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Ernest Jules Michel, dit Michel-Malherbe (1861-1940)
 


Jules Ernest Michel nait Ay (Marne) le 16 décembre 1861, fils de Eugène Victor Michel et Mathilde Bonnaire.

Il rejoint Paris comme élève en art de l’école classique aux Beaux-Arts, dans les classes des sculpteurs Alexandre Falguière (1831-1900) et Louis Auguste Roubaud (1828-1906). Il passe dans l’atelier d’Auguste Rodin (1840-1917) dont il est l’un des élèves favoris (et où il côtoie Camille Claudel), et exerce rue du Regard à Paris.

Il expose de nombreuses œuvres dans les salons parisiens : « M. Michel-Malherbe est un jeune sculpteur. Il a déjà donné de très beaux morceaux, en particulier un Glaukos, l'an dernier, qui méritait une deuxième médaille.
Nous ignorons à la suite de quelles intrigues du jury M. Michel-Malherbe n'a rien eu. M. Michel-Malherbe a vaillamment continué son labeur, et il nous donne cette année une figure couchée, la Fiancée du Liban, qui révèle de fortes qualités. La chair est frémissante, chaude de vie; les deux jambes sont d'une ligne admirablement souple et d'une silhouette exquise. Les bras sont beaux; j'avoue aimer moins la tête. En tout cas, voilà une des choses les plus personnelles du Salon et qui, à moins d'une intolérable injustice, mérite une récompense élevée. »
(Le Passant : revue littéraire et artistique du Midi - Mars 1887)

En 1887, Michel-Malherbe vient s'installer à Lunéville, à la demande du Ministère des Beaux-Arts et de son directeur M. Castagnary. En effet, le 24 août 1887 des sous-officiers de cavalerie avaient mutilé plusieurs des statues de Barthélémy Guibal (1699-1757), notamment l'Hercule, terrassant l'Hydre de Lerne, et la statue de « la Nuit ».
La Municipalité de Lunéville, que présidait alors M. Louis Ferry (1835-1888), s'adresse au ministère des Beaux-Arts pour le prier de désigner un artiste susceptible de restaurer les statues décapitées. Et c'est ainsi que, comme il le disait plaisamment lui-même : « Enfin, Malherbe vint... ». Michel-Malherbe répare les statues de Diane et de la Nuit.
Puis en avril 1888, le Ministère de la Guerre attribue à la ville de Lunéville une somme de 3200 francs, puis la direction des Beaux-Arts 1500 francs, pour aider à couvrir le devis approximatif de 6000 francs de réparations plus avancées, notamment des statues décapitées. Dès juillet, Michel-Malherbe restaure le groupe Hercule terrassant l’Hydre de Lerne, puis Minerve triomphant de la Barbarie.

Bien que désormais installé à Lunéville, 30 rue de Viller, Michel-Malherbe continue à disposer d’une adresse parisienne (rue Denfert-Rochereau, rue Boissonade…) et à exposer dans les salons nationaux. Son plâtre « La dernière nymphe » donne d’ailleurs lieu à de vives critiques en 1890 (voir les encarts ci-dessous), mais il remporte une mention honorable en 1889 au Salon des artistes français, la médaille d’or pour « Sapho » en 1891. Cette année là, le ministère de l’Instruction publique et des Beaux-Arts lui passe commande d’un buste en marbre de Emile Augier, placé dans la salle des séances de l’Académie française.

Il épouse à Lunéville, le 30 avril 1892, la fille aînée du défunt maire Louis Ferry (maire de 1884 à 1888), Anne Renée Marcelle Ferry (Lunéville 19 octobre 1865 - Lunéville 3 janvier 1934).

Michel-Malherbe obtient encore une médaille de bronze au Salon des artistes en 1900.
Localement, il exécute à Blâmont, le buste du capitaine Delabbaye (1903) ; à Lunéville le buste du maire Ribierre aux Bosquets (1911)

Installé après guerre au 45 rue Gambetta à Lunéville, il refait en 1922 la tête de la statue de Saint-Michel, pulvérisée par la foudre, sur l’une des tours de l’église Saint-Jacques de Lunéville.
Il est aussi l’auteur des médaillons sculptés en grès rouge sur la mairie de Baccarat, représentant les métiers de la cristallerie, et du monument aux morts (1923). du buste de Jean-Baptiste Mazerand à Cirey-sur-Vezouze, (1926), du monument aux morts de Sainte-Pole (1928), etc.
Membre du conseil municipal de Lunéville depuis 1925, il est adjoint délégué aux écoles depuis 1935, puis premier adjoint au maire de Lunéville, jusqu’à son décès, le 4 juin 1940, à Lunéville.
 

