'il a de noir est du plus beau noir. » Lettre de M. Lottinger, du 30 avril 1772.
XX L'Alouette
[...] M. le chevalier des Mazis m'assure que les alouettes passent à l'île de Malte dans le mois de novembre, et quoiqu'il ne spécifie pas les espèces, il est probable que l'espèce commune est du nombre, car M. Lottinger a observé qu'en Lorraine il y en a un passage considérable, qui finit précisément dans ce même mois de novembre, et qu'alors on n'en voit que très-peu ; que les passagères entraînent avec elles celles qui sont nées dans le pays ; mais bientôt après il en reparoît autant qu'auparavant, soit que d'autres leur succèdent, soit que celles qui avoient d'abord suivi les voyageuses reviennent sur leurs pas, ce qui est plus vraisemblable. 
 
  La Farlouse, ou l'Alouette des prés (1)
[...] La farlouse se trouve en Italie, en France, en Allemagne, en Angleterre et en Suède. Albin nous dit qu'elle paroît (sans doute dans le canton de l'Angleterre qu'il habite) au commencement d'avril, avec le rossignol, et qu'elle s'en va vers le mois de septembre ; elle part quelquefois dès la fin d'août, suivant M. Lottinger, et semble avoir une longue route à faire (2) [...]
(1) Farlouse des bois ou des taillis, alouette des jardins, vulgairement bec-figue, selon M. Lottinger.
(2) Une seule fois M. Lottinger en a vu une en Lorraine au mois de février 1774 ; mais il a vu aussi ce même hiver d'autres oiseaux qui n'ont pas coutume de rester en Lorraine, tels que verdiers, bergeronettes, lavandières, etc. ce que M. Lottinger attribue, avec raison, à la douce température de l'hiver de cette année 1774.
  L'Alouette pipi* * En Lorraine, vulgairement sinsignotte, selon M. Lottinger
  Le Bec-figue
[...] leurs nids sont si bien cachés qu'on a beaucoup de peine à les découvrir (1) ; le mâle dans cette saison se tient au sommet de quelque grand arbre, d'où il fait entendre un petit gazouillement peu agréable et assez semblable à celui du motteux. Les bec-figues arrivent en Lorraine en avril, et en partent au mois d'août, même quelquefois plus tôt (2)
(1) Le bec-figue niche dans nos forêts, et à juger par l'analogie, dans des trous d'arbres et à une grande distance de terre, comme les gobe-mouches à collier ; c'est la raison pourquoi on les découvre très-difficilement : En 1767 ou 1768, ayant vu et ouï chanter un de ces oiseaux qui se tenoit perché à l'extrémité d'un arbre fort élevé, je le suivis avec grande attention, et j'y revins à plusieurs fois sans pouvoir trouver ce nid, quoique toujours je retrouvasse l'oiseau ; il avoit un petit gazouillis à peu-près comme le motteux et fort peu agréable ; il se perchoit extrêmement haut et n'approchoit guère de terre. » Note communiquée par M. Lottinger.
(2) Note communiquée par M. Lottinger.
  Le Rouge-gorge
[...]à la fin de septembre ils portent tous la même livrée et on ne les distingue plus. C'est alors qu'ils commencent à se mettre en mouvement pour leur départ, mais il se fait sans attroupement ; ils passent seul à seul, les uns après les autres, et dans ce moment où tous les autres oiseaux se rassemblent et s'accompagnent, le rouge-gorge conserve son naturel solitaire. On voit ces oiseaux passer les uns après les autres ; ils volent pendant le jour de buisson en buisson, mais apparemment ils s'élèvent plus haut pendant la nuit et font plus de chemin, du moins arrive-t-il aux Oiseleurs, dans une forêt qui le soir étoit pleine de rouge-gorges et promettoit la meilleure chasse pour le lendemain, de les trouver tous partis avant l'arrivée de l'aurore *.
* Il me souvient qu'une certaine année je faisois la tendue aux rouge-gorges, c'étoit en avril, le passage étoit des meilleurs. Content de mes prises, je continuai la chasse pendant trois jours avec le même succès ; le quatrième le soleil s'étant levé plus beau que jamais et le jour étant très-doux, je comptois sur la meilleure chasse ; mais l'on avoit sonné le départ pendant mon absence, tout étoit disparu, et je n'en pris aucun. Note de M. Lottinger.
  La Gorge-bleue
[...] Ils ne vont point en troupes, non plus que les rouge-gorges, et on en voit rarement plus de deux ensemble. Dès la fin de l'été, les gorge-bleues se jettent, dit M. Lottinger, dans les champs semés de gros grains.
[...] Ces riches couleurs s'effacent dans l'état de captivité, et la gorge-bleue mise en cage commence à les perdre dès la première mue. On la prend au filet comme les rossignols et avec le même appât. Dans la saison où ces oiseaux deviennent gras, ils sont, ainsi que tous les petits oiseaux à chair délicate, l'objet des grandes pipées : ceux-ci sont néanmoins assez rares et même inconnus dans la plupart de nos provinces ; on en voit au temps du passage dans la partie basse des Vosges vers Sarebourg, suivant M. Lottinger ; 
 
