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Presse - 1865-1966
 


  • 9 mai 1865
    Le Siècle

Le Journal de la Meurthe publie la lettre suivante de Sarrebourg, concernant un accident qui a eu lieu, il. y a quelques jours, sur le chemin de fer de l'Est, et qui eût pu causer de grands malheurs :.«Le 28 avril dernier, une dame prenait à Lunéville le train direct à quatre heures et demi du soir. Elle se plaça dans le compartiment des dames, où elle se trouvait seule avec son enfant dn dix-huit mois. Vingt minutes environ après le départ de Lunéville, et vers la station d'Embermenil, elle s'aperçut que le tapis semblait brûler du côté de la portière de droite, en même temps que la fumée envahissait le vagon; elle s'approcha et découvrit avec son pied un trou de la dimension d'une pièce de cinq francs, par lequel la flamme fit invasion dans le vagon. Elle boucha immédiatement ce trou avec son pied, mais ne pouvant supporter la chaleur; elle eut l'idée d'appliquer sur l'ouverture un des coussins, qu’elle comprima avec ses pieds.
«Quelques minutes après, voulant se rendre compte dès progrès de l'incendie et voir s'il y avait lieu de crainte sérieuse avant Sarrebourg, première station d'arrêt après Lunéville, elle découvrit le coussin; mais le feu avait déjà fait une trouée aussi large que le fond d'un chapeau; la flamme lui monta à la figure, et elle replaça précipitamment le coussin. Convaincue alors que dans quelques minutes le feu ferait irruption dans le vagon, vu la rapidité avec laquelle il augmentait, elle se mit à appeler à la portière, tout en maintenant le coussin avec ses pieds ; mais ses gestes désespérés et ses cris ne réussirent pas a attirer l'attention des gardes de passage à niveau ou des personnes qui se trouvaient sur la voie ou le long de la voie; ou, si leur attention était attirée, si elles voyaient le feu très-apparent déjà sous le vagon, elles ne pouvaient faire arrêter et donner avis au mécanicien, le train étant déjà loin. Le chef de train, de son observatoire placé à l'arrière, ne voyait rien.
» Le convoi traversa la station d'Avricourt, le feu jaillissait alors en étincelles des deux côtés du vagon ; cette dame commençait à sentir le coussin s'enfoncer sous ses pieds, mais aucun employé n'étant sur le quai et n'ayant pu par conséquent faire monter le disque où faire un signal d'alarme, le train continua sa marche. Elle chercha alors à attirer l'attention des voyageurs des compartiments voisins, et elle réussit, en sortant à mi-corps par la portière, à faire pénétrer sa main dans le compartiment voisin. Sa main rencontra un bras qu'elle secoua violemment. Le voyageur ainsi réveillé mit la tête à la portière et vit le feu débordant le vagon. Ce compartiment contenait deux voyageurs, qui unirent leurs cris à ceux de la dame, mais sans plus de succès. Le train allait toujours, et le feu aussi.
Enfin, et heureusement, le train, près de Réchicourt, rencontra une certaine quantité d'ouvriers occupés à réparer la voie et disséminés sur une grande longueur. Ils donnèrent l'alarme,-firent des signes de détresse, qui furent aperçus et compris de ceux qui étaient placés sur la machine, et le convoi fut arrêté. Il était temps. Le feu fut en quelques secondes éteint avec l'eau de la machine ; dès hommes d'équipe montèrent dans le vagon avec des seaux d'eau, prêts à éteindre le feu s'il recommençait, et le train repartit après un quart d'heure d'arrêt jusqu'à Sarrebourg, où on laissa le vagon. Une dame du compartiment voisin, qui, folle de terreur, avait sauté hors du train avant qu'il ne fût complètement arrêté, en a été quitte pour quelques contusions.
» La cause du feu serait, suivant un employé du chemin de fer, un morceau de houille enflammée qui serait venu se loger au-dessous du vagon, entre la caisse et une traverse. Selon d'autres employés, cela viendrait du frottement d'un frein trop serré. Nous supposons qu'une enquête a été faite à ce sujet. »


  • 25 avril 1886
    Le Petit Journal

Domjevin (Meurthe-et-Moselle), le 30 mars.1886.-« Depuis longtemps, je souffrais horriblement de mauvaises digestions, qui m'occasionnaient de grandes douleurs dans l'estomac et les intestins ; depuis que je prends les bonnes Pilules Suisses à 1 fr. 50, je suis guéri. Milor, tailleur ». - Légalisation de la signature par M. le Maire de Domjevin, le 1er avril.


  • 13 octobre 1898
    La France

LE PLAT DU JOUR
A Ia frontière
Passé quelques heures à la frontière lorraine. Là, des paysans français, des patriotes très chevronnés par d'anciens combats, m’ont confié leurs angoisses. Le pays, affirment-ils, est complètement ouvert à l'ennemi, d'Avricourt à Toul, car le fort de Manonvillers, espérance de nos généraux, arrêterait à peine un ou deux jours l'année envahissante. Quoi! Lunéville n'a pas de quais d'embarquement pour sa division de cavalerie, Nancy n'a pas de quais d'embarquement pour sa division d'infanterie, tandis que, de l'autre côté, chez Guillaume, de Deutsch-Avricourt à Strasbourg, c'est un quai énorme, sans fin, courant à travers toute l Alsace. En face de Metz, qui compte une garnison de trente mille hommes, se trouve Pont-à-Mousson {défendu par le 12e dragons, 800 hommes]) qui est à la merci de l'ennemi. La Lorraine serait donc abandonnée en cas de déclaration de guerre, se demandent anxieusement les Lorrains qui voient et réfléchissent, on irait se battre derrière Toul, ville fortifiée de troisième classe, et là, on attendrait Ica Allemands, après leur avoir laissé presque toute la Meurthe-et-Moselle, en don de joyeuse arrivée.
Vaincus, la Champagne est envahie, vainqueurs nous sommes obligés de reconquérir Nancy et Lunéville, et tenez, me disait on : Voici des signes évidents de notrein fériorité ; à Raptin, le poste de douaniers allemands est relié à Sarrehourg par un fil télégraphique, afin de prévenir la garnison à la moindre alerte; chez nous, à un kilomètre de là, notre poste de douaniers, à Gogney, ne possède pas d'appareils télégraphiques ; à la gare de Deutsch-Avricourt des hangars sont bondés de machines, à Igney-Avricourt, nous en avons à peine quelques-unes.
Et tandis que l’honnête homme qui me parlait s’indignait, je. ne sais quelles pensées sinistres m’envahissaient devant la campagne s'embrumant, en ce soir d'automne, de nuages gris qui enveloppaient connue de crêpe l'horizon ; ici, c'était la France, plus loin, très près, l’Allemagne, et dans le silence du crépuscule, dans a paix des choses s’endormant bercées par la nuit, cette nourrice de la nature, dans ce calme universel, il me semblait entendre parfois comme un cliquetis d'épées trahissant la présence des deux armées qui, depuis vingt-sept ans, s'observent sur Ia frontière lorraine.
Sachons vide la vérité et la dire, n'ayons pas de confiance aveugle et imbécile, c’est du patriotisme, en certains cas, que de jeter un cri d'alarme, et de crier : Prenez garde !
RENÉ WISNER


  • 4 septembre 1900
    Journal de Seine-et-Marne

Jouarre
Une querelle éclatait dans l’après-midi du 30 août entre deux ouvriers travaillant à la machine à battre de M. Aimé Martin, entrepreneur de battages à Jouarre, les sieurs Joseph-Adolphe Noël, âgé de 41 ans, originaire de Buriville, arrondissement de Lunéville (Meurthe-et-Moselle), et Alexandre Destembeig, né à Signy-Bignels le 14 janvier 1881.
Le premier reprochait au second d’avoir tenté de le faire congédier par son patron.
Les deux hommes se bousculèrent et tombèrent ensemble ; dans sa chute, Noël se blessa à l’œil gauche. C’est la version donnée par les témoins de la scène, mais ce n’est pas celle du plus âgé des adversaires qui prétend avoir reçu un coup de poing de Destemberg.
Le tribunal débrouillera l’affaire.


  • 12 février 1911
    L’Echo saintongeais

Quadruple désertion
Lunéville. - Quatre cavaliers du 18e chasseurs se sont évadés des locaux disciplinaires où ils étaient enfermés pour absence illégale et autre délit.
Malgré la poursuite de la gendarmerie et des douaniers, ils ont pu réussir à passer la frontière aux environs de Vaucourt. Ils ont dit aux gendarmes et douaniers allemands qu’ils avaient déserté parce qu’ils « avaient esquinté » un officier, ce qui est faux. La population leur a fait une réception plutôt hostile.


  • 14 juillet 1911
    La Croix

MEURTHE-ET-MOSELLE. - Assassiné et en terré. - On a découvert, à 4 kil. 500 du lieu du meurtre, lé cadavre enterré de Cyrille Prémoli, maçon, 30 ans, assassiné le lundi 10 juillet, à Domèvre-sur-Vezouze. Les meurtriers, Lalevée et Chatton, ont été arrêtés.


  • 24 mars 1914
    Le Figaro

Le général de brigade Emile Marin, du cadre de réserve, est mort avant-hier â l'hôpital militaire de Nice.
Né â Blamont, près de Lunéville, le 26 mars 1836, il passa par Saint-Cyr et Saumur ; en 1870,11 fit la campagne contre l'Allemagne comme capitaine de dragons et combattit à Forbach et à Rezonville. Chef d'escadrons en 1875, lieutenant-colonel en 1881 et colonel quatre ans plus tard, il commanda le 6e hussards à Bordeaux. Le 11 juillet 1891 il reçut les deux étoiles et commanda la brigade de cavalerie du 3e corps, à Evreux.


  • 3 juin 1914
    Le Petit Parisien

Au cours d'une violente discussion. à Reclonville (Meurthe-et-Moselle), un commis coiffeur, Adolphe Pierson. a grièvement blessé son père coups de revolver.


  • 3 juin 1914
    Le XIXe siècle

Un parricide
Lunéville. 2 juin. - Au cours d'une discussion, le nommé Adolphe Pierson, 24 ans, perruquier à Reclonville, a tiré quatre coups de revolver sur son père, le blessant grièvement.
La victime a été transportée, à l'hôpital dans un état désespéré.


  • 21 août 1914
    Le Petit Courrier de Bar sur Seine

Blessés français
Un train de blessés français, qui a été évacué sur Vichy, est passé mercredi en gare de Moulins. Leur moral est excellent. « Qu’on nous guérisse vite pour retourner là-bas », disent-ils.
Ces blessés proviennent des combats de Blamont. Les blessures sont presque toutes aux jambes ou aux bras. Les Allemands tirent bas et fort mal ; quant aux obus, ils n’éclatent pas, dans la proportion de 80%. Dans cette affaire de Blamont, les soldats se sont lancés sur les Allemands avec une fougue irrésistible et irréfléchie. A 1.500 mètres, les clairons sonnèrent la charge, malgré les officiers, et les hommes partirent sans qu’on pût les retenir. Tous les blessés rapportaient des trophées pris aux Allemands : casques, éperons, etc.


