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Journal - La Presse du jour

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Presse - L'Espérance, courrier de Nancy - 1880-1890


3 février 1880
Le 29 janvier, à quatre heures du matin, un incendie s'est déclaré à Blâmont dans une maison située dans la Grande-Rue.
Cette maison a été brûlée, et les deux voisines légèrement avariées. C'est grâce aux efforts des pompiers et de là population que le sinistre a pu 'être circonscrit.
Les pompiers de Frémonville, Barbas, Gogney et Repaix sont accourus, avec leurs pompes, malgré la rigueur de la saison et il faut louer leur bonne, volonté.
Six familles se trouvent sans abri et dans la misère. Nous les recommandons à la charité publique.
Le propriétaire et deux locataires seulement
étaient assurés aux Compagnies de l'Aigle, de la Générale et de la Nationale. Les pertes sont évaluées à environ 17,000 francs, dont 15,000 à la chargé desdites compagnies. La rumeur publique prétend, ajoute le Progrès, que la malveillance ne serait pas étrangère à ce fatal événement ; mais on ne peut rien dire de positif à cet égard.


11 février 1880
Nous apprenons que M. E. Maire, de Blâmont, chef d'escadrons au 8e hussards, vient d'être appelé à l'état-major général du ministre de la guerre.


15 février 1880
M. Delarue. (Jules), de Blâmont, capitaine au 3e régiment d'infanterie de marine, vient d'être nommé chevalier de la Légion-d'Honneur.
Cet officier compte dix-neuf ans de service et douze campagnes.


7 mai 1880
Par-arrêté de M. le préfet de Meurthe-et-Moselle, en date du 1er avril, a-été nommée institutrice communale :
A Blâmont, Mlle Robert, institutrice à Lebeuville, en remplacement de Mme Bastien, Soeur Eudoxie.
Enfin, un arrêté du 7 avril nomme directrice de salles d'asile :
A Blâmont, Mlle Noirel, directrice d'asile à Bayon;


16 juillet 1880
On nous écrit de Blâmont, le. 14 juillet :
« Monsieur le Rédacteur,
» Notre petite ville de. Blâmont a eu dans la soirée du 14 juillet sa petite représentation radicale; la retraite aux flambeaux, exécutée par le corps des pompiers de la ville, était accompagnée de cris ressemblant à des hurlements accentués par les : A bas les Jésuites ! qui se faisaient surtout entendre en-face des maisons habitées par des personnes peu favorables aux proscriptions actuelles; mais ce qui met le comble à ces-scènes de désordres et leur donne une couleur sinistre, c'est cette devise inscrite en lettres de feu sur la façade de l'usine à gaz de la ville : « L'union fait la force. - Expulsion des traîtres à la patrie. »
» Agréez, etc»


18 juillet 1880
« Monsieur le Rédacteur,
« La ville de Blâmont toute entière, sans exception de parti, est encore sous le coup de l'émotion que lui a causée la sinistre devise illuminée au-dessus de l'usine à gaz de la ville pendant la soirée du 14.
» Malgré la réprobation universelle qu'elle a soulevée et une protestation adressée à la mairie par M. Squivet, propriétaire, M. le maire de Blâmont a déclaré qu'il n'y avait pas lieu de donner suite à la requête qui lui était adressée et aujourd'hui 17, alors que toute apparence de fête a disparu de la ville, la population du lieu et des environs peut encore lire l'inscription incendiaire.
« La responsabilité de cet acte inqualifiable ne reposait d'abord que sur un seul homme qui a pu se tromper sur la portée de la pensée qu'il exprimait. Aujourd'hui elle reposé toute; entière sur le maire de Blâmont, qui en répondra devant l'opinion publique.
« Agréez, etc. »


30 septembre 1880
Mardi, à 10 heures du matin, M. l'abbé Haudeville, membre du Chapitre, a succombé à la maladie qui depuis un an inspirait à ses amis de si vives inquiétudes.
Les obsèques du vénérable chanoine ont lieu aujourd'hui jeudi, à 9 heures, à la Cathédrale.
Après le Service son corps sera transféré à Salonnes, dans la sépulture de sa famille.
M. l'abbé Haudeville sera regretté des nombreux amis qui l'ont connu vicaire à Gondreville, directeur de l'Institut des Frères établi à Nevers, principal du Collège de Blâmont, curé d'Amance, aumônier de l'hospice Saint-Julien, aumônier de l'hôpital militaire de Nancy et enfin chanoine titulaire de la Cathédrale.


5 décembre 1880
Le nommé Jean-Baptiste Henriquel, âgé de 52 ans, cordonnier, domicilié à Blâmont, vient d'être condamné par le tribunal de Lunéville, pour chasse sans permis avec lacets, dans la forêt de Domevre, à deux mois de prison, cent francs d‘amende et aux frais liquidés à 22 fr. 54 c.


9 décembre 1880
Tentative d'assassinat à Saint-Martin.
Le 4 décembre, une journalière de Croismare, nommée Marguerite Beau, âgée de vingt et un ans, se rendit à Saint-Martin (canton de Blâmont), où elle avait une tante, la veuve Voinot, brave femme de soixante-douze ans, qui l'accueillit avec bienveillance.
Il était trois heures de l'après-midi quand elle arriva. Elle dit à sa tante qu'elle avait l'intention d'aller jusqu'à Avricourt où se trouvait une de ses amies qu'elle désirait voir. Mais comme il était déjà tard, elle lui demanda de passer la nuit dans sa maison. La veuve Voinot qui était pauvre et mal logée accueillit cependant la demande de sa nièce et lui offrit l'hospitalité. Elle prépara à souper ; les deux parentes causèrent de choses et d'autres et, le soir venu, elles allèrent se coucher toutes les deux dans le même lit. Quelques heures après, Marguerite Beau qui avait formé un projet sinistre se leva sans bruit, chercha dans l'obscurité un fichu qu'elle avait apporté avec elle et aussitôt qu'elle l'eut trouvé revint près du lit où dormait sa vieille tante. Elle explora à tâtons le chevet du lit, chercha la tête de la pauvre femme et essaya de lui glisser autour du cou le fichu avec lequel elle voulait l'étrangler.
La vieille femme, réveillée par ce mouvement, demanda à sa nièce ce qu'elle avait. Celle-ci lui répondit avec un affreux cynisme : « Je vais te mettre un médaillon au cou, » et, en même temps, réunissant les deux extrémités du foulard, elle serra de toutes ses forces pour étrangler la malheureuse. La vieille femme poussa des gémissements et se débattit. Sa nièce, craignant que le bruit ne fût entendu, tira sa victime avec violence, la jeta hors du lit et la traîna par le cou, dans la chambre, en lui frappant la tête sur le sol.
Elle l'emmena ainsi jusque dans la cuisine et là, voyant que la malheureuse femme vivait encore et pensant qu'elle ne pourrait l'étouffer assez vite au moyen du fichu, elle se mit à genoux sur la poitrine de sa victime, et lui serra le cou avec ses mains en disant : « Il faut que tu y passes et que je te tue aujourd'hui. » La veuve Voinot, retrouvant des forces dans son désespoir se débattit avec énergie contre son assassin et put se dégager.
L'obscurité était profonde, c'est à cette circonstance qu'elle dut de pouvoir se sauver. Pendant que Marguerite Beau, affolée par le crime et perdue dans les ténèbres, cherchait à ressaisir la victime qui venait de lui échapper, celle-ci eut assez de sang-froid pour se glisser sans bruit vers une porte que sa nièce ne connaissait pas ; elle l'ouvrit et traversant l'écurie, elle alla appeler du secours chez les voisins. Pendant ce temps la fille Beau avait trouvé une allumette, l'avait enflammée, et à sa lumière s'était rendu compte de l'endroit par où sa tante s'était enfuie.
Elle s'élança vers l'écurie, pensant pouvoir rejoindre sa victime, mais celle-ci était en sûreté ; les voisins qu'elle avait appelés s'apprêtaient à sortir de leurs maisons. En entendant ces bruits, la fille Beau songea à se cacher ; elle monta dans un grenier, se dissimula sous un tas de regain, mais ses précautions furent inutiles : quelques minutes après, les voisins la découvrirent dans sa cachette et l'arrêtèrent. Interrogée, elle a fait des aveux complets et a déclaré que, soupçonnant sa tante d'avoir de l'argent caché, elle avait résolu son crime pour s'en emparer. Elle a été conduite à la maison d'arrêt de Lunéville. Mme Voinot, dont l'état est très-grave, porte autour du cou de nombreuses meurtrissures et des traces bleuâtres, indices de la strangulation; elle a aussi plusieurs contusions à la figure et sur le crâne. (Progrès.)


15 décembre 1880
Le 10 courant, vers une heure de l'après-midi, les nommés, Jules Wittmaye et Frédéric Weidig, tous deux âgés, de 20 ans et originaires de Francfort, soldat au 25e régiment d'infanterie prussienne à Strasbourg, se sont présentés à la gendarmerie de Blâmont, déclarant qu'ils avaient déserté le corps, le 8, à 3 heures et demie du matin. Ils ont été mis en état, d'arrestation.


29 décembre 1880
Dimanche vers 8 heures 1/2 du soir, le feu éclatait à Verdenal dans deux maisons différentes. L'une isolée, habitée par M. Marchand, boulanger, et située à l'extrémité du village ; l'autre habitée par son beau-père, entassée au milieu du village et contiguë à l'église.
Fort heureusement l'on a pu très-vite éteindre ce dernier incendie, la maison de M. Marchand a été complètement consumée, le mobilier seul à pu être sauvé ; les pompiers de Blâmont, d'Autrepierre et de Domévre accourus pour prêter secours ont été impuissants à arrêter les progrès du feu.


5 février 1881
On vient d'arrêter à Blâmont deux jeunes filles de la ville, qui, excitées, dit-on, par leurs familles se livraient à l'industrie du vol. On estime à 800 fr. les sommes qu'en trois fois et depuis trois semaines, elles auraient enlevées à M. Grandemange, épicier.


11 février 1881
M. l'abbé Nicolas-Claude Gascon, ancien curé de Verdenal et retiré du saint ministère depuis 1874, a rendu son âme à Dieu, le 27 janvier. Il venait d'avoir quatre-vingts ans.
Né à Domêvre-sur-Vezouze, le 17 janvier 1801, d'une famille honorable et chrétienne, séminariste fort édifiant et mortifié, M. l'abbé Gascon devint aussitôt après son ordination sacerdotale, en février 1825, administrateur de Flavigny; puis curé de Moriviller. Là il parvint, à forces d'épargnes et de pieuses industries, à ajouter la somme, énorme pour lui, de dix mille francs aux dix mille déjà offerts par la paroisse et à rebâtir l'église en ruines. Après 25 ans de ministère à Moriviller, l'autorité ecclésiastique le rapprochant de son village natal lui confia la paroisse importante de Frémonville le 25 avril 1850. En 1859 il la quitta, au milieu d'unanimes regrets, accédant aux désirs d'un ami, qui l'invitait à gérer l'économat du collège de Blâmont.
Des circonstances diverses le firent changer de poste. Le 22 février 1862, en même temps qu'il restait économe, il devint curé de Chazelles. Le 1er janvier 1863, il rentra tout à fait dans le ministère paroissial, niais ne fit guère que passer à Agincourt. De nouveau, dans la même année, le 16 août 1863, il reprenait ses fonctions au collège et aussi celles de curé de Verdenal.
Cependant l'âge avancé ne lui permettant plus de mener de front deux administrations, il opta pour le ministère, et voulut terminer sa vie ecclésiastique comme il l'avait commencée: Uniquement curé de Verdenal, le 1er octobre 1865, il entreprit et conduisit à bonne fin la reconstruction du presbytère. Après quoi, ressentant les fatigues de l'âge, il se retira à Domêvre-sur-Vezouze, le 1er octobre 1874, dans la maison paternelle pour se préparer à la mort, comme il disait.
« Ses funérailles ont été édifiantes : M. le curé-doyen de Blâmont a voulu venir rendre les derniers honneurs à ce bon prêtre et a ému toute l'assistance en parlant de cette piété et de cette dignité
dont les paroissiens de Domèvre étaient les témoins depuis plusieurs années. » *
M. Gascon était membre de l'Association des prières. (Extrait de la Semaine religieuse.}


19 février 1881
M. Lévy, âgé de 81 ans, demeurant à Blâmont, s'est tué en se jetant par la fenêtre de sa chambre : la mort a été instantanée. C'est sans doute dans un accès de fièvre, que M. Lévy, malade depuis longtemps, s'est donné la mort ; il avait profité de la très-courte absence d'un de ses voisins, venu chez lui sur sa prière, afin de le veiller. (Id.)


