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Presse - L'Espérance, courrier de Nancy - 1867-1879


13 avril 1867
On nous écrit de Blâmont que la Société Sainte-Cécile, organisée en cette ville depuis trois mois, va déjà donner son premier concert le lundi de Pâques. Quelques artistes étrangers viennent prêter leur concours à la jeune Société, et pour donner plus d'attrait à cette petite fête, les amateurs du théâtre se disposent à jouer un des meilleurs vaudevilles de M. de Saint-Remy.


21 mai 1867
On nous écrit de Blâmont :
« Monsieur le Rédacteur,
» Non loin de la station du chemin de fer d'Avricourt, sur un plateau dominant les environs, s'élève le village d'Igney, avec son église à flèche élancée, petit monument moderne, qui se recommande extérieurement à l'attention publique par d'assez belles proportions. Notre curiosité en traversant cette commune a été attirée par le désir de voir deux des quatre fenêtres du choeur de cette église transformées tout récemment, nous avait-on dit, en deux verrières de bon goût.
» L'artiste, M. Leclerc, jeune Nancéien plein de talent et d'avenir, a choisi deux sujets parfaitement appropriés à leur destination : la fenêtre de gauche, celle du côté de l'Evangile, représente la Sainte Famille ; et, au-dessus, on aperçoit le Sauveur du monde sortant d'un nuage : ce dessin paraît bien exécuté, les nuances et les draperies sont agencées avec goût, l'expression des figures est bonne ; seulement, l'Enfant Jésus, qui se trouve entre saint Joseph et la sainte Vierge, parait beaucoup trop grand; les proportions laissent peut-être, sous ce rapport, à désirer. La fenêtre de droite, celle du côté de l‘Epitre, représente saint Martin à cheval, coupant son manteau pour le partager avec le pauvre dont parle l'histoire. Le vieillard qui se présente à saint Martin est bien placé ; seulement l'exécution de la figure n'est pas irréprochable. Dans le fond du tableau, l'artiste a représenté l'hiver, et son effet de neige parait bien réussi.
» Somme toute, il y a du goût dans ces deux compositions, il y a de la vie et de la vérité ; les nuances sont bien disposées et les personnages bien posés! Honneur à un jeune artiste, chrétien avant tout, et dont les débuts dans la peinture sur verre sont des-plus heureux ! Honneur aux habitants d'Igney, dont les généreuses inspirations sont couronnées de succès ! Honneur enfin au digne et dévoué prêtre, M. l'abbé Harrouard,curé desservant de Repaix et d'Igney, qui a su si habilement tirer parti des dons pieux de ses ouailles ! Courage ! il y a encore à faire, on ne voudra pas- s'arrêter en si beau chemin ; les autres fenêtres sont encore à exécuter.
» Un préjugé a régné longtemps dans les esprits, et il n'est pas encore aujourd'hui complètement déraciné ; on a regardé la peinture sur verre comme le produit de procédés occultes, perdus actuellement. Il n'en est rien : les procédés de la peinture vitrifiée n'ont jamais été secrets ni perdus. Ce préjugé a pris naissance probablement dans l'abandon déplorable où on laissa cette partie importante de l'art pendant plus d'un siècle. L'Allemagne, plus fidèle que la France aux vieilles traditions artistiques du moyen-âge, n'a jamais cessé de fabriquer des vitraux de couleur. Depuis quelques années cependant, l'essor chez nous est donné, et l'on en revient à cette partie de l'art jusqu'alors tombée en désuétude, et qui ajoute pourtant beaucoup aux magnifiques monuments élevés par la foi chrétienne.
» Avant de sortir du choeur de l'église d'Igney, nous avons encore regardé avec respect la couronne en bois doré qui surmonte le maitre-autel ; cette couronne destinée à orner autrefois, dit-on, la chambre à coucher du bon roi Stanislas, a été enlevée, avant la Révolution, du château d'Igney où le bienfaisant monarque avait une habitation qui servait de rendez-vous de chasse. Cette habitation, on se le rappelle, a été la proie des flammes à la fin de l'été 1865. Elle renfermait autrefois une pièce entièrement revêtue de panneaux de faïence fabriqués à Lunéville; ces matériaux ont été vendus et enlevés sans respect pour le culte des souvenirs ?
» Agréez, etc. » STANISLAS THOMAS.


23 mai 1867
Le sieur Joseph Masson, âgé de 55 ans, marchand de poissons à Blâmont, s'est tué d'un coup de pistolet, dont il avait placé le canon dans son oreille droite.


8 juin 1867
Le jeune Perrin, d'Autrepierre, revenant lundi avec sa voiture du marché de Badonviller, perdit, entre Barbas et Blâmont, un porte-monnaie tout neuf renfermant, en diverses pièces d'or et d'argent, la somme de 348 fr. Cette bourse fut ramassée et remise à la mère du jeune homme par M. Nicolas Harchair, honnête et laborieux cultivateur de Barbas, lequel ne voulut accepter aucune espèce de récompense. C'est là un trait qui mérite d'être publié.


21 février 1868
Le vénérable curé de Blâmont, M. Jean-Joseph Mengin,chanoine honoraire, vient de mourir à l'âge de 71 ans. Curé de Blâmont depuis 34 ans, il s'y était concilié, l'estime et l'affection générale et sa mort est un deuil public pour la ville.


29 février 1868
Le 25 février au soir, le sieur Jacques Colin, âgé de 69 ans, domicilié à Igney, a été trouvé par un garde de nuit qui faisait sa ronde, couché sur la voie montante du chemin de fer, à 100 mètres de la gare d'Avricourt. Cet homme, qui se trouvait en état d‘ivresse, persistait à vouloir dormir là. Il avait eu quatre doigts du pied gauche coupés par un train de marchandises.
Un médecin de Blâmont, immédiatement appelé pour lui donner des soins, a jugé nécessaire l'amputation du pied et l'a opérée.


3 août 1868
On nous écrit du canton de Blâmont :
« Il y a quatre ou cinq semaines, un accident avait lieu sur le chemin de fer de Strasbourg, près d'Avricourt, Le nommé Henry, de Foulcrey, garde-ligne en ce moment, était atteint vers minuit par le tampon de la machine d'un train et jeté presque mort sur la voie. Les médecins appelés en toute hâte constatèrent l'état le plus grave, quatre ou cinq côtes brisées, le poumon abîmé, la poitrine pleine et gonflée, des contusions partout. Le malade respirait à peine. Personne, ni médecins, ni témoins, ne croyait dans la matinée qu'il pourrait vivre jusqu'à midi. La chose paraissait même tellement sûre que la nouvelle de sa mort fut communiquée aux journaux et publiée : on y parlait de sa veuve. Cependant dès le début, M. Alice, le piqueur de la voie, en avait pris le plus grand soin : le soir il le fit transporter par ses hommes, sur un brancard, avec beaucoup de précautions et d'intelligence, d'abord à son domicile ; puis le lendemain, à l'hospice de Blâmont, afin d'être à même de recevoir les soins quotidiens d'un médecin. Là, on peut dire qu'il a trouvé sa résurrection, M. le docteur Virlet, médecin de l'hospice, lui a consacré les soins les plus dévoués ei les plus intelligents, et il a réussi. Aujourd'hui Henry va aussi bien que possible. C'est inconcevable, disait-il ces jours derniers à une personne, comme j'ai été bien soigné ici. Je dois certainement une belle chandelle au bon. Dieu, mais je ne sais ce que je pourrai faire pour remercier convenablement M. le docteur et les bonnes chères Soeurs,
» Je pense, M. le Rédacteur, que vous ne trouverez pas mauvais que si on vous annonce souvent des morts, pour les insérer dans votre Journal, j'aie eu l'idée de vous faire part de cette résurrection d'un brave père de famille rendu à sa femme et à ses enfants.
° » Agréez, etc. »


7 novembre 1868
Le sieur Jean-Baptiste Bernard, au service d'un cultivateur de Blâmont, est mort d'une déchirure du péritoine, qui lui était survenue la veille en soulevant un sac de blé du poids de 75 kilog. pour le placer sur les épaules d'un autre domestique. Agé de 40 ans et originaire d'Ancerviller, Bernard laisse une veuve avec trois jeunes enfants.