  • 24 août 1914
    Le Rappel

La Sauvagerie Allemande
à Vaucourt
L'Est Républicain, de Nancy, publie la lettre suivante ;
Lunéville, 13 août 1914.
Mon cher A.,
Je suis arrivé, hier, à Lunéville, à neuf heures du matin, avec maman et nos deux enfants.
Si tu avais vu comme nous étions arrangés, tous sales et, mouillés de rosée.
Nous nous sommes sauvés à dix heures du soir.
Ce n'est pas aujourd'hui que je peux te raconter le mal que nous avons enduré.
Mon pauvre Vaucourt est tout en cendres.
L'église aussi.
Les monstres de Prussiens ! Ils nous ont pillés de tout ! Ils nous ont mis le revolver à la gorge.
Nous étions tous du village à avoir les sueurs de la mort. On se voyait mourir.
Oh ! mon pauvre Vaucourt !
Les uhlans étaient arrivés mardi, à neuf heures du matin, autant qu'il y a de feuilles au bois. Il y avait à peu près 20 petits soldats en haut du village, pour tous ces uhlans.
Nous étions aux champs. Quand nous sommes rentrés, les Prussiens étaient là, au milieu du village.
Grande bataille, atroce !
Ils ont pris le pauvre père Boileau, et ils ont aussi emmené notre père comme prisonnier, à Sarreguemines.
Papa nous, faisait pitié. Il ne pourra pas supporter cela. Il étouffera avant. Je ne puis t'en dire plus long aujourd'hui.
Les uhlans ont alors brûlé.une partie du village, puis ils ont attendu que tout le monde soit couché, pour revenir incendier le reste.
Faute d'une minute, nous brûlions au lit.
Heureusement les enfants n'étaient pas déshabillés.
Nous sommes partis, trente personnes du village.
Je me suis retournée pour regarder brûler ma pauvre maison. Toutes nos pauvres bêtes brûlées vives !
Nous sommes comme l'escargot, plus rien !
Nous avons fait douze heures dans les bois tous les quatre. Nos pauvres enfants n'ont jamais dit qu'ils étaient fatigués.
« J'espère que tu reviendras avec nous, Bon courage.
Aline C...


  • 24 septembre 1914
    Le Petit Provençal

En Lorraine
Après le combat d'Avricourt. - La prise d’un convoi de la landwehr allemande.
Paris. 23 Septembre.
Le 20 au matin, la division française campée sur La Vezouse, après une marche de nuit de flanc le long du canal de la Marne au Rhin, avait réussi à réoccuper Avricourt. La position des Allemands, battue par le fort de Manonviller, menacée au nord par la marche de nos troupes, était devenue intenable. Après un violent duel d’artillerie, l'ennemi évacuait la ville frontière, se retirant en pays annexé dans la direction de Richecourt.
Dans la journée du 21, tandis que nos troupes fortifiaient la position conquise, barricadant les rues du village et garnissant d'artillerie les collines du Sanon, nos aéroplanes signalaient un retour offensif des Allemands, à 15 kilomètres au sud.sur le sentier de Richecourt à Blâmont. Ainsi donc, l’ennemi n’avait repassé la frontière à Avricourt que pour rentrer chez nous quelques heures plus tard, vers Richecourt.
Par la ligne Richecourt-Blamont, impraticable à l’artillerie.les Allemands ne pouvaient acheminer que de l’infanterie sans la faire soutenir par le moindre canon. Il y avait certainement là une feinte d’attaque plutôt qu’une attaque réelle. Néanmoins, plusieurs colonnes ennemies franchissaient les crêtes, se dirigeant vers les Lignes de la Vezouse, privée de la division qui l’occupait la veille, et l’avait quittée pour réoccuper Avricourt. Il semblait même que les Allemands, loin de dissimuler leur mouvement, avaient à cœur de signaler leur présence, car les colonnes suivaient bien ostensiblement les crêtes au lieu de se dissimuler dans les vallées. Ces mouvements étranges durèrent toute la journée du 21.
Notre état-major ne pouvait être dupe. L’ennemi cherchait à tout prix à attirer notre attention dans la direction de la Vezouse. Mais dans le but de tenter une opération dans la région d’Avricourt ? En vain nos aviateurs avaient survolé la vallée du Sanon. Ni là, ni sur la rive parallèle du canal, nos aéros n’avaient découvert rien d’insolite. On décida alors d’envoyer un peloton de cavalerie explorer la forêt du Paroy, inaccessible par son feuillage dense à l’œil de nos observateurs.
Cependant, au sud, l’infanterie allemande avançait toujours, réoccupant sans peine Blamont d’abord, Domèvre ensuite, laissés vides de troupes par notre avance sur Avricourt. D’Avricourt, nos canons avaient bien tenté de saluer rentrée de l’ennemi dans la vallée de la Vezouse, mais sans grand succès, vu la grosse distance. Restant donc dans une expectative prudente, notre état-major, tout en faisant surveiller par quelques pelotons de dragons les colonnes allemandes, décida de laisser avancer l’ennemi, sûrs que nous étions, à l'heure voulue, de repousser aisément une division de fantassins, que n’appuyait aucune artillerie et dont la cavalerie était insuffisante. Il y avait, sans nul doute, dans cette marche des Allemands au sud, une feinte pour nous obliger à dégarnir les abords d’Avricourt.
Notre état-major ne tarda pas à avoir l’explication de cette tactique. Ce que n'avaient pu nos reconnaissances d’avions, notre raid de cavalerie venait de l’accomplir. Une estafette accourait, en effet, au soir du 21, annoncer au quartier d'Avricourt que nos cavaliers avaient découvert, caché dans la forêt de Paray, un train d’équipage ennemi considérable. L’estafette, vu le nombre important de troupes ennemies accompagnant le convoi, demandait à toute vitesse du renfort pour l’attaque prochaine.
Nous avions là l’explication de la feinte allemande vers le Sud, feinte qui ne tendait à rien moins qu’à nous attirer sur la Vezouse, afin qu’au nord d'Avricourt, les équipages ennemis attardés pussent durant la nuit repasser sans encombre la frontière.
Notre état-major donna rapidement ses ordres. Dès l'aube, la forêt du Paray était cernée par un régiment de chasseurs d’Afrique, sur la ligne Manonviller-Avricourt, quatre batteries battaient la route. Les équipages ennemis étaient pris. Un bref combat sous bois eut raison de leur résistance. A 11 heures du matin, l’ennemi se rendait.
La prise était d'importance. Tout le train de la landwehr bavaroise tombait entre nos mains avec son personnel, conducteurs, boulangers, infirmiers. Un bataillon entier du IVe corps complétait la prise. De plus, nous capturions vingt autos de ravitaillement, y, compris 2 autos des postes, appartenant aux IXe et XVIe corps allemands. Parmi les traînards faits prisonniers dans la même affaire se trouvaient des soldats des VIIIe, XIIIe et XIVe corps. Ce mélange hétéroclite était la preuve du désarroi dans lequel la bataille de la Marne avait jeté nos ennemis, et du désordre de sa retraite vers la Meuse et l’Argonne.


  • 16 novembre 1914
    La Libre Parole

La mort d’un brave
Le soldat Maurice Bracquemond, du 17e chasseurs à pied a été tué à l’ennemi, le 8 août dernier.
Voici la belle lettre que le lieutenant X... (aujourd’hui capitaine), a adressée à la mère de ce jeune brave. Par le magnifique témoignage qu’elle rend à Maurice Bracquemond et par les nobles sentiments qu’elle exprime, elle mérite d’être reproduite en entier :
«... Maurice Bracquemond est le premier chasseur sous mes ordres qui ait été appelé par Dieu à donner sa vie pour la Patrie, et les conditions dans lesquelles le sacrifice est survenu vous donne le droit d’être fière entre toutes les mères en deuil.
« Il était parti avec moi, deux jours avant la mobilisation de la couverture, quatre avant, la mobilisation générale, six avant la déclaration de guerre. Appelé par la confiance de mon chef de bataillon à partir avec quelques braves, j’avais choisi Maurice en raison de sa résistance physique (il s’agissait de faire de longues courses en bicyclette), de son adresse au tir (on pouvait tomber à chaque pas dans une embuscade), de son grand calme (qui seul permet de sortir victorieux des sérieuses difficultés), et de sa résolution à faire tout son devoir.
« Depuis plusieurs jours, nous manœuvrions avec conviction, avec enthousiasme, avec foi, lorsqu’il réussit à faire prisonnier un uhlan, après avoir tué la monture de ce dernier. Il le ramenait, en compagnie du sergent, lorsque le sale boche, indigne de la grandeur d’âme de votre fils qui lui avait conservé la vie, profitant d une fusillade qui rendait pour mes deux camarades la situation difficile, s’empara de l’arme de l’un d’eux, et assassina le plus proche, Maurice, le brave.
« Le sergent le vengea immédiatement en abattant l’assassin, mais ne put mal heureusement rien faire pour le sauver : Maurice avait été tué sur le coup. Il repose dans le cimetière de Blamont, dans la fosse commune réservée aux braves français qui sont morts au champ d’honneur, à côté d’un pauvre brigadier de chasseurs à cheval, blessé et achevé par les Allemands, dans des conditions qui émouvraient la famille de ce dernier, à côté d’un pauvre dragon, à côté de nombreux camarades.
« Il repose dans la paix du Seigneur, dans cette paix réservée à ceux qui ont vécu sans reproche. Il y reposera toujours, Madame, car vous le laisserez là avec ceux qui ont consommé le même sacrifice ; avec ceux auxquels la ville de Blamont, reconnaissante, élèvera un monument digne de leur dévouement, de leur énergie à défendre les foyers, les femmes, les fils des Vosges, avec ceux qui seront l’objet, chaque année, de soins minutieux de la part de la grande famille française, représentée à Blamont par une population trop éprouvée au cours des siècles pour ne pas traiter les tombes de militaires avec le plus profond respect, avec le plus beau recueillement.
« Et, le laissant là, vous l’irez saluer sur la tombe militaire la plus proche de votre habitation, où reposera peut-être le fils d’une mère de Blamont, en tout cas le fils d’une femme française.