  Le Motteux, anciennement vitrec, vulgairement Cul-blanc.
[...] On en voit des petits dès le milieu de mai, car ces oiseaux, dans nos provinces, sont de retour dès les premiers beaux jours vers la fin de mars (1) ; mais s'il survient des gelées après leur arrivée, ils périssent en grand nombre, comme il arriva en Lorraine en 1767(2) ; on en voit beaucoup dans cette province, sur-tout dans la partie montagneuse ; [...]
LE MOTTEUX ou CUL-BLANC ROUSSATRE [...] On le voit en Lorraine vers les montagnes, mais moins fréquemment que le motteux
commun (3) ;
(1) M. Lottinger.
(2) Idem
(3) M. Lottinger
  Les Mésanges.
[...] M. Lottinger assure-t-il que sur les montagnes de Lorraine, lorsque le temps est favorable, c'est-à-dire, par le brouillard, il ne faut qu'un appeau, une petite loge et un bâton fendu pour en prendre quarante ou cinquante douzaines dans une matinée [...]
 
  La Charbonnière ou grosse Mésange
[...] Les charbonnières se tiennent sur les montagnes et dans les plaines, sur les buissons, dans les taillis, dans les vergers et dans les grands bois : cependant M. Lottinger m'assure qu'elles se plaisent davantage sur les montagnes.
 
  La nonette cendrée.
Je sais que plusieurs Naturalistes ont regardé cette espèce comme séparée de la précédente par un assez grand nombre de différences ; Willughby dit qu'elle est plus grosse, qu'elle a la queue plus longue, moins de noir sous la gorge ; le blanc du dessous du corps plus pur, et point du tout de cette dernière couleur sur l'occiput ni sur les ailes ; mais si l'on considère que la plupart de ces différences ne sont rien moins que constantes, notamment la tache blanche de l'occiput *, quoiqu'elle soit comptée parmi les caractères spécifiques de la petite charbonnière
* : Une petite charbonnière observée par les Auteurs de la Zoologie Britannique, n'avoit point cette tache, et M. Lottinger assure que si la nonnette cendrée avoit cette tache de l'occiput, elle ne différeroit pas de la mésange à tête noire qui est notre petite charbonnière. 
  La Mésange bleue
[...] chez nous ce sont les bois où elle se plaît, sur-tout pendant l'été, et ensuite dans les vergers, les jardins, etc. M. Lottinger dit qu'elle voyage avec la charbonnière, mais que cette société est telle qu'elle peut être entre des animaux pétulans et cruels, c'est-à-dire, ni paisible ni durable.
 
  La Moustache
[...] M. Lottinger m'assure qu'il niche dans des trous d'arbres, et qu'il va souvent de compagnie avec la mésange à longue queue ; ce qui, joint à l'air de famille et à d'autres rapports dans la taille, la forme extérieure, la contenance, les habitudes, nous autorise à le laisser parmi les mésanges.
 
