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Presse - 1815-1969
 


  • 2 août 1815
    Gazette nationale ou le moniteur universel

Nancy le 28 juillet.
Convention conclue entre le colonel Orloff, commandant un détachement du 7e corps d'armée se S.M.I. de toutes les Russies, dans les Vosges, au nom des hautes puissances alliées, d’une part ;
Et le chef d’escadron Brice, commandant le 2e corps des chasseurs volontaires de la Meurthe, au nom du Gouvernement français, d’autre part :
1°. Dès ce moment toutes hostilités cessent entre les troupes alliées et celles commandées par le chef d’escadron Brice.
2°. Le chef d’escadron Brice s’engage à déposer les armes à Fremonville, et à dissoudre son corps dans les vingt quatre heures de la ratification de la présente convention, par le commandant du 7e corps d’armée le lieutenant-général Sabancieff
Quant aux parties détachées de son corps, M. Brice enverra les ordres en conséquence, et nommera les chefs qui les commandent et les lieux où ils se trouvent.
3°. Le chef d'escadron Brice et MM. les officiers sous ses ordres, savoir : Le capitaine Rioux, le capitaine Georgel, le capitaine Gulsard-du-Vivier, le capitaine Parmentier, le capitaine Lété, l’adjudant-major Clein, le lieutenant Schmideling, le lieutenant Garnier, le lieutenant Conrad, le lieutenant Deveney, le lieutenant Gauthier, le lieutenant MaréchaI, le sous-lieutenant Parmentier, le sous-lieutenant Service, le sous-lieutenant Rauche et le maréchal-des-logis Jacquot,
S’engageront, chacun sous leur parole d’honneur, en rentrant dans leurs foyers, autres que les places fortes qui n’ont pas encore arboré le pavillon blanc, à ne rien entreprendre contre les hautes puissances alliées, à moins qu’ils n’y soient autorisés par leur Gouvernement légitime, reconnu des puissances alliées ; ils conserveront leurs armes et bagages.
4°. Le chef d’escadron Brice et les officiers sous ses ordres désigneront les endroits de leurs domiciles où ils désirent rentrer, après la dissolution du corps ; et si quelques-uns de ces officiers préféraient se retirer ailleurs que dans leurs domiciles, il leur sera délivré des passeports à Nancy.
5°. Le délai de vingt-quatre heures expiré, ceux qui seraient trouves en armes attaquant quelques individus appartenant aux puissances alliées, seront regardés comme brigands et traités comme tels
6°. Il ne sera fait aucune recherche contre ceux qui ont servi dans le 2e corps de chasseurs volontaires, non plus que contre leurs parens, soit dans leurs personnes, soit dans leurs propriétés.
Fait double à Fremonville, le 7-16 juillet 1815, a midi. (Suivent les signatures.)
[Journal de la Meurthe]


  • 1er décembre 1846
    La Quotidienne

Le conseil municipal de Frémonville (Meurthe), vient d’offrir un exemple de rare intelligence et de zèle pour les intérêts des familles. Dans une délibération récente, il a décidé que les écoles des garçons et des filles seraient gratuites pour tous les enfans, et il a fixé à l'instituteur ainsi qu’aux deux Sœurs de la doctrine, un traitement très convenable pour les indemniser. Cette mesure vraiment paternelle est d’autant plus louable qu’elle vient épargner, à un grand nombre d’habitans des sacrifices pécuniaires toujours pénibles à la fin d une année où les récoltes sont insuffisantes.
Elle va laisser en même temps sans excuse raisonnable les parens qui autorisent leurs enfans à quitter les classes pendant la belle saison et leur permettent de courir les bois et les champs, où ils prennent trop souvent des habitudes sauvages et immorales.
Les heureuses conséquences de la gratuité des écoles nous engagent à signaler, avec une juste approbation, le vote remarquable du conseil municipal de Frémonville, qui doit combler de joie le digne curé de cette paroisse.


  • 1er juillet 1858
    La Presse

Le Moniteur de la Meurthe et des Vosges rapporte qu'un incendie considérable vient de réduire en cendres une vingtaine de maisons dans la commune d'Herbéviller. De l'église, il ne reste plus que le chœur.


  • 2 juillet 1858
    Le Constitutionnel

Le Moniteur de la Meurthe annonce un nouvel incendie très considérable, qui a dévoré 15 maisons et le clocher du village à Herbéviller. La perte est évaluée à 130,000 fr. Les assurances couvriront !à peu-près les pertes, sauf pour l'église qui n'était pas assurée. Le feu a été mis, comme cela n'arrive que trop souvent, par des enfants jouant avec des allumettes chimiques; il était deux heures de l'après-midi ; on était aux champs, et les secours ont été tardifs. On n'a pu maîtriser l'incendie que le lendemain à la pointe du jour.


  • 20 novembre 1862
    Gazette nationale ou le moniteur universel

On lit dans le Courrier de Nancy : A Gondrexon, deux femmes, la mère et la fille, l'une âgée de soixante-douze ans. l'autre de cinquante, veillaient ensemble, occupées à écosser des fèves. Vers sept heures, la septuagénaire alla se coucher. Une heure après environ, l’aïeule, dont la chambre touche à la cuisine, fut réveillée par un pétillement de flamme et par une odeur d’étoile brûlée. Elle se leva aussitôt et trouva sa fille, la veuve Chapel, près de la pompe, éteignant le leu qui consumait ses vêtements.
Quand la malheureuse femme se crut hors de danger, elle se plaignit seulement d’avoir la main droite un peu brûlée, et elle voulut se déshabiller seule. Le lendemain, ses deux fils s’apercevant que cette blessure avait de la gravité, car on voyait les os, voulurent appeler un médecin. La veuve Chapel s’y opposa, disant qu’elle ne souffrait pas. Le troisième jour elle eut le délire et expira.
Lorsqu’on l’ensevelit, on eut la preuve de son incroyable stoïcisme : elle avait en effet tout le côté droit du corps brûlé, depuis le bas du ventre jusqu’à l’estomac, et elle a dû endurer des souffrances atroces.


  • 4 décembre 1869
    Feuille de Provins

COUR D’ASSISES DE SEINE-ET-MARNE.
Présidence de M. le conseiller DUMAS.
Audience du 29 novembre 1869.
(M. GAVINET, Ministère public).
Encore des jeunes gens ! toujours des jeunes gens !!. Vivons-nous bien dans le 19e siècle !
Oh ! éducation (même primaire), quand donc seras-tu répandue sur la terre, à titre universel ? Nous ne verrions plus assouvies les passions basses qui rongent l’humanité; pensant à la mort qui est proche et au peu de puissance de notre organisation, nous viserions a nous entre-soutenir plutôt qu’a nous égorger par cupidité, comme nous le faisons dans une proportion effrayante depuis quelques années.
Voyez, ces deux accusés : ils ne sont pas assassins, mais ils sont voleurs. Quel âge ont-ils donc pour s’être livrés, corps perdu, au vice ?
1° Valter (François), 26 ans, né a Fremonville, arrondissement de Lunéville (Meurthe), le 4 juillet 1843, charretier ayant demeuré à Villeparisis ;
2° Chéron (Ernest), 25 ans, né a Echampen, arrondissement de Meaux, le 7 mars 1844, charretier ayant demeuré à Villeparisis.
Voici les faits qui leur sont reprochés :
Le 16 mai dernier, Chéron et Valler, tous deux charretiers sans ouvrage, se rencontrèrent près de La Ferté-sous-Jouarre et se dirigèrent ensemble vers Lizy. Chéron parla à son compagnon d’un sieur Simon, actuellement détenu a Meaux et dont la maison située a Vendrest, devait se trouver abandonnée. Ils s’y rendirent tous deux, attendirent 9 ou 10 heures du soir ; puis sur les indications de Chéron qui autrefois était souvent entré dans cette maison, la porte de la cave fut fracturée, les deux accusés commencèrent par boire une certaine quantité de vin ; ils s’introduisirent ensuite de la cave dans la maison, brisèrent deux armoires et s'emparèrent d’une vingtaine de chemises, de trois torchons, de trois pantalons, d’un gilet et d’une blouse ; ils prirent aussi de l’eau-de-vie et du vinaigre et partirent après avoir fouillé les paillasses dans l'espoir d’y découvrir de l’argent ; ils s’éloignèrent chacun de son côté et se défirent, en les vendant à l’un et à l’autre, de la plupart des objets dont ils s’étaient emparés.
Les deux accusés sont vêtus de blouses bleues ; leur physionomie et l’interrogatoire qu’ils subissent n’offrent aucun intérêt.
Nous nous bornerons à dire que Chéron reconnaît ainsi son crime :
- C’était le 17 mai dernier, à dix heures du soir ; je savais que Simon, manouvrier de la commune de Vindrest, était absent de sou domicile ; je connaissais les êtres de sa maison, puisque pendant neuf sois j’avais été charretier dans la localité. Tous les dimanches ]e venais boire chez, le père Simon et souvent j’allais moi-même a la cave. Je savais que la porte de cette cave, donnant par derrière, n’était pas très-solide, alors j’eus l’idée de m’y introduire pour boire du vin. Après avoir bu, Valter, qui m’accompagnait, me dit : « Je ne suis pas bien nippé ; si nous prenions des effets ? » Je lui répondis que cela m’était égal. Nous montâmes tous les deux dans la maison et nous prîmes ce qui nous tomba sous la main.
Valter nie avoir participé au crime. - Ce n’est pas lui qui a commis le vol ; il a rencontré par hasard Chéron ; il a su que ce dernier avait volé; mais lui, Valter, grand Dieu ! pour rien au monde il n’aurait contribué à l’action.
Malgré sa dénégation et les efforts de son défenseur, Valter est condamné à quatre ans de prison.
Quant à Chéron, on lui tient compte de ses aveux en ne le condamnant qu’a trois ans de la même peine.
Mes Vuallart et Despagnat ont défendu les accusés.


  • 19 août 1871
    Gazette nationale ou le moniteur universel

On lit dans le Courrier du Bas-Rhin:
Il résulte d’une communication faite par l’administration des chemins de fer de l’Est français que les formalités douanières à remplir à Emberménil sont rendues plus difficiles parce que les expéditeurs d’ici adressent leurs marchandises destinées à la France à des expéditionnaires d’Emberménil, et que souvent ils négligent d’y joindre les attestations d’origine nécessaires pour obtenir l’entrée libre.
MM. les expéditeurs sont donc invités à adresser leurs marchandises directement à la station française de destination, et alors les employés de la douane à Emberménil peuvent sans retard faire repartir les marchandises. On répète de nouveau de ne pas manquer de joindre les attestations d’origine pour les marchandises alsaciennes.
Strasbourg, le 13 août 1871.
La Commission d'exploitation des chemins de fer.


  • 28 mars 1875
    Le XIXe siècle

Chronique des départements
Lunéville. - Le parquet de Lunéville est saisi en ce moment d'une affaire de meurtre qui a causé une certaine émotion dans l'arrondissement.
Le sieur L., charpentier, résidant à Herbevillers, vint déclarer le 13 de ce mois, à la mairie de sa commune, que sa fille Marie, âgée de vingt-cinq ans, était morte à la suite d'une chute qu'elle avait faite dans un escalier.
Cette déclaration de décès était à peine enregistrée que l'autorité municipale fut informée que dans la soirée du 12 on avait entendu des cris de douleur paraissant provenir de la maison habitée par L., et que ce dernier passait pour maltraiter sa fille.
Une enquête sommaire fut aussitôt opérée, et plusieurs personnes déclarèrent alors que le 12, vers six heures du soir, elles avaient entendu du bruit chez les époux L., comme des coups frappés sur un corps humain.
Elles avaient aussi distingué ces cris poussés par la victime : Pardon, papa, pardon !
L., de son côté, prétendait que sa fille, estropiée aux deux pieds et au bras droit, était tombée du haut en bas de l'escalier conduisant à sa chambre, située au premier étage; qu'il l'avait relevée et qu'il l'avait aidée à remonter dans sa chambre, où on lui avait ensuite porté à souper; qu'il ne s'en était plus occupé, et que, le lendemain, il l'avait trouvée morte.
L'examen médical auquel a été soumis le cadavre de la fille L., tend à établir que' cette malheureuse a été victime des violences dont elle a été l'objet, et qu'elle a succombé à la suite des coups qui lui ont été portés à la tête, notamment à la tempe droite.
Il a été immédiatement arrêté.


