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Joseph Henry Rousselot - Henri Rousselot-Cénay (1862-1944)
 



Joseph Henry Rousselot, né à Blâmont le 7 novembre 1862, est le fils de Marie Louis Jean Baptiste Rousselot et Rose Caroline Rémont.

Après un an de service militaire actif au 6ème bataillon d'artillerie de forteresse au fort de Frouard, il devient voyageur de commerce, et épouse en 1890 Marie Léonie Cénay (Toul, 17 septembre 1872 - Nancy, 30 rue du sergent Blandan, 24 août 1929),
A noter que sa fille Louise Caroline Suzanne (née à Nancy le 27 mars 1893), épousera en 1924, René Scheffler (propriétaire des Grands Moulins de Blâmont).

Il fonde en 1907 le Syndicat des Voyageurs et Représentants de commerce de la région de l'Est, dont il est président jusqu'en 1910.
A partir des années 1910, Henry Rousselot, utilise le nom et l’appellation commerciale de Rousselot-Cénay pour exercer la profession d’épicier en gros, très impliqué dans la vie économique nancéenne (il fera aussi usage de son seul second prénom, en transformant le y du registre d’état civil en i : il est donc parfois difficile de voir en Joseph Rousselot la même personne qu’en Henry Rousselot-Cenay).

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Papier à entête - 1920

C’est ainsi qu’il devient président du Syndicat des Epiciers en gros de Meurthe et Moselle, membre du bureau du Syndicat général de l'Epicerie en gros de France, président de l'Union des Groupements commerciaux de Nancy et du département de Meurthe et Moselle, membre de la Commission régionale d'études relatives au coût de la vie et du Comité économique de Meurthe et Moselle, membre correspondant de la Chambre de Commerce de Nancy, président du Comité des Elections consulaires du département de Meurthe et Moselle, Vice-Président du comité de l'Exposition Nationale de l'Hôtellerie et du Tourisme à Nancy (première forme de la « foire-exposition »)....

Henry Rousselot décède à Nancy (75 avenue Anatole France), le 2 mai 1944.

Officier d'Académie, officier de l'Instruction Publique, il est aussi chevalier de la légion d'honneur par décret du 30 juin 1932 (A noter que son frère cadet, Jean Baptiste Oscar (1870-1914), vétérinaire, avait obtenu la légion d’honneur en 1914).


Est-Républicain - 3 août 1932

M. ROUSSELOT-CENAY
Un autre ruban rouge qui sera très favorablement accueilli, notamment dans les milieux d'affaires, est celui de M. Henri Rousselot-Cenay, notre excellent et estimé concitoyen.
Le nouveau légionnaire est né en 1862, à Blâmont.
Ancien négociant et copropriétaire d'une grande firme alimentaire de Nancy, M. Rousselot-Cenay a consacré une grande partie de son intelligente activité à la chose publique.
En 1907, il fonde le Syndicat des représentants et. voyageurs de commerce de Nancy et de la région de l'Est dont il ne tarde pas à devenir le président.
Dans la suite, il est président, du Syndicat. des épiciers en gros, puis, membre du bureau général de l'épicerie en gros de France,
Il lance ensuite et réalise l'idée de rassembler en une puissante union les groupements commerciaux de Nancy et de Meurthe-et-Moselle.
Ses collègues le placent aussitôt à la tête de cet organisme.
M. Henri Rousselot-Cenay est également membre de la commission régionale d'études du coût de la vie et du comité économique de Meurthe-et-Moselle.
Lors de la première Exposition de Nancy, organisée avec le concours agissant des hôteliers, M. Rousselot-Cenay , en tant que vice-président, donne des preuves nouvelles de ses qualités d'animateur.
Depuis, aux côtés des Savignac, des Godfrin, des Bourret, il prend une part marquée à la réussite de nos grandes manifestations annuelles, en particulier comme président du jury.
M. Henri Rousselot-Cenay est membre-correspondant de la Chambre de Commerce, président du comité des élections consulaires de Meurthe-et-Moselle.
On peut dire que sa haute bienveillance et son besoin d'être utile n'ont cessé de s'exercer au profit de nos œuvres sociales et de philanthropie, comme à celui de toutes les organisations économiques lorraines.
Mais il convient aussi de rendre hommage à la droiture, à la loyauté de son caractère, à la fermeté de ses principes, qui lui ont valu l'estime de tous.
Nous présentons au nouveau chevalier de la Légion d'honneur l'expression de nos meilleures et bien cordiales félicitations.


Est-Républicain - 9 novembre 1932

REMISE DE LA CROIX à M. ROUSSELOT-CENAY
Hier, à 18 heures, a eu lieu, dans la grand salon du restaurant Walter, au milieu d'une foule d'amis, la remise de la croix de la Légion d'honneur à M. Henri Rousselot-Cenay.