25 novembre 1868
Erection d'une statue au B. P. Fourier.
On nous écrit le 23 novembre :
« Non loin de la vallée de la Vezouze, au sommet d'une petite montagne, dans le lointain on perçoit le village assez considérable de Petitmont.
» A ses pieds, vers le midi, commence la chaîne les petites Vosges, avec ses riches sapinières, ses belles mais trop étroites vallées ; au couchant, c'est un splendide panorama, une immense plaine terminée au loin par les coteaux de Sion, Nancy, Vic et Metz.
» Hier 22 novembre, ce village était en fête. Vers deux heures, une immense procession, toute la paroisse et beaucoup de personnes des environs, près de mille âmes, se dirigeait, dans le meilleur ordre, vers une forêt située environ à 2 kilomètres 500 mètres. On allait faire la bénédiction solennelle d'une statue élevée par la piété des habitants au B. P. Fourier, patron de la paroisse, au lieu dit : La Fontaine du Bon-Père.
» On sait que le saint curé de Mattaincourt fut envoyé par Nicolas-François de Lorraine, cardinal-évêque de Tout, au pays de Salm, en Lorraine, pour arracher à l'hérésie plusieurs bourgades et villages qui malheureusement avaient embrassé les fausses doctrines de Luther et Calvin.
» Il est de tradition à Petitmont et aux environs que le Bon Père Fourier, entraîné par son zèle apostolique, vint bien au-delà de Badonviller, vers le levant; que sur son chemin, il annonçait les vraies doctrines de la foi catholique, et que les peuples, émerveillés de sa parole, couraient en foule à sa rencontre.
» Notre pays, en effet, est encore tout plein de ce pieux souvenir ; les paroisses de Petitmont, Val de Bon-Moutier, Cirey, Bréménil, etc., s'enthousiasment encore, après bientôt deux siècles, au seul nom du Bon Père Fourier. Nous le savions déjà, mais hier nous en avons eu tous la preuve la plus consolante.
» En face de cette fontaine qui porte le nom de notre Bienheureux, parce que, dit la tradition, elle jaillit sur son désir en ce lieu où il reposait épuisé de fatigues et de soif, nous avons vu une foule compacte, pieusement recueillie, suivre avec attention les diverses cérémonies de la liturgie, écouter gravement les paroles du pasteur de la paroisse, qui retraçait le passé, le présent et ses espérances pour l'avenir de ce pèlerinage, et enfin s'agenouiller respectueusement sur les feuilles humides pour recevoir une dernière bénédiction, avant de quitter ce saint lieu où se dresse la statue, désormais vénérable, du bienheureux pt'ron de notre paroisse.
» Le monument mesure en élévation environ six mètres. Il est tout en grès vosgien rouge et blanc. Appuyées sur une base très-solide, quadrangulaire, quatre colonnes supportent un dôme.élégant ; une, croix domine le tout. A l'intérieur, le B. Pierre Fourier est debout, tenant d'une main le bâton de pèlerin, et de l'autre le livre de la prière. Cette statue mesure 1 m. 50 de hauteur et sort des mains de A. Goeury, sculpteur avantageusement connu dans le pays de Blâmont. La fontaine a été très-heureusement renfermée dans le monument et répand ses eaux limpides dans un petit bassin à la disposition des pieux pèlerins.
» Sur l'une des faces du monument on lit :
B. P. Fourier, priez pour nous !
« L'an de N.-S. J.-C. MDCCCLXVIII, les habitants de Petitmont ont fait ériger ce monument pour témoigner leur vive reconnaissance au B. P. Fourier, et redire à la postérité la sainteté de ce lieu.
» Arrête-toi, pieux voyageur, et viens ici honorer un saint prêtre et un grand citoyen ! »
Et plus loin :
Erigé en 1868 :
E. Jacquot, curé.
L.-Emile Thomassin, maire.
François Démange, architecte.
» On nous a affirmé qu'il y aurait justice à redire une bonne oeuvre, tant pour l'édification que pour l'exemple. C'est ce but que nous avons eu en écrivant ces quelques lignes. Qu'elles soient en même temps l'expression de la vive reconnaissance d'un pasteur très-sensible à la pieuse docilité de ses paroissiens... » E. JACQUOT, curé de Petitmont.


27 décembre 1868
On nous écrit de Vézelise :
« Une jeune religieuse de Saint-Charles, Soeur Placidie Saulgnier, avait été chargée pendant onze mois de la direction de la salle d'asile ; quoique forte et vigoureuse elle y avait contracté le germe d'une maladie organique qui la. conduisit au tombeau à l'âge de 26 ans. Elle voulut mourir chez ses parents à Nonhigny, près de Blâmont, mais à Vézelise les mères de famille et les enfants la pleuraient. Ils se cotisèrent donc pour lui faire célébrer un service funèbre, et jeudi dernier autour d'une modeste bière se groupaient les Dames protectrices de l'asile, les mères, et les petits enfants. Ceux-ci portaient au bras une couronne blanche qu'ils déposèrent au retour de l'offrande sur les degrés du catafalque, en s'empressant à qui mieux mieux et à qui arriveraient les premiers pour rendre à leur bonne maîtresse cet hommage de l'innocence à la vertu. »


2 janvier 1869
M. Hinzelin, de Mignéville, avait perdu un calepin contenant un billet de banque de mille francs sur la route de Lunéville à Blâmont. Il l'a fait réclamer, et il lui a été rendu le même jour par le Sieur Auguste Molard, de Croismare, auquel il a donné cent francs pour récompense


1er mars 1869
Nous avons encore le regret d'annoncer à nos lecteurs la mort d‘un prêtre, du diocèse. M. Laumont, curé de Rembercourt, est décédé le lundi 22 février dernier.
Né. à Pannes le 24 mars, 4840, M. Joseph-Edouard Laumont avait été ordonné le 21 mai 1864. Il n'était donc que dans la 29e année de son âge, et dans la 5e année de son ministère, lorsque la mort l'a frappé. Il laisse dans les deux postes qu'il a successivement occupés (vicaire à Blâmont du 22 mai 1864 au 16 août 1865 ; - curé de Rembercourt, depuis le 17 août 1865) le souvenir du zèle le plus ardent : et c'est grâce à cette qualité qu'on pourra lui appliquer la parole de l'Ecriture : Consummatus in brevi, explevit tempora multu.
M. Laumont était membre de l'Association de prières pour les prêtres défunts.
{Semaine religieuse.)


22 août 1869
Hier, à onze heures du matin, Dieu a appelé à lui M. Gérard (Jean-Baptiste), vicaire-général du diocèse de Nancy, chevalier de la Légion-d'Honneur, né à Ancerviller. en 1803. C'était un pieux, digne et saint prêtre, aimant le bien, et le pratiquant sous tous -les rapports avec une touchante modestie. Président de I'OEuvre des églises pauvres, de l'œuvre des campagnes, de celle des bibliothèques cantonales, M, Gérard encourageait par ses sympathies et son concours toutes les bonnes oeuvres de Nancy, auxquelles il se faisait un honneur et un devoir d'appartenir, et sa mort laissera un vide considérable dans toutes, et des regrets vivement sentis chez tous ceux qui l'ont connu et ont été à même d'apprécier ses bonnes qualités.
Les funérailles auront lieu mardi à 10 heures, à la Cathédrale, d'où le corps sera transporté à Ancerviller, près de Blâmont.


17 octobre 1869
Un service solennel de quarantaine a été célébré, mercredi dernier, à Nonhigny, pour le repos de l'âme de M. l'abbé Gérard, vicaire-général. L'office a été présidé par M. Jambois, qui était venu exprès de Nancy. M. le vicaire-général a chanté la messe et donné l'absoute. MM- les doyens de Blâmont et de Badonviller, M. Burtin, secrétaire-général de l'évêché, et un bon nombre de prêtres venus de trois cantons limitrophes étaient présents ; quatorze messes ont été dites, et une bonne partie de la population s'était jointe à la famille pour cette triste cérémonie. (Semaine religieuse.)


7 avril 1870
L'inauguration du chemin de fer d'Avricourt à Blâmont et Cirey, a eu lieu hier. Les invités ont quitté Nancy par le train de 8 heures 12 minutes, et sont rentrés le soir par le train-poste.