« C’est le propre de la guerre de stimuler assez les énergies, d’élever le moral, de vivifier assez la foi pour permettre aux mères, aux veuves, aux orphelins, de ne pleurer que sur les sacrifices nationaux, et dans la mesure seulement où les événements l’exigent, pour éprouver la joie calme de la victoire finale.
« Que cette énergie, ce moral, cette foi, Madame, constituent le baume de votre douleur que je respecte et devant laquelle je m’incline. « Capitaine X...,
« le 1er novembre 1914. »


  • 6 décembre 1914
    La Presse

POUR LES TOUT PETITS
Les Enfants sont heureux
Les Parents sont contents
Le mois de décembre est généralement celui de l'année que préfèrent les « tout petits ». Noël et le Jour, de l'An sont les deux dates que les jeunes cerveaux retiennent le plus facilement.
En 1914, les mioches vont se demander pourquoi ils ne sont pas fêtés comme en 1913. Les parents répondront hélas « C'est la guerre ! ». Les gosses pleureront aussi et ne comprendront pas.
Dorlotés, choyés par papa et maman, à toutes les époques de l'année, ils ont déjà enduré depuis trois mois les pires privations C'est pourquoi nous avons résolu d'y mettre un terme, avec le généreux concours de ceux qui nous lisent.
En procédant ainsi, nous avons mis à l'abri pas mal de bambins et de fillettes qui à la Noël et au Jour de l'An auront les mêmes surprises joyeuses qu'en 1913.
Déjà nous-mêmes, nous avons reçu nos étrennes, sous la forme de remerciements émus que nous ont adressés soit les enfants que nous avons placés, soit les personnes généreuses qui les ont recueillis.
[...]
La jeune Hélène N... de Blamont, (Meurthe-et-Moselle), a été accueillie avec joie chez de braves commerçants de la rue de la Bastille, M. et Mme Albert.
Cette jeune personne, qui a onze ans, ne paraît pas se plaindre. Ecoutez-la :
Permettez-moi de vous dire que je me trouvre bien heureuse chez Mme Albert. C'est pour moi la vie de famille, car je suis considérée comme si j'étais leur petite fille.
Je vais l'école, je suis très bien nourrie, très bien couchée et habillée avec soin par cette bonne maman Albert.
Aussi c'est à votre bonté que j'adresse mes remerciements et ma profonde reconnaissance.
Son frère Eugène M..., est chez Mme Tripard, à Courbevoie. Il nous envoie la gentille petite lettre que voici :
Permettez-moi de vous dire que je me trouve vraiment bien chez Mme Tripard, qui est très gentille pour moi.
J'ai ma belle petite chambre à coucher, un bon petit lit où je repose à mon aise et reçois une nourriture très substantielle.
Je peux aussi, de temps en temps, faire une visite à mes parents qui en sont bien contents.
Le neveu de Mme Tripard, qui a près de mon âge, me considère comme son petit « frangin». Nous travaillons tous deux à notre instruction. Tour à tour, nous faisons le maître et l'élève. Nous recevons aussi des leçons de comptabilité. Mais je me hâte de vous dire que cela ne nous empêche pas, à une heure fixe de la journée, de faire une bonne partie d’amusement ou notre petite promenade.
Si je me trouve dans ces bonnes conditions, Monsieur Doublon, c'est grâce à vous aussi, je vous envoie mes remerciements infinis.
[...]
Lucien Doublon


  • 28 décembre 1914
    L’Eclair

Les Allemands à Blâmont
Une personne revenue de Blâmont depuis le 1er décembre confirme que cette ville fut brûlée en partie et entièrement pillée, même au milieu de la nuit. La chocolaterie Burrus est détruite ; les hulans ont fusillé une jeune fille de 17 ans, Mlle Marguerite Cuny ; un vieillard de 70 ans, M. Barthélemy ; M. Fouel, qui tenait le café du Commerce.
Des patrouilles allemandes ont été signalées aux environs de la ville avant la déclaration de guerre.


  • 23 février 1915
    Le Petit Marseillais

Les Bandits couronnés
Paris, 22 lévrier.
Notre confrère l’Alsace signale, parmi les chefs allemands qui se sont particulièrement distingués par les pillages et les tueries qu'ils ont ordonnés à Blamont, le prince de Bavière, commandant en chef du Ier corps bavarois.
C’est ainsi que ce brave général, installé à Blamont dans le château d'un chocolatier suisse, M. Burrhus, obtint de son hôte des milliers de kilos de sucre et cacao en échange de la promesse que l'usine du chocolatier serait respectée. Mais le prince ne s'embarrassa pas pour si peu. Lorsqu'il eut mis en sûreté les marchandises qu’il avait demandées, il fit mettre le feu à l'usine de M. Burrhus et comme celui-ci lui rappelait sa promesse, le prince de Bavière le menaça du peloton d’exécution.
Puisse cette anecdote authentique tomber sous les yeux de nombreux citoyens suisses !


  • 6 mars 1915
    La Gazette de France

Les Livres
SONNETS DE CAMPAGNE
Un haut fonctionnaire du P. L. M., rengagé pour la durée de la guerre, a noté ses impressions de campagne en quatre-vingt-dix sonnets vibrants, agréables par l’élégance et la souplesse de la forme, émouvants par la sincérité de la vision. Ce sont des tableaux de guerre où crépite la fusillade, où passent les horreurs et les sublimités du champ de bataille.
L’auteur les dédie à ses « 80.000 camarades du P.-L.-M. »
A vous, ces vers, agents, amis, du grand Réseau.
A toi d’abord, qui mis le premier acte en scène
Si magnifiquement! À qui si rude peine
Valut si bel honneur! Grand merci, cheminot!
Sans accrocs, sans retard, au front tu nous amènes !
Voici une « messe de campagne ». La page est datée de Blamont, 21 août :
Le portail mitraillé par des éclats d’obus ;
Arceaux et clochetons jonchant la place vide;
Tous les vitraux brisés ; une senteur fétide
D’âcre charnier ; du sang, des cris, des pleurs confus
Du pauvre corps meurtri de l’église, il n’est plus
Rien que n’ait mutilé le barbare stupide.
Mais son âme, jamais, n’a vibré plus splendide
Sur l’autel où, vers nous, va descendre Jésus !
Le prêtre est un soldat comme les assistants,
La cloche a pris la voix des fusils crépitants.
L’orgue le grondement des canons en furie.
Mais, dans nos cœurs, s’épand une sérénité
Virile et tendre : en eux, soudain, a palpité
Avec le Dieu vivant, l’âme de la Patrie !
[...]
Espérons qu’après la victoire l’auteur des sonnets de campagne ne déposera pas sa plume en même temps que son épée.
GRAVILLE.


  • 21 mai 1935
    Le Matin

Conseiller municipal depuis soixante-quatre ans.
NANCY, 20 mai. Par téléphone.
A Vaucourt (Meurthe-et-Moselle), où il est né en 1844, M. Charles Brancard a été élu conseiller municipal en 1871, à 27 ans, et il a été constamment réélu depuis cette date.
Au dernier scrutin, ses concitoyens ont encore renouvelé son mandat à leur doyen, qui, avec ses 91 ans. doit être d'ailleurs, un des doyens des assemblées municipales de France.


  • 1er juin 1915
    L’Echo de Paris

Avis à nos alliés.
Sous la boîte allemande
Une jeune Lorraine, rentrée récemment d'Allemagne; par la Suisse, donne au Progrès de Lyon un récit de l'occupation allemande â Blamont. Cette petite ville a beaucoup souffert de la guerre,. Envahie, bombardée et pillée, elle a subi toutes les horreurs de l'invasion tudesque.
La jeune Lorraine la dépeint en traits sincères, humains et émouvants. Elle fut enfermée avec sa mère et sa sœur dans une petite chambre où se trouvaient déjà sept personnes et tenue d'y'habiter quinze jours sous la garde de deux soldats.
« La première nuit a été terrible. On entendait le bruit effrayant du canon et de la fusillade ; deux maisons brûlaient, et les soldats nous faisaient comprendre que la nôtre brûlerait aussi. Nous n'osions pas descendre ; c'était d'ailleurs difficile. La maison était si pleine d'habitants que les
Allemands, couchés par terre, harassés de fatigue, se touchaient tous. Ils ne bougeaient pas et il fallait leur marcher dessus pour sortir...
» Parfois, lorsque nous étions dehors, il en venait qui cherchaient à nous parler. Ils prenaient un air narquois et réjoui et nous disaient :
» - Nous avons pris le grand fort de Manonvillers. Nous sommes à Toul et à Verdun, et nous marchons sur Paris... »
On peut se figurer l'angoisse d'une jeune fille française dans une telle promiscuité et dans l'ignorance de la vérité.


  • 24 juin 1915
    Le Courrier de Saône et Loire

Lorraine orientale. - Les opérations prennent de l’extension entre le chemin de fer de Lunéville à Avricourt et le cours moyen de la Vezouze. Il ne s’agit plus seulement d’escarmouches, comme on pouvait le croire, mais bien de combats importants, ayant pour résultat la conquête d’un terrain étendu.
Le théâtre de ces rencontres est à l’est de Lunéville, non loin de la petite ville de Blamont. Comme nous le supposions hier, il s’étend entre deux longs ruisseaux aboutissant à la Vezouze : celui de Leintrey, naissant non loin du village de ce nom, près du chemin de fer, et celui d’AIbe, qui, ayant sa source au sud d’Avricourt, atteint la Vezouze en aval de Domèvre. La longue colline qui sépare les deux vallons a 319 mètres d’altitude près de Leintrey et se tient sans cesse a plus de 300 mètres, alors que la Vezouze coule à 250 mètres environ. C’est cette arête que l'ennemi occupait et dont nous le chassons. Sa première ligne est enlevée sur 1.500 mètres. Poursuivant ce succès, nos soldats se sont avancés vers la vallée de l’Albe et ont atteint les abords de Gondrexon et de Chazelles. L'ennemi a précipitamment abandonné ses tranchées que l’on a trouvées remplies de cadavres. Au sud-ouest d’Embérménil, même succès ; la hauteur boisée des Remabois, qui domine Leintrey, a été abordée. Les Allemands se sont concentrés près de là, fortement retranchés au sud de Leintrey.


  • 25 octobre 1915
    La Liberté

En Lorraine. - Il faut suivre avec attention les petits combats qui se poursuivent sans interruption depuis tant de semaines au long des vallons de l'Albe et de Leintrey et sur les croupes qui les séparent.
Celui qui s'est livré vendredi nous vaut quelques précisions relativement au terrain disputé, il permet de supposer que la ligne entre les deux parties suit le sommet de ces croupes. Un chemin qui n’est
pas partout en bon état d'entretien suit ce faite. Montant d'Amenoncourt au nord, sur l'Albe, il passe par les points cotés 299, 303, 207, alors que les fonds des vallons sont à 255 et 260 mètres, et va descendre sur le Leintrey à Blemerey. Ce chemin est traversé près de la cote 290 par celui de Leintrey à Gondrexon. C’est au point d’intersection que l’on s'est battu vendredi. Les Allemands y étaient installés dans une tranchée fortement défendue, nos soldats sont parvenus à les déloger et à occuper cette croisée de chemins, ils font face à des collines plus hautes - 353 mètres au-dessus d'Autrepierre - séparant l'Albe de la Vezouse et derrière lesquelles se blottit la minuscule ville de
Blamont, dont la gare est le centre des ravitaillements de l’ennemi. Blamont est à 7 kilomètres de la tranchée que nous venons d’enlever.


  • 20 juin 1916
    Le Bourguignon

Correctionnelle d’Auxerre
Audience du mardi soir [...]
Etant ivre, Charles Denis, âgé de 51 ans, s’est laissé aller à prononcer, dans un café de Saint-Florentin, des propos n'ayant rien de commun avec ceux d'un bon citoyen.
Ce stratège de caboulot, perdu dans les fumées de l'alcool, s'est bêtement mis à critiquer les opérations de Verdun, souhaitant que les Boches viennent bientôt donner aux Saint-Florentinois
une « leçon » qu’ils ne méritent certainement pas.
Denis est originaire de Blamont, cette ville de Lorraine où, dès les premières semaines de guerre, les Allemands firent si lourdement sentir leur puissance de destructeurs et de brigands.
Denis est condamné à 15 jours de prison.
C’est sa huitième condamnation.


  • 9 août 1916
    Le Bourguignon

Aube - Une mère noyée avec sa fille. - Dimanche matin, Mme Mellé, âgée de 37 ans, originaire de Blamont (Meurthe-et-Moselle), réfugiée â Bomilly, sortait de chez elle, accompagnée de sa petite fille, âgée de deux ans, pour se rendre a la messe.
A l’heure du déjeuner, Mme Mellé n'était pas rentrée.
Vers le soir, M. Ignard, son cousin, employé chez M. Clément, architecte, avec lequel elle habitait, pris d’inquiétude, commença à faire des recherches.
Lundi matin, deux chapeaux ayant appartenu à Mme Mellé et à sa fille furent trouvés sur le bord de la rivière des Aiguilles, au lieu dit le « Trou corselet ».
Des sondages furent pratiqués et les deux corps retrouvés.
Mme Mellé, dont le mari est mobilisé à Paris était neurasthénique.
 


