BLAMONT.INFO

Documents sur Blâmont (54) et le Blâmontois

 Présentation

 Documents

 Recherche

 Contact

 
 Plan du site
 Historique du site
 
Texte précédent (dans l'ordre de mise en ligne)

Retour à la liste des textes

Texte suivant (dans l'ordre de mise en ligne)

 
Page précédente

Histoire de l'abbaye de Saint-Sauveur et de Domèvre  (10/10)

(notes de bas de page renumérotées et placées en fin de document)


Mémoires de la Société d'archéologie lorraine - 1898

HISTOIRE DE L'ABBAYE DE SAINT-SAUVEUR ET DE DOMEVRE 1010-1789
Par M. l'abbé CHATTON

APPENDICE

Catalogues des lettres pontificales, royales, épiscopales et ducales, concernant l'abbaye de Saint-Sauveur et de Domèvre.

I. - CATALOGUE DES BULLES OU LETTRES PONTIFICALES

1132. - Bulle d'Innocent II à Henry, évêque de Toul, pour confirmer à son église cathédrale ses droits sur les abbaye : de Saint-Epvre, Saint-Mansuy, Moyenmoutier, Saint-Sauveur (1). (Arch. dép., G. 1384, f° 8.)
1195 (17 des calendes de février). - Bulle de Célestin III pour confirmer à l'abbaye de Haute-Seille les possessions que l'abbaye de Saint-Sauveur lui a cédées.
1315. - Bulle de Léon X pour ratifier l'élection de Claude Hozelet. (Arch. dép., H. 1368.)
1318. - Bulle de Léon X pour ratifier la résignation de Claude Hauzelet en faveur de Gérardin-Jacquot Vivian. (Arch. dép., H. 1368.)
1319. - Bulle de Léon X pour la réserve de la maison presbytérale d'Amenoncourt à messire Claude Mangenot, avec faculté de regrès. (Arch. dép., H. 1368.)
1337. - Bulle de Paul III pour conférer la cure d'Amenoncourt à Henry Stricq, religieux de Saint-Sauveur. (Arch. dép., H. 1368.)
1342 (6 des ides d'octobre). - Bulle de Paul III, qui annule une sentence de l'officialité de Toul au sujet du conflit survenu entre l'abbaye de Saint-Sauveur et celle de Haute-Seille. (Arch. dép. H. 343.)
1370 (7 des ides de novembre). - Bulle de saint Pie V pour la translation de l'abbaye de Saint-Sauveur à Domèvre. (Arch. dép., H. 1376.)
1376. - Bulle de Grégoire XIII au sujet de la même translation. (Arch. dép., H. 1368.)
1602. - Bulle de Clément VIII pour accorder la coadjutorerie de l'abbaye de Domèvre à Sébastien Malriat. (Arch. dép., H. 1368.)
1602. - Bulle du même pour pourvoir Nicolas Grosjean, religieux de Domèvre, de la cure d'Amenoncourt.
1621 (10 juillet). - Bulle de Grégoire XV à l'évêque de Toul pour lui confier la réforme des Chanoines réguliers. (Gallia christ., t. XIII, Inst., col. 540.)
I625 (29 novembre). - Bulle d'Urbain VIII pour approuver la réforme des Chanoines réguliers. (Ibid., col. 542.)
1628 (12 des calendes de novembre). - Bulle d'Urbain VIII pour la séparation des menses des Chanoines de Domèvre. (Arch. dép., H. 137G.)
1646 (16 des calendes d'octobre). - Bulle d'Innocent X pour l'amélioration de la messe canoniale. (Arch. dép., H. 1376.)
1665 (7 février). - Bulle d'Alexandre VII accordant des indulgences à la confrérie de Saint-Sébastien établie à Cirey. (Arch. dép., H. 1450.)
1680 (15 mai). - Bulle d'Innocent XI « confirmans articulos statutorum Congregationis Franciae de non acceptandis beneficiis et dimittendis ad libitum superioris ». (Arch. dép., H. 150.)
1708 (30 juin). - Bulle adressée à l'archevêque de Mayence, aux évêques de Spire et de Bâle, pour terminer, selon le droit, le conflit survenu entre l'évêque de Toul et le P. Collin, abbé de Domèvre (qui en avait appelé au Saint-Siège), au sujet de sa juridiction. (Arch. dép., H. 1383.)
1748 (janvier). - Bulle de Benoit XIV qui unit la messe abbatiale de Domèvre au généralat de la Congrégation.
1754 (22 août). - Bref de Benoit XIV à l'évêque de Bàle pour l'informer que les Chanoines réguliers de Domèvre sont reçus appelants au Saint-Siège d'une sentence par laquelle l'évêque de Metz avait désuni la cure de Blémerey de celle de Reillon, et que commission lui est donnée, ou à son vicaire général, de citer les parties à comparaître devant lui. (Arch. dép., G. 1019.)
Supplément. - Le Registre (Arch. dép., H. 1373) nous apprend que la bibliothèque de Domèvre a conservé jusqu'à la fin du XVIIIe siècle plusieurs autres bulles dont nous n'avons pas rencontré le texte. Elles avaient pour but de confirmer l'élection des abbés. En voici l'indication telle que nous l'avons trouvée mentionnée dans ce registre.
Pour les abbés :
Jean de Bonviller 1453
Jacobi 1518
Nicolas Malriat 1552
Sébastien Malriat 1573
Christian Fabri 1612
Jean Marchal 1621
Clément Philippe 1638
Lebègue, coadjuteur 1664
Alaine 1689
Collin 1704
Piart 1722
Bexon 1745
Pillerel 1753
Leroy 1769
De Saintignon 1772

II. - CATALOGUE DES LETTRES IMPÉRIALES OU ROYALES

912. - Diplôme de Charles le Simple pour restituer Bonmoutier à l'église de Toul. (D. Calmet, t. 11, 2e' édit., Preuv., pièce CLXX ; Benoit Picart, Hist. de Toul, Preuv., p. 17 ; Broulier, Défense de l'Église de Toul ; Mabillon, Annales ord. Bened., II.)
1702 (31 janvier). - De Versailles : Lettres par lesquelles Louis XIV prescrit l'exécution de l'arrêt du Conseil d'État (28 juin 1701 et 31 janvier 1702) qui ordonnait de procéder à l'estimation du fonds et de la superficie et à l'arpentage des bois dépendant de l'évêché de Metz, situés aux environs de la saline de Moyenvic et affectés à son entretien. (L'abbaye de Domèvre possédait des forêts à Arracourt, près de Moyenvic.) (Arch. dép., H. 1437.)
1708 (12 septembre). - Lettres de Louis XIV autorisant à citer devant le Parlement de Metz l'abbé Collin, de Domèvre, les curés de Harbouey, Cirey, Val de Bonmoutier. (Arch. dép., H. 1384.)
1709 (3 septembre). - Lettres de Louis XIV en faveur de Mgr Blouet de Camilly, évêque de Toul, appelant comme d'abus devant le Parlement de Metz pour faire proscrire les statuts et ordonnances des abbés de Domèvre. (Arch. dép., H. 1381 et 1383.)
1747 (23 septembre). - Brevet de Louis XV promettant son consentement à l'union perpétuelle de l'abbaye régulière de Domèvre au généralat de la Congrégation. (Arch. dép., H. 1373.)
1748 (27 septembre). - Versailles : Lettres de Louis XV pour ratifier cette union. (Arch. dép., H. 1373.)
1709 (6 juillet). - Lettres de Louis XV pour approuver les nouveaux statuts de la Congrégation. (Arch. dép., H. 1301.)

