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Le Canton de Blâmont - E. Delorme - 1927 (3)
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Edmond DELORME
LUNEVILLE ET SON ARRONDISSEMENT
Tome II
1927
CHAPITRE XIII - LE CANTON DE BLAMONT


OGÉVILLER

OGÉVILLER est, après son Chef-Lieu, la Commune la plus importante du Canton de Blâmont. Elle a actuellement 444 habitants. C'est un centre agricole, commerçant, industriel.
Bâti près de la Verdurette, à l'entrée de la vallée dans laquelle coule cette; charmante rivière, le village est à 11 kilomètres au Sud-Ouest de Blâmont et à 19 au Sud-Est de Lunéville. Il est traversé par la grande route de Lunéville à Blâmont. C'est une station de la Ligne L.-B.-B.
Son Histoire est rappelée dans les Annales Lorraines.
Le premier des titres d'Archives concernant cette Commune date du XIIIe siècle (1259). Il s'agit d'une donation. Mais sa Forteresse reculait déjà l'origine du village de plus d'un siècle, et rien ne dit que des maisons n'aient pas précédé, de. longtemps, la construction du Château Fort.
Lepage donne le nom des Seigneurs d'Ogéviller : il signale sa Chapelle et parle de son Hôpital.
Ogéviller a été le. centre d'une Seigneurie d'ancienne Chevalerie Lorraine, Seigneurie qui comprenait, avec Ogéviller, Réclonville, Buriville et Emberménil. Les Seigneurs étaient unis aux Maisons de Fénétrange, de Haraucourt, de Blâmont, de Neufchâtel et aux Rhingraves, princes sauvages du Rhin. Ils relevèrent d'abord du Comté de Blâmont, puis, ultérieurement, du Duché de Lorraine
Les Suédois laissèrent à Ogéviller de bien tristes souvenirs. L'Église fut brûlée en 1635; nombre de maisons furent détruites, à en juger d'après l'aspect de celles qui présentent actuellement les caractéristiques d'une reconstruction du XVIIIe siècle. Le Château Fort fut démantelé par ordre de Richelieu.
En son temps, la Forteresse d'Ogéviller était considérée comme Une place importante. Nul Château Fort, y compris celui de Blâmont, n'avait, au XVIe siècle, autant d'arquebusiers que celui d'Ogéviller. Ils étaient soixante-cinq. Au XVIle siècle, il avait perdu sa valeur défensive du fait des progrès de l'artillerie ; aussi les Français y pénétrèrent-ils sans éprouver de résistance.
En 1914-1918, le village a été occupé par nos troupes; il a peu souffert.
Du Château Fort d'Ogéviller, il reste deux tours rondes.


Les tours de son château ruinée (état actuel) et l'Eglise
Dessin de E DELORME, d'après nature