  • 10 octobre 1918
    The Chicago tribune

LITTLE GLIMPSES OF HISTORIC FRANCE
BLAMONT.
Blamont, whose name appeared in documents of the seventh century, dates back a very long time. It was the headquarters of a Roman "Pagus", then became the capital of a county (Blamontois), the residence of a royal officer and finally the property of the crown.
The town was fortified as earny as the fourteenth century and possessed a castle, an ancient and magnificent residence which offered its hospitality to many notable personages, among whom were the Duke of Antoine, François de Bar, the Queen or Hungaria (1548) and the Count de Egmont and his wife.
From the year 1559 the mansion served as the residence of the Duchess Christine of Denmark, mother of Charles III. In 1567 there was celebrated there the wedding of Prince William of Bavaria and Princess Renée of Lorraine and in 1573 it was the scene of meetings between Catherine de Medici and the Duke d'Anjou who became Henry III.
The town was beseiged and taken in 1597 by the Duke of Bourmon and in 1631 by the Duke of Saxe-Weimar. During the first seige it was valiantly defended by Mathias Klopstein of Lorraine, who after an heroic resistance was hanged by his enemies at the gate of the fortress as a punishment, for having set fire to the town.
During the disastrous wars, Blamont lost its fortifications as well as its castle of which the ruins still stand on the hill which dominates the town.
Blamont was the birthplace of Claude Ambroise Regnier, who was the high judge during the first Empire ; of Count Louis Klein, General de France and General Le Clerc, who died in 1861.


  • 9 mars 1919
    La France

LIVRES ET AUTEURS
SAINT-DIÉ sous la botte
Ne pas oublier, garder la mémoire fixée sur les abominations d’hier, bien nous convaincre que nous sommes en armistice non en paix avec l’Allemagne et que ce simple état de trêve survivra pendant longtemps, pendant très longtemps à l’échange des signatures protocolaires, rien n’est plus nécessaire ; il semblerait aussi que rien ne soit plus simple. Mais la guerre, matériellement destructrice, est très peu régénératrice au moral. Elle exalte (sans les créer) les grands sentiments qui se cachaient au fond de certaines âmes. Elle ne redresse pas les mentalités faussées. Aussi, à peine la victoire, si chèrement achetée, commençait-elle à monter en plein ciel que déjà des fumées d’idéologie s’efforçaient de la masquer. Et ces fumées deviennent un rideau de brume. Des romanciers philosophes ou plutôt des philosophes romanesques, demandent avec gravité s’il est bien certain que la Patrie existe. Et notre Patrie saigne encore !
Cette besogne est mauvaise. On ne peut en contrebalancer les effets que par un rappel méthodique et constant des horreurs de la première partie de cette guerre qui, répétons-le, n’est que suspendue et qui peut reprendre, qui reprendra sous d’autres formes. Tous les récits de témoins sont opportuns et ils seront d’autant plus précieux qu’ils n'auront pas la surcharge du maquillage littéraire. La vérité, l’humble vérité, comme disait Maupassant, nous en avons besoin et nous la retrouvons dans les livres de bonne foi tels que ce Saint-Dié sous la botte, paru à la librairie Berger-Lervrault.
Le narrateur est M. Ernest Colin, adjoint au maire de Saint-Dié, témoin, acteur, héros et victime du chantage boche dont ce petit livre ne laisse ignorer aucun détail. Point de fioritures ni de vains ornements ; la note littéraire n’est indiquée, et très discrètement, que dans la préface où M. Emile Hinzelin trace ce charmant tableau de Saint-Dié des Vosges :
« Saint-Dié est une petite ville de grande beauté. Sur les deux rives de la Meurthe, elle s'étend au pied d’élégantes montagnes, la « ligne bleue », dont parlait si admirablement Jules Ferry. On descend la grande rue aux maisons un peu basses, percées de larges portes cochères. On passe sous des arcades de grès rose aux délicates nuances. Sur la place, presque en face de la maison qui porte l’inscription : « Ici est né Jules Ferry », se dresse la statue de Jules Ferry au pied de laquelle des écoliers de bronze apprennent à lire. Un peu plus loin se trouvent la cathédrale, un cloître gothique et une chapelle romane qui-remonte au neuvième siècle. Exquise à l’ombre des grands arbres, cette chapelle est l’un des lieux du monde où l’on sentait avec le plus de ravissement le lourd manteau des soucis tomber sur le grès rose des dalles, comme une ombre. Que de prières angoissées la chapelle et la cathédrale ont entendues, depuis le début de la guerre ! En face de la cathédrale, voici la Maison des Chanoines d’où est partie, en 1410, l’idée qu’un nouveau monde était à découvrir. Quand ce nouveau monde fut découvert, les chanoines lui forgèrent le nom qu’il portera pour toujours : Amérique. »
La beauté de Saint-Dié, la grâce de ses paysages, la noblesse de ses souvenirs étaient pour les Allemands autant de motifs de haine. Pendant leur occupation, ils eurent recours à leurs procédés habituels : fusillade, bombardement, incendie. Mais ils devaient faire preuve d’invention particulière à l’égard de M. Ernest Colin. Ils étaient entrés à Saint-Dié le 27 août 1914 à 17 heures. Le lendemain 28, à 9 heures, devant l’Hôtel de Ville, M. Ernest Colin, en sa qualité d'adjoint au maire, reçut du général von Knoerzer, commandant la 30e Reserve Division, la mission d’obtenir d’extrême urgence, du Gouvernement français, la restitution des femmes et des enfants arrêtés comme suspects par les troupes françaises qui avaient occupé la vallée de la Bruche, et emmenés à l’intérieur du territoire.
Il ajouta :
- Si vous ne pouvez réussir dans votre mission et si vous ne ramenez les otages, au moins autant de femmes et d’enfants de votre ville, en commençant par les membres de votre famille, seront arrêtés et leurs maisons incendiées ; si l’on remet la main sur vous vous serez fusillé.
Voici le sauf-conduit remis à M: Colin :
Le porteur de la présente a la permission du général commandant de quitter la ville pour chercher à Gray les femmes et les enfants arrêtés à Saales.
Par ordre : J. A. Meier,
Commandant et adjudant de l’état-major.
Aucune hésitation n’était permise. M. Ernest Colin et deux vaillants compatriotes, MM. Jules Marchal et Georges Béranger, industriels, qui s’associaient volontairement à son sort, trouvèrent une automobile oubliée dans une grange. Le voyage fut tragique entre les batteries ennemies ; vingt fois les Français échappèrent à la mort. Il faut lire dans le simple récit de l'adjoint au maire de Saint-Dié ces péripéties navrantes. Mais des épreuves morales encore plus cruelles étaient réservées à M. Ernest Colin quand il revint à Saint-Dié ramenant les suspects rendus per l’état-major français sous cette condition, peu respectée, que la France n’aurait rien à souffrir pendant l’occupation allemande.
Il fut grossièrement insulté par l’officier supérieur chargé de prendre livraison des suspects :
« Se plaçant en face de moi (il savait que j’étais un des adjoints de Saint-Dié) il hurla, je ne puis employer un autre terme, - il hurla les paroles suivantes :
- Salauds ! Sales cochons de Français ! Misérables d’avoir emmené prisonniers des femmes et des enfants !...
» Il cracha ensuite dans ma direction.
» Pendant cette algarade, mon sang bouillait ; je serrai mes poings dans mes poches, je tins les yeux baissés et ne fis aucun mouvement. Je ne pouvais lui répondre, hélas ! c'est pourquoi cette brute en profita.
» Si ce brave officier veut venir me répéter ces paroles après la guerre, il n’aura certainement pas le temps de les prononcer toutes. J’aurais voulu pouvoir lui dire :
Assassins ! Bandits ! Voleurs ! Incendiaires ! A Blâmont, il y a quelques jours, à 8 heures du soir, vous avez sans aucun motif arrêté mon oncle Louis Foëll et vous l’avez fusillé lâchement. lendemain,
vous avez fusillé l’ancien maire, M. Barthélemy, vieillard de quatre-vingt-six ans.
A Badonviller, à Parux. partout où vous passez, vous fusillez femmes et enfants, vous pillez et commettez les pires horreurs. »
Ce n’est pas tout. Il manque parmi les suspects, quelques femmes et quelques enfants. M. Ernest Colin est de nouveau mis en cause. Et c'est alors le plus abominable chantage
» A midi, je recevais l’ordre d’aller chercher ma femme ; elle allait être emmenée comme otage et ne serait remise en liberté qu’à mon retour, si toutefois je ramenais le complément des femmes et enfants arrêtés.
» Accompagné d’une sentinelle, je dus donc aller moi-même chercher ma femme pour la remettre prisonnière à ces sauvages. Je ne puis rendre par écrit ce que j’éprouvai.
» Bien tristement j’arrivai chez moi où j’étais impatiemment attendu, car ma femme avait profité de mon retour pour inviter à déjeuner des amis, et nos convives étaient à la maison.
» Mon entrée avec ce soldat leur fit pressentir une mauvaise nouvelle ; personne n’osa cependant me demander pourquoi j’avais de nouveau un gardien avec moi.
» Avec le plus de ménagements possible je dus prévenir ma femme, lui dire ce que l’on exigeait d’elle... »
La bonne Française s’efforce de rassurer son mari, lui assure qu’il la retrouvera. Mais quand il revient avec tous les suspects, l'enquête sur l’inculpation d’espionnage n’ayant pas relevé de charges suffisantes. Mme Colin n’est plus là. Et le voilà parti à sa recherche. On lui avait dit qu’elle était prisonnière à Provenchères. Elle n’y est plus. On lui dit qu’elle est à Saales, puis qu’elle est à Rothau, puis qu’elle est à Schirmek. Aucune trace. M. Ernest Colin rentre à Saint-Dié d'où les Allemands ont battu en retraite ; puis il tente une démarche en Suisse, près de notre ambassadeur à Berne, qui le renvoie au chargé d’affaires d’Espagne, le comte Francisco de Reynoso, « intermédiaire pour les affaires litigieuses entre les Gouvernements français et allemands. » Par ce dernier, il est conduit à l’ambassade d’Allemagne.
» L’ambassadeur von Romberg, qui le reçoit dans un immense hall, a près de lui son attaché civil, le comte Lazouille, et son attaché militaire, von Bismarck. Enfin Mme Colin, qui a été tirée de la prison de Strasbourg, arrive à la frontière suisse par Saint-Louis, le dernier village alsacien, non loin de Bâle, près de deux barricades gardées l'une par des soldats suisses, l’autre par des soldats allemands. M. Ernest Colin la serre entre ses bras et nous dit sa joie.
Le 23 octobre, le Journal officiel publiait la note suivante :
« Le Gouvernement porte à la connaissance du pays la belle conduite de M. Colin, pour avoir, au péril de sa vie et sous le feu de l’ennemi, traversé à plusieurs reprises la ligne de bataille. afin d'accomplir d’importantes missions d'où dépendait le sort de la ville et de ses habitants. »
Cette citation civile fut transformée en citation à l’armée. Le 9 août 1916, M. Colin reçut la croix de la Légion d’honneur des mains du président de la République et, le 11 septembre 1916, la Croix de guerre avec palme lui fut remise par le général Vassart.
Le sauveur de Saint-Dié a été digne ment récompensé, mais ne laissons pas abolir la mémoire de l’odieux chantage allemand.
CAMILLE LE SENNE


  • 30 novembre 1919
    Journal de Roanne

REMISE DE DECORATIONS
Nous recevons au dernier moment une longue liste de décorations militaires remises le 21 novembre, caserne Combes. Nous la publierons dans notre prochain numéro, mais nous tenons dès aujourd'hui à donner ici la première de ces décorations, la croix de Chevalier de la Légion d’Honneur attribuée à M. le sous-lieutenant Bajard Jean, du 95e Régiment d’infanterie :
« Cité à l’ordre de l’armée. Jeune officier plein d’entrain et d’énergie qui a fait preuve de belles qualités militaires. A été tué à la tête de sa section devant Blamont. »


  • 20 novembre 1920
    L’Oeuvre

Une automobile se jette sur une voiture de bois
Nancy, 19 novembre. Aux environs de Blamont, une automobile conduite par M. Henri Parnaddeau, inspecteur des chemins de fer, s'est jetée sur une voiture de bois de construction dépourvue de lanterne et que le brouillard empêcha de voir assez tôt. M. Parnaddeau eut la gorge ouverte et plusieurs côtes enfoncées. Sa mort fut instantanée. Il laisse une veuve et deux enfants. (OEuvre).


