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3 février 1880
Le 29 janvier, à quatre heures du matin, un incendie s'est
déclaré à Blâmont dans une maison
située dans la Grande-Rue.
Cette maison a été brûlée, et les deux voisines légèrement
avariées. C'est grâce aux efforts des pompiers et de là
population que le sinistre a pu 'être circonscrit.
Les pompiers de Frémonville, Barbas, Gogney et Repaix sont
accourus, avec leurs pompes, malgré la rigueur de la saison et
il faut louer leur bonne, volonté.
Six familles se trouvent sans abri et dans la misère. Nous les
recommandons à la charité publique.
Le propriétaire et deux locataires seulement
étaient assurés aux Compagnies de l'Aigle, de la Générale et de
la Nationale. Les pertes sont évaluées à environ 17,000 francs,
dont 15,000 à la chargé desdites compagnies. La rumeur publique
prétend, ajoute le Progrès, que la malveillance ne serait pas
étrangère à ce fatal événement ; mais on ne peut rien dire de
positif à cet égard.
11 février 1880
Nous apprenons que M. E. Maire, de Blâmont, chef d'escadrons au
8e hussards, vient d'être appelé à l'état-major général du
ministre de la guerre.
15 février 1880
M. Delarue. (Jules), de Blâmont, capitaine au 3e régiment
d'infanterie de marine, vient d'être nommé chevalier de la
Légion-d'Honneur.
Cet officier compte dix-neuf ans de service et douze campagnes.
7 mai 1880
Par-arrêté de M. le préfet de Meurthe-et-Moselle, en date du 1er
avril, a-été nommée institutrice communale :
A Blâmont, Mlle Robert, institutrice à Lebeuville, en
remplacement de Mme Bastien, Soeur Eudoxie.
Enfin, un arrêté du 7 avril nomme directrice de salles d'asile :
A Blâmont, Mlle Noirel, directrice d'asile à Bayon;
16 juillet 1880
On nous écrit de Blâmont, le. 14 juillet :
« Monsieur le Rédacteur,
» Notre petite ville de. Blâmont a eu dans la soirée du 14
juillet sa petite représentation radicale; la retraite aux
flambeaux, exécutée par le corps des pompiers de la ville, était
accompagnée de cris ressemblant à des hurlements accentués par
les : A bas les Jésuites ! qui se faisaient surtout entendre
en-face des maisons habitées par des personnes peu favorables
aux proscriptions actuelles; mais ce qui met le comble à
ces-scènes de désordres et leur donne une couleur sinistre,
c'est cette devise inscrite en lettres de feu sur la façade de
l'usine à gaz de la ville : « L'union fait la force. - Expulsion
des traîtres à la patrie. »
» Agréez, etc»
18 juillet 1880
« Monsieur le Rédacteur,
« La ville de Blâmont toute entière, sans exception de parti,
est encore sous le coup de l'émotion que lui a causée la
sinistre devise illuminée au-dessus de l'usine à gaz de la ville
pendant la soirée du 14.
» Malgré la réprobation universelle qu'elle a soulevée et une
protestation adressée à la mairie par M. Squivet, propriétaire,
M. le maire de Blâmont a déclaré qu'il n'y avait pas lieu de
donner suite à la requête qui lui était adressée et aujourd'hui
17, alors que toute apparence de fête a disparu de la ville, la
population du lieu et des environs peut encore lire
l'inscription incendiaire.
« La responsabilité de cet acte inqualifiable ne reposait
d'abord que sur un seul homme qui a pu se tromper sur la portée
de la pensée qu'il exprimait. Aujourd'hui elle reposé toute;
entière sur le maire de Blâmont, qui en répondra devant
l'opinion publique.
« Agréez, etc. »
30 septembre 1880
Mardi, à 10 heures du matin, M. l'abbé Haudeville, membre du
Chapitre, a succombé à la maladie qui depuis un an inspirait à
ses amis de si vives inquiétudes.
Les obsèques du vénérable chanoine ont lieu aujourd'hui jeudi, à
9 heures, à la Cathédrale.
Après le Service son corps sera transféré à Salonnes, dans la
sépulture de sa famille.
M. l'abbé Haudeville sera regretté des nombreux amis qui l'ont
connu vicaire à Gondreville, directeur de l'Institut des Frères
établi à Nevers, principal du Collège de Blâmont, curé d'Amance,
aumônier de l'hospice Saint-Julien, aumônier de l'hôpital
militaire de Nancy et enfin chanoine titulaire de la Cathédrale.
5 décembre 1880
Le nommé Jean-Baptiste Henriquel, âgé de 52 ans, cordonnier,
domicilié à Blâmont, vient d'être condamné par le tribunal de
Lunéville, pour chasse sans permis avec lacets, dans la forêt de
Domevre, à deux mois de prison, cent francs d‘amende et aux
frais liquidés à 22 fr. 54 c.
9 décembre 1880
Tentative d'assassinat à Saint-Martin.
Le 4 décembre, une journalière de Croismare, nommée Marguerite
Beau, âgée de vingt et un ans, se rendit à Saint-Martin (canton
de Blâmont), où elle avait une tante, la veuve Voinot, brave
femme de soixante-douze ans, qui l'accueillit avec
bienveillance.
Il était trois heures de l'après-midi quand elle arriva. Elle
dit à sa tante qu'elle avait l'intention d'aller jusqu'à
Avricourt où se trouvait une de ses amies qu'elle désirait voir.
Mais comme il était déjà tard, elle lui demanda de passer la
nuit dans sa maison. La veuve Voinot qui était pauvre et mal
logée accueillit cependant la demande de sa nièce et lui offrit
l'hospitalité. Elle prépara à souper ; les deux parentes
causèrent de choses et d'autres et, le soir venu, elles allèrent
se coucher toutes les deux dans le même lit. Quelques heures
après, Marguerite Beau qui avait formé un projet sinistre se
leva sans bruit, chercha dans l'obscurité un fichu qu'elle avait
apporté avec elle et aussitôt qu'elle l'eut trouvé revint près
du lit où dormait sa vieille tante. Elle explora à tâtons le
chevet du lit, chercha la tête de la pauvre femme et essaya de
lui glisser autour du cou le fichu avec lequel elle voulait
l'étrangler.
La vieille femme, réveillée par ce mouvement, demanda à sa nièce
ce qu'elle avait. Celle-ci lui répondit avec un affreux cynisme
: « Je vais te mettre un médaillon au cou, » et, en même temps,
réunissant les deux extrémités du foulard, elle serra de toutes
ses forces pour étrangler la malheureuse. La vieille femme
poussa des gémissements et se débattit. Sa nièce, craignant que
le bruit ne fût entendu, tira sa victime avec violence, la jeta
hors du lit et la traîna par le cou, dans la chambre, en lui
frappant la tête sur le sol.
Elle l'emmena ainsi jusque dans la cuisine et là, voyant que la
malheureuse femme vivait encore et pensant qu'elle ne pourrait
l'étouffer assez vite au moyen du fichu, elle se mit à genoux
sur la poitrine de sa victime, et lui serra le cou avec ses
mains en disant : « Il faut que tu y passes et que je te tue
aujourd'hui. » La veuve Voinot, retrouvant des forces dans son
désespoir se débattit avec énergie contre son assassin et put se
dégager.
L'obscurité était profonde, c'est à cette circonstance qu'elle
dut de pouvoir se sauver. Pendant que Marguerite Beau, affolée
par le crime et perdue dans les ténèbres, cherchait à ressaisir
la victime qui venait de lui échapper, celle-ci eut assez de
sang-froid pour se glisser sans bruit vers une porte que sa
nièce ne connaissait pas ; elle l'ouvrit et traversant l'écurie,
elle alla appeler du secours chez les voisins. Pendant ce temps
la fille Beau avait trouvé une allumette, l'avait enflammée, et
à sa lumière s'était rendu compte de l'endroit par où sa tante
s'était enfuie.
Elle s'élança vers l'écurie, pensant pouvoir rejoindre sa
victime, mais celle-ci était en sûreté ; les voisins qu'elle
avait appelés s'apprêtaient à sortir de leurs maisons. En
entendant ces bruits, la fille Beau songea à se cacher ; elle
monta dans un grenier, se dissimula sous un tas de regain, mais
ses précautions furent inutiles : quelques minutes après, les
voisins la découvrirent dans sa cachette et l'arrêtèrent.
Interrogée, elle a fait des aveux complets et a déclaré que,
soupçonnant sa tante d'avoir de l'argent caché, elle avait
résolu son crime pour s'en emparer. Elle a été conduite à la
maison d'arrêt de Lunéville. Mme Voinot, dont l'état est
très-grave, porte autour du cou de nombreuses meurtrissures et
des traces bleuâtres, indices de la strangulation; elle a aussi
plusieurs contusions à la figure et sur le crâne. (Progrès.)
15 décembre 1880
Le 10 courant, vers une heure de l'après-midi, les nommés, Jules
Wittmaye et Frédéric Weidig, tous deux âgés, de 20 ans et
originaires de Francfort, soldat au 25e régiment d'infanterie
prussienne à Strasbourg, se sont présentés à la gendarmerie de
Blâmont, déclarant qu'ils avaient déserté le corps, le 8, à 3
heures et demie du matin. Ils ont été mis en état,
d'arrestation.
29 décembre 1880
Dimanche vers 8 heures 1/2 du soir, le feu éclatait à Verdenal
dans deux maisons différentes. L'une isolée, habitée par M.
Marchand, boulanger, et située à l'extrémité du village ;
l'autre habitée par son beau-père, entassée au milieu du village
et contiguë à l'église.
Fort heureusement l'on a pu très-vite éteindre ce dernier
incendie, la maison de M. Marchand a été complètement consumée,
le mobilier seul à pu être sauvé ; les pompiers de Blâmont, d'Autrepierre
et de Domévre accourus pour prêter secours ont été impuissants à
arrêter les progrès du feu.
5 février 1881
On vient d'arrêter à Blâmont deux jeunes filles de la ville,
qui, excitées, dit-on, par leurs familles se livraient à
l'industrie du vol. On estime à 800 fr. les sommes qu'en trois
fois et depuis trois semaines, elles auraient enlevées à M.
Grandemange, épicier.
11 février 1881
M. l'abbé Nicolas-Claude Gascon, ancien curé de Verdenal et
retiré du saint ministère depuis 1874, a rendu son âme à Dieu,
le 27 janvier. Il venait d'avoir quatre-vingts ans.
Né à Domêvre-sur-Vezouze, le 17 janvier 1801, d'une famille
honorable et chrétienne, séminariste fort édifiant et mortifié,
M. l'abbé Gascon devint aussitôt après son ordination
sacerdotale, en février 1825, administrateur de Flavigny; puis
curé de Moriviller. Là il parvint, à forces d'épargnes et de
pieuses industries, à ajouter la somme, énorme pour lui, de dix
mille francs aux dix mille déjà offerts par la paroisse et à
rebâtir l'église en ruines. Après 25 ans de ministère à
Moriviller, l'autorité ecclésiastique le rapprochant de son
village natal lui confia la paroisse importante de Frémonville
le 25 avril 1850. En 1859 il la quitta, au milieu d'unanimes
regrets, accédant aux désirs d'un ami, qui l'invitait à gérer
l'économat du collège de Blâmont.
Des circonstances diverses le firent changer de poste. Le 22
février 1862, en même temps qu'il restait économe, il devint
curé de Chazelles. Le 1er janvier 1863, il rentra tout à fait
dans le ministère paroissial, niais ne fit guère que passer à
Agincourt. De nouveau, dans la même année, le 16 août 1863, il
reprenait ses fonctions au collège et aussi celles de curé de
Verdenal.
Cependant l'âge avancé ne lui permettant plus de mener de front
deux administrations, il opta pour le ministère, et voulut
terminer sa vie ecclésiastique comme il l'avait commencée:
Uniquement curé de Verdenal, le 1er octobre 1865, il entreprit
et conduisit à bonne fin la reconstruction du presbytère. Après
quoi, ressentant les fatigues de l'âge, il se retira à Domêvre-sur-Vezouze,
le 1er octobre 1874, dans la maison paternelle pour se préparer
à la mort, comme il disait.
« Ses funérailles ont été édifiantes : M. le curé-doyen de
Blâmont a voulu venir rendre les derniers honneurs à ce bon
prêtre et a ému toute l'assistance en parlant de cette piété et
de cette dignité
dont les paroissiens de Domèvre étaient les témoins depuis
plusieurs années. » *
M. Gascon était membre de l'Association des prières. (Extrait de
la Semaine religieuse.}
19 février 1881
M. Lévy, âgé de 81 ans, demeurant à Blâmont, s'est tué en se
jetant par la fenêtre de sa chambre : la mort a été instantanée.