Après le démantèlement du XVIle siècle, les Rhingraves, à qui il appartenait et qui ne l'habitaient pas antérieurement ne le reconstruisirent pas au XVIIIe; il tomba en ruines et la Révolution acheva d'en disperser les pierres. Seules les deux tours restèrent debout, encore leurs murs étaient-ils loin d'être intacts.
M. Ambroise s'est arrêté à la description de ces tours. Je la transcris :
« Au rez-de-chaussée était une sorte de cellier voûté; au premier, une salle également voûtée, éclairée par deux fenêtres étroites percées dans un mur épais de deux mètres. La cheminée, la pierre d'évier, l'emplacement de l'escalier donnant accès aux étages supérieurs, sont encore parfaitement visibles. On n'accédait à cette salle que par les galeries, aujourd'hui démolies, qui, reliaient les tours entre elles. Des meurtrières permettaient d'en défendre les approches. » (1)
Ogéviller offre à remarquer, avec ses tours de belles maisons aux portes sculptées, des XVIle et XVIIIe siècles. Celle qu'a habitée Bonneval, député aux Assemblées Nationales, pendant la Révolution, et où il est mort, est typique, avec son linteau orné dé sculptures géométriques, avec son fronton, délimité par deux courbes interrompues, à leur centre, par une niche couverte d'un petit toit. Le linteau porte la date de 1692. L'intérieur de la maison garde, surtout dans sa cuisine, l'empreinte de l'époque de sa construction.
D'autres maisons du XVIIIe siècle attirent encore le regard, sans être aussi ornées que la précédente.
Ogéviller de longue date, a possédé un Hôpital, lieu d'asile Léopold Ier disposa de ses biens au moment de la construction de l'Hôpital de Lunéville, mais il concéda aux gens du village un droit d'hospitalisation dans cet établissement.
Sur la côte qui domine la rue dite de l'Hôpital, on voit un grand immeuble en grande partie ruiné, dont les fenêtres ont une ornementation ogivale. sommaire. C'est l'Ancien Hôpital. A l'extrémité du bâtiment, sont les restes de la Chapelle, autrefois consacrée à Saint Fiacre, saint guérisseur. (2)
L'Eglise actuelle, massive, est celle qui, en 1732, a remplacé l'Église primitive, laquelle avait été brûlée, comme je l'ai dit, par les Suédois, en 1635. Sa tour, à étages, est surmontée d'un clocher court, en bombe.
Contre l'une des faces extérieures de la nef, on retrouve le dessin d'une arcade gothique de la première période, tracée par une ligne de pierres de taille. C'est un reste de la primitive Eglise.
Une grande Croix de Chemin du XVIIIe siècle, dont le fût présente, étagés, les instruments du supplice, se remarque à l'entrecroisement de deux chemins, presque à la sortie du village, en allant vers Reclonville (T. I, p.226).
Ogéviller a perdu vingt-deux des siens, au cours de la dernière guerre et des Victimes Civiles. Un beau Monument aux Morts, édifié à l'entrée du village, dans un square ombragé, en consacre le souvenir.
Cette Commune n'a pas vu, comme tant d'autres de la région, sa population décroître considérablement du fait de l'exode de ses habitants vers les villes. Elle avait 469 âmes en 1830, 565 en  1886, 492 en 1913. Il lui en reste encore 444. C'est qu'Ogéviller est un centre industriel.
Sur ses 353 hectares de terres, 150 sont des terres arables, 85 des prés, 25 des bois (Statistique de 1926). Le sol est exploité par un petit nombre de propriétaires.
Les principales productions agricoles sont: les céréales et l'osier.
Ogéviller est renommé pour son commerce de la Vannerie.
Il possède: une Usine importante de Coupe de Velours, de la raison sociale Bechmann & Cie, de Blâmont.
Comme dans une petite ville, se trouvent là, réunis, des commerçants et des ouvriers de métier.

RECLONVILLE

Baigné par la Verdurette, traversé par la roule d'Ogéviller à Baccarat, sur laquelle il aligne ses maisons, RECLONVILLE n'est qu'à 1.200 mètres d'Ogéviller, dont, autrefois, il dépendait.
Les guerres des XVIIe et XVIIIe siècles l'ont fort éprouvé. Il n'avait plus que 9 ménages, en 1710 (LEPAGE).
Pendant la guerre dernière, plusieurs de ses maisons ont été détruites.
Reclonville a actuellement 135 habitants, 42 maisons. Sa population n'a cessé de décroître depuis 1838, alors qu'il comptait 219 habitants. En 1886, il en avait 197 et 175, en 1913.
Son territoire s'étend sur 314 hectares, dont 230 sont de terres labourables et 30 en prés.
La construction de nombre de ses maisons remonte au XVIIIe siècle. L'une d'elles a une porte, dont les jambages, richement moulurés, supportent un linteau remarquablement sculpté. C'est une des plus belles portes de maisons rurales du XVIIIe siècle que possède notre région.
Son Église, à tour massive, encapuchonnée par un toit court,(3) à nef lourde avec un plafond plâtré, a un mobilier important : des autels en bois sculpté du XVIIIe siècle, des statuettes en bois bien travaillées de la même époque, une toile non signée de la même période, représentant Saint Sylvestre, patron de la paroisse; une chaire intéressante; une piscine, un oculi, de la primitive église, qui témoignent de son ancienneté, partant de celle du village.
De la dernière guerre, Reclonville a perdu treize des siens.
Il a la Croix de Guerre.
C'est un centre de culture de l'osier, un centre commercial pour la vannerie. Il a de nombreux ouvriers vanniers.
Le village respire la richesse.

