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Le serment constitutionnel - 1791
 


Revue des questions historiques
Ed. Plon (Paris) - 1912

Le directoire du district de Blâmont, dans une liste du 30 mai 1791, accuse, pour cinquante-huit ecclésiastiques fonctionnaires publics, vingt-huit serments purs et simples, vingt-sept serments faits après un préambule ou avec des explications et trois refus. A vrai dire, on ne pouvait parler de refus : les trois curés d'Igney, de Réchicourt et de Verdenal n'avaient pas prêté le serment, mais ils avaient proposé des formules dont les municipalités de leurs paroisses n'avaient pas voulu.
Il est impossible de vérifier exactement les chiffres du directoire de ce district, d'après les attestations des municipalités : dans trois paroisses, Ibigny, Veho, Xousse, les municipalités ne dressèrent aucun procès-verbal et pour répondre à l'enquête ordonnée en messidor an II, elles devront faire appel aux souvenirs des paroissiens et du curé. Plusieurs attestations disent simplement que le serment a été prêté « à la satisfaction de tous », alors qu'il s'agit d'un serment restrictif : ainsi, à Blâmont où le curé et ses deux vicaires furent d'actifs opposants, à Repaix où le maire qui atteste n'est autre que le curé; ainsi encore à Ancerviller pour le curé et le vicaire, à Tanconville, à Montreux; dans ce village, le curé, qui avait prêté son serment le 23, alla vérifier le 26 le procès-verbal rédigé par la municipalité; sa restriction était omise : il exigea qu'elle fût ajoutée. A Sainte-Pole, le curé et son vicaire ont déclaré réserver « les intérêts de la religion et les droits spirituels de l'Église; » la municipalité trouve que cette réserve est insignifiante et le serment légitime, puisque l'Assemblée a déclaré ne pas vouloir toucher à ces choses. Les procès-verbaux envoyés en l'an II méritent-ils plus de confiance ? La question a son importance ici, car ils ont été conservés en assez grand nombre pour le district de Blâmont. Or, même à cette date, les municipalités semblent vouloir épargner aux curés les peines qui les menacent. La municipalité de Repaix assure que le curé a prêté le serment pur et simple, puisque, dit-elle, « 1° il a lu la lettre pastorale de l'évêque dé Nancy,
2° il a prêté le serment d'égalité et 3° celui de vivre libre ou de mourir. »
Le district toutefois semble n'avoir commis que trois erreurs; trois curés à qui il attribue un serment pur et simple, les curés de Tanconville, de Xousse et de Hattigny, avaient fait des restrictions. Il était impossible d'en douter. La municipalité de Tanconville avait bien certifié, le 30 janvier, que le curé « avait prêté le serment ce jour-là, conformément à la loi, » mais au 10 juillet le commissaire qui avait porté à ce curé la première Lettre pastorale chez l'évêque élu disait « Il n'a pas voulu prêter d'autre serment que le premier qui a été refusé à cause de ses réserves. » Et le procès-verbal envoyé au 10 thermidor donne le texte de ces réserves Savoy a prêté le serment « autant qu'il le pouvait, sans blesser la religion catholique, apostolique et romaine dans le sein de laquelle il entendait vivre et mourir.» A la même date, le curé de Xousse, Lepaige, du serment de qui il n'y avait pas de procès-verbal, disait l'avoir prêté « sauf un petit préambule. » Enfin le curé de Hattigny, Huguenet, refusera de lire la lettre pastorale de Lalande, « d'autant plus, ajoutera-t-il, qu'il n'a pas prêté le serment pur et simple. » Il y eut donc, dans le district de Blâmont, vingt-cinq assermentés et trente-trois réfractaires.
En résumé, au mois de juin 1791, lorsque arrive à Nancy un évêque élu et que, suivant l'expression de M. de la Fare, « le schisme se consomme, » le clergé du département de la Meurthe comprenait quatre cent neuf réfractaires et trois cent trente-trois assermentés. A peu près partout le partage s'était fait sans troubles ; l'ère des difficultés allait seulement commencer. Mais à quelles intentions avaient obéi ces quatre cent neuf réfractaires et ces trois cent trente-trois assermentés ? Quelle était leur valeur morale ? Ces quatre cent neuf réfractaires n'avaient-ils refusé le serment que pour obéir à des rancunes politiques ou servir une cabale? et ces trois cent trente-trois assermentés n'avaient-ils vu que leurs intérêts? Ces assermentés étaient-ils dans leur ensemble des enfants perdus de l'Église et ces réfractaires étaient-ils les ennemis intransigeants des réformes et de la Révolution ?

C. CONSTANTIN

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