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Charles François Xavier Lottinger (1751-1798) - Compléments (2)

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Charles François Xavier Lottinger

Charles François Xavier Lottinger (1751-1798) - Compléments


Chartreuse et seigneurie du Val-St-Martin de Sélignac près de Bourg-en-Bresse
Dom Ambroise Marie Bulliat,
Ed. Paris,1884
Notes renumérotées

En 1798, Dieu se choisit un dernier martyr parmi les enfants de Saint-Bruno, D. Antoine Lottinger, fusillé à Nancy le 1er jour de mai.
Né à Blamont (Meurthe)en 1751, il fit profession à Bosserville, à l'âge de vingt et un ans. Nous constatons sa présence à Sélignac dans les années 1783 et 1784 : il y avait été envoyé probablement pour rétablir sa santé, à en juger par la nature des soins qui lui étaient prodigués (1). Après la dispersion des religieux, D. Antoine se rendit en Suisse où il put satisfaire sa grande dévotion envers la Mère de Dieu, en faisant le pèlerinage de Notre-Dame-des-Ermites. Après trois années passées en exil, de retour dans son pays natal, il y exerça le saint ministère, allant de village en village, avec un zèle vraiment apostolique, et négligeant presque complètement le soin de son corps, pour ne penser qu'au salut des âmes et au soulagement des pauvres.
D. Antoine avait été un fervent religieux dans le cloître ; Dieu, pour le récompenser de sa fidélité, lui accorda de faire beaucoup de bien dans le ministère pastoral. Le 27 avril 1798, comme il revenait d'administrer les derniers sacrements à un malade, il fut arrêté et conduit devant les tribunaux. Ame simple et droite, ayant en horreur les subterfuges et les ruses de la prudence humaine, D. Antoine pouvait difficilement échapper à la mort. Plusieurs fois, ses juges eux-mêmes lui conseillèrent de donner à ses réponses une tournure qui pût leur permettre de prononcer son acquittement; mais le vertueux apôtre déjouait toujours, par ses réponses franches et nettes, toute leur bonne volonté à son égard. Il fut condamné à mort le 1er mai, par le tribunal de Nancy, en qualité d'émigré et de prêtre catholique.
De retour en prison, D. Lottinger trouva un modeste repas préparé par une pieuse dame de la ville, il ne fit d'abord que goûter les mets puis, se ravisant tout à coup, il dit avec gaîté : « C'est un beau jour, c'est un jour de fête ; ordinairement « je ne bois pas de vin, mais j'en boirai un peu aujourd'hui! » A deux heures, les juges arrivent et lui lisent de nouveau la sentence qui le condamne à la peine capitale. Il l'entend avec le plus grand calme, son âme goûtant et contemplant déjà quelque chose des joies et des splendeurs de l'éternité !...
Notre généreux confesseur de la foi prend alors d'un pas ferme et avec un air recueilli le chemin de la place de Grève. Arrivé sur le lieu de l'exécution, ses joues se colorent, son visage s'illumine, et ses mains s'élèvent instinctivement vers le Ciel !...
« Il prend ensuite un mouchoir que depuis longtemps il portait sur lui dans la prévision de sa mort, et qu'il avait eu soin de bénir ; il s'en bande les yeux, joint les mains et se met à genoux. A la première décharge il tombe sous les balles, mais paraît encore plein de vie. Deux soldats s'approchent et lui font une nouvelle décharge dans la tête à bout portant. On le croit mort, on le met dans le cercueil, mais, ô prodige ! on l'y voit joindre les mains comme pour prier. Nouvelle et troisième décharge. Enfin il expire. » Et son âme prend son vol vers le ciel, au premier jour du mois consacré à Marie, à sa mère du ciel, qu'il avait tant aimée pendant le temps de sa vie mortelle !
Le corps de notre saint martyr, tout meurtri, mis en lambeaux et inondé de sang, devint l'objet d'un culte religieux. Les uns recueillirent son sang malgré la défense qui en avait été faite, les autres y trempèrent des linges qu'ils avaient apportés. Ceux-ci arrachèrent l'herbe sur laquelle on avait déposé ses habits, ceux-là déchirèrent le mouchoir avec lequel il s'était bandé les yeux afin d'en emporter un morceau si petit qu'il fût. La foule entière voulut accompagner le corps lorsqu'on le conduisit à sa dernière demeure, au cimetière des Trois-Maisons, et elle lui fit des funérailles qui parurent plutôt une ovation, une marche triomphale, qu'une cérémonie funèbre. (2)

(1) « 1783, 23 juin, payé à M. Clabaud pour visites à D. Lottinger, 48 liv. ; id., 17 Août, payé à Pierre Rollet de Corveyssiat, pour avoir prêté son ânesse dont le V. P. D. Lottinger a pris le lait pendant un mois, 6. liv. » Livre de comptes de D. A. Brun.
(2) Les Martyrs de la Foi, par Guillon, tome. III, art. Lottinger, Paris, Germain Matthiot, 1821.

 

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