Aux côtés du nouveau chevalier, avaient pris place : M. Louis Savignac, son parrain dans l'ordre national ; MM. Emile Roblot, préfet de Meurthe-et-Moselle ; J. Malval, maire de Nancy ; Reiter, premier président de la Cour d'appel; Roux, avocat général; Albert Tourtel, président du conseil général ; Delacour, président du tribunal de commerce ; Robardelle, ancien président ; About,. Delagoutte, Lava, Mathis, juges; Louis Godfrin, Julien Walter, André Bourret, représentant la Société des Expositions de Nancy ; le docteur Schmitt, Charles Marchal, conseillers généraux; Belliénl, Robert Vilgrain, Charles Rennesson, Fayolle, représentant la Chambre de commerce ; Henry Brun, président de la Société Industrielle de l'Est ; Danis et Charles Masson, inspecteurs de l'enseignement technique ; Albert Heymann et Albert Lang, conseillers du commerce extérieur; André Aron, président de l'Union des manufacturiers et négociants en gros de l'Est-; Dérobé, président de la Fédération des commerçants ; Victor Chaize, Albert Nérot, Auberger, Jacques Riston, André Hanus, Didierjean, Eugène Husson, président de l'Union des syndicats de l'alimentation, avec les présidents des groupements corporatifs; Paul Spire, Weill, Bardet, le peintre Blahay, Bouf, Guérineau, etc.
M, Henri Rousselot-Cenay était entouré de sa fille, de son gendre, Mme et M. Scheffler; de sa belle-soeur, Mme Rousselot, de ses neveux, MM. Jules et Eugène Rousselot, et de plusieurs autres membres de sa famille.
Lorsque le champagne pétilla dans les coupes, M. Louis Savignac se leva et prononça l'allocution suivante ;

Allocation de M. Louis Savignac
« Mon cher Ami,
« En me choisissant comme parrain vous avez voulu consacrer l'amitié fraternelle qui nous unit depuis de nombreuses années ; j'en suis très touché et je vous remercie de tout coeur de l'honneur que vous me faites ainsi.
« Après les félicitations chaleureuses que vous avez déjà reçues, je dois souligner que, tous ici, nous attendions impatiemment cette heure pour vous dire notre joie de pouvoir enfin applaudir à la récompense qui vous a été décernée.
« Vous la méritiez à tous égards et parmi les nombreux titres qui parlaient en votre faveur, il est difficile, sinon impossible, de trouver celui qui a retenu l'attention du ministre du Commerce, car chacun a sa valeur propre.
« Issu d'une nombreuse famille, vous vous êtes fait vous-même. Non content de travailler pour vous, vous pensez à vos collègues et c'est ainsi que, voyageur de commerce, vous créez en 1906 le Syndicat des Voyageurs et Représentants de commerce de l'Est, syndicat que vous présidez avec autorité pendant quatre années et auquel, par la suite, vous adjoignez deux sociétés mutualistes.
« Tout vous attire : les questions économiques, politiques et sociales fournissent matière à vos préoccupations et à votre activité.
« Devenu commerçant, vous êtes appelé bientôt par vos collègues comme assesseur au bureau du Syndicat général de l'Epicerie en gros de France. Pendant dix années, vous tenez ce poste avec une conscience dont le président Duhens me faisait, tout dernièrement encore, un éloge particulièrement flatteur.
» Vous créez encore l'Union des Groupements commerciaux de Nancy, réunissant 40 syndicats et associations professionnelles.
« Vous avez ainsi conquis l'estime et forcé l'admiration de vos concitoyens.
« La Chambre de Commerce vous nomme, en 1922, membre correspondant. Vous y siégez encore aujourd'hui.
« Vous êtes appelé à la présidence du comité des élections consulaires, poste de choix qui exige un doigté parfait. Vous vous en acquittez admirablement.
« Le comité de la Chambre des métiers vous fait place en son sein.
« L'Union des Manufacturiers et Négociants en gros du département de Meurthe-et-Moselle vous appelle à la présidence d'honneur.
« M. le recteur de l'Université, qui vous a vu souvent à l'oeuvre et vous a justement apprécié, vous nomme, membre du comité régional des bourses d'enseignement supérieur.
« Enfin vous êtes le président du jury supérieur de notre foire-exposition. C'est le titre officiel qui vous est donné, c'est la fonction que vous remplissez à la satisfaction de tous et ce n'est point, certes, une sinécure : doser les récompenses, entendre les récriminations, mettre tout le monde
d'accord est un talent que vous seul possédez.
« Il me plaît, mon cher Ami, d'affirmer publiquement que c'est grâce à vous que la Foire-Exposition a vu le jour.
« Je me souviens, en effet, d'une réunion qui se tint dans un salon voisin du nôtre. Les présidents et les représentants des grands groupements commerciaux de Nancy étaient présents. Les promoteurs de cette manifestation hésitaient. A coup sûr, cette tentative paraissait téméraire. Vous vous êtes levé et de votre voix claironnante, vous avez sonné la confiance et la Foire-Exposition était créée.
« Sans doute, les résultats magnifiques que vous avez obtenus dans vos entreprises hardies sont dus à votre volonté ardente et tenace, à la fermeté de vos convictions affichées sans arrière-pensée et connues bien avant le jour où le journal « L'Etoile de l'Est » vous comptait parmi ses fondateurs, à
votre labeur constant, à vos efforts sans cesse renouvelés, mais vous me permettrez de dire que vous trouviez auprès de la compagne délicieuse qui taisait le charme de votre foyer, un appui sûr et réfléchi.
» Tous, à cette heure, nous sentons le vide immense causé par son absence. Sa bonté, son grand coeur, ses sentiments de générosité et de tendre sollicitude, restent dans l'esprit de ceux
qui ont eu le privilège de la connaître, comme un faisceau splendide et rayonnant des plus grandes vertus de la femme française.
« Mon cher Ami, pour moi vous demeurez le compagnon fidèle des luttes ardentes et passionnées que nous avons vécues ensemble pour le triomphe d'idées généreuses, souvent incomprises, et qui ne tendent pourtant qu'à la recherche de la vérité et de la justice pour arriver enfin à la fraternité et à la paix entre les hommes. »
Ces paroles ont été très applaudies.
Puis M. Louis Savignac, ayant prononcé la formule sacramentelle, épingle sur la poitrine de M. Rousselot-Cenay les insignes de la Légion d'honneur.