III. - CATALOGUE DES LETTRES ÉPISCOPALES

1143. - Lettres de Henry, évêque de Toul, qui échange plusieurs terres avec l'abbaye de Saint-Sauveur. (D. Calmet, t. II, Preuv., col. CCCXXIV.)
1171. - Lettres de Pierre de Brixey, évêque de Toul, qui dépose l'abbé de Saint-Sauveur et termine un différend survenu entre cette dernière abbaye et celle de Haute-Seille. (D. Calmet, t. IL Preuv.,
Col. CCCLXIV.)
1183. - Lettres de Pierre de Brixey, qui donne à l'abbaye de Saint-Sauveur les autels de Cirey, Harbouey, les deux tiers des dîmes de Monney et la moitié de l'église de Badonviller. (Arch. dép., H. 1374.)
1193 (le 4 des ides de février). - Lettres de Jean, archevêque de Trêves, par lesquelles il confirme une transaction passée entre l'abbaye de Saint-Sauveur et celle de Haute-Seille. (Arch. dép., H. 573.)
1193. - Lettres d'Eudes de Vaudémont, évêque de Toul, par laquelle il confirme la cession de Tanconville faite à l'abbaye de Haute-Seille par celle de Saint-Sauveur. (Arch. dép., H. 573.)
1195. - Lettres d'Eudes de Vaudémont, qui accorde à l'abbaye de Saint-Sauveur le patronage des cures de Barbas, Domêvrc, Harbouey,Cirey, et l'exempte de plusieurs redevances annuelles. (Arch. dép., 1374 et 1383.)
1242. - Lettres de Roger de Marcey, évêque de Toul, par lesquelles il fait savoir que le vendredi d'avant la Nativité de Notre-Dame, au mois de septembre 1242, Perrin, fils de seigneur Simon, chevalier de Nancy, a engagé à l'abbé de Saint-Sauveur sa vouerie de Burthecourt pour 20 livres de messins. (Arch. dép., H. 1405.)
1251. - Cirographe d'Eudes de Sorcy, évéque de Toul, par lequel il confirme à l'abbaye de Saint-Sauveur la possession de l'église de Bon-Moutier en échange de tous les droits que cette abbaye cède aux chanoines de Liverdun sur Conflans, Pompey et Saint-Marc. (Arch. dép., G. 219.)
1251 (juillet). - Lettres de Jacques, évêque de Metz, qui atteste que Jean, chevalier d'Athienville, a donné à l'abbaye de Saint-Sauveur les dîmes de Sornéville, Monney, Pierrepont, avec le patronage de cette cure. (Arch. dép., H. 1374.)
1256 (juillet) (2). - Lettres de G., évêque de Toul, qui approuve la donation des droits de patronage et de dîmes à Fenneviller, que la famille de Barbay a faite à l'abbaye de Saint-Sauveur. (Arch. dép., H. 1374.)
1256 (le mercredi avant la fête de sainte Madeleine). - Lettres par lesquelles Gilles de Sorcy, évêque de Toul, atteste que Fulcho, sénéchal de Toul, a cédé à l'abbaye de Saint-Sauveur sa vouerie et ses droits seigneuriaux sur Ménillot, près Choloy. (Arch. dép., H. 1440.)
1257 (samedi après la fête de la Toussaint). - Lettres par lesquelles Gilles de Sorcy, évêque de Toul, atteste que Cugnard, curé de Lupcourt, après avoir contesté au curé de Saint-Sauveur (patron de la cure dudit lieu) la dîme des novales, renonce spontanément à ses prétentions, et pour toujours, sous peine d'excommunication. (Arch. dép., H. 1405.)
1263 (mars). - Lettres par lesquelles Gilles de Sorcy, évêque de Toul, atteste que l'abbaye de Saint-Sauveur a échangé avec le chapitre de Tout sa seigneurie de Ménillot contre la seigneurie de Bauzemont. (Arch. dép., H. 1440.)
1264. - Lettres de G. (3), évêque de Toul, par lesquelles il confirme à l'abbaye de Saint-Sauveur les concessions de juridiction spirituelle faites par ses prédécesseurs. (Arch. dép., H. 1374.)
1281 (15 août). - Lettres de Conrad, évêque de Toul, par lesquelles il ratifie toutes les concessions faites par ses prédécesseurs à Saint-Sauveur et à Haute-Seille et les transactions survenues entre ces deux maisons. (Arch. dép., H. 545.)
1345. - Lettres de Thomas de Bourlémont, évêque de Toul, approuvant le testament de François de Herbéviller, écuyer, qui, avec le consentement de Clémence, sa femme, et de Henri, son fils, fonde une chapelle au côté gauche de l'église paroissiale de Herbéviller (laquelle chapelle fut desservie par un chanoine de Domèvre). (Arch. dép., H. 1378.)
1355 ? (date fausse, plutôt 1363, 4 mars). - Lettres de Jean, évêque de Metz, par lesquelles il accorde à l'abbaye de Saint-Sauveur le droit de patronage sur plusieurs paroisses de son diocèse. (Arch. dép., H 1374.)
1450 (4 août). - Lettres de l'évêque de Metz par lesquelles il confère l'institution à Didier, chanoine de Domèvre, pour la cure de Sornéville. (Arch. dép., H. 1461.)
1460 (18 juin). - Lettres de Guillaume Filâtre, évêque de Toul, par lesquelles il donne son consentement à l'union de la cure de Lupcourt à l'abbaye de Saint-Sauveur. (Arch. dép., H. 1410.)
1470 (20 juin). - Lettres de Georges de Bade, évêque de Metz, aux fidèles de l'archidiaconé de Sarrebourg, pour solliciter des aumônes destinées à la reconstruction de l'abbaye de Saint-Sauveur, brûlée le 30 avril de la même année. (H. 1374.)
1510 (28 septembre). - Lettres de l'évêque de Metz par lesquelles il confère l'institution à Gadet, chanoine de Domèvre, pour la cure de Sornéville. (Arch. dép., H. 1461.)
1517 (7 octobre). - Lettres par lesquelles Christophe, évêque de Christopolis, suffragant de Hugues des Hazards, atteste qu'il a consacré une église et un autel à Saint-Sauveur en l'honneur de la glorieuse Vierge Marie et en mémoire des saints Remi, Fiacre et Urbain.
(Arch. dép., H. 1379.)
1571 (12 juin). - De Sorcy : Lettres de Pierre du Chatelet, évêque de Toul, à l'abbé de Saint-Sauveur au sujet de la translation de son abbaye à Domèvre. (Arch. dép., H. 1375.)
1603 (12 juin). - Lettres de M. de Maillane, évêque de Toul, par lesquelles il confirme les droits de l'abbaye de Domèvre, à condition que cela ne préjudiciera pas à ses droits d'Ordinaire. (Défense de l'Église de Toul, par Broulier, Pièces justificatives, p. LXXVII.)
1623 (2 février). - Lettres de Jean des Porcellets de Maillane par lesquelles il impose la règle du B. P. Fourier aux Chanoines réguliers qui veulent suivre une plus stricte observance. (Gall. christ., t. XIII, inst., col. 541.)
1630. - Lettres du cardinal de Lorraine, évêque de Toul, par lesquelles il permet à l'abbé Fabri d'échanger le gagnage d'Ancerviller contre les terres de Maizières. (Arch. dép., H. 1368.)
1669 (18 mars). - De Vic : Lettres de Georges d'Aubusson, évêque de Metz, par lesquelles il confère à Joseph Richard l'institution à la cure de Sornéville, vacante par la résignation de Nicolas Vauchier. (Arch. dép., H. 1461.)
1685 (10 août). - Toul : Lettres de Jacques de Fioux, évêque de Toul, par lesquelles il autorise le R. P. Philippe Georges, général de la Congrégation, à user de la mitre, de la crosse, du camail et ornements pontificaux, à la messe, aux vêpres solennelles, dans toutes les cérémonies et assemblées (privilège qu'on revendiqua pour les abbés de Domèvre lorsque, de droit, ils furent généraux de la Congrégation, à partir de 1748). (Arch. dép., H. 1382.)
1692 (25 novembre). - Toul : Lettres de Henry de Thiard-Bissy par lesquelles il permet au général de la Congrégation de porter la mitre, la crosse et autres ornements pontificaux dans les paroisses qui lui sont soumises, mais non ailleurs ni en sa présence, à moins que par permission expresse. (Arch. dép., H. 1382.)
1692 (2 décembre). - Lettres d'Hippolyte de Béthune, évêque de Verdun, par lesquelles il déclare qu'il est convenable que le Saint-Siège accorde au général de la Congrégation de Notre-Sauveur l'usage de la mitre, de la crosse et autres ornements pontificaux, le pouvoir de réconcilier les églises et les cimetières, pourvu qu'i n'use de ce droit que dans les maisons de sa Congrégation et avec le consentement de l'Ordinaire du lieu. (Arch. dép., H. 1382.)
1706 (3 janvier).- Lettres de Henry Ch. du Cambout de Coislin, évêque de Metz, par lesquelles il institue à la cure de Sornéville Jean Jérôme, chanoine de Domèvre. (Arch. dép., H. 1461 et 1462.)
1706 (3 octobre). - Lettres du même évêque par lesquelles il institue le sieur Demangeot à la cure de Sornéville. (Arch. dép., H. 1461 et 1462.)
1708 (30 avril). - de Badonviller : Lettres de François Blouet de Camilly (en cours de visite pastorale) par lesquelles il ordonne au doyen de Salm de faire distribuer des saintes Huiles aux Chanoines réguliers qui dépendaient de l'abbé de Domèvre, et désavoue la conduite antérieure du doyen en cette occasion. (Arch. dép., H. 1383.)
1722 (15) avril). - De Henry Ch. du Cambout de Coislin par lesquelles il ordonne l'achat d'un mobilier plus convenable et certaines réfections à l'église de Saint-Georges (dépendante de l'abbaye de Domèvre). (Arch. dép., H. 1460.)
1726 (19 octobre). - Lettres du même évêque par lesquelles il institue à la cure de Sornéville Charles-Gérard François, pour succéder à Jean Demangeot. (Arch. dép., H. 1462.)
1727 (10 mai). - Lettres du même évêque par lesquelles il ordonne d'exécuter des réparations urgentes à l'église de Saint-Georges (desservie par les religieux de Domèvre) dans le délai de six mois, sous peine d'interdit. (Arch. dép., H. 1460.)
1727 (26 août). - Lettres pour insister sur la même ordonnance et menacer d'interdit. (Arch. dép., H. 1460.)
1727 (9 octobre). - Lettres de Mgr Bégon par lesquelles il permet aux religieux de Domèvre d'accepter la fondation de Bouchart de Gemingotte, seigneur de Herbéviller, et d'aller célébrer la messe dans cette paroisse, pour se conformer aux clauses du testament. (Arch. dép., H. 1378.)
1728 (17 novembre). - Lettres de Henri Ch. du Cambout de Coislin, évêque de Metz, pour prescrire plusieurs nouvelles réparations dans l'église Saint-Georges et plusieurs autres déjà ordonnées, sous peine d'interdit. (Arch. dép., H. 1460.)
1729 (16 mars). - Lettres par lesquelles Mgr Coislin nomme M. Marchal, curé d'Emberménil, pour examiner les contestations élevées entre les habitants de Blémerey, Reillon, Chazelles et Gondrexon au sujet de l'érection de Blémerey en paroisse. (Arch. dép., G. 1019.)
1731 (29 juin). - Lettres de Mgr Jérême Bégon par lesquelles il ordonne l'agrandissement de l'église du Val de Bon-Mouticr (Arch. dép., H. 1463.)
1731 (27 décembre). - Décret de Scipion-Jérôme Bégon, évêque de Toul, touchant le conflit des gens de Petitmont et du Val au sujet de l'érection d'une cure à Petitmont (devant être desservie par les Chanoines de Domèvre.) (Arch. dép., H. 1456.)
1732 (30 juillet). - Lettres de Scipion-Jérôme Bégon, évêque de Toul, par lesquelles il ordonne que les demandeurs (les habitants de Petitmont) se pourvoiront devant l'oflicial pour qu'on statue sur les moyens d'opposition et de nullité des défendeurs. (Les demandeurs avaient sollicité la permission de construire une église à Petitmont pour la faire ériger en cure en la désunissant du Val de Bon- Moutier.) (Arch. dép., H. 1456.)
1749 (31 décembre). - Lettres par lesquelles Cl. de Saint-Simon, évêque de Metz, nomme M. Marchal, curé d'Emberménil, pour examiner le bien fondé de la requête des habitants de Blémerey. (Arch. dép., G. 1019.)