  La Sittelle, vulgairement le Torche-pot * * En Lorraine, maçon, pic-mçoan. Lottinger
  Le Grimpereau
[...] pour moi je me crois en droit d'assurer, d'après mes propres observations, et celles de plusieurs Naturalistes *, que la femelle grimpereau pond ordinairement cinq oeufs, et presque jamais plus de sept
* M. Salerne, M. Lottinger, M. le comte Ginanni, cités dans l'Ornithologie italienne, tome II, page 55.
XXI Le Coucou
[...] M. Lottinger a observé que les coucous de cinq ou six mois sont aussi niais que les jeunes pigeons ; qu'ils ont si peu de mouvement, qu'ils restent des heures dans la même place, et si peu d'appétit qu'il faut leur aider à avaler : il est vrai qu'en vieillissant ils prennent un peu plus de hardiesse et qu'ils en imposent quelquefois à de véritables oiseaux de proie. M. le vicomte de Querhoënt, dont le témoignage mérite toute confiance, en a vu un qui, lorsqu'il croyoit avoir quelque chose à craindre d'un autre oiseau, hérissoit ses plumes, haussoit et baissoit la tête lentement et à plusieurs reprises, puis s'élançoit en criant, et par ce manège mettoit souvent en fuite une cresserelle qu'on nourrissoit dans la même maison (1).
[...]on m'a apporté nombre de fois des nids où il y avoit plusieurs oeufs de l'oiseau propriétaire, avec un oeuf de coucou, et même plusieurs de ces oeufs éclos ainsi que celui du coucou (2).
[...] Tous les habitans des bois assurent que lorsqu'une fois la mère coucou a déposé son oeuf dans le nid qu'elle a choisi, elle s'éloigne, semble oublier sa géniture et la perdre entièrement de vue, et qu'à plus forte raison le mâle ne s'en occupe point du tout ; cependant M. Lottinger a observé, non que les père et mère donnent des soins à leurs petits, mais qu'ils s'en approchent à une certaine distance en chantant, que de part et d'autre ils semblent s'écouter, se répondre et se prêter mutuellement attention ; il ajoute que le jeune coucou ne manque jamais de répondre à l'appeau, soit dans les bois, soit dans la volière, pourvu qu'il ne voie personne ; ce qu'il y a de sûr, c'est qu'on fait approcher les vieux en imitant leur cri, et qu'on les entend quelquefois chanter aux environs du nid où est le jeune, comme par-tout ailleurs ; mais il n'y a aucune preuve que ce soient les père et mère du petit, ils n'ont pour lui aucune de ces attentions affectueuses qui décèlent la paternité ; tout se borne de leur part à des cris stériles auxquels on a voulu prêter des intentions peu conséquentes à leurs procédés connus, et qui dans le vrai ne supposent autre chose, sinon la sympathie qui existe ordinairement entre les oiseaux de même espèce.
(1) Un coucou adulte, élevé chez M. Lottinger, se jetoit sur tous les oiseaux, sur les plus forts comme sur les plus foibles, sur ceux de son espèce comme sur les autres, attaquant la tête et les yeux par préférence ; il s'élançoit même sur les oiseaux empaillés, et quelque rudement qu'il fût repoussé, il revenoit toujours à la charge, sans se rebuter jamais. Pour moi, j'ai reconnu par mes propres observations, que les coucous menacent la main qui s'avance pour les prendre, qu'ils s'élèvent et s'abaissent alternativement en se hérissant, et même qu'ils mordent avec une sorte de colère, mais sans beaucoup d'effet.
(2) Le 14 juin 1777, un coucou nouvellement éclos, dans un nid de grive avec deux jeunes grives qui commençoient à voltiger. Le 8 juin 1778, un jeune coucou dans un nid de rossignol avec deux petits rossignols et un oeuf clair. Le 16 juin, un jeune coucou dans un nid de rouge-gorge avec un petit rouge-gorge qui paroissoit plus anciennement éclos. M. Lottinger m'a mandé un fait, constaté par lui-même, dans sa lettre du 17 octobre 1776 : au mois de juin, un coucou nouvellement éclos dans un nid de fauvette à tête noire, avec une jeune fauvette qui voloit déjà, et un oeuf clair. Je pourrois citer plusieurs autres faits semblables.
  Le Guépier
[...] M. Lottinger me mande que ces oiseaux se montrent rarement en Lorraine, qu'il n'en a jamais vu plus de deux ensemble, qu'ils se tenoient sur les branches les plus basses des arbres ou arbrisseaux, et qu'ils avoient un air d'embarras, comme s'ils eussent senti qu'ils étoient dévoyés :
[...] On compare le vol du guépier à celui de l'hirondelle, avec qui il a plusieurs autres rapports, comme on vient de le voir ; il ressemble aussi à bien des égards au martin-pêcheur, sur-tout par les belles couleurs de son plumage et la singulière conformation de ses pieds : enfin M. le Docteur Lottinger qui a le coup-d'oeil juste et exercé, lui trouve quelques-unes des allures du tette-chèvre ou engoulevent.
 
  Les Hirondelle
[...] un Évêque d'Upsal, nommé Olaüs magnus, et un Jésuite nommé Kirker, renchérissant sur ce qu'Aristote avoit avancé déjà trop généralement, ont prétendu que dans les pays septentrionaux, les pêcheurs tirent souvent dans leurs filets, avec le poisson, des groupes d'hirondelles pelotonnées, se tenant accrochées les unes aux autres, bec contre bec, pieds contre pieds, ailes contre ailes ; que ces oiseaux transportés dans des poëles se raniment assez vîte, mais pour mourir bientôt après, et que celles-là seules conservent la vie après leur réveil, qui éprouvant dans son temps, l'influence de la belle saison, se dégourdissent insensiblement, quittent peu-à-peu le fond des lacs, reviennent sur l'eau, et sont enfin rendues par la Nature même et avec toutes les gradations à leur véritable élément : ce fait, ou plutôt cette assertion a été répétée, embellie, chargée de circonstances plus ou moins extraordinaires [...]
M. le docteur Lottinger, qui a beaucoup étudié les procédés des oiseaux, et qui n'est pas toujours de mon avis, regarde cette immersion comme un paradoxe insoutenable.
 
