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18 juillet 1926 - Inauguration du monument aux morts d'Amenoncourt


Le dimanche 18 juillet 1926, la commune d'Amenoncourt inaugure son monument aux morts.


Est-Républicain
20 juillet 1926

Amenoncourt a inauguré son monument aux morts

Amenoncourt - Monument au morts

La petite commune d'Amenoncourt a inauguré, dimanche, un monument à la mémoire de ses glorieux enfants morts pour la patrie. Le comité d'érection avait strictement limité le nombre de ses invitations.
A cette inauguration, notre ami Georges Mazerand, député de Meurthe-et-Moselle, a prononcé le beau discours suivant :
Discours de M. Mazerand
« Votre commune, comme la plupart des villages du canton de Blâmont, a subi une destruction à peu près complète au cours de la guerre; comme toutes les localités de Lorraine elle eut non seulement à déplorer le sacrifice d'un grand nombre de ses enfants mais encore de dures pertes matérielles. Il est juste de fixer à jamais par un monument durable le souvenir de ces douloureuses épreuves...
Ainsi l'ont compris les patriotiques populations du département, qui n'ont cessé, depuis l'armistice, de commémorer dignement la mémoire des victimes de la guerre ; Amenoncourt vient à son tour célébrer ce culte pieux au cours des diverses cérémonies auxquelles vous avez bien voulu me convier. Il m'aurait été pénible de ne pouvoir au moins y assister partiellement car si j'attache du prix à un tel tribut de reconnaissance, je vous avoue qu'une manifestation semblable me parait plus touchante encore lorsqu'elle émane d'une petite agglomération ne disposant que de moyens limités. Tel est bien votre cas, puisque Amenoncourt est réduit à une population de 150 habitants.
...Votre geste a une pleine signification aujourd'hui : il se produit à l'heure où votre village est reconstitué et vous avez pensé que cette rénovation ne serait pas complète si elle n'était accompagnée de l'inauguration du cénotaphe devenu traditionnel dans toutes les cités de nos régions dévastées.
Rappellerai-je les événements tragiques qui marquèrent le début des hostilités dans votre paisible village ? Ils sont encore dans la mémoire de tous ceux qui en furent les témoins oculaires.
Ce fut, dès le 4 août 1914, la ruée brutale, irrésistible, des hordes germaniques que le recul de nos troupes à dix kilomètres de la frontière laissait libres d'agir comme en pays conquis.
Les Allemands n'eurent garde de manquer à leur réputation de barbares laissée par les précédentes invasions.
Le 14 août, sans provocation, ils incendient trois maisons : M. Thouvenin est trouvé carbonisé dans sa grange.
Vous avez éprouvé toutes les misères réservées aux villages qui devaient rester pendant toute la durée des hostilités sur la ligne de feu !
Comble d'infortune, vous êtes placés, à partir de 1915, sous le bombardement de notre artillerie. Ce fut une lente destruction, presque pierre à pierre, la disparition de quarante-quatre maisons, détruites, de vingt et une gravement endommagées, ainsi que les édifices publics.
Votre foi dans le triomphe de nos armes vous aida à passer toutes ces années terribles. La citation décernée à Amenoncourt, en même temps qu'à Autrepierre, Gondrexon, Repaix, Herbéviller, Remoncourt, ses camarades de misère dès le 10 août 1922, est le témoignage durable de votre belle conduite civique. Laissez-moi en rappeler les termes élogieux ;
« Occupée par les Allemands dès le début des hostilités, a supporté avec une patriotique fermeté le joug d'un ennemi brutal qui lui fit subir de douloureuses vexations. A ainsi prouvé, par la belle énergie de ses habitants, sa confiance inaltérable dans la victoire finale. »
Ce que ne dit pas le texte officiel, c'est que cette énergie vous fut inspirée surtout par l'exemple magnifique d'abnégation et de courage qui vous était donné pas vos mobilisés.
En rappelant votre noble attitude, c'est un premier hommage que j'adresse à ceux dont nous glorifions ensemble le long martyr.
Ils étaient partis pour la plupart dès avant la mobilisation, afin d'éviter de ne pouvoir rejoindre leurs unités. N'appartenaient-ils pas à ces admirables régiments du 20e corps qui soutinrent tant de fois le choc des ennemis, partout où le danger pressait, partout, où il y avait de la gloire à cueillir ? Gloire cruelle car elle fut payée du prix inestimable de ces jeunes vies sacrifiées ! C'est ainsi que le sang de vos compatriotes a coulé en Alsace, sur la. Marne, dans la Somme, en Artois, en Champagne, et au cours des combats de 1918, avant la conclusion du victorieux armistice... Et c'est pourquoi, sur une population de deux cent vingt-cinq âmes, vous avez eu à déplorer la mort, sur le champ de bataille ou des suites de maladies ou de privations, de neuf d'entre vos mobilisés. Cette proportion est déjà considérable. A cette funèbre liste, deux noms ont été ajoutés ; ceux des civils que la guerre a couchés prématurément au tombeau. Confondons-les tous dans un même regret !
Honneur à eux ! Honneur à leurs familles qui sentent aujourd'hui se renouveler tout leur chagrin et auxquelles j'adresse en même temps que mes condoléances sincères l'expression de mon affectueux dévouement !
Que désormais ces noms gravés sur cette pierre soient un exemple vivant dont puissent s'inspirer les générations futures, si jamais la patrie était à nouveau menacée. Le ciel nous préserve d'une telle catastrophe ! Nous avons supporté tout le poids de cette terrible guerre, que dis-je, nous le supportons encore, et les difficultés financières nées de la désaffection de nos alliés, au milieu desquelles nous nous débattons nous réservent encore des jours pénibles à traverser. Mais, c'est le cas de le répéter : « Plaie d'argent n'est pas mortelle », et à ceux qui, comme nous, ont eu des déchirements irrémédiables, il n'est pas de sacrifices pécuniaires qui puissent sembler comparables.
Toute la nation est prête à faire son devoir pour la sauvegarde des intérêts matériels... Mais ce pays serait plus disposé à accepter les sacrifices d'un coeur serein si le gouvernement de demain assurait, comme il faut fermement l'espérer, plus que le rétablissement financier, la restauration de l'ordre...
Il faut redonner au pays la confiance en lui, ébranlée, et seul peut la lui rendre un gouvernement sachant ce qu'il veut et mettant au-dessus de tout la notion d' « Etat », de « salut public », en un mot d' « autorité » qui n'est pas incompatible avec l'esprit républicain. Au contraire, si nous devions voir l'esprit de parti régir les destinées de la nation, il faudrait craindre que la situation n'empirât et que nous eussions à choisir entre deux dilemmes aussi fâcheux : « Anarchie ou dictature. »
Déjà, certains voient dans le despotisme d'un seul l'unique remède aux abus de pouvoir de quelques-uns. Si tous les Français étaient imbus des idées réalistes et saines de nos compatriotes, la solution serait facile et prochaine et nous éviterait de pareilles aventures.
Parce que vous avez été de tous temps à l'école terrible de la guerre et de ses conséquences, vous vous gardez des dangereuses utopies, de quelque côté qu'elles viennent, et considérez d'instinct comme seules admissibles les solutions rationnelles qui concilient les intérêts de tous, sur le terrain du patriotisme vigilant et du progrès constant des institutions républicaines.
C'est la leçon que tireraient des événements actuels nos grands morts, inspirateurs de notre tâche et dont nous devons défendre l'oeuvre sacrée.