  • 8 juin 1866
    Le Petit Caporal

Meurthe-et-Moselle. - Une femme étranglée - Un crime horrible a été commis à Herbeviller.
Le nomme Charles Ade, âgé de vingt-cinq ans, originaire d’Alsace-Lorraine, domestique chez M. Lemoine, a étranglé, à l’aide d’un mouchoir, une pauvre veuve de quatre-vingts ans nommée Masson.
On ignore le mobile du crime. L’assassin a été arrêté.


  • 23 janvier 1877
    Le Phare de la Loire

INCENDIE - Le Rappel a reçu de Nancy la dépêche suivante :
« Minuit. Grand incendie rue Saint Jean, Epicerie parisienne. Deux garçons brûlés vifs. »
Le Journal de la Meurthe et des Vosges, du 21, qui raconte les détails de cet incendie, dit qu’au milieu de l’effondrement général, un boulanger vit distinctement apparaître l’un d’eux sur le toit du grenier et solliciter le secours d’une échelle. A l'instant même où ses cris étaient entendus, le plancher du grenier s’effondrait sous lui et le malheureux jeune homme disparaissait dans un tourbillon de flammes. Quelques heures plus tard, lorsque les pompiers purent pénétrer au milieu des décombres et déblayer les gravois amoncelés, la pioche vint heurter un corps humain informe. Le cœur du cadavre avait été traversé par une pioche dont on se servait pour cette triste opération.
On dégagea ces restes fumants ; les membres avaient été séparés ; la tête fut retrouvée à l’étage inférieur. Ce qui restait du tronc avait été réduit à l’état de charbon noir. Le tronc était celui du malheureux qu’on avait vu appeler à grands cris le secours d’une échelle.
Le second cadavre avait été retrouvé dans son lit, asphyxié probablement, avant que tout mouvement lui eût été possible ; les chairs, également carbonisées, laissaient à nu les os : les extrémités étaient absolument réduites en cendres, le crâne fracassé, mais les membres étaient adhérents au tronc, les muscles convulsés. Tout indiquait dans ces restes informes à voir les symptômes d’une indicible angoisse et d’une mort pleine d’horreur.
Ces deux jeunes gens, tous deux âgés de dix-huit ans, se nommaient : l’un Victor Dardenne, était né à Ogeviller, canton de Blâmont ; l’autre s’appelait Charles Plaisance, était natif de Delme (Lorraine annexée).
Les restes ont été toute la matinée exposés dans la salle des morts de l'hospice Saint-Charles.


  • 24 décembre 1878
    Le Siècle

Le train de voyageurs numéro 46, d'Avricourt à Paris, a été arrêté dimanche soir par les neiges, entre Embermenil et Marainviller ; la voie descendante est obstruée par la neige ; la circulation est établie sur une voie unique, la voie montante, entre Lunéville et Embermenil.
Les précautions sont prises pour le service de la voie; des ouvriers auxiliaires et des détachements de troupe déblaient.


  • 25 décembre 1878
    L’Avenir républicain - Troyes

Lunéville, 23 décembre.
Le train de voyageurs numéro 46, d’Avricourt à Paris, a été arrêté cette nuit par les neiges, entre Embermenil et Marainviller ; la voie descendante est obstruée par la neige ; la circulation est établie sur une voie unique, la voie montante, entre Lunéville et Embermenil.
Les précautions sont prises pour le service de la voie; des ouvriers auxiliaires et des détachements de troupes déblaient.


  • 12 mai 1879
    L’Univers

ENTRAVES AU PETITIONNEMENT
Nous lisons dans L’Espérance de Nancy ;
Le maire de Verdenal a refusé, contre tout droit, de légaliser la signature de M. Frémion, attestant l'authenticité des autres signatures.
Tout près de Nancy, le maire de Saint-Max, a fait mieux, ou plutôt pis que celui de Verdenal. Non content de refuser la légalisation de deux signatures, il a menacé, dit-on, les deux honorables signataires de leur dresser procès-verbal s'ils insistaient davantage.
Verbalisez, monsieur le maire ; verbalisez, si vous voulez égayer la galerie. [...]


  • 24 juin 1880
    Le Petit Journal

LES ORAGES
Notre correspondance des départements nous signale de tous côtés de nombreux orages. Nous relevons les principaux.
Une véritable trombe d'eau s'est abattue pendant trois heures sur diverses communes des environs de Lunéville. Le ruisseau qui va de Serres à Maix, s'est changé en torrent, entraînant les terres et les foins coupés. A Emberménil et Leintrey, les champs ont été noyés.


  • 12 février 1882
    Journal des débats politiques et littéraires

Le 28 avril 1880, Eugénie Michel, alors âgée de trente ans, accouchait à Gondrexon (Meurthe-et-Moselle), chez les époux Duru, d'un enfant dont la naissance fut déclarée le même jour à la mairie de Gondrexon par la dame Duru, et dont le baptême eut lieu le lendemain.
Le 15 mai suivant, on découvrit, dans un ruisseau, le cadavre de cet enfant, dont la mort par asphyxie provenant de submersion paraissait remonter à une dizaine de jours.
L'information a établi que cette mort était le résultat d'un crime imputable à la mère de l'enfant. Le 3 mai, en effet, la fille Michel avait quitté le domicile des époux Duru emportant son enfant et annonçant qu'elle se rendait à Nancy pour le faire admettre, disait elle, parmi les enfans assistés. Le même jour, à onze heures du matin, elle reparaissait chez son ancien maitre, le sieur Liotté, qui consentit à la reprendre comme domestique. Toutefois le maire de Gondrexon et le sieur Liotté ne tardèrent pas à concevoir des doutes sur la véracité des dires de l'accusée. Elle avait produit pour les tromper une attestation fabriquée d'après ses instructions, et de laquelle il semblait résulter qu'elle avait en effet placé son enfant à l'hospice de Nancy.
Le 13 mai, comprenant que son mensonge allait être découvert, la fille Michel prit la fuite, après avoir avoué à un témoin qu'elle avait jeté son enfant à l'eau sous le pont du ruisseau du Reillon et qu'elle avait mis une grosse pierre sur son corps. Deux jours plus tard le cadavre de l'enfant était retiré de ce ruisseau.
Eugénie Michel qui avait pu jusqu'ici se soustraire à toutes les recherches, vient de comparaître devant la Cour d'assisses de Meurthe et Moselle.
Interrogée par M. le président, l'accusée, sans dénier le fait qui lui est reproché, l'attribue à un accès de désespoir et de folie où l'avait jetée l'abandon dont elle était victime de la part d'un domestique comme elle au service de M. Liotté, et qui l'avait séduite sous la foi d'une promesse de mariage.
L'accusée, déclarée coupable par le jury, mais avec admission de circonstances atténuantes, a été condamnée par la Cour à cinq ans de réclusion.


  • 17 juillet 1885
    Journal de la Ville de Saint-Quentin

Un petit grand homme.
L’inauguration de la statue du conventionnel Grégoire inspire an Moniteur les réflexions suivantes.
Qu’il faut donc que les républicains aient parmi eux une disette de vrais grands hommes, pour qu’ils s’égaillent prodiguer tant d’honneurs à celui qu’ils viennent de fêter dimanche ! Le ministre de l'intérieur se dérange en personne, escorté d’une demi-douzaine de députés et de sénateurs, il met sur pied toute une armée de fonctionnaires militaires et civils, pour honorer qui ? Un homme qui joua un pauvre rôle sous la Révolution, et dont il ne reste rien que quelques mots à effet, quelques maximes aussi fausses que prétentieuses et emphatiques.
Qu’admirent-ils donc dans l'ex-curé d’Emberménil ?
Est-ce le courage avec lequel, après avoir voté par écrit pour la condamnation de Louis XV), il est revenu ensuite sur son vote pour déclarer qu’il n’avait pas prétendu le condamner à mort ?
Est-ce l’austérité démocratique avec la quelle il se laissa faire comte et sénateur de l’empire, pour conspirer, il est vrai, bientôt après contre l’empereur ? Applaudissent-ils en lui le libre penseur, oubliant que, s’il adhéra à la constitution civile du clergé, il n’en resta pas moins un fervent adhérent des dogmes catholiques et un champion du célibat des prêtres ? Voudraient-ils faire un anticlérical de celui qui, sur son lit de mort, sollicita si ardemment les secours de la religion et la bénédiction du prêtre ? Toute la vie de l’abbé Grégoire ne fut qu’un tissu de contradictions ; et il faut bien de la bonne volonté pour faire de lui un modèle de fermeté d'âme. N’importe, le voilà coulé en bronze ; et sa statue dressée sur l’une des places de Lunéville passera à la postérité comme un monument élevé à une médiocrité par des nullités.


  • 12 juin 1886
    La Lanterne

L'ASSASSINAT D'HERBÉVILLER :
Un crime horrible a été commis à Herbéviller (Meurthe-et-Moselle), le 31 mai. La veuve Masson, âgée de soixante-dix-neuf ans, a été étranglée dans son lit ; elle a été trouvée étendue sans vie sur son lit, le cou était' fortement serré à l'aide d'un mouchoir de poche. Les draps et les couvertures du lit n'étaient pas dérangés.
La face portait une légère ecchymose. M. le docteur Zimmermann a été requis pour faire l'autopsie du cadavre. Le juge de paix du canton de Blamont est chargé d'une commission rogatoire. L'auteur présumé du crime est un nommé Charles Ade, âgé de vingt-cinq ans, né en Alsace-Lorraine, domestique à Herbéviller chez M. Lemoine, propriétaire. Il est arrêté.


  • 2 juillet 1887
    La Petite République

MEURTHE-ET-MOSELLE.--Un acacia presque séculaire, ombrageant le crucifix du calvaire situé à environ 400 mètres du village de Xousse, a été détruit par un individu qui exerce la profession d’horloger ambulant: et qui était de passage dans ladite localité.
Il a passé la nuit chez le sieur Charles-Nicolas Tuny, cultivateur, mais on ignore son nom. Il a commis ce méfait en voulant prendre un essaim, ou son miel, qui se trouvait dans ledit acacia.
Cet arbre étant creux, il a mis le feu à l’intérieur, et après une certaine combustion, l’arbre est tombé.


  • 31 décembre 1887
    Express

Les trains ont subi des retards. Dès la première heure on signalait vingt centimètres de neige sur la ligne principale de Paris à Avricourt et cinquante centimètres sur les lignes vosgiennes. De Nancy sont parties dans diverses directions des locomotives chasse-neige. Le nombre des voitures a dû être encore réduit pour chaque train Le train-express, qui part d’Avricourt, en temps ordinaire, vers neuf heures du matin, avait plus d’une heure de retard. Le train qui vient de Port-d’Atelier vers neuf heures un quart, avait une heure de retard.
Les trains de marchandises étaient supprimés totalement sur la ligne de Remiremont à Saint-Maurice. Enfin, on apprenait dans la matinée, à Nancy, qu’un train était resté en détresse sur la ligne de Cirey, entre Blâmont et Frémonville.