13 mars 1881
On écrit de Blâmont à la Meurthe :
« Mardi dernier, un incendie a éclaté à 9 heures du matin, au domicile de M. François Malo, vannier à Ogéviller. Le corps de logis où le feu a pris a été détruit. Grâce aux secours apportés par les pompiers et les habitants de la commune qui sont arrivés en toute hâte sur les lieux, on a pu garantir les engrangements et écuries dépendant de ladite maison. Les pertes seront couvertes en partie par la compagnie d'Assurances générales.
» Les pertes occasionnées aux objets mobiliers et marchandises du sieur Auguste Monzein, cordonnier, locataire, seront couvertes par la compagnie l'Union.
» La cause est attribuée à un vice de construction. »


6 avril 1881
On écrit de Blâmont :
«Le 2 courant, vers 3 heures 3/4 du soir, la grêle a tombé pendant environ dix minutes. Les grêlons étaient de la grosseur d'un oeuf de pigeon ; quelques vitres ont été brisées. »


8 mai 1881
Tous les journaux de Paris publient une dépêche de l'Agence Havas annonçant que « le principal du collège de Blâmont a pris la fuite en emportant la caisse de l'établissement. »
Nous lisons, d'autre part, dans le Journal de la Meurthe :
« Le Progrès qui consacrait ces jours derniers encore une grande colonne à des Congréganistes reconnus coupables par la justice, se donne bien garde de parler des mésaventures qui arrivent aux laïques.
» Nous nous étonnons, par exemple, que lui, si bien informé, ne souffle mot de M. Girardin, directeur du collège de Blâmont, qui s'est enfui, emportant la caisse de l'établissement.
» Ah! si c'était un malheureux Frère, il y a longtemps que le Progrès se serait empressé d'annoncer la bonne nouvelle. »


10 mai 1881
LA FIN D'UN COLLÈGE LAÏQUE.
On lit dans le Journal de Lunéville :
« Blâmont possédait un collège qui, pendant 30 ans, sous la direction du regretté M. l'abbé Marsal, remporta de nombreux et légitimes succès, et s'était acquis une réputation bien méritée.
» Après les évènements de 1870, cet établissement se trouvant libre, passa sous la direction d'un laïque,M. Gérardin, qui tenait une sorte d'école professionnelle en pays annexé. Nous ne croyons pas nous tromper en disant que tout marcha bien pendant les premiers temps, mais depuis quelques années, les choses changèrent d'aspect et, comme résultat, dans la nuit de jeudi de la semaine dernere, M. Gérardin prenait la fuite. Le samedi, M. Barthélemy, adjoint, recevait une lettre dont voici le résumé : « Je pars pour Paris avec 100 francs, j'ai lutté tant que j'ai pu, mais il m'est impossible de continuer. »
» On comprend l'émotion qui, à la suite de cette nouvelle se répandit dans la ville, d'autant plus que si l'on en croit le bruit qui court, M. Gérardin devrait plus de 12,000 fr. rien qu'à ses fournisseurs de Blâmont.
» Les frères et amis l'ont donc bien mal soutenu ?
» Ce qu'on trouve de singulier dans cette fuite, c'est que M. Gérardin ne l'ait pas effectuée pendant les vacances de Pâques, mais qu'il ait attendu la rentrée, moment auquel il est d'usage de payer d'avance un trimestre de la pension. S'il y a eu de l'argent touché, qu'est-il devenu ?
» Les élèves ont dû regagner leurs familles et se disperser dans d'autres établissements.
» On dit que M. Gérardin ne sera pas remplacé et que l'administration veut faire des démarches pour obtenir une petite garnison.
» L'Eclaireur, qui a tant de bonheur à raconter des histoires de Congréganistes, garde le silence le plus complet sur une aventure dont l'un des siens est le héros. »


12 mai 1881
M. Dedenon, cultivateur à Autrepierre, passait à Cirey conduisant une voiture chargée de planches; il voulut monter sur un des chevaux attelés à la voiture, mais, dit le Progrès, ayant mal calculé son élan, il tomba à terre, et la voiture lui passa sur les jambes. Il fût immédiatement transporté dans un hôtel voisin où M. le docteur Mayeur de Blâmont, et M. Martin, médecin à Cirey, lui donnèrent les premiers soins. Les blessures de M. Dedenon sont assez graves : il a la jambe droite fracturée et la main droite fortement contusionnée.


15 juin 1881
Six garnements de Blâmont, six jeunes gens de 18 ans appartenant à des familles fort tranquilles, ont assailli un pauvre diable et lui ont donné un coup de couteau, qui met sa vie en danger. On se perd en conjectures sur cette sauvage agression.


5 juillet 1881
Jeudi vers 4 h. du matin, un incendie s'est déclaré dans la buanderie d'une maison occupée par le café du Commerce, à Blâmont.
Cé n'est que vers 6 h. 1/2 que les pompiers furent complètement maîtres du feu. Les dégâts relativement considérables sont couverts par l'assurance.


9 juillet 1881
Le nommé Jean-Baptiste Kalsch, âgé de 43 ans, jardinier, demeurant à Lambertsloch (Alsace-Lorraine), a été arrêté pour outrages et voies de fait envers la gendarmerie de Blâmont. Procès-verbal a été dressé contre lui.


26 août 1881
Avant-hier, vers 11 heures du matin, le nommé Joseph Holveck, âgé de 40 ans, journalier, demeurant rue des Quatre-Eglises, 17, qui conduisait une voiture chargée de veaux, pour le compte du sieur Mariette, commissionnaire à Blâmont, voulant, en passant près de la Cathédrale, s'asseoir sur la limonière, glissa et tomba sous les roues de gauche, qui lui passèrent sur le bas des deux jambes. Il a reçu les premiers soins de M. le docteur Sogniez, qui a constaté qu'il avait de fortes contusions aux jambes. Il fut transporté à l'hôpital Saint-Léon.

28 août 1881
On signale de Blâmont, le suicide du nommé Joseph Vouaux, âgé de 36 ans, qui s'est tiré un coup de fusil sous le menton. La mort a été instantanée.


23 septembre 1881
Un individu, originaire d'Alsace-Lorraine, pris en flagrant délit de vol, a été arrêté à Ogéviller. Au moment d'entrer dans la caserne de Blâmont, il parvint à se débarrasser de ses entraves et à s'échapper. Les recherches faites pour le ressaisir ont été jusqu'à présent infructueuses.


1er octobre 1881
Blâmont. - La rentrée de l'école libre des Religieuses de la Doctrine chrétienne de Blâmont aura lieu le mardi 4 octobre, et celle des pensionnaires, le jeudi 6.
Les études comprennent toutes les matières nécessaires pour l'obtention des deux brevets.
Les trois aspirantes que ces Dames ont présentées aux examens de la session de juillet, ont toutes les trois, concouru avec succès.


11 octobre 1881
M. LE CURÉ DE GOGNEY.
Nous trouvons dans la Semaine religieuse d'intéressants et édifiants détails sur la vie et les funérailles de M. l'abbé Munier-Pugin, curé de Gogney, dont nous avons annoncé la mort.
M. Munier-Pugin est né à Gerbéviller, en 1792, et fut baptisé par son père, les prêtres étant proscrits. Il entendit pour la première fois la voix de Dieu qui l'appelait au sacerdoce, le jour de sa première communion. Ordonné prêtre en 1816, il vint assister son oncle dans la cure de Fraimbois où il devait lui-même être curé. Les épreuves ne lui manquèrent pas. Placé successivement dans plusieurs paroisses, il eut à supporter partout les assauts de la persécution et les attaques de la calomnie. Sous ces coups multipliés, les forces du [jeune curé s'altérèrent, il dut retourner pour un temps dans sa famille demander au repos le calme et la santé
Ici nous laissons parler la Semaine qui, elle-même, résume le beau discours prononcé aux funérailles du vénéré prêtre, par M. le curé de Blâmont
« Bientôt M. l'abbé Munier-Pugin fut nommé curé dé Gogney, où le bon esprit, la docilité et l'amour filial des habitants devaient lui faire oublier les tristesses du passé, et où en retour le pasteur allait se dévouer au bien de tous. Comment dépeindre cette physionomie particulière, cette nature exceptionnellement vigoureuse, bravant les années et montrant encore, sous les cheveux blancs du nonagénaire, l'énergie du jeune homme ? Son regard pénétrant, sa voix vibrante et forte, son
geste aussi énergique que son coeur était bon, faisaient de lui un homme à part. Au moral, il excellait dans les deux vertus que Jésus commandait à ses disciples. A une grande prudence il joignait la simplicité de la colombe. Il fut toujours le prêtre digne, intègre, bienfaisant. Sa sobriété était extrême, sa générosité ne connut pas de bornes. Ils le prouvent bien, ces dons princiers qu'il fit aux bonnes oeuvres, surtout à la plus intéressante et la-plus menacée : l'OEuvre dés Séminaires. Et dans sa paroisse : cette église restaurée, cette tour qui s'élève fièrement dans la vallée, ces cloches qui portent au loin la joie ou la tristesse, ce cimetière si bien placé d'où les morts peuvent prêcher les vivants : tels sont les principaux fruits de son zêle et de sa charité. Mais si ces oeuvres publient sa charité, d'autres dévoilent sa foi et son amour des âmes : l'orateur les dépeint avec une saisissante émotion en le suivant dans l'exercice de son ministère.
Nous n'oublierons jamais le spectacle émouvant qui s'offrit à nos regards attendris à la peinture du bon pasteur donnant ses soins à tous : aux enfants, aux vieillards et surtout aux mourants. A tant de souvenirs évoqués, bien des larmes ont coulé, et la plupart, sans doute, cachaient un secret que les anges connaissent. C'est qu'il les aimait, ce bon vieillard, ceux qu'il appelait si bien ses enfants ! Il les aimait puisqu'à un âge si avancé, alors que tout l'invitait à prendre un repos si justement mérité, il veut rester jusqu'au bout au milieu de sa chère famille. Et quand on le pressait : Laissez-moi, disait-il, je n'en ai plus que pour quelque temps à vivre, je veux mourir ici. Et quelques jours avant sa mort, pour ne point être séparé de ceux qu'il aimait, il faisait préparer sa tombe derrière la porte du cimetière, disant avec cette bonhomie qui était le fond de son caractère : « Je veux être comme le mendiant qui tend la main aux portes : je mendierai une prière à ceux qui entrent et à ceux qui sortent. » Son dernier désir était rempli et quatre jours après il mourait avec le calme que donne aux justes l'espoir de la résurrection et de la gloire.
Les funérailles de ce bon prêtre eurent lieu le 1er octobre.
Des le matin, des parents, des amis, des prêtres surtout, quelques-uns venant de bien loin, accouraient nombreux pour rendre au défunt les derniers devoirs. Malgré les pressants travaux de la campagne, tous les habitants de la paroisse entouraient le cercueil. Les autorités avec leurs insignes ont voulu donner, par leur présence, un témoignage public de leur profonde vénération pour leur dévoué pasteur. C'est toujours un touchant spectacle que les funérailles du prêtre qui a su conquérir par ses enseignements, ses exemples et ses bienfaits, l'estime et la reconnaissance de ses paroissiens.
Après la levée du corps, le cortège funèbre parcourut les principales rues du village. On eut dit que le bon curé voulait une dernière fois revoir encore une à une les maisons de ses enfants pour les bénir : aussi reçut-il partout sur son passage ces témoignages sincères de douleur et de respect que le coeur seul sait inspirer.
La messe solennelle fut chantée par M. l'abbé Poirine, curé de Cirey, et l'éloge funèbre, nous j l'avons dit plus haut, prononcé par M. le curé de Blâmont.
M. l'abbé Munier-Pugin, doyen d'âge des curés du diocèse, était dans la 89e année de sa vie et la 65e de son sacerdoce.