C'est sans doute dans un accès de fièvre, que M. Lévy, malade
depuis longtemps, s'est donné la mort ; il avait profité de la
très-courte absence d'un de ses voisins, venu chez lui sur sa
prière, afin de le veiller. (Id.)
13 mars 1881
On écrit de Blâmont à la Meurthe :
« Mardi dernier, un incendie a éclaté à 9 heures du matin, au
domicile de M. François Malo, vannier à Ogéviller. Le corps de
logis où le feu a pris a été détruit. Grâce aux secours apportés
par les pompiers et les habitants de la commune qui sont arrivés
en toute hâte sur les lieux, on a pu garantir les engrangements
et écuries dépendant de ladite maison. Les pertes seront
couvertes en partie par la compagnie d'Assurances générales.
» Les pertes occasionnées aux objets mobiliers et marchandises
du sieur Auguste Monzein, cordonnier, locataire, seront
couvertes par la compagnie l'Union.
» La cause est attribuée à un vice de construction. »
6 avril 1881
On écrit de Blâmont :
«Le 2 courant, vers 3 heures 3/4 du soir, la grêle a tombé
pendant environ dix minutes. Les grêlons étaient de la grosseur
d'un oeuf de pigeon ; quelques vitres ont été brisées. »
8 mai 1881
Tous les journaux de Paris publient une dépêche de l'Agence
Havas annonçant que « le principal du collège de Blâmont a pris
la fuite en emportant la caisse de l'établissement. »
Nous lisons, d'autre part, dans le Journal de la Meurthe :
« Le Progrès qui consacrait ces jours derniers encore une grande
colonne à des Congréganistes reconnus coupables par la justice,
se donne bien garde de parler des mésaventures qui arrivent aux
laïques.
» Nous nous étonnons, par exemple, que lui, si bien informé, ne
souffle mot de M. Girardin, directeur du collège de Blâmont, qui
s'est enfui, emportant la caisse de l'établissement.
» Ah! si c'était un malheureux Frère, il y a longtemps que le
Progrès se serait empressé d'annoncer la bonne nouvelle. »
10 mai 1881
LA FIN D'UN COLLÈGE LAÏQUE.
On lit dans le Journal de Lunéville :
« Blâmont possédait un collège qui, pendant 30 ans, sous la
direction du regretté M. l'abbé Marsal, remporta de nombreux et
légitimes succès, et s'était acquis une réputation bien méritée.
» Après les évènements de 1870, cet établissement se trouvant
libre, passa sous la direction d'un laïque,M. Gérardin, qui
tenait une sorte d'école professionnelle en pays annexé. Nous ne
croyons pas nous tromper en disant que tout marcha bien pendant
les premiers temps, mais depuis quelques années, les choses
changèrent d'aspect et, comme résultat, dans la nuit de jeudi de
la semaine dernere, M. Gérardin prenait la fuite. Le samedi, M.
Barthélemy, adjoint, recevait une lettre dont voici le résumé :
« Je pars pour Paris avec 100 francs, j'ai lutté tant que j'ai
pu, mais il m'est impossible de continuer. »
» On comprend l'émotion qui, à la suite de cette nouvelle se
répandit dans la ville, d'autant plus que si l'on en croit le
bruit qui court, M. Gérardin devrait plus de 12,000 fr. rien
qu'à ses fournisseurs de Blâmont.
» Les frères et amis l'ont donc bien mal soutenu ?
» Ce qu'on trouve de singulier dans cette fuite, c'est que M.
Gérardin ne l'ait pas effectuée pendant les vacances de Pâques,
mais qu'il ait attendu la rentrée, moment auquel il est d'usage
de payer d'avance un trimestre de la pension. S'il y a eu de
l'argent touché, qu'est-il devenu ?
» Les élèves ont dû regagner leurs familles et se disperser dans
d'autres établissements.
» On dit que M. Gérardin ne sera pas remplacé et que
l'administration veut faire des démarches pour obtenir une
petite garnison.
» L'Eclaireur, qui a tant de bonheur à raconter des histoires de
Congréganistes, garde le silence le plus complet sur une
aventure dont l'un des siens est le héros. »
12 mai 1881
M. Dedenon, cultivateur à Autrepierre, passait à Cirey
conduisant une voiture chargée de planches; il voulut monter sur
un des chevaux attelés à la voiture, mais, dit le Progrès, ayant
mal calculé son élan, il tomba à terre, et la voiture lui passa
sur les jambes. Il fût immédiatement transporté dans un hôtel
voisin où M. le docteur Mayeur de Blâmont, et M. Martin, médecin
à Cirey, lui donnèrent les premiers soins. Les blessures de M.
Dedenon sont assez graves : il a la jambe droite fracturée et la
main droite fortement contusionnée.
15 juin 1881
Six garnements de Blâmont, six jeunes gens de 18 ans appartenant
à des familles fort tranquilles, ont assailli un pauvre diable
et lui ont donné un coup de couteau, qui met sa vie en danger.
On se perd en conjectures sur cette sauvage agression.
5 juillet 1881
Jeudi vers 4 h. du matin, un incendie s'est déclaré dans la
buanderie d'une maison occupée par le café du Commerce, à
Blâmont.
Cé n'est que vers 6 h. 1/2 que les pompiers furent complètement
maîtres du feu. Les dégâts relativement considérables sont
couverts par l'assurance.
9 juillet 1881
Le nommé Jean-Baptiste Kalsch, âgé de 43 ans, jardinier,
demeurant à Lambertsloch (Alsace-Lorraine), a été arrêté pour
outrages et voies de fait envers la gendarmerie de Blâmont.
Procès-verbal a été dressé contre lui.
26 août 1881
Avant-hier, vers 11 heures du matin, le nommé Joseph Holveck,
âgé de 40 ans, journalier, demeurant rue des Quatre-Eglises, 17,
qui conduisait une voiture chargée de veaux, pour le compte du
sieur Mariette, commissionnaire à Blâmont, voulant, en passant
près de la Cathédrale, s'asseoir sur la limonière, glissa et
tomba sous les roues de gauche, qui lui passèrent sur le bas des
deux jambes. Il a reçu les premiers soins de M. le docteur
Sogniez, qui a constaté qu'il avait de fortes contusions aux
jambes. Il fut transporté à l'hôpital Saint-Léon.
28 août 1881
On signale de Blâmont, le suicide du nommé Joseph Vouaux, âgé de
36 ans, qui s'est tiré un coup de fusil sous le menton. La mort
a été instantanée.
23 septembre 1881
Un individu, originaire d'Alsace-Lorraine, pris en flagrant
délit de vol, a été arrêté à Ogéviller. Au moment d'entrer dans
la caserne de Blâmont, il parvint à se débarrasser de ses
entraves et à s'échapper. Les recherches faites pour le
ressaisir ont été jusqu'à présent infructueuses.
1er octobre 1881
Blâmont. - La rentrée de l'école libre des Religieuses de la
Doctrine chrétienne de Blâmont aura lieu le mardi 4 octobre, et
celle des pensionnaires, le jeudi 6.
Les études comprennent toutes les matières nécessaires pour
l'obtention des deux brevets.
Les trois aspirantes que ces Dames ont présentées aux examens de
la session de juillet, ont toutes les trois, concouru avec
succès.
11 octobre 1881
M. LE CURÉ DE GOGNEY.
Nous trouvons dans la Semaine religieuse d'intéressants et
édifiants détails sur la vie et les funérailles de M. l'abbé
Munier-Pugin, curé de Gogney, dont nous avons annoncé la mort.
M. Munier-Pugin est né à Gerbéviller, en 1792, et fut baptisé
par son père, les prêtres étant proscrits. Il entendit pour la
première fois la voix de Dieu qui l'appelait au sacerdoce, le
jour de sa première communion. Ordonné prêtre en 1816, il vint
assister son oncle dans la cure de Fraimbois où il devait
lui-même être curé. Les épreuves ne lui manquèrent pas. Placé
successivement dans plusieurs paroisses, il eut à supporter
partout les assauts de la persécution et les attaques de la
calomnie. Sous ces coups multipliés, les forces du [jeune curé
s'altérèrent, il dut retourner pour un temps dans sa famille
demander au repos le calme et la santé
Ici nous laissons parler la Semaine qui, elle-même, résume le
beau discours prononcé aux funérailles du vénéré prêtre, par M.
le curé de Blâmont
« Bientôt M. l'abbé Munier-Pugin fut nommé curé dé Gogney, où le
bon esprit, la docilité et l'amour filial des habitants devaient
lui faire oublier les tristesses du passé, et où en retour le
pasteur allait se dévouer au bien de tous. Comment dépeindre
cette physionomie particulière, cette nature exceptionnellement
vigoureuse, bravant les années et montrant encore, sous les
cheveux blancs du nonagénaire, l'énergie du jeune homme ? Son
regard pénétrant, sa voix vibrante et forte, son
geste aussi énergique que son coeur était bon, faisaient de lui
un homme à part. Au moral, il excellait dans les deux vertus que
Jésus commandait à ses disciples. A une grande prudence il
joignait la simplicité de la colombe. Il fut toujours le prêtre
digne, intègre, bienfaisant. Sa sobriété était extrême, sa
générosité ne connut pas de bornes. Ils le prouvent bien, ces
dons princiers qu'il fit aux bonnes oeuvres, surtout à la plus
intéressante et la-plus menacée : l'OEuvre dés Séminaires. Et
dans sa paroisse : cette église restaurée, cette tour qui
s'élève fièrement dans la vallée, ces cloches qui portent au
loin la joie ou la tristesse, ce cimetière si bien placé d'où
les morts peuvent prêcher les vivants : tels sont les principaux
fruits de son zêle et de sa charité. Mais si ces oeuvres
publient sa charité, d'autres dévoilent sa foi et son amour des
âmes : l'orateur les dépeint avec une saisissante émotion en le
suivant dans l'exercice de son ministère.
Nous n'oublierons jamais le spectacle émouvant qui s'offrit à
nos regards attendris à la peinture du bon pasteur donnant ses
soins à tous : aux enfants, aux vieillards et surtout aux
mourants. A tant de souvenirs évoqués, bien des larmes ont
coulé, et la plupart, sans doute, cachaient un secret que les
anges connaissent. C'est qu'il les aimait, ce bon vieillard,
ceux qu'il appelait si bien ses enfants ! Il les aimait puisqu'à
un âge si avancé, alors que tout l'invitait à prendre un repos
si justement mérité, il veut rester jusqu'au bout au milieu de
sa chère famille. Et quand on le pressait : Laissez-moi,
disait-il, je n'en ai plus que pour quelque temps à vivre, je
veux mourir ici. Et quelques jours avant sa mort, pour ne point
être séparé de ceux qu'il aimait, il faisait préparer sa tombe
derrière la porte du cimetière, disant avec cette bonhomie qui
était le fond de son caractère : « Je veux être comme le
mendiant qui tend la main aux portes : je mendierai une prière à
ceux qui entrent et à ceux qui sortent. » Son dernier désir
était rempli et quatre jours après il mourait avec le calme que
donne aux justes l'espoir de la résurrection et de la gloire.
Les funérailles de ce bon prêtre eurent lieu le 1er octobre.
Des le matin, des parents, des amis, des prêtres surtout,
quelques-uns venant de bien loin, accouraient nombreux pour
rendre au défunt les derniers devoirs. Malgré les pressants
travaux de la campagne, tous les habitants de la paroisse
entouraient le cercueil. Les autorités avec leurs insignes ont
voulu donner, par leur présence, un témoignage public de leur
profonde vénération pour leur dévoué pasteur. C'est toujours un
touchant spectacle que les funérailles du prêtre qui a su
conquérir par ses enseignements, ses exemples et ses bienfaits,
l'estime et la reconnaissance de ses paroissiens.
Après la levée du corps, le cortège funèbre parcourut les
principales rues du village. On eut dit que le bon curé voulait
une dernière fois revoir encore une à une les maisons de ses
enfants pour les bénir : aussi reçut-il partout sur son passage
ces témoignages sincères de douleur et de respect que le coeur
seul sait inspirer.
La messe solennelle fut chantée par M. l'abbé Poirine, curé de
Cirey, et l'éloge funèbre, nous j l'avons dit plus haut,
prononcé par M. le curé de Blâmont.
M. l'abbé Munier-Pugin, doyen d'âge des curés du diocèse, était
dans la 89e année de sa vie et la 65e de son sacerdoce.