  • 5 septembre 1888
    Le Figaro

DANS L'EST
Dimanche, 2 septembre 1888.
Je ne puis dire exactement d'où je vous écris, car je viens de passer la moitié de la journée à parcourir la frontière pendant quelques lieues, un peu au-dessus d'Embermenil entre Remouchard et Coincourt. Le pays est charmant, très agréable à l'oeil, très verdoyant et très touffu et pourtant on est à deux pas des territoires annexés; il faut que l'imagination s'en mêle pour sentir que de l'autre côté ce sont des anciens Français. Les bornes et les poteaux indiquent, il est vrai, qu'il faut prendre garde, car il serait dangereux d'aller un peu trop loin allumer son cigare. Je n'ai vu ni forestiers ni gendarmes allemands, et l'on m'a dit qu'ils n'approchaient très près que lorsqu'ils en avaient reçu l'ordre pour le service.
En effet, cela n'est pas un lieu de promenade banale.
Les Allemands ont beaucoup pris et fondé d'établissements privés à Metz et à Strasbourg, mais les campagnes et les petites villes leur sont toujours récalcitrantes ; aussi, pour éviter tout ennui, les annexés vivent chez eux et évitent tout rapport avec les autorités allemandes. II y a juste dix ans, j'étais dans ces parages, au chef-lieu d'un ancien arrondissement français ; mes hôtes me disaient qu'à la condition de ne s'occuper en rien des choses publiques, on vous laissait dans le calme, mais depuis ils m'ont dit qu'ils étaient surveillés, que leur correspondance commerciale était ouverte et que l'on n'évitait aucune occasion de les piquer.
Les autorités allemandes s'étaient au début figurées qu'il leur serait aussi facile de digérer des départements français que de les conquérir. Ils n'avaient pas réfléchi -car, lorsque leur vanité est en jeu, les Allemands réfléchissent peu - que c'est le vaincu qui doit pouvoir digérer le vainqueur et que l'absorption des peuples est une opération de réciprocité. Heureusement qu'ils s'y sont très mal pris, que les haines se sont réveillées et que l'on regrette toujours la France dans l'Alsace-Lorraine.
M. de Bismarck se plaignant que nous n'avons point l'air en France de croire à l'éternité du traité de Francfort est vraiment plaisant. Est-ce que lui-même croit à la sincérité, à la justice, à l'opportunité de ce traité, lorsqu'il inflige aux annexés des règlements d'une dureté exceptionnelle ? Est-ce que nous pouvons oublier que ces annexés étaient encore nos frères il y a dix-sept ans et demi ? Est-ce que tous les mauvais traitements qu'il leur fait endurer ne portent pas un contrecoup douloureux dans nos coeurs ?
D'ailleurs, les Allemands tourmentent les annexés uniquement parce qu'ils ont été Français tout à fait et qu'ils le sont restés beaucoup.


  • 10 septembre 1889
    La Cocarde

NANCY (d’un correspondant)
Un incendie considérable a détruit totalement l’habitation de M. Thuny, cultivateur à Xousse.
Vers trois heures du matin, un domestique, entrant à l’écurie pour donner à manger aux bestiaux, s’aperçut qu’une voiture d’avoine chargée la veille était en feu.
Il donna aussitôt l’alarme, mais les flammes avaient gagné la grange et trouvaient là assez de matières pour s’alimenter. En un instant, tout fut embrasé. A grand’peine on put sauver le bétail. Tout le mobilier devint la proie des flammes. Nul accident de personne n’est à déplorer.


  • 17 septembre 1892
    Le Soir

UN FAUX CHOLÉRIQUE
On écrit de Deutsch-Avricourt à la Gazette de Sarrebourg :
Grand émoi, aujourd’hui, dans les gares françaises d’Igney-Avricourt, Emberménil et Lunéville. Un employé du chemin de fer venait d’être subitement atteint du choléra. Le sieur G..., ouvrier d’équipe à Emberménil, pris de violentes coliques, se tordait, se roulait à terre, vomissait, diaprait, présentait en un mot tous les symptômes du choléra asiatique. Immédiatement, le chef de gare fait descendre les voyageurs d’un wagon du train de Lunéville. Le wagon est isolé, on y installe, avec mille précautions, le malade à destination pour l’hôpital. Là, le docteurs..., après avoir palpé l’homme, lui dit : « Voyons, mon ami, vous avez une indigestion ! - Çà se peut, fait l’autre piteusement, j’ai chipé (mangé) un lièvre à moi seul, et je l’ai fortement arrosé de « schnick ».
Pendant ce temps, le wagon du prétendu cholérique était désinfecté à la gare de Lunéville ; les employés à ce destinés, se lavaient à l’eau paniquée. Un médecin de la station d’Igney-Avricourt, mandé en toute hâte, débarquait à Emberménil, avec tous les appareils de désinfection pour purifier le logis, j’allais dire le gîte, du mangeur de lièvre à la sauce alcoolique. Le soir même, le bonhomme,
remis de son indisposition, réintégrait son domicile largement nettoyé. Vous dire ce qu’on en rit après une si grande peur... Tout est bien qui finit bien.


  • 23 janvier 1895
    La Croix

On a découvert à Harbouey (Meurthe-et-Moselle), à 0 m,40 en terre dans un verger, un squelette qu’on suppose être celui d’un soldat russe inhumé en 1815.


  • 2 mars 1895
    L'Evènement

LUNEVILLE, 28 février. - Un braconnier, repris de justice, nommé Henisch, de Leintrey, près Emberménil, a tiré hier soir deux coups de fusil sur deux habitants de la commune, les frères Voinot.
Le capitaine de gendarmerie et le substitut de Lunéville sont sur les lieux.
Le meurtrier a pris la fuite dans la forêt. Les deux victimes sont légèrement blessées.
Cette tentative de meurtre est attribuée à la vengeance.


  • 2 mars 1895
    L'Indépendant Rémois

DEUX ENFANTS ASPHYXIÉS
Lunéville, 28 février.
Avant hier, M. Adolphe Dime, âgé de trente-neuf ans, cultivateur à Emberménil, s’était absenté de son domicile pour aller conduire une voiture de paille à Lunéville.
Avant de partir, il avait recommandé à son domestique, le jeune Hubert Wingerter, âgé de quatorze ans, de prendre soin de ses petits enfants, Marie et Paul, respectivement âgés de deux ans et demi et de dix mois.
Le soir venu, Wingerter, ne voyant rien d’anormal chez son maître, se coucha. Il dormait depuis une heure environ, quand tout à coup il fut réveillé par le frère de M. Dime, qui venait lui demander un service. A ce moment, une odeur de paille brûlée le prit à la gorge. Il se précipita dans la cuisine où couchaient les deux enfants ; la pièce était remplie d’une épaisse fumée ; quant aux petits, ils étaient étendus couchés sur le plancher sans connaissance.
Une paillasse laissée imprudemment par le domestique à côté du fourneau s’était allumée, et les enfants étaient morts asphyxiés.


  • 2 mars 1895
    Paris

Lunéville. - Un braconnier, repris de justice, nommé Henisch, de Leintrey, près d’Emberménil, a tiré hier soir deux coups de feux sur deux habitants de la commune, les frères Voinot.
Le meurtrier a pris la fuite dans la forêt.
Les deux victimes sont légèrement blessées.


  • 6 juillet 1899
    Gazette nationale ou le moniteur universel

Refus d affichage
Nous continuons à enregistrer les mesures prises par les préfets contre les maires qui refusent de faire afficher l’arrêt de la cour de cassation relatif à l’affaire Dreyfus.
[...] Le préfet du département de Meurtheet-Moselle vient de suspendre de leurs fonctions MM. Bonnardel, maire de Saint-Nicolas-de-Port, Mathis de Grandseille, maire de Verdenal, et Gauche, maire d’Hussigny, pour avoir laissé lacérer les affiches donnant le texte de l’arrêt.
La même mesure va être prise à l’égard de plusieurs autres maires du département.


  • 15 juin 1904
    La Gazette de France

En la petite église de Verdenal (Meurthe-et-Moselle),M. l’abbé de Poncheville a béni le mariage de son frère, fils de l’ancien député et de la comtesse de Poncheville, avec Marie Elisabeth de Granseille. Témoins du marié : MM. de Vienne, son cousin, et Maurice de Poncheville, son frère ; de la mariée : M. d’Hausen, son oncle, et le lieutenant de La Nouvelle, son beau-frère.


  • 19 février 1905
    Le Petit Journal

NANCY. - Un incendie vient de détruire -quatre maisons, à Verdenal. Au cours du sinistre, un pompier, M. Mangin, a été blessé par la chute d'une pièce de bois.


  • 21 mars 1906
    Le Petit Journal

LUNÉVILLE. - Le parquet de Lunéville ayant ouvert une enquête sur un vol de 35,000 francs de titres, commis au préjudice d'un cultivateur d'Embermenil, la police de Lunéville a arrêté la bonne d'un officier-de la garnison, dans.la malle de laquelle les titres ont été retrouvés.
Interrogée, la voleuse Marie Rainville, femme Girard, fit des révélations à la suite desquelles le parquet a lancé un mandat d'arrêt contré un nommé Charles Marin,-cultivateur à Embermenil, accusé par la femme Girard d'avoir volé la somme et de la lui avoir confiée en dépôt.


  • 24 mars 1906
    Paris

LUNEVILLE. - A la suite d’une enquête du parquet de Lunéville sur le vol de 35.000 francs commis à Embermenil, l’innocence complète et la parfaite honorabilité de M. Charles Marin, le cultivateur qu'avait désigné comme le coupable la femme Gairard, ont été nettement établies. La Gairard a été trouvée en possession des titres. Elle a avoue quelle accusait M. Marin pour tenter d’échapper à la justice.


  • 25 mars 1906
    La France

LUNEVILLE. - A la suite d’une enquête du parquet de Lunéville sur le vol de 35.000 francs commis à Embermenil, l’innocence complète et la parfaite honorabilité de M. Charles Marin, le cultivateur qu’avait désigné comme le coupable la femme Gairard, ont été nettement établies. La Gairard a été trouvée en possession des titres. Elle a avoué quelle accusait M. Marin pour tenter d’échapper à la justice.


  • 15 juillet 1906
    La Croix

Mme Vve J. Thellier de Poncheville, née Anne. de Granseille, 26 ans, belle-sœur de notre excellent -collaborateur, et ami M. l’abbé Thellier de Poncheville, pieusement décédée le 13 juillet, à Verdenal (Meurthe-et-Moselle).


  • 18 septembre 1907
    La Petite République

Mort tragique d’une fillette.
(dépêche de notre correspondant particulier)
Nancy, 17 septembre.
M. Jeanjean, cultivateur à Nonhigny, rentrait des champs avec une voiture de regain. Un groupe d’enfants demanda à M. Jeanjean l'autorisation de monter sur sa voiture, il y consentit.
En cours de route, une profonde ornière imprima au véhicule une secousse telle que l’un des enfants, la petite Claire Gédor, âgée de neuf ans, tomba sur la route. La pauvre fillette, fut tuée sur le coup.
Ses parents sont désespérés, et M. Jeanjean regrette amèrement d’avoir cédé aux imprudents bambins.


  • 19 avril 1908
    La Presse

VIANDE A SOLDATS
[...] Les aveux d'un fraudeur
Nancy, 18 avril. - L 'enquête se trouve arrêtée, les analyses ne pouvant être faites en ce moment à la Faculté de Nancy -en raison des vacances ; le parquet a fait compléter les renseignements qui lui sont nécessaires en interrogeant des soldats et des officiers du-fort de Manonviller.
Il semble, d'après les dépositions recueillie, que le boucher-charcutier Tronquart ne sera-pas inquiété ; la même enquête est faite en ce moment relativement aux livraisons-du-boucher-charcutier d'Ogéviller, également fournisseur du fort.
Par contre, un autre boucher-charcutier, également fournisseur de la garnison de Lunéville, nommé Krich, a avoué devant le juge d'instruction que les saucisses préparées par lui et destinées à la troupe, contenaient du cœur de bœuf. Il va être poursuivi.