9 avril 1870
L'inauguration officielle de la nouvelle ligne de chemin dé fer d'Avricourt à Blâmont et à Cirey, a eu lieu mercredi dernier, en présence d'une foule considérable. Dès le matin, un train spécial conduisait de Nancy à Avricourt les fonctionnaires chargés de la réception des travaux de la ligne et les autres personnes invitées à la cérémonie, que le général comte de Failly a bien voulu honorer de sa présence. On remarquait M. le préfet de la Meurthe, représentant le département ; MM les sous-préfets de Lunéville et de Sarrebourg; M. Welche, maire de Nancy et membre du conseil général ; MM. Volland, de Riocour et Germain, conseillers généraux; MM. Volmerange et Dilschneider, ingénieurs en chef, M. Varroy, ingénieur du contrôle, et plusieurs autres chefs de service de la Meurthe. MM. Thoyot et Goumes, inspecteurs généraux du contrôle d'exploitation des chemins de fer, étaient spécialement délégués pour procéder à la réception définitive de la nouvelle voie.
Le train d'inauguration, composé dé sept voitures, a quitté Avricourt à 10 h. 40 m. et est arrivé à Blâmont à 11 h. 30 m. Dans cette dernière localité, la population tout entière se pressait aux abords
de la gare pour assister à l'arrivée du convoi et à la bénédiction des deux locomotives affectées au nouveau service.
A l'issue de cette cérémonie religieuse, annoncée par le son des cloches de la ville et qui était présidée par le vénérable curé-doyen de Blâmont, Mathis de Grandseille, membre du conseil général et vice-président du conseil d'administration du chemin de fer, à offert le vin d'honneur.
Le convoi a repris ensuite sa marche à midi 30 m. et est arrivé à Cirey à une heure 40 m. Le corps municipal s'était réuni à la gare pour recevoir les autorités, et, pendant cette réception, la Société musicale de Cirey a fait entendre les meilleurs morceaux de son répertoire, A trois heures, un banquet a été offert par M. Lagrange, directeur de l'importante manufacture de glaces de Cirey et membre du conseil d'administration du chemin de fer.
Pendant ce banquet, auquel assistaient les notabilités de la contrée, M. le préfet a fait connaître quela veille, M. le ministre de l'intérieur l'avait chargé d'exprimer publiquement ses regrets de n‘avoir pu, à cause des exigences de la politique, se rendre aux voeux des populations, qui avaient témoigné le désir de remercier, en cette occasion solennelle l'honorable député de la part si active qu'il a prise à la réussite du projet. Dès le matin, S. Exc. M. Chevandier de Valdrôme avait envoyé
dépêche télégraphique à M. Mathis de Grandseille pour lui exprimer personnellement ses regrets et lui dire qu'il prenait part à cette belle fête par la pensée et par le coeur.
M. le préfet a porté un toast à la prospérité de la nouvelle ligne d'Avricourt- Blâmont-Cirey, ainsi qu'aux membres du conseil d'administration,, qui ont facilité par leur puissant et utile concours l'exécution de l'entreprise.
M. Mathis de Grandseille a pris a son tour la parole pour remercier le premier magistrat du département, le conseil général de la Meurthe et MM. les ingénieurs qui ont préparé le projet et habilement dirigé son exécution. Plusieurs autres toasts ont été successivement portés par MM. de Klopstein, Volland, Varroy et Coumes.*
Une heureuse nouvelle a clos cette brillante réunion : M. le préfet a annoncé, au milieu des applaudissements les plus sympathiques, que, sur la proposition de S. Exc. le ministre des travaux publics, l'Empereur venait de nommer chevalier de la Légion-d'Honneur, M. Lagrange, directeur de la manufacture de Cirey.
Un temps superbe a favorisé cette fête, qui a répandu la joie dans les cantons de Blâmont et de Lorquin, où la prospérité agricole, commerciale et industrielle est désormais assurée.
Le chemin de fer d'Avricourt à Cirey par Blâmont, qui ne compte pas moins de 19 kilomètres et divers travaux d'art, a été voté par le conseil général dans sa session de 1868, et il est livré, vingt mois après, à la circulation publique. Ce remarquable résultat est dû surtout aux louables efforts et à l'actif dévoûment de M. Varroy, directeur des travaux; récemment nommé, par décision ministérielle, ingénieur en chef du service des chemins de fer d'intérêt local du département de la Meurthe. (Moniteur.)


6 mai 1870
C'est à tort qu'on a parlé d'une grève qui se serait produite parmi les ouvriers de la taillanderie de M. Mathis de Grandseille, à Blâmont. La vérité est que quatorze manoeuvres, employés par les chefs forgerons et payés par eux, avaient réclamé une augmentation de salaire, et qu'elle leur a été refusée. Dix d'entre eux ont cessé leur travail et ont été immédiatement remplacés.


15 mai 1870
Un incendie s'est déclaré à Blâmont dans l'atelier du sieur Jules Delabbeye, peintre en bâtiments, locataire de M. Jacques, négociant, et a occasionné pour 5,500 fr. de dégâts, dont 4,000 fr. seulement au compte de l'assurance.
Un autre incendie, attribué à un vice de construction existant dans une cheminée, a détruit, à Repaix, la maison, les récoltes et une partie du mobilier de Mme veuve Bastien. Le concours dévoué des pompiers de Blâmont et d'Autrepierre a permis de sauvegarder les habitations voisines. La perte est évaluée à 14,600 fr., dont 13,000 fr. au compte de l'assurance.


8 juillet 1870
Le sieur Kraff, de Blâmont, âgé de 26 ans, en revenant de Nancy, où il était allé s'offrir comme i remplaçant, fut atteint d'une fièvre cérébrale. Transporté de suite à l'hospice de Blâmont, ce malheureux jeune homme, dans un accès de fièvre chaude, et malgré la présence d'un gardien, s'est précipité du 2e étage sur la voie publique, d'où on l'a relevé complètement privé de vie.


28 juillet 1870
Un incendie attribué à l'action du soleil sur deux tuiles en verre a détruit le moulin à vapeur de Sainte-Anne; écart de Gogney, et a causé pour 38,800 fr. de dégâts, au compte de l'assurance.
Dès la première nouvelle du sinistre, les habitants et les pompiers de Blâmont étaient venus joindre leurs efforts à ceux de leurs camarades de Gogney.


15 août 1871
Le sieur Jules Marchal, commissionnaire de Nancy à Blâmont, revenait de Nancy le 4 de ce mois; la mécanique de sa voiture s'étant rompue pendant qu'il la serrait à la descente d'une côte très-rapide, près de Blâmont, il courut à la tête de ses chevaux, mais il tomba et l'une des roues lui passa sur une jambe et lui déchira cruellement les chairs. On dut procéder à l'amputation.


13 novembre 1871
Lors des dernières élections, le Républicain de l'Est a attribué à M. le curé de Blâmont les paroles suivantes qui auraient été prononcées en chaire :
« La foi doit s'affirmer dans toutes les circonstances et surtout dans les élections. Ceux qui votent sans connaissance de cause méritent de voir le royaume de Dieu et devraient demander l'avis de leur curé, qui en sait long et qui est infaillible. Ceux qui votent de propos délibéré pour un ennemi de l'Eglise, ceux-là sont damnés. Voter pour un homme qui n'a pas la foi est un péché mortel.
« Eh! que vois-je ici ? de faux catholiques, des électeurs pervertis qui cachent sous le manteau de la religion la noirceur de leurs bulletins et qui votent pour les ennemis du Saint-Père! C'est de ces électeurs-là que l'Ecriture a dit : Et grinçaverunt dentibus per totam aeternitatem! »
M. le curé de Blâmont n'a certainement jamais parlé dans ces termes ; mais, ayant tout, il serait bon de savoir de quelle localité il s'agit ici. Le Républicain de l'Est parait à Besançon, et il existe, dans l'arrondissement de Montbéliard, un petit village du nom de Blâmont. Dès lors n'est-il pas vraisemblable que c'est du curé de ce village que le Républicain de l'Est a cru pouvoir moquer.


6 mars 1872
On nous écrit de Blâmont que la justice informe pour deux tentatives d'incendie, qui n'ont heureusement eu aucun résultat, et ont été commises aux domiciles de MM. Gustave Florentin, ébéniste, et Auguste Bentz, marchand de fer et cultivateur {Impartial.)


20 mars 1872
Le 12 de ce mois, vers onze heures du soir, un incendie dont la cause est inconnue, s'est manifesté dans un hangar, contenant environ 20,000 fagots d'écorce, appartenant à MM. Spire, marchands tanneurs à Blâmont.
Malgré les prompts secours apportés par les pompiers de la localité et ceux des communes voisines, ce hangar, isolé d'habitation et à plus de trois cents mètres de la commune, a été entièrement réduit en cendres, avec tout ce qu'il renfermait.
Les pertes occasionnées par ce sinistre sont évaluées à environ 53,000 fr. et sont couvertes
par l'assurance.