17 octobre 1881
Les obsèques de M. le docteur Virlet, enlevé subitement à
l'affection de sa famille, ont eu lieu samedi à Blâmont au
milieu d'une affluence nombreuse et sympathique.
M. E. Marin, de
Blâmont, chef d'escadrons au 8e hussards, secrétaire du Comité
de cavalerie, a été par décret du 3 octobre, promu au grade de
lieutenant-colonel au 13e dragons.
6 décembre 1881
Dons au Musée lorrain. - [...] M. Ernest Euler, horloger à
Blâmont, a offert une monnaie en or de l'empereur Justin.
11 janvier 1882
M. le docteur Zimmermann est nommé médecin-inspecteur du service
des enfants protégés de la deuxième circonscription de Blâmont.
30 mars 1882
On annonce de Blâmont au Courrier qu'un ancien notaire du canton
a quitté son domicile, voilà déjà quelques semaines, en
annonçant sa rentrée pour le soir, sans qu'on l'ait revu depuis.
II avait continué à s'occuper de placements de fonds pour les
campagnards qui commencent à s'inquiéter de cette trop longue
absence.
17 mai 1882
Vendredi après-midi, M. Dufour, cultivateur à Repaix, sortait de
Blâmont, monté sur sa voiture attelée d'un cheval. Il avait avec
lui les enfants de M. Nicolas, pâtissier à Blâmont. On ne sait
par suite de quelle circonstance, le cheval mal dirigé entraîna
la voiture contre un des arbres qui bordent la route. Dufour fut
si violemment projeté à terre qu'on le releva évanoui et la tête
tout ensanglantée ; les enfants de M. Nicolas avaient
heureusement été jetés dans un pré et n'ont aucunement été
blessés.
M. Dufour a reçu les soins de M. le docteur Mayeux qui, malgré
la gravité de la blessure, est assuré de le sauver.
21 mai 1882
Encouragement au bien. - [...] désignée par le comité central de
la Société nationale d'encouragement au bien, siégeant à Paris,
pour recevoir une médaille d'honneur [...]Mlle Sarah Nordon, de
Blâmont, recevra la même distinction pour son dévouement à sa
famille et sa piété filiale. Cette récompense lui a été accordée
sur la présentation et la notice signée par le maire, le conseil
municipal et une grande partie de la population de Blâmont.
31 mai 1882
On nous écrit de Blâmont, le 29 mai :
« Monsieur,
« Dans votre réponse à M. E. Thouvenin, vous ne relevez pas
cette aimable phrase : « Ils peuvent créer des écoles libres. »
Ah ! qu'on nous restitue les fonds qui nous sont soutirés au
profit des écoles laïques et alors nous ne serons pas
embarrassés d'établir des écoles libres. Ici, par exemple, dans
le but de conserver nos excellentes Soeurs, nous avons dépensé
plus de quarante mille francs pour l'achat et la construction de
la maison qu'elles occupent, sans compter les contributions, les
droits de location et de société, les frais d‘entretien, etc.,
etc., qui reviennent chaque trimestre ou chaque année. Comment
peut-on supposer que de petites communes, pauvres pour la
plupart, trouvent moyen de faire de semblables dépenses.
« M. Thouvenin se moque du monde avec sa création d'écoles
libres. Et quand on est parvenu à construire à grands frais une
maison convenable sous tous les rapports, est-on bien certain de
pouvoir ouvrir l'école ? Les entraves de tout genre que nous
avons éprouvées pour faire accepter la nôtre permettent des
doutes à ce sujet.
» Agréez, etc. »
9 août 1882
Est-ce un communiste que Jean-Baptiste Henriquel, cordonnier,
demeurant à Blâmont ?
Toujours est-il qu'il veut avoir sa part du gibier que d'autres
paient à chers deniers. C est pour cela que, sous prétexte-de
promenades de santé, il se plaît à tendre des lacets à lièvres
dans la forêt de Grandseille. Cela ne fait pas l'affaire du
garde particulier Toussaint, de Domêvre, ni du brigadier Cropsal,
de cette même commune. Ayant trouvé dans un affreux engin, le
cadavre d'un pauvre lièvre, ne s'avisèrent-ils pas de faire
faction autour et de mettre la main sur le braconnier, qui
supputait déjà dans son esprit ce que lui rapporterait sa proie
! Sa prise lui a rapporté deux mois de prison et deux cents
francs d'amende. De leur côté, les agents de l'autorité ont reçu
50 fr. de la Société de répression du braconnage.
25 août 1882
Concours de pompes à Blâmont. - La fête favorisée par le beau
temps a pleinement réussi, grâce à la bonne volonté des communes
environnantes et au zèle déployé par M. Mézière, capitaine de la
compagnie de Blâmont, et par M. Delahaye, sous-lieutenant. Le
concours consistait en trois épreuves :
1° Mise en Batterie des pompes; attaque du feu et sauvetage des
personnes ;
2° Bon entretien et perfectionnement du matériel ;
3° Stratégie sur les premiers devoirs dans un incendie.
Voici la liste des récompenses :
1re Division. Manoeuvre. 1er prix d'honneur, offert par M.
Mézière, capitaine, Cirey. 2e prix d'honneur, offert par M.
Delahaye, lieutenant, Baccarat.
2e Division. Manoeuvre. 1er prix, offert par le conseil
d'administration, Ancerviller. 2e prix, offert par la compagnie
de Blâmont, Montigny.
1re Division. Manoeuvre, 1er prix, offert par M. Delarue,
sergent-major à Blâmont, Herbéviller. 2e prix, offert par
l'Union, Harbouey. 3e prix, Gogney. 4e prix, Frémonville.
2e Division. Manoeuvre. 1er prix, offert parla compagnie de
Blâmont, Ogéviller. 2e prix, Tanconville. 5e prix, Autrepierre.
1re Division. Tenue. 1er prix, offert par MM. les sous-officiers
de Blâmont, Verdenal. 2e prix, Frémonville. 5e prix, Badonviiler.
4e Division. Matériel. 1er prix, Chazelles. 2e prix, Autrepierre.
5e prix; Tanconville.
1re Division. Stratégie. 1er prix, Badonviller. 2e prix, Gogney.
6 janvier 1883
On écrit de Blâmont, à la Meurthe.
« Un sinistre a éclaté, hier, vers 7 heures du matin au domicile
de M Charles Leclerc, cultivateur et ancien maire à Vaucourt; la
maison de celui-ci et celle de M. Auguste Colas, son voisin,
aussi cultivateur, ont été détruites ainsi que le mobilier et
les récoltes qu'elles renfermaient.
« On ignore la cause de l'incendie.
« Les pertes sont considérables. Il y a assurance pour 40.000
francs.
« A plus tard les détails. »
12 janvier 1883
On écrit de Blâmont à la Meurthe :
« Un crime affreux vient d'être commis à Barbas, sur la personne
de Mme veuve Nicolas Hachair, rentière audit lieu.
» M. le juge de paix, M. le docteur Zimmermann, de Blâmont, le
capitaine de gendarmerie de Lunéville et les gendarmes de
Blâmont sont en ce moment à Barbas, occupés à faire une enquête.
On ignore encore ici le nom de l'assassin. »
Dans son numéro de jeudi, la Meurthe ajoute :
« L'assassinat de la veuve Hachair, âgée de 66 ans, rentière à
Barbas, dont nous avons parlé dans notre numéro d'hier, aurait
été commis par son fils Auguste, qui vivait en mauvaise
intelligence avec sa mère.
» Hachair a été gardé à vue jusqu'à l'arrivée du procureur de la
République de Lunéville, qui s'est transporté sur les lieux pour
continuer l'enquête.
» M. Mayeur, médecin à Blâmont, qui a visité le corps, a
constaté une plaie profonde à l'intérieur de la mâchoire
inférieure, de nombreuses excoriations autour de la bouche, des
ecchymoses au front et au poignet.
» L'enquête continue. »
14 janvier 1883
L'assassinat de Barbas. - Le parquet s'est transporté à Barbas
pour examiner le cadavre de Mme Hachair, assassinée dans la nuit
du 7 au 8 janvier. M. Zimmermann, médecin à Lunéville, requis
par l'autorité judiciaire, à confirmé le rapport de M. Mayeur,
de Blâmont, qui concluait à un assassinat.
En recevant la déclaration de l'état civil, le maire avait
interrogé Augustin Hachair, et, le voyant troublé, il a fait
visiter le corps par M. Mayeur.
On nous écrit que la servante a entendu un cri de détresse et a
trouvé la victime aux mains de son fils qui la tenait, en
appuyant les deux genoux sur la poitrine. Mme Hachair le
suppliait en disant :
« Laisse-moi, Augustin, je t'en prie. » Sur l'injonction de
cette servante, qui lui reprochait l'indignité de sa conduite,
Hachair s'était éloigné. Puis il est retourné près de sa mère,
est redescendu une demi-heure après, et s'est écrié : «
Maintenant elle est, morte, »
L'assassin avait essayé de nier, mais après la déposition de la
servante, il a. tout avoué, il a même déclaré que quand Mme
Hachair a été morte il l'a replacée sur son lit. (Progrès.)
Le parricide Hachaire, de Barbas, dit le Courrier, a avoué avoir
étranglé sa mère après l'avoir terrassée; ce misérable a allégué
pour sa défense que sa mère le calomniait dans le village.
7 février 1883
M. l'abbé Pescher, curé de Vého, a été condamné par le juge de
paix de Blâmont à sept jours de prison pour mauvais traitements
envers des enfants. ;
Nous espérons, dit la Gazette, que M. l'abbé, en appellera, car
il nous paraît victime de quelque machination.
11 mars 1883
On écrit de Villacourt au Progrès :
« M. Richard qui, depuis vingt-six ans, remplissait les
fonctions d'instituteur à Frémonville, vient de succomber après
huit jours de maladie.
» La municipalité, les sapeurs-pompiers, les habitants de
Frémonville et quarante instituteurs environ, ont prouvé
aujourd'hui leur reconnaissance pour cet instituteur dévoué.
» Plusieurs discours ont été prononcés, l'un, par M. Barthélemy,
ex-instituteur à Blâmont, ami et collaborateur du défunt ; un
second par M. Isay, délégué cantonal, qui a retracé en quelques
paroles le dévoûment de ce maître de la jeunesse, et un
troisième par M- l'abbé Chazelles, au nom de ses anciens élèves.
M. l'inspecteur primaire de Lunéville s'était fait excuser par
une lettre très-élogieuse à l'égard du défunt.
» Autre circonstance bien triste, quelques instants avant
l'enterrement, Mme Richard, brisée de douleur, rendait le
dernier soupir. »
16 mars 1883
Un incendie a dévoré une meule de paille appartenant à M.
Frédéric Marchal, cultivateur à Blâmont. Les pertes s'élèvent à
300 fr. Non assurées.
La cause en est due à un imprudent fumeur qui, voulant allumer
sa pipe, avait été se placer derrière la meule, pour se mettre à
l'abri du vent.
18 mai 1883
Acte de probité. - Vendredi dernier, 11 mai, à 9 heures du
matin, M. Victor Adrian, de Barbas, agent particulier de la
compagnie d'assurance l'Urbaine, en tournée de règlement, a
trouvé sur la route dans le trajet de Chazelle à Gondrexon, un
portefeuille qui ne contenait d'autres papiers que trois billets
de 100 francs et quatre billets de banque de 50 francs, ensemble
500 fr.
Cet honnête agent s'est empressé de faire sa déclaration en
arrivant à Gondrexon.
En sortant de cette localité, il a rencontré le très désolé
propriétaire, le sieur Perrin, de Gogney, domestique chez le
sieur Kahn, marchand de bestiaux à Blâmont. Sur preuves de
propriété et devant témoin, il a été très heureux de lui
remettre ce porte-feuille et son contenu, n'acceptant pas
d'autre récompense que celle d'avoir rempli consciencieusement
son devoir et de vifs remerciments.
20 mai 1883
M. LE CURÉ DE XOUSSE.
Nous avons brièvement annoncé, avant-hier, la mort à l'âge de 43
ans, de M. l'abbé Honor, curé de Xousse.
« Cette mort, dit la Semaine religieuse, a excité les regrets
unanimes de la paroisse qu'il administrait depuis 12 ans.