  • 20 avril 1908
    Le Matin

A Embermenil (Meurthe-et-Moselle), on a trouvé évanoui dans un champ M. Henry, cultivateur, trente ans.. Il portait à la jambe droite de profondes blessures par lesquelles le sang s'échappait en abondance, Il succomba peu après à une abondante hémorragie, mais sans avoir repris connaissance. On ignore comment et quand il fut blessé.
Le parquet de Lunéville enquête. (Tél.)


  • 20 avril 1908
    Le Petit Parisien

UNE MORT SUSPECTE
Lunéville, 19 avril.
Des cultivateurs ont trouvé étendu inanimé dans un champ, à peu de distance d'Emberménil, un propriétaire de cette commune, M. Henry, âgé de trente ans.
Le malheureux portait à la jambe une profonde blessure d'où le sang s'échappait avec abondance.
Transporté à son domicile, M. Henry mourut sans avoir repris connaissance.
Le parquet a ouvert une enquête sur cette mort étrange.


  • 20 avril 1908
    Le Peuple français

LUNEVILLE. - Un propriétaire de la commune d’Emberménil, M. Henry, 33 ans, a été trouvé inanimé dans un champ, ayant â la jambe droite une profonde blessure.
Il est mort sans avoir repris connaissance.
Le parquet a ouvert une enquête sur cette mort étrange.


  • 20 août 1908
    Le Siècle

Accident de chemin de fer. -Hier matin, vers cinq heures et demie, un train de voyageurs parti de Nancy à destination d'Avricourt, a tamponné entre Emberménil et La Neuveville-aux-Bois, un train de ballast en manœuvre. Deux voyageurs ont été légèrement, blessés.


  • 21 août 1908
    L’Action

Collision de trains
Hier matin, vers cinq heures et demie, un train de voyageurs parti de Nancy à destination d’Avricourt a tamponné entre Emberménil et La-Neuveville-aux-Bois un train de ballast en manoeuvre. Deux voyageurs ont été légèrement blessés.


  • 6 avril 1909
    Le Petit Journal

Les ballon étrangers en France
Ils panent ou passent constamment depuis deux jours au-dessus de nos forts de l'Est
Nancy, 5 Avril.
Depuis deux jours, il pleut des ballons allemands sur la frontière.
Outre ceux de Remiremont et de Pont-à-Mousson, un autre ballon allemand a plané au-dessus du champ-de tir du Haut-des-Forêts près de Montmédy, un autre a observé les soldats du fort de Razimont, près d'Epinal. Enfin, hier, à midi cinquante, un aérostat monté par quatre personnes est passé au-dessus des villages d'Embermenil et de Remoncourt, à un kilomètre du fort de Manonviller. II a accroché un arbre et un passager est descendu à terre par le guide-rope qui traînait depuis plusieurs kilomètres ; le ballon avait son ancre arrachée.
Une sentinelle donna l'alarme. Un capitaine du 153 e d'infanterie fit atteler le break régimentaire.et se rendit sur les lieux pour arrêter les aéronautes. Descendus entre temps, ceux-ci avaient lâché douze pigeons voyageurs et brisé de nombreuses plaques photographiques, en présence d'un vieux berger, M. Oliger, qui a témoigné depuis.
Ramenés en break, les étrangers ont été introduits dans le fort, les yeux préalablement bandés ; ils ont déclaré être officiers allemands, mais ont affirmé qu'ils n'avaient pas l'intention de franchir la frontière, mais que leur ballon avait été entraîné par le vent. L'enveloppe déchirée reste accrochée aux arbres ; la nacelle a été saisie.
L'aérostat, le Gutenberg, venait de Stuttgart.


  • 5 novembre 1909
    Le Courier de Saône-et-Loire

Grave accident dans une école
M. Gérard, instituteur à Verdenal (Meurthe-et-Moselle), essayait une carabine pour le tir scolaire, quand des élèves firent du bruit derrière lui. L’instituteur se retourna pour leur faire des observations, et dans ce mouvement pressa sur la gâchette de la carabine chargée qu’il tenait en main. Le coup partit et le projectile atteignit à la tête le jeune Eugène Lhote, âgé de 8 ans.
L’enfant a été transporté à l’hôpital dans un état qui laisse peu d’espoir.


  • 22 août 1911
    Le Courier de Saône-et-Loire

La Conquête de l'Air
Reconnaissances militaires
Lunéville. - Le capitaine d’artillerie Eischmann et le lieutenant de dragons De Rose sont allés hier reconnaître les positions des troupes de cavalerie et d’infanterie en manœuvre entre La Neuville-au-Bois et Emberménil, puis ils sont revenus à tire d’ailes près du point de concentration, en compagnie du lieutenant de Malherbe et du capitaine Bellanger, dont on attendait l’arrivée. Ils continuèrent à opérer des reconnaissances sur la frontière et à participer aux manœuvres de la deuxième division indépendante de cavalerie.


  • 1er janvier 1912
    La Semaine illustrée

Les Faits-Divers de la semaine
NOYÉ DANS UN BAQUET. - Un cultivateur avait confié la garde de son fils, Raymond, âgé de 15 mois, à sa tante. Pendant que cette dernière vaquait aux occupations du ménage, le jeune Raymond se pencha sur un baquet et tomba dans l’eau. Quand la tante put le retirer, il était mort.
MIGNEVILLE


  • 6 juin 1912
    Le Figaro

L'abbé de Cabanoux, curé de Saint-Thomas-d'Aquin, a béni hier à midi, en son église, devant une assistance élégante et nombreuse, le mariage du vicomte Jehan Perret du Cray, fils du comte Perret du Cray et de la comtesse née de la Font, avec Mlle Sabine Mathis -de Grandseille, fille de M. Mathis de Grandseille et de madame née Miller. La messe a été dite -par le curé de Verdenal, paroisse du château de Grandseille. Le Saint-Père avait daigné envoyer sa bénédiction aux jeunes époux.
Les témoins étaient, pour le marié : le vicomte Perret du Cray, son frère, et Mlle de la Font, sa tante ; pour la mariée : le capitaine de Lanouvelle, fils du général de Lanouvelle, et le comte Georges Thellier de Poncheville, ses beaux-frères.
La quête a été faite par Mlles de La Font, Cécile du Cray, Marie-Thérèse de Gonneville et Antoinette Degoutin, qu'accompagnaient MM. André d'Hausen, Gérard de Gonneville, Pierre de-la-Font et Jean de Limur.
A l'issue de la cérémonie-religieuse, Mme de Mathis de Grandseille a -donné un lunch suivi de réception en ses salons du boulevard Raspail, où l'on a beaucoup admiré la corbeille et les cadeaux offerts, aux jeunes mariés.
La corbeille comprenait : collier de perles, pendentif diamants, étoile de diamants, bague rubis, bague diamants, bracelet émail bleu diamants, sautoir or, dentelles point d'Angleterre, point à l'aiguille, fourrures de zibeline, missel ancien, etc., etc.


  • 10 septembre 1912
    La République Française

Mortel accident de chasse. - On mande de Lunéville qu’un chasseur, M. Isidore Petit, cafetier à Verdenal, a tué accidentellement, près de Blâmont, un autre chasseur, M. Emile Chatton, rentier, âgé de soixante-deux ans, habitant également Verdenal.


  • 13 septembre 1913
    Gil Blas

Les Arts
Exposition d'art gothique
Voilà, je pense, une nouveauté, - en 1913. Une exposition d'art gothique, peinture, verrières, et statuaire. Des merveilles, comparables.aux plus hauts chefs-d'œuvre de Chartres, Reims, Amiens, Sens, Bourges, ou de Notre-Dame de Paris. Cela va nous. changer des sempiternelles et commerciales exhibitions de marines bretonnes, frondaisons versaillaises et « couchers de soleil sur le grand canal ». Est-il possible d'imaginer pour les artistes, les archéologues, les grands amateurs, les érudits, une rétrospective plus émouvante et d'un enseignement plus profond ?
Ce spectacle d'une rareté précieuse, c'est à M. Demotte (et qui, sinon M. Demotte, pourrait à l'heure actuelle, l'offrir ?) que nous en serons, sous deux mois, redevables.
A cette exposition, qui attirera l'élite à l'hôtel de la rue de Berri, l'on verra [...]
Et vous aurez encore la surprise d'admirer chez M. Demotte la chapelle démontée, transportée, reconstituée pierre à pierre, du château de Lannoy, à Herbeviller (Meurthe-et-Moselle), chapelle avec ses verrières, son autel, et bas-relief dédié à saint Hubert.
Nous reviendrons à loisir sur cette manifestation considérable. Pour la commenter, il faudrait un volume. [...]
Déjà nous devons un grand merci à M. Demotte qui va bientôt nous donner la plus salutaire leçon et la meilleure des joies.
Louis Vauxceiles.


  • 26 janvier 1915
    L'Echo de la Montagne

La petite affaire d'Emberménil nous fait connaître que nous avons progressé depuis quelque temps sur cette partie du front de Lorraine. Emberménil se trouve à 16 kilomètres au Nord-Est de Lunéville, a proximité de la voie ferrée Lunéville-Avricourt.
Les dernières nouvelles que nous connaissions jusqu'ici indiquaient que nous étions à Lunéville à quatre kilomètres plus au Sud-Ouest. C'est donc une progression sensible que nous avons effectuée
de ce côté.


  • 19 aout 1918
    Le Petit Journal

TROIS PIRATES AÉRIENS abattus par les Américains en Lorraine
(Du correspondant du Petit Journal)
Nancy, 18 Août.- L'aviation de chasse américaine inscrit à son tableau de victoires trois appareils ennemis.
Le premier, abattu ces jours derniers à Emberménil, est exposé sûr la place Stanislas ; son camouflage dans le « goût boche » paraît étrange et l'on remarque aussi que la croix noire, sur le fuselage et les ailes, plus discrète, a changé-de forme.


  • 13 juin 1919
    L’Eclair

Les grands raids de l’aviation
Le capitaine Lafon en panne
Le capitaine Lafon, qui était parti hier à deux heures trente du matin de l’aérodrome du Bourget, pour effectuer, avec son mécanicien, le raid Paris-Constantinople, a été contraint d'atterrir par suite de la mauvaise circulation d’eau dans son moteur, aux environs de Gondrexon, à quelques kilomètres à l’est de Lunéville.
L’appareil est endommagé, mais il n'y a pas eu d’accident de personnes.


  • 13 juin 1919
    Le Matin

LA VIE SPORTIVE
AVIATION
Paris-Constantinople
Le capitaine Lafon s'arrête à Gondrexon
Le capitaine Lafon, parti dans la nuit d'avant-hier hier, à 2 h. 30, du Bourget pour Constantinople, a dû atterrir, par suite d'une panne de moteur (arrêt de la circulation d'eau) à Gondrexon. Gondrexon se trouve entre Lunéville et Blamont, par conséquent en dehors de la route que devait primitivement suivre l'aviateur. L'itinéraire comportait en effet les escales suivantes Paris-Vicence par Dijon, Vicence-Belgrade, Belgrade-Constantinople.
L'atterrissage a été violent et l'appareil est brisé ; le capitaine Lafon et son mécanicien Farcy sont indemnes.


