Études historiques et critiques, ou Mémoires pour
servir à l'histoire de Deneuvre et de Baccarat
Charles Mangin
Ed. Paris 1861
[...] Après la mort de Conrad
Bayer de Boppart, Georges de Bade, suffragant de l'évêché depuis
deux ans, fut nommé à ce poste important. 1457. A cette époque,
la ville de Baccarat fesait déjà une grande concurrence aux
fabricants de Deneuvre, car ses adroits habitants s'adonnaient
au même genre d'industrie. Il y avait des fabriques de draps,
des tanneries et des taillanderies comme dans cette dernière
cité. On y voyait trois moulins à farine, deux moulins à écorce
et combien d'autres genres de spéculation que l'histoire ne nous
fait pas connaître. Cependant le vieux Baccarat n'atteignit
jamais l'importance industrielle de l'ancien Deneuvre. Dans
celui-ci se tenait annuellement une foire qui attirait tous les
commerçants de la province ; plus un marché l'un des jours de
chaque semaine. Nous avons vu que pendant le temps de cette
grande foire il était défendu aux boutiquiers de Baccarat
d'ouvrir leurs établissements ou d'étaler leurs marchandises. On
en a dit le motif; et cependant les mêmes boutiquiers,
commerçants et fabricants pouvaient fréquenter les foires de
Blâmont sans payer ancuns droits de vente. Ces misérables
distinctions, et la concurrence acharnée que se faisaient les
industriels de nos deux villes sur tous les marchés de la
province, furent les principaux motifs qui entretinrent cette
malheureuse jalousie qui anima toujours leurs habitants. [...]
ANCIENS DROITS DE VENTE DE
LA FOIRE DE BLAMONT
DESQUELS ÉTAIENT FRANCS LES COMMERÇANTS DE BACCARAT.
Ceux qui déploient marchandises sur leurs
bancs doivent à chaque fois deux deniers, ou bien payer pour
l'étalage 7 sous, y ayant amende aux défaillants.
Il y a trois foires à Blâmont auxquelles la dite vente se paye.
Tous déforains, savoir les vendeurs et acheteurs doivent de cinq
francs un gros, excepté pour mêlée seulement.
Le vin vendu en gros à quelque prix que ce soit, doit de chacune
mesure, un gros.
Les bœufs, vaches et toutes sortes de bêtes à quatre pieds
doivent trois deniers de passage et autant de vente de chacune
d'ycelles; excepté pour le cheval vendu, pour lequel il se paye
tant par l'acheteur que par le vendeur, chacun un gros.
Tous cuirs en poil, six deniers; cuirs corroyés, deux blancs;
toutes peaux en poil ou corroyées, trois deniers.
Le pain, chair dé lard ne payent rien, à moins que ce ne soit
pour hôte forain.
Le char ferré doit pour passage avec marchandises, deux blancs;
ferré à moitié, six deniers; n'étant ferré, un blanc; la
charrette, un blanc; bois pour bâtiments, cinq francs et un
gros.
Les marchands forains, merciers ou autres ne payent que deux
deniers pour l'étalage ; et vendant par aunage, doivent cinq
francs et un gros.
(Comptes du domaine de Blâmont.) |