17 octobre 1881
Les obsèques de M. le docteur Virlet, enlevé subitement à l'affection de sa famille, ont eu lieu samedi à Blâmont au milieu d'une affluence nombreuse et sympathique.


M. E. Marin, de Blâmont, chef d'escadrons au 8e hussards, secrétaire du Comité de cavalerie, a été par décret du 3 octobre, promu au grade de lieutenant-colonel au 13e dragons.


6 décembre 1881
Dons au Musée lorrain. - [...] M. Ernest Euler, horloger à Blâmont, a offert une monnaie en or de l'empereur Justin.


11 janvier 1882
M. le docteur Zimmermann est nommé médecin-inspecteur du service des enfants protégés de la deuxième circonscription de Blâmont.


30 mars 1882
On annonce de Blâmont au Courrier qu'un ancien notaire du canton a quitté son domicile, voilà déjà quelques semaines, en annonçant sa rentrée pour le soir, sans qu'on l'ait revu depuis.
II avait continué à s'occuper de placements de fonds pour les campagnards qui commencent à s'inquiéter de cette trop longue absence.


17 mai 1882
Vendredi après-midi, M. Dufour, cultivateur à Repaix, sortait de Blâmont, monté sur sa voiture attelée d'un cheval. Il avait avec lui les enfants de M. Nicolas, pâtissier à Blâmont. On ne sait par suite de quelle circonstance, le cheval mal dirigé entraîna la voiture contre un des arbres qui bordent la route. Dufour fut si violemment projeté à terre qu'on le releva évanoui et la tête tout ensanglantée ; les enfants de M. Nicolas avaient heureusement été jetés dans un pré et n'ont aucunement été blessés.
M. Dufour a reçu les soins de M. le docteur Mayeux qui, malgré la gravité de la blessure, est assuré de le sauver.


21 mai 1882
Encouragement au bien. - [...] désignée par le comité central de la Société nationale d'encouragement au bien, siégeant à Paris, pour recevoir une médaille d'honneur [...]Mlle Sarah Nordon, de Blâmont, recevra la même distinction pour son dévouement à sa famille et sa piété filiale. Cette récompense lui a été accordée sur la présentation et la notice signée par le maire, le conseil municipal et une grande partie de la population de Blâmont.


31 mai 1882
On nous écrit de Blâmont, le 29 mai :
« Monsieur,
« Dans votre réponse à M. E. Thouvenin, vous ne relevez pas cette aimable phrase : « Ils peuvent créer des écoles libres. » Ah ! qu'on nous restitue les fonds qui nous sont soutirés au profit des écoles laïques et alors nous ne serons pas embarrassés d'établir des écoles libres. Ici, par exemple, dans le but de conserver nos excellentes Soeurs, nous avons dépensé plus de quarante mille francs pour l'achat et la construction de la maison qu'elles occupent, sans compter les contributions, les droits de location et de société, les frais d‘entretien, etc., etc., qui reviennent chaque trimestre ou chaque année. Comment peut-on supposer que de petites communes, pauvres pour la plupart, trouvent moyen de faire de semblables dépenses.
« M. Thouvenin se moque du monde avec sa création d'écoles libres. Et quand on est parvenu à construire à grands frais une maison convenable sous tous les rapports, est-on bien certain de pouvoir ouvrir l'école ? Les entraves de tout genre que nous avons éprouvées pour faire accepter la nôtre permettent des doutes à ce sujet.
» Agréez, etc. »


9 août 1882
Est-ce un communiste que Jean-Baptiste Henriquel, cordonnier, demeurant à Blâmont ?
Toujours est-il qu'il veut avoir sa part du gibier que d'autres paient à chers deniers. C est pour cela que, sous prétexte-de promenades de santé, il se plaît à tendre des lacets à lièvres dans la forêt de Grandseille. Cela ne fait pas l'affaire du garde particulier Toussaint, de Domêvre, ni du brigadier Cropsal, de cette même commune. Ayant trouvé dans un affreux engin, le cadavre d'un pauvre lièvre, ne s'avisèrent-ils pas de faire faction autour et de mettre la main sur le braconnier, qui supputait déjà dans son esprit ce que lui rapporterait sa proie ! Sa prise lui a rapporté deux mois de prison et deux cents francs d'amende. De leur côté, les agents de l'autorité ont reçu 50 fr. de la Société de répression du braconnage.


25 août 1882
Concours de pompes à Blâmont. - La fête favorisée par le beau temps a pleinement réussi, grâce à la bonne volonté des communes environnantes et au zèle déployé par M. Mézière, capitaine de la compagnie de Blâmont, et par M. Delahaye, sous-lieutenant. Le concours consistait en trois épreuves :
1° Mise en Batterie des pompes; attaque du feu et sauvetage des personnes ;
2° Bon entretien et perfectionnement du matériel ;
3° Stratégie sur les premiers devoirs dans un incendie.
Voici la liste des récompenses :
1re Division. Manoeuvre. 1er prix d'honneur, offert par M. Mézière, capitaine, Cirey. 2e prix d'honneur, offert par M. Delahaye, lieutenant, Baccarat.
2e Division. Manoeuvre. 1er prix, offert par le conseil d'administration, Ancerviller. 2e prix, offert par la compagnie de Blâmont, Montigny.
1re Division. Manoeuvre, 1er prix, offert par M. Delarue, sergent-major à Blâmont, Herbéviller. 2e prix, offert par l'Union, Harbouey. 3e prix, Gogney. 4e prix, Frémonville.
2e Division. Manoeuvre. 1er prix, offert parla compagnie de Blâmont, Ogéviller. 2e prix, Tanconville. 5e prix, Autrepierre.
1re Division. Tenue. 1er prix, offert par MM. les sous-officiers de Blâmont, Verdenal. 2e prix, Frémonville. 5e prix, Badonviiler.
4e Division. Matériel. 1er prix, Chazelles. 2e prix, Autrepierre. 5e prix; Tanconville.
1re Division. Stratégie. 1er prix, Badonviller. 2e prix, Gogney.


6 janvier 1883
On écrit de Blâmont, à la Meurthe.
« Un sinistre a éclaté, hier, vers 7 heures du matin au domicile de M Charles Leclerc, cultivateur et ancien maire à Vaucourt; la maison de celui-ci et celle de M. Auguste Colas, son voisin, aussi cultivateur, ont été détruites ainsi que le mobilier et les récoltes qu'elles renfermaient.
« On ignore la cause de l'incendie.
« Les pertes sont considérables. Il y a assurance pour 40.000 francs.
« A plus tard les détails. »


12 janvier 1883
On écrit de Blâmont à la Meurthe :
« Un crime affreux vient d'être commis à Barbas, sur la personne de Mme veuve Nicolas Hachair, rentière audit lieu.
» M. le juge de paix, M. le docteur Zimmermann, de Blâmont, le capitaine de gendarmerie de Lunéville et les gendarmes de Blâmont sont en ce moment à Barbas, occupés à faire une enquête.
On ignore encore ici le nom de l'assassin. »
Dans son numéro de jeudi, la Meurthe ajoute :
« L'assassinat de la veuve Hachair, âgée de 66 ans, rentière à Barbas, dont nous avons parlé dans notre numéro d'hier, aurait été commis par son fils Auguste, qui vivait en mauvaise intelligence avec sa mère.
» Hachair a été gardé à vue jusqu'à l'arrivée du procureur de la République de Lunéville, qui s'est transporté sur les lieux pour continuer l'enquête.
» M. Mayeur, médecin à Blâmont, qui a visité le corps, a constaté une plaie profonde à l'intérieur de la mâchoire inférieure, de nombreuses excoriations autour de la bouche, des ecchymoses au front et au poignet.
» L'enquête continue. »


14 janvier 1883
L'assassinat de Barbas. - Le parquet s'est transporté à Barbas pour examiner le cadavre de Mme Hachair, assassinée dans la nuit du 7 au 8 janvier. M. Zimmermann, médecin à Lunéville, requis par l'autorité judiciaire, à confirmé le rapport de M. Mayeur, de Blâmont, qui concluait à un assassinat.
En recevant la déclaration de l'état civil, le maire avait interrogé Augustin Hachair, et, le voyant troublé, il a fait visiter le corps par M. Mayeur.
On nous écrit que la servante a entendu un cri de détresse et a trouvé la victime aux mains de son fils qui la tenait, en appuyant les deux genoux sur la poitrine. Mme Hachair le suppliait en disant :
« Laisse-moi, Augustin, je t'en prie. » Sur l'injonction de cette servante, qui lui reprochait l'indignité de sa conduite, Hachair s'était éloigné. Puis il est retourné près de sa mère, est redescendu une demi-heure après, et s'est écrié : « Maintenant elle est, morte, »
L'assassin avait essayé de nier, mais après la déposition de la servante, il a. tout avoué, il a même déclaré que quand Mme Hachair a été morte il l'a replacée sur son lit. (Progrès.)
Le parricide Hachaire, de Barbas, dit le Courrier, a avoué avoir étranglé sa mère après l'avoir terrassée; ce misérable a allégué pour sa défense que sa mère le calomniait dans le village.


7 février 1883
M. l'abbé Pescher, curé de Vého, a été condamné par le juge de paix de Blâmont à sept jours de prison pour mauvais traitements envers des enfants. ;
Nous espérons, dit la Gazette, que M. l'abbé, en appellera, car il nous paraît victime de quelque machination.


11 mars 1883
On écrit de Villacourt au Progrès :
« M. Richard qui, depuis vingt-six ans, remplissait les fonctions d'instituteur à Frémonville, vient de succomber après huit jours de maladie.
» La municipalité, les sapeurs-pompiers, les habitants de Frémonville et quarante instituteurs environ, ont prouvé aujourd'hui leur reconnaissance pour cet instituteur dévoué.
» Plusieurs discours ont été prononcés, l'un, par M. Barthélemy, ex-instituteur à Blâmont, ami et collaborateur du défunt ; un second par M. Isay, délégué cantonal, qui a retracé en quelques paroles le dévoûment de ce maître de la jeunesse, et un troisième par M- l'abbé Chazelles, au nom de ses anciens élèves. M. l'inspecteur primaire de Lunéville s'était fait excuser par une lettre très-élogieuse à l'égard du défunt.
» Autre circonstance bien triste, quelques instants avant l'enterrement, Mme Richard, brisée de douleur, rendait le dernier soupir. »


16 mars 1883
Un incendie a dévoré une meule de paille appartenant à M. Frédéric Marchal, cultivateur à Blâmont. Les pertes s'élèvent à 300 fr. Non assurées.
La cause en est due à un imprudent fumeur qui, voulant allumer sa pipe, avait été se placer derrière la meule, pour se mettre à l'abri du vent.


18 mai 1883
Acte de probité. - Vendredi dernier, 11 mai, à 9 heures du matin, M. Victor Adrian, de Barbas, agent particulier de la compagnie d'assurance l'Urbaine, en tournée de règlement, a trouvé sur la route dans le trajet de Chazelle à Gondrexon, un portefeuille qui ne contenait d'autres papiers que trois billets de 100 francs et quatre billets de banque de 50 francs, ensemble 500 fr.
Cet honnête agent s'est empressé de faire sa déclaration en arrivant à Gondrexon.
En sortant de cette localité, il a rencontré le très désolé propriétaire, le sieur Perrin, de Gogney, domestique chez le sieur Kahn, marchand de bestiaux à Blâmont. Sur preuves de propriété et devant témoin, il a été très heureux de lui remettre ce porte-feuille et son contenu, n'acceptant pas d'autre récompense que celle d'avoir rempli consciencieusement son devoir et de vifs remerciments.