  L'Hirondelle de cheminée ou l'Hirondelle domestique
Elles souffrirent beaucoup, comme on sait, en 1740 ; elles se réunissoient en assez grand nombre sur une rivière qui bordoit une terrasse appartenante alors à M. Hebert, et où elles tomboient mortes à chaque instant (1) ; l'eau étoit couverte de leurs petits cadavres, ce n'étoit point par l'excès du froid qu'elles périssoient, tout annonçoit que c'étoit faute de nourriture, celles qu'on ramassoit étoient de la plus grande maigreur, et l'on voyoit celles qui vivoient encore se fixer aux murs de la terrasse dont j'ai parlé, et pour dernière ressource saisir avidement les moucherons desséchés qui pendoient à de vieilles toiles d'araignées.
[...] Dans notre climat elles passent souvent les nuits, vers la fin de l'été, perchées sur des aulnes au bord des rivières, et c'est alors qu'on les prend en grand nombre, et qu'on les mange en certains paysu ; elles choisissent les branches les plus basses qui se trouvent au-dessous des berges et bien à l'abri du vent (2)
(1) En 1767, on les trouvoit étendues sans vie sur les bords des étangs et des rivières de Lorraine.
» Note de M. Lottinger. Ces faits rendent au moins fort douteux le pressentiment des températures qu'un Pasteur de Norlande et quelques autres, ont jugé à propos d'attribuer aux hirondelles. Voyez Collection académique, partie étrangère, tome XI. Acad. de Stockolm, page 51
(2) Note de M. Hebert. M. Lottinger m'assure qu'elles fréquentent aussi quelquefois les bois taillis.
  L'Hirondelle au croupion blanc ou l'Hirondelle de fenêtre (1)
[...]On a remarqué que peu de temps avant leur départ, elles s'exercent à s'élever presque jusqu'aux nues, et semblent ainsi se préparer à voyager dans ces hautes régions (2), ce qui s'accorde avec d'autres observations dont j'ai rendu compte dans l'article précédent, et ce qui explique en même temps pourquoi l'on voit si rarement ces oiseaux dans l'air faisant route d'une contrée à l'autre. 
(1) en Lorraine, le matelot, la petite hirondelle, suivant M. Lottinger.
(2) Note communiquée par M. Lottinger.
  L'Hirondelle de rivage
Les hirondelles de cette espèce sont fort rares dans la Grèce, selon Aristote, mais elles sont assez communes dans quelques contrées d'Italie, d'Espagne, de France, d'Angleterre, de Hollande et d'Allemagne ; elles font leurs trous ou les choisissent par préférence dans les berges et les falaises escarpées, parce qu'elles y sont plus en sûreté ; sur le bord des eaux dormantes, parce qu'elles y trouvent les insectes en plus grande abondance ; dans les terreins sablonneux *, parce qu'elles ont plus de facilité à y faire leurs petites excavations et à s'y arranger. 
(1) M. Lottinger m'assure qu'elles s'établissent dans les ouvertures des grandes sablonnières ; M. Hebert a vu de leurs trous dans des terreins sablonneux qui avoient été tranchés et coupés à pic pour faire passer un grand chemin, et l'on ne peut douter que le terrein des bords des rivières et des côtes de la mer ne soit un terrein sablonneux.
XXII L'Épeiche ou Pic varié ondé
[...] nous sommes informés par M. Lottinger, que ce pic à trois doigts se trouve aussi en Suisse *
* Extrait d'une lettre de M. Lottinger à M. de Montbeillard, datée de Strasbourg, le 22 septembre 1774.
  La Cigogne noire
[...] L'espèce en est moins nombreuse et moins répandue que celle de la cigogne blanche ; elle ne s'établit guère dans les mêmes lieux *, mais semble la remplacer dans les pays qu'elle a négligé d'habiter
* La cigogne brune ne fait que passer en Lorraine, et ne s'y arrête pas. Note communiquée par M. Lottinger.
  Le Héron commun
[...] Quoi qu'il en soit, il y a peu d'oiseaux qui s'élèvent aussi haut, et qui, dans le même climat, fassent d'aussi grandes traversées que les hérons, et souvent, nous dit M. Lottinger, on en prend qui portent sur eux des marques des lieux où ils ont séjourné. 
 
  Le Chevalier aux pieds rouges
[...] il est connu en Lorraine *
* M. Lottinger
  Le Bécasseau
[...] En Lorraine ils arrivent dans le mois d'avril, et repartent dès le mois de juillet. *
* Observations de M. Lottinger.
  La Perdrix de mer grise.
La première est la perdrix de mer, représentée dans nos planches enluminées, nº 882, et qui, avec l'espèce suivante, se voit, mais rarement, sur les rivières dans quelques-unes de nos provinces, particulièrement en Lorraine, où M. Lottinger nous assure l'avoir vue.
 
