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Victor Hugo, descendant de la maison de Blâmont ?
 


Cette descendance, de toute évidence totalement erronée, semble avoir convaincu Victor Hugo lui même selon l'article ci-dessous de l'intermédiaire des chercheurs et des curieux.

Le dénommé Henri d'Escamps, qui lui aurait fourni les informations, n'a eu guère de mal à les réunir, puisqu'il s'agit toute simplement des pages sur les Hugo de Lorraine, publiées à paris en 1752 dans « Armorial général ou registres de la noblesse de France ».

C'est d'ailleurs cet ouvrage (copie ci-contre) qui apporte la précision sur le 1er degré de la famille supposé, Georges Hugo : « il avoit épousé en premieres noces une Demoiselle que l'on croit issue de la Maison de Blamont, & qui suivant un autre Memoire, s'appeloit Jeanne de BLAMONT ».

Et cet armorial s'arrête au 7ème degré : Hugo a donc tout simplement ajouté son père en 8ème, et lui-même en 9ème. Mais ignorait-il tout de son ascendance pour agir de la sorte ?

Car certes son père Léopold Sigisbert Hugo, né à Nancy, ayant commencé sa carrière comme simple soldat, a été nommé général de brigade le 20 août 1809, mais il ne disposait d'aucun titre de noblesse ; et le titre de « comte Hugo de Cogolludo y Sigüenza » que le roi Joseph lui aurait accordé durant la campagne d'Espagne reste totalement incertain.
Ainsi, si l'on imagine Victor Hugo au 9ème degré, on a dans la réalité :
- 9ème degré, Victor Marie Hugo, 1802-1885, écrivain
- 8ème degré, Joseph Léopold Sigisbert Hugo, 1773-1828, général
- 7ème degré, Joseph Hugo, 1727-1799, maître menuisier
- 6ème degré, Jean-Philippe Hugo, 1673 ?-1750, cultivateur
- 5ème degré, Jean Hugo, 1648-1731, cultivateur
- 4ème degré, Johannes (Jean) Hugo, 1610 ?-1686 ?, tailleur d'habits
- 3ème degré, Jean Hugo (1570 ?-1633)

Si Victor Hugo ne connaissait pas ses plus anciens ascendants, ignorait-il aussi que son grand père se prénommait Joseph (et non Nicolas-Dieudonné), et ne pouvait donc constituer le 7ème degré de sa liste ?


L'intermédiaire des chercheurs et curieux. v.66 - n° 1337 - 20 août 1912.

Les armoiries de Victor Hugo (XLV; XLV1; L.) - (Documents inédits). - On sait que Victor Hugo, dont le grand-père était menuisier et le bisaïeul cultivateur, fut le plus heureux des hommes, un jour où un sieur Henri d'Escamps lui apporta un arbre généalogique des Hugo de Lorraine, le persuadant qu'il en était l'un des fruits. La noblesse d'Empire de son père, le général - noblesse d'ailleurs peut-être usurpée aussi, car on n'a jamais établi que le titre espagnol que le général reçut de Joseph ait été reconnu ou confirmé - ne lui suffisait pas. Aussi fut-il tout fier de se voir attribuer les armoiries de cette famille Hugo de Lorraine de vieille noblesse, qui portait pour armes : d'azur à un chef d'argent, chargé de deux merlettes de sable.
Il fit ces armes siennes.
M. Noël Charavay veut bien nous permettre de prendre connaissance d'un document précieux; c'est un brouillon généalogique tracée de la main de Victor Hugo, probablement d'après l'arbre généalogique des Hugo de Lorraine, sur lequel un flatteur a eu l'adresse de greffer la roture du poète, il se livre à une reconstitution très laborieuse qui chatouille prodigieusement sa vanité.
Il prend la peine de dessiner lui-même son blason : (on le trouvera dans la page fac-similé hors texte).
Après ce qu'a écrit Edmond Biré: Hugo avant 1830, il n'y a pas grand chose à dire sur le travers nobiliaire de l'illustre poète -néanmoins on lira peut-être, avec curiosité le petit travail suivant qui lui coûta certainement plus de joie à dresser que de peine.

Anthoine par la Grâce de Dieu, duc de Calabre, de Lorraine et de Bare, Marches, marquis de Pons, conte de Prouvence, de Vauldormont, etc. à tous, présent et avenir, salut (16 octobre 1537) préambule des lettres qui annoblissent ma famille. (Voir d'Hozier, registre IV. Armoriai de France).
Hugo
Armes de la famille, d'azur à un chef d'argent, chargé de deux merlettes de sable, l'écu surmonté d'un casque de profil, fermé, orné de ses lambrequins d'argent et d'azur ainsi que de son bourlet; et sommé d'un vol banneret d'azur chargé d'une fasce d'argent.
(Ici le blason qu'on verra dessiné sur la gravure hors texte).
Richelieu (argent à 3 chevrons de gueules).
1er degré : 1. Georges Hugo, jeune homme, ayant veu, traversé et fréquenté les pays et
guerres. (Lettres d'anoblissement de Antoine, duc de Lorraine, 16 octobre 1537).
Maison de Penicourt, par les femmes.
Maison de Blamont par les femmes.
2. Hugues Hugo, seigneur du fief de Rouvrov.
Etc.
2e degré : Claude Hugo, écuyer, sieur de l'Isle en Rigault, gendarme dans la compagnie du prince Nicolas de Lorraine, duc de Mercœur (1582).
Nicolas Hugo, seigneur du f. de Rouvroy, capitaine de deux cents hommes dans le régiment de Phalsbourg. tué en 1635, par les Suédois, après avoir défendu un fort où il commandait près d'Heidelberg.
Jean Hugo, capitaine dans le régiment de Baudricourt, tué au service.
Etc.
IIIe degré : François Hugo, écuyer, épouse Dominique de Taillefumier.
André Hugo, capitaine de cavalerie au service de Charles IV, duc de Lorraine, ensuite au service du Roi d'Espagne (1664).
Etc.
IVe degré : Nicolas Hugo, baptisé le 18 avril 1650, lieutenant au Régiment Cardinal pour le service de France, syndic de la noblesse du bailliage de Saint-Mihiel.
Ch.-Louis Hugo, religieux prémontré, historiographe de Lorraine, abbé d'Estival. Sa querelle avec l'évêque de Toul), évêque de Ptolémaïde, écrit beaucoup d'ouvrages de polémique religieuse sous le pseudonyme de Barleycourt (mort en 1739).
Henriette-Thérèse Hugo épousa Bernard de Guilbon, écuyer, seigneur de Chatelat et de Montferat, chevalier de Saint-Louis, capit. de Carabiniers.
Claude-Jeanne-Philippe Hugo, épouse Jean de Massiac, cap. au régiment de la reine, major du fort-Louis sur le Rhin.
Suzanne-Plissinde Hugo, religieuse annonciade-céleste à Saint-Mthiel.
Ve degré : Nicolas-Ignace Hugo, conseiller d'Etat et favori du duc Léopold de Lorraine (1715). Jeanne Victoire Hugo, vivait le 16 décembre 1699.
VIe degré : Ch. Hyacinthe Hugo né le 16 décembre 1699, (lui et sa descendance crées chevaliers par lettres-patentes de François duc de Lorraine du 20 novembre 1736) épouse Anne L'Huilier de Spitzemberg, fille de Ch. Léopold de Castres, seigneur de la capitainerie de Spitzemberg, capitaine au régiment de Bassigny, enterré à l'église d'Estival (mort le 24 janvier 1738).
VIIe degré : Nicolas Dieudonné Hugo, chevalier. 12 juin 1735.
Louis-Charles Toussaint Hugo, - id. -, 29 mai 1736.
Joséphine-Mectilde Hugo, née le 6 juillet 1737-
VIIIe degré:
Mon père et mes oncles.
IXe degré:
Mes frères et moi.