  • 29 mars 1922
    Le Temps

Le décor de la vie EN LORRAINE
Certes, il nous serait agréable de « flâner » en Lorraine, comme on peut flâner à peu près dans chaque -province de France. A Nancy, la ville vieille, construite au quinzième siècle, l’église-des Cordeliers, qui est le Saint-Denis des ducs de Lorraine, puis la ville neuve, édifiée au dix-septième siècle, selon un plan en damier, enfin reliant les deux, comme une cheville entre deux mortaises, l'ensemble dû à Stanislas Leczinski, à savoir la place Stanislas, les places de la Carrière et du Gouvernement, tant de vestiges, tant d’œuvres d’art parfaite, subordonnées à un dessein prémédité, deux grands musées, une cathédrale, nous donneraient l’occasion facile de raconter, presque à chaque porte, une petite histoire; Nous n’avons pas manqué de « flâner », nous aussi; nous avons même été jusqu’à Lunéville, le Versailles de Stanislas; nous avons poussé jusqu’à la. colline inspirée de Sion-Vaudémont, d’où l’on découvre plus de quatre-vingts villages, et jusqu’à Charmes, pour voir le cadran solaire que M. Barrès a fait inscrire sur les murs de sa maison, la devise qu’il proposa à nos réflexions : Quaesivit cœlo lucem ingemuit que - repertam. Mais, hélas! il ne nous a point suffi de marcher sur-les plates-bandes du. jardin de Bérénice.
Nous imaginons que ces flâneries et ces pèlerinages dans le passé, pour séduisante qu’ils soient à notre curiosité, ne s’égaient pas aux circonstances, et que ce n’est pas le lieu, non plus qu’en temps de guerre, de nous attarder devant, les chefs-d'œuvre ou les monuments de jadis. Des réflexions plus immédiate, des arguments plus urgents requièrent notre attention. Les dilettantes, les indifférents doivent bien pénétrer de cette idée qu’on n’a pas le droit de s’enfermer dans une tour d’ivoire tant que la France n’est pas consolée de sa grande pitié. S’il ne faut pas laisser se désagréger Versailles, ni ia place Stanislas, presque tout l'argent est dû au relèvement des ruines de la guerre.
La reconstruction dans le département de Meurthe-et-Moselle est admirablement conduite par des hommes comme M. H. Deville, architecte en chef des régions libérées-, un ancien élève diplômé, de notre Ecole des beaux-arts, qui a fait une grande partie de sa carrière à New-York, qui en est revenu pour se consacrer à la reconstitution française, mais qui en apporte le goût de l’initiative et des programmes bien étudiés dans leurs exigences modernes plus que dans leur aspect inutilement décoratif. C’est lui qui a organisé l’exposition de la salle Poirel à Nancy. La Lorraine doit beaucoup aussi à M. Préaud, ingénieur du génie rural, qui a publié une excellente brochure sur la reconstruction des bâtiments agricoles en Lorraine, et à des hommes d’action, comme M. Emile France-Lanord, ingénieur, qui a relevé, en un an, toute une série de villages dans le sud-est du département, aux environs de Blamont, près de l’ancienne frontière allemande.
J’ai visité ces villages; ils ont tous été reconstruits dans le style des anciennes fermes lorraines; ce qui prouve bien que notre campagne en-faveur de -l’architecture régionale dans-les-provinces dévastées a abouti-non seulement à des échanges d’idées intéressantes, mais à des réalisations pratiques. Je ne saurais dire tout le plaisir que l’on éprouve à voir ces. maisons toutes-neuves, mais rappelant les anciennes avec leurs portes charretières largement cintrées, leurs toits faiblement inclinés. Il faut ajouter que la construction ici a un aspect solide, massif, qui tient à ce qu’elle est exécutée avec des -matériaux du pays, du grès rouge des Vosges, de la pierre de Lerouville ou de Savonnières, des moellons jaunes, en des épaisseurs qui n’ont rien de comparable avec-les faibles murs en briques ou en aggloméré que l’on fait dans le nord de la France. Ailleurs on crée du provisoire; ici, du définitif, et l’architecture y prend ce caractère de ténacité qui s’inscrit dans l’histoire et dans le rythme du terrain.
Les suggestions de M. Préaud ont été entendues en ce qui concerne l’aération et la ventilation des écuries, des étables; elles ne l’ont pas été quant à l’hygiène générale, des villages. On assiste à ce spectacle paradoxal, que je signale à M. Paul Strauss, le ministre de l’hygiène, de villages entiers où les maisons sont neuves, conformes aux données du génie rural, mais où les habitants s’obstinent à aligner leurs fumiers devant les portes, de chaque côté de la rue principale. D’où fontaines contaminées, atmosphère irrespirable.
N’y a-t-il pas un moyen de faire pression sur eux et de subordonner les versements d’argent à l’exécution stricte des règlements? Tant pis pour la couleur locale!
Que faut-il pour achever la reconstitution? De la liberté, de l’argent. Liberté d’agir, d’enrôler de la main-d’œuvre sans l’immixtion de l’Etat.
Ainsi, le ministère du travail prescrit actuellement de n’embaucher aucun manœuvre étranger, de manière à procurer une occupation à des chômeurs de la région parisienne, qui d’ailleurs se soucient fort peu d’aller dans les régions -libérées, et préfèrent rester à Paris, en touchant une allocation de chômage. Les entrepreneurs trouvent une main-d’œuvre spécialisée en Italie, et surtout en Alsace. L’Alsacien, s’adapte facilement à tous les métiers du bâtiment : il est excellent maçon, bûcheron, charpentier, menuisier. La proximité du chantier lorrain l’encourage à quitter l’Alsace, où il revient chaque samedi, après la paye.
On compte en Meurthe-et-Moselle 290 communes sinistrées; 228, soit 80 % se sont constituées en coopératives; à elles toutes, elles ont touché, jusqu’à cette heure, 358 millions de francs, soit 34 % du montant des indemnités. Il reste donc à leur verser 66 % de ce qui -leur revient. De la régularité, de l’abondance des versements dépendra l’exécution des travaux; on évalue leur durée à sept ans; les hommes de l’art estiment que trois ou quatre suffiraient si, comme nous l’avons indiqué, on laissait toute liberté d’action, et si l’administration ne se mêlait pas de vouloir égaliser et répartir dans tous.les départements les ressources en argent et en matériaux.
Une exposition comme celle qui a été organisée par les soins de M. Deville à la salle Poirel, à Nancy, nous intéresse en ce qu’elle établit en quelque sorte le bilan de ce qui a été fait et de ce qui reste à faire. Il serait à désirer que les préfets de tous les départements dévastés entreprissent une manifestation de ce genre chaque année: les architectes, les entrepreneurs, les sinistrés y puiseraient des leçons efficaces. A l’exposition de Nancy, les tableaux de statistique, les photographies, les plans, les maquettes sont groupés sans monotonie, d’une manière qui excite l’esprit sans le fatiguer. J’ai noté des morceaux excellents, comme cette école d'Emberménil, et l’arrangement de la petite place du village, avec son église, son presbytère relié à l’église par un passage couvert, sa mairie, sa fontaine-abreuvoir et ses plantations d’arbres : c’est là de l’urbanisme, si l’on veut appliquer ce mot prétentieux à des choses qui relèvent du goût, du tact et du bon sens. Trois cadres m’ont particulièrement intéressé et j’imagine qu’ils intéresseraient M. Maurice Barrès; ils contiennent les photographies des églises en ruines du département. Sait-on, à ce propos, que l’emprunt actuellement lancé en faveur des églises est patronné par tous les diocèses intéressés, sauf celui de Meurthe-et-Moselle? C’est que celui-ci a déjà lancé un emprunt de 15 millions, souscrit en juillet 1921, sous le patronage de l’évêque de Nancy, des sénateurs et des députés du département, ainsi que des généraux de Castelnau et Balfourier, anciens commandants du 20e corps.
Décidément on reçoit ici un enseignement de confiance; et l’on ne peut oublier que dès 1916 la commune de Vitremont était reconstruite avec les avances du comité californien, sous la présidence de Mrs. Crocker, qui épousa peu après, dans l’église même qu’elle venait de faire rebâtir, le général français de Buyer.
La Lorraine étant un centre industriel, j’ai cherché naturellement à examiner des plans-et des vues de constructions industrielles. Il y a de côté-là un effort immense, soit aux forges de Joeuf, soit à Dombasle, soit aux aciéries de Micheville, soit aux usines de Lorraine-Diétrich, à Lunéville. Ici et là on a édifié des silos gigantesques en béton armé, des cheminées qui par leur, texture offrent les accidents de lumière d'une colonne cannelée, des ateliers modèles, A Nancy même, les frères Majorelle, qui se sont beaucoup occupés du mouvement d'art décoratif moderne, ont eu le courage d’édifier, immédiatement après l'armistice, d’im menses magasins où la logique n’est pas alourdie à force d’insistance, où le décor se neutralise pour laisser à l’objet présenté dans les vitrines et les étalages toute sa valeur. Il semble bien qu’on se soit enfin évadé du modern-style cher à M. Corbin et à Vallin pour aboutir au style moderne.
On regrette que les industriels n’aient pas eu le même souci de leurs ouvriers que de leur outillage. Sauf quelques exceptions, comme aux blanchisseries de Thaon et a Briey, ils ne comprenaient pas l’intérêt qu’il y a pour la stabilité de la main-d’œuvre, pour la tranquillité sociale, pour l’équilibre du monde, à faire de l’ouvrier une sorte de paysan attaché à sa terre, à lui donner une maison et un jardin. Cependant, l’exemple donné par le Nord n’est pas perdu; on remarque, à l’exposition de Nancy, des modèles de cités ouvrières, comme celle de Pompey, due aux architectes Hennequet frères, celle de Micheville, avec son hôpital, sa salle des fêtes, son école ménagère, qui témoignent d’une sollicitude intelligente; mais c’est là encore, malheureusement, une exception.
Tandis que dans le nord de la France l’effort intéressant a été tenté dans l’habitation industrielle, en Lorraine il l’a été surtout dans l’habitation rurale et agricole. L’église de Halloville, par M. Deville; la fontaine-abreuvoir de Badonviller, avec ses bas-reliefs taillés à même le grès rouge des Vosges, provenant des carrières que l’on voit sur la route du col de Saverne; la ferme de Chazelles, l’école de Reillon, celle de Maix, par Maurice Marchand; la garderie d’enfants à Badonviller; les villages dont je parlais tout à l’heure, voilà ce qui est vraiment heureux, émouvant. Ajoutez-y quelques instruments agricoles, des verreries de Daum et de Gallé, des meubles de Majorelle, des cristaux de Baccarat, des grès de Mougin, des émaux de Longwy, des vitraux et des statues pour églises, d’un sentiment décoratif très juste, des chandeliers d’autel et un monument commémoratif en fer forgé, par Desvallières, d’excellents relevés en-blanc et noir des ruines historiques, comme cette ferme de Léomont, près de Lunéville, où fut livrée une âpre bataille, un intéressant projet des architectes Boileau fils et Le Bourgeois pour, la reconstruction de Longwy en suivant le profil des anciennes fortifications de Vauban, et vous aurez une idée à peu près exacte de cette exposition, qui né cherche dans le passé qu’un point d’appui pour envisager l’avenir immédiat.
Léandre Vaillat.