BURIVILLE

A un kilomètre et demi à l'Ouest d'Ogéviller, derrière une élévation de terrain, que surmonte un abri bétonné de la Grande Guerre, se cache le village de Buriville.
Il ne manque pas d'un certain pittoresque, arec la tour vieillotte de son Eglise, couverte d'un toit à deux pans. et le ruisselet, le Saint-Basle, affluent de la Vezouze, qui traverse le petit village.
Buriville n'a plus aujourd'hui que 106 habitants, logés dans 32 maisons, alors qu'il en avait 136, en 1913, et 105, en 1838. (GROSSE).
Son finage pouvait, en effet, nourrir une population plus nombreuse que celle actuelle, car peu de villages peuvent compter, comme lui, 1.142 hectares cadastrés, dont 271 sont en terres arables. Dans la Forêt de Mondon, qui est proche, la Commune possède les coupes affouagères de 702 hectares.
Buriville n'a pas souffert de la Grande Guerre.
Si on scrute son histoire, on trouve peu de renseignements sur lui.
En 1076, il est question de l'abandon de partie d'un alleu à l'Abbaye de Moyenmoutier (4) ; au XIVe siècle, les Eveques de Metz y avaient des biens. Au XVIe·, il appartint à un Comte de Blâmont, et cent ans avant que les terres d'Évêché ne soient réunies à la France, Buriville était une enclave française en Lorraine, aussi disait-on de lui: Buriville-en-France (DOM CALMET).
Il faisait partie du Ban de la Rivière.
Les guerres des XVIe et XVIIe siècles l'ont éprouvé, si j'en juge par ce qu'il garde de reconstructions du XVIIIe siècle.
Si sa petite Eglise ne présente rien d'intéressant à noter dans sa construction, si ce n'est un oculi, reste du passé, elle garde des statuettes anciennes, en bois sculpté, qui méritent d'arrêter le regard: une statuette de Saint Antoine, une autre représentant Saint Basle, le patron de la paroisse; une Vierge du XVIIle siècle, dont j'ai trouvé des répliques tout il fait semblables, dans maintes Églises de notre région.
Une maison voisine de l'Église, menacée, à bref délai, d'une ruine complète, a un linteau qui porte la date de 1697. C'est là qu'est né l'Abbé CHATTON, écrivain lorrain érudit, membre de la Société d'Archéologie Lorraine, à qui nous devons des Mémoires très intéressants, en particulier sur Domèvre et Saint-Sauveur.
Village agricole, qui produit des céréales et de l'osier, Buriville a de nombreux agriculteurs propriétaires et des fermiers.

FRÉMÉNIL

Tout proche d'Ogéviller, bâti près de la Vezouze, ce village est l'une de nos localités les plus intéressantes au point de vue archéologique et artistique; il mérite d'être visité par les touristes. FRÉMÉNIL est une station de la Ligne Lunéville-Blâmont-Badonviller. Il est à 12 kilomètres de Blâmont et 18 de Lunéville.
Nous sommes bien pauvres de documents sur cette localité, qui dépendait de l'Évêché de Metz. Grosse a avancé qu'il ne fut d'abord qu'un hameau, composé de quelques habitations de- fermiers, qui s'étaient placés sous la protection des Templiers de Domjevin. Il fait remarquer qu'on ne le trouve pas signalé sur les cartes des trois Évêchés, avant le XVIIe siècle.
Nombre de ses maisons sont relativement anciennes; leur construction remonte au XVIIIe siècle. L'Eglise construite ou reconstruite nous reporterait à l'année 1766 (LEPAGE).
Pendant la dernière guerre, ce village a peu souffert, et cependant, c'est dans ses environs qu'on trouve la réunion la plus curieuse des constructions blindées que cette guerre a laissées dans notre région.