» A ses funérailles qui ont eu lieu mardi, l'église s'est
remplie comme pour les plus grandes solennités. Quarante-cinq
prêtres étaient venus rendre les derniers honneurs à leur
confrère et ami. M. le curé-doyen de Blâmont a retracé sa vie au
milieu des sanglots de toute l'assistance. Né à Hampont, M.
l'abbé Honor avait fait de brillantes études au Petit-Séminaire
de Pont-à Mousson. Il fut, au sortir du Séminaire Je Nancy,,
envoyé comme professeur à Fénétrange. Lorsque fut fondé le
Pensionnat du B. P. Fourier de Lunéville M. Honor y enseigna
avec le même dévouement et le même succès qu'à Fénétrange. En
1871, il quitta le professorat pour le ministère paroissial. Il
fut nommé curé de Xousse. La petite vérole régnait dans cette
paroisse : M. le curé fut atteint par cette terrible maladie
quelques jours après sa prise de possession. A peine guéri, il
s'occupa des malades avec une bonté, une sollicitude dont on
parle aujourd'hui encore avec reconnaissance et admiration. Rien
ne faisait présager la nouvelle maladie qui vient de le frapper
et de l'enlever à l'affection de ses paroissiens.
» Le vendredi 4 mai, il fut pris d'un malaise qui lui parut être
le résultat des fatigues de la fête
de l'Ascension. Le dimanche matin, il ne put célébrer la Sainte
Messe, mais il se rendit encore à l'église où il voulut
distribuer la sainte Communion aux fidèles.
» Le soir du même jour, une fluxion de poitrine se déclarait
avec des caractères inquiétants. M. Honor ne se doutait
cependant pas de la gravité de son état. Il souffrait beaucoup :
mais il trouvait une sorte de consolation dans sa souffrance :
c'est pour mes paroissiens que je souffre disait-il, ainsi, je
puis encore leur faire un peu de bien ; je ne me plains pas. Le
samedi, pendant la nuit, l'agonie commença. Un de ses amis qui
le veillait, le prévint du danger que jusqu'alors il n'avait pas
soupçonné. Aussitôt avec la foi la plus vive et la piété la plus
édifiante, il se prépara à la mort. A 8 heures du matin, il
expirait.
» Chacun alors de le pleurer : son éloge était sur toutes les
lèvres et dans tous les coeurs. On se plaisait à redire sa
douceur : il était bon pour tous ; conciliant, évitant les
difficultés : jamais il ne sut refuser un service. Tous ceux qui
l'ont vu au collège et dans sa paroisse vantent son dévouement
aux enfants qu'il aimait et sur lesquels il exerçait la plus
salutaire influence. Ses conseils toujours sûrs, étaient
recherchés et suivis par tous : on savait son jugement droit, sa
discrétion à toute épreuve ; et on avait confiance. Sa modestie,
peut-être excessive, l'a empêché de faire paraître des talents,
qui certainement lui auraient permis de rendre de grands
services au diocèse et à l'Eglise.
» Sa vie, pendant laquelle on peut dire qu'il a rempli une
longue carrière, restera dans le souvenir de ceux qui l'ont
connu, comme une des vies les plus édifiantes et les plus dignes
d'éloges.
M. M. Honor faisait partie de l'Association de prières pour lés
prêtres défunts. »
3 juin 1883
Le feu a pris chez M. Mathieu, marchand tailleur à Blâmont. On
est parvenu à l'éteindre rapidement. Il y a pour 300 fr. de
dommages qui sont couverts par une assurance.
28 novembre 1883
Un tramway de Blâmont à Lunéville. - On s'occupe beaucoup en
ville, dit l'Eclaireur, d'un projet de tramway de Blâmont, se
dirigeant sur Lunéville.
La demande de concession doit être déposée au conseil général
par un ingénieur.
On pourra également, plus tard, faire traverser la ville à ce
tramway et le prolonger jusque Einville.
L'importance de ce projet ne peut échapper à personne.
29 janvier 1884
A Blamont, deux dames se sont un peu crêpé le chignon. Nos
confrères racontent cela, comme si c'était chose rare qu'une
bataille de ce genre !
13 mars 1884
A son audience du 7 mars, le tribunal de Lunéville a rendu son
jugement dans une affaire qui dure depuis fort longtemps et a
mis en émoi tout le canton de Blâmont.
Le nommé Stingre, ancien notaire à Blâmont, a été condamné pour
abus de confiance à 2 ans de prison et 500 fr. d'amende.
Le délinquant se trouvant à l'étranger a été condamné par
défaut.
8 avril 1884
On écrit de Blâmont au Progrès, à la date du 4 avril, que le
fermier de la ferme de Haut-Seille, commune de Leintrey, canton
de Blâmont, a capturé il y a quelques jours cinq jeunes loups.
14 avril 1884
M. L'ABBÉ J.-P. GONDREXON.
La Semaine religieuse consacre au vénérable abbé J. P. Gondrexon,
dont nous avons annoncé la mort, les lignes suivantes que nos
lecteurs liront avec édification :
« Depuis bientôt six mois, M. Gondrexon était menacé du coup qui
vient de le frapper. Pendant quelques jours, le mal dont il
était atteint et qui ne pardonne guère, lui laissa quelque
relâche, mais il le reprit avec plus de violence mercredi.
L'état du malade devint tout à coup inquiétant. Le jeudi il ne
pouvait plus dire la messe. Dans la nuit de vendredi à samedi,
il demandait et recevait avec la résignation la plus édifiante
les derniers sacrements. Quelques heures après il s'endormait
paisiblement dans le Seigneur.
» Les obsèques du vénérable Supérieur ont eu lieu lundi.
Quarante prêtres environ étaient venus rendre les derniers
devoirs à celui qui les avait tant de fois accueillis avec une
bonté et une simplicité toute patriarcale. Une députation des
Frères de la Doctrine chrétienne représentait la Congrégation
religieuse à laquelle il avait consacré la plus grande partie de
sa vie. Toute la population d'Ognéville entourait le cercueil du
bon curé dont les funérailles offraient le spectacle d'un
véritable triomphe. M. Gondrexon méritait tous ces honneurs.
Comme l'a fait remarquer, dans une allocution touchante, M. le
doyen de Vézelise, depuis son ordination, 1836, jusqu'à sa
dernière heure, M. Gondrexon, a été partout et toujours un
modèle de foi vive, de charité généreuse, de zèle ardent. Le
travail ordinaire du prêtre ne suffisait pas à son activité.
Pendant neuf ans, il exerça en même temps les fonctions de
vicaire à la paroisse et de professeur au collège de Blâmont. En
1848, il était curé de Repaix, sans cesser d'être professeur.
Lorsqu'il devint curé d'Ognéville, il prit la direction des
Frères de Vézelise. La manière dont il remplit cette nouvelle
charge lui fit bientôt offrir le titre de Supérieur
ecclésiastique de la Congrégation. Peu de temps après, il était
nommé chanoine honoraire de la Cathédrale.
» Dans ces différents postes, M. Gondrexon s'est surtout
distingué par l'intrépidité de son zèle. L'instruction des
enfants était une de ses plus constantes préoccupations. Depuis
qu'il n'est plus permis de parler religion à l'école, il les
réunissait tous les jours, à la sacristie, et, pendant une
heure, ayant d'offrir le saint sacrifice de la Messe, iI leur
faisait le catéchisme. Jamais, ni la fatigue, ni la mauvaise
saison ne lui firent abandonner cette oeuvre à laquelle il
attachait une importance
capitale.
Après les enfants de la paroisse, les bons Frères étaient
l'objet de sa vive sollicitude. Il aimait se trouver au milieu
d'eux, à leur prêcher par l'exemp le et par sa Parole vibrante,
énergique, l'obéissance, la piété, le dévouement et toutes les
vertus religieuses. Ce ne fut point sans une profonde tristesse
qu'il les vit quitter Vézelise et aller d'établir au Montet.
Cette séparation laissa dans son coeur une blessure qui ébranla
fortement sa brillante santé. Il essaya de trouver une
distraction à sa peine, en fondant une oeuvre dont il avait
souvent remarqué l'utilité. A la vue des nombreux domestiques
qui trop souvent apportent dans les campagnes les vices et les
habitudes les plus funestes, il lui vint en pensée de créer un
orphelinat agricole, où se formeraient, pour le service des
cultivateurs, des jeunes gens dociles, laborieux, honnêtes et
pieux. L'entreprise dépassait ses forces : elle ne réussit pas.
Ce fut une nouvelle épine qui lui déchira le cœur.
« Son ministère pastoral, toujours inspiré par un zèle plein d
ardeur, ne lui procura pas non toutes les consolations qu'il
méritait et que lui réservait sans doute le Seigneur dans un
monde meilleur. Il est d'ailleurs si difficile de combattre les
passions, de s attaquer aux vices sans être exposé à de cruelles
représailles ! Mais qu'importe la malice des hommes à qui fait
son devoir, consciencieusement, religieusement et pour Dieu ?
C'est ainsi que le fit toujours le vénérable curé d'Ognéville.
Aujourd'hui sans doute, il en est largement récompensé. »
7 juillet 1884
Le cadavre de M. Breton, manoeuvre à Foulcrey, a été trouvé, il
y a quelques jours, dans la rivière, sur le territoire de
Blâmont. M. Breton était étranger à la localité ; son identité
n'a pu être constatée que grâce à des papiers presque illisibles
qui se trouvaient dans ses poches.
M. Michel, vannier à Ogéviller, est tombé à bas d'un boeuf sur
lequel il était monté en rentrant des champs. Il a succombé
quelques instants après.
25 octobre 1884
Vol. - M. Masson, homme d'équipe au chemin de fer, à Igney, a
été attaqué, le 20 octobre, par plusieurs jeunes gens de Blâmont
qui lui ont enlevé sa montre ; il n'a pu donner aucune
indication sur les auteurs du vol.
8 novembre 1884
M. Gérardin, marchand de vin à Ancerviller, canton de Blâmont,
revenait dernièrement (1er novembre) de voyage, lorsqu'arrivé
près dudit village d'Ancerviller, ses chevaux s'emportèrent.
Ayant voulu descendre de voiture, M. Gérardin fut pris dans les
guides et tomba sous les roues de sa voiture.
C'est en vain, ajoute la Dépêche, que les premiers secours lui
furent donnés: la colonne vertébrale était cassée et quelques
heures après il expirait chez lui dans d'atroces souffrances.
23 janvier 1885
Nomades. - Deux individus accompagnés de trois femmes et d'une
bande d'enfants, ayant avec eux deux ours, se sont présentés â
la douane allemande, à Avricourt, ces jours passés et
cherchaient à s'introduire sur le territoire français, en
passant par Igney ; ils ont été repoussés par le personnel de la
brigade.
Ces nomades sont retournés à Avricourt et chercheront
probablement à s'introduire en France par un autre point.
Les brigades de Blâmont, Cirey, Badonviller, Lunéville et
Arracourt sont prévenues pour empêcher leur entrée.
25 janvier 1885
On signale la mort subite du sieur François Guénaire, âgé de 76
ans, cultivateur à Nonhigny, mort attribuée à une hémorragie
interne.
Le nommé Joseph S..., né à Ridzeltz (Alsace-Lorraine),
domestique à Blâmont, a été arrêté pour vol et écroué à la
maison d'arrêt de Lunéville.
12 février 1885
La gendarmerie de Walscheid vient d'escorter à Sarrebourg un de
ces individus qui s'introduisent dans les maisons et demandent
l'aumône presque la menace à la bouche. Cet individu sera sans
doute réintégré dans son pays, à Frémonville, aux environs de
Blâmont.
28 février 1885
Nous apprenons le mariage de M. Henri Hanriot, docteur en
médecine à Blâmont, avec Mlle Marie Batho, fille de M. Alphonse
Batho, licencié en droit, à Cirey-sur-Vezouze. M. H. Hanriot est
originaire de Lucy (Lorraine), où habitent encore ses parents,
M. et Mme François Hanriot.
5 avril 1885
Sapeurs-pompiers. - Par décision du 23 mars 1885, sont nommés à
la compagnie des sapeurs-pompiers de Blâmont : capitaine, M.
Gorius-Mézières ; lieutenant, M. Delabbeye, Jules;
sous-lieutenant, M. Pierson, Victor.
9 avril 1885
M. Wormser, marchand de bestiaux à Blâmont, la victime de
l'accident survenu à la gare de Nancy il y a trois mois, a
survécu à ses horribles blessures ; il a subi avec un plein
succès l'amputation d'un bras et d'une jambe, et une opération
chirurgicale très douloureuse au pied droit. C'est grâce aux
bons soins de M. le docteur Bernheim, et aussi à un tempérament
robuste que M. Wormser a guéri aussi rapidement. M. Wormser
sortira prochainement de l'hôpital civil ; pendant tout le temps
qu'il y a passé, sa famille ne l'a pas quitté.