IV. - CATALOGUE DES LETTRES DUCALES

1167 (4). - Lettres de Simon, duc de Lorraine, par lesquelles il fait savoir que la seigneurie de Burthecourt-aux-Chènes, appartenant à l'abbaye de Saint-Sauveur, ayant été accablée d'exactions par son voué, il accepte la faveur de l'évêque de Toul, qui le nomme voué libre, « liber advocatus », de la même terre. Le même duc fixe pour l'avenir les droits utiles du voué. (Arch. dép., H. 1403.)
1267 (en janvier). - Lettres de Ferry III par lesquelles il fait savoir que Perrin, fils de Simon de Morey, a engagé à l'abbaye de Saint-Sauveur sa vouerie de Burthecourt pour 30 livres de messins. (Arch. dép., H. 1405.) (5)
1334. - Lettres du duc Raoul par lesquelles il accorde des droits de sauvegarde à l'abbaye de Saint-Sauveur pour le gagnage qu'elle possède à Bauzemont moyennant une redevance annuelle de 10 resaux d'avoine. (Arch. dép., H. 1378.)
1362 (le mercredi après la fête de saint Denis). - Lettres de Jean, duc de Lorraine, par lesquelles il confirme à l'abbaye de Saint-Sauveur ses droits et privilèges à Burthecourt-aux-Chênes. (Arch. dép., H. 1403.)
1326 (9 mai). - Lettres patentes du duc Antoine par lesquelles il confirme à l'abbaye de Saint-Sauveur le droit de prendre son affouage au Bénabois et ce qu'il faut pour entretenir sa maison, son moulin et son usine. (Arch. dép., B. 16, f° CCXXXII, et H. 1374.)
1343 (13 septembre). - Lettres patentes du duc Antoine par lescjuelles il fixe les droits de haute justice qui appartiendront aux abbés de Saint-Sauveur, à Domèvre, et ceux qui appartiendront aux conservateurs. (Arch. dép., H. 1374, B. 436, f0 94, et layette : abbaye d'Orval, n° 4.)
1554 (29 septembre). - Lettres patentes de Nicolas de Lorraine, comte de Vaudémont, tuteur de Charles III, par lesquelles il termine plusieurs contestations survenues entre l'abbé de Saint-Sauveur et les habitants de Domèvre au sujet de certains droits de corvées, amendes de bois, gages pris aux délinquants, et de la jouissance de la rivière. (Arch. dép., H. 1374 et 1388.)
1563 (16 avril). - De Nancy : Lettres patentes de Charles III (conservateur de Domèvre à cause de sa seigneurie de Lunéville) par lesquelles il donne mandat à Dominique Champenois et à Louis de la Mothe de terminer à l'amiable les difficultés survenues entre l'abbé de Saint-Sauveur et les habitants de Domèvre (si faire se peut), ou de les terminer par une sentence qui sera soumise à son bon plaisir dans le cas où les parties ne voudraient pas s'accorder.
(Arch. dép., H. 1388.)
1563 (17 avril). - De Nancy : Lettres (pareilles aux précédentes) de Christine de Danemark comme ayant aussi la conservation de Domèvre à cause de sa seigneurie de Blâmont. (Arch. dép., H. 1388.)
1564 (4 janvier). - De Nancy : Lettres patentes de Charles III pour donner commission aux mêmes juges que ci-devant de terminer juridiquement et par sentence définitive le procès engagé entre l'abbé de Saint-Sauveur et les habitants de Domèvre. (Arch. dép., H. 1388.)
l564 (4 janvier). - de Nancy : Lettres patentes de Christine de Danemark dans le même sens que les précédentes. (Arch. dép., H. 1388.)
1565 (30 avril). - Lettres patentes de Charles III par lesquelles il exempte le maire de l'abbé de Domèvre des aides générales, corvées, charrois ; augmente la taxe des amendes des bois et mésus champêtres ; confirme à l'abbé le droit d'embrochage du vin, et permet de rétablir les carcans qui étaient devant la cour abbatiale (Arch. dép., H. 1388.)
1565 (12 juin). - De Pont-à-Mousson : Lettres de Christine de Danemark dans le même sens que les précédentes. (Arch. dép., H. 1388.)
1565 (1er décembre). - De Blâmont : Lettres de Christine de Danemark par lesquelles elle accorde à Nicolas Malriat la permission de mettre son breuil de Domèvre en embannie. (Arch. dép., H. 1388.)
1565 (20 décembre). - De Nancy : Lettres de Charles III dans le même sens que les précédentes. (Arch. dép., H. 1388.)
1569 (1er octobre). - Lettres de Christine de Danemark pour permettre la translation de l'abbaye de Saint-Sauveur h Domèvrc. (Arch. dép., H. 1308.)
1570 (14 mai). - De Lunéville : Lettres patentes de Charles III par lesquelles il autorise la translation de l'abbaye de Saint-Sauveur à Domèvre. (Arch. dép., B. 40, f° 45 ; H. 1473 ; Gallia christ., t. XIII, inst., col. 537.)
1574 (30 mars, avant Pâques). - De Fridberg : Lettres de Christine de Danemark par lesquelles elle accorde une réduction du don gratuit aux religieux de Domèvre à cause de la construction de leur monastère. (Arch. dép., B. 3288.)
1597 (24 juillet). - De Nancy : Lettres par lesquelles Charles III accorde à l'abbaye de Domèvre un second muid de sel à prendre annuellement sur ses salines de Moyenvic, jusques à son bon plaisir. (Arch. dép., H. 1427.)
1607 (14 juillet). - De Nancy : Lettres par lesquelles Charles III ordonne de livrer deux muids de sel, comme d'habitude, à l'abbaye de Domèvre. (Les officiers de la saline s'y étaient refusés sur l'avis de Messieurs de la Chambre des Comptes.) (Arch. dép., H. 1437.)
1623 (19 décembre). - Lettres du duc Henri II par lesquelles il cède au sieur Aubertin, conseiller d'État et privé de l'évêché de Metz (seigneur de Juvrecourt), ce qui lui appartient au village de Bathelémont en haute, moyenne et basse justice, tant ce qui est mouvant du duché de Lorraine, que ce qui est mouvant de l'évêché de Metz. (Arch. dép., H. 1438.)
1638 (15 octobre). - De Thann : Lettres par lesquelles Charles IV agrée la requête de Pierre Fourier et permet à l'abbé Clément Philippe de prendre possession de son temporel de Domèvre. (Arch. dép., H. 1382.)
1699 (1er mars). - Lettre de cachet du duc Léopold pour faire recevoir comme oblat, à l'abbaye de Domèvre, Claude Nicolas, ancien officier de l'hôtel de Charles IV. (Arch. dép., H. 1381.)
1712 (22 décembre). - De Lunéville : Lettres du duc Léopold par lesquelles il atteste que les religieux de Domèvre ont satisfait aux droits d'amortissement en payant la somme de 2.200 fr. au Trésor. (Arch. dép., H. 1381.)
1723 (7 février). - Lettre de cachet du duc Léopold pour faire admettre comme oblat à l'abbaye de Domèvre le sieur Legrand, ancien chevau-léger. (Arch. dép., H. 1381.)
1724 (27 juin). - Lunéville : Lettres de Léopold par lesquelles il termine les contestations survenues entre les habitants de Domèvre et l'abbé Piart au sujet de l'entrelien de l'église paroissiale de Domèvre et de la création des officiers de justice. (Arch. dép., H. 1375.)
1726 (mai). - De Nancy : Lettre de cachet de Léopold pour faire admettre comme oblat, à l'abbaye de Domèvre, Jean-Henri Hattembach, en remplacement du nommé Legrand, décédé. (Arch. dép., H. 1381.)
1726 (15 août). - Lettre de cachet par laquelle Léopold ordonne à l'abbaye de Domèvre de payer 130 livres par an à Jean-Henri Hattembach (ancien huissier de la chambre de Mesdames les princesses admis comme obiat à Domèvre), pour qu'il puisse se remettre en pension où il voudra. (Arch. dép., H. 1381.)
1727 (17 juin). - Lettres de Léopold (extraites du registre du Conseil d'État) par lesquelles Léopold maintient l'abbé Piart dans le droit de percevoir la totalité des amendes ou embannies (droit contesté par les habitants). (Arch. dép., H. 1392.)
1747 (21 novembre). - Lettre du duc Stanislas au Pape pour qu'il approuve l'union perpétuelle de l'abbaye régulière de Domèvre au généralat de la Congrégation. (Durival, Descript. de la Loir., t. I., p. 193.)
1748 (21 novembre). - De Lunéville : Lettre de Stanislas pour consentir à la même union. (Arch. dép., H. 1373.)
1749 (24 février). - Lettres de Stanislas par lesquelles il permet dans ses États l'exécution des bulles de Sa Sainteté (datées des ides de janvier 1748) et relatives à l'union du généralat de la Congrégation à la dignité abbatiale de Domèvre. (Arch. dép., H. 1373.)

PIÈCES JUSTIFICATIVES (6)
ET
Examen de l'authenticité d'une charte du duc Simon de Lorraine.


I
Donations d'Agnès, comtesse de Salm, en faveur de l'abbaye de Saint-Sauveur.
De l'an 1138, 22 mars.
(Origine : Arch. dép., H. 1374, copie du XVIIIe siècle.)