  • 5 août 1923
    L'Action française

TRIBUNAUX
CRIMES ALLEMANDS EN LORRAINE
Le-conseil de guerre de la 20e région, siégeant à Nancy, vient de condamner à mort, par contumace, un officier boche, qui s'était signalé par la-bestialité de ses exploits, commis en Lorraine, au mois d'août 1914. Le capitaine Kunz, de la 19e division ersatz de réserve, arrivé à Blamont, pilla le presbytère, dépouillant de leurs économies l'abbé Dupré, sa servante, Mme Gaillot, et son sacristain Koster. D'autres habitants, notamment le curé Jacques, Mme Barbier et M. Martin, furent l'objet de menaces féroces et durent livrer leur argent. Kunz souilla, dans la commune de Harbouey, les ornements sacerdotaux et fit mettre le feu par les soldats à l'église, qui fut totalement détruite.
C'est la première fois que le conseil de guerre de la 20e région cite à comparaître devant lui les auteurs -de tous-les méfaits qui semèrent la terreur dans nos populations.


  • 4 novembre 1923
    La Presse

DEPLACEMENTS MINISTERIELS
M. Charles Reibel, ministre des Régions libérées, s'est rendu, aujourd'hui, en Meurthe-et-Moselle.
Le ministre s'est arrêté à Badonviller, Neuviller, à Cirey, où il a inauguré le monument aux Morts ; à Domèvre et à Herbéviller.


  • 10 août 1924
    Journal des débats politiques et littéraires

Sur la route de Nancy à Lunéville, l'automobile de M. Schoeffer, propriétaire des grands moulins de Blamont, s'est brisée contre un arbre. M. Schoeffer, la poitrine défoncée et les bras cassés, est dans un état grave.


  • 12 janvier 1927
    Excelsior

Arrestation d'un escroc italien
BAR-LE-DUC, 11 janvier. - La gendarmerie de Bar-le-Duc a arrêté un individu recherché pour une escroquerie commise au préjudice de M. Rouy, mécanicien à Blamont (Meurthe-et-Moselle), dont on ne connaît encore que quelques exploits. Il s'agit d'un nommé François-René -Serge -Jean de Rondi, trente-trois ans. ingénieur, qui se dit fils d'un colonel italien, ancien élève de l'Ecole polytechnique italienne et capitaine de réserve de l'aviation. Il prêtend en outre, faire partie du service-de renseignements du gouvernement italien en France.
Une enquête est ouverte au sujet de cet individu suspect.


  • 13 janvier 1927
    La Croix

Ingénieur escroc
Un nommé René-Serge-Jean de Rondi, 33 ans, Ingénieur, auteur de plusieurs escroqueries au préjudice de M. Rouy, mécanicien à Blâmont (Meurthe-et-Moselle), a été arrêté. Il se dit le fils d’un colonel italien et prétend être capitaine de réserve au génie d'aviation.
 


  • 27 juillet 1927
    L’Action française.

A la recherche de Léon Daudet
A Avricourt Léon Daudet a été signalé, il y a quelques jours, dans le département de Meurthe-et-Moselle.
Précisons : à Avricourt. Mercredi dans Ja soirée arrivaient sept agents de la Sûreté qui s'installaient autour de la maison d'un de nos amis, épicier, soupçonné de cacher le directeur de l'Action française.
De plus, la brigade de gendarmerie d'Avricourt barrait les routes de Lunéville et Blamont pendant que la brigade de Rechicourt tenait les routes de Sarrebourg-Dieuze.
Les agents de la Sûreté, pour examiner le magasin, éprouvèrent le besoin de faire quelques achats dans l'épicerie. Le soir, vers 11 heures, notre ami qui sortait pour faire une courte promenade, était interpellé par deux des hambourgeois.
- Il paraît que vous cachez Daudet.
P't'ête ben qu'Daudet est chez moi, répondit l'interpellé. En ce cas il doit se reposer.
Voyant qu'il se moquait d'eux, les deux argousins promirent à l'épicier de lui donner de leurs nouvelles. Le lendemain, ils visitèrent sans succès tous les cafés et auberges qui logent à pied, à cheval, et en automobile. Le succès de cette manifestation a été considérable.
Ajoutons que le commerçant, qui est ligueur et abonné à l'Action française, nous a envoyé le montant des emplettes effectuées par les hambourgeois dans son magasin, soit 50 francs.


  • 8 septembre 1927
    L'Action française

M. André Duchamp, 111, rue de Voize à Blâmont, est désigné comme correspondant de la Ligue pour cette commune.


  • 7 octobre 1927
    Le Matin

HALLOVILLE. L'inauguration du monument aux morts aura lieu le dimanche 16 octobre, en présence de diverses personnalités.


  • 15 octobre 1927
    L'Action française

Blâmont. Dimanche 16 octobre, à 3 heures de l'après-midi, salle de la mairie, grande réunion privée sous la présidence d'honneur du baron André de Ravinel, délégué régional de Monseigneur le Duc de Guise. Orateurs : MM. Charles Berlet et Charles Barth. On trouve des cartes aux cafés Cuny et Colas, à Blâmont.


  • 23 décembre 1927
    Excelsior

Près de Blamont (Meurthe-et-Moselle), une automobile a capoté par suite du verglas. Mme Colas, marchande d'étoffes à Cornimont, qui avait pris place dans le véhicule, a été tuée.


  • 11 avril 1928
    L’Oeuvre

Charolles, 10 avril. - M. Lahoussay, vétérinaire à Blamont (Meurthe.et.MoseIle : se-rendait à Lyon en auto. N'ayant que pas dormi depuis trois nuits, il s’endormit au volant.
Vers 5 heures du matin, en passant à Romanèche, sa voiture alla s'écraser contre un platane bordant la route.
M. Lahoussay a la mâchoire fracturée et des blessures sur tout le corps. Il a été transporté à l'hôpital.
 


  • 30 novembre 1928
    L'Univers israélite

MEURTHE-ET-MOSELLE
Blamont. - Deuil. - Vendredi, 16 novembre, la population tout entière a conduit à sa dernière demeure son vénéré et bien-aimé président et bienfaiteur, M. Ernest Caen, qu'une courte, mais cruelle maladie, a enlevé, en quelques jours, à l’âge de 53 ans. Gendre et successeur de M. Edmond Bechmann, qui avait fondé les établissements qui portent son nom, il a, à force d’énergie et de persévérance, pu relever et rendre leur ancienne prospérité à ces ateliers qui avaient eu tant à souffrir de l’occupation allemande. Il était un père pour ses ouvriers; il a créé peur eux plusieurs œuvres, destinées à leur rendre la vie plus agréable.
Le défunt était membre de la Chambre de Commerce de Nancy, du Conseil municipal, de la Commission de l’Hospice, du Bureau de Bienfaisance, etc... Il fut pendant la guerre un brillant officier d’artillerie et, rentré dans ses foyers comme commandant, il fut nommé par ses anciens frères d’armes président du groupe blamontais de l’A.M.C.
La communauté perd en lui un soutien et un animateur qui a su, par son exemple, ranimer plus d’un zèle refroidi et ramener au culte plus d’un membre qui s’en était éloigné. Les œuvres pour lesquelles on venait le solliciter, notamment les « Orphelins de la Guerre », trouvaient toujours son cœur et sa main ouverts.
Sur sa tombe, trop tôt ouverte, M. le grand-rabbin Haguenauer; MM. Daura, vice président de la Chambre de Commerce de Nancy; Labourel, maire de Blâmont et vice-président de l’A.M.C.; le docteur Hanriot, membre du Conseil municipal; Armand Spire, au nom des employés et ouvriers des usines, ont retracé la vie toute de travail, d’abnégation et de bonté de celui qui fut, dans toute l’acception du mot, un homme.
A la famille frappée par ce deuil, à la communauté Israélite de Blâmont, l’Univers présente ses condoléances attristées.

Blamont. - Deuil. - Nous apprenons avec les plus vifs regrets le décès de Mme Charles Coblentz, née Emma Weill, décédée à l'âge de 69 ans, après une très longue maladie. Les obsèques ont eu lieu le vendredi 23 novembre, en présence de la communauté tout entière. M. le grand-rabbin Haguenauer a dit les dernières prières.
Nos sincères condoléances.


  • 19 avril 1929
    L'Univers israélite

MEURTHE ET MOSELLE
Blamont. - Deuil. - Une assistance nombreuse a accompagné au cimetière la dépouille mortelle de M. Myrthil Mantou, décédé dans une clinique, après une longue et cruelle maladie.
Venu à Blâmont après la guerre de 1870, M. Mantou ne s’y était fait que des amis. Sa conduite pendant l’occupation ennemie a été digne d’éloges.
Les vétérans, avec leur drapeau, saluèrent leur camarade qui, au sein de leur société, avait toujours montré une grande activité et animait les réunions par son entrain et sa gaieté.
Sur sa tombe, M. J. Eichiski, rabbin de Lunéville, a retracé en termes éloquents la vie toute de labeur du bon citoyen, du bon Français.


  • 13 septembre 1929
    Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire

Une auto va buter contre un camion en panne
Blessée, une jeune fille succombe à l’hôpital
Montélimar, 12 sept. - Aujourd’hui, à 14 heures, sur la route de Marseille, à 8 km. de Montélimar, une auto pilotée par M. Tranchant, garagiste à Blamont (Meurthe-et-Moselle), est allée buter contre un camion en panne.
Mlle Tranchant, 20 ans, qui avait été très grièvement blessée est décédée à l’hôpital de Montélimar. M. et Mme Tranchant n’ont reçu que des contusions légères.


  • 6 août 1930
    Le Matin

MEURTHE-ET-MOSELLE. Blamont. M. Vareille, de Lamatch, renverse et blesse avec son auto une cycliste, Mlle Dedenon, 27 ans, de Domèvre-sur-Vezouze.