20 mai 1883
M. LE CURÉ DE XOUSSE.
Nous avons brièvement annoncé, avant-hier, la mort à l'âge de 43 ans, de M. l'abbé Honor, curé de Xousse.
« Cette mort, dit la Semaine religieuse, a excité les regrets unanimes de la paroisse qu'il administrait depuis 12 ans.
» A ses funérailles qui ont eu lieu mardi, l'église s'est remplie comme pour les plus grandes solennités. Quarante-cinq prêtres étaient venus rendre les derniers honneurs à leur confrère et ami. M. le curé-doyen de Blâmont a retracé sa vie au milieu des sanglots de toute l'assistance. Né à Hampont, M. l'abbé Honor avait fait de brillantes études au Petit-Séminaire de Pont-à Mousson. Il fut, au sortir du Séminaire Je Nancy,, envoyé comme professeur à Fénétrange. Lorsque fut fondé le Pensionnat du B. P. Fourier de Lunéville M. Honor y enseigna avec le même dévouement et le même succès qu'à Fénétrange. En 1871, il quitta le professorat pour le ministère paroissial. Il fut nommé curé de Xousse. La petite vérole régnait dans cette paroisse : M. le curé fut atteint par cette terrible maladie quelques jours après sa prise de possession. A peine guéri, il s'occupa des malades avec une bonté, une sollicitude dont on parle aujourd'hui encore avec reconnaissance et admiration. Rien ne faisait présager la nouvelle maladie qui vient de le frapper et de l'enlever à l'affection de ses paroissiens.
» Le vendredi 4 mai, il fut pris d'un malaise qui lui parut être le résultat des fatigues de la fête
de l'Ascension. Le dimanche matin, il ne put célébrer la Sainte Messe, mais il se rendit encore à l'église où il voulut distribuer la sainte Communion aux fidèles.
» Le soir du même jour, une fluxion de poitrine se déclarait avec des caractères inquiétants. M. Honor ne se doutait cependant pas de la gravité de son état. Il souffrait beaucoup : mais il trouvait une sorte de consolation dans sa souffrance : c'est pour mes paroissiens que je souffre disait-il, ainsi, je puis encore leur faire un peu de bien ; je ne me plains pas. Le samedi, pendant la nuit, l'agonie commença. Un de ses amis qui le veillait, le prévint du danger que jusqu'alors il n'avait pas soupçonné. Aussitôt avec la foi la plus vive et la piété la plus édifiante, il se prépara à la mort. A 8 heures du matin, il expirait.
» Chacun alors de le pleurer : son éloge était sur toutes les lèvres et dans tous les coeurs. On se plaisait à redire sa douceur : il était bon pour tous ; conciliant, évitant les difficultés : jamais il ne sut refuser un service. Tous ceux qui l'ont vu au collège et dans sa paroisse vantent son dévouement aux enfants qu'il aimait et sur lesquels il exerçait la plus salutaire influence. Ses conseils toujours sûrs, étaient recherchés et suivis par tous : on savait son jugement droit, sa discrétion à toute épreuve ; et on avait confiance. Sa modestie, peut-être excessive, l'a empêché de faire paraître des talents, qui certainement lui auraient permis de rendre de grands services au diocèse et à l'Eglise.
» Sa vie, pendant laquelle on peut dire qu'il a rempli une longue carrière, restera dans le souvenir de ceux qui l'ont connu, comme une des vies les plus édifiantes et les plus dignes d'éloges.
M. M. Honor faisait partie de l'Association de prières pour lés prêtres défunts. »


3 juin 1883
Le feu a pris chez M. Mathieu, marchand tailleur à Blâmont. On est parvenu à l'éteindre rapidement. Il y a pour 300 fr. de dommages qui sont couverts par une assurance.


28 novembre 1883
Un tramway de Blâmont à Lunéville. - On s'occupe beaucoup en ville, dit l'Eclaireur, d'un projet de tramway de Blâmont, se dirigeant sur Lunéville.
La demande de concession doit être déposée au conseil général par un ingénieur.
On pourra également, plus tard, faire traverser la ville à ce tramway et le prolonger jusque Einville.
L'importance de ce projet ne peut échapper à personne.


29 janvier 1884
A Blamont, deux dames se sont un peu crêpé le chignon. Nos confrères racontent cela, comme si c'était chose rare qu'une bataille de ce genre !


13 mars 1884
A son audience du 7 mars, le tribunal de Lunéville a rendu son jugement dans une affaire qui dure depuis fort longtemps et a mis en émoi tout le canton de Blâmont.
Le nommé Stingre, ancien notaire à Blâmont, a été condamné pour abus de confiance à 2 ans de prison et 500 fr. d'amende.
Le délinquant se trouvant à l'étranger a été condamné par défaut.


8 avril 1884
On écrit de Blâmont au Progrès, à la date du 4 avril, que le fermier de la ferme de Haut-Seille, commune de Leintrey, canton de Blâmont, a capturé il y a quelques jours cinq jeunes loups.


14 avril 1884
M. L'ABBÉ J.-P. GONDREXON.
La Semaine religieuse consacre au vénérable abbé J. P. Gondrexon, dont nous avons annoncé la mort, les lignes suivantes que nos lecteurs liront avec édification :
« Depuis bientôt six mois, M. Gondrexon était menacé du coup qui vient de le frapper. Pendant quelques jours, le mal dont il était atteint et qui ne pardonne guère, lui laissa quelque relâche, mais il le reprit avec plus de violence mercredi. L'état du malade devint tout à coup inquiétant. Le jeudi il ne pouvait plus dire la messe. Dans la nuit de vendredi à samedi, il demandait et recevait avec la résignation la plus édifiante les derniers sacrements. Quelques heures après il s'endormait paisiblement dans le Seigneur.
» Les obsèques du vénérable Supérieur ont eu lieu lundi. Quarante prêtres environ étaient venus rendre les derniers devoirs à celui qui les avait tant de fois accueillis avec une bonté et une simplicité toute patriarcale. Une députation des Frères de la Doctrine chrétienne représentait la Congrégation religieuse à laquelle il avait consacré la plus grande partie de sa vie. Toute la population d'Ognéville entourait le cercueil du bon curé dont les funérailles offraient le spectacle d'un véritable triomphe. M. Gondrexon méritait tous ces honneurs. Comme l'a fait remarquer, dans une allocution touchante, M. le doyen de Vézelise, depuis son ordination, 1836, jusqu'à sa dernière heure, M. Gondrexon, a été partout et toujours un modèle de foi vive, de charité généreuse, de zèle ardent. Le travail ordinaire du prêtre ne suffisait pas à son activité. Pendant neuf ans, il exerça en même temps les fonctions de vicaire à la paroisse et de professeur au collège de Blâmont. En 1848, il était curé de Repaix, sans cesser d'être professeur. Lorsqu'il devint curé d'Ognéville, il prit la direction des Frères de Vézelise. La manière dont il remplit cette nouvelle charge lui fit bientôt offrir le titre de Supérieur ecclésiastique de la Congrégation. Peu de temps après, il était nommé chanoine honoraire de la Cathédrale.
» Dans ces différents postes, M. Gondrexon s'est surtout distingué par l'intrépidité de son zèle. L'instruction des enfants était une de ses plus constantes préoccupations. Depuis qu'il n'est plus permis de parler religion à l'école, il les réunissait tous les jours, à la sacristie, et, pendant une heure, ayant d'offrir le saint sacrifice de la Messe, iI leur faisait le catéchisme. Jamais, ni la fatigue, ni la mauvaise saison ne lui firent abandonner cette oeuvre à laquelle il attachait une importance
capitale.
Après les enfants de la paroisse, les bons Frères étaient l'objet de sa vive sollicitude. Il aimait se trouver au milieu d'eux, à leur prêcher par l'exemp le et par sa Parole vibrante, énergique, l'obéissance, la piété, le dévouement et toutes les vertus religieuses. Ce ne fut point sans une profonde tristesse qu'il les vit quitter Vézelise et aller d'établir au Montet. Cette séparation laissa dans son coeur une blessure qui ébranla fortement sa brillante santé. Il essaya de trouver une distraction à sa peine, en fondant une oeuvre dont il avait souvent remarqué l'utilité. A la vue des nombreux domestiques qui trop souvent apportent dans les campagnes les vices et les habitudes les plus funestes, il lui vint en pensée de créer un orphelinat agricole, où se formeraient, pour le service des cultivateurs, des jeunes gens dociles, laborieux, honnêtes et pieux. L'entreprise dépassait ses forces : elle ne réussit pas. Ce fut une nouvelle épine qui lui déchira le cœur.
« Son ministère pastoral, toujours inspiré par un zèle plein d ardeur, ne lui procura pas non toutes les consolations qu'il méritait et que lui réservait sans doute le Seigneur dans un monde meilleur. Il est d'ailleurs si difficile de combattre les passions, de s attaquer aux vices sans être exposé à de cruelles représailles ! Mais qu'importe la malice des hommes à qui fait son devoir, consciencieusement, religieusement et pour Dieu ? C'est ainsi que le fit toujours le vénérable curé d'Ognéville. Aujourd'hui sans doute, il en est largement récompensé. »


7 juillet 1884
Le cadavre de M. Breton, manoeuvre à Foulcrey, a été trouvé, il y a quelques jours, dans la rivière, sur le territoire de Blâmont. M. Breton était étranger à la localité ; son identité n'a pu être constatée que grâce à des papiers presque illisibles qui se trouvaient dans ses poches.

M. Michel, vannier à Ogéviller, est tombé à bas d'un boeuf sur lequel il était monté en rentrant des champs. Il a succombé quelques instants après.


25 octobre 1884
Vol. - M. Masson, homme d'équipe au chemin de fer, à Igney, a été attaqué, le 20 octobre, par plusieurs jeunes gens de Blâmont qui lui ont enlevé sa montre ; il n'a pu donner aucune indication sur les auteurs du vol.


8 novembre 1884
M. Gérardin, marchand de vin à Ancerviller, canton de Blâmont, revenait dernièrement (1er novembre) de voyage, lorsqu'arrivé près dudit village d'Ancerviller, ses chevaux s'emportèrent. Ayant voulu descendre de voiture, M. Gérardin fut pris dans les guides et tomba sous les roues de sa voiture.
C'est en vain, ajoute la Dépêche, que les premiers secours lui furent donnés: la colonne vertébrale était cassée et quelques heures après il expirait chez lui dans d'atroces souffrances.


23 janvier 1885
Nomades. - Deux individus accompagnés de trois femmes et d'une bande d'enfants, ayant avec eux deux ours, se sont présentés â la douane allemande, à Avricourt, ces jours passés et cherchaient à s'introduire sur le territoire français, en passant par Igney ; ils ont été repoussés par le personnel de la brigade.
Ces nomades sont retournés à Avricourt et chercheront probablement à s'introduire en France par un autre point.
Les brigades de Blâmont, Cirey, Badonviller, Lunéville et Arracourt sont prévenues pour empêcher leur entrée.


25 janvier 1885
On signale la mort subite du sieur François Guénaire, âgé de 76 ans, cultivateur à Nonhigny, mort attribuée à une hémorragie interne.

Le nommé Joseph S..., né à Ridzeltz (Alsace-Lorraine), domestique à Blâmont, a été arrêté pour vol et écroué à la maison d'arrêt de Lunéville.


12 février 1885
La gendarmerie de Walscheid vient d'escorter à Sarrebourg un de ces individus qui s'introduisent dans les maisons et demandent l'aumône presque la menace à la bouche. Cet individu sera sans doute réintégré dans son pays, à Frémonville, aux environs de Blâmont.


28 février 1885
Nous apprenons le mariage de M. Henri Hanriot, docteur en médecine à Blâmont, avec Mlle Marie Batho, fille de M. Alphonse Batho, licencié en droit, à Cirey-sur-Vezouze. M. H. Hanriot est originaire de Lucy (Lorraine), où habitent encore ses parents, M. et Mme François Hanriot.


5 avril 1885
Sapeurs-pompiers. - Par décision du 23 mars 1885, sont nommés à la compagnie des sapeurs-pompiers de Blâmont : capitaine, M. Gorius-Mézières ; lieutenant, M. Delabbeye, Jules; sous-lieutenant, M. Pierson, Victor.