Nom Prénoms Date de naissance Date de décès Notes
ANDRÉ Abel Adolphe 12 octobre 1890 17 avril 1917 Caporal au 4ème Régiment de Marche de Tirailleurs 3ème compagnie - Tué à Aubérive (51)
ARY Jean Pierre Émile 3 juin 1882 19 décembre 1914 2ème classe au 75ème Régiment d'Infanterie - Décédé de blessures à l'hospice d'Harbonnières (80)(Tombe individuelle n ° 2435 - Nécropole Nationale "Dompierre-Becquincourt")
BANEROT Gabriel     Victime civile
BRENON Edmond Auguste 17 février 1880 20 mars 1915 2ème classe au 17ème Bataillon de Chasseurs à Pied - Tué à Notre-Dame de Lorette (62)
CHARTON Marius     Victime civile
COLIN Paul     Militaire
CROUVISIER Olga     Victime civile
DUBOIS Léon Paul 22 mai 1892 11 juin 1918 Caporal au 8ème Régiment du Génie - Décédé de suites de blessures (éclats d'obus) et méningo-encéphalite à l'hôpital militaire du Val de Grâce, Paris (75)
FRICHEMANN Émile 28 mai 1887 30 août 1914 2ème classe au 17ème Bataillon de Chasseurs Alpins - Tué à La Chipotte (88)
FRICHEMANN Robert Eugène 31 décembre 1884 27 novembre 1914 2ème classe au 57ème Bataillon de Chasseurs Alpins - Disparu à Écurie (62)
HUSSON Émile Gaston 5 janvier 1890 (Paris 10ème, 75) 4 juillet 1917 Sapeur au 10ème Régiment du Génie - Mort d'intoxication par gaz asphyxiant à l'ambulance 9/20 de Minorville (54) (Tombe individuelle n° 1970 - Nécropole Nationale "Noviant-aux-Prés")
KOROTKOFF Wassili     Victime civile
MANGIN Marie Joseph Anselme 3 janvier 1897 8 avril 1918 2ème classe au 43ème Bataillon de Chasseurs à Pied - Tué à Vého (54)
MOUGEOT Joseph 23 mai 1877 (Leintrey, 54) 9 février 1917 2ème classe au 299ème Régiment d'Infanterie - Tué au bois des Courières, secteur des Chambrettes, Verdun (55)
THOUVENIN Eugène 4 mars 1867 13 août 1914 ? Victime civile


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