Catalogue des ouvrages de Peinture, Sculpture, Dessins, Gravure - Exposition de mai 1890

MICHEL-MALHERBE (ERNEST-JULES), né à Ay (Marne). 10, rue du Regard.
La dernière Nymphe (statue, plâtre).
« Les Dieux n'habitent plus la grande ombre des bois,
« Nymphe, et le temps n'est plus où, sur l'herbe des prées,
« Le faune te berçait en retenant sa voix...
« Dors dans l'enchantement de tes formes sacrées,
« Les Dieux n'habitent plus la grande ombre des bois ! »(Félix JEANTET. La dernière Nymphe.)

BRELAN DE SALONS - Ernest Hochédé 1890

« L'exemple de ces artistes devrait être suivi par M. Michel Malherbe, qui s'attarde à essayer de faire revivre la Dernière Nymphe, figure caressée avec talent, mais bien vraiment morte.
Puissiez-vous avoir dit vrai, monsieur Michel Malherbe; c'est convenu, n'est-ce pas, c'est bien la dernière ! »

La Nouvelle revue, Mai-Juin 1890

LE SALON DE 1890
Léonce Bénédite
« Dans cette influence naturaliste, mais avec un idéal conforme à la tradition classique est la Dernière Nymphe de Michel Malherbe, inspirée d'un grand et beau poème du poète des Plastiques, M. Félix Jeantet. Etendue et assoupie dans un songe mélancolique, elle mourra du moins sans regretter sa virginité, car M. Michel Malherbe, qui a voulu exécuter soigneusement un vivant morceau de nature, l'a dotée de formes d'une opulente maturité. »

Le salon de Joséphin Péladan, salon national et salon Jullian - 14 mai 1890

La Dernière Nymphe, de MICHEL MALHERBE, est bien peu féminine; vers la fin, paraît-il, les nymphes, comme les Français, sont devenus peuple.

Le nu au salon, 1890
Armand Silvestre

MICHEL MALHERBE
La Dernière Nymphe
Le chant de la syrinx, aux cymbales mêlée,
Monte du bois profond, cher aux faunes cornus,
Et des filles d'Hellas, la troupe échevelée
Aux fraîcheurs des gazons égare ses pieds nus.

Sur leur bouche vermeille et leurs épaules blanches
S'épanouit l'honneur d'un éternel printemps,
Cependant, qu'en fruits d'or, l'automne rit aux branches,
Ensanglantant les bras lassés des ceps flottants.

Dans un taillis très clair, au bord d'une fontaine,
Près d'un enfant debout, les porteurs de pipeaux,
Posant le buis troué sur sa lèvre incertaine,
Lui montrent l'art sacré d'appeler les troupeaux.

L'art d'ouvrir aux zéphyrs les ailes de la danse
Et de chanter l'amour en rythmes languissants.
Les nymphes, de leur doigt, lui marquant la cadence,
Goutent une langueur secrète à ses accents.

Sur le sable, tout près, la panthère charmée
De ses yeux étoilés laisse mourir l'éclair,
Et, sous l'adieu du jour, la nature pâmée
Boit une ivresse étrange aux caresses de l'air.

Es t-il donc mort à jamais ce radieux paysage des antiques idylles pour qu'on nous montre la dernière nymphe étendue dans un sommeil qui, lui-même, ressemble à la mort? De cette belle vision des amours anciennes sous la caresse lente des bois, dans l'orgueil des nudités triomphantes, rien ne demeurera donc plus, même le souvenir ? Qui sait cependant si autant de vérité n'était pas dans cette belle et noble légende que dans les scientifiques hypothèses où nous conduit l'implacable marche de l'esprit contemporain! Moi, je tiens encore pour les Dieux, pour les demi-Dieux, pour les nymphes et pour les héros.

J'aime l'Olympe grecque et son peuple héroïque,
Et ce fourmillement de grandes passions,
Et cet art qui donnait, à l'idéal antique,
Un souffle, des contours et des proportions.

Tout vivait dans le ciel qu'une fièvre mystique
A rempli, pour nos fils, de pâles visions.
Les tranquilles croyants du culte symbolique
Gardaient au Beau réel leurs adorations.

J'aime, dans sa splendeur, cette fable païenne
Qui nous montrait les Dieux sous une forme humaine,
Vénus fouettant l'eau de ses cheveux flottants,

Niobé, sur un roc, se dressant lamentable,
Et les fureurs de Zeus, dont la droite effroyable
Secouait, dans les airs, la tribu des Titans.



Buste du capitaine Jules Césaire Delabbeye - Michel-Malherbe 1903 - Cimetière de Blâmont

 

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