XXIII Le Pluvier doré
[...] Ces oiseaux, suivant M. Baillon, arrivent sur les côtes de Picardie à la fin de septembre ou au commencement d'octobre, tandis que dans nos autres provinces plus méridionales, ils ne passent qu'en novembre et même plus tard ; ils repassent en février et en mars *
* M. Lottinger a observé de même leur passage en Lorraine.
  Le Merle d'eau
[...] la femelle pond quatre ou cinq oeufs ; cache son nid avec beaucoup de soin, et le place souvent près des roues des usines construites sur les ruisseaux *
* M. Lottinger.
  Le Grèbe
[...] sur nos grands étangs le grèbe construit son nid avec des roseaux et des joncs entrelassés, il est à demi-plongé et comme flottant sur l'eau, qui cependant ne peut l'emporter, car il est affermi et arrêté contre les roseaux *, et non tout-à-fait à flot
* Observation de M. Lottinger.
  Le Pélican
[...] Au reste, le pélican, sans être tout-à-fait étranger à nos contrées, y est pourtant assez rare, sur-tout dans l'intérieur des terres. Nous avons au Cabinet les dépouilles de deux de ces oiseaux, l'un tué en Dauphiné, et l'autre sur la Saône * : Gesner fait mention d'un qui fut pris sur le lac de Zurich, et qui fut regardé comme un oiseau inconnu.
* M. de Piolenc nous mande qu'il en a tué un dans un marais près d'Arles ; et M. Lottinger un autre sur un étang entre Dieuze et Sarrebourg.
  Le Pierre-garin ou la grande Hirondelle de mer de nos côtes
[...] Au retour du printemps, ces hirondelles qui arrivent en grandes troupes sur nos côtes maritimes, se séparent en bandes, dont quelques-unes pénètrent dans l'intérieur de nos provinces, comme dans l'Orléanois, en Lorraine *, en Alsace, et peut-être plus loin, [...]
* M. Lottinger.
  Le Goéland varié ou le Grisard.
[...]ce n'est que par accident qu'il s'en rencontre dans les terres *, mais qu'ils se tiennent en grand nombre sur nos côtes de l'Océan
* M. Lottinger prétend avoir vu quelques-uns de ces oiseaux sur les grands étangs de Lorraine, dans le temps des pêches ; et M. Hermann nous parle d'un grisard tué aux environs de Strasbourg.
XXIV Le Cygne
[...] Dans nos provinces nous ne voyons guère de cygnes sauvages que dans les hivers les plus rigoureux *.
* Observations de Mrs Lottinger, de Querhoënt, de Piolenc. 
  Le Canard
[...] En Lorraine, sur les étangs qui bordent la Sarre, on prend les canards avec un filet tendu verticalement et semblable à la pantière qui sert aux bécasses (1) [...]
[...] tous les petits naissent dans la même journée, et dès le lendemain la mère descend du nid et les appelle à l'eau ; timides ou frilleux, ils hésitent et même quelques-uns se retirent, néanmoins le plus hardi s'élance après la mère, et bientôt les autres le suivent ; une fois sortis du nid, ils n'y rentrent plus, et quand il se trouve posé loin de l'eau ou qu'il est trop élevé, le père et la mère * les prennent à leur bec et les transportent l'un après l'autre sur l'eau
(1) M. Lottinger.
(2) Suivant M. Lottinger.
   Le Canard siffleur et le Vingeon ou Gingeon
[...] Les canards siffleurs volent et nagent toujours par bandes ; il en passe chaque hiver quelques troupes dans la plupart de nos provinces, même dans celles qui sont éloignées de la mer, comme en Lorraine *
* Observations de M. Lottinger.

Journal de médecine, chirurgie, pharmacie, etc.. - 1759. - n° 11

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Journal de médecine, chirurgie, pharmacie, etc.. - 1764. -  n° 20

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Journal de médecine, chirurgie, pharmacie, etc.. - 1766. -  n° 24

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Introduction aux observations sur la physique, sur l'histoire naturelle et sur les arts.
Par l'abbé Rozier - Tome Ier - Paris - 1777