7 avril 1872
On écrit de Blâmont à l'Impartial :
« Le 27 mars dernier, vers 9 heures et demie du soir, une buanderie appartenant à la dame Simonin Spire, rentière à Blâmont, est devenue la proie des flammes. La promptitude des secours apportés par les pompiers ainsi que bon nombre d'habitants de cette commune, ont permis, en moins d'une demi-heure, de concentrer le feu dans son foyer et protéger l'habitation qui n'était séparée que de deux mètres de la buanderie. Les pertes sont peu importantes et seront couvertes par l'assurance. D'après les on -dit, la malveillance ne serait pas étrangère à ce sinistre. La justice de Lunéville a procédé aux premières informations. »


21 avril 1872
Ont obtenu des médailles d'honneur : [...]
M. Mangin (Charles-Joseph), sergent à la compagnie des sapeurs-pompiers dé Blâmont ; 1830-1872 : 42 ans de services utiles et dévoués. - 2° classe.


1er mai 1872
On nous écrit de Blâmont, le 27 avril ;
« Nous venons de conduire à sa dernière demeure notre bonne Soeur Denise. Après 60 ans de vie religieuse, elle s'est endormie dans le Seigneur, conservant jusqu'au dernier moment, plénitude de ses facultés. C'est à elle que nous devons l'agrandissement de notre hôpital ; elle a su dépenser tout son patrimoine pour les pauvres et pour l'hospice qu'elle a dirigé pendant 25 ans.
Soeur Denise est regrettée et pleurée par la ville tout entière, et surtout par les pauvres. »


27 août 1872
Souscription nationale.
Mlle Rosalie Tanche, de Blâmont, vient de verser au comité de la souscription nationale la somme de huit cent vingt-cinq francs, produit d'une loterie organisée par Mlle Elisa Tanche, sa soeur, prématurément enlevée à l'affection de sa famille et de ses amis.
Le comité a fait opérer au Trésor un versement de 35,679 fr. 20, reliquat abandonné par les souscripteurs ; cette somme est inscrite pour la libération du territoire.


23 novembre 1872
Les Prussiens ont pris possession des baraquements de Blâmont.


11 décembre 1872
On nous annonce de Blâmont qu'un incendie, attribué à l'imprudence d'un fumeur, a détruit deux meules de gerbes d'avoine appartenant à M. François Masson, fermier à la Haute Serolle, écart de Leintrey. Les pertes évaluées à 5,800 fr. seront supportées en partie par l'assurance.


13 décembre 1872
On nous écrit de Blâmont, le 11 décembre : les instructions suivantes au général commandant s «Hier, 10 courant, vers dix heures et demie du soir, le feu éclatait à l'est de la ville de Blâmont, dans les bâtiments du moulin. En moins de dix minutes une des ailes ne formait plus qu'un vaste brasier.
» Grâce au dévouement de la population et au concours d'une compagnie du 73e régiment d'infanterie allemande, l'incendie a pu être circonscrit. La réserve de sons est perdue ainsi que l'approvisionnement en bois et fourrages.
» On cite plusieurs pompiers qui ont eu l'occasion de se distinguer.
« Veuillez agréer, etc. »


9 mars 1873
On nous écrit de Barbas que le sieur Joseph Boura, manoeuvre à Harbouey, a été trouvé sans vie dans un champ de blé situé près du chemin vicinal de Blâmont à Harbouey.
Il résulte de l'enquête qui a été faite que cette mort est attribuée à une congestion cérébrale déterminée par l'abus-de boissons alcooliques.


8 avril 1873
On nous signale de Blâmont le suicide par strangulation de la femme Joséphine Vigneron, boulangère à Ogéviller.
Cette malheureuse était âgée de quarante-sept ans ; elle ne jouissait pas de ses facultés mentales et avait déjà, à différentes reprises, manifesté le désir de mettre fin par la mort à ses souffrances morales.


8 août 1873
On écrit de Blâmont, le 1er août, au Journal de Lunéville.
«Rendus à nous-mêmes, le moment est venu, je crois, de signaler à la reconnaissance publique ceux qui, pendant ces trois années de misère, se sont spécialement signalés par leur dévouement
» Je ne serai démenti par aucun habitant de Blâmont, j'en suis bien sûr, lorsque je nommerai
entre tous M. le maire de cette ville, qui a su constamment faire face à toutes les difficultés, a éprouvé sans se décourager tous les ennuis, et a préservé par sa rare prudence ses administrés des calamités dont bien d'autres villes n'ont pas été exemptes.
Honneur donc à lui !
» Je tenais à lui rendre publiquement ce témoignage de ma respectueuse sympathie, partagée au surplus par tous ses administrés. »
Un habitant de Blâmont.


20 décembre 1873
Un détachement du 69e de ligne, fort de 30 hommes et d'un officier, quittera Baccarat le 21 décembre, arrivera à Lunéville le même jour et se rendra à Nancy le 22, son lieu de destination.
Un autre détachement du même régiment quittera Blâmont le 21 courant et arrivera à Nancy le lendemain.
Une section du 69e de ligne, forte d'environ 30 hommes, sous le commandement d'un officier, quittera Baccarat le 20 décembre pour se rendre à Blâmont où elle arrivera dans la même journée.


25 janvier 1874
La vente des bâtiments au baraquement des Allemands à Blâmont, aura lieu le 20 février prochain.


18 juillet 1874
Nous apprenons la mort, par accident, après un éblouissement, de M. l'abbé Piot, curé de Moutrot.
Il était né à Blâmont, en 1818, et faisait partie de l'association de prières.


3 août 1874
Concours du comice de Lunéville. - Ce concours, qui sera considérable, aura lieu à Blâmont le 9 août. Il y aura des primes de culture pour les exploitations les mieux cultivées du canton de Blâmont.- Des primes pour le bétail, - pour les plantes fourragères, - pour l'aménagement des fumiers, - pour les abornements et réparations des chemins ruraux,--pour le moissonnage mécanique ; - primes aux cultivateurs et aux meilleurs conducteurs de moissonneuses.
La ville de Blâmont donnera un grand éclat à cette fête agricole. Une messe solennelle sera célébrée à midi pour remercier Dieu de la belle récolte de 1874.


17 août 1874
On nous écrit :
« Cette semaine, la ville de Blâmont a été favorisée de deux fêtes charmantes : le Comice agricole et la distribution des prix aux élèves de l'Institution secondaire et; professionnelle dirigée; par M. Gérardin.
»M. Mathis de Grandseille, conseiller-général et maire de la ville, présidait cette dernière solennité. Aux applaudissements unanimes d'un nombreux et brillant auditoire, cet honorable administrateur, se faisant l'interprète de la population, a remercié chaleureusement le directeur, dont l'intelligence et l'activité ont su, en si peu de temps, redonner à l'Etablissement son ancienne splendeur.
» De son côté, le respectable curé de la paroisse, qui porte un si vif intérêt à la prospérité de notre Collège, a fait ressortir avec force l'importance de l'éducation religieuse, au point de vue de la patrie et de la famille,
A son début, 1872, l'Institution comptait 65 élèves; cette année, ce chiffré s'est élevé à 115, dont 50 internes.
» Pourquoi un tel succès ? C'est que nos intelligentes populations ont compris la nécessité d'une solide instruction agricole, industrielle et commerciale, et les bienfaits d'une discipline ferme et paternelle. »


23 novembre 1874
Jeudi dernier, le nommé François Henry, âgé de 54 ans, courtier en bestiaux, à Bénaménil, se présentait chez Mme Perrin, propriétaire à Saint-Martin, pour lui vendre un sac de sel. Cette dame ayant accepté le marché, elle pria Je vendeur de venir l'aider à le monter au grenier, ce qu'il accepta. Lorsqu'ils eurent déposé le, sel en lieu sûr, le sieur Henry n'étant pas-solide sur ses jambes, résultat de nombreuses libations, qu'il avait faites dans la journée, voulut redescendre, mais arrivé à la troisième marche, il perdit l'équilibre, et tomba sur le sol, d'une hauteur dé trois mètres. La dame Perrin appela immédiatement les voisins, mais tous les soins qui furent prodigués au, sieur Henry furent inutiles, il avait cessé de vivre.
Le docteur Spire, de Blâmont, a déclaré que cet homme avait le crâne complètement fracturé et que la mort avait dû être instantanée.
Cet ouvrier laisse une veuve et six enfants sans ressources.