Jour et nuit, ses deux frères et sa femme se relayaient à son
chevet. L'infortuné mutilé ne s'est pas trop affecté de sa
situation et il s'estime encore heureux d'avoir conservé la vie.
(Impartial.}
15 mai 1885
MORT DE JORNÉ VIARD.
Lundi matin est décédé, à l'hospice Saint-Julien, un des
pensionnaires les plus pauvres et les plus dignes d'intérêt de
cet hospice, le sculpteur Jorné Viard, dont le nom eut son heure
de célébrité.
Notre excellent confrère, M. Auguin, consacre à l'artiste décédé
un article duquel nous extrayons les passages suivants :
« Jorné Viard était né à Saint-Clément, le 23 janvier 1820.
C'est à l'école de cette petite commune qu'il apprit à lire et à
écrire, juste ce qu'il fallait pour tenir imparfaitement ses
comptes. Employé à la faïencerie, il manifesta de bonne heure un
goût pour le modelage et fut employé promptement aux ateliers de
sculpture. Il acquit bientôt assez d'habileté pour parfaire les
reproductions de Cyfflée au sortir du moule. C'est dans ce
travail délicat de la retouche qu'il conçut le sentiment de la
forme et l'amour de la statuaire. Distingué par Alexandre Gény,
l'éminent collectionneur, il fut envoyé aux Beaux-Arts à Paris,
où il apprit, dans l'atelier de Bonassieux, ce que le travail de
la manufacture ne pouvait lui donner, les doctrines et les
traditions générales de l'art.
» A son retour, au bout de quelques années, sa première oeuvre
fut inspirée par la reconnaissance. Il prit pour modèle une
fille de son bienfaiteur, aujourd'hui dominicaine, dont il
sculpta un buste charmant... »
M. Auguin énumère ensuite les oeuvres principales de Viard et
ajoute :
« Parmi les bustes de notoriétés lorraines dus à son ciseau,
nous citerons notamment ceux de Digot, de de Haldat, de de
Lassalle, de Parade, des deux généraux Thiry, de de Lambel (au
musée de Bar), de Dom Calmet (détruit dans l'incendie du Musée
lorrain), de Gastaldy, du curé Trouillet, d'Alexandre Gény et de
son père, de Mathieu de Dombasle (chez M. de Meixmoron), de
Lacordaire, de l'abbé Michel (du Séminaire), le médaillon de
l'abbé Gridel (des Jeunes-Aveugles).
» Il est également l'auteur du 'colossal saint Maurice, commandé
et sculpté pour l'église de Blâmont... »
Notre confrère raconte ensuite la période de décadence de
l'artiste imprévoyant qui, insouciant de l'avenir, n'avait
jamais songé à la maladie et à la vieillesse.
« L'une et l'autre, dit-il, frappèrent simultanément et
prématurément à sa porte. A soixante ans, l'habile imagier, dont
les oeuvres décorent tant de monuments nancéiens, Jorné Viard,
sans famille, sans ressources, envahi par un commencement de
paralysie générale, était réduit à solliciter son inscription
comme indigent sur les listes municipales, et le triste bénéfice
d'un lit à l'hôpital Saint-Julien. La municipalité s'empressa de
faire droit à sa demande et l'y fit admettre avec la faveur
d'une double pension, s'élevant à la somme de 650 fr. dans cet
asile où il était sinon protégé contre le terrible assaut de ses
pensées et de ses regrets, du moins à l'abri de la noire et
dégradante mendicité.
» Depuis 1880, nous rencontrions parfois le pauvre homme donnant
carrière dans les rues de Nancy à sa dernière passion, - l'amour
du soleil. Il allait, le chef branlant, la démarche lourde,
promenant sa tristesse de paralytique et fumant une grosse pipe
qui fût restée vide sans la libéralité d'un de ses vjeux amis.
Nous lui adressions la parole affectueusement et il nous
répondait par une poignée de main, un sourire navrant, où on
lisait toutes les amertumes de son ambition déçue, car ses
perceptions cérébrales étaient restées nettes. Puis il essayait
un bégaiement auquel sa langue se refusait et plus tristement
encore, sans avoir pu articuler un mot, il s'éloignait, une
larme dans les yeux. C'était tout ce qui restait de Jorné Viard,
l'auteur du duc Antoine - terrifiante leçon pour les artistes.
« C'est de ce modeste hospice de Saint-Julien où il s'est éteint
chrétiennement, la nuit dernière, dans la paix de Dieu, que son
cercueil sortira jeudi pour se rendre au cimetière du Sud. M. le
maire, que nous avens sollicité ce matin, a bien voulu nous
laisser espérer - et nous l'en remercions - que la ville
accorderait la concession définitive du terrain où les restes du
pauvre artiste trouveront du moins le repos perpétuel, dernier
hommage dû à son talent et à sa laborieuse carrière.
» Nous espérons que quelques amis s'uniront à nous - nous
acceptons d avance toute offrande - pour assurer à Jorné Viard
une dernière protection contre l'oubli, la simple pierre tombale
sur laquelle seront écrits son nom, la date de sa naissance et
celle de sa mort. C'est la seule marque de sympathie que nous
sollicitons pour le modeste artiste, vaillant, désintéressé,
imprudemment généreux, mort oublié ou méconnu par une génération
de citoyens dont il méritait assurément d'être plus apprécié. »
26 juillet 1885
Un voleur volé. - Le 20 juillet courant, la dame Devénoit,
marchande de chiffons à Blâmont, a quitté son domicile après
avoir fermé toutes les issues, moins une fenêtre du
rez-de-chaussée dont elle a seulement fermé les volets. Pendant
son absence un malfaiteur s'est introduit par là, a bouleversé
tout l'intérieur de la maison, culbuté le linge dans une armoire
et emporté deux chemises en cretonne blanche estimées 8 fr. ;
mais en revanche, le voleur a laissé sur place, parce qu'il a
été dérangé par un voisin de la victime, un sac contenant des
effets et victuailles, provenant sans doute d'un autre vol, et
d'une valeur de 172 francs.
28 juillet 1885
M. Wormser est retourné à Blâmont où il jouit de l'estime
générale. (Impartial).
13 août 1885
Dans la nuit du 6 au 7 courant, des malfaiteurs inconnus ont
mutilé treize arbres fruitiers, estimés 600 fr., au préjudice du
garde champêtre Remy Royer, de Blâmont.
21 août 1885
Querelles de femmes. - Dans une querelle qui a eu lieu le 16
courant, entre les femmes Houart et Masson, toutes deux de
Blâmont, la femme Houart a lancé un arrosoir à son adversaire
qui se trouvait dans sa cuisine ; elle manqua son but mais
atteignit le jeune Masson, âgé de 14 mois, assis au milieu de la
chambre.
M. le docteur Hanriot, qui a donné les premiers soins à
l'enfant, n'a pas encore pu se prononcer sur la gravité de la
blessure.
2 septembre 1885
Le 24 août dernier, un incendie a complètement détruit un rucher
d'abeilles, estimé 250 fr., situé lieudit aux Carreaux,
territoire de Blâmont, appartenant au sieur Goeury, sculpteur à
Blâmont.
22 octobre 1885
NOMINATIONS ECCLÉSIASTIQUES.
Nous apprenons que le gouvernement vient d'agréer la nomination,
comme curé-archiprêtre de la Cathédrale, et chanoine (sans
traitement), de M. l'abbé Didierjean, curé-doyen de Blâmont ;
Et celle de M. l'abbé Eloi, aumônir de l'hôpital de Toul, à la
cure cantonale de Blâmont.
7 février 1886
Nécrologie. - Nous recommandons aux prières de nos lecteurs
l'âme de M. l'abbé Remy-Michel Pinoit, décédé le 1er février, à
l'âge de 72 ans.
Né à Blâmont en 1814, ordonné prêtre en 1839, M. Pinoit fut
successivement vicaire à Favières, à Nomeny et à Deneuvre. Nommé
curé à Gézoncourt, en 1845, il exerça le saint ministère dans
cette paroisse jusqu'en 1880. À cette époque sa santé l'obligea
à renoncer à ses fonctions : il resta néanmoins comme prêtre
habitué dans la paroisse.
C'est là qu'après une longue maladie, supportée avec
résignation, il est mort lundi en offrant sa vie au bon Dieu
pour le salut de ses anciens paroissiens.
M. Pinoit était membre de l'Association de prières.
5 mars 1886
On nous demande d'annoncer que dimanche prochain, 7 mars, dans
la salle de l'Hôtel-de-Ville de Blâmont, un grand bal sera
organisé par la jeunesse de la ville au bénéfice du bureau de
bienfaisance. Une quête y sera faite pour la même oeuvre.
Quand on veut faire du bien, il doit s'y mêler un sacrifice, et
non un amusement ; et autant que nous louerions une
souscription, autant nous blâmons les danses charitables.
12 avril 1886
Expulsion. - La gendarmerie de Blâmont a refoulé jusqu'à la
frontière du département de Meurthe-et-Moselle une bande de
bohémiens qui stationnaient dans la rue principale du village d'Ogéviller.
11 septembre 1886
Montreux. - Une rixe a eu lieu entre les deux beaux-frères Volck,
25.ans, cultivateur, et Martin, 26 ans, de la même profession.
Le premier s'est fait l'agresseur, et a piétiné sur les fruits
que sa victime conduisait au marché de Blâmont. Il en a détruit
pour 15 francs, dans sa colère tout à fait terrible, à ce qu'il
paraît.
16 octobre 1886
Blâmont. - Un délit de chasse est relevé contre M. Marchal, 36
ans, couvreur, pour avoir chassé en plaine, le 11 octobre, avec
un permis périmé depuis le 8.. La rumeur publique, fort maligne
à Blâmont, a donné l'éveil sur ce délit à la gendarmerie.
22 octobre 1886
Repaix. - Une rixe a eu lieu, à la sortie du bal, au moment de
la fête patronale, entre le cultivateur Lidviller, 21 ans, et la
demoiselle Boubel, 21 ans, demeurant à la ferme Duchamp, écart
de Blâmont. La lutte a été rude; car les coups de pied et les
coups de parapluie n'ont pas été ménagés, dans cette esclandre
scandaleuse.
30 octobre 1886
Blâmont. - D'après la rumeur publique, une pauvre femme, âgée de
72 ans, la veuve Toubhans, était séquestrée par son fils et sa
belle-fille à Blâmont. La gendarmerie s'est rendue au domicile
de cette femme qu'elle a trouvée dans une chambre n'ayant ni
jour ni air, et qui était fermée à clef. Cette clef était entre
les mains du fils, qui, sur l'injonction de la gendarmerie, a
ouvert la porte. En voyant les gendarmes, la recluse s'est
élancée vers eux, en disant : « Ah ! mes pauvres messieurs ! »
Des déclarations, de la veuve Toubhans, il résulte que cette
femme est enfermée depuis près de six semaines, qu'elle n'a pour
nourriture qu'un peu de pain et d'eau, qu'on lui a retiré son
matelas de crin, qu'on a remplacé par des sacs en grosse toile.
Une enquête judiciaire est ouverte.
18 novembre 1886
Saulxures-les-Nancy. - Un sieur Grivel, 21, ans, né à Blâmont,
vient d'être arrêté en flagrant délit de tentative de vol, dans
le hangar de M. Bonnabel, pendant les offices du dimanche 14
novembre. Il était de complicité avec un sieur Finot, 19 ans,
qui a échappé aux recherches. Lesdits Grivel et Finot, de Gugney-aux-Eaux,
n'ont vécu, depuis un mois, que de Vagabondage et d'aventures
d'un genre suspect.
22 décembre 1886
Les communications entre Blâmont et Igney-Avricourt ont été
interrompues par la neige. (Progrès.)
12 janvier 1887
Badonviller. - Une lettre de, M.. Masson, débitant aux Carrières
de Badonviller, a dénoncé à la gendarmerie de Blâmont des faits
d'escroqueries, tant à son préjudice qu'à celui de M. Cidelle,
aubergiste à Badonviller, de la part d'un sieur G...,
actuellement domestique chez M. Gonand, aubergiste à Blâmont.
Ledit G... a été arrêté en flagrant délit, et conduit, à
Lunéville, devant le procureur de la République, qui l'a fait
écrouer.
15 janvier 1887
Blâmont. - M. Hennequin, s'étant livré à la chasse aux corbeaux
à l'entrée de la ville, par un temps de neige; a été aperçu
parles gendarmes,, qui ont constaté le délit de chasse.
