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Soldats 1870-1871


Le Tableau d'honneur de la Meurthe
Henri Lepage.
Ed. Nancy, 1871

La Faculté de droit de Nancy
[...]
Voici maintenant les noms des autres élèves de la Faculté qui, plus heureux que leurs camarades, ont pu rentrer sains et saufs dans leurs familles, après avoir noblement fait leur devoir :
[...] GENFELD (Clément), de Blâmont, sous-lieutenant dans la garde mobile de la Meurthe, puis lieutenant au 58e de marche ; a pris part aux combats de Nompatelize, Beaune-la-Rolande, Villersexel et Héricourt ; interné en Suisse.
[...]
Le Corps franc des Vosges [...]
Voici l'état des officiers, sous-officiers et soldats volontaires de ce corps qui se sont particulièrement distingués pendant la campagne :
[...]
GÉRARD, serrurier à Blâmont ; clairon.
[...]
MARCHAL (J.-B.), cultivateur à Domêvre.
[...]
VOUOT (les trois frères), ouvriers à Avricourt.
[...]
ZABEL (Michel), cultivateur à Verdenal.


Supplément au Tableau d'honneur de la Meurthe
Henri Lepage
Ed. Nancy 1872
(notes renumérotées)

[...]
SECOND BATAILLON.
Nous sommes heureux de pouvoir réparer l'omission qui a été commise, dans le Tableau d'honneur, à l'égard de ce bataillon, dont il n'avait pas été dit un seul mot, et qui mérite une mention toute spéciale.

Sommaire des opérations du bataillon (1).

Le second bataillon de la Meurthe, réuni, le 9 août 1870, à Lunéville, venait de recevoir ses fusils le 10 au matin, lorsque, quelques heures après, sous le coup de l'invasion, il dut quitter cette ville pour se diriger sur Langres. Ce fut là que, du 16 août au 18 septembre, il compléta son organisation et poussa son instruction avec la plus grande vigueur. Le 19, il partait pour les Vosges, où il livra, le 23, le combat de Pierre-Percée. Quelques jours plus tard, le 27, il défendait Raon-l'Etape contre une colonne prussienne, qui battit en retraite après avoir lancé sur la ville une soixantaine d'obus. Enfin, le 6 octobre, il faisait partie du petit corps d'armée qui livra le combat de la Bourgonce. Dans cette journée, il perdit 41 hommes tués ou blessés (2).
L'armée des Vosges, revenue à Besançon, s'était augmentée d'une certaine quantité de troupes, qui en avaient porté le chiffre à plus de 25,000 hommes. Elle fut répartie en deux divisions, plus une réserve. Le bataillon de la Meurthe, désigné, dans le principe, pour faire partie de la réserve, en fut distrait le 27 octobre, et adjoint à une colonne de 5,000 hommes, qui, sous le commandement de M. le colonel Perrin, devait opérer dans le massif du Thillot ; mais, à peine arrivée à Mélisey, cette colonne dut se replier devant les forces allemandes que la capitulation de Metz venait de rendre disponibles. La défense du Doubs, à Beaune-les-Dames, avait paru constituer une des positions les plus importantes dans le cas où l'ennemi aurait eu Besançon pour objectif. Elle fut confiée au second bataillon de la Meurthe, du 3 au 7 novembre.
Cependant un nouveau plan avait été conçu : l'armée de l'Est allait se porter sur la Loire pour opérer sous les ordres du général d'Aurelles, de concert avec les 15e, 16e, 17e et 18e corps ; elle-même prit le nom de 20e corps. Le bataillon, parti, le 7 novembre, de Beaune-les-Dames, arrivait, le 13, à Chagny. Le 14, M. le commandant Brisac, promu colonel, en remettait le commandement à M. le capitaine Verdelet, promu chef de bataillon. C'est sous les ordres de ce dernier qu'il figura, le 28 novembre, au combat de Beaune-la-Rolande, le 30, à celui de Montbarrois, et qu'il se replia sur Bourges, lorsque les désastres des 15e et 16e corps eurent ouvert aux Prussiens les portes d'Orléans.
L'armée de la Loire était désormais séparée en deux tronçons : le bataillon de la Meurthe fit partie de la nouvelle armée de l'Est, qui, sous le général Bourbaki, allait tenter de débloquer Belfort. Il quitta les environs de Bourges le 19 décembre, et, après une marche que la neige et le froid excessif rendirent des plus pénibles, il se trouvait, le 9 janvier, au combat de Villersexel. Enfin, après avoir assisté aux engagements successifs qui eurent lieu devant Héricourt, du 15 au 18 janvier, il se retira sur Besançon avec le reste de l'armée, puis il prit sa part de la néfaste campagne du Jura, sous les ordres du général Clinchant, et entra en Suisse le 2 février.
Le colonel Brisac, dont la brigade (2e de la 1re division) s'était jusque-là trouvée dans le constant voisinage de la Meurthe, plus heureux que ses anciens compagnons d'armes, resta préposé à la défense des abords de Besançon : c'est là que le trouvèrent l'armistice et la paix.
Le bataillon s'était réduit sensiblement depuis le commencement de la campagne : les maladies causées par la misère et les fatigues de ces marches incessantes, pendant la saison la plus inclémente, avaient fait largement leur oeuvre. Il comptait 587 hommes au départ de Langres (3) : vers le 17 décembre, ce chiffre s'était abaissé à 270. Il fut versé, le 25, dans le 58e régiment (mobile des Vosges), où il constitua deux compagnies, et il y figura désormais jusqu'au licenciement de la garde nationale mobile. Il avait perdu 78 hommes blessés ou tués, c'est-à-dire un septième environ de son effectif.