Ego Agnes comitissa pro remedio animae meae et antecessorum meorum fratribus et ecclesiae Sanctae Mariae apud Sanctum Salvatorem, confirmo presenti scripto ea quae ab antecessoribus principibus Salmeis et dominis hujus meae terrae donata sunt eis nec non nonam semper partem omnium quae decimantur ; item annonae, vini, caseorum, porcorum, equorum, in locis quae sic paetitulantur : scilicet Guironisvilla (7), Couveis, Blumereis, Herbueisvillers, Bommieurtis ; confirmo etiam et concedo eis terram datam cum liberis hominibus qui morabantur Herbeis (8) ut liberam ab omni exactione curiae Guironisvilla; habeant. Confirmo etiam medietatam ecclesiae de Raone quae data est eis pro remedio animae comitis Godefridi mariti mei ; nec non medietatem ejusdem villae cum banno quam dedi similiter pro filio meo Willelmo qui illic jacet ; et quia id quod ad Raonum habebant et ut dixi, illi ceclesiae dedi, partitur cum episcopo Tullensi partim dividens est, quia de piscatura minister episcopi nhbil debet habere nisi quod specialiter presentiae episcopi defertur; similiter de redditibus molarum quae ibi abstrahuntur vel cum venduntur aut abducuntur, nichil ad episcopum, ita similiter mea erant et fratribus dedi. Saltus vero ejusdem villae perducitur usquc ad locum qui dicitur Loudamont in quo illi qui avilores sunt saltus singulis annis debent deferre ad cellarium fratrum dimidium sextarium mellis quod prius deferebant ad cellarium Petrae perforatte; forestarium suum ibi fratres habebunt. Dedi etiam eis in eadem villa homines, mulieres cum liberis suis quos ibi habebam et qui ex eodem allodio meo agnoscuntur esse. Testes scripti : Sigillum Agnetis comitissse - S. Bertramni abbatis S. Salvatoris - S. Radulphi de Valtermanges - S. Bercardi - S. Cononis villici Guironisvillae - S. Helyas dapiferi comitissae - S. Ricardi Retisi - S. Hascelini Sartement et fratris Acheberti - S. Joannis de Sancto Salvatore - S. Lodoici - S. Hedwici - S. Werneri de Alta Sylva - S. Conradi - datum XI kalendas Aprilis anno Domini MCXXXVIII.

II
Donation de la chapelle et des dîmes de Pierrepercée, par Henri, comte de Salm.
Sans date.
(Origine : Arch. dép., H. 1374, copie moderne.)
Ego Henricus cornes de Salmis tam presentibus quam futuris testimonium veritati perhibemus declarantes universis fidelibus quod remedio animarum patris mei et matris meae et pro salute mea dedi in perpetuum donum ecclesiae Sancti Salvatoris liberam capellam meam in Castro de Petra perforata et decimas corweae meae; decimas quoque universorum quicumque ibi laboraverint ; décimas vineae meae ; decimas vaccarum mearum, decimum vitulum, decimum caseum, decimas equorum, porcorum omnium laude et assensu uxoris meae Judith et testimonio militum meorum qui huic donationi meae adfuerunt quorum nomina sunt haec : Johannes, Obricus et Bernardus fratres ; Bonus Valetus miles de Bladmont, Herboueta cellarius et alii quamplures.

III
Simon, duc de Lorraine, est nommé par l'évêque de Tout voué libre « liber advocatus » de la terre de Burthecourt, dont les abbés de Saint-Sauveur sont seigneurs fonciers. - Il fixe pour l'avenir les droits utiles du voué.
De l'an 1167 (?) (Origine : Arch. dép., H. 1405, et d'après une copie du XVIe siècle.)

Symon, dux et marchio Lotharingiae principibus et populis suis salutem. Cum opprimeretur Ecclesia Sancti Salvatoris in villa que dicitur Bertrecort ab advocato ipsius ville, ego commonitus a domino meo episcopo, de cujus dono liber advocatus sum predicte ville, exquisivi per sacramentum quid advocatus de advocatia sua in predicta villa debet accipere. Relatum est itaque et confirmatum est a me et statutum lege perpetua ut qui amodo advocatus fuerit ville, hoc proadvocatia sua habeat, nec amplius, medio maio de unaquaque tantum domo in qua fit ignis (exceplis dumtaxat domibus que de dominicatu sunt abbatis), unum nummum et unum panem, et Honerato illius domus rustico herbam vel in prato servare equum nocte unû. In festivitate Sancti Remigii similiter de singulis domibus unum nummum et unum panem et manipulum advene. In natale Domini ad festivitatem Sancti Stephani unum nummum et panem et wartellum avene de villa.
In placitis nihil advocatus habebit nisi sanguis humanus vulnerando effusus fuerit vel de furto quis probatus vel ad bellum (9) judicatus : ibi habebit terciara partem justitie cum abbate. In coeteris omnibus nihil nisi ab abbate vel ministro suo ut vim inferat vocatus fuerit; et si rusticus justiciam fecerit, exquiretur ab eo pro justicia secindum considerationem infidelitatis hominum, nisi sit talis culpa que in dedecus et dampnum domini sui venisse comprobetur advocatus tamen de propriis reditibus suis advocatie sue placitabit sed per villicum ville et judicium scabinionis in his accipiet terciam partem justicie sed consideratione ministrorum. Et si aliquis causam habuerit cum aliquo infra villam et bannum, nec proclamatio fiet ad advocatura, nec advocatus inde placitabit nisi sit vocatus ab abbate vel suo ministro ; habet preterea advocatus quatuor quarteria ad Wacheville : in ipsis abbas prorsus nichil accipit, sed totum per se advocatus ut nihil in placitis ville accipiat nisi, sicut superius divisum est, decursus suos et nuntios si quos in villa vel ex villa necesse habuerit, illi predicta quarteria ministrabunlur servicium quoque meum quod singulis annis habeo in villa octo solidis terminavi. Si vero de predicta villa homo vel femina egressi ad aliam villam et bannum Sancti Salvatoris migraverint illuc, nec villicus, nec advocatus illos sequentur aliqua reclamatione sue subjectionnis.Si autem alibi transfuerint,homo nummum unum pro advocatia sua dabit, mulier nichil ; justiciam nullam supra habebit advocatus nisi commonitus a villico abbatis. In constituendis ministris nullus habet aliquid jus nisi solus abbas. Scripto huic sic auctoritatem episcopi et nostram imprimimus ut quisquis advocatus existens excesserit prescriptam determinationem et ultra aliquid acceperit, comprobatus vel proclamatus ab abbate sciat se amisisse advocatiam, et quia rapina est, bannum regis et ducis se incurrisse senciat; nihilominus propter justiciam christianitatis et episcopi qua defenduntur servi Dei sacerdotes, se excommunicatum cognoverit.
Anno Domini. M° C° LX° VII°.

Examen de l'authenticité de la charte précédente portant la date de 1167.
(Acte en parchemin mesurant 0m308 de hauteur sur 0m272 de largeur. Origine : Arch. dép., H. 1405.)

La charte du duc Simon en faveur de l'abbaye de Saint-Sauveur est intéressante parce qu'elle est assez explicite pour nous donner une juste idée des droits et des devoirs d'un voué sur une terre ecclésiastique au XIIe siècle; elle l'est surtout parce qu'elle nous parle d'un genre particulier de voues, liber advocatus, dont il est rarement fait mention dans les documents historiques. Mais on peut se demander si cette charte est authentique, car sa date de 1167 parait être fausse de prime abord puisque Simon Ier a régné de 1115 à 1139, et Simon II de 11763 à 1205.
Dès lors, deux questions peuvent être posées :
1° Le texte de cette charte est-il authentique, quoique la date indiquée soit fausse ?
2° Si le texte est authentique, à quel duc faut-il l'attribuer ? Est-ce à Simon Ier ou à Simon II ?

I. Le texte de cette charte est-il authentique ?
Pour résoudre cette première question, il est bon d'observer d'abord que le doute élevé sur l'authenticité de cet acte est surtout motivé par cette remarque que la date est fausse et qu'elle occupe une place qui est la moins habituelle (10). Une date fausse n'est pas une raison suffisante à elle seule pour faire rejeter un acte comme faux, car une erreur peut se glisser sous la plume d'un scribe de bonne foi ; cela arrive encore journellement dans la rédaction des actes officiels les plus authentiques. Quant à sa place inaccoutumée, elle peut s'expliquer, comme nous le verrons tout à l'heure. - La critique, pour formuler un jugement, doit donc pousser plus loin ses investigations ; elle doit demander aux preuves intrinsèques et extrinsèques toute la somme d'informations qu'elles peuvent fournir. Ici, les preuves extrinsèques ne peuvent être abondantes, car aucun témoin de l'acte n'est cité. L'évêque de Toul, qu'on fait intervenir, n'y est pas désigné nommément ; le contexte ne fournit aucune indication caractéristique qui distingue le duc Simon des autres ducs ; Honoré, l'intendant de l'abbé à Burthecourt, le seul qui soit mentionné par son nom propre avec le duc Simon, est un personnage trop obscur pour qu'on puisse déterminer l'époque de sa vie.
Cependant, il nous reste le témoignage de Richer ; cet auteur, qui écrivait au milieu du XIIIe siècle, a pris connaissance du contenu de cette charte, car il en a donné le résumé au chapitre XVII du IIe livre de sa Chronique de Senones. Ce détail a sa valeur, car il prouve que si la charte en question est apocryphe, elle remonte au moins à cette époque déjà reculée.
Quant aux preuves intrinsèques du domaine de la paléographie, je suis heureux de pouvoir produire le témoignage de savants tels que MM. Charavay, expert en autographes; Giry, professeur à l'École des Chartes ; Duvernoy, archiviste de Meurthe-et-Moselle ; Pfister, professeur d'histoire à la Faculté des lettres de Nancy. Ces Messieurs ont examiné attentivement cet acte en parchemin, en décembre 1896, et sont tombés d'accord pour conclure que, par son écriture, il appartient à la fin du XIIe siècle. De l'avis de ces érudits, il pourrait donc être de l'an 1167.
Dès lors, si cette charte était l'oeuvre d'un faussaire, il faudrait convenir que ce faussaire n'était pas le premier venu, car l'écriture, le formulaire employé, les détails exprimés supposent des connaissances et du talent. Or, la première préoccupation d'un faussaire qui veut donner à sa composition les couleurs de l'authenticité, c'est de lui marquer une date vraisemblable et conforme à la vérité historique. Dans le cas particulier, rien ne lui était plus facile, puisque, étant antérieur à Richer, il était contemporain ou presque contemporain des ducs Simon à l'un desquels il attribuait la paternité de son titre. Si donc cette précaution si élémentaire et si facile n'a pas été prise, quand des difficultés beaucoup plus sérieuses ont été vaincues, c'est que ce document ne vient pas d'un auteur de mauvaise foi ; son attention, appliquée à cacher sa supercherie, n'eût pu laisser passer une faute si grossière et si évidente. L'erreur, quand il y a erreur de ce genre dans des actes qui réunissent ces conditions, milite plutôt en faveur de leur authenticité et doit être attribuée à l'inadvertance du scribe.
Mais la date de 1167 ne me paraît même pas certainement erronée.
Voici comment :
Il suffit de jeter un coup d'oeil sur la série des chartes en faveur de l'abbaye de Beaupré ou de Saint-Remy de Lunéville, ou sur le volume de pièces justificatives publiées par D. Calmet, pour constater que parmi celles qui sont du XIIe siècle il n'est pas rare d'en rencontrer qui