9 avril 1885
M. Wormser, marchand de bestiaux à Blâmont, la victime de l'accident survenu à la gare de Nancy il y a trois mois, a survécu à ses horribles blessures ; il a subi avec un plein succès l'amputation d'un bras et d'une jambe, et une opération chirurgicale très douloureuse au pied droit. C'est grâce aux bons soins de M. le docteur Bernheim, et aussi à un tempérament robuste que M. Wormser a guéri aussi rapidement. M. Wormser sortira prochainement de l'hôpital civil ; pendant tout le temps qu'il y a passé, sa famille ne l'a pas quitté.
Jour et nuit, ses deux frères et sa femme se relayaient à son chevet. L'infortuné mutilé ne s'est pas trop affecté de sa situation et il s'estime encore heureux d'avoir conservé la vie. (Impartial.}


15 mai 1885
MORT DE JORNÉ VIARD.
Lundi matin est décédé, à l'hospice Saint-Julien, un des pensionnaires les plus pauvres et les plus dignes d'intérêt de cet hospice, le sculpteur Jorné Viard, dont le nom eut son heure de célébrité.
Notre excellent confrère, M. Auguin, consacre à l'artiste décédé un article duquel nous extrayons les passages suivants :
« Jorné Viard était né à Saint-Clément, le 23 janvier 1820. C'est à l'école de cette petite commune qu'il apprit à lire et à écrire, juste ce qu'il fallait pour tenir imparfaitement ses comptes. Employé à la faïencerie, il manifesta de bonne heure un goût pour le modelage et fut employé promptement aux ateliers de sculpture. Il acquit bientôt assez d'habileté pour parfaire les reproductions de Cyfflée au sortir du moule. C'est dans ce travail délicat de la retouche qu'il conçut le sentiment de la forme et l'amour de la statuaire. Distingué par Alexandre Gény, l'éminent collectionneur, il fut envoyé aux Beaux-Arts à Paris, où il apprit, dans l'atelier de Bonassieux, ce que le travail de la manufacture ne pouvait lui donner, les doctrines et les traditions générales de l'art.
» A son retour, au bout de quelques années, sa première oeuvre fut inspirée par la reconnaissance. Il prit pour modèle une fille de son bienfaiteur, aujourd'hui dominicaine, dont il sculpta un buste charmant... »
M. Auguin énumère ensuite les oeuvres principales de Viard et ajoute :
« Parmi les bustes de notoriétés lorraines dus à son ciseau, nous citerons notamment ceux de Digot, de de Haldat, de de Lassalle, de Parade, des deux généraux Thiry, de de Lambel (au musée de Bar), de Dom Calmet (détruit dans l'incendie du Musée lorrain), de Gastaldy, du curé Trouillet, d'Alexandre Gény et de son père, de Mathieu de Dombasle (chez M. de Meixmoron), de Lacordaire, de l'abbé Michel (du Séminaire), le médaillon de l'abbé Gridel (des Jeunes-Aveugles).
» Il est également l'auteur du 'colossal saint Maurice, commandé et sculpté pour l'église de Blâmont... »
Notre confrère raconte ensuite la période de décadence de l'artiste imprévoyant qui, insouciant de l'avenir, n'avait jamais songé à la maladie et à la vieillesse.
« L'une et l'autre, dit-il, frappèrent simultanément et prématurément à sa porte. A soixante ans, l'habile imagier, dont les oeuvres décorent tant de monuments nancéiens, Jorné Viard, sans famille, sans ressources, envahi par un commencement de paralysie générale, était réduit à solliciter son inscription comme indigent sur les listes municipales, et le triste bénéfice d'un lit à l'hôpital Saint-Julien. La municipalité s'empressa de faire droit à sa demande et l'y fit admettre avec la faveur d'une double pension, s'élevant à la somme de 650 fr. dans cet asile où il était sinon protégé contre le terrible assaut de ses pensées et de ses regrets, du moins à l'abri de la noire et dégradante mendicité.
» Depuis 1880, nous rencontrions parfois le pauvre homme donnant carrière dans les rues de Nancy à sa dernière passion, - l'amour du soleil. Il allait, le chef branlant, la démarche lourde, promenant sa tristesse de paralytique et fumant une grosse pipe qui fût restée vide sans la libéralité d'un de ses vjeux amis. Nous lui adressions la parole affectueusement et il nous répondait par une poignée de main, un sourire navrant, où on lisait toutes les amertumes de son ambition déçue, car ses perceptions cérébrales étaient restées nettes. Puis il essayait un bégaiement auquel sa langue se refusait et plus tristement encore, sans avoir pu articuler un mot, il s'éloignait, une larme dans les yeux. C'était tout ce qui restait de Jorné Viard, l'auteur du duc Antoine - terrifiante leçon pour les artistes.
« C'est de ce modeste hospice de Saint-Julien où il s'est éteint chrétiennement, la nuit dernière, dans la paix de Dieu, que son cercueil sortira jeudi pour se rendre au cimetière du Sud. M. le maire, que nous avens sollicité ce matin, a bien voulu nous laisser espérer - et nous l'en remercions - que la ville accorderait la concession définitive du terrain où les restes du pauvre artiste trouveront du moins le repos perpétuel, dernier hommage dû à son talent et à sa laborieuse carrière.
» Nous espérons que quelques amis s'uniront à nous - nous acceptons d avance toute offrande - pour assurer à Jorné Viard une dernière protection contre l'oubli, la simple pierre tombale sur laquelle seront écrits son nom, la date de sa naissance et celle de sa mort. C'est la seule marque de sympathie que nous sollicitons pour le modeste artiste, vaillant, désintéressé, imprudemment généreux, mort oublié ou méconnu par une génération de citoyens dont il méritait assurément d'être plus apprécié. »


26 juillet 1885
Un voleur volé. - Le 20 juillet courant, la dame Devénoit, marchande de chiffons à Blâmont, a quitté son domicile après avoir fermé toutes les issues, moins une fenêtre du rez-de-chaussée dont elle a seulement fermé les volets. Pendant son absence un malfaiteur s'est introduit par là, a bouleversé tout l'intérieur de la maison, culbuté le linge dans une armoire et emporté deux chemises en cretonne blanche estimées 8 fr. ; mais en revanche, le voleur a laissé sur place, parce qu'il a été dérangé par un voisin de la victime, un sac contenant des effets et victuailles, provenant sans doute d'un autre vol, et d'une valeur de 172 francs.


28 juillet 1885
M. Wormser est retourné à Blâmont où il jouit de l'estime générale. (Impartial).


13 août 1885
Dans la nuit du 6 au 7 courant, des malfaiteurs inconnus ont mutilé treize arbres fruitiers, estimés 600 fr., au préjudice du garde champêtre Remy Royer, de Blâmont.


21 août 1885
Querelles de femmes. - Dans une querelle qui a eu lieu le 16 courant, entre les femmes Houart et Masson, toutes deux de Blâmont, la femme Houart a lancé un arrosoir à son adversaire qui se trouvait dans sa cuisine ; elle manqua son but mais atteignit le jeune Masson, âgé de 14 mois, assis au milieu de la chambre.
M. le docteur Hanriot, qui a donné les premiers soins à l'enfant, n'a pas encore pu se prononcer sur la gravité de la blessure.


2 septembre 1885
Le 24 août dernier, un incendie a complètement détruit un rucher d'abeilles, estimé 250 fr., situé lieudit aux Carreaux, territoire de Blâmont, appartenant au sieur Goeury, sculpteur à Blâmont.


22 octobre 1885
NOMINATIONS ECCLÉSIASTIQUES.
Nous apprenons que le gouvernement vient d'agréer la nomination, comme curé-archiprêtre de la Cathédrale, et chanoine (sans traitement), de M. l'abbé Didierjean, curé-doyen de Blâmont ;
Et celle de M. l'abbé Eloi, aumônir de l'hôpital de Toul, à la cure cantonale de Blâmont.


7 février 1886
Nécrologie. - Nous recommandons aux prières de nos lecteurs l'âme de M. l'abbé Remy-Michel Pinoit, décédé le 1er février, à l'âge de 72 ans.
Né à Blâmont en 1814, ordonné prêtre en 1839, M. Pinoit fut successivement vicaire à Favières, à Nomeny et à Deneuvre. Nommé curé à Gézoncourt, en 1845, il exerça le saint ministère dans cette paroisse jusqu'en 1880. À cette époque sa santé l'obligea à renoncer à ses fonctions : il resta néanmoins comme prêtre habitué dans la paroisse.
C'est là qu'après une longue maladie, supportée avec résignation, il est mort lundi en offrant sa vie au bon Dieu pour le salut de ses anciens paroissiens.
M. Pinoit était membre de l'Association de prières.


5 mars 1886
On nous demande d'annoncer que dimanche prochain, 7 mars, dans la salle de l'Hôtel-de-Ville de Blâmont, un grand bal sera organisé par la jeunesse de la ville au bénéfice du bureau de bienfaisance. Une quête y sera faite pour la même oeuvre.
Quand on veut faire du bien, il doit s'y mêler un sacrifice, et non un amusement ; et autant que nous louerions une souscription, autant nous blâmons les danses charitables.


12 avril 1886
Expulsion. - La gendarmerie de Blâmont a refoulé jusqu'à la frontière du département de Meurthe-et-Moselle une bande de bohémiens qui stationnaient dans la rue principale du village d'Ogéviller.


11 septembre 1886
Montreux. - Une rixe a eu lieu entre les deux beaux-frères Volck, 25.ans, cultivateur, et Martin, 26 ans, de la même profession. Le premier s'est fait l'agresseur, et a piétiné sur les fruits que sa victime conduisait au marché de Blâmont. Il en a détruit pour 15 francs, dans sa colère tout à fait terrible, à ce qu'il paraît.


16 octobre 1886
Blâmont. - Un délit de chasse est relevé contre M. Marchal, 36 ans, couvreur, pour avoir chassé en plaine, le 11 octobre, avec un permis périmé depuis le 8.. La rumeur publique, fort maligne à Blâmont, a donné l'éveil sur ce délit à la gendarmerie.


22 octobre 1886
Repaix. - Une rixe a eu lieu, à la sortie du bal, au moment de la fête patronale, entre le cultivateur Lidviller, 21 ans, et la demoiselle Boubel, 21 ans, demeurant à la ferme Duchamp, écart de Blâmont. La lutte a été rude; car les coups de pied et les coups de parapluie n'ont pas été ménagés, dans cette esclandre scandaleuse.


30 octobre 1886
Blâmont. - D'après la rumeur publique, une pauvre femme, âgée de 72 ans, la veuve Toubhans, était séquestrée par son fils et sa belle-fille à Blâmont. La gendarmerie s'est rendue au domicile de cette femme qu'elle a trouvée dans une chambre n'ayant ni jour ni air, et qui était fermée à clef. Cette clef était entre les mains du fils, qui, sur l'injonction de la gendarmerie, a ouvert la porte. En voyant les gendarmes, la recluse s'est élancée vers eux, en disant : « Ah ! mes pauvres messieurs ! »
Des déclarations, de la veuve Toubhans, il résulte que cette femme est enfermée depuis près de six semaines, qu'elle n'a pour nourriture qu'un peu de pain et d'eau, qu'on lui a retiré son matelas de crin, qu'on a remplacé par des sacs en grosse toile.
Une enquête judiciaire est ouverte.


18 novembre 1886
Saulxures-les-Nancy. - Un sieur Grivel, 21, ans, né à Blâmont, vient d'être arrêté en flagrant délit de tentative de vol, dans le hangar de M. Bonnabel, pendant les offices du dimanche 14 novembre. Il était de complicité avec un sieur Finot, 19 ans, qui a échappé aux recherches. Lesdits Grivel et Finot, de Gugney-aux-Eaux, n'ont vécu, depuis un mois, que de Vagabondage et d'aventures d'un genre suspect.


22 décembre 1886
Les communications entre Blâmont et Igney-Avricourt ont été interrompues par la neige. (Progrès.)


12 janvier 1887
Badonviller. - Une lettre de, M.. Masson, débitant aux Carrières de Badonviller, a dénoncé à la gendarmerie de Blâmont des faits d'escroqueries, tant à son préjudice qu'à celui de M. Cidelle, aubergiste à Badonviller, de la part d'un sieur G..., actuellement domestique chez M. Gonand, aubergiste à Blâmont.
Ledit G... a été arrêté en flagrant délit, et conduit, à Lunéville, devant le procureur de la République, qui l'a fait écrouer.


15 janvier 1887
Blâmont. - M. Hennequin, s'étant livré à la chasse aux corbeaux à l'entrée de la ville, par un temps de neige; a été aperçu parles gendarmes,, qui ont constaté le délit de chasse.
Au moins, n'est-ce pas un cas pendable.