  • 22 janvier 1922
    Le Petit Troyen

Au seuil de la Haute-Lorraine
Quand j’arrivai sur ce plateau de Reillon, perché sur un camion-automobile nu, - un véhicule que j’avais dû réquisitionner, parce qu’a Paris on.est trop loin de cet ancien front de bataille, où il n’y a plus rien que le désert immense,-et des maisons de carton à côté des bâtisses de remplacement que le service de la reconstitution élève avec des lenteurs désespérantes, et parce que les bureaux ministériels sont trop éloignés de nos cimetières glorieux pour les défendre contre le mercantilisme des entrepreneurs de transports ; la bise âpre et mordante nous déchirait le visage, et, dans les embardées du véhicule, avançant péniblement sur une route où, il n’y avait qu’ornières et cahots, nous étions, à chaque instant, menacés d’être précipités de nos sièges.
Sur toutes choses, la lune mettait des clairs-obscurs impressionnants ; et lorsque je pénétrai dans le cimetière militaire de Reillon, où des familles sans gîte, quelques-unes l’estomac vide depuis le matin, attendaient, durant des heures, ma présence, fatalement retardée par ces lamentables et décevants transports de l’entreprise, le vent nous secouait jusqu’aux moelles, aussi froid que s’il eût soufflé, en plein hiver moscovite, du plateau de Valdaï.
Et je rendis sous la pâle clarté d’Heucate et à la lueur des lanternes, les restes de nos héros aux mères, aux épouses, qui étaient venues les réclamer, et qui, doucement, avec attendrissement même, me témoignaient leur gratitude de ne pas les abandonner, elles, des femmes, au seuil de cette nécropole, où rien ne leur parlait plus que la voix hallucinante des aquilons.
Pauvres gens, combien je les ai plaints; et eux, les Poilus défunts, comme je me suis incliné profondément vers eux... eux qui auraient dû retourner au pays natal dans l’apothéose des soleils radieux, et à qui était presque réservée l’offense des exhumations nocturnes !
Pourquoi ? parce que nous nous devons aussi aux vivants, et qu’aux parents qu’un long voyage a déprimés, et que le froid a transis, il convient d’épargner les nuits d’hiver passées à la belle étoile.
Trois jours durant, la colère du vent s'est abattue sur cette région de la Haute-Lorraine.
Des sceptiques - et il y en a trop dans ce commencement de siècle qui a connu toutes les grandeurs et aussi toutes les défaillances humaines, - ont osé soutenir que les familles de nos morts, en réclamant leurs restes, ont cherché, quelques-unes, à se ménager gratuitement un voyage dans les régions libérées...
Je proteste hautement contre ce blasphème : car à Reillon, en plein désert, et par un temps que beaucoup d’hommes rompus à la fatigue, n’auraient pas voulu affronter, ce sont les neuf dixièmes de ces éprouvés qui sort, venus; et encore, de ceux demeurés dans leur pays, la plupart s’étaient excusés, à demi-honteux, parce que trop vieux ou malades.
Nulle part, je ne me suis senti, mieux qu’ici, en communion de pensées avec ces vivantes victimes de la guerre. On sentait, dans ce recueillement de tout leur être, et leur douleur résignée, que ces mères avaient offert, dès le début de la guerre, le meilleur d’elles, leurs fils à la Patrie: et que ces veuves - certaines remariées, ne vous en offusquez pas. M. Emmanuel Broyne - conservaient toujours au fond de leur cœur, avec la foi jalouse des Vestales antiques, la blessure que la Mort y a faite.
J’ai consulté mes dossiers : sur plus de mille familles que mes avis ont touchées, cinq veuves seulement se sont récusées ; et ici, ce sont les veuves qui dominant parmi ces parents souhaitant pouvoir se pencher librement sur le tertre qu’on va creuser dans le cimetière communal.
Les chiffres ont leur éloquence, une éloquence froide, mais indiscutable : quoi qu’aient prétendu de rares ligues d’anciens combattants, mal renseignés, les femmes de France sont dignes de la grande pitié, comme de la généreuse admiration. qui montent de nos cœurs vers leurs âmes douloureuses.
LAMEROSE.


  • 30 mai 1922
    Le Matin

GRAVE ACCIDENT D'AUTO
Nancy, 29 mai. Téléph. Malin. Un terrible accident d'automobile s'est produit hier soir sur la route qui conduit de la gare d'Emberménil à Laneuveville-aux-Bois, à 200 mètres environ de cette dernière commune. M Ginelli. entrepreneur de travaux publics à Lunéville. accompagné de sa femme, qui avait assisté dans la journée, à Laneuveville-au-Bois, à un mariage. revenait en auto de la gare d'Emberménil. Dans la voiture avaient pris place, en outre de M. Ginelli qui conduisait. Mme Ginelli, Mlle Frischmann, M. Vitari, entrepreneur, M. Grasse, directeur de garage à Nancy, et Mlle Piazzola.
Soudain, le pneumatique d'une roue avant éclata. La voiture fit une embardée et vint s écraser contre un arbre en bordure de la route.
Le crâne ouvert, Mlle Frischmann avait été tuée sur le coup. Mme Ginelli. qui a dû subir, à l'hôpital, de Lunéville, l'amputation d'une jambe, est dans un état désespéré. Son mari est également dans un état très grave. Quant aux autres voyageurs, ils ont été tous blessés, mais moins grièvement.


  • 14 juillet 1922
    Excelsior

M. Reibel en Meurthe-et-Moselle
NANCY, 13 juillet. - M. Reibel, ministre des Régions libérées, après avoir présidé la distribution des prix du lycée Henri-Poincaré, dont il fut il y a vingt ans, un des plus brillants élèves, a profité de son passage à Nancy pour visiter un certain nombre de communes dévastées de l'arrondissement de Lunéville.
A Emberménil, parlant des accords de Wiesbaden, le ministre a annoncé qu'ils entreraient en vigueur le 20 juillet.


  • 25 octobre 1922
    La Croix

FAMILLE OU L’ON SE MARIE
A Mignéville (Vosges), a été célébré, le 14 octobre, le mariage de M. Boudot, 73 ans, avec Mme Vouaux, 66 ans. Or, la fille de Mme Vouaux. 45 ans, s’était mariée le 5 avril, et sa petite-fille, 25 ans, avait contracté mariage le 14 janvier. Le registre des mariages de Mignéville va donc porter, dans la même année, les noms de la petite fille, de la mère et de la grand’mère. Les deux nouveaux conjoints, veufs l’un et l’autre, comptaient déjà chacun quarante-huit ans de mariage.


  • 28 octobre 1922
    Le Nouvelliste de Bretagne

A Mignéville (Vosges), a été célébré, le 14 octobre, le mariage de M. Boudot, 73 ans, avec Mme Vouaux, 66 ans. Or, la fille de Mme Vouaux. 45 ans, s’était mariée le 5 avril, et sa petite-fille, 25 ans, avait contracté mariage le 14 janvier. Le registre des mariages de Mignéville va donc porter, dans la même année, les noms de la petite fille, de la mère et de la grand’mère. Les deux nouveaux conjoints, veufs l’un et l’autre, comptaient déjà chacun quarante-huit ans de mariage.


  • 18 août 1923
    L’Echo de Paris

Secteur de Lunéville. - Translation, dans le cimetière national de Reillon, des corps des militaires inhumés dans le cimetière militaire de Bénaménil.


  • 20 novembre 1923
    Le Temps

Au sujet de notre chronique intitulée En-Lorraine », et parue dans le numéro du 30 octobre, M. Désenclos, architecte de l’église de Reillon,-s’est ému d’une phrase à laquelle il attribue un sens; tout à fait contraire à notre pensée. Nous avions écrit,; « On prétend que M. Désenclos, à Reillon s’en est inspiré (de l’église de Gondrexon)».-Nous avions si peu entendu dire par là que. M. Désenclos avait copié l’église de Gondrexon, que, plus loin, nous ajoutions : « Ce sont là des pensées qui peuvent venir à plusieurs artistes, sur un programme identique, et il ne faut pas s'abandonner au délire de la personnalité. »


  • 20 mai 1924
    La Croix

Constitution des cimetières nationaux
Programme des travaux qui seront effectués par le service de l’état civil militaire dans la première quinzaine du mois de Juin 1924. [...]
Secteur de Baccarat à Lunéville. - Aménagement du cimetière national de Reillon (déplacement de tombes identifiées et mise en ossuaire des inconnus) ; translation dans cette nécropole des cimetières militaires de Laneuveville-aux-Bois ; de La Grande-Taille, commune de Laneuveville-aux-Bois, et du cimetière militaire nouveau de Reillon.
Ouverture des fosses communes situées dans les cimetières communaux de Reherrey et Blémerey.


  • 23 juin 1924
    Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire

Secteur de Baccarat Lunéville. - Translation dans le cimetière national de Reillon des corps des militaires français inconnus inhumés dans les cimetières communaux de Gélacourt, Herbéviller, Domjevin, Benaménil et Igney. Déplacement des sépultures militaires situées dans le cimetière communal désaffecté de Manonviller. Aménagement du cimetière national de Courbesseaux. (déplacement, de tombes identifiées et mise en ossuaire des inconnus) : translation dans
cette nécropole du cimetière militaire de Drouville.
Les familles avant des parents inhumés dans les cimetières désignés ci-dessus et qui désireraient être fixées sur la date du déplacement, de la tombe de leur parent, auraient à s’adresser à l’officier chef du secteur d’état-civil intéressé.
Il demeure entendu que les corps des militaires qui, identifiés depuis moins de trois mois, ont été réclamés par les familles, ne seront pas déplacés, en attendant le transfert aux frais de l’Etat.


  • 18 septembre 1924
    Le Gaulois

Les accidents de la route
Nancy. M. Dulché, marchand de bestiaux à Herbéviller, traversait Varangéville en automobile, lorsqu'il s'est trouvé soudain à quelques mètres du jeune Charles Rublot, âgé de neuf ans, qui jouait au cerceau au milieu de la rue. M. Dulché n'a pu éviter l'enfant, qui a été renversé et tué.


  • 1er décembre 1924
    L'Echo de Paris

Saint Nicolas
C'est le 6 décembre 1915 que la Saint-Nicolas fut célébrée en Lorraine d'une façon apparemment unique dans les annales de cette jolie et joyeuse fête.
Le régiment qui; protégeant Lunéville, occupait alors les tranchées en avant du village de Reillon était commandé par un grand diable de Lorrain, magnifique entraîneur d'hommes, un original, certes, un casse-cou, bref ce que l'on peut appeler un « type pas ordinaire », si l'on veut bien remarquer et ajouter que c'est la caractéristique des héros d'être précisément des types pas ordinaires...
Et il avait imaginé ceci.
Sur une énorme toile blanche, tendue comme un décor de théâtre, il avait fait dessiner par un artiste du régiment,- il y avait de tout, vous savez bien, dans les régiments; même des artistes, : celui-ci d'ailleurs et par surcroît était dans le civil un prêtre, - le colonel avait fait dessiner un saint Nicolas gigantesque.
Le soir du 5 décembre, dans la nuit noire, le décor fut transporté jusqu'aux tranchées de première ligne ; et à minuit, un projecteur installé derrière la toile brusquement dressée éclaira tout à coup, en ombre chinoise, l'effigie du saint face aux Allemands...
Les Allemands étaient là, en effet, à moins de cent mètres.
Mais ils furent tellement étonnés par cette apparition singulière qu'ils ne songèrent même pas à- « réagir »...
Pas une balle, pas un obus, ne vint troubler la cérémonie.
C'est sans doute aussi que la protection de saint Nicolas, patron des garçons, s'étendait sur les bons, les vaillants garçons qui avaient tenu à l'emmener-bénir, de ses trois doigts levés comme dans toutes ses statues et sur toutes ses images, bénir cette terre de Lorraine qu'ils voulaient reprendre et garder...