Cliquez pour agrandir

ne sont point datées (11). D'autre part, M. Giry fait remarquer que « qès l'époque la plus ancienne, pour éviter de recourir trop souvent aux originaux et les préserver des risques de pertes ou de dommages dont une fréquente production les aurait menacés, on en a fréquemment exécuté des copies. Le caractère qui fait le plus ordinairement et le plus facilement reconnaître ces copies est l'absence de signes de validation (12) ».Cependant l'absence de ces signes n'est pas un indice absolument sûr, car des copistes se sont appliqués jusqu'à imiter les monogrammes, les paraphes et les incisions qui marquent la place du sceau.
Il me semble que la charte en parchemin conservée aux Archives de Meurthe-et-Moselle (H. 1405), et qui porte la suscription de Simon, duc et marquis, est une de ces copier figurées, comme on les appelle. La date de 1167 serait celle de la transcription. Sa place inaccoutumée au bas de l'acte et bien loin des derniers mots du texte serait suflisamment justifiée par cette raison qu'on est en présence d'une copie, et non d'un original (13). Cette hypothèse est corroborée par un autre détail que j'ai observé. J'ai rencontré une copie plus récente de cette charte du duc Simon ; elle est du XVIe siècle. Or, à la suite de cette transcription, on y voit les chiffres suivants placés les uns au-dessous des autres :
1167
1242
1237
1260
1362
Que signifie cette colonne de nombres, si elle n'est pas l'indication des différentes années où l'on a exécuté des copies du même acte ?

Cependant, si quelqu'un préférait considérer cette pièce que nous étudions comme un document original, son opinion ne me paraîtrait pas dépourvue de tout fondement. La difliculté de la date pourrait s'expliquer par cela qu'une main inhabile et peu scrupuleuse l'y a ajoutée dans la suite des temps (14). De fait, les traits par lesquels elle est exprimée sont d'un noir plus foncé que ceux des lettres qui composent le texte. Mais ce dernier détail ne me parait pas être un élément important pour résoudre le problème, car un chercheur, en dépouillant les papiers de l'abbaye à une époque quelconque, a bien pu être tenté de rafraîchir à l'encre les chiffres d'une date qui commençait à pâlir.

II. Faut-il attribuer cette charte à Simon Ier ou à Simon II ?
Si l'on admet l'hypothèse que nous proposons, à savoir que nous sommes en présence d'un acte qui est une copie figurée de l'an 1167, il faut nécessairement en rapporter la teneur à Simon Ier, puisque Simon II n'a commencé à régner qu'en 1176. C'est l'avis de D. Calmet, qui exprime son opinion sans en indiquer les motifs. (Hist. de Lorr., 1er édit., t. II, col. 6.) Il présume qu'il faut lire l'année 1123, et non 1153, marquée par Richer (lib. II, cap. XVII). Ce millésime de 1153 fourni par Richer est encore favorable à notre opinion et fait supposer que cet auteur a bien pu avoir entre les mains une autre copie que la nôtre qui portait cette date (1153). (Cette méthode prêtant à la confusion, l'expérience a dû y faire renoncer.) Mais voici qui me semble beaucoup plus fort en faveur du même sentiment.
D'après l'extrait d'un cartulaire qui n'est plus aux Archives de Meurthe-et-Moselle et qui est intitulé « Antiqua Sancti Salvatoris Documenta (15) », Mathieu Ier exerçait déjà les fonctions de voué de Saint-Sauveur à Burthecourt en l'an 1156 ; il avait donc dû recevoir ce titre de Simon Ier, son père, car les termes de la charte que nous étudions expriment une donation première et non une confirmation de la qualité de voué.
Si, au contraire, l'on incline vers l'hypothèse d'après laquelle ce parchemin serait réellement un acte original, erroné quant à sa date seulement, il faudrait encore le rapporter à Simon Ier (malgré l'écriture) pour la raison qui vient d'être donnée.
En résumé, ce document nous semble être une copie figurée, c'est-à- dire authentique dans sa teneur seulement, et nous parait devoir être rapporté, presque certainement, à Simon Ier.

IV
Lettres par lesquelles Pierre de Brixey donne à l'abbaye de Saint-Sauveur les autels de Cirey et de Harbouey et lui confirme la moitié de l'église de Badonviller.
De l'an 1185.
(Origine : Arch. dép., H. 1374, copie du XVIIIe siècle.)

In nomine Patris et Filii et Spiritus Sancti. Amen. Petrus per Del gratiam Tullensis episcopus, universis Christianse fidei cultorlbus, pro terrenis coelestia, pro perituris aeterna feliciter commutare fidelis quilibet Christo pauperi debet in via, eis Christus reddat in patria ; maxime nos rectores ecclesiarum de talento nobis credito talentum dispensare debemus ut talentum cum lucro Domino reportemus. Cum igitur ad nostras sollicitudinis spectet officium pauperibus ecclesiis nostrae dioecesis diligenter providere, paupertati ecclesiae Sancti Salvatoris quam praedecessores nostri a prima lapide construxerunt, misericorditer compatientes ; altare ecclesiae de Scyrey et altare ecclesiie de Herbeis jam dicto monasterio et fratribus ibidem Deo famulantibus ad augmentum praebendse ipsorum, pro salute animae nostrae et predecessorum nostrorum, laude et assensu Friderici archidiaconi, dedimus et concessimus in perpetuum possidenda, salvo tamen jure episcopi et archidiaconi (16). Hiis etiam accidit quod memoriae tradere et presenti scripto confirmare dignum duximus, qualiter miles quidam Garserius nomine fundum ecclesiae memorate de Herbeis cujus fundator extiterat, per manum Henrici comitis de Salmis a quo fundus per feodum ad dictum militem descendebat, et duas partes decimarum curia; de Money cum duobus solidis tullensis monetae quos jure suo taliter procurando vendicabat, pro remedio animae suae eidem monasterio Sancti Salvatoris dedit et ex toto verpivit et perenniter possidenda concessit. Praeterea memorato monasterio confirmamus medietatem ecclesite de Badonvillario quem nobilis miles Regnerus de Pastresignes eidem loco pro salute sua libere contulit. Ut igitur hoc beneficium saepedicto monasterio a nobis caritative collatum, ratum et immutabile in posterum permaneat, scripti et sigilli nostri munimine taliter roboravimus.
Quisquis vero illud immutare aut infringere ausu temerario attentaverit anathema sit et paenas aelernae damnationis sustineat. Testes sunt Ferricus decanus tullensis et archidiaconus ; Hugo decanus Sancti Gengulfi ; Haimo archidiaconus et alii quamplures. Datum per manum Theodorici cancellarii et archidiaconi anno ab Incarnatione Domini MCLXXXV.

V
L'abbé Othon confirme à l'abbaye de Clairlieu l'exemption des dîmes réclamées par le curé de Lupcourt sur la censé de Beldon. Il rappelle que les Cisterciens ont été dispensés par le pape de la redevance de la dîme pour les terres qu'ils ont défrichées. Cette charte atteste que l'abbaye de Saint-Sauveur est déjà occupée par des Chanoines réguliers.
De l'an 1188.
(Origine : Arch. dép., H. 468, parchemin, sceau enlevé.)

In nomine Patris et Filii et Spiritus Sancti. Quoniam monastice puritati plurimum refragatur macula discordie hanc omnes qui regularibus disciplinis inserviunt modis omnibus debent precavere. Eapropter ego Otto pemissionne Dei dictus abbas sancti Salvatoris et fratres capituli nostri universi controversiam que inter nos et ecclesiam Clariloci versabatur, boni testimonii viris mediantibus ad pacem et concordiam revocavimus hoc modo. In amministratione si quidein sancti Salvatoris Domino disponetite substituti, adversus fratres prelate domus Clariloci super quibusdam decimis grangie sue de Bellodono in parrochiatu de Lochortico sistentibus querimoniam movimus. Qui tandem ad diem condictam cum venissent dixerunt se decimas illas a predecessoribus nostris canonice satis adeptos fuisse sub censu vi den. tullensium. Asserebant insuper quod benignitate Sedis apostolice tam ipsi quam omnes cisterciensis ordinis fratres, impetraverant de terris nimirum illis quas deduxerunt vel deducunt ad cultum, decimas nec solvere nec debere. Nos igitur quia indecens videbatur et rationi obvium quod a prodecessoribus sancitum fuerat in irritum rcvocare,tum quia decretis apostolicis que penitus inviolabilem debent obtinere filrmitatem, nec voluimus obviare prescriptis fratribus de Claroloco omnem decimationem que spectat ad nos, tam de nutrimentis quam de agricultura que continetur infra terminos prediete grangic de Bellodono, quos nimirum dividit rivulus qui defluit inter grangiam et Lochort, assensu et laude totius capituli nostri recognovimus et concessimus in elemosinam sempiternam perpetuo possidendam. Pretaxatum insuper censum sex videlicet denarios tullenses, quos tam nobis quam presbytere de Lochort aliquandiu persolverant contra indulgentiam sedis apostolice que eos ab hujusmodi exactione immunes esse et liberes instituit, presertim cum memorati fratres fere omnem ejusdem grangie agriculturam ad cultum ut dicitur deduxerunt, cum omni libertate et integritate remissimus illis et remittimus laude et assensu omnium fratrum et concanonicorum nostrorum amodo et in reliquum et contra omnem donationem hanc legitime factam garantire promissimus. Ciprianus demum qui eo tempore quo hec facta sunt in ecclesia de Locorth vices pastoris agebat, de tertia parte vi den. que eidem de jure presbiteratus debebatur, querimoniam movit. Sed tandem precibus amicorum suorum devictus, et beneficie ecclesie Clariloci deductus, omnes querimonias suas guerpivit et in manus nostras posuit in grangia de Bellodonode quaauerela ventilabatur. Testes Humbertus abbas Belliprati, Dominicus capellanus, Warncrus conversus de Flavenney, Wirricus frater ejusdem Cipriani. Sciendum etiam quod Domini Petri tullensis episcopi qui tunc temporis erat peregre vel ejus successoris assensum et confirmationem his omnibus exhiberi irrefragabili sanctione spopondimus. Hec autem pacis compositio ut rata et inconcussa permaneret presens scriptum tam sigilli nostri impressione quam virorum fidelium fideli testimonio premunitam relinquimus illis in testimonium. Testes Petrus, Ludowicus, Cono, Regnaldus Johannes, Hartmannus, Otto, Canonici Sancti Salvatoris. Gaufridus, Galterus, Ludovicus, monasterii de Alta Silva ; Imarus prior, Henricus conventus Clariloci, Humbertus de Nancey clericus, Hermanus capellanus ducisse ; Slephanus de veteri atrio, qui et hujus negocii mediatores extiterint. Actum legitime, publice recitatum in Capitule Sancti Salvatoris, canonixe confirmatum anno Dominice Incarnationis m° c° LXXXVIII°.