 

Rédaction : Thierry Meurant


Après la rédaction de cet article, nous avons trouvé le très détaillé article de Gaston Save dans le Bulletin de la Société philomatique vosgienne en 1885 ; nous le reproduisons ci-dessous pour la qualité de sa démonstration, mais aussi pour le nombre de biographes de Victor Hugo qu'il cite comme dupe de cette prétendue noblesse.
 


Bulletin de la Société philomatique vosgienne.
v.10-12 1885.

LES HUGO DE SPITZEMBERG ET VICTOR HUGO

Presque tous les articles nécrologiques publiés au lendemain de la mort de l'illustre poète, le présentent comme descendant d'une famille de vieille noblesse lorraine.
Le Dictionnaire des Contemporains de Vapereau le dit issu d'une famille anoblie en 1531. Celui d'Ernest Glaeser (Biographie des Contemporains) est plus explicite et dit : « II descend d'une ancienne famille lorraine, noble depuis 1534, voir d'Hozier, reg. IV. » On trouve en effet, dans ce volume de l'Armorial général, la généalogie des Hugo de Lorraine, anoblis en 1535 et créés barons de Spitzemberg en 1736. Sainte-Beuve fit paraître en Juillet 1831, dans la Biographie des Contemporains (t. IV, 2e p., p. 331), une notice dont Victor Hugo lui-même lui avait fourni les éléments. « Je n'ai point écrit mon article, dit Sainte-Beuve, sans m'informer et sans puiser à la meilleure source. »
Voici un passage de cette biographie:
« Sa famille paternelle, anoblie dès 1531, en la personne de Georges Hugo, capitaine des gardes du duc de Lorraine, avait donné au XVIIe siècle un savant théologien de ce nom, évêque de Ptolémaïs. »
Le dernier biographe du maître, M. Barbou, adopte la même origine, après nous avoir prévenu, comme Sainte-Beuve, qu'il n'a écrit son ouvrage « qu'après en avoir soigneusement recueilli les éléments dans ses conversations avec le maître. » (Victor Hugo et son temps, 1882, p. 11). « Certains généalogistes, dit-il, ont contesté cette descendance (d'une famille de vieille noblesse). Ils ont prétendu que le grand-père du général Hugo avait exercé un métier manuel. Cela est possible, les plus illustres familles ayant eu des revers à subir; mais il n'en est pas moins exact que Victor Hugo, qui n'en tire point vanité, qui ne rougirait pas, bien au contraire, de la plus humble extraction, qui estime qu'un homme ne vaut que par ce qu'il fait, que Victor Hugo, disons-nous, appartient à une famille de vieille noblesse, de celte noblesse vénérable, devant ses titres aux services rendus au pays. Ses pères avaient donjon sur roche et fief dans la campagne. »
Et M. Barbou cite également comme preuve la généalogie des Hugo, donnée par d'Hozier (1).
Mais Victor Hugo lui-même s'est déclaré descendant direct des Spitzemberg. Dans les Misérables(1re partie, livre I, ch. 5), il dit : « Dans une autre dissertation, l'évêque de D. examine les œuvres théologiques de Hugo, évêque de Ptolémaïs, arrière grand-oncle de celui qui écrit ce livre. »
II aime, du reste, dans tous ses ouvrages, à rappeler l'illustration de ce nom.
Ainsi dans William Schakespeare (p. 338), il nous présente « Françoise d'Issembourg de Happoncourt, femme de Francois Hugo, chambellan de Lorraine et fort célèbre sous le nom de Mme de Graffigny. »
Dans Notre-Dame de Paris (livre IV, ch. 5), il parle de l'évêque Hugo de Besançon : « Hugo II di Bisuncio, 1326,
1332. »
Dans ses Lettres sur le Rhin (t. I, p. 101), il rappelle qu'au moyen âge la ville de Mézières a été anoblie par « le comte Hugo. »
Dans les Misérables (2e partie, 1. I), décrivant le champ de bataille de Waterloo, il dit : « Hougomont, pour l'antiquaire, c'est Hugo mons. Ce manoir fut bâti par Hugo, sire de Somerel, le même qui dota la sixième châtellenie de l'abbaye de Villiers, » etc., etc.
Enfin, dans Victor Hugo raconté par un témoin de sa vie, sorte de mémoires écrits par Mme Hugo, à peu près sous la dictée du poète, et dont il a lui-même reconnu l'authenticité en leur donnant place dans l'édition définitive de ses œuvres personnelles, on lit à la première page:
« Le premier Hugo qui ait laissé trace, parce que les documents antérieurs ont disparu dans le pillage de Nancy par les troupes du maréchal de Créquy, en 1670, est un Pierre-Antoine Hugo, né en 1532, conseiller privé du grand duc de Lorraine, et qui épousa la fille du seigneur de Bioncourt. Parmi les descendants de Pierre-Antoine, je remarque au XVIe siècle, Anne-Marie, chanoinesse de Remiremont; au XVIIe, Charles-Louis, abbé d'Étival, évêque de Ptolémaïde, auteur d'un recueil estimé : Sacrœ antiquitatis monumenta; au XVIIIe siècle, Joseph-Antoine, officier près du maréchal de Montesquiou, tué à la bataille de Denain; Michel-Pierre, lieutenant-colonel, au service de Toscane; et Louis-Antoine, que M. Abel Hugo disait être le conventionnel Hugo, exécuté pour modérantisme. »
Après des indications aussi précises, on doit croire que Victor Hugo avait des preuves certaines qu'il descendait des Hugo de Lorraine, originaires de Rouvrois et plus tard barons de Spitzemberg.
Cependant on a soutenu le contraire.
M. Edmond Biré, dans un ouvrage récent (1882), Victor Hugo avant 1830, a solidement prouvé qu'il n'y avait aucun rapport entre les ascendants de Victor Hugo et la famille citée par d'Hozier, en se servant de documents découverts par M. Lepage et M. Charles Courbe.
Ce dernier écrivait dans l'Intermédiaire des Curieux (14e année, p. 69) : « La famille Hugo était très nombreuse à Beaudricourt, à Biécourt et à Rouvres-en-Xaintois. Quant aux Hugo de Rouvrois-sur-Meuse, qui sont devenus barons de Spitzemberg, on ne peut les rattacher en aucune façon aux Hugo du Xaintois. »
Nous soutiendrons la même thèse; mais comme la question intéresse tout spécialement les Vosges et Saint-Dié, où les Hugo de Spitzemberg ont joué un rôle important, nous donnerons quelque développement aux preuves historiques, en nous attachant surtout à présenter une généalogie aussi complète que possible de cette famille.
Nous établirons ainsi qu'il ne s'y trouve aucune solution de continuité, ni aucune dérogeance dans la filiation, qui permette d'y rattacher les Hugo du Xaintois, ancêtres de Victor Hugo, dont nous donnerons ensuite la généalogie.
On remarquera de plus qu'aucun des personnages que nous venons de citer, d'après Mme Hugo, n'a existé dans la famille de Spitzemberg, à l'exception de l'abbé d'Étival.
Pour dresser cet arbre généalogique, nous avons complété les indications de l'Armorial général de d'Hozier (1752) par celles du Nobiliaire de Lorraine de Dom Pelletier (1758), dont la bibliothèque de Nancy possède un exemplaire enrichi de nombreuses notes manuscrites inédites, où nous avons puisé quelques nouveaux documents.
Nous y avons ajouté des extraits des archives de la Meuse, tirés du Nobiliaire de Saint-Mihiel (1865) et des Ruines de la Meuse de M. Dumont, des registres de l'état civil de Saint-Dié, de la Généalogie de la famille de Bazelaire en Lorraine (1882), par M. Louis de Bazelaire de Saulcy, et enfin des Archives de Lorraine.