  • 19 mars 1925
    Le Gaulois

De Leintrey : Deux jeunes gens revenaient de leur travail ; en passant à travers champs, ils aperçurent une torpille, l'examinèrent, la déplacèrent et jetèrent des pierres. La torpille fit explosion. Un des jeunes gens, Charles Riche, atteint par des éclats, a succombé.


  • 21 août 1926
    Le Matin

La grande misère de nos cimetières militaires
De grands noms qui s'effacent sur des croix de bois
Nous avons signalé, hier, la grande détresse des cimetières militaires français en Belgique.
Il nous faut malheureusement revenir sur une négligence sacrilège qui ne doit pas durer.
Si le Matin a déjà intercédé, l'an dernier, en faveur du cimetière Saint-Charles, près d'Ypres et de l'ossuaire du Kemmel, où quelque effort a été fait, il avait aussi dénoncé le lamentable abandon, entre Vého et Leintrey, des deux entonnoirs de trente-cinq mètres de circonférence creusés par les mines allemandes et où dorment les 150; hommes du 162e d'infanterie que commandait le lieutenant Georges Lévy dans la nuit du 10 au 11 juillet 1916. Là encore, notre appel a été entendu, mais si l'autorité militaire a fait tracer un soupçon de chemin d'accès et déblayer, quelques réseaux de barbelés, on s'étonne qu'une modeste pierre n'ait pas encore été substituée à l'écriteau sommaire qui commémore l'hécatombe.


  • 7 novembre 1927
    Le Matin

Les passages à niveau dangereux
NANCY, 6 novembre. - Un employé des ponts et chaussées. M. Martin Steinmann, âgé de 57 ans, demeurant à Lunéville, se rendait à bicyclette à Vého, lorsque, arrivé au passage à niveau de la ligne de Lunéville à Badonviller, entre Croismare et Marainviller, il alla, par suite du brouillard, buter contre le train qui passait à ce moment. Le malheureux a été tué sur le coup.


  • 17 novembre 1927
    Le Petit Troyen

A Vého (Meurthe-et-Moselle). un enfant de six ans, qui Jouait avec une fusée d’obus, la laisse tomber sur le sol, où elle fait explosion. Le malheureux est tué sur le coup.


  • 20 décembre 1927
    Le Matin

MEURTHE-ET-MOSELLE.
Veho. Un obus oublié chauffé par un feu de bûcheron éclate. M. Veltin est tué, son frère et deux camarades blessés.


  • 24 août 1929
    Le Matin

ANNIVERSAIRES PATRIOTIQUES
Un monument sera inauguré à Reillon
Nancy; 23 août. Téléph. Matin
Un monument commémoratif élevé à la gloire des officiers, sous-officiers et soldats du 223e régiment d'infanterie, morts au champ d'honneur sur le front de Lorraine, sera solennellement inauguré, dimanche, dans le cimetière national de Reillon à l'intersection des routes de Blémerey et de Gondrexon.
Le service funèbre sera célébré par l'abbé Lestiévant, ancien capitaine du 223e R. I.


  • 25 août 1929
    Comoedia

INAUGURATION DE DEUX MONUMENTS
Un monument commémoratif élevé à la gloire des officiers, sous-officiers et soldats du 223e régiment d'infanterie, morts au champ d'honneur sur le front de Lorraine, sera solennellement inauguré aujourd'hui, dans le cimetière national de Reillon (Meurthe-et-Moselle), à l'intersection des routes de Blémerey et de Gondrexon.
Le service funèbre sera célébré par l'abbé Lestiévant, ancien capitaine du 223e R.I.


  • 27 août 1929
    Le Phare de la Loire

Un pèlerinage au champ de bataille
Nancy. 26 août. - Une délégation de deux cent cinquante anciens combattants et des veuves et orphelins du 223e R I., ayant à sa tête le colonel Grollmund, du 152 e R. I.; MM. Henri Villard, de Bourg, président; Pernot, vice-président de la Chambre des Députés, ancien sergent au 223e R.I., dont les membres sont venus spécialement de Bourg, de Lyon et de Besançon, est arrivée, pour visiter les environs de Lunéville où le 223e R. I. a séjourné et combattu en 1914, 15 et 16.
Après être allés samedi à Mehoncourt, déposer une palme sur le monument élevé à l’endroit où fut tué, le 25 août 1914, ie lieutenant Pierre Goujon, député de Belley, les pèlerins ont assisté, samedi soir, à Lunéville, à une manifestation musicale organisée en leur honneur par les sociétés locales.
Dimanche, la caravane a parcouru l’ancien secteur de Reillon, Veho, Donjevin, Doret, Deparroy, et assisté à l’inauguration d’un monument élevé à Reillon, à la mémoire des anciens combattants du 223e R I. tombés au champ d’honneur.
L’accueil des populations lorraines a été remarquablement chaleureux et émouvant.


  • 15 février 1930
    Excelsior

DÉCORÉ A 103 ANS
M. JOSEPH ZALESKI, QUI VIENT D'ÊTRE NOMMÉ CHEVALIER DE LA LÉGION D’HONNEUR.
Agé de cent trois ans, M. Joseph Zaleski, ouvrier agricole à Migneville (Meurthe-et-Moselle), figure comme chevalier de la Légion d'honneur dans la promotion du ministère de l'Agriculture.
Il est entré à l'âge de dix ans dans la culture comme domestique de ferme et depuis quatre-vingt-treize ans il est resté attaché à son village, où il travaille encore actuellement avec ses petits-enfants.


  • 16 juin 1930
    L'Ouest-Eclair

Un centenaire, M. Zalesky, qui cultive depuis soixante ans la même ferme, à Migneville, vient d'être décoré de la Légion d'honneur.


  • 17 juin 1930
    The Chicago tribune

FARMER, 104, GIVEN HONOR LEGION CROSS
LUNEVILLE, June 16.-The little town of Migneville was in holiday attire today as "Papa" Zaleski, a Lorraine peasant, aged 104, was decorated with the cross of the Legion of Honor for his long service as a farmer. At the same time that the sturdy old peasant was honored, his nephew, Georges, was decorated for his services during the War.
"Papa" Zaleski will soon celebrate his 105t,h birthday. He has been working the soil for 94 years and he has not yet retired. Every morning, he accompanies his grandchildren into the fields to help them with their labors.


  • 6 janvier 1931
    Le Petit Journal

Nancy, 5 janv. - M. Joseph Zaleski, qui était le doyen de la Lorraine, vient de mourir à Migneville à l'âgé de 105 ans.


  • 20 mars 1931
    L'Univers israélite

A Lunéville
Il vient de se constituer, à Lunéville, un comité destiné à organiser, en liaison étroite avec celui de Paris, les manifestations importantes qui se préparent pour le mois de juin prochain à Lunéville, Vého et Emberménil, en l’honneur de l’abbé Grégoire.
Une de ses premières décisions comporte l’invitation à toutes les communautés de Lorraine et d’Alsace de se faire représenter aux cérémonies prochaines, afin que les Juifs puissent témoigner leur reconnaissance à leur bienfaiteur.
Désireux de pouvoir organiser dignement la réception des nombreuses délégations attendues, le comité lance une souscription qui servira également à l’apposition d’une plaque commémorative sur lia maison natale de l’abbé Grégoire.
On peut adresser les fonds dès maintenant à notre collaborateur M. Paul Lang, secrétaire général du comité, 19, place du Château, Lunéville (chèques postaux Nancy, 31-15).
Voici la composition du comité :
Présidents d’honneur : MM. Edouard Fenal, maire de Lunéville, et Georges Mazerand, député de Meurthe-et-Moselle ;
Président : M. Gaspard, ingénieur du service vicinal, adjoint au maire de Lunéville ;
Vice-présidents : MM. Legendre, commissaire spécial honoraire, et Fleurent, négociant en
bois, adjoints au maire ;
Secrétaire général : M. Paul Lang, représentant ;
Secrétaire : M. Riquet, chef de bureau à la mairie ;
Trésorier : Me Marie, notaire ;
Membres du bureau : MM. le docteur Hanriot, conseiller général ; Adrien Valentin, industriel, conseiller d’arrondissement ; Alison, maire d’Emberménil ; Humbert, maire de Vaucourt ; Gérardin Aimé, adjoint au maire de Vého ; Coulon, inspecteur de l’Enseignement primaire ; Fernand Rousselot, (président de l’Association de la Presse nancéienne, rédacteur à l’ « Est Républicain » ; Henrard, rédacteur à l’« Indépendant de Lunéville » ; Etienne, professeur d’histoire au collège, conservateur de la bibliothèque municipale ; Jacquot, directeur d’école honoraire, bibliothécaire adjoint ; Claude, professeur de lettres au collège ; Provost, architecte, conseiller municipal ; Julien Risse, directeur d’entreprises, conseiller municipal ; André Kahn, industriel ; Dubourvieux, secrétaire général des Sociétés de Gymnastique de l’Est; Cuny-Mangin, marbrier, petit-cousin de l’abbé Grégoire.


  • 9 avril 1931
    L’Homme libre

DEPLACEMENT DE TOMBES MILITAIRES DANS LES CIMETIERES COMMUNAUX
Des transferts de tombes militaires seront effectués aux dates ci-après :
[...] Les 7, 8 et 9 avril 1931.
Transfert dans la nécropole nationale de Reillon (Meurthe-et-Moselle) de 23 tombes militaires, situées dans le cimetière communal de Croismare.


  • 27 juin 1939
    Le Matin

Le geste touchant des petits écoliers lorrains et la gentille réponse du président Daladier
NANCY, 26 juin. Téléph. Matin. Dans un geste touchant, les élèves de l'école primaire de Leintrey, petite village de Meurthe-et-Moselle, durement éprouvé par la guerre, avaient adressé au Président Edouard Daladier, ministre de la défense nationale, une lettre qui contenait cent francs., provenant de la coopérative scolaire, pour aider à l'achat d'un avion.
Voici la gentille réponse que le chef du gouvernement vient d'envoyer aux petits écoliers lorrains:
J'ai bien reçu votre lettre et les cent francs que, tous ensemble, vous m'avez adressés, pour m'aider à acheter un avion.
J'ai été très touché du geste que vous a dicté votre grand amour de la France. Je vous en félicite et vous remercie de votre don généreux. Les témoignages du fervent patriotisme des enfants de notre chère Lorraine, me sont particulièrement précieux.
J'ai fait transmettre ces cent francs à la Caisse autonome de la défense nationale, comme contribution à l'achat d'un avion, qui portera le nom de votre belle province.
Je vous adresse, mes chers petits amis, mes meilleures pensées.
Edouard Daladier.