1. Façade sud du grand Fortin,
2. Façade nord.
3. Le Blockhaus de la route de Fréménil à Domjevin
Dessins de E. DELORME, d'après nature

1. Retable et Tabernacle du Maître-Autel (XVIIIe siècle)
2. Chaire (XVIIIe siècle),
Dessins de E. DELORME, d'après nature

Près de la route d'Ogeviller à Fréménil, à droite, en venant du premier de ces villages, on remarque un très grand abri.
Plus près du village, à droite du même chemin, se trouvent deux chambres de mitrailleuses cubiques, construites en béton de ciment, vastes, hautes, de 5 à 6 mètres, larges d'autant, réunies par une galerie de 10 mètres environ de longueur. Dans les deux chambres, se retrouvent les supports cimentés des mitrailleuses. Leurs meurtrières sont dirigées vers le Nord, du côté de Blemerey. Mes dessins reproduisent les aspects de ce bel ouvrage, qui a résisté à des tentatives de destruction, après la guerre.
Sur la route de Fréménil à Domjevin, un autre fortin, peu élevé au-dessus du niveau du sol, long d'une dizaine de mètres, a ses meurtrières ménagées au ras du sol et dirigées également vers le Nord. Mon dessin traduit fidèlement le caractère de cette fortification de fortune.
L'Eglise a une tour à étages, un clocher à quatre pans, trapu, Son maître-autel est surmonté d'un retable et d'un tabernacle en bois sculpté doré des plus remarquables. Il a été, dit-on, donné à cette Eglise, par Stanislas (5). Mon dessin me dispensera d'une ample description.
La chaire est merveilleuse; c'est un modèle de menuiserie artistique du XVIIIe siècle. La caisse aux parois en bossage, ornées de figures taillées en plein bois, est imposante. Le « ciel » est surmonté d'un ange, soutenant d'une main une Table de la Loi et désignant de l'autre les cieux, espoir et récompense de ceux qui se soumettent à ses règles.
L'ancien Cimetière de Fréménil, qui entourait l'Eglise, est actuellement dégarni de: ses tombes. Contre son mur, en bordure de la route, on remarque une grande Croix de pierre, sur le soubassement de laquelle s'appuie une Pieta.
Déjà dans mon premier volume (page 203), j'avais sommairement silhouetté l'une des belles portes de maisons de Fréménil. Je, crois devoir, par un dessin plus complet, plus fouillé, faire, ressortir le caractère éminemment décoratif et fort curieux de ce beau morceau de sculpture du XVIIIe siècle, inspiré par l'Art de la Renaissance.
Ce village a su conserver un spécimen, aujourd'hui rarissime de nos anciens puits banaux, avec lourd balancier de chêne.
Cette commune, agricole a aujourd'hui 221 habitants, 70 maisons, 78 ménages. II avait 312 habitants en 1836, 272 en 1886, 240 en 1913.


Dessins de E. DELORME, d'après nature

Dans son finage de 303 hectares, les terres labourables comptent pour 200 hectares, les prés pour 60 (Statistique de 1926).
Son sol est exploité par des agriculteurs propriétaires. Ses productions sont les céréales et l'osier.
Fréménil a des apiculteurs, dei nombreux vanniers (-15-). C'est un centre renommé pour la vannerie, ainsi que pour la broderie.
LA BARAQUE, ancien Moulin, est un écart de Fréménil.