Au moins, n'est-ce pas un cas pendable.
20 janvier 1887
Blâmont. - Un incendie a éclaté chez M. Schoeb, aubergiste et
boulanger. Aussitôt combattu, le sinistre n'a causé que pour 100
fr. de dégâts, tant au plancher qu'à la chaudière de la
boulangerie.
27 janvier 1887
Blâmont. -" Un incendie a éclaté dans un hangar de M. Marchal,
cultivateur, et a causé pour 730 fr. de dommages dans les
récoltes et dans l'immeuble. Ce hangar est à 600 mètres de
Blâmont, sur le chemin d'Autrepierre. La cause de ce sinistre
est inconnue.
8 février 1887
Blâmont. - Un domestique allemand, nommé Hommel, vient d'être
arrêté pour avoir volé chez M. Colin, cultivateur, des lapins
qu'il est allé vendre à divers particuliers. Il parcourait la
banlieue, se rendant d'auberge en auberge ; et c'est à
Ancerviller, à l'auberge Colin, qu'on l'a arrêté finalement.
20 mars 1887
On écrit de Blâmont à la Meurthe :
« La clôture de la retraite prêchée à Blâmont par les RR. PP.
Georges et Mathieu, a eu lieu mercredi soir, 16 du courant. Une
nombreuse assemblée de fidèles y assistaient.
« Le R. P. Georges, dans un éloquent sermon, a retracé lés
encourageants conseils que lui et son confrère avaient donnés à
leurs auditeurs pendant leur mission ; il les a engagés à
persévérer à se conduire en créatures raisonnables conformément
au but que Dieu leur a assigné. Il a su les convaincre que la
pratique des devoirs religieux est moins pénible qu'on ne se le
figure, qu'elle procure une délicieuse satisfaction bien
contraire à celle que font éprouver les sentiments d'incrédulité
qui y sont en opposition.
» M. le curé-doyen de Blâmont, dans une chaleureuse
improvisation, a remercié les Pères de leurs travaux pendant les
trois semaines qu'ils ont passées parmi nous ; il a constaté que
leurs prédications édifiantes avaient contribué à ramener à la
pratique des devoirs à rendre au Créateur et à la société, bon
nombre de ceux qui les avaient négligés depuis plusieurs années.
»
27 mars 1887
On écrit de Dieuze, le 24 mars, au Lorrain:
« J'apprends à l'instant que la vente des immeubles de M.
Mézière est fixée au Vendredi-Saint, 8 avril, à Lunéville.
Voulez-vous, M. le rédacteur, me donner l'hospitalité dans votre
honorable journal pour protester contre le choix de ce jour? La
piété des peuples, à défaut de la loi, avait placé le
Vendredi-Saint au rang des jours fériés, et c'est le
Vendre-Saint qu'on va choisir pour une vente dont l'importance
n'échappe à per sonne ! Combien de gens de Blâmont ou d'ailleurs
se dérangeront ce jour-là pour aller à Lunéville? Il sera facile
alors à un spéculateur de tout acheter et de faire son beurre,
au détriment des créanciers. Est-ce là le but que l'on veut
atteindre? Pour peu que les choses continuent ainsi, j'en
arriverai à partager l'avis de votre correspondant de
Sarrebourg, et à regretter que les intéressés n'aient pas laissé
M. Mézière à la tête de sa liquidation. Après tout, son
intention n'était pas de nous voler ; il ne se sentait même pas
gravement coupable, puisqu'il n'a pas, comme tant d'autres, mis
une frontière entre lui et nous. Nous aurions perdu sans doute,
puisqu'il a fait lui-même des pertes très considérables ; mais
je crois que nous aurions perdu beaucoup moins. - Merci, M. le
rédacteur, et veuillent vos confrères en rédaction qui me
liront, reproduire aussi ma protestation. C'est l'intérêt de
tous les créanciers.
Un créancier.
1 avril 1887
Verdenal. - Le sieur Marchal, 60 ans, mendiant infirme,
domicilié à Richeval, est mort, subitement près d'une haie, le
long du chemin de Verdenal à Blâmont.
3 avril 1887
Blâmont. - Un inconnu a arraché et enlevé 6 arbres fruitiers,
valant 30 fr., dans le jardin de M. Ducret, propriétaire. Le
voleur a aussi essayé d'en -arracher d'autres, qui étaient
plantés depuis 7 ou 8 ans ; mais il n'a pu y parvenir.
8 avril 1887
Par ordonnance de Monsieur le Juge-Commissaire, la vente des
immeubles dépendant de la faillite. Edouard-Gorius Mézière,
ex-banquier à Blâmont, annoncée pour le vendredi 8 avril, est
reportée au 29, même mois, neuf heures du matin
3 mai 1887
Bienfaisance. - Mme Aubry, décédée à Domêvre-sur-Vezouze le 9
avril dernier, a légué par testament :
1° Au bureau de bienfaisance de Blâmont, une propriété d'un
revenu d'environ 300 fr. à distribuer aux nécessiteux ;
2° A la fabrique de l'église de Blâmont, une autre propriété
d'un revenu à peu près égal, pour être employé à des services
religieux, à entretenir son monument funéraire au cimetière de
Blâmont où elle est inhumée, et à d'autres bonnes oeuvres.
8 juin 1887
Blâmont. - Le sieur Fix, 68 ans, propriétaire, a disparu depuis
le 4 juin. On le croit tombé dans la rivière la Voise, au pont
du Czar, sur le chemin d'Autrepierre à Blâmont.
12 juin 1887
Blâmont. - M. Fix, propriétaire, avait disparu depuis le 4 juin,
et on présumait qu'il était accidentellement tombe dans la
Voise, en amont de- la forge. Effectivement, son cadavre a été
aperçu et retiré de l'eau par M. Limont, directeur de la forge.
Il a été reconnu par son neveu, M. Poucher, cafetier à Blâmont.
21 juin 1887
85 membres du, Comice de Lunéville ont participé aux
distributions gratuites d'engrais chimiques qui ont eu lieu à
Lunéville, Blâmont et. Baccarat. Le Comice, désirant augmenter
ces distributions, qui permettent mieux que tous- les discours
de se rendre compte de l'efficacité des engrais chimiques,
judicieusement appliqués, a inscrit à son budget une somme de
200 fr., soit 100 fr. de plus que les années précédentes, qui
sera insuffisante.
30 juillet 1887
Blâmont. - Le sieur Humbert. 67 ans, de Remoncourt, s'est pendu
à une poutre de sa chambre à coucher, chez M. Malo, aubergiste.
Il avait furtivement quitté sa famille, depuis quatre jours. On
a trouvé sur lui la somme de 2,346 fr. Il s'adonnait depuis
plusieurs mois à la boisson, et il nourrissait depuis quelque
temps des idées noires. A Blâmont, il avait vendu son bien à M.
Vormus. Il appartient à une très bonne famille de Remoncourt, et
son suicidé provient d'un dérangement du cerveau.
13 août 1887
Nous avons brièvement annoncé, l'autre jour, la mort de M. le
chanoine Bastien, pieusement décédé, le 5 août, à
Saint-Nicolas-de-Port, dans sa 82e année.
M. Bastien est né à Blâmont en 1806, d'une très honorable
famille qui depuis vint habiter Saint-Nicolas.
Aussitôt après son ordination, en 1830, dit la Semaine, il fut
nommé curé de Réméréville. En 1840, il fut appelé à Fléville où
il exerça le saint ministère jusqu'en 1863, époque à laquelle il
se retira à Saint-Nicolas-de-Port, où il vient de mourir après
une longue et douloureuse maladie.
M. le chanoine Bastien dont la vie s'est paisiblement et
religieusement écoulée dans de modestes paroisses, et dans une
douce retraite, n'était point un prêtre d'une valeur [ordinaire.
Tous ceux qui ont eu l'avantage de le connaître ont pu apprécier
la réserve et le tact peu commun qu'il montra dans ses
relations, le zèle, l'intelligence pratique, la sollicitude dont
il donna tant de. preuves dans les postes qui lui furent confiés
; ils ont surtout admiré la finesse et l'étendue de son esprit,
la délicatesse et la bonté de son coeur.
M. Bastien était un érudit et un savant.
28 septembre 1887
Blâmont. - Un délit de chasse est relevé contre M. Joly,
régisseur, pour avoir chassé sans autorisation, aux Marmottes,
dans un terrain clos de M. Schoeb, aubergiste, qui a porté
plainte à ce sujet.
18 octobre 1887
Blâmont. - M. Moitrier, cafetier, est accidentellement tombé
dans sa cave, et s'est fracturé une côte.
18 novembre 1887
Le chef de train Dognon a trouvé, près de la gare de Blâmont, un
porte-monnaie contenant 10 fr. 25 et un coupon de retour, 3e
classe, de Blâmont à Nancy, qui a été restitué au propriétaire.
18 janvier 1888
Arrestation. - Le 11 janvier courant, les douaniers de Repaix et
de Blâmont, sous la conduite de leur capitaine, M. Paillousse,
ont poursuivi 4 fraudeurs dans la plaine, près de Blâmont, par
un temps affreux. Leurs peines ont été couronnées de succès par
l'arrestation d'un contrebandier et la saisie d'environ 150
kilog. de tabac.
29 février 1888
Blâmont. - Il a passé dans la ville un chien hydrophobe, qui a
mordu plusieurs de ses congénères en arrivant par le chemin d'Igney.
La gendarmerie s'est mise à sa poursuite. Mais on n'a pu
l'atteindre.
22 mars 1888
Nous avons aussi le regret d'apprendre la mort-de M. et Mme
Collesson, des Sallières près Blâmont. Mme Collesson est
décédée, il y a quelques jours, à l'âge de 81 ans, et son mari,
souffrant depuis longtemps. Agé de 84 ans, l'a suivie dans la
tombe quatre jours plus tard.
Nos plus sympathiques condoléances à la famille qui est
doublement éprouvée.
1 avril 1888
Blâmont. - En traversant la rue de Gogney, M. Chopard, receveur
des postes à Igney-Avricourt,a glissé sur le pavé du caniveau,
et dans sa chute il s'est fracturé la jambe droite. Il a reçu
les soins de M. le docteur Zimmerman.
25 avril 1888
Domévre-sur-Vezouze.. - M. Tannette, entrepreneur à Lunéville,
est accidentellement tombé du haut du clocher de l'église; en
voulant redresser la croix qui est au sommet.
Dans cette chute, il s'est fracturé plusieurs côtes, et il a
reçu de graves lésions internes.
Il a reçu les soins de M. le docteur Hanriot, de Blâmont.
27 avril 1888
Outrage à la gendarmerie.- Le sieur François Marchand, âgé de 45
ans, né à Verdenal, aubergiste, a été arrêté par les gendarmes
de la brigade de Blâmont pour outrages envers la gendarmerie
dans l'exercice de ses fonctions. Marchand devait être interrogé
par les gendarmes sur un coup de poing porté à M Gustave
Houillon, cultivateur à Verdenal, et à propos de quoi une
enquête avait été ordonnée. M. Marchand s'était refusé à donner
des renseignements sur les faits signalés et il a outragé les
gendarmes qui l'avaient fait venir à la caserne pour,
l'interroger plus facilement.
Il a été mis à la disposition de M. le procureur de la
République qui l'a fait écrouer à la maison d'arrêt de
Lunéville.
28 avril 1888
Le sieur François Marchand, âgé de 45 ans, aubergiste à Blâmont,
a été arrêté et écroué à la maison d'arrêt de Lunéville pour
outrages à la gendarmerie dans l'exercice de ses fonctions.
6 mai 1888
La Société de tir de Blâmont a récemment recruté plus de 40
adhérents nouveaux à Domèvre-sur-Vezouze et à Igney-Avricourt.
Cette Société, qui est une des plus prospères de la région,
compte environ 350 membres.
14 juin 1888
Encore les passeports.
On nous écrit de Blâmont, 12 juin :
« Monsieur le Directeur,
» Je prends la liberté de recourir à votre obligeance bien
connue, pour obtenir par la voie de l'Espérance de nouveaux
renseignements sur la question des passeport, laquelle n'est pas
suffisamment élucidée, au moins pour les habitants des petites
villes. Précisons : 1° Moi, habitant Blâmont, et Français par
option, je veux faire un voyage en Alsace; à qui dois-je
m'adresser pour l'obtention du passeport ? Si c'est à la
Préfecture de Nancy, dois-je m'y rendre en personne, ou
suffit-il d'adresser ma demande par écrit ? Et dans l'un ou
l'autre cas, quelles sont les pièces à fournir à l'appui ?