VI
Jean, archevêque de Trêves, confirme la transaction passée entre l'abbaye de Saint-Sauveur et celle de Haute-Seille au sujet de Tanconville.
De l'an 1193, le 4 des ides de février (10 février).
(Origine : Arch. dép., H. 573, d'après une copie du XVIIe siècle.)

In nomine Sancte et individue Trinitatis, Patris et Filii et Spiritus Sancti. Amen. Joannes Treverorum archiepiscopus tam futuris quam presentibus in perpetuum. Stabile licet esse debeat et omnino ralum quod a co-episcopis nostris sed etiam a quibus libet personis ecclesiasticis, pacis gratia ldgitime fuerit institutum, nobis tamen ex officio collatae divinitus potestatis incumbit ut etiam ab aliis rationabiliter et bene gesta quotiens petimur firmiore privilegio roboremus. Rogatu igitur Odonis venerabilis tullensis episcopi, quaedam ad jus episcopi pertinentia quae piae memoriae Henricus quondam tullensis episcopus contulerat ecclesie Sancti Salvatoris sub censu duorum solidorum tullensium ; quaeque ipse Odo episcopus sub eodem censu contulit ecclesie Altae Silvae, praefata ecclesia Sancti Salvatoris volente, et reddita sponte karta quam inde habebat de jure illo cedente, nos auctoritate nostra confirmamus ecclesiae Altae Silvae et omnino decernimus ratum esse quod legitima factum est ratione. Id etiam quod inter ecclesiamn Sancti Salvatoris et ecclesiam Altae Silvae factum est per manum Friderici Tullensis Archidiaconi et decani apud Sanctum Nicolaum de Porth, Symone abbate Mediani monasterii, Uumberto abbate Belliprati, Garino praeposito Sancti Nicolai de Port, Henrico comite de Salmis et aliis quam pluribus mediatoribus et testibus et insuper utriusque ecclesiae capitulo concordante firmatum de curia quee dicitur Tanconvilla, pari cum superioribus authoritate confirmamus et anathema dicimus in omnem hominem, qui pacem servorum Dei temptaverit, super his occasionne temeraria perturbare. Cunctis vero debilam reverentiam servantibus tam antiquis quam recentibus institutis nostra benedictio superveniat et divina. Actum est anno dominicie Incarnationi : miliesimo centesimo nonagesimo tercio. Testes Rodulfus prepositus majoris Ecclesiae, Willermus decanus, magister Gerardus praepositus Sancti Symeonis, Willermus de Kavene archidiaconus, Conrardus de Bursei, Albertus abbas de Vilelers, Hermanus Canonicus de Luzchenburg. Datum per manum metensis episcopi venerabilis Bertranni apud Ruteli Cenobium feliciter IIII° idus februarii.

VII
L'abbé Otthon, avec l'assentiment de Henri de Salm, voué de son monastère, acense à l'abbaye de Haute-Seille le domaine de Tanconville et ses maisons pour 10 sols. Noms des chanoines qui composent le chapitre de Saint-Sauveur.
De l'an 1193, 12 des calendes de décembre (20 nov.).
(Origine : Arch. dép., H. 573, d'après une copie du XVIIe siècle.)

Ottho Dei gratia dispensante, in ecclesia Sancti Salvatoris minister et abbas, omnibus tam futuris quam presentibus in perpetuum. Quia pressu temporum et personarum mutatione seu decessione, rebus etiam bene provideque gestis oblivio subrepit aliquotiens et oritur de veritate molesta contentio ; ideo necessarium duximus quod actum est diebus nostris signis evidentibus intimare posteris. Sciat igitur generatio hec et omnis que ventura est, nos assensu totius capituli nostri, voluntate et consilio advocati nostri Comitis Henrici, Friderico sancte tullensis ecelesie archidiacono et decano, et Brunone fratre ejus, et Symone abbate Mediani monasterii et Humberto abbalo Belliprati his in quantum mediatoribus, sub annuo censu contulisse ecelesie Alte Silve curiam quae dicitur Tanconisvilla cum omnibus edificiis et appendiciis suis ut quidquid ad illam pertinens intra termines parrochiales et partem silve, que terminum transit, ecclesia Sanct Salvatoris habebat in terris, in pratis, in silvis, cultum sive incultum in omni usu et fructu, libera integritate et integra libertate habeat et possideat ecclesia Alte Silve ammodo et usque in sempiternum. Cessimus etiam de jure nostro et concessimus eis terras quas pie memorie Henricus quondam tullensis episcopus censualiter prius contulit nobis nichil omnino nobis retinentes aut de censuali aut de proprio jure unde possit deinceps inter utramque ecclesiam simultatis occasio suscitari. Pro his omnibus ecclesia Alte Silve dabit ecelesie Sancti Salvatoris singulis annis in festo Sancti Johannis Baptiste decem solidos tullenses qui dari et accipi legitime poterunt pro qualitate et quantitate monete et comes Henricus in cujus manu et pro cujus manu factum est, legitimam ecelesie Alte Silve warentiam portabit quotienscumque necesse fuerit. Porro pro decem solidis censùs supra scriptis, duo sunt pro decimis olim concessis, octo pro universis supradictis et ne aliqua remaneat occasionis molestia quicquid confirmationis habebant jam dicte curie, tam pape Eugenii quam episcopi Pybonis in omnibus et per omnia benigno assensu laudaverunt et omnino guerpiverunt. Et ne hujus possessionis tam sollemnis et secundum rationem facta translatio, rata prorsus et firmior habeatur, sigillo comitis Henrici et nostro testiumque legitimorum tam religiosorum quam secularium subscriptione manifeste confirmata est et munita. Testes Symon abbas Mediani Monasterii, Humbertus abbas Belliprati, Warinus praepositus Sancti Nicholai de Porth, Garsirius, Rembaldus, Bernardus milites ; Gerardus de Lenteres, Cono de Ogevilley, Ugo presbiteri ; Bernardus prepositus, Balduinus de Barbays, Cono de Herbiis. Actum apud Sanctum Salvatorem in claustro ubi testes fuerint hii : Ludowicus prior, Petrus Capellanus, Cono, Johannes, Raynaldus, Waldricus, Petrus, Harthemannus, Otto, Dominicus, Seyfridus Canonici Sancti Salvatoris ; Theodericus monachus Senoniensis. Actum canonice, publice recitatum, legitime confirmatum, anno dominice Incarnalionis millesimo centesimo nonagesimo tercio, Epacta XV, Concurrente III°, Indictione XI, duodecimo kalendas decembris.

VIII
Lettres d'Odon ou Eudes de Lorraine-Vaudémont par lesquelles il exempte l'abbaye de Saint -Sauveur de plusieurs redevances annuelles (circaturam, nummos, avenam, synodum).
De l'an 1195.
(Origine : Arch. dép., H. 1383, d'après une copie.)

« Odo, Dei patientia episcopus, omnibus lam futuris quam praesentibus incessanter perhibens, quoniam ea quae scripto traduntur, a memoria de facili non recedunt, noverint universi tam posteri quam praesentes quod quidquid nobis annuatim pro parochiis Sancti Salvatoris in omni usu debebatur, et quidquid ab eis exigere solebamus eidem Ecclesiae, omni sepulta exactione, in elemosynam perpetuo concessimus habendum, videlicet circaturam, nummos, avenam, synodum, salvo tamen censu denanorium annuo qui debetur pro ecclesiis subsequentibus videlicet de Barbais, de Domepre, de Herbeis de Scyreis.
« Praeterea dilectus noster decanus Tullensis et archidiaconus, in cujus archidiaconatu praefatae sunt sitae ecclesiae, quoscumque reditus in eisdem habebat ecclesiis circaturam, avenam et synodum et alla quaelibet, excepto censu denariorum annuo, Ecclesiae Sancti Salvatoris contulit in eleemosinam. Statuimus itaque nos et dictus decanus ut Ecclesia Sancti Salvatoris ecclesias superius nominatas [liberas et immunes ab omni jurisdictione] (17) scilicet et concilio, precaria, et caeteris exactionibus, salvo censu denariorum, ut diximus, possideat in perpetuum, hoc adjuncto quod abbas Sancti Salvatoris a seculari presbitero vel ab aliquo canonico sua pro voluntate suâ in memoratis ecclesiis dlvina faciat celebrare. Ne quis vero donationem tam legitime ordinatam présumat in irritum revocare, praesentem paginam sigilli nostri impressione roboravimus. Praeterea decanus saepe dictus in eamdem ordinationem confirmandam praesenti instrumento sui munimentum sigilli apposait. Actum ab incarnatione Domini 1195. Testes hujus donationis G. (ou B?) thesaurarius tullensis et archidiaconus ; Petrus major archidiaconus, et cancellarius ; Walterus de Berge, tullensis canonicus. Hugo Sancti Gengulfi canonicus, Theodericus notarius.