SUITE DES MÉMOIRES
Sur les Charansons, couronnés par la Société Royale d'Agriculture de Limoges.
YA-T-IL des procédés sûrs pour exterminer les insectes destructeurs dont on a fait connoître la vie & les moeurs dans la première partie de ce volume, page 171 ? Les papiers publics ont publié depuis longtems des recettes sans nombre, & leur multiplicité décèle leur peu de valeur. II en est de ces recettes, à-peu-près comme celles pour certains maux ; elles ne sont utiles qu'à ceux qui les annoncent, & les font valoir. L'intéret personnel a plus de part à ces prétendues découvertes, que le bien de l'humanité : cependant, on ne doit pas, pour cela, les négliger entièrement ; quelques-unes paroissent conformes à la théorie, & les autres peuvent être confirmées par l'expérience ; ces dernières sont les plus sûres. C'est à celles-là que nous nous attacherons, en rassemblant sous un même point de vue, ce qui a été dit dans les Mémoires de M. Joyeuse l'ainé, de M. Lefuel, Curé de Jamericour, & de M.Joseph Lottinger, Médecin Pensionnaire de la ville de Sarbourg.
Les moyens vantés & publiés jusqu'à ce jour, consistent en fumigations & décoctions ; composées des herbes dont l'odeur est la plus forte & la plus infecte. Ces odeurs empestées doivent nécessairement se communiquer au bled, & lui laisser un goût désagréable. La persicaire, est-il dit dans une Gazette d'Agriculture, fait rougir les charansons comme les écrevisses. L'expérience prouve le contraire : celui qui l'a publié, a été, sans doute, trompé par la couleur de ceux nouvellement éclos ; & effectivement elle tire alors un peu sur le rouge. II est encore très-faux que du foin nouvellement coupé, séché & mis dans un grenier à bled, fasse fuir ces insectes. Ils quittent le bled dès que les matinées commencent à devenir froides ; c'est encore ce qui peut avoir trompé l'Observateur. II en est de même d'une infinité d'autres secrets prétendus, dont on a innondé les feuilles publiques.
La fumée du soufre a été également tentée sans succès. Il est vrai qu'elle suffoque, en détruisant l'élasticité de l'air. Un homme y périroit, parce qu'il a besoin, pour respirer, d'une plus grande, quantité d'air que le charanson. Cet infecte n'en est presqu'aucunement endommagé ; attentif à conserver son existence, il s'enfonce dans le monceau de bled, que la fumée ne pénètre pas; & dans un retranchement assuré, il brave nos tentatives & nos efforts. Comme cette fumée ne se répand que successìvement, elle peut, tout au plus, de même que les odeurs infectes, le contraindre à abandonner le grenier & à chercher un autre asyle, jusqu'à ce que cette vapeur & ses mauvaises odeurs se soient dissipées; mais ce ne sera que pour autant de tems qu'elles subsisteront, & on les reverra bientôt gagner leur premier domicile. D'ailleurs, ces moyens, quoique très vantés, n'ont qu'une action indirecte sur le ver du charanson renfermé dans le grain de bled. On sent bien que l'odeur ne peut pénétrer jusqu'à lui, puisque le petit trou dans lequel il a été déposé comme oeuf, est renfermé par une espèce de gluten ; & il lui faut si peu d'air pour respirer, que la vapeur du soufre n'est pas capable de détruire l'élasticité de celui qui est nécessaire à la conservation de sa vie. Ces moyens sont donc inutiles, & même préjudiciables au bled.
Des particuliers ont publié, comme des moyens efficaces, de mettre le bled dans des caves boisées, de le cribler, en hiver, pour en détacher les oeufs, de le remuer en été avec de la neige. Le bled pourriroít dans des caves construites à la manière ordinaire, & le charanson y travailleroit plus commodément, parce qu'il aime la tranquillité & l'obscurité ; peut-être multiplieroit-il un peu moins. On auroit beau cribler le bled, l'oeuf ne sauroit s'en détacher, puisqu'il est, pour ainsi dire, muré dans le grain ; d'ailleurs, il reste très-peu d'oeufs pendant l'hiver. S'il s'en trouve, on ne doit l'attribuer qu'au froid survenu trop tôt, & qui a empêché le charanson de sortir de sa demeure. La neige est un moyen illusoire ; & quand elle produiroit quelque effet, il seroit trop momentané pour l'employer.
Plusieurs ont mis en usage des recettes aussi singulières que mal imaginées, pour prévenir les dégâts des charansons pendant l'hiver. Sans se donner tant de peine & de mouvement, ils n'avoient qu'à laisser agir la saison ; le froid, en général, n'est pas le destructeur du charanson ; mais il le contraint de s'éloigner du bled, pour aller se mettre à l'abri sous quelque tapisserie, ou dans des fentes, des creux, & c'est là qu'on le trouve par millier; & le ver, s'il en existe dans le grain, est engourdi & ne fait aucun mal. Tous ces procédés baroques sont dûs à l'ignorance ; si leurs auteurs, & ceux qui les ont publiés avoient connu la manière de vivre de ces petits animaux, ils se seroient évité beaucoup de peine, & peut-être un peu de ridicule.