20 janvier 1887
Blâmont. - Un incendie a éclaté chez M. Schoeb, aubergiste et boulanger. Aussitôt combattu, le sinistre n'a causé que pour 100 fr. de dégâts, tant au plancher qu'à la chaudière de la boulangerie.


27 janvier 1887
Blâmont. -" Un incendie a éclaté dans un hangar de M. Marchal, cultivateur, et a causé pour 730 fr. de dommages dans les récoltes et dans l'immeuble. Ce hangar est à 600 mètres de Blâmont, sur le chemin d'Autrepierre. La cause de ce sinistre est inconnue.


8 février 1887
Blâmont. - Un domestique allemand, nommé Hommel, vient d'être arrêté pour avoir volé chez M. Colin, cultivateur, des lapins qu'il est allé vendre à divers particuliers. Il parcourait la banlieue, se rendant d'auberge en auberge ; et c'est à Ancerviller, à l'auberge Colin, qu'on l'a arrêté finalement.


20 mars 1887
On écrit de Blâmont à la Meurthe :
« La clôture de la retraite prêchée à Blâmont par les RR. PP. Georges et Mathieu, a eu lieu mercredi soir, 16 du courant. Une nombreuse assemblée de fidèles y assistaient.
« Le R. P. Georges, dans un éloquent sermon, a retracé lés encourageants conseils que lui et son confrère avaient donnés à leurs auditeurs pendant leur mission ; il les a engagés à persévérer à se conduire en créatures raisonnables conformément au but que Dieu leur a assigné. Il a su les convaincre que la pratique des devoirs religieux est moins pénible qu'on ne se le figure, qu'elle procure une délicieuse satisfaction bien contraire à celle que font éprouver les sentiments d'incrédulité qui y sont en opposition.
» M. le curé-doyen de Blâmont, dans une chaleureuse improvisation, a remercié les Pères de leurs travaux pendant les trois semaines qu'ils ont passées parmi nous ; il a constaté que leurs prédications édifiantes avaient contribué à ramener à la pratique des devoirs à rendre au Créateur et à la société, bon nombre de ceux qui les avaient négligés depuis plusieurs années. »


27 mars 1887
On écrit de Dieuze, le 24 mars, au Lorrain:
« J'apprends à l'instant que la vente des immeubles de M. Mézière est fixée au Vendredi-Saint, 8 avril, à Lunéville. Voulez-vous, M. le rédacteur, me donner l'hospitalité dans votre honorable journal pour protester contre le choix de ce jour? La piété des peuples, à défaut de la loi, avait placé le Vendredi-Saint au rang des jours fériés, et c'est le Vendre-Saint qu'on va choisir pour une vente dont l'importance n'échappe à per sonne ! Combien de gens de Blâmont ou d'ailleurs se dérangeront ce jour-là pour aller à Lunéville? Il sera facile alors à un spéculateur de tout acheter et de faire son beurre, au détriment des créanciers. Est-ce là le but que l'on veut atteindre? Pour peu que les choses continuent ainsi, j'en arriverai à partager l'avis de votre correspondant de Sarrebourg, et à regretter que les intéressés n'aient pas laissé M. Mézière à la tête de sa liquidation. Après tout, son intention n'était pas de nous voler ; il ne se sentait même pas gravement coupable, puisqu'il n'a pas, comme tant d'autres, mis une frontière entre lui et nous. Nous aurions perdu sans doute, puisqu'il a fait lui-même des pertes très considérables ; mais je crois que nous aurions perdu beaucoup moins. - Merci, M. le rédacteur, et veuillent vos confrères en rédaction qui me liront, reproduire aussi ma protestation. C'est l'intérêt de tous les créanciers.
Un créancier.


1 avril 1887
Verdenal. - Le sieur Marchal, 60 ans, mendiant infirme, domicilié à Richeval, est mort, subitement près d'une haie, le long du chemin de Verdenal à Blâmont.


3 avril 1887
Blâmont. - Un inconnu a arraché et enlevé 6 arbres fruitiers, valant 30 fr., dans le jardin de M. Ducret, propriétaire. Le voleur a aussi essayé d'en -arracher d'autres, qui étaient plantés depuis 7 ou 8 ans ; mais il n'a pu y parvenir.


8 avril 1887
Par ordonnance de Monsieur le Juge-Commissaire, la vente des immeubles dépendant de la faillite. Edouard-Gorius Mézière, ex-banquier à Blâmont, annoncée pour le vendredi 8 avril, est reportée au 29, même mois, neuf heures du matin


3 mai 1887
Bienfaisance. - Mme Aubry, décédée à Domêvre-sur-Vezouze le 9 avril dernier, a légué par testament :
1° Au bureau de bienfaisance de Blâmont, une propriété d'un revenu d'environ 300 fr. à distribuer aux nécessiteux ;
2° A la fabrique de l'église de Blâmont, une autre propriété d'un revenu à peu près égal, pour être employé à des services religieux, à entretenir son monument funéraire au cimetière de Blâmont où elle est inhumée, et à d'autres bonnes oeuvres.


8 juin 1887
Blâmont. - Le sieur Fix, 68 ans, propriétaire, a disparu depuis le 4 juin. On le croit tombé dans la rivière la Voise, au pont du Czar, sur le chemin d'Autrepierre à Blâmont.


12 juin 1887
Blâmont. - M. Fix, propriétaire, avait disparu depuis le 4 juin, et on présumait qu'il était accidentellement tombe dans la Voise, en amont de- la forge. Effectivement, son cadavre a été aperçu et retiré de l'eau par M. Limont, directeur de la forge. Il a été reconnu par son neveu, M. Poucher, cafetier à Blâmont.


21 juin 1887
85 membres du, Comice de Lunéville ont participé aux distributions gratuites d'engrais chimiques qui ont eu lieu à Lunéville, Blâmont et. Baccarat. Le Comice, désirant augmenter ces distributions, qui permettent mieux que tous- les discours de se rendre compte de l'efficacité des engrais chimiques, judicieusement appliqués, a inscrit à son budget une somme de 200 fr., soit 100 fr. de plus que les années précédentes, qui sera insuffisante.


30 juillet 1887
Blâmont. - Le sieur Humbert. 67 ans, de Remoncourt, s'est pendu à une poutre de sa chambre à coucher, chez M. Malo, aubergiste. Il avait furtivement quitté sa famille, depuis quatre jours. On a trouvé sur lui la somme de 2,346 fr. Il s'adonnait depuis plusieurs mois à la boisson, et il nourrissait depuis quelque temps des idées noires. A Blâmont, il avait vendu son bien à M. Vormus. Il appartient à une très bonne famille de Remoncourt, et son suicidé provient d'un dérangement du cerveau.


13 août 1887
Nous avons brièvement annoncé, l'autre jour, la mort de M. le chanoine Bastien, pieusement décédé, le 5 août, à Saint-Nicolas-de-Port, dans sa 82e année.
M. Bastien est né à Blâmont en 1806, d'une très honorable famille qui depuis vint habiter Saint-Nicolas.
Aussitôt après son ordination, en 1830, dit la Semaine, il fut nommé curé de Réméréville. En 1840, il fut appelé à Fléville où il exerça le saint ministère jusqu'en 1863, époque à laquelle il se retira à Saint-Nicolas-de-Port, où il vient de mourir après une longue et douloureuse maladie.
M. le chanoine Bastien dont la vie s'est paisiblement et religieusement écoulée dans de modestes paroisses, et dans une douce retraite, n'était point un prêtre d'une valeur [ordinaire.
Tous ceux qui ont eu l'avantage de le connaître ont pu apprécier la réserve et le tact peu commun qu'il montra dans ses relations, le zèle, l'intelligence pratique, la sollicitude dont il donna tant de. preuves dans les postes qui lui furent confiés ; ils ont surtout admiré la finesse et l'étendue de son esprit, la délicatesse et la bonté de son coeur.
M. Bastien était un érudit et un savant.


28 septembre 1887
Blâmont. - Un délit de chasse est relevé contre M. Joly, régisseur, pour avoir chassé sans autorisation, aux Marmottes, dans un terrain clos de M. Schoeb, aubergiste, qui a porté plainte à ce sujet.


18 octobre 1887
Blâmont. - M. Moitrier, cafetier, est accidentellement tombé dans sa cave, et s'est fracturé une côte.


18 novembre 1887
Le chef de train Dognon a trouvé, près de la gare de Blâmont, un porte-monnaie contenant 10 fr. 25 et un coupon de retour, 3e classe, de Blâmont à Nancy, qui a été restitué au propriétaire.


18 janvier 1888
Arrestation. - Le 11 janvier courant, les douaniers de Repaix et de Blâmont, sous la conduite de leur capitaine, M. Paillousse, ont poursuivi 4 fraudeurs dans la plaine, près de Blâmont, par un temps affreux. Leurs peines ont été couronnées de succès par l'arrestation d'un contrebandier et la saisie d'environ 150 kilog. de tabac.


29 février 1888
Blâmont. - Il a passé dans la ville un chien hydrophobe, qui a mordu plusieurs de ses congénères en arrivant par le chemin d'Igney.
La gendarmerie s'est mise à sa poursuite. Mais on n'a pu l'atteindre.


22 mars 1888
Nous avons aussi le regret d'apprendre la mort-de M. et Mme Collesson, des Sallières près Blâmont. Mme Collesson est décédée, il y a quelques jours, à l'âge de 81 ans, et son mari, souffrant depuis longtemps. Agé de 84 ans, l'a suivie dans la tombe quatre jours plus tard.
Nos plus sympathiques condoléances à la famille qui est doublement éprouvée.


1 avril 1888
Blâmont. - En traversant la rue de Gogney, M. Chopard, receveur des postes à Igney-Avricourt,a glissé sur le pavé du caniveau, et dans sa chute il s'est fracturé la jambe droite. Il a reçu les soins de M. le docteur Zimmerman.


25 avril 1888
Domévre-sur-Vezouze.. - M. Tannette, entrepreneur à Lunéville, est accidentellement tombé du haut du clocher de l'église; en voulant redresser la croix qui est au sommet.
Dans cette chute, il s'est fracturé plusieurs côtes, et il a reçu de graves lésions internes.
Il a reçu les soins de M. le docteur Hanriot, de Blâmont.


27 avril 1888
Outrage à la gendarmerie.- Le sieur François Marchand, âgé de 45 ans, né à Verdenal, aubergiste, a été arrêté par les gendarmes de la brigade de Blâmont pour outrages envers la gendarmerie dans l'exercice de ses fonctions. Marchand devait être interrogé par les gendarmes sur un coup de poing porté à M Gustave Houillon, cultivateur à Verdenal, et à propos de quoi une enquête avait été ordonnée. M. Marchand s'était refusé à donner des renseignements sur les faits signalés et il a outragé les gendarmes qui l'avaient fait venir à la caserne pour, l'interroger plus facilement.
Il a été mis à la disposition de M. le procureur de la République qui l'a fait écrouer à la maison d'arrêt de Lunéville.


28 avril 1888
Le sieur François Marchand, âgé de 45 ans, aubergiste à Blâmont, a été arrêté et écroué à la maison d'arrêt de Lunéville pour outrages à la gendarmerie dans l'exercice de ses fonctions.


6 mai 1888
La Société de tir de Blâmont a récemment recruté plus de 40 adhérents nouveaux à Domèvre-sur-Vezouze et à Igney-Avricourt. Cette Société, qui est une des plus prospères de la région, compte environ 350 membres.