GÉNÉALOGIE DES HUGO DE LORRAINE

Jean Hugo, capitaine des troupes du duc René II de Lorraine, après de glorieuses campagnes, vint se retirer à Rouvrois-sur-Meuse, au commencement du XVIe siècle. C'est en considération de ses loyaux services que le. duc Antoine accorda à son fils Georges des lettres de noblesse.
M. Dumont a retrouvé, dans les archives de Rouvrois, les pièces d'un procès, datées de 1523, où on le voit paraître devant la justice du lieu. « Il fut condamné, ainsi que son adversaire Robinot, pour s'être réciproquement injuriés en se prétendant plus hommes de bien l'un que l'autre. Ces deux orgueilleux ne luttaient ainsi que de probité Dans une autre occasion, le caractère probablement quelque peu querelleur de Jean Hugo le mit en contestation avec le nommé Pierresson, qui lui échangea une dénégation contre un démenti. Le juge les ayant engagés à s'exécuter par le paiement de l'amende de cinq sous encourue par tous deux, Hugo répondit qu'il n'en ferait rien, et Pierresson de son côté s'écria que le diable lui rompit le cou s'il la payait jamais. Aussitôt Hugo fit remarquer que son adversaire avait nommé le diable, ce qui était un cas grave, une impiété coupable. En effet, l'imprudent Pierresson fut condamné à une amende de dix sous, qui toutefois n'empêcha pas la condamnation de tous deux en cinq autres sous d'amende, l'un pour son déni, l'autre pour son démenti. » (Ruines de la Meuse, t. I, p. 208).
On trouve encore mention dans les archives de Lorraine (Catalogue t. V, p. 24), d'un Hugo (Nicolas), clerc juré à
Conflans-en-Jarnisy, en 1540. Il donne un certificat qu'il lui a été fait commandement par la Dame de Ranconnières, de n'écrire sous le nom de M. Hubert Folar, comme lieutenant de M. le Bailli de Bassigny.

1er Degré

Georges Hugo, fils du précédent, capitaine dans les troupes du duc René, se retira, comme son père, à Rouvrois-sur-Meuse, après ses campagnes. Il fut anobli par lettres patentes de Jean, cardinal de Lorraine et évêque de Verdun, datées de Lillebonne en Normandie, le 14 Avril 1535, et entérinées au bailliage de Verdun.
Les armes qui lui furent données portent : d'azur à un chef d'argent, chargé de deux merlettes de sable, l'écu surmonté d'un casque de profil, fermé, orné de ses lambrequins d'argent et d'azur ainsi que de son bourrelet, et sommé d'un vol banneret d'azur, chargé d'une fasce d'argent.
Antoine, duc de Lorraine, frère du cardinal, confirma l'anoblissement de Georges Hugo par d'autres lettres patentes datées de Nancy, le 16 Octobre 1537.
Ces lettres attestent que Georges Hugo était jeune lorsqu'il les obtint « en reconnaissance des services rendus par Jean Hugo, son père, au duc René, » qu'il avait déjà « fréquenté les guerres » et qu'il s'était « allié et prins party de mariage avec une jeune fille de Sainct-Mihiel, extraicte de noblesse. »
Il épousa en effet Demoiselle Chrétienne (ou Christine) Guyot, fille d'Alexandre Guyot, seigneur de l'Isle-en-Rigaut, et de Dame Christine de Génicourt.
Alexandre Guyot, envoyé du duc Antoine dans les cours de France et d'Espagne, nommé président de la Chambre des Comptes de Bar en 1521, était petit-fils de Georges Guyot, huissier d'armes de René II, et anobli par lui en 1481.
Il mourut en 1564, et nous voyons, le 7 Juillet de cette année, Georges Hugo faire ses reprises au nom de sa femme pour ce qui lui revenait d'héritage à l'Isle-en-Rigaut.
Mais, selon un mémoire de famille dressé en 1719 et cité par d'Hozier, Chrétienne Guyot n'aurait été que la seconde femme de Georges Hugo, qui avait épousé en premières noces une Demoiselle que l'on croit issue de la famille de Blamont, et qu'un autre mémoire, daté de 1680, appelle Jeanne de Blamont.
De ce premier mariage étaient nées trois filles que Dom Pelletier ne cite pas:
1° Nicole, mariée avec noble Antoine Trusson, demeurant à Rouvrois, en 1581.
2° Jeanne, mariée avec François de Mussey, lieutenant-général au bailliage de Hattonchâtel, fils de Dominique de Mussey, exerçant le même emploi, et de Philippe Warin, fille de Jean, prévôt de Hattonchâtel, procureur général de l'évêché de Verdun, puis lieutenant-général au bailliage de Saint-Mihiel. Cette famille est déclarée d'ancienne chevalerie par Didier Richier, dans son Registre de la recherche de la noblesse du bailliage de Saint-Mihiel, en 1587, et dans le Registre des grands-jours de Saint-Mihiel.
3° Anne, qui épousa en 1595, Pierre Gervaise, cinquième fils de Gérard Gervaise, seigneur de Froideau et de Mont-Blainville, docteur en droit, procureur général du bailliage de Clermont, auditeur des Comptes de Bar, conseiller d'État au parlement de Saint-Mihiel.
Cette maison avait été anoblie par le duc René en 1481.
De son second mariage, Georges Hugo avait eu cinq enfants:
1° Hugues Hugo, qui continue la descendance.
2° Jeanne, qui épousa vers 1540, Jean Raulet (alias Raoullet), seigneur d'Ambly en partie, fils d'André Raulet, demeurant à Laumont, et de Jacquemotte de la Grange de Loupmont. Les Raulet avaient été anoblis en 1498.
Jeanne n'eut qu'une fille, Jacquemotte, mariée à Jean de Dieuze.
3° Françoise, qui vint résider à Saint-Mihiel à la suite de son mariage avec Me Didier Raulet, frère du précédent, licencié ès lois et avocat au parlement de Saint-Mihiel, vers 1575. Sa famille la suivit dans cette ville, où nous la voyons fixée à partir de ce moment. Les registres des paroisses, mentionnant ses naissances et ses mariages, et qui sont conservés, nous permettront de rectifier plusieurs erreurs des généalogies données par d'Hozier et par Dom Pelletier. Françoise eut deux fils : André et Georges Raulet.
4° Barbe, mariée à Claude Rouyer, dit Blanchéron.
5° Jean, qui épousa Mayon N..., et forma une branche cadette, de deux générations seulement, que nous donnons ici, d'après les archives de Saint-Mihiel.
Jean Hugo eut de Mayon N... trois enfants:
1° Jehan, ci-après, né le 8 Février 1598, parrain, Gille Thévenin, marraine, Claudine, veuve de M. de Vautrombois.
2° Claudine, née le 11 Mai 1604, Pn, Didier Lescuyer, Me, Dlle Didière Veyrier.
3° Marie, née le 1er Octobre 1609, Pn, Nicolas Malaumont, Me, Delle Anne Barrois.
Jehan Hugo ci-dessus, surnommé le Jeune, épousa Marie Hussenot, d'une famille noble du bailliage de Clermont, dont il eut:
1° Marie, née le 5 Novembre 1627, Pn, noble Nicolas Malaumont, avocat, Me, Jeanne, fille de Daniel Barrois.
2° Lucie, née le 5 Septembre 1630, Pn, noble Nicolas Barrois, avocat, Me, Lucie, épouse de Jacques Rouyer,
avocat.
3° Jeanne, née le 6 Octobre 1632, Pn, J. Rosselange, Me, Jeanne, épouse de Didier Bonnet.
4° Jean, né le 7 Juin 1634, Pn, Jean Toussaint, M°, Mengeon, femme de Cuny Hussenot. Étant mort sans enfants, Jean termine la branche cadette.