DOMJEVIN

L'origine de ce village, appelé dans les Titres anciens Domnus Jovinus et Domnus Juvinus, a été, par certains, reportée à l'époque romaine. On disait que, sur les côtes, au bas desquelles DOMJEVIN est construit, se trouvaient un Camp et un Temple de Jupiter, et qu'une route: pavée et cimentée y avait été découverte.
Lepage trouve plus simple et plus admissible de faire dériver l'appellation de Domjevin du nom de Saint Juvin, patron de son Église. Les ruines étaient probablement celles d'une Maison de Templiers. Au dernier siècle, on voyait encore les bassins d'une fontaine de leur Couvent et la route pavée et cimentée, découverte en 1770, partait du Monastère pour gagner la roule de Lunéville à Blâmont.
En fait, si l'origine exacte du village est incertaine, de très anciennes pièces d'Archives le mentionnent au XIIIe et au XIVe siècles, à propos de donations faites sur son territoire. Il était donc déjà important à ces époques. Il a appartenu aux Sires de Blâmont.
Il fut privilégié, en jouissant, au Moyen Age, de la Loi de Beaumont, premier échelon, comme l'on sait, de l'affranchissement communal; il nommait son Maire. Il acheta la protection de la Duchesse de Lorraine et de son fils, moyennant une redevance annuelle de deux sous tournois par feu. En 1384, le bail fut renouvelé avec Jean de Lorraine: et chaque habitant devait payer un résal d'avoine et une geline (poule), pour obtenir cette protection.
Domjevin dépendit, à un moment donné, de deux maîtres : le Duc de Lorraine, le Comte de Haussonville. Le Duc avait les maisons de la Rue Haute, avec ses gens; le Comte de Haussonville, celles de la Rue du Bas.
Le village, disent les Archives, fut de ceux qui, aux XVIe et XVIIe siècles, eut, en Lorraine, la proportion la plus forte de personnes exécutées sous l'accusation de sortilèges. Les noms des malheureux et des malheureuses sont conservés (LEPAGE), Les procédures donnent le frisson.
Domjevin fut longtemps fréquenté par les rouliers lorrains et Vosgiens. C'est sur son pont, jeté sur la Vezouze, que passaient