RÉPONSE DE M. ROUSSELOT-CENAY
Très ému, le nouveau chevalier accorde une affectueuse pensée à sa fidèle et regrettée compagne.
Il remercie son cher parrain pour ses paroles aussi précieuses qu'indulgentes.
« Je suis certain, dit-il, que par-dessus ma personne, le gouvernement de la République a tenu à récompenser indirectement toutes les sociétés ici représentées par leurs présidents ou membres des comités, tous d'excellents amis que je salue cordialement en les remerciant du grand honneur qu'ils me font ce soir.
Recevoir à la fin d'une carrière déjà longue, la croix de chevalier de la Légion d'honneur, des mains d'un ami sincère et dévoué comme mon excellent parrain Louis Savignac, en présence des personnalités les plus marquantes de notre région, entouré des dignitaires de l'ordre de la Légion d'honneur, en présence de ma famille et des meilleurs de mes amis, est une satisfaction qui n'arrive qu'une fois dans une existence et à laquelle je vous prie de croire, je suis très sensible. »
M. Henri Rousselot-Cenay donne l'accolade à son ami Savignac, non sans avoir dit sa gratitude au préfet de Meurthe-et-Moselle, au maire de Nancy, à M. le premier président et aux autres personnalités présentes. (Applaudissements.)
Une superbe gerbe est ensuite remise à la fille du nouveau chevalier, Mme Scheffler.
M. André Aron a évoqué à son tour, des souvenirs de Rambervillers, pays natal où M. Rousselot-Cenay ne compte que des sympathies.
Il a salué le président d'honneur de l'Union des manufacturiers et négociants en gros, « homme de coeur et de devoir qu'on s'honore d'avoir comme ami ».
M. André Aron a terminé en déclarant que cette croix était gagnée « au champ d'honneur du devoir et du dévouement.»
(Applaudissements.)
C'est comme préfet et aussi comme ami que M. Emile Roblot a pris la parole pour souligner les vertus civiques de M. Henri Rousselot-Cenay et, par ailleurs, pour faire valoir le bel esprit social qu'il a su inspirer aux groupements de Nancy.
Le préfet de Meurthe-et-Moselle a indiqué que l'activité du nouveau légionnaire était un exemple pour tous. (Applaudissements.)
Après les allocutions, l'assistance a renouvelé à M. Henri Rousselot-Cenay ses vives félicitations, tandis que M. Louis Savignac reprenait la parole pour lire des témoignages d'estime et des excuses émanant, en particulier, du maître Alfred Bachelet, de l'Institut, absent de Nancy; de M. Marcel Paul, vice-président de la Chambre de Commerce; du président général de l'épicerie française et de M. Marcel Amade, secrétaire général de la préfecture.
 


 

Rédaction : Thierry Meurant

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