Etat des pertes subies pendant la campagne.

23 Septembre. - Combat de Pierre-Percée (Meurthe).
Tués : HISTRE (Victor), de Baccarat, garde.
MENTREL, ib., ib.
BOUDOT (J.-B.-Victor), de Pierre-Percée, ib.
SAUZER (Théophile), de Pexonne, ib.
Blessés : BOUDOT (Joseph-Emile), de Vacqueville, ib.
ENEL (Hip.-Edouard), d'Ogéviller, ib.
LION (Henry), de Blâmont, caporal.

27 Septembre. - Combat de Raon-l'Etape (Vosges).
Tués : MARTEL (Auguste), d'Ogéviller, garde.
MUNIER (Auguste), de Gerbécourt, ib.

Blessés : DEMETZ (Joseph), de Deneuvre, caporal.
CASSAS (Félix), de Lunéville, lieutenant.
PIERRON, ib., ib.
AUBRY (Charles), de Manonviller, garde.

6 Octobre. - Combat de la Bourgonce (Vosges).
Tués (4) ; MERCIER (Charles), de Baccarat, garde.
COLLIN (Lucien), de Gerbéviller, sergent-major.
LACROIX (Alphonse), de Lunéville, garde.
THINSELIN (Ch.-François), de Crion, ib.
PICARD (Ch.-Oreste), d'Emberménil, ib.
PETITJEAN (Jules), de Lunéville, sergent.
MASSON (Aimé), de Laneuveville-aux-Bois,caporal.
PARISOT (Nicolas-Célestin-Joseph), de Thiaville, garde.
PARISOT (François-Emile), de Lunéville, ib.
THIERRY (Laurent-Dominique), ib. ib.
LIBRY (Eugène), de Neuviller, clairon.
MATISSEC (Nicolas), garde.
BRÉGEOT (Frédéric-Anatole), de Fraimbois, caporal.
HOMAND (Joseph-François), de Marainviller, garde.
Blessés : CHARDIN (Ernest), de Badonviller, sous-aide-major.
BARET (Aimé), ib., caporal.
SIDEL (Joseph), ib., garde.
ROUSSEL (Joseph-François), de Gélacourt, ib.
PERROTEY (Ch.-Aug.), de Baccarat, ib.
JACOB (Joseph), ib., ib.
BOUDOT (J.-B.), de Merviller, ib.
GABRIEL (Aug.), de Baccarat, clairon.
RÉNAUX (Claude), ib., lieutenant.
PIERSON (Joseph-Aug.), de Verdenal, garde.
RENAUX (Charles), de Gerbéviller, ib.
VERDELET (Léon), de Lunéville, capitaine.
MASSON (Adolphe), de Lunéville, caporal.
DE FONTENAY (Eugène-Marie-Antoine), de Baccarat, garde.
CHARTON (Joseph), de Bertrichamps, ib.
HOUILLON (Nicolas-Joseph), de Thiébauménil, ib.
DEMANGE (Aug.), de Fraimbois, ib.
HAMENT (Ch.-Thiébaut), de Thiébauménil, ib.
KNIPILER (Eugène), de Thiaville, ib.
GEORGE (Auguste), de Bénaménil, ib.
PERTUSOT (Joseph), de Laronxe, ib.
TASSIN (Jos.-Jules), de Lunéville, ib.
CROUZIER (Auguste), de Saint-Clément, ib.
MUNIER (Casimir), de Gerbécourt, ib.