Des procédés vulgaires, passons à ceux que fournissent les trois concurrens. II est un degré de chaleur, dit M. Joyeuse, auquel les charansons, & généralement toute substance quelconque, soit végétale, soit animal, qu'on y exposeroit, seroit brûlée. Il est constaté qu'une chaleur subite de 19 degrés suffit pour faire périr les charanson sans les brûler : ils meurent étouffés & suffoqués par la trop grande raréfaction & la trop grande siccité de l'air. On les voit défaillir dans un air raréfié, après avoir tournoyé peu de tems ; & enfin, ils restent sans mouvement & sans vie : cela me fit juger que la poitrine des charansons étoit leur partie foible ; & sur ce principe, je me proposai de les attaquer, fans même employer le feu.
J'éprouvai que, si mettant quelque charanson sur un papier, on soutient ce papier au-dessus d'une lumière, assez près pour brûler les charansons, mais pas assez long-tems pour les brûler tout-à-fait, leurs parties les plus déliées, comme les pattes, périssent, sont brûlées, & les charansons ne meurent point, mais si au contraire, on tient le papier à une élévation où ils ne puissent point être brûlés, à celle, par exemple, qui feroit monter le thermomètre à 19, & qui ne produit sur la main qu'une chaleur très-modérée, lorsqu'on l'y porte, ils n'ont rien de brûlé, & cependant, ils meurent assez vîte. Ils font donc étouffés, puisqu'ils meurent par l'action du feu fans être brûlés ? L'accident qui leur arrive est une vraie suffocation ; & dans cette position, ils éprouvent les mêmes effets qu'un homme exposé à la vapeur du charbon.
Les charansons périssent donc à un certain degré de chaleur, ou plutôt à un air promptement raréfié, à 19 ; mais si l'insecte est alors dans un monceau de bled, il n'éprouve aucun effet nuisible ; ce n'est que lorsqu'il est à nud & à découvert. Ici l'Auteur rapporte les expériences de M. Duhamel sur les étuves pour le bled : elles sont trop connues, pour en faire mention, & voici les conséquences qu'en tire M. Joyeuse. Lorsque M. Duhamel observe qu'il faut que la chaleur monte à 60 ou même à 70, pour faire périr les charansons dans l'étuve, cela ne signifie autre chose, sinon que la chaleur vraie de son étuve étoit de 60 ou de 70 degrés, qui ne se manifestèrent qu'après que le bled eut cessé d'absorber la matière ignée, & que ce bled s'étoit desséché à ce degré de chaleur dans un certain espace de tems, tout comme il l'eût fait avec une chaleur moindre dans un tems plus long. Cette chaleur trop long-tems continuée ou cette opération trop souvent répétée, peuvent, à la longue, trop dessécher le bled, & même le calciner. Les étuves cependant, feroient un moyen à ne pas négliger, si le bled, une fois étuvé, étoit à l'abri des dégâts des charansons; mais il paroît par les expériences de M. Lefuel, que du bled parfaitement étuvé, & porté ensuite dans un grenier où il y avoit des charansons, n'en a pas moins été endommagé par la suite. II est cependant vrai, que si les charansons avoient trouvé un bled non étuvé, ils l'auroient choisi de préférence à celui-ci ; mais contre le besoin urgent, il n'y a point de loix. L'étuve a un autre avantage plus réel, c'est de faire périr l'oeuf ou le ver renfermé dans le grain de bled.
M. Joyeuse propose de substituer au feu un ventilateur, & il regarde ce ventilateur comme un moyen assuré & fondé sur la manière de vivre des charansons. Ces insectes restent tout l'hiver sans manger, &, à plus forte raison, sans se multiplier. Or, si au moyen d'un ventilateur, on entretenoit dans le grenier un air froid, au point nécessaire pour produire cet effet sur les charansons, on les réduiroit à ne point manger & à ne point multiplies; ou bien, si leur peu de transpiration les dispensoit du besoin de prendre quelquefois de la nourriture, alors, ils abandonneroient un local où le froid les incommode. J'avois essayé, continue M. Joyeuse, de mettre cette idée en pratique, pendant que j'étois chargé du détail des vivres de la Marine. Le ventilateur dont je me fuis servi, est celui de Hales. Sur environ cinq pouces cubes de bled que je triai, je trouvai 315 charansons morts, 286 en vie, pour avoir seulement ventilé ce bled pendant six jours. L'action de ce ventilateur seroit continuée pendant tout l'été, par le moyen des ailes semblables à celles d'un moulin à vent, ou par telle autre méchanique qu'on jugeroit convenable.
M. Duhamel avoit, en 1751, employé le ventilateur dans un de ses greniers, & il le vuida en 1752, sans trouver aucun charanson.
M. Lefuel ne trouve d'autre remède assuré, que de vuider, dans l'été, tout le bled & les autres grains qui se trouvent dans un grenier infecté de charansons, de le faire moudre ou de le porter au marché. Les raisons sur lesquelles M. Lefuel établit sa décision, peuvent être vraies pour un pays, mais non pas pour la généralité du Royaume, parce qu'il supposé que les oeufs déposés, n'éclosent qu'en Août, & que cette nouvelle peuplade ne peut pas se reproduire dans la même année. Le contraire est clairement démontré dans le tableau de production que nous avons donné dans ce volume, page 496. Ainsi, dans les Provinces méridionales, les petits sont eclos à cette époque, & le dommage y existe réellement. Alors, en suivant le sentiment de M. Lefuel, il faudroit moudre ou vendre le bled beaucoup plutôt.