  • 8 mai 1940
    Marianne

PLUSIEURS lecteurs ayant constaté ma parfaite indifférence devant certains récits d'ordre héroïque et lacrymogène, inventés ou romancés par d'ingénieux spécialistes, me reprochent ma « révoltante insensibilité ».
D'autres, prenant texte de mes réactions violentes devant certains actes de barbarie, généralement commis contre des enfants, reprennent à mon intention certaine raillerie dont Henri Rochefort abusait à l'égard de Séverine. Il l'appelait : Notre-Dame de la Larme à l'œil.
Or, je ne pleure pas. J'enrage !
Je vais très objectivement, sans indignation superflue, vous soumettre ce petit entrefilet ressortissant à la chronique judiciaire :
« A Nancy, à la prison,
Mme Gadat, trente-quatre ans, cultivatrice à Leintrey, arrêtée pour avoir enterré clandestinement son huitième enfant, s'est étranglée dans sa cellule. »
Je vous prie de bien vouloir remarquer qu'on n'accusait la défunte d'aucun crime. Elle n'a pas tué son huitième enfant ; elle ne lui a pas infligé de mauvais traitements. D'après le texte qui précède, on lui reprochait seulement, le bébé n'ayant pas survécu (et c'était peut-être le meilleur parti qu'il avait à prendre, le monde étant ce qu'il est aujourd'hui) de l'avoir inhumé dans la plus stricte intimité, sans passer par l'église ni par les pompes funèbres.
Elle s'était dit, sans doute :
« Encore des démarches ! Encore des frais ! Et, surtout, encore du temps perdu. J'ai assez à faire chez moi avec mes sept aînés, et je suis bien capable, toute seule, d'enterrer ce pauvre petit. Je n'enverrai pas de lettres de faire-part. Je ne dirai rien à personne. »
Le magistrat chargé de l'affaire n'a pas cru devoir accorder le bénéfice de la liberté provisoire à Mme Gadat, c'est-à-dire la maintenir comme indispensable à son foyer.
Maintenant, voici quelques questions indiscrètes, auxquelles il est assez difficile de répondre sans offenser la morale conventionnelle et l'ordre social.
Qui a donc a soigné les sept enfants survivants de Mme Gadat (le huitième étant hors de cause et hors d'affaire) pendant que leur maman était en prison ?
Qui donc va les soigner maintenant que la maman, mise (elle aussi) hors de cause et hors d'affaire, a été enterrée (elle aussi) sans les sacrements de l'Eglise?
N'y a-t-il pas quelqu'un qui, à la suite de ce dénouement, aura un sommeil peuplé de cauchemars, formes nocturnes et cinématographiques du remords ?
Les sept petits abandonnés ne vont-ils pas, comme ceux du bûcheron et de la bûcheronne, errer dans la forêt à la recherche du palais de l'ogre ?
Mais c'est seulement dans les contes de fées que l'histoire finit bien.
Au fait, il n'est pas affirmé, dans l'avis publié au sujet du décès de Mme Gadat, cultivatrice, que ses sept aînés soient encore vivants. Espérons qu'il n'en reste pas énormément, qu'il en reste le moins possible !
Parce que ceux qui restent ont la perspective d'une joyeuse existence.
A l'école, les autres petits d'hommes les montreront du doigt. Plus tard, des justiciers à retardement chuchoteront sur leur passage :
-Leur mère s'est étranglée dans sa prison !
La vie est belle. Les hommes sont bons. Nous n'avons aucune raison de nous en faire.
Vous voyez bien qu'une fois de plus je fais montre de la plus révoltante insensibilité !
G. de La Fouchardière.


  • 24 mai 1943
    Le Petit courrier

Une fille charmante ! Aidée par son amant elle étrangle sa mère et enterre le cadavre dans un champ.
Nancy, 23. - Un crime particulièrement odieux vient d'être commis a Xousse (Meurthe-et-Moselle). Mme veuve Rentenauer, 37 ans, mère de trois enfants, a été assassinée par sa fille aînée, Marguerite. 17 ans, avec la complicité de son amant Auguste Levang, domestique à la ferme de la victime.
Tandis que Mme Rentenauer était occupée à traire une vache, Levang lui passa une corde autour du cou et tira violemment réduisant sa victime au silence. C’est alors que la fille intervint, elle se jeta sur sa mère lui immobilisant bras et jambes.
Lorsque la victime eut cessé de vivre, les assassins cachèrent le cadavre sous la paille de l’étable puis, la nuit venue, ils allèrent l’enterrer dans un champ à 1.800 mètres de la ferme.
Les assassins se sont emparés de 29.000 francs montant des économies de la victime. Ils ont été écroués à la prison de Nancy.


  • 26 octobre 1943
    La France de Bordeaux et du Sud Ouest

Une parricide et son amant sont condamnés à mort
Nancy, 25 octobre, - Lundi ont comparu devant la Cour d'assises de Meurthe-et-Moselle Auguste Levang, 24 ans et sa maîtresse, Marguerite Reutenauer, 18 ans, qui, le 15 mai dernier, tuèrent Mme Reutenauer. mère de l’accusée, cultivatrice à Xousse, sous prétexte qu’elle s’opposait à leur mariage.
Levang. domestique chez Mme Reutenauer, avait, alors qu’elle était occupée à traire une vache, passé une corde au cou de la fermière et l'avait étranglée pendant que sa maîtresse se jetait sur elle pour lui immobiliser les bras et les Jambes.
Les deux. complices, après avoir dissimulé le cadavre sous la paille de l’étable, s’emparèrent des économies de la victime, 29.000 francs environ et, la nuit venue, allèrent enterrer le corps dans un bois, A 1 800 mètres de la ferme.
Après une courte délibération, le Jury a rapporté un verdict de culpabilité et les deux criminels ont été condamnés à la peine de mort.


  • 15 novembre 1944
    L'Echo d'Alger

COMMUNIQUE DU G.Q.G. DES FORCES EXPEDITIONNAIRES ALLIEES
Les forces alliées ont continué à avancer, hier, au nord et au sud de Metz.
[...]
Des gains de terrain d'environ 3 km. 500 ont été réalisés dans le secteur situé à l'est de Lunéville. En dépit d'une forte résistance et de difficultés dues à la neige, Leintrey a été libéré. Plus au sud, le village de Montigny a été pris.
Au sud-est de Baccarat, une contre-attaque ennemie a été brisée par notre artillerie qui a fait subir de lourdes pertes aux Allemands.


  • 5 novembre 1946
    L’Aube.

L’abbé PIERRE et ROBERT SCHUMAN EN LORRAINE
Jusqu'à présent, le parti communiste. obéissant sans doute à des ordres précis, s’était gardé visiblement d’attaquer de front le M.R.P.
Aujourd’hui, le contre-ordre logique est intervenu. Les candidats communistes mènent autour de notre Mouvement, une sorte de danse du scalp qui laisse d'ailleurs indifférent l’abbé Pierre et ses compagnons.
On ne présente pas l’abbé Pierre, alias Henri Grouès. C’est l'un de ces prêtres héroïques qui refusa de se soumettre aux hérésies de l’ordre nouveau Fondateur, en mars 1943. de maquis en Chartreuse et dans le Vercors, adjoint à l'état-major F.F.I. de la région, deux fois arrêté et deux fois évadé, il est titulaire de la médaille de la Résistance et de la croix de guerre.
Son second de liste est Alexandre Gaspary, ouvrier de 37 ans, père de sept enfants, fondateur de syndicats dans le Pays Haut. Robert Goetz, qui vient ensuite, est professeur. François Houlllon, cultivateur, maire de Verdenal ; Philippe Legendre, père de six enfants, est chef d’exploitation, et Lucien Gouverneur, commerçant. Telle est la liste M.R.P. que l’abbé Pierre mènera dimanche à sa juste victoire.

M. le député dit sa messe
Pour l’instant, l’abbé Pierre, qu’on attend à la permanence, est absent. Il est rentré cette nuit, vers les deux heures, de Pagny-sur-Moselle. Le président de la Fédération ira donc le chercher chez lui. Je suis du voyage.
Nous montons, et, dans une pièce sans meubles qu’orne seulement un tableau de Jeanne d’Arc, sur la cheminée qui lui sert d’autel, M. l’abbé Pierre, député de Nancy, dit sa messe.
Une fois celle-ci terminée, après un très bref déjeuner, nous partons pour Messein où doit se tenir la première des douze réunions de la journée.
L'abbé Pierre entre tout de suite dans le vif de son sujet. C’est pour constater d'abord que, de plus en plus, l’heure est aux grands courants d’opinions. Ainsi, en Meurthe-et-Moselle, lors des premières consul tations, il y avait six listes en présence. Pour la seconde consultation, il n’y en avait plus que cinq. Cette fois-ci, il ne s'en trouve que quatre, dont le P.R.L.
- Ah, ce P.R.L. ! s’écrie l’abbé Pierre, mais, s’il n’existait pas, il faudrait l’inventer !
En vingt minutes, cet étonnant orateur populaire, qui sait d’instinct les mots dans lesquels le peuple se reconnaît a fait le tour des principaux problèmes politiques actuels.
- Je sais bien, conclut-il, que nous sommes des « rouspéteurs », des « cabochards » ; mais le Français est un peuple avec lequel on ne fait de « boulot » que lorsque le cœur y est et qu’on peut se regarder les yeux dans les yeux.
...Et douze fois, en ce dimanche il ira porter la bonne et franche parole attendue.


  • 22 mai 1947
    Journal officiel de la République française

Communes sinistrées tenues d’avoir un projet de reconstruction.
Par arrêtée en date du 25 avril 1947 pris en application de la loi d’urbanisme provisoirement applicable du 15 juin 1943, les communes de Leintrey (Meurthe-et-Moselle) et Ebermunster (Bas-Rhin) ont été déclarées communes sinistrées.
Des projets de reconstruction seront élablis dans ces communes, dans les conditions fixées par la loi validée du 11 octobre 1940-12 juillet 1941 relative à la reconstruction, des immeubles d’habitation partiellement ou totalement détruite par suite d’actes de guerre, et par le décret du 21 juin 1945, modifié le 23 mars 1946, relatif aux projets de reconstruction et d’aménagement des communes sinistrées.
 


  • 5 juillet 1949
    Combat

Dilatation anormale des rails
LE STRASBOURG -PARIS
DÉRAILLE EN PLEINE VITESSE
6 morts - 50 blessés
NANCY, 4 juillet. - Le rapide Strasbourg-Paris a déraillé aujourd'hui, à 13 h. 10, à environ 200 mètres de la gare d’Embermenil (Meurthe-et-Moselle). Le wagon-restaurant et celui qui le suivait, qui étaient respectivement en troisième et quatrième position, ont été couchés suivant un angle de 45°. Une rupture d’attelage se produisit alors et le cinquième wagon (3e classe), arraché de ses bougies et projeté sur le côté, glissa par la vitesse acquise, se couchant sur les rails de la voie parallèle, où il se rabota littéralement sur une centaine de mètres.
C'est des débris de cette voiture que l’on retira les restes absolument méconnaissables des morts, que l’on estime être six. Il n’est pas encore possible, toutefois, d’avancer un chiffre définitif, les travaux de déblayement n’étant pas encore terminés.
PENDANT UN KILOMETRE
Les autres wagons se sont couchés sur place et quelques-uns de leurs occupants ont été blessés. La locomotive du rapide a continué de rouler pendant environ un kilomètre, entraînant à sa suite les wagons qui étaient restés dans leur position normale.
On compte entre 40 et 50 blessés, dont certains grièvement. Les trois postiers ambulants sont parmi les blessés.
L’accident parait dû à une dilatation des rails causée par la chaleur caniculaire. Le mécanicien du convoi a déclaré, en effet, qu'en abordant une courbe à environ 110 km. à l’heure, il sentit que le rail offrait une résistance insolite. Il renversa la vapeur, mais il était trop tard pour éviter la catastrophe.
Sur une centaine de mètres, on a recueilli des débris ensanglantés dont l’identification est actuellement impossible, et qui ont été transportés dans l’église du village.
La locomotive et les deux wagons indemnes dans lesquels ont pris place presque tous les rescapés de l’accident sont repartis vers Paris.