IX
Le doyen et le chapitre de Toul ratifient toutes les concessions faites précédemment à l'église de Saint-Sauveur par les évêques et archidiacres.
De l'an 1242, 27 octobre.
(Origine : Arch. dép., H. 1383, original en parchemin.)

P. Decanus totumque Tullense capitulum omnibus presentes litteras inspecturis, salutem in Domino. Noverit universitas vostra quod nos omnes donationes et concessiones ecclesiae Sancti Salvatoris in Vosago ab episcopis et archidiaconis tullensibus olim factas, gratas et ratas habemus. Datum in Vigilia apostolorum Symonis et Jude. Anne Domini millésime CC° quadragesimo secundo.

X
Jean, chevalier d'Athienville, rend à l'abbaye de Saint-Sauveur les dîmes usurpées de Sornéville, Monnay, Pierrepont et le patronage de la cure de Sornéville.
De l'an 1251, en juillet.
(Origine : H. 1374, copie du XVIIIe siècle).

Nos Jacobus Dei gratia Metensis episcopus, notum facimus universis praesentibus et futuris ad quos prasentes litterae pervenerint quod dominus Johannes miles de Atrenville in nostrâ praesentià constitutus décimas de Sornevilla, de Moneyo, et de Pierepont cum appendiciis suis et jus patronatus de ecclesia de Sorneville quae omnia ex paterna haereditate contra conscientiam suam et contra praecepta et jura canonica longo tempore pacifice et quiete possederat ; viris religiosis abbati et conventui Sancti Salvatoris in Vogia Tullensis diocesis, bonorum virorum et meo usus consitio et consensu, ut animae suae saluti consuleret, de favore et consitio uxoris suae et omnium haeredum suorum, in perpetuam eleemosinam contulit et donavit; omnia vero alla quae in predictis villis et earum finagiis in quarteris, censibus, servitiis, homagiis et aliis reditibus et pertinenciis diclus miles possidebat, omnia abbati et conventui vendidit in perpetuum possidenda propter quam venditionem et oblatae eleemosynae recompensationem, supradicti abbas et conventus jam dicti militis gravaminibus et donationi compatientes, eidem militi de bonis ecclesiae suae centum et octoginta libras Metenses dederunt et persolverunt. Ne vero supradictus Miles, vel aliquis heredum suorum praedictas donationes atque venditiones in posterum valeat revocare, ad perpetuum veritatis testimonium et ad petitionem partis utriusque praedictam paginam sigilli nostri munimine roboravimus. Datum anno MCCLI mense Julio.

XI
Lettres de Gilles de Sorcy, érêque de Toul, par lesquelles il atteste que Cugnard, curé de Lupcourt, après avoir contesté au couvent de Saint-Sauveur (patron de la cure dudit lieu) la dîme des novales, renonce spontanément à ses prétentions et pour toujours, sous peine d'excommunication.
De l'an 1257.
(Origine : Arch. dép., H. 1405, original en parchemin.)

G. Dei gratia tullensis episcopus, universis presentes litteras inspecturis, salutera in Domino. Noverint universi quod eu m Cugnenardus rector sive curatus ecclesiae de Locort cum suis pertinentiis abbati et conventui ecclesie Sancti Salvatoris in Vosago ipsius ecclesie patronis super decimis novalium moveret questionem, tandem, idem Cugnenardus in nostra constitutus presencia omni actioni, petitioni et questioni ipsarum decimarum sponte renunciavit, promittens juramento corporaliter prestito, quod super eisdem decimis per se vel per alios toto tempore sue vite ullam movebit questionem contra abbatem et conventum predictos sive contra alios qui décimas dicte ecclesie Domine dictorum abbatis et conventus possiderent. Et si forte idem Cugnenardus contra hujusmodi promissum in aliquo veniret, consensit idem C. quod nos ipsum excommunicemus et denunciari faciamus excommunicatum. Actum et ratum anno Domini M° CC° quinciuagesimo septimo sabbato proximo post festum omnium Sanctorum.

XII
Berthold, archidiacre de Metz, ratifie toutes les concessions faites précédemment à l'abbaye de Saint-Sauveur pour ce qui concerne Domèvre.
De l'an 1277, le vendredi après Noël.
(Origine : Arch. dép., H. 1383, original en parchemin, sceau manque.)

Magister Bertholdus in ecclesia Metensi archidiaconus, viris religiosis abbati et conventui monasterii Sancti Salvatoris in Vosago Tullensis diocesis, ordinis Sancti Augustini in salutem Domino sempiternam. Noverit vestra discretio quod nos omnes concessiones et donationes vobis tam a reverendis patribus episcopis Metensibus et aliis quibuscumque archiepiscopis vel episcopis quam etiam ab archidiaconis in ecclesia Metensi nostris predecessoribus super ecclesia de Dommeivre nostri archidyaconatus factas, prout rite facta sunt, ratas habemus et gratas et eas quantum in nobis est et ad officium nostrum pertinet, authoritate presentium confirmamus. In cujus rei testimonium sigillum nostrum presentibus litteris duximus apponendum. Actum et datum anno Domini millesimo CC°LXX° septimo, feria sexta post nativitatem Domini.

XIII
Berthold, archidiacre de Metz, abandonne à l'abbaye de Saint-Sauveur ses droits sur Domèvre, à l'exception de la redevance synodale et du cens de six deniers.
Sans date. Du milieu du XIIIe siècle.
(Origine : Arch. dép., H. 1383, original en parchemin, sceau manque.)

Ego Bertholdus Dei gratia Metensis archidiaconus omnibus hoc scriptum intuentibus notum facio quod cum inter me et abbatem Sancti Salvatoris super ecclesia de Dommevrio longa verteretur querimonia, tandem, mediante prudentium virorum consilio, in hoc convenimus, quod idem abbas memoratam ecclesiam liberam possidebit et ab omni jure penitus absolutam, exceptis sex denariis census, et sex aliis pro synodali jure michi annuatim persolvendis. In veritatis itaque testimonium ne in posterum aliquam super hoc contingat oriri calumpniam, presentem sedutam sigilli mei appensione roboravi.

XIV
Simon de Parroy reprend de l'abbé de Saint-Sauveur ce qu'il possède à Arracourt.
De l'an 1303.
(Origine : Arch. dép., H. 1426, original en parchemin, sceaux manquent.)

Je Simon Sires de Paroye fais scavoir à tous ceaux que ces lettres présentes varont et oront que je on nom de moy et de mes hoirs suy et dois être home de plein homaige a home religions et honeste l'abbey de Sent Salvour en Voige ; et tiens et dois tenir doudit abbey et de l'église de Sent Salvour tout ceu que j'en ai, puix et doi avoir à Aracourt et tout ce que on y tient de moy ; et ensy doveront estre meix hoirs homes de la dite église de Sent Salvaur qui ces choses dessus dites tanront après me. En tesmoignaige de veritei en ai je donné ces lettres présentes saelées de mon scel et saelécs par ma prière et par ma requeste dou sael mon très chier signour et cousin Hanry signour de Blamont. Et jeu Henry sires de Blamont davent nomei, à la prière et à la requeste doudit signour Simon mon cousin, ai mis mon sael en ces presentes lettres en tesmonaige de veritei. Que furent faites quant li miliaires couroit per mil trois cent et trois ans la vigile de la translation Sent Nicolas on mois de maye.

XV
Interdit de l'église de Barbas.
De l'an 1456, 25 juillet.
(Origine : Arch. dép., H. 1383, original on parchemin, sceau manque.)

Johannes Stephani Dei et sancte sedis Apostolice gratia humilis abbas monasterii gloriosissime Virginis Marie Sancti Salvatoris in Vosago nuncupati, (Tullensis) (18) diocesis, omnibus et singulis nostras presentes litteras visuris, lecturis, pariter et audituris in omnium Salvatore salutem sempiternam. Cum secundum canonum sanctiones et decreta provincialium quoque et synodalium statuta, omnes et singuli utriusque sexus in res et bona ecclesiastica manus violentas absque commissionne ecclesiastica et juridica injicientes, sacrilegi et eo facto excommunicati censeantur, ac In illa parrochiâ sive parrochiali ecclesia ubi talia agerentur maleficia, ordinatum sit et constitutum a divinis cessare servitiis seu cessationem quoque divinorum imponere sacramentorum ; ideo quoniam nuper ab aliquibus malefactoribus Deum pre oculis non habentibus scilicet sue salutis penitus immemoribus, manus violentas absque commissione juridica in decimas nostras grossas mittentibus, dignitati nostre abbatiali pertinentes et spectantes, in villa et banno de Barbay existentes, nostre spiritualis juridictionis ab antiquo auctoritate [ordinaria] nobis in hac parte concessà existente, apponendo in et contra voluntatem nostram levando, rapiendo et quo voluerunt seu volunt in praejudicium nostrum et nostri monasterii ducendo, monitione tamen et etiam inhibitione canonica sufficienter praehabitis, ex quo sententias censurasque et penas ecclesiasticas noscuntur incidisse et in se sustinere ; parrochiani etiam portitorem seu nostrarum dictarum decimarum decimatorem ex uno corum, prout moris est ex antiquo consuetum nobis, querenti renuerunt eligere et constituere. Sed quoniam talem offensam contra animarum salutem perpetratam non licet nec volumus sub dissimulatione transire ne talium videamur favere reatum ; hinc est quod ab hac die usque ad plenam et integram restitutionem et satisfactionem dictarum decimarum sic violenter contra voluntatem nostram raptarum manu sacrilega et levatarum nobis factam, ecclesiam ejusdem ville de Barbay a divinis suspendimus et interdicto eam supponimus ecclesiastico autoritate qua supra ac in ea cessare per presentes imponimus, inhibentes omnibus et singulis concanonicis nec non exteris presbyteris secularibus, qui in ea licentia nostra celebrare consueverunt, ne aliguatemus causa aut ratione sacramentum ecclesiasticis sive servitiis divinis in ea utantur, aliquibusvis personis illa ministrando. Quam quidem cessationem observari volumus et precipimus penitencie tantum, Baptismi quoque omnibus indifferenter et eucharistiae infirmis atque matrimonii sine tamen aliqua solemnitate dumtaxat exceptorum, et sub eodem loco decedentibus ab hac luce ecclesiastica denegatur sepultura. Alioquin in et contra illum sive illos qui contrarium fecerint via juris procedemus. Datum anno Domini millesimo quadringentesimo quinquagesimo sexto, die vicesima quinta mensis Jullii, sub sigillo nostro presentibus appenso.