27 décembre 1874
On nous signale encore un acte de probité que nous portons avec plaisir à la connaissance de nos lecteurs :
II y a quelques jours, le sieur Royer Remy, garde-champêtre à Blâmont, ayant trouvé sur la route de Blâmont à Domêvre un portefeuille contenant des effets de commerce et trois billets de 20 francs, s'est empressé d'en rechercher le propriétaire et de lui rapporter, sans vouloir accepter aucune récompense.
Un pareil fait peut se passer de commentaires.


5 février 1875
On écrit de Blâmont, le 1er février, au Journal de la Meurthe :
« Vendredi soir, 29 janvier dernier, deux hommes de Verdenal, les nommés Bouchard et Receveur, revenant du marché de Blâmont où ils avaient vendu quelques sacs de blé, faillirent être victimes d'un grave accident. A la sortie de la ville, au moment d'arriver sur le pont du Xa, Bouchard, croyant prendre le chemin de Verdenal, se trompe et tombe d'une hauteur de sept mètres environ dans le ruisseau de Voise, dont les eaux étaient considérablement augmentées. Receveur se porte à son secours et veut le retirer de l'eau, mais entraîné lui-même par les efforts de Bouchard et par le poids de son corps il se trouve précipité à son tour dans le ruisseau par-dessus la tête de son infortuné compagnon ; tous deux étaient sur le point de se noyer, lorsque le nommé Jean-Baptiste Schnell, qui se promenait dans ces parages, s'est précipité à leur secours et après bien des efforts est parvenu à les sauver tous deux et surtout Bouchard d'une mort certaine et rapide. Bouchard qui se trouve dans une position de fortune aisée se serait, assure-t-on, montré médiocrement reconnaissant lorsqu'il s'est agi de récompenser le nommé Schnell de son acte de dévouement. »


5 mars 1875
On signale de Blâmont le suicide du sieur Helmstetter, âgé de 70 ans, ancien militaire, décoré de la
croix de la Légion-d'Honneur.
Il a déclaré par écrit, ne pouvant plus parler, que d'intolérables douleurs et l'impossibilité de se faire soigner, - sa femme étant elle-même impotente, - l'avaient poussé au désespoir.


27 mars 1875
Le gendarme Girard, de Blâmont, passait à cheval à Montigny ; au moment où il arrivait vers le milieu de la ville, le tambour des pompiers commençait à battre, le cheval eut peur et s'emporta. Le cavalier fit des efforts pour le ramener, mais le cheval glissa et tomba avec lui. Girard eut les deux jambes fortement contusionnées. On le transporta immédiatement à la caserne où il reçut les soins de M. le docteur Virtel.


30 mai 1875
Par suite de l'ouverture de la nouvelle gare de Deutsch-Avricourt, il sera créé au 1er juin prochain, près d'Avricourt, au débouché de la route départementale de Blâmont à Maizières, un bureau auxiliaire de douane de 2e classe, relevant du bureau principal de Sarrebourg, et servant de bureau de déclaration pour le bureau auxiliaire de 4re classe, qui sera transféré à la nouvelle gare d'Avricourt.
A partir du même jour, la route de Blâmont à Maizières, depuis la frontière jusqu'à l'endroit où s'en détache la route qui conduit à la gare de Deutsch-Avricourt, ainsi que cette dernière route jusqu'au bureau auxiliaire de 1re classe établi dans ladite gare, seront considérées comme routes douanières.
Le directeur général des douanes et des contributions indirectes. FABRICIUS


13 juillet 1875
On nous écrit de Blâmont, le 6 juillet :
« Ce matin, un incendie était signalé à Gogney ; mais grâce à la bonne organisation et à la promptitude des secours; une seule maison a été brûlée. Elle appartient à une pauvre famille; et est assurée seulement pour 2,200 fr. Les pertes dépassent de beaucoup ce chiffre.
» Les pompiers de Blâmont doivent être signalés, entre tous, comme ayant bravement fait leur devoir. »


25 juillet 1875
Jeudi, dans l'après-dînée, à la suite d'un violent orage, la voie du chemin de fer d'Avricourt à Cirey a été envahie par les eaux sur une longueur d environ 600 mètres, entre Blâmont et Gogney. La circulation a été interrompue pendant quelques heures seulement.


16 août 1875
COLLÈGE LIBRE
de BLAMONT (Meurthe-et-Moselle).
CLASSES LATINES, - ENSEIGNEMENT SECONDAIRE SPÉCIAL, - COURS D'ALLEMAND.
Préparation à l'agriculture, au commerce, à l'industrie, au certificat de grammaire, au volontariat, à l'instruction primaire, aux postes, aux contributions indirectes, aux écoles vétérinaires, aux écoles d'arts et métiers et aux ponts et chaussées.
Rentrée des Internes le 12 Octobre.


21 octobre 1875
On écrit de Blâmont au Journal de la Meurthe, le 16 octobre 1875 :
« Je vous serais, très-reconnaissant si vous vouliez insérer dans, les colonnes de votre estimable journal les quelques mots suivants :
» Jeudi dernier, 14 courant, la population républicaine de Blâmont était en fête : M. Varroy, député et M. Bernard, maire, de. Nancy, arrivaient dans la ville à neuf heures et demie : il s'agissait pour ces messieurs de se faire élire sénateurs.
» La réunion a eu lieu, non pas, comme on pourrait le croire, à l'Hôtel-de-Ville, où pourtant une salle très-vaste peut recevoir beaucoup d'invités, mais dans un salon de M. Brice, conseiller général. Ces messieurs.firent comprendre à leurs auditeurs qu'eux seuls pouvaient dignement représenter le département au Sénat ; ils ont surtout recommandé aux conseillers municipaux de ne pas envoyer au scrutin d'arrondissement (au chef-lieu du département sans-doute) les maires de leurs communes, parce que ceux-ci étant agents du gouvernement, ne voteraient pas pour MM. Varroy et Bernard, et par conséquent la cause publique en souffrirait.
» Malgré cela, je. crois que ces messieurs ont perdu leur temps, car dans nos campagnes paisibles, on aime le calme et la paix, et on ne comprend pas grand'chose à ce fatras de paroles qui ne disent rien, si ce n'est des choses que tout le monde sait.
» Veuillez agréer, etc. Un de vos abonnés, »


12 avril 1876
On nous écrit de Blâmont :
« L'Institution libre de notre ville vient d'obtenir des résultats remarquables à la dernière session d'examen pour le brevet de capacité ouverte à Nancy, le 27 mars dernier. Les quatre élèves présentés et préparés par l'établissement ont été admis.
L'un d'eux, Michel Victor, élève-boursier du Comité d'Alsace-Lorraine, a obtenu, seul de tous les candidats, la série des langues, anglaise et allemande. Ce beau succès est une récompense bien méritée par l'honorable chef de l'Institution, M. Gérardin, et par les maîtres dévoués et intelligents, qu'il a associés à son oeuvre.


27 juin 1876
On nous, écrit de Blâmont qu'un suicide vient de jeter la stupeur dans, cette ville.; M. Lucien.Léman, manufacturier israélite, s'est tiré, lundi matin, quatre coups de revolver à la tête. Il n'a survécu que peu d'heures. On ignore la cause de ce suicide.
D'après l'opinion publique, M. Léman devait: être nommé, sous peu, maire de Blâmont.


9 juillet 1876
Un commencement d'incendie s'est déclaré, le 3 juillet, vers cinq heures dû soir, à Blâmont, au domicile de M. Nicolas, pâtissier et marchand de jouets d'enfants.
Le feu a pris dans une chambre où se trouvaient entassés des jouets d'enfants que deux employés, l'un de seize ans et l'autre -de quatorze, étaient occupés à ranger. Parmi les jouets se trouvaient des chandelles romaines ; l'un des employés eut la malencontreuse idée d'en allumer une qui dépassait les autres ; en un clin-d'oeil, le feu se communiqua aux papiers et aux marchandises qui se trouvaient pêle-mêle dans la chambre. Les deux employés ont failli être eux-mêmes victimes de leur imprudence.
Des marchandises seules ont été brûlées ; la perte est couverte par l'assurance. (Meurthe.)


3 septembre 1876
Pendant l'une des dernières nuits, on a coupé 281 pieds de houblon dans une propriété appartenant à la veuve P..., de Blâmont. Le coupable est inconnu.