  • 5 juillet 1949
    L'Humanité

A 17 KILOMETRES DE LUNËVILLE
Un wagon « raboté » dans le déraillement du Strasbourg-Paris
On comptait hier soir 6 MORTS et 40 BLESSES
LE SANG-FROID DU MECANICIEN EVITE UNE CATASTROPHE PLUS GRAVE
NANCY, 4 juillet (correspond. « Humanité »). - A 12 h. 40, le rapide Strasbourg-Paris a déraillé à environ 200 mètres de la petite gare d’Emberménil, située à 17 kilomètres de Lunéville. L’accident a fait six morts et quarante blessés, dont une dizaine sont dans un état grave.
Le train avait quitté Strasbourg à 11 h. 27 et devait arriver à Lunéville à 12 h. 59. Peu après avoir passé la gare d’Avricourt, au moment où le convoi, qui marchait à 110 kilomètres à l’heure, abordait une courbe, le mécanicien sentit une résistance. Il freina, évitant ainsi, grâce à son sang-froid, une plus terrible catastrophe.
Le wagon-restaurant-et celui qui le suivait, qui étaient respectivement en troisème et quatrième position, ont été couchés suivant un angle de 45 degrés. Une rupture d’attelage se produisit alors et le cinquième wagon, arraché de ses bougies et projeté sur le côté glissa par la vitesse acquise, se couchant sur les rails de la voie parallèle où il se rabota littéralement sur une centaine de mètres.
Les voyageurs furent projetés dans le couloir et, passant à travers les fenêtres, écrasés entré les rails et la voiture.
Les autres wagons se-sont couchés sur place et quelques-uns de leurs occupants ont été blessés.
La locomotive du rapide a continué à rouler pendant environ un kilomètre, entraînant à sa suite les wagons qui étaient restés dans leur position normale.
Parmi les blessés se trouvent les trois postiers ambulants.


  • 5 juillet 1949
    L'Intransigeant

Un très grave accident de chemin de fer s’est produit à 12 h. 40, sur le réseau Est, entre les gares d’Avricourt et d’Emberménil, près de Lunéville.
C’est le rapide qui quitte Strasbourg à 11 h. 27 pour arriver à Paris à 18 h. 5 qui a déraillé à cet endroit, à la suite de circonstances qui n’ont pu être encore établies.
D’après les premiers renseignements parvenus à la direction de la S.N.C.F., on compterait une vingtaine de victimes, toutes très grièvement atteintes. Mais, malheureusement, on ignore encore le nombre des décès qui se chiffrerait, d’ores et déjà, à sept.
Deux wagons pulvérisés
C'est, semble-t-il, à le suite d'un déraillement qu'un wagon du rapide est sorti des rails et a été presque pulvérisé. Un deuxième véhicule a été très endommagé. On ne saurait dire, actuellement, s'il y a encore des victimes sous les restes des wagons sinistrés.
Les gendarmeries de Lunéville, Blâmont, etc., et le personnel technique des gares de Strasbourg et Nancy sont sur les lieux. Des voitures réquisitionnées effectuent le transport des victimes dans les hôpitaux de la région. Les deux voies sont obstruées et le trafic détourné.


  • 6 juillet 1949
    La Croix

Le déraillement du rapide Strasbourg-Paris
Grièvement blessé le contrôleur du train alla jusqu' la gare d Emberménil pour donner l’alarme.
Une nouvelle victime du déraillement de Strasbourg-Paris est décédée lundi soir, à l’hôpital de Lunéville.
Ce décès porte donc à six le nombre des morts de cet accident.
Comme dans chaque accident de ce genre, on a relevé des actes de courage et de conscience professionnelle dignes d'être soulignés.
Ce fut d’abord ce contrôleur qui, l’avant-bras à demi arrachée, se dégagea des wagons bouleversés pour courir, tenant son poignet mort de sa main valide, à la gare prévenir et appeler à l’aide. Dans son dos, une grosse plaque blanche et sanguinolente était collée : une cervelle humaine.
Ce fut aussi l'attitude des ambulants du wagon postal, qui, blessés, se refusèrent de se laisser emmener par les sauveteurs : ils ne voulaient pas abandonner-le courrier.
Il fallut qu’un médecin fasse violence au chef convoyeur pour qu'il se laissât transporter par les brancardiers. Encore fallut-il qu’il fût assuré qu'une garde vigilante serait montée auprès des sacs postaux pour s’abandonner aux soins que nécessitait son état.
Des techniciens de la S. N. C. F. se sont mis aussitôt au travail pour tenter d’établir les causes de cet accident. Si on incrimine la chaleur qui aurait dilaté les rails et aurait provoqué leur écartement, des observateurs ont remarqué dans la courbe que le rapide aborda à 110 kilomètres à l'heure des traverses en mauvais état marquées d’une croix blanche, pour être remplacées. L’enquête dira alors si là réside la cause du déraillement. Un fait certain, les wagons métalliques ont, prouvé leur solidité, aucun ne s’est écrasé.


  • 6 juillet 1949
    L’Intransigeant

A Emberménil, au même endroit...
NOUVEAU DERAILLEMENT d'un rapide Strasbourg Paris
Trois wagons sortent des rails : pas de victimes
De notre envoyé spéculos Paul PELOT.
EMBERMENIL, 5 juillet.
ALORS que se poursuivaient cette nuit a une heure, les travaux de dégagement des wagons du Strasbourg-Paris déraillé hier prés de la gare d’Emberménil, le rapide n° 18, qui avait quitté Strasbourg à 23 heures et qui empruntait la voie libre, a lui aussi déraillé exactement au même endroit.
L’enquête sur le premier accident piétine...
Les boogies du cinquième wagon se mirent en travers des voies, entraînant la sortie des rails de trois voitures. Le train roulant au pas, il n'y eut que quelques contusions sans gravité parmi les voyageurs.
Les trois voitures déraillées ont du être abandonnées sur place, cependant que les voyageurs continuaient leur route vers Nancy à bord des voitures de tête.
Notons, en passant, que beaucoup parmi eux se rendaient à Lunéville, au chevet des blessés de l’accident de la veille.
Ce deuxième déraillement survenus cette fois en pleine nuit parait bien confirmer la thèse selon laquelle, ainsi qu'on le verra plus loin, la chaleur n’est pas seule responsable de l’accident qui a coûté la vie à six personnes. Ii s agirait plutôt d une défectuosité de la voie.

L’enquête sur le premier accident piétine...
Une jeune fille a succombé, dans la soirée d'hier, à l'hôpital de Lunéville. Elle avait 20 ans ; elle était la fille du colonel Jeanjean. commandant de la place de Sarrebourg Ce décès porte à six le nombre des morts de l’accident du Strasbourg-Paris.
Pendant ce temps, dans la cabane en planches qui tient lieu d'eglise, à Emberménil, village détruit au cours de la dernière guerre, comme il l’avait été en 1914-1918, des mains pieuses plaçaient dans cinq cercueils des débris humains informes, broyés, laminés, déchiquetés.
Combien ces membres épars représentent-ils de cadavres ? apparemment cinq : quatre femmes et un homme.
Cette nuit, on a réussi à identifier deux des cadavres mutilés.
Une vieille demoiselle de 52 ans, Mlle Mariette Sustraut, demeurant 52, rue du Champ-de-Mars, A Paris et une jeune fille de 18 ans, Mlle Katz Silas. de Strasbourg Pour identifier les trois autres, il faudra se contenter de quelques maigres indices.
Celle femme âgée de 65 A 70 ans de mise modeste porte encore au cou une médaille a l'effigie de Pie XI et un scapulaire. On a retrouvé a ses côtés un fascicule du congrès eucharistique en langue allemande, sans doute se rendait-elle à congrès
Une autre femme ne pourra être reconnue que par son alliance en platine sertie de pierres précieuse. Une aussi, par le fait qu'elle était enceinte
Le cinquième corps est celui d'un homme.
A un doigt, une chevalière aux Initiales F W ou J M. on ne sait pas exactement, car la bague est écrasée.
A tout instant, un soldat ou un employé de chemins de fer apporte, dans un morceau de papier, un lambeau de chair : une main de femme gantée une parcelle de vêtement qui servira peut-être tout à l'heure, à des gens en larmes, a reconnaître un des leurs.

L’enquête
A l'hôpital de Lunéville, à celui de Sarrebourg des blessés souffrent et geignent. Toute la soirée, toute la nuit, les médecins, les chirurgiens. !es Infirmiers, les religieuses se sont dépensés. Certains blessés ne seront sauvés qu’à grand peine.
Cependant ce matin le directeur de l'hôpital de Lunéville nous a dit lui-même que !a plupart des blessé étaient dans un état relativement satisfaisant.
Comment l’accident s’est-il produit ?
Les techniciens de la S.N.C.F. sont très discrets sur ce sujet. Généralement on incrimine la chaleur qui aurait dilaté les rails et aurait pratiqué leur écartement mais nous avons remarqué nous même dans la courbe que le rapide aborda à 110 à l’heure des traverses marquées d'une croix blanche qui Indique qu'elles étaient à remplacer
L'enquête dira sans doute, si là réside la cause de l'accident.
Un fait est certain : les wagons métalliques ont résisté au choc, aucun ne s'est écrasé.
Comme dans chaque accident de ce genre on a relevé des actes de courage et de conscience professionnelle dignes d’être soulignés.
Ce fut d’abord ce contrôleur qui, l’avant-bras à demi arrachée, se dégagea des wagons bouleversés pour courir, tenant son poignet mort de sa main valide, à la gare prévenir et appeler à l’aide. Dans son dos, une grosse plaque blanche et sanguinolente était collée : une cervelle humaine.
Ce fut aussi l'attitude des ambulants du wagon postal, qui, blessés, refusèrent de se laisser emmener par les sauveteurs : ils ne voulaient pas abandonner-le courrier...
Il fallut qu’un médecin fasse violence au chef convoyeur pour qu'il se laissât transporter par les brancardiers. Encore fallut-il qu’il fût assuré qu'une garde vigilante serait montée auprès des sacs postaux pour s’abandonner aux soins que nécessitait son état.

Une interpellation
M Kriegel-Valrimont, député communiste de la Meurthe-et Moselle, va interpeller sur l'accident du Strasbourg-Paris.


  • 8 juillet 1949
    L’Intransigeant

LA SIXIEME VICTIME DE L’ACCIDENT DU STRASBOURG-PARIS EST IDENTIFIEE
NANCY. 7 juillet (dépêche « Paris-presse-l'lntransigeant ») - La sixième victime de l'accident du Strasbourg-Paris a été identifiée II s'agit d'une vieille demoiselle d’Eibenheim (Bas-Rhin).
Mlle Philomène Schmitt, âgée de soixante six ans, qui se rendait à Nancy pour assister aux cérémonies du congrès eucharistique.
Dans la matinée a eu lieu dans la petite chapelle d'Emberménil la levée du corps de cinq des victimes de l'accident. Quatre des cercueils ont été dirigés sur Strasbourg et le cinquième sur Saumur.


  • 16 juillet 1969
    L'Intransigeant

De Gaulle rend visite à son ancienne gouvernante
Le général et Mme de Gaulle sont allés hier à Frémonville (Meurthe-et-Moselle), rendre visite à Mlle Louise Camaille, l’ex-gouvernante de La Boisserie.
Le maire de cette petite localité de 300 habitants et les jeunes du village se livraient, vers 15 heures, aux jeux organisés sur la place de la mairie par la municipalité lorsque deux voitures s’arrêtèrent devant le domicile de Mlle Camaille.
De la première voiture descendirent, à leur grand étonnement, le général et Mme de Gaulle qui avaient décidé, en ce jour de fête nationale, de rendre visite à leur ancienne gouvernante, retirée depuis deux ans, dans son village natal.
Dans la deuxième voiture avaient pris place un aide de camp et un policier.
Alors que le général se reposait à l’intérieur de la coquette maison, on a pu voir Mme de Gaulle et Mlle Camaille se rendre au jardin pour cueillir des petits pois.
Une heure plus tard, salués par les enfants du village, le général et Mme de Gaulle reprenaient la direction de Colombey-les-deux-Eglises.

 

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