2e Degré

Hugues Hugo, fils de Georges, épousa Marguerite Morot, fille de Sébastien Morot, d'une famille anoblie en 1527, et d'Anne Pichomey, dont il eut Claude, qui continue la descendance. Ce dernier naquit après 1581, puisqu'à la recherche de noblesse faite à cette date par Richier, Hugues et sa femme déclarent n'avoir point encore d'enfants, ce qui fait croire à Dom Pelletier qu'il mourut sans héritiers, et que Claude fut son frère cadet.
Hugues était seigneur du fief de Rouvrois, de celui de l'Isle-en-Rigaut, par sa mère, et trésorier de Claude, duc de Guise.

3e Degré

Claude Hugo, fils de Hugues, écuyer, seigneur de l'Isle-en-Rigaut, et gendarme dans la compagnie du prince Nicolas de Lorraine, épousa Élisabeth de Labry, fille de Saül de Labry (ou de la Brie), lieutenant en la prévôté de Conflans en Jarnisy, anobli en 1622 par lettres de Henri, duc de Lorraine, constatant « qu'il a porté les armes et s'est trouvé au siège de Jametz. »
Claude eut trois enfants:
1° François, qui continue la descendance.
2° Claude, chanoine en l'église cathédrale de Metz.
(Dom Pelletier ne cite que ces deux premiers.)
3° Nicolas, seigneur du fief de Rouvrois, capitaine de deux cents hommes dans le régiment de Phalsbourg, tué en 1635 par les Suédois, au siège d'un fort qu'il commandait près de Heidelberg. Il avait épousé Anne Tabouret, fille de Dominique Tabouret de Maxéville, seigneur de Brin, châtelain de Blâmont, officier au service du duc Charles, et de Marie Huguet.
Nicolas eut trois fils, morts sans descendance:
1° Jean, tué au service, étant capitaine dans le régiment de Baudricourt.
2° Claude, capitaine lieutenant au régiment de Champagne, mort à Belfort.
3° Charles, religieux bénédictin.

4e Degré

François Hugo, fils de Claude, écuyer, d'abord lieutenant au service du grand-duc Charles, résida ensuite à Labry, puis à Saint-Mihiel, où il fut avocat au parlement, et syndic de la noblesse du bailliage. Il mourut vers 1664. Il avait épousé, le 17 Mars 1615, Demoiselle Mengeon, Dominique (alias Marguerite) de Tailfumyer, de Commercy, fille de Nicolas de Tailfumyer, seigneur de Pré-sur-Marne, La Mothe et Valcourt, procureur général de la Cour des grands-jours de Commercy, en 1630, époux de Simone le Clerc, Dame de Pré. Cette famille avait été anoblie en 1597 par Charles III.
François Hugo eut six enfants:
1° Claude, née le 10 Novembre 1618, parrain, S. Durand, receveur de Commercy, marraine, Claude, épouse de Jean de Mussey, avocat.
2° Françoise, née le 15 Octobre 1620, Pn, J. Benndesson, avocat, Me, Delle Hélène Tailfumyer de Commercy.
(D'Hozier ne cite pas ces deux filles.)
3° André, né le 27 Novembre 1622, Pn, André Raulet, écuyer, châtelain de Saint-Mihiel, Me, Lucie de Mengeot,
épouse de noble Jean Thévenin, avocat. André Hugo, écuyer, lieutenant de cavalerie dans le pays de Luxembourg, au service de Charles IV de Lorraine, puis du roi d'Espagne, mourut à Labry, après 1681, sans descendance. Il est cité comme témoin présent au partage de biens de Philippe de Doncourt et de Marie Hugo, sa sœur, le 1er Octobre 1681.
4° Catherine, née le 9 Mars 1625, Pn, Nicolas Bournon, avocat, Me, Delle Catherine Hyérôme, fille du châtelain de Kœur, épousa en 1650 Michel de la Marre, écuyer, capitaine au régiment de Feuquières.
5° Nicolas, né le 18 Avril 1630, qui continue la descendance.
6° Marie, née le 22 Septembre 1632, Pn, Joseph Christophe, avocat, Me, Marie Mouzin, épouse Raulet, écuyer. Elle fut mariée, le 21 Janvier 1664, à Philippe de Doncourt de Jarny, seigneur de Ville-sur-Illon et de la Ville-aux-Prés, capitaine de cavalerie au service d'Espagne. Une généalogie manuscrite des Doncourt, intercalée dans le Nobiliaire de Dom Pelletier, appartenant à la bibliothèque de Nancy, indique qu'il obtint de M. de Turgot, intendant à Metz, un jugement du 25 Février 1698, signifié le 22 Mars suivant, établissant la noblesse de ses enfants. Sa femme mourut en 1681.