14 juin 1888
Encore les passeports.
On nous écrit de Blâmont, 12 juin :
« Monsieur le Directeur,
» Je prends la liberté de recourir à votre obligeance bien connue, pour obtenir par la voie de l'Espérance de nouveaux renseignements sur la question des passeport, laquelle n'est pas suffisamment élucidée, au moins pour les habitants des petites villes. Précisons : 1° Moi, habitant Blâmont, et Français par option, je veux faire un voyage en Alsace; à qui dois-je m'adresser pour l'obtention du passeport ? Si c'est à la Préfecture de Nancy, dois-je m'y rendre en personne, ou suffit-il d'adresser ma demande par écrit ? Et dans l'un ou l'autre cas, quelles sont les pièces à fournir à l'appui ? Dois-je désigner l'endroit ou les endroits où je compte me rendre ? Ou bien le passeport me donne-t-il le droit de parcours dans tout l'empire allemand ?
» 2° Ma femme se proposant à son tour un voyage en Allemagne, puis-je prendre un seul passeport, servant à tour de rôle pour la femme et pour le mari ?.
» 3° L'administration française n'a-t-elle pas encore consenti à délivrer gratuitement ses passeports ?
» Je vous serais extrêmement obligé, Monsieur le Directeur, de vouloir répondre à ces questions, dans vos colonnes, le plus tôt possible; cela rendra service à beaucoup de personnes, car toutes ces questions sont autant de problèmes que chacun s'adresse et que nul ici ne sait résoudre.
» Veuillez agréer, Monsieur le Directeur, etc., etc. »
Réponses- - 1° Il faut s'adresser à la Préfecture.
2° II n est pas nécessaire de se présenter soi-meme. Il suffit d'accompagner la demande écrite, ou faite verbalement par une autre personne, d'un certificat du maire donnant le signalement du demandeur, et son certificat d'option pour les optants. Pour les autres Français, un document officiel constatant leur nationalité.
3° Quant aux endroits qu'on-veut visiter, il sera bon de les désigner dans la Note qu'on enverra à l'ambassade d'Allemagne avec le passeport français. On y ajoutera des explications sur le motif du voyage.
4° Le passeport n'est exigé que pour l‘Alsace-Lorraine. Un Français peut aller à Cologne et même à Berlin, sans être muni de ce papier.
5° Si la femme voyage avec le mari, un seul passeport suffit, mais à condition d'y mentionner les deux voyageurs. La femme voyageant seule a besoin d'un passeport spécial, et, pour l'obtenir à la Préfecture, de l'autorisation du mari.
6° La gratuité du passeport - côté des Français, - est promise, mais non encore votée.


6 juillet 1888
Ecrasé par un train. - On écrit de Blâmont à l'Express :
« Le nommé X..., âgé d'environ 60 ans, originaire de Reillon et pensionnaire à l'hospice de Blâmont a tenté d'en finir avec la vie dont il semblait las, en se jetant résolûment sur la voie du chemin de fer de Cirey au moment du passage du train, à quelques centaines de mètres de la gare de Blâmont, près de la ferme appartenant à M. du Champ, au château de Blâmont.
» X... a eu le bras et la jambe brisés ; il a été aussitôt transporté à l'hospice. Ce pauvre malheureux ne jouissait pas de toutes ses facultés mentales.


14 juillet 1888
Sapeurs-pompiers. - Par décret en date du 5 juillet 1888, ont été nommés :
1° Dans la compagnie de sapeurs-pompiers de Blâmont, MM. Delablaye, capitaine, Pierson, lieutenant ; Moitrier, sous-lieutenant


22 août 1888
La gendarmerie de Blâmont a arrêté, à Repaix, la nommée Marie Brénot, auteur du vol d'habillement et d'argent commis au préjudice de la bonne de M. le curé de Pexonne.


6 novembre 1888
Domèvre-sur-Vezouze. - Les époux Mougeol, épiciers et entrepreneurs de broderies, sont inculpés d'escroquerie de la somme de 5,200 francs au préjudice de MM. Xilliez et Cie, banquiers à Blâmont.
Plainte a été portée par les chefs de ladite banque.


28 novembre 1888
Assassinat. - On écrit de Barbas, le 24 novembre, à l'Express :
« Le village de Barbas vient d'être mis en émoi cet après-midi. Le sieur Angel, berger à Ancerviller, vieillard, à barbe blanche, a roué sa femme de coups dé bâton, et après l'avoir assommée, l'a piétinée. Dès-les premiers coups qu'elle a reçus sur la tête, la malheureuse femme a perdu connaissance ; puis, s'étant peu à peu ranimée après le départ de son mari, elle s'est traînée chez les les époux Hupon pour demander aide et assistance. Pendant ce temps, Angel se dirigeait à grands pas vers Blâmont, et allait se constituer prisonnier à la gendarmerie. Le juge de paix, accompagné de M. le docteur Hanriot, commis à cet effet, s'est transporté immédiatement sur les lieux. Le médecin a
constaté de nombreuses plaies à la tête et aux mains ; il a déclaré de plus que, vu la quantité des plaies et leurs dimensions, la femme Angel était en danger de mort. Le parquet a été aussitôt prévenu par dépêche. - Angel avait l'habitude de battre sa femme à tout propos, c'est pourquoi cette dernière lavait abandonné depuis quelque temps pour venir vivre prés de ses enfants à Barbas. Cette malheureuse est âgée de 62 ans. »


22 décembre 1888
Repaix. - Le nommé Geoffroy, domestique chez M. Bonnetier, cultivateur, vient d'être arrêté pour avoir volé un paletot de drap à M. Godard, propriétaire, qui avait porté plainte du larcin à la gendarmerie de Blâmont.


25 décembre 1888
Blâmont. - Des escroqueries pour la somme de 161 fr. 50 ont été commises, au préjudice des époux Pérouff, facteur-chargeur à la gare, par deux alsaciennes, vraies ou fausses, l'une se disant la veuve Wachtel, l'autre la dame Kohler, qui ont séjourné un mois à Blâmont. Ce sont la mère et la fille. Celle- ci est partie pour Paris, sans acquitter ses dettes. La mère, retenue en gage à Blâmont, a dit : « J'ai une pension de deux mille francs, que mon beau-frère me fait. Il habite Berlin, et il est très ami avec M. de Bismarck. » Quel fonds de vérité y a-t-il dans ces paroles si singulières ? »


1 février 1889
Blâmont. - Un inconnu a volé à Mlle Mangin, institutrice, 6 paniers de houille, estimés 8 fr.


14 février 1889
Blâmont. - Le nommé Magnier, maréchal-ferrant, inculpé de vol, a été arrêté pour rébellion envers la gendarmerie.


9 mars 1889
Coup de carabine. - MM. Eugène Bazin, âgé de 28 ans, Jules Bazin, son frère, âgé de 22 ans et Joseph Thouvenel âgé de 14 ans, domiciliés à Harbouey, s'amusaient à tirer à la cible avec une carabine Flobert. Ils avaient placé dans le jardin de Jules Bazin un pot en grès à moineau sur un échalas fiché en terre.
Jules Bazin tira le premier, le jeune Thouvenel prit ensuite l'arme. Eugène Bazin, craignant un accident et ne voulant pas que le jeune Thouvenel chargeât l'arme, lui la prit des mains. Il abaissa le canon vers le sol, introduisit la cartouche. Il relevait l'arme pour la remettre à Thouvenel lorsque le chien s'abattit et le projectile alla frapper son frère, placé à quelques pas de lui, un peu au-dessous du genou gauche.
Eugène Bazin, aidé par Thouvenel, transporta le blessé sur un lit. M. Hanriot, docteur en médecine à Blâmont, examina la blessure. Le projectile n'avait atteint que les chairs et 15 jours de repos suffiront à la cicatrisation de la blessure.


19 avril 1889
Don. - Mme veuve Mathis de Grandseille qui a déjà fait don au bureau de bienfaisance de Blâmont de la somme de 500 fr., à l'occasion de la mort de son mari, vient encore de remettre entre les mains du maire une somme de mille francs qui devront être versés à la caisse de l'hospice de cette ville en souvenir du vif intérêt que M. Mathis de Grandseille prenait à la prospérité de cet établissement hospitalier.


23 avril 1889
Victime. – Le nommé L'Huillier, Adolphe, manœuvre à Blâmont, était occupé samedi matin, 20 avril, à conduire un cheval attelé à un tombereau au bord de la Vezouze, quand en reculant le cheval et le tombereau sont tombés accidentellement dans la rivière qui était très profonde à cet endroit.
L'Huillier n'écoutant que son courage s'est jeté à l'eau pour porter secours au cheval quand, subitement pris d'une congestion (il venait de déjeuner), il n'a plus reparu à la surface.
Son fils qui travaillait près de lui a appelé au secours, et le cadavre du pauvre malheureux n'a pu être retiré qu'après une demi-heure de recherches. Le cheval plus heureux que le conducteur est sain et sauf. Tous les efforts faits pour rappeler L'Huillier à la vie ont été infructueux et le docteur Hanriot arrivé sur les lieux une demi-heure après l'accident n'a pu que constater le décès.
L'Huillier avait 52 ans. Il était estimé à Blâmont.


12 juin 1889
Acte de probité. - Le jeune Victor Thirion, âgé de 6 ans, domicilié à Blâmont, venu à Nancy avec ses parents pour les fêtes de Pentecôte, a trouvé, rue des Quatre-Eglises, un porte-monnaie contenant 23 fr. 50, qu'il a remis entre les mains de la police où il est à la disposition du propriétaire. Cet acte de probité de la part d'un enfant de cet âge fait grand honneur à lui et à ses parents.


31 juillet 1889
Tentative de suicide. - La nommée Marguerite Barot, femme Méon, âgée de 52 ans, domiciliée à Blâmont, a cherché à mettre fin à ses jours en se pendant, à une poutre du plafond de sa cuisine. Son fils,. Charles Méon, âgé de 20 ans, tailleur d'habits, pénétra à ce moment dans l'habitation. En apercevant sa mère pendue, il appela à l'aide un voisin, M. Dubois, qui accourut et coupa la corde.
L'asphyxie n'était pas complète et M. Zimmermann, docteur en médecine, put la rappeler à la vie.
La femme Méon était en état d'ébriété au moment où elle résolut de se tuer. On ignore les causes de cette détermination.


8 octobre 1889
Tombé dans un puits. – Un enfant de 5 ans, Ch. Boudet, demeurant chez ses parents à Saint-Jean, écart de Blâmont, s'amusait sur la margelle d'un puits profond de 35 mètres. Il perdit l'équilibre et tomba dans le puits. Les cris poussés par les autres enfants attirèrent du monde. On appela l'enfant qui répondit ; on descendit un panier, mais le pauvre petit ne put s'y placer.
Et pendant qu'on allait chercher du secours à Blâmont, l'enfant mourut. L'homme qui descendit dans le puits, ne ramena qu'un cadavre.


29 octobre 1889
Nécrologie.
Nous avons le regret d'annoncer la mort, à l'âge de 81 ans, de Mgr Joseph Régnier, prélat romain, chanoine honoraire de Nancy, de Reims et de Saint-Dié, pieusement décédé, lundi matin, muni des sacrements de la Sainte-Eglise.
Né à Langres, en 1808, élevé à Dijon, condisciple. pour la philosophie, au Séminaire d'Issy, de M. l'abbé Lacordaire, dont il partageait la cellule et dont il est resté l'ami intime. M. Régnier, ses études de droit achevées, passa quelques années à Nancy, où son père ancien directeur des contributions directes, s'était retiré, et où son beau-frère, J. Maffioli était juge au tribunal.
Puis il fut nommé juge de paix à Blâmont, mais après quelques années, il se sentit appelé à l'état ecclésiastique, fit ses études théologiques à Rome, et fut ordonné prêtre en 1858.
Il fut un prêtre pieux, dévoué, mais sans presque jamais exercer de ministère à poste fixe
Le prètre entretint et conserva les nombreuses et cordiales relations qu'avait nouées le jeune avocat, notamment avec MM. de Saint-Beaussant, de Dumast, et les fondateurs de l'Espérance.
M. l'abbé Régnier publia plusieurs ouvrages, l'Orgue notamment, qui est très estimé ; la Chœur, recueil de musique religieuse; Lacordaire, souvenirs et lettres d'amis ; et Deux visites au curé d'Ars.
C'était un homme plein de foi, un cœur d'or, un esprit fin et délicat ; mais ses dernières années furent attristées par de pénibles infirmités, qu'il supporta, du reste, avec une virile et chrétienne résignation.
Mgr Régnier faisait partie de l'association de prières.
L'enterrement aura lieu mercredi, à 10 heures du matin.


10 janvier 1890
Dons faits au Musée lorrain.
[...] Par M. Henrion, de l'usine Solvay et Cie : Extrait mortuaire de Claudon, de Blâmont, enrôlé volontaire en 1799 et tué devant l'ennemi le 7 septembre 1812.