  • 1er mars 1931
    La Tribune de l'Aube

Voleurs autos poursuivis
Deux sont arrêtés ; le troisième est en fuite
Au cours de la journée d’hier, deux automobiles furent volées à Nancy et une troisième à Chaumont, ce qui eut le don de mettre sur les dents toutes les brigades de gendarmerie de notre région, car on craignait que les voleurs se soient dirigés sur Paris par des chemins détournés.
Toutes les routes furent donc étroitement surveillées par les gendarmes, à partir de 17 h. 30 jusqu’à une heure avancée de la nuit, ce qui ne fut pas sans intriguer bon nombre de personnes. Ainsi le pont de Sainte-Savine était surveillé et, de-là, à dire qu’un crime avait été commis, on ne savait trop où, il n’y avait qu’un pas.
Fort heureusement, Il n’en était rien. Trois autos avaient toutefois été volées et les deux de Nancy avaient même été retrouvées, à Chaumont. Il restait à retrouver celle de Chaumont, une conduite intérieure Citroën, quatre places, peinte en gris, portant comme numéro d’immatriculation : 3697-KQ. De plus, le voleur était connu et son signalement avait été envoyé dans toutes les brigades. C’est un nommé Weiss Pierre-Henri, garçon charcutier, né le 12 janvier 1914, à Blamont (Meurthe-et-Moselle), demeurant à Nancy, rue Clodion. Cet individu mesure 1 m. 60 de taille, porte un pardessus gris, est coiffé d’un chapeau mou et est chaussé d’espadrilles.


  • 26 avril 1931
    La Croix

NECROLOGIE
On annonce la mort de M. Mathis de Grandseille, ancien garde général des Forêts, ancien Président de la Section de Sylviculture aux Agriculteurs de France décédé à Paris, 5, boulevard Raspail, muni des Sacrements de l’Eglise. Les obsèques seront célébrées, mardi 28 avril, à 10 h. 30, en l’église Saint Thomas-d’Aquin où l’on se réunira, l'inhumation aura lieu ultérieurement à Blamont (Meurthe-et-Moselle). Le présent avis tiendra lieu d’invitation. De la part de Mme de Grandseille, de la comtesse Georges Thellier de Poncheville, du commandant et Mme de Lanouvelle, du comte et de la comtesse Perret du Cray, du vicomte et de la vicomtesse Perret du Cray, de M. et Mme Bernard du Creat.


  • 7 septembre 1933
    L’Intransigeant

Merci à Joffre
Contre les propagateurs de l’oubli
Août, septembre ! En 1914, mois d'épouvante, mois d’angoisse et de salut!
L’Epouvante, je l’ai rencontrée en Lorraine, partout où était passé ce 1er corps bavarois que commandait un bourreau, le général von Xylander. D’autres, en ce mois d’août 1914, la rencontrèrent, à Gerbéviller, à Lunéville, à Dinant, à Louvain, à Senlis, sur toutes les routes par où descendait le flot allemand qui en se retirant, quatre ans plus tard, devait laisser derrière lui 3.304.700 hectares de terres françaises souillées, brûlées, dévastées.
Epouvante à Blamont, devant les corps encore chauds de pauvres civils - un coiffeur, entre autres - abattus par les Bavarois au moment de leur recul précipité ! Epouvante encore à la mairie devant l’ordre de réquisition de douze jeunes filles « pour le service, de MM: les officiers»! Epouvante devant le charnier de Doncières, dans l’église crucifiée de Manières, à Saint-Rémy, avec deux vieillards retrouvés à moitié morts dans leur lit d’où ils avaient été tirés huit matins de suite pour encadrer au jour d’exécution le fusillé du jour; celui du premier jour avait été le curé !
Epouvante à Gerbéviller en descendant la grande rue incendiée, aux seuils des trois ou quatre maisons, avant le tournant qui va vers la rivière, devant les ossements calcinés des malheureux repoussés à coups de baïonnettes dans leurs demeures en flammes !
Et il peut se trouver des maîtres d’écoles français pour réclamer l’oubli de ces choses ! Pour que le temps passe et qu’un jour, bientôt, nos enfants incapables d’imaginer la laideur et la cruauté dé la guerre deviennent pour elle une proie facile !
Se servir de ces souvenirs pour entretenir la haine? Non, on peut pardonner. Mais s’en servir pour garder au coeur de tous la peur, l’horreur de la guerre, oui, cent fois oui. On ne craint le danger que si on le voit, on ne l’évite que si on le redoute.
Mais enfin ces éducateurs de nos fils lisent et retiennent. Ont-ils déjà oublié les scènes terribles de Kaiserlautern en 1930, quelques jours après l’évacuation par nos troupes-de la zone rhénane? Et en ce moment ils ont sous les yeux le spectacle de l’Allemagne hitlérienne grisée de cruauté, et dont s’est emparée à nouveau cette émulation à faire du mal qui, en août 1914, soufflait en tempête sur les pas des régiments allemands.
Peuvent-ils vraiment croire que de l’oubli qu’ils réclament sortirait le salut pour la paix ?

Août 1914, mois d’angoisse ! L’invasion qui gagne, nos armées qui reculent, Paris à portée de la poigne de Klück et de Bülow, le gouvernement à Bordeaux, la France au bord de la servitude.
De qui dépend son sort à cette heure?
D’un seul homme, laissé seul par tous en face des événements qui se précipitent, et dont on sait déjà qu’il portera seul devant l’Histoire la responsabilité de ce qui va arriver : de Joffre.
Qu’il y ait défaite, c’est lui, lui seul, que tous les historiens de tous les siècles à venir chargeront du poids de cette défaite mortelle pour son pays.
Il est vainqueur ! On commence aussitôt à lui disputer sa victoire.
Il faudrait aussi oublier Joffre et la Marne ?

L’important, comme il le disait lui-même devant la commission d’enquête, - car on l’a mené devant des juges politiques, - est que « la Marne » ait été gagnée. Où serions-nous sans cette victoire ? Où seraient les détracteurs de Joffre, ceux qui deux ans plus tard, au soir d’une nouvelle et aussi belle victoire : Verdun-la Somme, à la veille d’une offensive que tout laissait prévoir victorieuse, devaient le chasser des armées ?-Où seraient-ils ces maîtres d’école propagateurs de l’oubli ?
Septembre 1914, mois du salut, où nous avons gardé pour les rescapés du sacrifice, et tous les jeunes qui semblent l’ignorer, le véritable bien de l’homme sur la terre : la liberté.
Il faut se souvenir que nous la devons à Joffre, et l’en remercier le 6 septembre.

Tous les jours on demande à la jeunesse de ce pays : que vas-tu faire de cette liberté sauvée en septembre 1914?
Nous, les anciens, nous avons un peu l’air de générations fatiguées qui auraient hâte de passer le flambeau.
Ce serait bien la règle du jeu. Mais prenons garde : un peuple où les anciens répugneraient à l’effort de faire encore et toujours quelque chose pour les jeunes, accuserait sa lassitude et entrerait en décadence.
C’est toujours à nous qui l’avons gardée à veiller sur la liberté, à veiller en armes, et à apprendre à nos enfants à faire bonne garde.
JEAN FABRY


  • 16 novembre 1933
    Le Matin

Dans un accident de passage a niveau
MM. Richert, maire de Brumath et un haut fonctionnaire de Strasbourg sont tués sur le coup
Strasbourg, 15 novembre. (Dép. Havas.) MM. Richert, maire de Brumath, et Gering, directeur des travaux publics à Strasbourg, suivaient, dans une auto conduite par le chauffeur Frederic Frank, la route de Paris à Strasbourg, quand, au passage à niveau situé près du manoir de Domjevin, leur voiture fut heurtée par le train départemental de Lunéville à Badonviller et prit feu. MM. Richert et Géring ont été tués sur le coup, le chauffeur grièvement blessé.
Le train a, de son côté, déraillé, mais sans faire d'autre victime.
M. Richert, connu comme un ardent patriote, était chevalier de la Légion d'honneur.


  • 2 novembre 1934
    L'Univers israélite

MEURTHE-ET-MOSELLE
Blamont. - Fiançailles. - Nous apprenons avec plaisir les fiançailles de Mlle Marguerite Resnick, fille de M. Aria Resnick, grand mutilé de guerre, Médaille militaire, Croix de guerre, et de Mme Resnick, avec M. Sam Spiégel, étudiant à la Faculté de droit de l’Université de Nancy.
Nos sincères félicitations.


  • 23 avril 1935
    Le Temps

Chez les instituteurs de Meurthe-et-Moselle
« Un testament » de Louis Barthou
Nancy, 22 avril.
L'Amicale de Meurthe-et-Moselle de la fédération des groupements professionnels d'institutrices et d'instituteurs présente aux élections pour le renouvellement du conseil départemental deux candidats MM. Colette, instituteur rural à Gogney; Hinzelin, instituteur adjoint à Nancy, et deux candidates, Mlle Durivaux, directrice d'école maternelle à Malzéville; Mme Marchal, directrice d'école, à Lunéville, comme les exécuteurs du testament constitué par une lettre adressée le 23 janvier 1934, par Louis Barthou aux membres de l'amicale, et ainsi libellée :
« Le péril que court l'école laïque, à laquelle je, suis profondément attaché, est plus que sérieux, il est grave. Ce sont les mauvais bergers, .une minorité bruyante, qui le créent. La honte me gagne quand j'entends des éducateurs publics nier les devoirs envers la patrie. Du temps de Jules Ferry on ne disait pas de ces choses ! II faut les répudier avec énergie. Je me rallie aux conclusions libératrices de vos rapports moraux »
Dans son appel aux électeurs, le comité de l'amicale dit notamment :
L'éminent homme d'Etat qui donna son fils à la France au cours de, la grande guerre et sacrifia, ; à son tour, sa vie pour notre pays, a osé proclamer ce que d'autres par basse démagogie, s'obstinent à taire en public, mais déplorent en petit comité : Par la faute de mauvais bergers qui asservissent la masse des instituteurs et des institutrices, une antipathie redoutable se lève contre nous dans tous les milieux, allant jusqu'à mettre en péril l'existence de l'école laïque au moment même où sa cause pouvait être définitivement gagnée.
Et pourtant, est-il une conception plus belle, plus juste, plus humaine que celle de Jules Ferry?
Une école ignorant tout sectarisme cordialement ouverte à tous, au pauvre comme au riche, respectueuse de toutes les convictions honnêtes et sincères, ignorant systématiquement tout ce qui peut désunir, mais dévouée à la République et à la France et aspirant par-dessus les divergences d'opinions et de doctrines, par-dessus les différences de situations et de fortunes, à devenir la grande force de cohésion nationale qui doit maintenir vivantes parmi les jeunes générations les hautes traditions de vaillance, de générosité et de droiture qui font la gloire de notre pays !
Cet idéal, qui est le nôtre, qui est celui de l'immense majorité des familles françaises, est déclaré vieux jeu par des esprits aventureux qu'un nébuleux mysticisme inspire. Dans leur aveuglement, ils imposent à notre corporation une doctrine politique, un idéal révolutionnaire et des moyens de propagande antinationale.
Et la masse du personnel, sans penser à mal, a suivi ceux qui trahissent la mission de notre école.
Nous voulons changer tout cela et restaurer l'école que les fondateurs de la République ont conçue. Nous voulons rassurer une opinion publique inquiète et troublée. Nous voulons rétablir l'instituteur dans l'estime publique, en un mot remettre la maison en ordre afin que personne ne puisse plus contester ni la noblesse de notre tâche ni la considération que mérite notre dévouement.
Ce redressement moral ne dépend que de vous.
Le programme de. l'amicale comporte une simplification des programmes et des examens ou concours de l'enseignement primaire, la lutte contre le surmenage scolaire, la lutte contre les influences politiques dans les nominations et dans l'attribution des récompenses professionnelles, une révision de la carte scolaire et une répartition meilleure du personnel entre les différentes écoles selon les effectifs, un contrôle plus sérieux de l'hygiène des écoles, mais les promoteurs de ces candidatures professionnelles, au lieu d'être politico-syndicalistes, insistent principalement sur ce point qu'ils veulent écarter de leur « tâche les entreprises stériles qui n'ont aucun rapport avec le rôle légal assigné au conseil départemental »


  • 10 décembre 1937
    L'Univers israélite

Blâmont
Naissance. M. Etienne Caen, président de la Communauté de Blamont, et Mme Etienne Caen, annoncent la naissance d’une charmante fillette qui a reçu le prénom de Marion. Sincère Mazel-Tov.