28 Novembre. - Combat de Beaune-la-Rolande(Loiret).
Tués : THIRIET (Edmond), de Paris, garde.
ROY (Pierre), de Croismare, ib.
COLLIN (Joseph), d'Hablainville, ib.
Blessés: CASSAS (Félix), de Lunéville, lieutenant.
CHARPENTIER (Aug.), de Nancy, sous-lieutenant.
MARTIN (Ch.-Aug.), de Clayeures, garde.
NOEL (Jos.-Jules), de Lunéville), ib.
DUBOIS (Augustin), de Bénaménil, ib.

30 Novembre. - Combat de Montbarrois (Loiret)
Tués : CLASQUIN (J.-B.), garde.
PERRIN (Félix), d'Hablainville, ib.
Blessés : OBLINGRE (Constant), de Bionville, ib.
CROPSAL (Paul), de Villacourt, ib.
NICOLAS (Ern.-Thomas), de Blainville-sur-l'Eau,ib.
BERTRAND (Victor), de Lunéville, caporal.

9 Janvier. - Combat de Villersexel (Haute-Saône)
Blessé : ANTOINE (Emile), de Lunéville, capitaine.

18 Janvier. - Combats devant Héricourt (Haute-Saône).
Blessé : CLAUDON (Remy-Emile), d'Autrepierre, garde.
Tué : DOMBRAT (Ch.-Jos.), de Domjevin, ib.
Morts dans les ambulances ou les prisons de l'ennemi :
DIVOUX (J.-B.), de Lachapelle, garde ; mort dans les prisons de l'ennemi.
VESSE, garde ; mort à son retour de captivité (hôpital de Nancy). Mai 1871.
BANIER (Joseph), de Saint-Remy-aux-Bois, garde; mort à son retour de captivité. 24 Mai.
VANNAT (Jos.-Aug.), de Fraimbois, ib.; ib. 23 Mars.
CHATON (Victor-Octave), ib., ib.; mort à l'hôpital de Valence. 23 Février.
KILRIC (Nicolas-Pierre), de Gerbéviller, ib. ; mort à l'hôpital de Dijon. 22 Mars.
PLAID (Simon), ib., ib. ; mort à l'hôpital de Besançon. 26 Janvier.
BAIL (Emile), de Lunéville, ib.; mort à l'hôpital de Vesoul, à son retour de captivité.
LHOMME (Aug.-François), de Manonviller, ib. ; mort à l'hôpital de Nevers.
MARCHAL (Nicolas), et QUOU (Charles-Emile), d'Haroué, sergents-majors ; morts en Suisse, dans les ambulances.
Résumé.
Tués 25
Blessés 43
Morts dans les ambulances ou prisons de l'ennemi 11
Total ...... 79

Voici maintenant les noms des officiers, sous-officiers et gardes qui ont obtenu la décoration de la Légion d'honneur ou la médaille militaire, et de ceux auxquels il a été donné de l'avancement dans le cours de la campagne.

Légion d'honneur.
BRISAC (Justin), de Lunéville, chef de bataillon ; nommé colonel, le 14 novembre 1870, pour commander la 2e brigade du 20e corps.
VERDELET (Léon), capitaine, promu chef de bataillon ; blessé à la Bourgonce.
ANTOINE (Emile), capitaine ; deux blessures.
TESTE (Alexandre), capitaine.
CHARDIN (Paul-Joseph-Ernest), chirurgien sous-aide-major; blessé.