5e Degré

Nicolas Hugo, fils de François, eut pour parrain noble Nicolas Barrois, et pour marraine Marie Thévenin, épouse de Jean de Mazaulx, capitaine en l'armée du roi de France. Il était lieutenant au régiment du cardinal de Lorraine pour le service de la France, puis, s'étant retiré comme avocat à Saint-Mihiel, il fut nommé syndic de la noblesse du bailliage et procureur de la Prévôté-Moine. Il épousa, le 1er Juillet 1662, Demoiselle Glossinde des Collins, fille de Nicolas Collin, greffier de la prévôté des terres et seigneuries du Chapitre de Verdun, d'une famille anoblie en 1628.
Il en eut treize enfants, savoir:
1° André François, né le 28 Mai 1663, Pn, André Hugo, son oncle, Me, Jeanne Arnault. Il fut d'abord chanoine de Hattonchâtel et chapelain de la chapelle des Meniant (ou de Magnan) en l'église abbatiale de Saint-Mihiel, fonction qu'il permuta le 15 Février 1700 avec celle de chantre en l'église primatiale de Lorraine.
2° Nicolas-Ignace, né le 28 Septembre 1664, qui continua la descendance.
3° Henriette-Thérèse, née le 27 Février 1666, Pn, André Raulet, écuyer, gentilhomme de Mme d'Orléans, Me, Henriette, épouse du procureur général. Elle épousa, le 19 Mars 1687, Dominique-Ignace (alias Bernard) de Guilbon, écuyer, seigneur de Chantelut en Bourbonnais et de Montferrat, capitaine de Carabiniers, au service de France, chevalier de Saint-Louis.
4° Charles-Hyacinthe, né le 20 Octobre 1667, Pn, Charles-François Durand, assesseur au bailliage, Me, Marguerite, épouse de Charles-Vincent, secrétaire du cabinet de S. A. Charles-Hyacinthe, connu en religion sous le nom de Louis, prémontré, docteur en théologie, auteur de plusieurs ouvrages estimés et historiographe de Lorraine, fut nommé abbé d'Étival en 1722, évêque de Ptolémaïde en 1728, conseiller d'État du duc Léopold. Il mourut en son abbaye le 2 Septembre 1739.
5° Jeanne-Claude-Philippe, née le 23 Juillet 1669, Pn, Philippe Saillet, conseiller, Me, Claude, dame Piart, avocat. Elle épousa Jean de Massiac, capitaine au régiment de la reine de France et major de Fort-Louis sur le Rhin.
(D'Hozier ne cite que les cinq enfants précédents.)
6° Jean-Alexis, né le 6 Décembre 1670, Pn, noble Charles-Alexis de l'Isle, Me, Anne-Marie, épouse Olriot de Jubainville, lieutenant général du bailliage. Il mourut en bas âge.
7° Philippe-Joseph, né le 5 Janvier 1672, Pn. Philippe de Gondrecourt, prévôt, Me, Delle Madelaine Collin. Mort sans enfants.
8° Jean-Claude, né le 4 Janvier 1673, Pn, Duplessis, procureur général, Me, DeIle Anne de Mirecourt. Mort sans enfants.
9° Anne-Varie, née le 4 Mai 1674, Pn, François-Josias Bousmard, conseiller, Me, Dlle Anne Gâchette.
10° Charlotte-Marie, née le 28 Août 1675, Pn, François Barrois, avocat et prévôt de l'abbaye, Me, Charlotte, épouse de Charles Tailfumyer, avocat.
11° Lucie-Marie, née le 25 Octobre 1676, Pn, François Millet, curé de Ranzières, Me, Lucie Malhelin, Dame Collin.
12° Suzanne-Marie-Glossinde, née le 6 Novembre 1679, Pn, Nicolas Arnoulx, curé de Dugny, Me, Delle Suzanne Piart. Elle se fit religieuse annonciade à Saint-Mihiel.
13° Marie-Barbe, née le 17 Août 1681, Pn, Louis Hurault, avocat, Me, Barbe Gervaise, épouse du baron de Lentillac.
Malgré une si nombreuse famille, Nicolas Hugo, étant devenu veuf, se remaria en 1692 à Catherine Honnot, veuve de Barthélemy-Jeannot de la Malmaison, d'une famille anoblie par Charles III en 1595.
Il n'eut pas d'enfants de ce second mariage.

6e Degré

Nicolas-Ignace Hugo, fils de Nicolas, eut pour parrain Nicolas Collin, son grand-père, et pour marraine Marguerite Arnould, Dame Pierron. Il fut avocat, puis nommé conseiller auditeur en la Chambre des Comptes de Lorraine, le 11 Septembre 1707 et maître en la même Chambre, le 22 Avril 1715, enfin procureur du roi en la maîtrise de Longwy. II épousa, le 19 Janvier 1689, Demoiselle Christine le Tabary, fille de Jean le Tabary, contrôleur des domaines et gruerie de Saint-Mihiel, et de Nicole Bourcier, sa femme. Il en eut neuf enfants, savoir:
1° Marie-Anne-Nicole, née le 8 Décembre 1689, Pn, Ignace Tabary, Me, Dlle, Marie-Lucie Hugo, sa tante.
2° Jeanne-Catherine, née le 6 Décembre 1690, Pn, Jehan le Tabary, contrôleur, Me, Nicole Bourcier, sa femme, aïeux. Elle mourut le 6 Août 1697.
3° Jeanne-Victoire, née le 23 Août 1692, Pn, François Barrois, écuyer, seigneur de Saint-Remy, Me, Marie Platel, Dame Montigny. Elle mourut le 5 Avril 1700.
4° Nicolas-François-Ignace, né le 31 Juillet 1693, Pn, François Hugo, chanoine de Hattonchâtel, son oncle, Me, Barbe de Tailfumyer, épouse de Nay, conseiller au Parlement de Metz. Il fut pronotaire apostolique et chanoine de l'Église primatiale de Lorraine.
5° Claude-Christine-Thérèse, née le 10 Février 1695, Pn, Claude Laurent, chanoine de Verdun, Me, Delle Claude Hugo, sa tante. Elle mourut religieuse de Sainte-Elisabeth à Nancy.
6° N..., né le 12 Décembre 1695, mort le 14.
7° Jean-Baptiste-Alexis, né le 24 Mai 1697, Pn, Jean le Tabary. contrôleur, Me, Nicole Bourcier, sa femme, aïeux.
Mort le 30 Janvier 1700.
8° Charles-Hyacinthe, né le 16 Décembre 1699, qui continue la descendance.
9° Henriette, annonciade à Saint-Mihiel.
(D'Hozier n'a cité que les 3e, 4e, 5e et 8e de ces enfants.)

7e Degré

Charles-Hyacinthe Hugo, fils de Nicolas-Ignace, eut pour parrains Nicolas-François-Ignace Hugo, et Jeanne-Victoire, ses frère et sœur. Il servit d'abord pendant quelques campagnes en qualité de volontaire dans le régiment de Condé-Cavalerie, au service de la France. Puis il fut nommé conseiller en expectative et auditeur en la Chambre des Comptes de Lorraine, en survivance de son père. Il épousa, par contrat du 9 Mars 1734, Demoiselle Anne L'Huilier de Spitzemberg, fille de Charles-Léopold L'Huilier de Castres, écuyer, seigneur de la capitainerie de Spitzemberg, capitaine, pour le service du roi de France, au régiment de Bassigny. Marié à dame
Anne Florentin dont il eut cinq filles et un fils mort sans enfants au service de l'empereur, et privé d'héritier mâle, le capitaine de Spitzemberg obtint de faire passer sa seigneurie héréditaire aux mains de son gendre. Charles-Hyacinthe Hugo reçut donc de François, duc de Lorraine, des lettres patentes datées du 20 Novembre 1736, par lesquelles, lui, ses enfants et sa postérité furent créés chevaliers et héritiers du titre de barons de Spitzemberg. Il mourut à Étival le 24 Janvier 1738, en l'abbaye de son oncle, et fut enterré en l'église de ce lieu.
Il laissait trois enfants, savoir:
1° Nicolas-Dieudonné, chevalier, né le 12 Juin 1735, mort sans enfants, lieutenant de dragons, au régiment de Caraman, et capitaine dans la légion de Flandre.
2° Louis-Charles-Toussaint, né le 29 Mai 1736, qui continue la descendance.
3° Joséphine-Mechtilde, alias Melctide, née le 6 Juillet 1737.