Dois-je désigner l'endroit ou les endroits où je compte me
rendre ? Ou bien le passeport me donne-t-il le droit de parcours
dans tout l'empire allemand ?
» 2° Ma femme se proposant à son tour un voyage en Allemagne,
puis-je prendre un seul passeport, servant à tour de rôle pour
la femme et pour le mari ?.
» 3° L'administration française n'a-t-elle pas encore consenti à
délivrer gratuitement ses passeports ?
» Je vous serais extrêmement obligé, Monsieur le Directeur, de
vouloir répondre à ces questions, dans vos colonnes, le plus tôt
possible; cela rendra service à beaucoup de personnes, car
toutes ces questions sont autant de problèmes que chacun
s'adresse et que nul ici ne sait résoudre.
» Veuillez agréer, Monsieur le Directeur, etc., etc. »
Réponses- - 1° Il faut s'adresser à la Préfecture.
2° II n est pas nécessaire de se présenter soi-meme. Il suffit
d'accompagner la demande écrite, ou faite verbalement par une
autre personne, d'un certificat du maire donnant le signalement
du demandeur, et son certificat d'option pour les optants. Pour
les autres Français, un document officiel constatant leur
nationalité.
3° Quant aux endroits qu'on-veut visiter, il sera bon de les
désigner dans la Note qu'on enverra à l'ambassade d'Allemagne
avec le passeport français. On y ajoutera des explications sur
le motif du voyage.
4° Le passeport n'est exigé que pour l‘Alsace-Lorraine. Un
Français peut aller à Cologne et même à Berlin, sans être muni
de ce papier.
5° Si la femme voyage avec le mari, un seul passeport suffit,
mais à condition d'y mentionner les deux voyageurs. La femme
voyageant seule a besoin d'un passeport spécial, et, pour
l'obtenir à la Préfecture, de l'autorisation du mari.
6° La gratuité du passeport - côté des Français, - est promise,
mais non encore votée.
6 juillet 1888
Ecrasé par un train. - On écrit de Blâmont à l'Express :
« Le nommé X..., âgé d'environ 60 ans, originaire de Reillon et
pensionnaire à l'hospice de Blâmont a tenté d'en finir avec la
vie dont il semblait las, en se jetant résolûment sur la voie du
chemin de fer de Cirey au moment du passage du train, à quelques
centaines de mètres de la gare de Blâmont, près de la ferme
appartenant à M. du Champ, au château de Blâmont.
» X... a eu le bras et la jambe brisés ; il a été aussitôt
transporté à l'hospice. Ce pauvre malheureux ne jouissait pas de
toutes ses facultés mentales.
14 juillet 1888
Sapeurs-pompiers. - Par décret en date du 5 juillet 1888, ont
été nommés :
1° Dans la compagnie de sapeurs-pompiers de Blâmont, MM.
Delablaye, capitaine, Pierson, lieutenant ; Moitrier,
sous-lieutenant
22 août 1888
La gendarmerie de Blâmont a arrêté, à Repaix, la nommée Marie
Brénot, auteur du vol d'habillement et d'argent commis au
préjudice de la bonne de M. le curé de Pexonne.
6 novembre 1888
Domèvre-sur-Vezouze. - Les époux Mougeol, épiciers et
entrepreneurs de broderies, sont inculpés d'escroquerie de la
somme de 5,200 francs au préjudice de MM. Xilliez et Cie,
banquiers à Blâmont.
Plainte a été portée par les chefs de ladite banque.
28 novembre 1888
Assassinat. - On écrit de Barbas, le 24 novembre, à l'Express :
« Le village de Barbas vient d'être mis en émoi cet après-midi.
Le sieur Angel, berger à Ancerviller, vieillard, à barbe
blanche, a roué sa femme de coups dé bâton, et après l'avoir
assommée, l'a piétinée. Dès-les premiers coups qu'elle a reçus
sur la tête, la malheureuse femme a perdu connaissance ; puis,
s'étant peu à peu ranimée après le départ de son mari, elle
s'est traînée chez les les époux Hupon pour demander aide et
assistance. Pendant ce temps, Angel se dirigeait à grands pas
vers Blâmont, et allait se constituer prisonnier à la
gendarmerie. Le juge de paix, accompagné de M. le docteur
Hanriot, commis à cet effet, s'est transporté immédiatement sur
les lieux. Le médecin a
constaté de nombreuses plaies à la tête et aux mains ; il a
déclaré de plus que, vu la quantité des plaies et leurs
dimensions, la femme Angel était en danger de mort. Le parquet a
été aussitôt prévenu par dépêche. - Angel avait l'habitude de
battre sa femme à tout propos, c'est pourquoi cette dernière
lavait abandonné depuis quelque temps pour venir vivre prés de
ses enfants à Barbas. Cette malheureuse est âgée de 62 ans. »
22 décembre 1888
Repaix. - Le nommé Geoffroy, domestique chez M. Bonnetier,
cultivateur, vient d'être arrêté pour avoir volé un paletot de
drap à M. Godard, propriétaire, qui avait porté plainte du
larcin à la gendarmerie de Blâmont.
25 décembre 1888
Blâmont. - Des escroqueries pour la somme de 161 fr. 50 ont été
commises, au préjudice des époux Pérouff, facteur-chargeur à la
gare, par deux alsaciennes, vraies ou fausses, l'une se disant
la veuve Wachtel, l'autre la dame Kohler, qui ont séjourné un
mois à Blâmont. Ce sont la mère et la fille. Celle- ci est
partie pour Paris, sans acquitter ses dettes. La mère, retenue
en gage à Blâmont, a dit : « J'ai une pension de deux mille
francs, que mon beau-frère me fait. Il habite Berlin, et il est
très ami avec M. de Bismarck. » Quel fonds de vérité y a-t-il
dans ces paroles si singulières ? »
1 février 1889
Blâmont. - Un inconnu a volé à Mlle Mangin, institutrice, 6
paniers de houille, estimés 8 fr.
14 février 1889
Blâmont. - Le nommé Magnier, maréchal-ferrant, inculpé de vol, a
été arrêté pour rébellion envers la gendarmerie.
9 mars 1889
Coup de carabine. - MM. Eugène Bazin, âgé de 28 ans, Jules
Bazin, son frère, âgé de 22 ans et Joseph Thouvenel âgé de 14
ans, domiciliés à Harbouey, s'amusaient à tirer à la cible avec
une carabine Flobert. Ils avaient placé dans le jardin de Jules
Bazin un pot en grès à moineau sur un échalas fiché en terre.
Jules Bazin tira le premier, le jeune Thouvenel prit ensuite
l'arme. Eugène Bazin, craignant un accident et ne voulant pas
que le jeune Thouvenel chargeât l'arme, lui la prit des mains.
Il abaissa le canon vers le sol, introduisit la cartouche. Il
relevait l'arme pour la remettre à Thouvenel lorsque le chien
s'abattit et le projectile alla frapper son frère, placé à
quelques pas de lui, un peu au-dessous du genou gauche.
Eugène Bazin, aidé par Thouvenel, transporta le blessé sur un
lit. M. Hanriot, docteur en médecine à Blâmont, examina la
blessure. Le projectile n'avait atteint que les chairs et 15
jours de repos suffiront à la cicatrisation de la blessure.
19 avril 1889
Don. - Mme veuve Mathis de Grandseille qui a déjà fait don au
bureau de bienfaisance de Blâmont de la somme de 500 fr., à
l'occasion de la mort de son mari, vient encore de remettre
entre les mains du maire une somme de mille francs qui devront
être versés à la caisse de l'hospice de cette ville en souvenir
du vif intérêt que M. Mathis de Grandseille prenait à la
prospérité de cet établissement hospitalier.
23 avril 1889
Victime. – Le nommé L'Huillier, Adolphe, manœuvre à Blâmont,
était occupé samedi matin, 20 avril, à conduire un cheval attelé
à un tombereau au bord de la Vezouze, quand en reculant le
cheval et le tombereau sont tombés accidentellement dans la
rivière qui était très profonde à cet endroit.
L'Huillier n'écoutant que son courage s'est jeté à l'eau pour
porter secours au cheval quand, subitement pris d'une congestion
(il venait de déjeuner), il n'a plus reparu à la surface.
Son fils qui travaillait près de lui a appelé au secours, et le
cadavre du pauvre malheureux n'a pu être retiré qu'après une
demi-heure de recherches. Le cheval plus heureux que le
conducteur est sain et sauf. Tous les efforts faits pour
rappeler L'Huillier à la vie ont été infructueux et le docteur
Hanriot arrivé sur les lieux une demi-heure après l'accident n'a
pu que constater le décès.
L'Huillier avait 52 ans. Il était estimé à Blâmont.
12 juin 1889
Acte de probité. - Le jeune Victor Thirion, âgé de 6 ans,
domicilié à Blâmont, venu à Nancy avec ses parents pour les
fêtes de Pentecôte, a trouvé, rue des Quatre-Eglises, un
porte-monnaie contenant 23 fr. 50, qu'il a remis entre les mains
de la police où il est à la disposition du propriétaire. Cet
acte de probité de la part d'un enfant de cet âge fait grand
honneur à lui et à ses parents.
31 juillet 1889
Tentative de suicide. - La nommée Marguerite Barot, femme Méon,
âgée de 52 ans, domiciliée à Blâmont, a cherché à mettre fin à
ses jours en se pendant, à une poutre du plafond de sa cuisine.
Son fils,. Charles Méon, âgé de 20 ans, tailleur d'habits,
pénétra à ce moment dans l'habitation. En apercevant sa mère
pendue, il appela à l'aide un voisin, M. Dubois, qui accourut et
coupa la corde.
L'asphyxie n'était pas complète et M. Zimmermann, docteur en
médecine, put la rappeler à la vie.
La femme Méon était en état d'ébriété au moment où elle résolut
de se tuer. On ignore les causes de cette détermination.
8 octobre 1889
Tombé dans un puits. – Un enfant de 5 ans, Ch. Boudet, demeurant
chez ses parents à Saint-Jean, écart de Blâmont, s'amusait sur
la margelle d'un puits profond de 35 mètres. Il perdit
l'équilibre et tomba dans le puits. Les cris poussés par les
autres enfants attirèrent du monde. On appela l'enfant qui
répondit ; on descendit un panier, mais le pauvre petit ne put
s'y placer.
Et pendant qu'on allait chercher du secours à Blâmont, l'enfant
mourut. L'homme qui descendit dans le puits, ne ramena qu'un
cadavre.
29 octobre 1889
Nécrologie.
Nous avons le regret d'annoncer la mort, à l'âge de 81 ans, de
Mgr Joseph Régnier, prélat romain, chanoine honoraire de Nancy,
de Reims et de Saint-Dié, pieusement décédé, lundi matin, muni
des sacrements de la Sainte-Eglise.
Né à Langres, en 1808, élevé à Dijon, condisciple. pour la
philosophie, au Séminaire d'Issy, de M. l'abbé Lacordaire, dont
il partageait la cellule et dont il est resté l'ami intime. M.
Régnier, ses études de droit achevées, passa quelques années à
Nancy, où son père ancien directeur des contributions directes,
s'était retiré, et où son beau-frère, J. Maffioli était juge au
tribunal.
Puis il fut nommé juge de paix à Blâmont, mais après quelques
années, il se sentit appelé à l'état ecclésiastique, fit ses
études théologiques à Rome, et fut ordonné prêtre en 1858.
Il fut un prêtre pieux, dévoué, mais sans presque jamais exercer
de ministère à poste fixe
Le prètre entretint et conserva les nombreuses et cordiales
relations qu'avait nouées le jeune avocat, notamment avec MM. de
Saint-Beaussant, de Dumast, et les fondateurs de l'Espérance.
M. l'abbé Régnier publia plusieurs ouvrages, l'Orgue notamment,
qui est très estimé ; la Chœur, recueil de musique religieuse;
Lacordaire, souvenirs et lettres d'amis ; et Deux visites au
curé d'Ars.
C'était un homme plein de foi, un cœur d'or, un esprit fin et
délicat ; mais ses dernières années furent attristées par de
pénibles infirmités, qu'il supporta, du reste, avec une virile
et chrétienne résignation.
Mgr Régnier faisait partie de l'association de prières.
L'enterrement aura lieu mercredi, à 10 heures du matin.
10 janvier 1890
Dons faits au Musée lorrain.
[...] Par M. Henrion, de l'usine Solvay et Cie : Extrait mortuaire
de Claudon, de Blâmont, enrôlé volontaire en 1799 et tué devant
l'ennemi le 7 septembre 1812.