  • 29 avril 1938
    La Tribune de l’Aube

LES RIGEYS
Obsèques. - Mardi ont été célébrées les obsèques de M. Aubry Charles, 21 ans. victime d'un accident dans une sablière. Une nombreuse assistance composée de parents et amis l’accompagnait à sa dernière demeure. La musique des Rigeys. dont M. Aubry était membre, joua des marches funèbres sur le parcours et au cimetière.
Sur la tombe, des discours furent prononcés, l'un par M. Thiébaut et l’autre par M. Gaston Clémentel, chef de la Société musicale.
Discours de M. Clémentel
Mesdames. Messieurs. Un effroyable accident qui a causé un grand émoi dans toute la population vient de nous ravir prématurément un de nos bons camarades.
J'ai le pénible et bien triste devoir de tenir au nom de la société musicale et en mon nom personnel lui adresser un dernier adieu.
Aubry Charles, né à Blamont (Meurthe-et-Moselle), le 24 Juillet 1913, faisait partie de la société musicale depuis plusieurs années ; il était aimé de tous ; d'excellent caractère, il était toujours d’humeur égale et s'efforçait de faire toujours de son mieux pour me donner satisfaction.
L’année dernière, il épousait Marcelle Huard et c'est avec plaisir que nous l'avons vu se fixer aux Rigeys et continuer à fréquenter notre société.
Il était excellent travailleur et c’est à l'âge où tout est permis d'espérer près de sa femme et de son petit Denis qu’il fut arraché brutalement à la vie en plein travail.
Devant ce terrible malheur pour toute sa famille, les paroles de consolation sont vaines. Que cette nombreuse assistance recueillie puisse au moins atténuer leur grande peine.
En cette douloureuse circonstance. J'adresse à sa jeune veuve ainsi qu'à ses pavies parents et à toute la famille nos condoléances sincères les plus émues.
Cher camarade, notre humble bannière, cravatée de noir s ir élide bien bas sur ton cercueil pour te dire que nous ne t’oublierons jamais.
Mon cher Charles, Je t'adresse notre dernier et suprême adieu.
Nous renouvelons à sa veuve éplorée et à toute la famille, l'assurance de nos sincères condoléances.


  • 1er décembre 1938
    Excelsior

Dans une maison maternelle près de Lunéville
UNE MÈRE TUE
sa fillette à coups de revolver
NANCY, 30 novembre. - A la Maison maternelle de Blamont près de Lunéville, une femme âgée de trente-deux ans, Véra Morgun, née à Yokohama, a tué de trois balles de revolver sa fillette âgée de quatre ans, la petite Béatrice.
La victime de ce drame affreux était pensionnaire à Blamont depuis sa naissance. Elle portait le nom de Hagelstein, son père, qui l'avait reconnue.
Vera Morgun se rendit à la maison maternelle et demanda à voir sa fillette. Connue des infirmières, elle se dirigea seule vers le dortoir.
L'enfant se trouvait seule dans la pièce. Prenant un revolver dans son sac à main, Vera Morgun tira sur elle trois coups de revolver.
Une balle avait pénétré dans le poumon gauche ; une autre avait fait éclater le foie. Quelques minutes après, la petite Béatrice avait cessé de vivre.
Arrêtée aussitôt, la meurtrière n'opposa aucune résistance. On trouva sur elle plusieurs lettres qui pourront sans doute expliquer son geste. Elle a été écrouée à Nancy.


  • 20 janvier 1939
    L’Univers israélite

André Spire, poète juif et lorrain
Caractériser un poète, sans le schématiser : tâche ardue, peut être impossible. Surtout quand ce poète est la vie même, la jeunesse, en proie à l’univers. Et tel est le cas d’André Spire.
André Spire est né en Lorraine. Tout comme Barrés. Peu importe l’origine lointaine de sa famille. Un pays natal, nous nous le donnons autant et plus qu’il ne s’impose à nous. Privilège d’une simple chanson qui, jaillie d’une bouche humaine, semble monter du fond de l’âme même d’un peuple ! Ce que fut Charmes pour Barrés, Blamont l’aura été - avec plus d’enfantine spontanéité - pour Spire.
Cette Lorraine, André Spire la quittera pour Paris et des voyages à travers la France. Mais pendant la guerre, il y reviendra; et c’est à Nancy, dans la ville bombardée, qu’il écrira plusieurs poèmes que j'hésite à qualifier : de guerre. Et, en particulier. Paysages. Paysages! Beaucoup plus qu’un hommage de gratitude à des collines, des forêts, des rivières, des villages, des jardins aimés depuis toujours.
Comme on aime les yeux d'un visage,
Des bandeaux sur un front,
Un sourire, une voix...
- et bel et bien la noce de chair et d’âme avec une telle élue, en attendant la terre promise :
A moi, à moi! Vous êtes miens, ma chose,
Non quelque chose de commun à plusieurs à tous.
Mon bien, « le mien », mon propre, ma chose,
Je le sais maintenant, je le sais, je le sais,
Depuis que des hommes armés, pleins de bave, de haine
Ont foulé Vos moissons, Vos labours,
Ont écrasé de ruines fumantes vos grand’ routes.
Mais fidélité au pays qui nous modela et qui garde nos morts, n’est pas fatalité de captif. Et Spire connaîtra Paris, aux « rues affectueuses et pleines de sourires », et la province, avec ses montagnes et ses plaines, ses forêts et ses fleuves, jusqu’à ce qu’un hasard - mais en est-il ? - lui fasse découvrir l’horizon d’une large vallée capable de lui inspirer ce Chant du fleuve où toute une vie, « odeurs, écumes, buées, timbres, tendances, danses, pensées », semble se perdre :
... accord immense.
Dans le cœur immense de la mer.
Et ce n’est pas assez de la terre, c’est aussi le ciel, avec ses nuages et ses vents, dans le printemps, par les matins sonneurs de réveil et d’énergie et de lutte.
Ce n’est pas assez de la nature, tantôt hostile. tantôt maternelle, de tous ses arbres, platanes, mélèzes, bouleaux et saules, et de tous ses oiseaux, de toutes ses bêtes; il faut encore des hommes et des femmes, des riches et des pauvres, des jeunes et des vieux, des ingénieurs et des ouvriers, des citadins et des campagnards, des érudits et des marchands, des chasseurs et des bribeurs, bref, la grande et éternelle danse macabre des métiers et des classes ! Et Dieu lui-même ne manquera pas,
Ce Dieu, notre ombre, incertain et fugace...
Et sans qui notre vie n’est que feu et que cendres.
L’univers est là. Rien n en est absent. Son âme et son corps (le premier, Spire a chanté les sports parce qu’il les aimait et pratiquait : marche, canotage, chasse, patinage, ski, auto). Et ses douceurs comme ses tragédies. Son passé - celui de David et d’Abisag - et son présent : d’une turbine à Bergson ! Ses beautés et ses laideurs. Ses mesquineries et ses grandeurs. Ses rêves et ses batailles. Ses rêves de justice, ses batailles contre la guerre. Avidité insatiable !
Et voici qu’à cette infinie richesse de thèmes - qui en rend impossible le bilan - s'en associe une autre de tons et de rythmes, à laquelle Charles Péguy avait été sensible dans Et vous riez... des Cahiers.
En face de cette vie qui afflue de toutes parts vers le poète et le traverse de ses ondes éternelles. L’artiste a gardé la lucidité et la modestie de l’homme qui sait que l’inspiration n’est rien sans le travail et la technique. Et André Spire s’est créé un vers à lui - celui de la simple chanson, de la ronde naïve, bondissante, capricieuse, et de l’apostrophe véhémente, du dialogue haletant, de l’ode qui est récit, mélodie et danse sacrée !
Mais ne les entendez-vous pas comme moi ces voix partisanes - amies ou hostiles - qui chuchotent : « Tout cela est exact. Mais l’originalité d André Spire est ailleurs. Oubliez-vous qu’il a écrit des Poèmes juifs et ces essais (que l’on va rééditer): Quelques Juifs et Demi-Juifs ? N’a-t-il pas pris part aux luttes de l’Affaire? Et son rôle dans le règlement de la question juive à Versailles ? Et son action sur les écrivains et poètes juifs ? »
Tout cela, je le sais, et d’autres faits encore. Et pourtant, je persiste à croire que si André Spire est Juif, c’est dans la mesure même où il est homme, homme, Lorrain et Français. Dans la mesure où nous méritons de nous ranger à côté d’un Zangwill, d’un Weininger et d’un Darmesteter ! Pour preuve de ce que j’avance, je ne veux que ces simples lignes, déjà anciennes, de Spire:
« Et puisque malgré tous les efforts que nous avions faits pour devenir Français, loyaux, absolus, sans réserves, on allait rechercher en nous ces lointaines origines que nous étions en train d’oublier, puisque du nom de cette race loyale, à qui l'humanité doit quelques-unes de ses plus hautes inspirations, on veut faire une injure, eh bien soit! Ramassons l’injure, et faisons de l’injure un drapeau. » C’est parce que, comme Bernard Lazare, André Spire a senti que « l’âme juive et l'âme hellénique ont été deux grands morceaux de l’âme universelle », qu’il a revendiqué fièrement sa qualité de Juif. Bien loin d’avoir ainsi risqué de se rétrécir, il a voulu être pleinement tout ce qu'il pouvait être. Là est le secret de son influence. Et voilà ce qui garde à l’œuvre de connaissance et d’amour - et non pas de haine et de lutte - de Quelques Juifs son actualité pour notre époque et pour l’avenir.
(Toute l’Edition) Christian SENECHAL.


  • 21 août 1948
    La Gazette provençale

Un Enfant est écrasé par un cylindre à vapeur
Nancy - A BadonvilIer (Meurthe et Moselle) un enfant de 4 ans, Jean-Claude Collet, jouait aux abord d'un cylindre à vapeur travaillant à la réfection du carrefour des routions de Cirey et de Blamont.
Le chauffeur du cylindre mit son appareil en marche et écrasa l’enfant qu'il n'avait pas aperçu.


  • 19 avril 1966
    Paris

Elections cantonales
Ballottage en Meurthe-et-Moselle
Ballottage à Blamont (Meurthe-et-Moselle) où il s’agissait de pourvoir au remplacement de M. Crouzier (ind.), démissionnaire pour raisons de santé.
M. Villemont (rep. ind.) arrive en tête avec 891 voix contre 847 à M. Kennel (sans étiquette), 629 à M. Belin (U.N.R.), 391 a M. Labourel (sans étiquette) et 130 à M. Thomassin (P.C.).
[En 1961, M. Crouzier avait été élu au premier tour par 2.760 voix contre 218 au candidat communiste].

 

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