Médaille militaire.
CLAUDON (Remy-Emile), d'Autrepierre, garde ; amputé
CLÉMENT, de Lunéville, adjudant; fait prisonnier àla Bourgonce.
ENEL (Hippolyte-Edouard), d'Ogéviller, garde ; 4 blessures.
DE FONTENAY (Henri-Eugène), de Baccarat, garde; blessé.
FRANÇOIS (Jean-Louis-Désiré), de Mouacourt, sergent.
GABRIEL (Auguste), de Baccarat, clairon ; blessé.
HOUILLON (Nicolas-Joseph), de Thiébauménil, caporal ; amputé.
LION (Henri), de Blâmont; caporal; blessé.
NOEL (Joseph Jules), de Lunéville, garde; amputé.
DEMANGE (Auguste), de Fraimbois, caporal ; blessé.
SIDEL (Joseph), de Badonviller, garde ; blessé.
BOUDOT (Joseph-Emile), de Vacqueville, ib.; ib.;
IIAMANT (Charles-Thiéhaut.), de Thiébauménil, ib.; ib.
KNIPILER (Eugène), de Thiaville, ib.; ib.
CROUZIER (Auguste), de Saint-Clément, ib.; ib.
MUNIER (Casimir), de Gerbécourt, ib.; ib.

Promotions (5).

1re Compagnie (Badonviller). - VILLAIN, lieutenant, promu capitaine.
PARMENTIER, sous-lieutenant, promu lieutenant.
URBAIN, sergent-major, promu adjudant.

2e Compagnie (Baccarat). - ANTOINE, sous-lieutenant, promu lieutenant, puis capitaine ; blessé à Villersexel.
MALDIDIER, sous-officier, promu officier.

3e Compagnie (Blâmont). - PROTCHE, lieutenant, promu capitaine; fait prisonnier à Montbarrois.
GENFELD, sous-lieutenant, promu lieutenant.
HOVASSE, sergent-major, promu adjudant.
ROSAIRE, sergent-fourrier; fait prisonnier à la Bourgonce.
TRENTE, sergent instructeur, promu sous-lieutenant.

4e Compagnie (Gerbéviller). - CLÉMENT, capitaine, nommé commandant d'un bataillon de la légion d'Alsace-et-Lorraine, à Lyon.
TESTE, lieutenant, promu capitaine.
AUBRY, sous-lieutenant, promu lieutenant.
BARBIER, sous-officier, promu officier.
CROPSAL, sergent-fourrier, promu sergent-major.

5e Compagnie (Lunéville). - GRARE, sous-lieutenant, promu lieutenant au dépôt, à Langres.
DESCHAP, sous-officier, promu officier.
LIOUVILLE, sergent-fourrier, promu sergent-major.

6e Compagnie (Lunéville). - CASSAS, lieutenant, promu capitaine : blessé deux fois : à Raon-l'Etape et à Beaune-la-Rolande.
VAINCHER, sous-lieutenant ; fait prisonnier à la Bourgonce.
DEMONCHY, sergent-major ; fait prisonnier à la Bourgonce.
CHARPENTIER, sergent-fourrier ; promu sous lieutenant ; blessé à Montbarrois.
JACQUOT, sergent instructeur, promu sous-lieutenant au dépôt.
ADRIAN, tambour ; fait prisonnier à la Bourgonce.

7e Compagnie (Lunéville). - VERDELET (Léon), capitaine, promu chef de bataillon ; blessé à la Bourgonce.
PIERRON, lieutenant, promu capitaine, passé ensuite dans le service de l'intendance auxiliaire.
PARMENTIER, sous-officier, promu officier.
TAVARD, ib., ib.
TYAND, ib., ib.
VERDELET, sous-lieutenant, promu lieutenant.
STEINMETZ, sergent-major ; fait prisonnier à la Bourgonce.
THOMAS, sergent-fourrier ; fait prisonnier à la Bourgonce.

8e Compagnie (Haroué). - WELCHE (Henri), de Nancy, capitaine, blessé à Nompatelize, s'est vu dans l'impossibilité de continuer le service (5).
SEMELLE, lieutenant, promu capitaine, passé dans le service de l'intendance auxiliaire.
FÉVOTTE, sous-lieutenant, promu lieutenant.
BAJOLET, sous-officier, promu officier.