23 octobre 1876
Dernièrement, M. M..., banquier à Blâmont, envoya son domestique dans un chalet qu'il possède aux environs. Celui-ci, en arrivant, fut très-étonné de voir tout sans dessus dessous. Des carreaux étaient brisés et une porte forcée. On avait fouillé des armoires, dérobé de la poudre, différents objets d'habillement, de l'argent. Les voleurs avaient pris dans la cave une bouteille de Xérès, qu'ils avaient bue sur place.
De plus, ils avaient grimpé au premier étage par les colonnes qui supportent le balcon; là, ils avaient encore brisé une fenètre pour s'introduire dans l‘appartement.
On a ouvert une instruction pour découvrir les coupables.


27 octobre 1876
M. Brice est nommé maire de Blâmont, et M. Barthélémy, adjoint.


26 novembre 1876
La Société de Prévoyance et de Secours, mutuels de Nancy a tenu, dimanche dernier, dans la salle de l'ancienne Université, sa séance annuelle [...]
À cette solennité, pleine d'intérêt, s'en rattachait une autre. Comme chaque année, à pareil jour, la
Société nationale d'Encouragement au bien, autorisée en 1862 par le gouvernement, délivrait aux
lauréats de nôtre département les diplômes et médailles d'honneur-dont là proclamation avait déjà été faite le 28 mai dernier, à Paris, dans une séance publique présidée par M. le baron de Gérando, vice-président, ancien président de la Cour d'appel de Nancy, membre de l'Académie dès sciences moraleset politiques. Onze médailles ont été décernées sur la proposition du. Comité de Meurthe-et-Moselle: M. le docteur Grandjean, président de ce Comité, a proclamé les noms et fait connaître les titres.
Les Voici, d'après le compte-rendu officiel de Paris. :
Mlle CLAUDEL (Honorine), trente-cinq ans, lingère, à Blâmont.
Depuis vingt ans, la demoiselle Honorine Claudel s'est dévouée, en renonçant volontairement au mariage, pour soigner, sans autres ressources que son travail quotidien,.son père devenu invalide, sa mère impotente, une vieille tante sans fortune, qui est morte après une douloureuse maladie en 1874.
Une soeur d'Honorine, après quelques années de mariage, perdit son mari, tomba malade et mourut à son tour en 1871, laissant deux jeunes orphelins sans ressources,.
Honorine ne perd pas courage, et, par son seul travail, elle élève les deux enfants dont elle soigne pieusement l'éducation.
Douée d'un esprit religieux, elle accepte sans murmurer les charges que la Providence lui envoie.


3 janvier 1877
On nous écrit du canton de Blâmont :
« Jeudi dernier, 28 décembre, à Blâmont, on rendait les derniers devoirs à un tout jeune prêtre, M. l'abbé J.-B. Thiaucourt, vicaire d'abord à Cirey, puis ensuite à Flavigny où il est décédé à l'âge de 28 ans..... ;
» La santé autrefois si robuste de ce jeune ecclésiastique, semblait lui présager une longue carrière; mais Dieu en a disposé autrement. Fiat voluntas tua !
» Nous avons été édifiés de l'empressement qu'une notable partie de la paroisse de Blâmont a mis à venir témoigner de ses sympathies à ce jeune prêtre et à sa famille désolée, et surtout au vénéré abbé Guyot, oncle du défunt, aumônier de l'abbaye de Flavigny, autrefois professeur en notre ancien et toujours bien regretté collège ecclésiastique de Blâmont.
» Ici, comme en maints autres endroits, le peuple fidèle a témoigné manifestement de son attachement pour le prêtre et le principe éminemment social qu'il représente ici-bas. Sans aucun doute la population de Blâmont aimait le jeune abbé Thiaucourt à cause de ses bonnes qualités, de ses souffrances, de sa famille, de son parent si dévoué ; mais elle l'aimait surtout, ne craignons pas de l'affirmer, parce qu'il était prêtre, c'est-à-dire appelé par état à travailler au salut des âmes et aux vrais intérêts du peuple.
» Dieu ne lui a pas laissé le temps, ni donné les forces, pour remplir sa sainte mission. Et.cependant, comme il désirait pouvoir se consacrer au ministère pastoral ! comme il soupirait après Je jour où, revenu à la santé, il pourrait entrer en une petite paroisse ! Ses désirs si pieux ne devaient pas être exaucés! Dieu s'est contenté de quelques prémices ; puis a environné ce cher abbé du manteau de la souffrance, l'a purifié par une longue résignation à sa volonté, et l'a amené, espérons-le du moins, par une mort édifiante à la possession de l'immortelle couronne : Et ost endit illi regnum Dei !
» C‘est ce qu'à fort bien exprimé M. le curé de Flavigny.dans l'allocution touchante qu'il a adressée à l'assistance, si nombreuse et si sympathique, qui l'écoutait attentivement ; c'est ce que représentaient les 20.prêtres accourus autour de ce cercueil, heureux d'affirmer de nouveau, en cette triste occasion, au vénéré M. Guyot, qu'eux tous, aussi bien que la ville de Blâmont, n'oublieraient jamais ni ses vertus ni son dévouement. Puisse cette touchante manifestation adoucir les vives douleurs qu'une double séparation, celle de la mère, sa soeur bien-aimée, et celle du fils, son cher filleul, survenues coup sur coup, a répandues dans son coeur ! C'est le désir le plus sincère de celui qui s'honorera toute sa vie de se dire son élève reconnaissant. E. J.


7 janvier 1877
Nous avons le regret d'annoncer la mort [...]de M. l'abbé Delarue, ancien professeur à Pont-à-Mousson, ancien curé de Chazelles et d'Amenoncourt, décédé à Blâmont, le 2 janvier, à l'âge de 55 ans.


21 janvier 1877
Un troisième décret en date du 12 janvier 1877, agrée la nomination de M. l'abbé Didierjean, curé de Villers-les-Nancy, à la cure de Blâmont, vacante par la démission de M. l'abbé Marsal.


20 février 1877
Les pluies abondantes qui n'ont cessé de tomber depuis quelques semaines, ont amené jeudi un grand débordement de la Meurthe et de la Vezouze. La crue s'est produite subitement et a dépassé les plus fortes de l'hiver. Depuis Saint-Clément sur la Meurthe et depuis Blâmont sur la Vezouze les prairies étaient couvertes d'une immense nappe d'eau entraînant des arbres entiers et quantité d'objets de toutes sortes.
Les eaux décroissent d'une manière sensible, mais les deux rivières ne sont pas encore rentrées
dans leur lit.


22 février 1877
Un ancien douanier, du nom de Charles Laverdure, âgé de 49 ans, domicilié à Blâmont, où il était employé comme ouvrier tanneur, s'est jeté dans la Vezouse jeudi dernier, vers six heures du matin. On s'est aperçu dans la même journée de sa disparition, mais on ne l'a retrouvé que le dimanche à cinq heures du soir. Laverdure ne jouissait pas de toutes ses facultés mentales. (Courrier.)

A Domêvre-sur-Vezouze, un jeune homme; occupé dans la forêt communale, a trouvé le 17 courant, vers quatre heures du soir, pendu à-un arbre, le cadavre du nommé Victor Gérard, âgé de 23 ans, domestique dans cette commune, et qui avait disparu depuis le 1er du mois. Gérard avait déjà été soigné à Maréville pour aliénation mentale ; c'est sans doute à une reprise de la maladie qu'il faut attribuer son suicide.


1er avril 1877
Un incendie dont les causes sont inconnues, s'est déclaré dans la soirée de dimanche 25, au domicile du sieur Pierron (Athanase), cultivateur à Saint-Martin, canton de Blâmont. En peu d'instants, le bâtiment et la grange ont été dévorés parles flammes. Malgré les secours empressés des habitants, on n'a pu sauver non sans peine, que le bétail et un peu de linge.
Les.pertes causées par ce sinistre sont d'environ 14,000 fr., dont 11,000 seulement couverts par l'assurance.


19 avril 1877
Lundi dernier, M. Joly, 1er prix d'orgue à l'Ecole Niedermeyer, de Paris, depuis quinze années organiste à Blâmont et maître de musique dans les établissements d'instruction de cette ville, s'est fait entendre sur le grand orgue de la basilique Saint-Epvre, en présence de tous les membres du Conseil de Fabrique et de quelques connaisseurs.
Il s'agissait de pourvoir au remplacement de l'organiste démissionnaire.
Le jeune artiste a été apprécié et jugé à l'unanimité capable de lui succéder avantageusement.
Organiste, violoniste et compositeur distingué, M. Joly n'est pas inconnu parmi nous : il a figuré déjà avec succès dans plusieurs concerts à Nancy ; et, tous ceux qui l'ont entendu se sont plu à rendre à son talent l'hommage le plus flatteur.
M. Joly entre en fonctions le 1er mai prochain. Il donnera, à Nancy comme à Blâmont, des leçons de
différents instruments. Les personnes qui voudraient, dès maintenant, lui proposer des élèves peuvent s'adresser provisoirement au presbytère de Saint-Epvre.