15 février 1890
Blâmont. - Un inconnu a volé à Mme veuve Pierron un plantoir estimé 18 fr. qui était resté déposé dans la loge de sa houblonnière, aux Grelots.


22 février 1890
Nécrologie.
M. l'abbé Stanislas Prégaldin, curé-archiprêtre de Vic, vient de mourir à l'âge de 52 ans. Il laisse une paroisse en deuil, et, dans les diocèses de Metz et de Nancy, bien des amis affligés.
Originaire de Blâmont, M. Prégaldin fut ordonné prêtre à Nancy en 1862. Professeur au collège de la Malgrange, il prit dans cet établissement modèle le goût de l'enseignement : il aimait d'avoir des élèves.
Curé de Juvelise après quelques années de professorat, il devint, en 1876. archiprêtre de la ville et du canton de Vic, où il était connu, estimé et aimé.
M. Prégaldin était un prêtre au zèle plein d'activité et d'entrain, longtemps servi, du reste, par une magnifique santé. Rien ne le décourageait, toute bonne oeuvre le sollicitait et il paraissait suffire à tout. Il travailla avec joie et succès à la transformation de sa belle et antique église, et rien ne surpassait pour lui le bonheur d'en voir les bancs bien garnis. Il aimait sa paroisse, il était heureux d'en dire du bien, et de montrer, par une preuve ou par une autre, que les fidèles tenaient à leurs pasteurs.
Depuis quelques années, de fréquentes et violentes hémorrhagies avaient apporté à cet ouvrier du bon Dieu « des réponses de mort » plus ou moins accentuées. Le curé de Vic lutta courageusement contre le ma!, et l'on a pu faire, plus d'une fois, à son zèle le beau reproche de l'imprudence. Une atteinte plus forte compliquée d'influenza survint dans ces derniers temps, et l'on comprit que le Maître voulait récompenser son serviteur.
Samedi dernier, il retourna à Dieu avec ce titre que contresigneront tous ceux qui l'ont connu: «Mon Dieu, j'ai aimé la beauté de votre maison, et le lieu où vous résidez! » Il aima les âmes et le sanctuaire, ces deux habitations de Dieu ici-bas. Qu'il repose en paix !
M. l'abbé Karst, vicaire général, présida, lundi dernier, les funérailles du regretté défunt, entouré d'au moins 50 prêtres ; il fit l'éloge du défunt, de sa charité surtout, au milieu des larmes de la plus nombreuse assistance qu'ait vu jamais l'illustre église de Vic.
Les paroissiens de M. Prégaldin ont vraiment fait honneur à leur cher curé et à eux-mêmes. Au cimetière, M. Beaucourt, maire, et M. Lamy, membre du Conseil général, ont redit, en des phrases qui venaient droit de leur coeur, en quelle affectueuse estime la population tenait son pasteur, et quel souvenir reconnaissant la vieille cité de Vic lui garderait toujours.
Qu'il en soit bien ainsi et que M. Prégaldin repose en paix. (Lorrain.) L F.


16 mars 1890
Double tentative de suicide. - Mme Poirot, ménagère, domiciliée à Blâmont, rentrait à son domicile, vers onze heures du matin, lorsqu'elle vit que le feu venait de se déclarer dans le plafond de sa cuisine. Elle monta aussitôt au premier étage et, aidée par quelques voisines, parvint à ouvrir la porte du logement des époux Portier. Ceux-ci étaient couchés chacun dans un lit. Ils paraissaient ivres et, au milieu de la chambre, achevait de se consumer du charbon de bois placé dans une marmite. C'était ce récipient qui avait mis le feu au plancher.
Quelques seaux d'eau eurent raison du commencement d'incendie, et l'air, en pénétrant dans la chambre, eut bien vite ranimé les époux Portier.
Jules Portier, manoeuvre, est âgé de 50 ans ; sa femme, née Victorine Renard, est âgée de 48 ans. Ils ont déclaré tous deux qu'ils étaient résolus à mettre fin à leurs jours, pour échapper à d'odieuses poursuites d'un parent par alliance.
Tous deux avaient bu de l‘eau-de-vie, avaient allumé le réchaud et s'étaient couchés.
La personne désignée par les époux Portier a déclaré à la gendarmerie que les accusations portées contre elle étaient inexactes.


27 mars 1890
Blâmont. - M. Cuny, hôtelier, a porté plainte contre un voyageur de commerce employé par une maison de Bruxelles pour la vente de produits chimiques, qui a pris pension chez lui et a fait des dépenses s'élevant à la somme de 56 francs, puis s'est furtivement esquivé sans rien payer à son hôte.


16 avril 1890
Marie G..., âgée de 12 ans, domiciliée chez ses parents à Blâmont, avait été chargée, par ces derniers, d'aller acheter du pain. En route, elle perdit l'argent et se résolut, malgré les conseils de son frère âgé de 10 ans, à voler le pain plutôt que d'avouer la perte qu'elle avait faite. Marie G... fut surprise par le boulanger au moment où elle s'enfuyait avec le pain volé.


17 avril 1890
Accident de chasse. - Le journal de Lunéville raconte ainsi l'accident dont nous avons déjà « Samedi 12 avril, pendant une battue organisée dans la forêt de Mondon, M. Antoine, de Herbéviller, a reçu en plein corps la décharge du fusil d'un chasseur imprudent.
« Les blessures sont assez graves.
« L'extraction des balles a dû être, faite hier par M. le docteur Messier, de Badonviller, assisté d'un confrère de Blâmont.
« Nous ne savons pas encore si les résultats de cette opération ont été satisfaisants. »


14 mai 1890
Nécrologies - Mme Batelot est décédée à Blâmont le 8 mai dans sa 90e année.
Mme Batelot était fille de M. Dufays, qui a longtemps administré l'arrondissement de Château-Salins. Elle mettait libéralement sa grande fortune au service de toutes les bonnes oeuvres qui recouraient à sa générosité.


15 mai 1890
La gendarmerie de Blâmont a ouvert une en quête sur différents vols d'argent, commis au préjudice de M. Chatel, vannier à Vého, à qui l'on a volé une somme de 190 fr. qui était placée dans une armoire, et de M. Chaton à qui on a dérobé une pièce de 10 fr. qui était placée dans un porte-monnaie.


11 juin 1890
Nécrologie. - Nous avons le regret d'apprendre la mort subite de M. Collesson, propriétaire aux Salières, près Blâmont.
M. Collesson était venu passer quelques I jours à Nancy chez son frère, ancien notaire, et devait partir hier matin. C'est en allant yoir dans sa chambre, s'il se préparait au I départ, qu'on l'a trouvé mort dans son lit.
Nous prions cette honorable famille, d‘agréer nos plus sympathiques condoléances.


11 juillet 1890
Blâmont. - Un inconnu a mutilé 14 cerisiers sur le chemin de Harbouey, ce qui occasionne à la ville un préjudice de 35 fr.


31 août 1890
Blâmont. - Le 27 août, un terrible orage a passé sur Blâmont.
Il s'est déchaîné un furieux ouragan, qui a renversé des cheminées, cassé ou déraciné des arbres, culbuté des hangars, enlevé les carreaux à des fenêtres et les tuiles à plusieurs toits de maisons.
On n'osait plus sortir des logis, car la circulation aurait été dangereuse pendant cette tempête redoutable.
On évalue à 35,000 fr. les dégâts occasionnés dans la ville.
Il n'y a eu, fort heureusement, aucun accident de personnes.


1er novembre 1890
Blâmont. - Dans la nuit du 28 au 29 octobre, plusieurs malfaiteurs se sont introduits dans les tanneries de MM. Hertz, à Blâmont ; ils commençaient à y dérober du cuir quand le garde de nuit Martin, s étant aperçu de quelque chose, s'empressa d'aller prévenir ' ses patrons.
Ceux-ci accoururent à leurs magasins, armés chacun d'un fusil. Ils parvinrent à saisir un de ces voleurs qui est, dit-on de Richeval.
On ne désespère pas toutefois, de mettre la main sur le reste de la bande.


3 novembre 1890
Capture importante. - M. Thomassin, capitaine des douanes dans la région dé Lunéville, en tournée avec son lieutenant pour surveiller son service vers Blâmont, s'était engagé dans un petit bois qu'il connaissait comme un refuge, important des contrebandiers. Il ÿ cheminait tranquillement, vêtu d'un bourgeron et ressemblant plutôt à un chasseur qu'à un capitaine de douanes, lorsqu'au détour d'un chemin de la forêt il se trouva, en présence de huit individus chargés de ballots volumineux.
A la vue du capitaine, les huit individus abandonnèrent leurs fardeaux et prirent la fuite à travers bois en se dispersant, de sorte qu'il fût impossible dé leur donner la chasse.
Les paquets furent saisis et examinés. Ils contenaient, pour la plupart, de la poudre de chasse et étaient chacun du poids minimum de 25 kilog. D'autres ballots contenaient des dentelles et du tabac, le tout d'une valeur d'au moins 5,000 fr. Les contrebandiers n'ont pu être arrêtés jusqu'alors ; on connait le signalement de plusieurs d'entre eux, mais en tous cas ils éprouvent déjà une perte importante et hésiteront dorénavant à passes par le petit bois où ils se croyaient en toute sécurité.


8 novembre 1890
Nonhigny. - Le tronc de la chapelle, sise au bois de la Grande Haye, territoire de Nonhigny, et appartenant à M. d'Hausen, rentier à Blâmont, a été forcé par une main inconnue. On suppose que le voleur y aura dérobé une somme allant de 12 à 15 francs, car il y avait dix-huit mois que le tronc n'avait pas été ouvert.
Cette chapelle, où sont des statues de saint Joseph, saint Christophe, sainte Apolline, sainte Anne, Notre-Dame du Mont-Carmel et Notre-Dame de la Délivrance, est fréquemment visitée par des pèlerins, venant même de très loin.
Le voleur a été mis en fuite par le chien de M. Vigneron, garde particulier de M. d'Hausen. Mais il avait eu le temps d'accomplir son méfait, qu'il a osé commettre en plein midi.


26 novembre 1890
Distraction. - Ces jours derniers, une brave femme d'Embermenil, accompagnée de deux bonnes commères de Vého, se rendait, à Blâmont par le chemin de fer. Vous pensez bien que dans le compartiment les langues allaient leur train. Le trajet n'était pas très long et l'on avait beaucoup d'histoires à raconter. On arrive à Avricourt ; on descend, on attend le train pour Blâmont; les langues tournent et tournent; on monte dans le premier convoi venu, et la conversation continue.
Tout à coup, on entend crier : Emberménil ! Nos trois commères interrompent leur conversation, stupéfaites, et n'en pouvant croire leurs yeux. Elles s'étaient trompées de train, et étaient revenues sur leurs pas, croyant aller à Blâmont. L'une d'elles, qui était citée en justice de paix,a été condamnée
à 16 fr. d'amende par défaut.


11 décembre 1890
Blâmont. - Un incendie a éclaté, par l'appareil à gaz, dans la taillanderie appartenant à M. le baron d'Hausen. On a pu l'arrêter promptement, mais il y a eu des dégâts pour 1,200 fr.


14 décembre 1890
Verdenal. - Un infanticide a été commis par une veuve, contré laquelle des poursuites sont exercées sur l'ordre de M, le juge de paix de Blâmont.


27 décembre 1890
Tentative de suicide. - Mercredi matin, vers neuf heures le nommé Colin A..., jeune soldat de la 3e compagnie du génie à Nancy, natif de Blâmont, a tenté de se suicider en se jetant par la fenêtre de la chambre qu'il occupait au premier étage de la caserne de la Citadelle.
Le malheureux vint tomber au pied d'une des portes d'entrée. La tête porta sur un décrottoir en fer ; la gorge fut coupée et la mâchoire fracturée. Transporté à l'hôpital militaire, vers dix heures, il a reçu les soins de M. Régnier, médecin en chef.
Colin a choisi le moment où il était seul à la chambre pour accomplir sa tentative de suicide.
Malgré la gravité de son état on espère, néanmoins, sauver ce désespéré qui compte à peine six semaines de service.
On n'a pu tirer de lui aucun éclaircissement.

 

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