LES L'HUILIER DE SPITZEMBERG

Il est bon de donner ici l'origine de cette famille qui transmit ses titres aux Hugo.
On trouve déjà en 1608 une Demoiselle Louise L'Huilier, chanoinesse de Poussay. Mais l'anoblissement de la famille ne date que de 1646.
A) Dominique L'Huilier, natif de Moyemont, était lieutenant-colonel d'infanterie dans les troupes de Lorraine, lorsqu'il fut anobli par lettres expédiées de Bruxelles, le 17 Janvier 1646, vérifiées le 14 Septembre suivant, et contenant que « pendant treize années de services qu'il a rendus dans les armées, y ayant eu quatre compagnies, tant de cavalerie que d'infanterie, et en la conduite d'icelles rendu des preuves si infaillibles de son courage en toutes les occasions qui se sont présentées, qu'il a donné lieu à S. A. de se reposer sur lui de deux postes des plus importantes places de son obéissance, au temps qu'elle a jugé être le plus nécessaire d'y avoir une personne de conduite et d'expérience pour résister à la force des ennemis qui y voulaient entreprendre et où il s'est comporté de sorte qu'il a donné à sadite Altesse toute satisfaction, etc. »
Les armes parlantes de L'Huilier portent d'azur à une bande d'argent, chargée de trois olives de sinople, et pour cimier un dextrochère tenant une branche d'olivier au naturel.
Dominique L'Huilier, colonel d'infanterie, et successivement gouverneur de Bitche, Hombourg, Neufchâteau et Landsluhl (2), était frère de François L'Huilier, vivant en 1652. Il obtint de Charles IV l'hérédité de la capitainerie de Spitzemberg, en indemnité de ce qu'il avait été fait trois fois prisonnier en combattant pour son service, et avait chaque fois racheté sa liberté à grands frais et à ses dépens. Il épousa Marguerite de Bar, sœur de la fondatrice des Dames du Saint-Sacrement et en eut quatre enfants:
1° Nicolas, qui continue la descendance.
2° Françoise, mariée en 1652 à Claude Gauthier, seigneur de Fremifontaine et de Vienville, maître ès arts, licencié ès droits, gentilhomme ordinaire de Gaston de France, duc d'Orléans, capitaine et prévôt de Saint-Dié.
Elle eut entre autres enfants : 1° .Marguerite, mariée à Jean-François Humbert, baron de Gircourt; 2° Gertrude; 3° Catherine.
3° Marguerite, mariée à Gérard de la Grand-Maison, capitaine au régiment de son beau-père, natif d'Essey-en-Voivre, anobli par lettres de Charles IV, données à Nancy le 14 Novembre 1667.
4° Adrienne, qui épousa Jean de la Rue, prévôt de Norroy-le-Veneur, vers 1677.
B) Nicolas L'Huilier, flls de Dominique, seigneur de Spitzemberg, Vanzel, Saint-Marcel, etc., capitaine d'infanterie, écuyer de S. A. R. la princesse Marguerite de Lorraine, duchesse d'Orléans, épousa Charlotte-Thérèse de Castres, d'une maison illustre, le 14 Janvier 1670, et en eut cinq enfants:
1° Charles-Léopold, qui continue la descendance.
2° Marie.
3° Madelaine.
4° Catherine, religieuse à Malnoue.
5° Elisabeth-Françoise, épouse de Paul Benoit, chevalier, comte de Braque, gouverneur d Auxerres, intendant et contrôleur général des écuries et livrées de la maison du roi.
C) Charles-Léopold L'Huilier, fils de Nicolas, seigneur de la capitainerie de Spitzemberg et capitaine d'infanterie, épousa Anne Florentin, dont il eut sept enfants:
1° Catherine, religieuse du Saint-Sacrement.
2° Jeanne, carmélite.
3° Toussaint, mort sans enfants, capitaine au service de l'empereur.
4° Anne, qui épousa Charles-Hyacinthe Hugo.
5° Gertrude, qui resta fille.
6° Marguerite-Dieudonnée, ou Adéodate, qui épousa François Magnien, seigneur de Serrières, d'Art-sur-Meurthe, de Porcieux et de Langley, contrôleur de l'hôtel de S. A. R. Elle mourut le 23 Novembre 1713.
7° Ursule, mariée à Ange du Teil, capitaine au régiment royal d'artillerie.
N'ayant plus d'héritiers mâles, Charles Léopold L'Huilier céda sa seigneurie à son gendre, Charles-Hyacinthe Hugo.

8e Degré

L'Armorial général de France et le Nobiliaire de Lorraine ayant été publiés en 1752 et 1758, l'arbre généalogique dressé par d'Hozier et Dom Pelletier s'arrête forcément au milieu du XVIIIe siècle. M. Barbou, dans Victor Hugo et son temps, en profite pour y introduire Sigisbert Hugo, père de Victor Hugo, et le présenter comme le petit-fils de Charles-Hyacinthe Hugo.
De même, un historien lorrain très compétent, M. Dumont, suppose que Joseph Hugo, menuisier à Nancy, grand père de Victor Hugo, doit prendre ici sa place dans la généalogie des barons de Spitzemberg. « Cette circonstance, d'une origine aussi modeste, dit-il, n'exclut pas la descendance de Georges, habitant de Rouvrois. On pourrait expliquer les dérogeances dans la filiation par le malheur des temps qui auraient jeté quelques parents dans les professions manuelles, jusqu'au menuisier. » (Nobiliaire de Saint-Mihiel, t. II, p. 81.)
Et dans les Ruines de In Meuse (t. I, p. 210), le même auteur dit encore : « Sa filiation a été rapportée dans le nobiliaire de Lorraine. On voit cette famille parvenue aux postes les plus élevés, descendre jusqu'à un menuisier, dont les fils, comme nous venons de le dire, sont remontés encore plus haut que leurs ancêtres. »
Malheureusement pour cette filiation fantaisiste, et heureusement pour l'histoire, les actes de l'état civil de la commune de Saint-Dié sont là pour nous donner la descendance de Charles-Hyacinthe, et on peut encore la compléter par la généalogie de la famille de Bazelaire, dont les Hugo sont devenus par alliance- une branche collatérale.
Louis-Charles-Toussaint Hugo, fils de Charles-Hyacinthe, chevalier de Spitzemberg, Biffontaine, Neuvillers, Raves, Ginfosse, Combrimont, etc., major au 1er régiment des gardes de l'empereur, en Toscane, épousa, le 25 Septembre 1770, Marie-Catherine de Bazelaire de Lesseux, Dame de Neuvillers, née à Saint-Dié, le 18 Octobre 1744, morte à Nancy, le 3 Août 1820, fille de Florent-Joseph de Bazelaire de Lesseux, conseiller du roi, lieutenant-général civil et criminel au siège de Saint-Dié, grand-maître des eaux et forêts, subdélégué de l'intendance, conseiller intime du roi Stanislas.
Louis-Charles-Toussaint eut quatre enfants de ce mariage:
1° Thérèse-Gertrude-Charlotte-Joséphine, née à Saint-Dié, le 5 Juillet 1771, qui eut pour parrain messire Nicolas-Dieudonné Hugo, seigneur de Spitzemberg, capitaine dans la légion de Flandre, son oncle, et pour marraine Anne-Thérèse d'Andlau de Bazelaire de Lesseux, sa bisaïeule. Le parrain fut représenté par messire Dominique Richard, conseiller, secrétaire intime de feu Sa Majesté impériale, cousin de la baptisée.
Élevée à la maison royale de Saint-Cyr, elle fut pendant la Révolution le soutien de sa famille qu'elle nourrissait du travail de ses mains. Après la mort de sa mère, elle quitta la France pour s'établir avec ses frères dans le Wurtemberg, et mourut à Stuttgard, le 5 Décembre 1841.
2° Louis-Joseph-Dieudonné, né à Saint-Dié, le 22 Octobre 1772. Il eut pour parrain Louis-Joseph Bazelaire de Lesseux, seigneur dudit lieu, ban de Lusse et dépendances, conseiller du roi et maître particulier de la maîtrise royale de Saint-Dié, et pour marraine Demoiselle Gertrude L'Huilier de Spitzemberg.
Élevé à l'école militaire Caroline à Stuttgard, lieutenant au régiment de Bouillon, émigré en 1793 dans l'armée des princes, plus tard officier au service du Wurtemberg, il mourut sans enfants, à Louisbourg, le 12 Novembre 1804.
Il avait épousé Caroline, comtesse de Martinengo, morte à Stuttgard, le 29 Août 1819.
3° Claude-François-Nicolas, né à Saint-Dié, le 8 Novembre 1773, eut pour parrain M. de Boulon, seigneur de Toulon, Ciry, etc. (Saône-et-Loire), ancien officier des troupes légères, au service de France, représenté par M. Sigisbert de Bazelaire de Saulcy, conseiller à la Cour souveraine de Nancy, son oncle, et pour marraine Mme Charlotte de Lesseux, née baronne de Redoublé de Mortagne, sa grand'mère.
Élevé à l'école ducale Caroline, sous-lieutenant aux hussards de Lauzun en 1787, émigré en 1793, il fut nommé
lieutenant au régiment des hussards de Choiseul, au service d'Angleterre, dont son oncle le comte Pestalozzi était colonel. Il entra au service du Wurtemberg en 1798. Chevalier de la Légion d'honneur et décoré du mérite militaire Wurtembergeois en 1807, colonel de son régiment en 1810, il reçut du roi de Wurtemberg sa retraite en 1812, avec le grade de général-major. Il mourut sans enfants à Stuttgard, le 21 Juillet 1855. On lui avait donné dans l'armée le surnom de Brockfeld.
4° Louis-François-Xavier-Antoine, né à Saint-Dié, le 21 Juillet 1781, eut pour parrain messire François-Xavier
de Millier, avocat général au Conseil souverain d'Alsace, son oncle maternel, et pour marraine Demoiselle Anne-Thérèse de Bazelaire de Lesseux, sa tante maternelle.
Il continua la descendance.
L'assassinat de Louis-Charles-Toussaint fut un terrible événement qui entraîna dans l'émigration ces descendants d'une de nos vieilles familles. Le 1er Septembre 1793, M. de Spitzemberg fut massacre à Saint-Dié par une foule furieuse. Si triste que soit le récit de cet assassinat, nous croyons devoir le donner à la suite de ce travail, car on l'a trop souvent présenté avec des détails faux.
Un collaborateur de l'Intermédiaire des Curieux, qui signe J. Gt, raconte (p. 462 de la 14e année), « qu'ayant habité Stuttgard, il a connu personnellement les frères Hugo de Spitzemberg, et plus particulièrement Charles qui est mort ministre de Wurtemberg. Leur père racontait encore dans ses vieux jours, avec les larmes aux yeux, les scènes de la terreur dont son propre père ou aïeul fut victime, ayant été scié entre deux planches par des paysans ameutés. »
M. Edmond Biré, dans son ouvrage précité (p. 21), dit aussi qu'il fut « massacré par la populace de Saint-Dié et
scié entre deux planches. »
Ce détail horrible est matériellement faux, comme on le verra par les procès-verbaux reproduits plus loin, qui sont trop impartiaux et trop détaillés pour avoir omis ce fait, s'il avait existé.
Le premier de ces mémoires est un manuscrit inédit, rédigé par un témoin des faits et que nous possédons malheureusement incomplet et anonyme.
Le second, qui le complète, est le procès-verbal dressé par le maire Souhait, cinq jours après les événements, pour être présenté au représentant du peuple Guyardin et à la Convention.