15 février 1890
Blâmont. - Un inconnu a volé à Mme veuve Pierron un plantoir
estimé 18 fr. qui était resté déposé dans la loge de sa
houblonnière, aux Grelots.
22 février 1890
Nécrologie.
M. l'abbé Stanislas Prégaldin, curé-archiprêtre de Vic, vient de
mourir à l'âge de 52 ans. Il laisse une paroisse en deuil, et,
dans les diocèses de Metz et de Nancy, bien des amis affligés.
Originaire de Blâmont, M. Prégaldin fut ordonné prêtre à Nancy
en 1862. Professeur au collège de la Malgrange, il prit dans cet
établissement modèle le goût de l'enseignement : il aimait
d'avoir des élèves.
Curé de Juvelise après quelques années de professorat, il
devint, en 1876. archiprêtre de la ville et du canton de Vic, où
il était connu, estimé et aimé.
M. Prégaldin était un prêtre au zèle plein d'activité et
d'entrain, longtemps servi, du reste, par une magnifique santé.
Rien ne le décourageait, toute bonne oeuvre le sollicitait et il
paraissait suffire à tout. Il travailla avec joie et succès à la
transformation de sa belle et antique église, et rien ne
surpassait pour lui le bonheur d'en voir les bancs bien garnis.
Il aimait sa paroisse, il était heureux d'en dire du bien, et de
montrer, par une preuve ou par une autre, que les fidèles
tenaient à leurs pasteurs.
Depuis quelques années, de fréquentes et violentes hémorrhagies
avaient apporté à cet ouvrier du bon Dieu « des réponses de mort
» plus ou moins accentuées. Le curé de Vic lutta courageusement
contre le ma!, et l'on a pu faire, plus d'une fois, à son zèle
le beau reproche de l'imprudence. Une atteinte plus forte
compliquée d'influenza survint dans ces derniers temps, et l'on
comprit que le Maître voulait récompenser son serviteur.
Samedi dernier, il retourna à Dieu avec ce titre que
contresigneront tous ceux qui l'ont connu: «Mon Dieu, j'ai aimé
la beauté de votre maison, et le lieu où vous résidez! » Il aima
les âmes et le sanctuaire, ces deux habitations de Dieu ici-bas.
Qu'il repose en paix !
M. l'abbé Karst, vicaire général, présida, lundi dernier, les
funérailles du regretté défunt, entouré d'au moins 50 prêtres ;
il fit l'éloge du défunt, de sa charité surtout, au milieu des
larmes de la plus nombreuse assistance qu'ait vu jamais
l'illustre église de Vic.
Les paroissiens de M. Prégaldin ont vraiment fait honneur à leur
cher curé et à eux-mêmes. Au cimetière, M. Beaucourt, maire, et
M. Lamy, membre du Conseil général, ont redit, en des phrases
qui venaient droit de leur coeur, en quelle affectueuse estime
la population tenait son pasteur, et quel souvenir reconnaissant
la vieille cité de Vic lui garderait toujours.
Qu'il en soit bien ainsi et que M. Prégaldin repose en paix.
(Lorrain.) L F.
16 mars 1890
Double tentative de suicide. - Mme Poirot, ménagère, domiciliée
à Blâmont, rentrait à son domicile, vers onze heures du matin,
lorsqu'elle vit que le feu venait de se déclarer dans le plafond
de sa cuisine. Elle monta aussitôt au premier étage et, aidée
par quelques voisines, parvint à ouvrir la porte du logement des
époux Portier. Ceux-ci étaient couchés chacun dans un lit. Ils
paraissaient ivres et, au milieu de la chambre, achevait de se
consumer du charbon de bois placé dans une marmite. C'était ce
récipient qui avait mis le feu au plancher.
Quelques seaux d'eau eurent raison du commencement d'incendie,
et l'air, en pénétrant dans la chambre, eut bien vite ranimé les
époux Portier.
Jules Portier, manoeuvre, est âgé de 50 ans ; sa femme, née
Victorine Renard, est âgée de 48 ans. Ils ont déclaré tous deux
qu'ils étaient résolus à mettre fin à leurs jours, pour échapper
à d'odieuses poursuites d'un parent par alliance.
Tous deux avaient bu de l‘eau-de-vie, avaient allumé le réchaud
et s'étaient couchés.
La personne désignée par les époux Portier a déclaré à la
gendarmerie que les accusations portées contre elle étaient
inexactes.
27 mars 1890
Blâmont. - M. Cuny, hôtelier, a porté plainte contre un voyageur
de commerce employé par une maison de Bruxelles pour la vente de
produits chimiques, qui a pris pension chez lui et a fait des
dépenses s'élevant à la somme de 56 francs, puis s'est
furtivement esquivé sans rien payer à son hôte.
16 avril 1890
Marie G..., âgée de 12 ans, domiciliée chez ses parents à
Blâmont, avait été chargée, par ces derniers, d'aller acheter du
pain. En route, elle perdit l'argent et se résolut, malgré les
conseils de son frère âgé de 10 ans, à voler le pain plutôt que
d'avouer la perte qu'elle avait faite. Marie G... fut surprise
par le boulanger au moment où elle s'enfuyait avec le pain volé.
17 avril 1890
Accident de chasse. - Le journal de Lunéville raconte ainsi
l'accident dont nous avons déjà « Samedi 12 avril, pendant une
battue organisée dans la forêt de Mondon, M. Antoine, de
Herbéviller, a reçu en plein corps la décharge du fusil d'un
chasseur imprudent.
« Les blessures sont assez graves.
« L'extraction des balles a dû être, faite hier par M. le
docteur Messier, de Badonviller, assisté d'un confrère de
Blâmont.
« Nous ne savons pas encore si les résultats de cette opération
ont été satisfaisants. »
14 mai 1890
Nécrologies - Mme Batelot est décédée à Blâmont le 8 mai dans sa
90e année.
Mme Batelot était fille de M. Dufays, qui a longtemps administré
l'arrondissement de Château-Salins. Elle mettait libéralement sa
grande fortune au service de toutes les bonnes oeuvres qui
recouraient à sa générosité.
15 mai 1890
La gendarmerie de Blâmont a ouvert une en quête sur différents
vols d'argent, commis au préjudice de M. Chatel, vannier à Vého,
à qui l'on a volé une somme de 190 fr. qui était placée dans une
armoire, et de M. Chaton à qui on a dérobé une pièce de 10 fr.
qui était placée dans un porte-monnaie.
11 juin 1890
Nécrologie. - Nous avons le regret d'apprendre la mort subite de
M. Collesson, propriétaire aux Salières, près Blâmont.
M. Collesson était venu passer quelques I jours à Nancy chez son
frère, ancien notaire, et devait partir hier matin. C'est en
allant yoir dans sa chambre, s'il se préparait au I départ,
qu'on l'a trouvé mort dans son lit.
Nous prions cette honorable famille, d‘agréer nos plus
sympathiques condoléances.
11 juillet 1890
Blâmont. - Un inconnu a mutilé 14 cerisiers sur le chemin de
Harbouey, ce qui occasionne à la ville un préjudice de 35 fr.
31 août 1890
Blâmont. - Le 27 août, un terrible orage a passé sur Blâmont.
Il s'est déchaîné un furieux ouragan, qui a renversé des
cheminées, cassé ou déraciné des arbres, culbuté des hangars,
enlevé les carreaux à des fenêtres et les tuiles à plusieurs
toits de maisons.
On n'osait plus sortir des logis, car la circulation aurait été
dangereuse pendant cette tempête redoutable.
On évalue à 35,000 fr. les dégâts occasionnés dans la ville.
Il n'y a eu, fort heureusement, aucun accident de personnes.
1er novembre 1890
Blâmont. - Dans la nuit du 28 au 29 octobre, plusieurs
malfaiteurs se sont introduits dans les tanneries de MM. Hertz,
à Blâmont ; ils commençaient à y dérober du cuir quand le garde
de nuit Martin, s étant aperçu de quelque chose, s'empressa
d'aller prévenir ' ses patrons.
Ceux-ci accoururent à leurs magasins, armés chacun d'un fusil.
Ils parvinrent à saisir un de ces voleurs qui est, dit-on de
Richeval.
On ne désespère pas toutefois, de mettre la main sur le reste de
la bande.
3 novembre 1890
Capture importante. - M. Thomassin, capitaine des douanes dans
la région dé Lunéville, en tournée avec son lieutenant pour
surveiller son service vers Blâmont, s'était engagé dans un
petit bois qu'il connaissait comme un refuge, important des
contrebandiers. Il ÿ cheminait tranquillement, vêtu d'un
bourgeron et ressemblant plutôt à un chasseur qu'à un capitaine
de douanes, lorsqu'au détour d'un chemin de la forêt il se
trouva, en présence de huit individus chargés de ballots
volumineux.
A la vue du capitaine, les huit individus abandonnèrent leurs
fardeaux et prirent la fuite à travers bois en se dispersant, de
sorte qu'il fût impossible dé leur donner la chasse.
Les paquets furent saisis et examinés. Ils contenaient, pour la
plupart, de la poudre de chasse et étaient chacun du poids
minimum de 25 kilog. D'autres ballots contenaient des dentelles
et du tabac, le tout d'une valeur d'au moins 5,000 fr. Les
contrebandiers n'ont pu être arrêtés jusqu'alors ; on connait le
signalement de plusieurs d'entre eux, mais en tous cas ils
éprouvent déjà une perte importante et hésiteront dorénavant à
passes par le petit bois où ils se croyaient en toute sécurité.
8 novembre 1890
Nonhigny. - Le tronc de la chapelle, sise au bois de la Grande
Haye, territoire de Nonhigny, et appartenant à M. d'Hausen,
rentier à Blâmont, a été forcé par une main inconnue. On suppose
que le voleur y aura dérobé une somme allant de 12 à 15 francs,
car il y avait dix-huit mois que le tronc n'avait pas été
ouvert.
Cette chapelle, où sont des statues de saint Joseph, saint
Christophe, sainte Apolline, sainte Anne, Notre-Dame du
Mont-Carmel et Notre-Dame de la Délivrance, est fréquemment
visitée par des pèlerins, venant même de très loin.
Le voleur a été mis en fuite par le chien de M. Vigneron, garde
particulier de M. d'Hausen. Mais il avait eu le temps
d'accomplir son méfait, qu'il a osé commettre en plein midi.
26 novembre 1890
Distraction. - Ces jours derniers, une brave femme d'Embermenil,
accompagnée de deux bonnes commères de Vého, se rendait, à
Blâmont par le chemin de fer. Vous pensez bien que dans le
compartiment les langues allaient leur train. Le trajet n'était
pas très long et l'on avait beaucoup d'histoires à raconter. On
arrive à Avricourt ; on descend, on attend le train pour
Blâmont; les langues tournent et tournent; on monte dans le
premier convoi venu, et la conversation continue.
Tout à coup, on entend crier : Emberménil ! Nos trois commères
interrompent leur conversation, stupéfaites, et n'en pouvant
croire leurs yeux. Elles s'étaient trompées de train, et étaient
revenues sur leurs pas, croyant aller à Blâmont. L'une d'elles,
qui était citée en justice de paix,a été condamnée
à 16 fr. d'amende par défaut.
11 décembre 1890
Blâmont. - Un incendie a éclaté, par l'appareil à gaz, dans la
taillanderie appartenant à M. le baron d'Hausen. On a pu
l'arrêter promptement, mais il y a eu des dégâts pour 1,200 fr.
14 décembre 1890
Verdenal. - Un infanticide a été commis par une veuve, contré
laquelle des poursuites sont exercées sur l'ordre de M, le juge
de paix de Blâmont.
27 décembre 1890
Tentative de suicide. - Mercredi matin, vers neuf heures le
nommé Colin A..., jeune soldat de la 3e compagnie du génie à
Nancy, natif de Blâmont, a tenté de se suicider en se jetant par
la fenêtre de la chambre qu'il occupait au premier étage de la
caserne de la Citadelle.
Le malheureux vint tomber au pied d'une des portes d'entrée. La
tête porta sur un décrottoir en fer ; la gorge fut coupée et la
mâchoire fracturée. Transporté à l'hôpital militaire, vers dix
heures, il a reçu les soins de M. Régnier, médecin en chef.
Colin a choisi le moment où il était seul à la chambre pour
accomplir sa tentative de suicide.
Malgré la gravité de son état on espère, néanmoins, sauver ce
désespéré qui compte à peine six semaines de service.
On n'a pu tirer de lui aucun éclaircissement. |