21 avril 1877
On demande un Organiste pour la paroisse de Blâmont.
S'adresser à M. le Curé.


5 mai 1877
On nous annonce que M. A. Joly, organiste du grand orgue à la paroisse Saint-Epvre, va être remplacé à Blâmont par M. Wackenthaler, organiste du grand orgue à la Cathédrale de Toul. M. Wackenthaler a obtenu en 1874 le 1er prix d'harmonie (1re section), à l'Académie de musique de Lille, succursale du Conservatoire de Paris.


19 mai 1877
M. Dedenon, juge de paix, à Blâmont, possède hors ville un très-beau jardin. Les arbres plantés par lui il y a une dizaine d'années y sont magnifiques et promettaient une abondante récolte.
Une petite pièce d'eau toujours abondamment remplie de poissons ajoutait encore aux charmes de cette propriété à laquelle M. Dedenon donnait tous ses soins.
Une de ces dernières nuits on s'introduisit dans ce jardin; la plupart des arbres, espaliers et autres furent arrachés, cassés, hachés, les poissons furent volés, les cloches à melon brisées puis jetées dans la pièce d'eau; en un mot on a commis dans ce jardin des actes de vandalisme que l'on ne peut guère attribuer qu'à une vengeance qui s'est manifestée d'une façon aussi sauvage que stupide.
La justice recherche le ou les coupables, il faut espérer qu'elle les trouvera.


30 juin 1877
Le 25, vers 6 heures du soir, Jacques Hossain, d'Amenoncourt, âgé de 9 ans, n'ayant pas pris garde à l'arrivée d'une voiture de foin, malgré les avertissements de quelques enfants avec lesquels il jouait, est tombé en dessous du cheval de devant, qui lui a donné un coup de pied dans le ventre et un autre au front.
M. le docteur Meyer, de Blâmont, appelé, a constaté que les blessures étaient fortes, mais qu'il n'y avait pas de danger pour la vie de l'enfant.


22 septembre 1877
A la suite d'une discussion, J. D..., journalier à Blâmont, a reçu dans la région épigastrique un coup de couteau qui lui a été porté par un garçon épicier de cette commune. D'après M. le docteur Spire, la blessure pourrait entraîner des conséquences graves.


30 septembre 1877
Enseignement laïque.
Institution de Blâmont
(MEURTHE - ET- MOSELLE).
Les classes latines sont faites par des bacheliers ès-lettres.
Les cours professionnels qui comprennent : la préparation à l'industrie, à l'agriculture, au commerce, au certificat de grammaire, au diplôme de l'enseignement secondaire spécial, aux écoles vétérinaires, aux ponts et chaussées, aux contributions indirectes, à l'instruction primaire, sont faits par des professeurs de l'Ecole normale spéciale de Cluny.
Langues allemande et anglaise.
RENTRÉE 8 OCTOBRE.


21 décembre 1877
On nous signale de Blâmont le suicide par strangulation du nommé Jean Chalier, âgé de 40 ans, journalier en cette ville.
C'est, dit-on, l'inconduite qui l'aurait poussé à ce funeste dessein. (Moniteur.)


12 janvier 1878
Un acte de vandalisme a été commis sur la fin du mois de décembre à la chapelle de la Bonne-Fontaine, située sur le territoire de Domjevin, canton de Blâmont. Voici la nomenclature des objets
qui ont été brisés et saccagés, et qui composaient le mobilier de cette chapelle: 1°une vierge en pierre; 2° trois crucifix ; 3° une paire de candélabres en bronze ; 4° trois paires de chandeliers ; 5° plusieurs vases en porcelaine contenant des fleurs artificielles ; 6° plusieurs statuettes sous globe ; 7° une douz aine de cadres suspendus à la muraille, et 8° la nappe d'autel.
Tous ces objets ont été complètement détériorés ; plusieurs débris ont été trouvés en dehors de la chapelle.
Les dégâts peuvent être évalués à 230 fr.
Le vol n'a pu être le mobile de ce méfait, attendu que la presque totalité des objets a été retrouvée.


21 février 1878
Un décret a nommé dans le corps du génie, au grade de capitaine de réserve, M. Alexis Edouard Bechmann, capitaine du génie démissionnaire, à Blâmont.


13 mars 1878
On lit. Dans l'Eclaireur :
« Sur la recommandation de M. Cosson, M. le ministre de l'instruction publique vient d'accorder à la ville de Blâmont, par arrête en date du 5 courant, un secours de 5,000 fr. pour la reconstruction de sa maison d'école. »
Nous voyons souvent des subventions de cette sorte accordées tantôt sur la recommandation d'un républicain, tantôt sur celles d'un conservateur. Par le fait, elles deviennent dès lors des réclames électorales. Et c'est un abus. Pour tout ce qui concerne l'instruction et les écoles, le ministre ne devrait s'en rapporter qu'aux demandes des inspecteurs ou des recteurs.


23 mars 1878
On nous écrit au sujet des funérailles de M. l'abbé Claude, ancien curé de Domjevin, mort le 10 mars,
dans sa 81e année :
« Monsieur le Rédacteur,
» Nous venons de rendre les derniers devoirs au vénérable abbé Claude, curé de Domjevin. Il faut dire que ses funérailles furent vraiment un triomphe : pendant que son âme, purifiée par plusieurs années de souffrances, c'est-à-dire de résignation et de mérites, entrait triomphante dans l'éternité, ses paroissiens jonchaient les rues de feuillage et élevaient des arcs-de-triomphe.
» Je connais peu M. le curé de Domjevin, disait un bon confrère, mais avant d'entendre son éloge, à la seule vue de cas démonstrations, je devine qu'il a été aimé dans cette paroisse. » Oui, il fut aimé
des populations de Domjevin et de Fréménil qui, après s'être succédé, pendant deux jours et deux nuits, au pied de son cercueil, se retrouvèrent tout entières sur le bord de sa fosse dans la prière et les larmes. Il fut aimé et respecté de ses confrères, qui, malgré le mauvais temps, accoururent au nombre de près de trente pour lui dire un dernier adieu et partager la peine de son digne ami, M. le curé de Réchicourt. Des groupes nombreux étaient même venus des paroisses voisines, attestant que jusqu'à elles s'étaient étendus les bienfaits du Vénérable défunt.
» On ne peut se défendre d'une tendre émotion. Ce long flot de populations se déroule dans les rues en un magnifique cortège, et le bon pasteur repasse une dernière fois devant ces maisons, où il apporta si souvent ses conseils et ses bénédictions, la guérison pour le corps et les consolations pour l'âme.
» A l'église, les célébrants sont des enfants de Domjevin, qu'il prépara pendant leur jeunesse pour la vie sacerdotale. Les coins du poêle sont tenus par des confrères qui furent ses intimes, soit qu'il leur ouvrît sa conscience, soit qu'il leur donnât ses conseils de père, et il est porté par des paroissiens de prédilection, ses bons voisins, auxquels il accorda parfois.de partager ses récréations.
» Chacun sait les qualités du défunt, mais avec quel bonheur on les entend redire par M. le doyen de Blâmont ! Sa belle et éloquente parole, dont les accents émus sont, dès le premier mot, à l'unisson de notre douleur, nous en fait la plus heureuse description. Elle nous retrace sa première vocation, prenant naissance sous les arceaux de cette magnifique église de Saint- Nicolas-de Port, dont les voûtes élevées portent si bien l'âme vers Dieu. - Son premier ministère à Bainville-aux-Miroirs, d'où il administra avec un zèle d'apôtre trois ou quatre paroisses à la fois. - Son passage à Tantonville, où il laissa des regrets et compte toujours des amis, - Enfin son ministère de près de 40 ans à Domjevin, où, ma gré les difficultés du premier moment, il sut conquérir de bonne heure, et conserver jusqu'à la mort, l'estime et l'affection de ses paroissiens.
» Il avait reçu de Dieu d'heureuses qualités: une haute intelligence bien faite pour les grandes questions de philosophie ; un coeur sensible, qui le rendait compatissant; une parole convaincue, éloquente, qui lui valait souvent l'honneur de la prédication dans les paroisses voisines ; une politesse aimable et des manières affables.
» Sa foi préférait se tenir sur les sommets, mais elle était profonde et vive. Quand, il y a trois ans, après une terrible chute, il dut recevoir les derniers sacrements, il disait à ses paroissiens, faisant cortège, jusqu'à son lit, au Dieu eucharistique : « Ne pleurez point, l'heure de mourir n'est point venue ; je reçois les derniers sacrements pour vous donner le bon exemple, pour vous engager à les demander de bonne heure, quand vous serez gravement malades ; car c'est par eux que Dieu console le malade, et dispose son âme à la patience.» Il ne mourut pas, en effet, et sa première visite au rétablissement de sa santé fut pour le bon Dieu.
» Agenouillé aux pieds du Saint-Sacrement, il dit à Notre-Seigneur avec une foi naïve : « Je vous
remercie, mon Dieu, mais ne recommencez plus. » II voulait vivre ; Dieu lui accorda trois années, mais qui durent servir d'une nouvelle et plus longue et plus méritoire préparation à la mort. Dieu voulait le détacher peu a peu de la vie, et mûrir son âme pour le ciel. Sa préparation fut complète. « Je vous bénis de tout mon coeur, dit-il à son successeur, vous ferez ici ce que je n'ai pas fait, et réparerez ce que j'ai mal fait. » Et plus tard : « Non seulement je meurs sans peine, mais je meurs avec plaisir. » Le lendemain son âme s envolait au Ciel, purifiée par la souffrance.
» Les saints prêtres meurent dans de tels sentiments. Sans doute, ils sont bien consolés par les marques d'affection que de bons paroissiens leur témoignent dans la maladie, gage des démonstrations éclatantes qui embelliront bientôt leurs funérailles ; mais ce qui les console davantage et les réjouit c'est l'attention du Bon Père à les détacher insensiblement de cette vie pour leur faire désirer le Ciel, au point qu'ils peuvent dire : « Non seulement je meurs sans peine, mais je meurs avec plaisir. ».