9e Degré

Louis-François-Xavier-Antoine, fils de Louis-Charles Toussaint, émigra comme ses frères et devint lieutenant-général, grand chambellan du roi de Wurtemberg. Il épousa Elisabeth-Juliane-Caroline-Charlotte, baronne de Massembach, née à Berlin, le 29 Avril 1803, morte à Sluttgard, le 17 Mai 1857. Il y mourut aussi le 25 Avril 1864, laissant quatre fils:
1° Guillaume, né à Stuttgard, le 19 Janvier 1825, qui continue la descendance.
2° Frédéric-Henri-Charles, né à Stuttgard, le 19 Septembre 1826, conseiller d'État, chambellan du roi de Wurtemberg, ministre plénipotentiaire à Berlin, où il mourut, le 13 Décembre 1880. Pendant la guerre de 1870, il demanda et obtint de ne point prendre part à la campagne contre la France, et usa de son influence pour adoucir la captivité des prisonniers français. Il avait épousé Hildegarde, baronne de Warnbüler, de Nemmingen, née le 20 Janvier 1843. De ce mariage sont nés:
a) Constantin-Henri-Conrad-Lothard, né à Berlin, le 16 Octobre 1868.
b) Anne-Francisca-Vilma-Caroline-Johanna, née à Berlin, le 21 Juin 1877.
3° Alfred, né à Stuttgard, le 12 Avril 1830, mort sans enfants le 10 Août 1848. ,
4° François-Xavier, né à Stuttgard, le. 30 Décembre 1840, lieutenant de la garde à cheval, mort à Interlaken, le 17 Juillet 1861, sans enfants.

10e Degré

Guillaume, baron Hugo de Spitzemberg, fils de Louis-François-Xavier-Antoine, général-major au service du Wurtemberg, grand chambellan, premier aide de camp du roi, épousa Marie, baronne de Herman, née le 16 Décembre 1837.
« Pendant la dernière guerre, raconte M. Charles Courbe, dans l'Intermédiaire des Chercheurs (15e année, p. 362). un Hugo de Spitzemberg était général de division. Il existe toujours et habite toujours Stuttgard. L'autre, attaché militaire et ambassadeur du roi de Wurtemberg à la Cour de Berlin, vient de mourir. Ces Messieurs avaient demandé et obtenu, en 1870, de ne point faire la campagne. Il leur répugnait de prendre les armes contre la France, patrie de leurs ancêtres. Seulement, comme ils avaient demandé à quelques uns de leurs amis de visiter les derniers débris du château de leurs pères, ceux-ci ont dû s'adresser à quelqu'un qui a bien voulu nous transmettre ces renseignements. »
Guillaume de Spitzemberg eut quatre enfants:
1° Maximilien-Xavier-Guillaume, né à Stuttgard, le 18 Mars 1858, lieutenant de dragons au service du Wurtemberg, mort à Ulm, le 2 Décembre 1881.
2° Élisabeth, née à Stuttgard, le 8 Mars 1860.
3° Olga, née à Stuttgard, le 17 Janvier 1863.
4° Amélie, née à Stuttgard, le 25 Mai 1869.
Son neveu, Constant-Henri, est donc le seul héritier du titre de baron de Spitzemberg.
Nous avons ainsi, sans aucune solution de continuité, le tableau généalogique complet des Hugo de Lorraine, depuis 1523 jusqu'à 1885, et dans ce tableau, pas une lacune où il soit possible d'introduire le père ou le grand-père de Victor Hugo, ni aucun de ses ascendants. Nous n'y avons trouvé non plus aucune des illustrations que cite le « témoin de sa vie, » ni Pierre-Antoine, né en 1532, conseiller privé du grand-duc de Lorraine, et qui épousa la fille du seigneur de Bioncourt; ni Anne-Marie, chanoinesse de Remiremont, dont on ne trouve pas la moindre trace sur les obituaires, pourtant bien complets, du Chapitre; ni Joseph-Antoine, officier près du maréchal de Montesquiou, tué à la bataille de Denain; ni Michel-Pierre, lieutenant-colonel au service de Toscane; ni François, chambellan de Lorraine, époux de Françoise d'Issembourg de Happoncourt; ni même Louis-Antoine, le conventionnel exécuté pour modérantisme (3).
Tous ces personnages ont cependant occupé des fonctions trop importantes pour que les documents de l'époque les aient pu passer sous silence, et il est au moins singulier qu'on puisse reconstituer une généalogie aussi complète, même dans ses noms les plus obscurs, sans qu'il soit possible de retrouver dans nos archives la moindre trace des membres de cette famille, qui auraient occupé, selon Mme Hugo, les plus hautes positions et contribué le plus à son illustration
Aussi nous ne doutons pas que les généalogistes et les historiens ne soient très reconnaissants à la famille de Victor Hugo de les laisser prendre connaissance des documents qu'elle possède sans doute, et qui attestent l'existence de ces conseillers privés, chanoinesses et chambellans inédits.
En attendant, nous ne pouvons que nier, pièces en main, l'origine que s'est attribuée Victor Hugo.