1. Ecoles, Mairie, Monument aux Morts de Domjevin.

2. Détails de la sculpture du fronton de la plus belle porte du village.
Dessins de E. DELORME, d'après nature

ceux qui transportaient, dans la région et au loin, le sel des Salines de Moyenvic. Les habitants de Vého et de Fréménil, en échange d'une exemption du droit de péage, devaient réparer ce pont. Détruit au XVIIe siècle, le pont de bois fut remplacé par un pont de pierre neuf, qui coûta 989 francs, en 1650 (LEPAGE).
Le premier des Ponts avait été, sans doute, détruit pendant les guerres. En tous cas, les très nombreuses reconstructions du XVIIle siècle, dont les maisons de Domjevin présentent les marques. surtout dans la partie haute (la partie ducale), témoignent, à défaut de renseignements fournis par les Archives, de l'étendue des désastres éprouvés par le village, au XVIIe siècle.
Des Ponts de pierre très nombreux jalonnent la route de Bénaménil à Domjevin, dans la vallée de la Vezouze. Ils auraient été, paraît-il, construits sur l'ordre de Stanislas.
Pendant la guerre dernière, Domjevin n'a pas été épargné. Beaucoup de ses maisons. ont été endommagées; sa Mairie et son École ont dû être reconstruites, son Eglise réparée.
La Mairie et l'École, nouvellement construites, sont réunies dans le même bâtiment monumental. C'est le plus seyant de tous ceux de la région qui ont été édifiés après la guerre, Le dessin que je donne en témoigne.
Les dispositions intérieures ont été aussi raisonnées et soignées que l'ensemble et les détails extérieurs.
L'Eglise, restaurée sans changements notables apportés à son état primitif, semble bien appartenir au XVIIIe siècle.(6) Sa tour est massive, à étages; son clocher a la forme d'une bombe, surmontée d'une élégante tourelle; sa nef est du type « grange». (Fig, 14, T. I p. 211).
On y remarque une série de grandes toiles, représentant les stations d'un Chemin de Croix. Elles ne sont pas sans mérite. Elles sont dues au pinceau du Peintre de- Mirbeck et ont été exécutées vers le milieu du siècle dernier. (7)
L'Eglise possède; encore six statuettes de Saints, en bois sculpté (XVIII siècle), un confessionnal de style Louis XIV.
Parmi toutes les maisons reconstruites au XVIIIe siècle, à Domjevin, plusieurs se signalent par l'ornementation luxueuse de leurs portes d'entrée. L'une d'elles, qu'on voit dans la rue haute, en présente une très singulière. Son fronton, brisé, à arcs de cercles épousant une niche recouverte d'une petite et élégante toiture de pierre ; ce fronton est orné d'oves ou de vases flamboyants. D'autres belles portes se voient près de l'Eglise, toujours dans la partie haute du village.
Domjevin, rien que pour ses portes de maisons, mérite d'être visité. II paraîtrait qu'elles auraient été exécutées par des maîtres maçons italiens, du nom de Dulci et de Haléguo, qui se sont fixés dans notre région, au XVIIIe siècle. (8)
Domjevin a aujourd'hui 302 habitants et. 81 maisons. II a perdu un nombre considérable de ses habitants, depuis la guerre. Avant, il en avait 411, et il était déjà en décroissance, ayant eu 610 âmes en 1838, dans 115 maisons, et 481, en 1886.
Le territoire de Domjevin est fort étendu. Il comprend 1.023 hectares. 682 étaient autrefois terres arables; ce nombre est descendu à 360. Les prés s' étalent sur 220 hectares ; 150 sont on bois. Cent quatre-vingt-deux hectares. restaient incultes, en 1926 (Statistique).
Nombreux sont les agriculteurs propriétaires.
Les productions principales du sol sont : les céréales, les fourrages, l'osier. Domjevin eut, à un certain moment, 14 hectares de vignes plantées sur les versants, exposés au Midi, qui le dominent, et le vin, nous dit Grosse, était d'excellente qualité. Les: vignes sont aujourd'hui ; détruites, pour la plupart, par le phylloxéra.
Ce beau village a conservé ses ouvriers de métier. Domjevin a eu comme écart, la Ferme très ancienne de FRISONVILLER. Il en était déjà question dans un titre de donation de l'Abbaye de la Haute-Seille, daté de 1171. Lepage lui a consacré une courte, notice.
Un autre écart est la Chapelle de la BONNE-FONTAINE, renommée en Lorraine et qui est l'objet d'un pèlerinage très fréquenté.
On attribue à l'eau de cette Fontaine des propriétés médicinales.


(1) É. AMBROISE O. C., p.106.
(2) La statue du Saint serait, m'a-t-on dit, déposée au Presbytère.
(3) Voir Tome I, page 214, figure 4.
(4) LEPAGE, O. C.
(5) Cette assertion mériterait d'être contrôlée, car elle ne saurait être acceptée sans réserve. En effet, Stanislas est mort en 1766 et la reconstruction de l'édifice date de la même année.
(6) L'Annuaire de 1926 donne, à son sujet, le renseignement suivant, provenant évidemment du village: « L'Église fut bâtie sur l'emplacement où furent enterrés les 2.000 soldats tués, en 1674, lors de la bataille livrée entre Bénaménil et Domjevin. » Le détail relatif à la construction de cet édifice peut être exact, celui qui concerne la bataille est erroné,
(7) Je n'ai pu obtenir, jusqu'ici. que des renseignements incomplets sur ce Peintre, qui, dit-on, est né dans la région.
J'ai vu, dans d'autres de nos Églises, de ses toiles.
(8) Note orale fournie par M. l'Abbé HATTON, curé de la Paroisse. 

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