11 juillet 1878
M. Thimon, instituteur-adjoint à Blâmont, est nommé instituteur de hameau à Igney-Avricourt (école provisoire).


9 septembre 1878
96 concurrents se sont présentés, à Paris, pour les bourses que la Compagnie des chemins de fer de l'Est met à la disposition des fils de ses employés. Dognon (Emile), de Cirey,a été reçu le 4e ; Condamy (Charles), d'Avricourt, le second, à l'examen écrit, et le 5e à l'oral. Ils sont élèves du Collège de Blâmont.


29 octobre 1878
Un incendie dont là cause est inconnue vient de détruire deux maisons ainsi que le mobilier et les récoltes qu'elles contenaient appartenant au sieur Jeanjean, aubergiste, et Breton, cultivateur à Chazelles, canton de Blâmont.
Les dégâts dépassent 44,000 francs et sont couverts en partie par l'assurance.


2 novembre 1878
On nous écrit de Cirey, le 29 octobre :
« Monsieur le Rédacteur,
» Dimanche dernier, la paroisse de Harbouey était en fête, la joie rayonnait sur tous les visages, tous >es coeurs étaient épanouis parce qu'une œuvre vraiment artistique et monumentale, une oeuvre à laquelle tous avaient mis la main, venait d'être heureusement terminée.
» A la place de l'ancien clocher qui menaçait d'ensevelir l'église sous ses ruines, s'élève une jolie tour romane, aussi élégante que solide. Sa gracieuse flèche qui perte bien haut dans les airs la croix, symbole de notre rédemption, domine toutes les campagnes environnantes. Aucun détail n'a été négligé, depuis les grandes lignes qui accusent un ordre architectural, jusqu'au moindre chapiteau, jusqu'à la frise la plus légère, tout est d'une régularité, d'un fini remarquables. M. le curé-doyen de Blâmont, avant de faire descendre les bénédictions célestes sur le nouveau monument, prit la parole, et dans des termes qui allèrent au coeur d'un auditoire nombreux et 'recueilli, il a rendu hommage à qui de droit.
» Honneur d'abord au vénérable et bien-aimé curé de la paroisse qui n'en est pas à son coup d'essai, et qui, dans sa verte et active vieillesse, a été l'âme de l'entreprise. Grâce à lui, une œuvre magnifique a été menée à bonne fin, une tour élégante a été construite, la plus belle, sans contredit, de toute la contrée, faisant l'orgueil des habitants et excitant l'envie des voisins. Honneur à l'architecte, M.Mangenot.de Lunéville, dont le talent; justement connu et apprécié, est au-dessus de tout éloge. Honneur à l'entrepreneur, M. Tiha, de Blâmont, qui a su pousser avec activité et sans accident, des travaux difficiles et souvent dangereux. Remerciements au conseil municipal qui n'a reculé devant aucun sacrifice pour doter la commune de son plus bel ornement ! Remerciements à tous les habitants qui ont contribué, dans la mesure de leurs ressources, à l'érection de ce monument de leur piété, de leur foi, de leur religion !
» L'orateur a ensuite rappelé dans une chaleureuse et touchante allocution, ce qu'est l'église au milieu de nous, la maison de Dieu et la maison de l'homme. Que de précieux souvenirs se rattachent au sanctuaire béni dans lequel notre âme a été inondée de toutes les grâces du Ciel!... Et qu'est- ce donc qu'un clocher pour une.paroisse ? La sentinelle vigilante qui répète à tous les échos de la
terre, par la-voix majestueuse-de ses cloches:
« En haut les coeurs ! » C'est le phare étincelant, dont la croix est l'impérissable foyer de lumière, phare -allumé sur les rivages de la vie pour nous guider vers l'éternité !
» Après la messe, la bénédiction solennelle a été donnée à la nouvelle tour, qui restera comme un élégant modèle d'architecture et de goût, et comme un éloquent témoignage de la charité et du dévouement des fidèles et de leur vénéré pasteur. »


29 janvier 1879
Lundi dernier a eu lieu, à Blâmont, au milieu d'un très-grand concours, les autorités en tête, l'enterrement de M. l'abbé Marsal. chanoine honoraire, ancien curé de Blâmont, décédé le 24 janvier chez son neveu, M. Helluy, curé d'Emberménil.
M. l'abbé Marsal a dirigé avec succès et, on peut le dire, relevé le Collège de Blâmont. C'est lui aussi qui, en qualité d'administrateur de la paroisse, a beaucoup contribué, avec le vénérable curé, son prédécesseur, à la construction de la nouvelle église.
Nommé curé de Blâmont, M. l'abbé Marsal s'est activement mêlé à toutes les oeuvres de charité, et les regrets qui l'ont accompagné à sa dernière demeure prouvent que son souvenir est toujours vivant parmi ses anciens paroissiens.
Ces regrets ont trouvé deux éloquents interprètes en M. l'abbé Didierjean, curé actuel de Blâmont, et M. Mezière, président du Conseil de Fabrique
M. le curé a fait, avec beaucoup de distinction, de tact et de coeur, l'éloge du vénérable défunt à l'église ; et M. Mézière a rappelé sur la tombe, avec une émotion communicative, les vertus et les services du prêtre que tout le monde regrettait et pleurait.


19 avril 1879
Blâmont. - Le 14 du mois courant, le nommé Bresley, ouvrier tanneur, étant ivre, et ayant voulu monter sur son grenier, est tombé du haut de l'escalier. Le docteur Virlet ayant visité le corps a déclaré qu'il avait l'épine dorsale fracturée.


13 août 1879
Le sieur C..., demeurant à Blâmont, étant venu à Nancy ces jours derniers a perdu sa bourse contenant la somme de 33 fr. 25 c. Un chien, appartenant à un officier de la garnison, ayant trouvé cette bourse, l'apporta à son maître qui s'est empressé de la déposer au Bureau central de police, où elle a été remise à son propriétaire.


7 novembre 1879
Blâmont a été trois ou quatre jours sans maire. A la suite de difficultés avec l'administration, M. Brice a adressé sa démission au ministre ; mais dimanche, après des démarches réitérées des membres du Conseil, il a consenti à reprendre ses fonctions.

Cent hectolitres de vin falsifié, adressé de Montpellier à un négociant de Blâmont, ont été saisis et déposés sous scellé dans les caves de la mairie à la disposition du parquet de Lunéville.

 

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