LES ANCÊTRES DE VICTOR HUGO

Il nous reste, pour terminer cette étude, à reconstituer la véritable généalogie de l'illustre poète, à l'aide de documents indiscutables, les actes de l'état civil que nous allons transcrire simplement:

1° ACTE DE NAISSANCE DU PÈRE DE VICTOR HUGO
15 Novembre 1773. Joseph-Léopold-Sigisbert, fiis de Joseph Hugo, maître menuisier, et de Jeanne-Marguerite Michaud. Parrain, le sieur Joseph Réchet, avocat à la Cour, marraine, Demoiselle Marthe-Elisabeth Béchet. (Registres de la paroisse de Saint-Epvre.)

2° ACTE DE MARIAGE DU GRAND-PÈRE DE VICTOR HUGO
22 Janvier 1770. Joseph Hugo, maître menuisier, veuf de Dieudonnée Béchet, fils de Jean-Philippe Hugo et de feu Catherine Grandmaire, avec Marguerite Michaud, gouvernante d'enfants chez M. le comte Rosières d'Euvezin. (Registres de la paroisse de Saint-Epvre.)

3° ACTE DE NAISSANCE DU GRAND-PÉRE DE VICTOR HUGO
Joseph, fils légitime de Jean-Philippe Hugo et de Catherine Grandmaire. sa femme, est né et a été baptisé le 24 Octobre 1727. Il a eu pour parrain Joseph Lhuillier, laboureur à Offroicourt, et pour marraine, Marguerite Christophe, femme de Claude Mansuy, de ce lieu, qui ont signé.

4° ACTE DE MARIAGE DU BISAÏEUL DE VICTOR HUGO
1er Janvier 1707. Jean-Philippe, fils de Jean Hugo, paroissien de Domvallier, et de Catherine Mansuy, et Catherine Grandmaire, fille de défunt Didier Grandmaire et de Marguerite Voiry, paroissiens de Baudricourt. (Registres de la paroisse de Baudricourt, près Mirecourt.)
C'est à Domvallier, dont il était paroissien, que l'on devrait trouver l'acte de mariage de Jean Hugo, trisaïeul de
Victor Hugo. Malheureusement les plus anciens registres de cette paroisse ne remontent pas au delà de 1699, et s'arrêtent à cette dernière date, à l'acte de mariage de Anne Hugo, fille de Jean Hugo et sœur de Jean-Philippe ci-dessus.
Mais M. Chevreux, archiviste à Epinal, a découvert récemment un passage d'une délibération de l'Hôtel de Ville de Mirecourt, ainsi conçu : « 20 Août 1631 - Traité passé par la Ville avec Claude Hugo, dit le Hollandais, lequel s'oblige à enterrer les corps morts pendant le temps de la maladie (la peste), moyennant 40 francs par mois et la nourriture. » Un autre document, un extrait de compte de la ville de Mirecourt, daté de cette même année, donne le lieu de résidence de Claude Hugo, qui exerçait à Mirecourt. On lit dans cet extrait de comptes : « A Claude Hugo, de Ramécourt, enterreur de morts de contagion, paie quarante francs par mandement dudit conseil, etc. » Or, Ramécourt est une annexe de Domvallier. Un autre document, daté d'un siècle et demi
plus tard, nous montre que ces Claude Hugo étaient bien des habitants de Domvallier. Dans la liste des émigrés des Vosges, en 1793, on trouve Jean-Claude Hugo, fermier à Domvallier pour le marquis de Bassompierre, émigré. (Archives des Vosges.)
En résumé, voici la filiation qui peut être établie : Vers la fin du XVIe siècle, un Hollandais ou une famille hollandaise portant le nom de Hugo vint s'établir dans les environs de Mirecourt, à Domvallier, en la personne de Claude Hugo, auquel resta le surnom du Hollandais. De ce Claude Hugo descend Jean Hugo de Domvallier, époux de Catherine Mansuy. De Jean Hugo de Domvallier descend Jean-Philippe Hugo, marié à Domvallier à Caiherine Grandmaire. Jean-Philippe Hugo, paroissien de Domvallier, vient s'établir à Baudricourt, à une demi-lieue, et il a pour fils Joseph Hugo, père du général et grand-père de Victor Hugo.
Mais cette date de 1631 à laquelle nous sommes remonté, suffira pour démontrer que les Hugo de Domvallier,
de Baudricourt et de Nancy, n'ont rien de commun avec les Hugo de Rouvrois, de Saint-Mihiel, de Labry et de
Spitzemberg.
Les origines de Victor Hugo n'en sont que plus vosgiennes, et c'est pour en faire honneur à notre département que nous avons tenu à le démontrer.
Si elles sont plus modestes que celles que lui élèvent ses biographes, elles ne peuvent que mieux convenir au génie assez grand par lui-même pour pouvoir se passer d'aïeux, et qui pouvait dire : ma noblesse paternelle date de Naples, de Madrid, de Thionville, et la mienne, des Odes, d'Hernani, de Notre-Dame de Paris.
Gaston SAVE.
4 Octobre 1885.

(1) M. Macé de Challes raconte dans le Figaro du 15 Juillet 1885 que ce fut un ami, Méry, qui apporta un jour triomphalement à Victor Hugo le quatrième registre de l'Armoriai de d'Hozier contenant la généalogie de Georges Hugo, et que ce qui frappa tout d'abord les amis de Victor, dans cette généalogie, ce fut la qualité de capitaine des gardes; on s'imagina volontiers que le soldat devait être la souche de cette famille de soldats.
(2) M. le Baron G. d'Huart vient de publier dans les Mémoires de la Société d Archéologie, lorraine (XIIIe vol., p. 160), une notice sur Jean de Croonders, gouverneur de Hombourg, dans laquelle il est souvent question de Dominique L'Huilier. On y voit qu'il fut nommé gouverneur de Landstuhl en Juillet 1655, et commandant d'un des quatre derniers régiments de Charles IV en 1661.
(3) Ce dernier, qui s'appelait Joseph et non Louis-Antoine, était né & Mirecourt, en 1747, où il fut avocat et notaire, administrateur du département en 1790, puis membre du directoire. Après la Convention, il devint juge au tribunal criminel d'Épinal, président en 1798, juge à la Cour d'Appel de Nancy en 1800, conseiller en 1811; il prit sa retraite en 1816 et mourut à Valfroicourt en 1825, ne laissant qu'une fille mariée à son neveu Émile Delpierre, conseiller à la Cour de Metz.
 

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