D'ailleurs, il ne s'agit point ici de la conservation de la récolte bornée d'un simple particulier ; mais de celle de l'approvisionnement d'une ville, d'un hôpital, d'une armée, de la marine, &c. C'est le grand qu'on doit envisager, & non les petits détails. Un propriétaire qui ne récolte que 100 mesures de bled, feroit bien mal-adroit s'il ne le garantissoit des ravages des charansons.
M. Lefuel propose encore de nouveaux moyens, dans la supposition qu'on n'admette pas le premier. M. Duhamel, dit le respectable Curé, paroît supposer que les charansons restent au tas de bled dans un état d'engourdissement pendant l'hiver, & jusqu'aux chaleurs du printems ; & dans son Supplément au Traité de la conservation des grains, page 43, il blâme les Fermiers de ne pas cribler leur bled pendant l'hiver, parce qu'ils parviendroient alors à détruire quantité de charansons. II est constant que si ces insectes y restoient pendant l'hiver, il seroit alors facile de les détruire, puisqu'ils font dans un état d'engourdissement ; mais il est bien démontré qu'ils se retjrent du bled aux premiers jours de fraîcheur ; ainsi, c'est un travail en pure perte, & tout au plus utile pour détruire ceux qui, saisis par le froid, n'ont pu l'abandonner. Le froid seul vaut mieux que cette opération; ses effets font plus sûrs, plus certains & non coûteux.
II vaut mieux remuer & cribler le bled, dès que les chaleurs du printems commencent à se faire sentir, tems auquel la ponte n'a point encore commencé : cet infecte, ami du repos, de la tranquillité & de l'obscurité, fuira un domicile où il est sans cesse inquiété. Si cette opération est souvent répétée, on parviendra enfin à les chasser entièrement.
Les moyens que j'ai employés, dit M. Lottinger, sont au nombre de deux ; l'un de troubler ces insectes dans le tems de la ponte, & l'autre de les exterminer. Je le publiai dans la Gazette du Commerce de Juin & de Juillet 1766, parce que j'en avois, dès-lors, reconnu l'utilité. Le premier, comme on le voit, revient à celui de M. Lefuel ; ainsi, nous n'en parlerons pas : le second est l'eau bouillante.
Si l'on s'apperçoit, à la fin de Mai, que les charansons se trouvent déja en nombre, non-seulement dans les greniers, mais encore dans les bleds, on séparera alors une petite partie de ce bled, c'est-à-dire, la valeur de 3 ou 4 sacs, & on le placera à une distance & à une portée convenables du grand monceau. On commencera alors à agiter entièrement le grand monceau, & les charansons paroitront de toute part, cherchant les moyens de fuir. Ils ne gagnent presque jamais les parois des murs, dès qu'ils voient un autre tas de bled. Celui de réserve les attirera sûrement, l'expérience l'a prouvé. Cependant, si quelques charansons s'écartoient de la loi commune, pour se sauver contre les murs, alors, des surveillans, le balai à la main, rassembleroient ces fuyards ; ce qui est très-facile, puisque cet insecte, dès qu'on le touche, contrefait le mort, se laisse balayer & entraîner sans apparence d'inquiétude : cette ruse, dont souvent il s'est servi pour conserver ses jours, lui devient alors funeste. Le surveillant le conduira avec son balai près du tas de bled de réserve ; & l'insecte, un moment après, se voyant tranquille, cherchera à s'y cacher. Tous les charansons rassemblés autant qu'il a été possible dans ce seul & même monceau, il ne s'agit plus que d'y verser par-dessus, une certaine quantité d'eau bouillante, de remuer les grains, afin qu'elle pénètre jusqu'au sol. On prévient, par ce moyen, les dégâts qu'ils auroient causés au bled, en détruisant les populateurs avant le tems de la ponte. Objet essentiel ; & il est de la dernière importance de le prévenir, parce qu'alors, au lieu d'avoir un corps de mille ennemis à combattre, leur nombre se seroit accru au point de ne pouvoir presque plus être détruit. On peut, & on doit répéter le procédé de M. Lottinger ; il est simple & peu coûteux : il vaut mieux le pratiquer plutôt que plus tard. Si les oeufs étoient déja déposés, il deviendroit presque inutile. La génération présente est moins à craindre que la génération future. Le grand dégât dans le bled, la diminution considérable de la farine qu'il renferme, proviennent non du charanson insecte parfait, quoiqu'il en soit la première cause ; mais du charanson dans son état de ver, & avant qu'il sorte de sa première demeure, sous la forme d'infecte parfait.
Tels font en général les moyens proposés dans les trois Mémoires couronnés. Ceux de M. Joyeuse se rapportent à ceux qui avoient déja été publiés par M. Duhamel. Celui de M. Lefuel n'est pratiquable que par les simples particuliers. Le dernier de M. Lottinger mérite une attention particulière.

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