[...]
Nous mentionnons, dans cette seconde partie, non seulement les enrôlés volontaires, mais encore ceux de nos concitoyens qui sont morts pendant la guerre ou qui ont obtenu des récompenses pour s'y être distingués.
[...]
MELNOTTE (Marie-Antoine-Victor), de Blâmont, âgé de 45 ans, marié et père de trois jeunes enfants.
Est parti comme volontaire après nos premiers désastres, un peu avant qu'on n'essayât de se battre dans les Vosges ; prit part aux combats qui se livrèrent à Etival et à la Bourgonce. Chargé de la périlleuse mission d'éclaireur, il s'en acquitta avec la plus grande intrépidité. Le 19 novembre, à l'attaque de Châtillon-sur-Seine par les corps-francs, il fut frappé mortellement par une balle qui lui brisa le bras et lui traversa la poitrine. Il survécut vingt jours à sa blessure et mourut, le 9 décembre, à l'hôpital de Châtillon, en patriote et en chrétien.

(1) Les opérations de ce bataillon ont été racontées avec des détails d'un grand intérêt dans une remarquable brochure écrite par son commandant, M. Justin BRISAC, et intitulée : Première armée des Vosges. - Armée de la Loire et de l'Est - Journal de marche du 2e bataillon de la garde nationale mobile de la Meurthe.
(2) Voy., pour les pertes dans chaque affaire, la liste ci-après.
(3) La 5e compagnie avait été laissée dans cette ville, où elle forma le dépôt.
(4) Un monument a été élevé, par les soins des habitants de la Bourgonce et de Nompatelize, à l'endroit où ont été inhumés les malheureux tués dans ces deux villages et aux environs. Ce monument a été béni, le 6 octobre 1871, parle curé de la Bourgonce, et, à la fin de la cérémonie, M. Justin Brisac, invité à dire quelques mots à la mémoire des victimes pour lesquelles l'Eglise venait de dire des prières, a prononcé le discours suivant :
« Messieurs,
« L'année dernière, à pareil jour, le bruit de la fusillade et du canon retentissait dans ces montagnes : l'incendie dévorait ces villages florissants, ces habitations naguère heureuses, et, autour de chaque demeure comme sur chacun de ces sillons, tombaient de nobles victimes frappées par le fer et le plomb ennemi. Aujourd'hui, les survivants du combat, obéissant à un sentiment sacré, viennent saluer ceux qui ne sont plus.
« Honneur donc à vous, vaillants frères d'armes, qui avez donné votre vie pour la France ! Que ce monument, élevé par la piété de ceux qui vous ont vu combattre et mourir, glorifie à jamais votre chère mémoire ! Qu'il serve d'enseignement aux hommes de notre époque et à la génération qui leur succédera ! C'est ici, en effet, qu'il faut venir pour apprendre les mâles vertus, l'abnégation, la fidélité au devoir et le mépris de la mort. Vous nous avez légué votre exemple : ce sera sans doute à nos enfants de vous imiter un jour.
« Merci également à vous, chers concitoyens, qui, au milieu de vos ruines fumantes, recherchiez et ensevelissiez avec honneur les morts que nous vous abandonnions, le désespoir au fond de l'âme. A peine échappés de vos désastres, vous leur avez consacré cette tombe, sur cette terre arrosée de leur sang, près de ces villages de Nompatelize et de la Bourgonce, dont les noms appartiennent désormais à l'histoire. Continuez-leur cette pieuse sollicitude : représentants de la mère-patrie, veillez sur eux avec orgueil et avec respect, afin que, sous votre garde, ces ossements de nos martyrs puissent au moins reposer en paix ! »
(5) Nous donnons également, dans ce paragraphe, les noms des hommes sur lesquels l'état de situation des cadres nous a fourni quelques renseignements.
(6) Le sous-intendant militaire Legros, chargé de la surveillance administrative de l'hôpital d'Epinal, et le lieutenant-colonel de Thiéry, commandant la subdivision des Vosges, autorisèrent M. Welche à rentrer chez lui pour se soigner de cette blessure. Des fatigues auxquelles il était peu préparé lui firent contracter, en outre, une maladie dont il souffre encore aujourd'hui.

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