XVI
Lettre de Georges de Bade, évêque de Metz, pour solliciter les aumônes des fidèles en faveur de la reconstruction de l'abbaye de Saint-Sauveur.
Année 1470, 20 juin.
(Origine: Arch. dép. de Meurthe-et-Moselle, H. 1374, d'après une copie.)

« Georgius Dei et apostolicae sedis gratià episcopus Metensis universis et singulis curatis, vicariis perpetuis, capellanis, cunctisque ecclesiarum presbyteris rectoribus in archidiaconatibus de Marsallo et Saburgo Metensis dioecesis constitutis, ad quos presentes nostrae litterae pervenerint, salutem in Domino. Noveritis, proh dolor, informatione veridica et notoria suscepisse quod de mense aprilis ultimo praeterito ecclesiam monasterii Sancti Salvatoris in Vosago Tullensis dioecesis, ordinis Sancti Augustini C. C. R. R. cum grossa turri et campano illius ac sex campanis inibi tune copiosis atque bonis igni momentaneo subito consumpta penitusqne concremata sunt, cum autem ecclesia ipsa sicut et monasterium ad honorem decoremque et laudem gloriosae Dei genitricis Virginis Mariae, quae desolatorum est consolatrix ac peccatorum refugium, ibidem multis claret miraculis et potissimum cujus meritis non pauci ab immundis spiritibus vexati, illuc adducti, liberati visi sunt ; nec non ibidem Salvator noster in ymnis et canticis diurnis prout et nocturnis ac numerosa missarum celebratione glorificetur, nec tamen facultates ejusdem monasterii suppetunt ad reparendam sive restituendam ruinam ex casu praedicto notorie resultante. Devotiones vestras duximus per viscera misericordiae Dei nostri et Domini Jesu Christi excitare rogando ut cum venerabiles et in Christo dilecti fratres abbas et religiosi dicti monasterii seu eorum alter aut ipsorum nuntii seu procuratores ad hoc ab eis specialiter destinati, ad vos pro eleemosynis suscipiendis declinaverint, ipsos cum reliquiis si quas detulerint recipere, audireque pie, ac eleemosimas grataque caritative subsidia largiri, dicto monasterio compati ac misereri, seu illi adjuturi manus porrigere ac porrigi procurare velitis, ut in orationibus et precibus singulisque benefactis et orationibus ibidem factis et in posterum faciendis, efficiamint participes, quos omnes et singulos de consensu dictorum abbatis et conventus confraternitatem ejusdem ordinis et conventuum ex nunc participes fiunt et associantur, quo tandem ad gloriam venientes etiam manipulos benefactorum hujusmodi cum exultatione portare et centuplum mercedis ac retributionis ibidem recipere mereamini et ut vos reipsa ad hujusmodi eroganda subsidia efficiamint participes ; nos de omnipotentis Dei misericordia, beatorumque apostolorum Pétri et Pauli meritis et auctoritate confisi, omnibus et singulis vere penitentibus et confessis qui fabricae ejusdem monasterii ac personis pie subvenerint, de bonis a Deo sibi collatis aut quovismodo reparationi hujusmodi ruinae manus pie porrexerint adjutrices, quotiens id fecerint, quadraginta dies de injunctis sibi poenitentiis misericorditer in Domino relaxamus, praesentibus nostris litteris post annum a data eorumdem minime valituris.
Datum sub sigillo curiae nostrae Metensis quo utimur in hac parte. Anno Domini MCCCCLXX, die vicesima mensis junii.

XVII
Ruine de l'abbaye de Domèvre pendant la guerre de Trente ans.
9 avril 1649.
(Origine : Arch. dép., H. 1375.)

« A la Cour,
« Supplie très humblement Révérend Père en Dieu messire Clément Philippe, humble abbé de Domepvre, disant que les malheurs des guerres l'auroient contrainct avec ses religieux, au commencement d'icclles, se retirer de l'abbaye dudit lieu pour aller vivre ailleurs à l'emprunt et de la charité des gens de bien jusques il y a quelques années ença que voyant ladite abbaye s'en aller en ruyne et les malheurs tant soit peu cessés, se résolut avec deux ou trois religieux de s'y retirer comme ils auroient faict en prenant à laix quelque bestail pour faire quelque peu de labeur, afin de pouvoir vivoter et empescher la ruyne totale de la dite abbaye en taschant de l'entretenir seulement de couverture, contrainct qu'ils sont, pour y subvenir, de desservir les uns et les autres les cures voisiennes pour ne pouvoir vivre des rentes et revenus d'icelles; causés par les (?) passages des armées et courses continuelles des soldats. De sorte qu'ilz sont réduict à ce poinct de laisser ruyner la toicture d'une partie des collatéraulx d'icelle abbaye, pour ne trouver seulement argent d'emprunt pour la réparer. Et peult le sieur suppliant dire avec vérité qu'il croit n'y avoir maison présentement plus désolée en ces quartiers et plus subjecte au passage et courses qu'icelle, comme s'a veu depuis n'y a environ que deux ans qu'elle fut pillée de rechef par une compagnie de cavallerie ; et nonobstant tous ces malheurs, les jours derniers, le sieur Simon, huissier en ladite Cour, auroit venu interpeller le sieur suppliant au payement de certaine contribution ecclesiastique pour Son Altesse, et, pour ce, luy demander six pistolles pour un an, outre quelques arrérages, et qu'à faute de ce il estoit prest les exécuter en sy peux qu'il luy restait pour vivre. Ce qui auroit grandement estonné ledit sieur suppliant avec sesdits religieux, se voyant en ce cas conlrainctz de quitter pour une seconde fois pour n'avoir le moien d'y satisfaire. Nonobstant la bonne volonté que luy, suppliant, auroit de contribuer à quelque chose pour le service de Sadite Altesse dans les besoing et occasion qu'il voit en avoir présentement.
« Ce considéré et voyant l'impossibilité qu'il y a de satisfaire à ce que ledit sieur Simon répette, ledit sieur suppliant a recouru à la Cour pour la supplier avec mesme humilité qu'ayant égard à la pauvreté de ladite maison, ainsy qu'elle en pourra recongnoistre par le tesmoignage et certifficat cy joinct, et luy donner les moiens d'y pouvoir continuer sa demeure, elle luy plaise de modérer à une pistolle par an, qu'il offre de payer content et par advance, que luy et ses religieux seront contrainctz espargner sur leur vivre et habictz, lui estant impossible an pouvoir donner davantage s'il ne vend sy peu d'ornements qui restent pour faire le Saint Sacrifice de la Messe. A quoy ayant besoing, égard, ce sera justice.
Cette requête est certifiée véritable par Massu, prévôt de Blâmont, et par Barbier, commis à la perception des contributions.
La Cour, représentée par de Chastenoy d'Armacourt et Richard, agréa cette requête, se contentant d'une pistole pour l'année courante.
Le texte de cette concession finit par ces mots :
« Fait à Luxembourg, le 9 avril 1649 (19). »


(1) Le texte des quatre premières bulles de ce catalogue n'est pas conservé aux Archives de Meurthe-et-Moselle (que nous sachions) ; on n'en trouve qu'une courte mention. Cette observation s'applique à plusieurs autres actes.
(2) Voir la note 2 de la page 82 (IIe partie de cette Histoire de l'abbaye de Saint-Sauveur).
(3) Voir la note 2 de la page 82 de cette Histoire de l'abbaye de Saint-Sauveur (IIe partie).
(4) Voir plus bas la discussion de l'authenticité de son texte et de sa date. (Pièces justificatives, p. XV.)
(5) Certains titres portent 1257 au lieu de 1267.
(6) Le texte en italiques indiquera les passages des chartes qui sont les plus importants et qui ont été surtout exploites dans le cours de cette histoire.
(7) Giroville, faubourg de Blâmont. - Couvay, localité incorporée à la commune d'Ancerviller. - Roncourt, localité détruite qui était, située entre Arracourt et Athienville.
(8) Harbouey.
(9) Bellum désigne ici le duel judiciaire.
(10) Elle est, en elïet, marquée en chiffres romains en dessous, mais bien loin des derniers mots du texte.
(11) « Nombre de documents de toutes les époques du moyen âge, mais particulièrement du IXe au XIIe siècle, ne sont point datés ou n'ont qu'une date insuffisante. » (Giry, Manuel de diplomatique, p. 577.)
(12) Ibid., p. 12.
(13) Cependant, d'après M. Giry, ce cas n'est pas très rare, même dans les originaux : « Dans les documents les plus anciens, la date est souvent séparée de la fin du texte par les souscriptions et forme, tout au bas de l'acte, une ligne isolée, parfois d'une écriture différente de celle du reste de la teneur. Mais, dans d'autres actes, elle est placée immédiatement à la suite du texte et avant les souscriptions ; c'est à cette place qu'on la trouve communément à partir du XIIe siècle. » (Giry, p. 578.) - M. Duvernoy n'a souvenir que d'une seule pièce qui appartienne à cette catégorie où les dates sont séparées. Elle est de Simon II et de l'an 1178. (Arch. dép., H. 333.)
(14) Il y a aussi dans le parchemin une incision pour la place du sceau.
(15) Voir ce que nous avons dit de ce carlulaire dans la première partie de celle histoire, p. 7. - Cet extrait est mentionné dans un mémoire de l'abbé Piart. (Arch. dép., H. 1408.)
(16) Une autre copie du même cartulaire (qui paraît être interpolée) porte cette modification importante au point de vue de la juridiction spirituelle : « ...altare ecclesiae de Syreis, altare ecclesiae de Herbeis jam dicto monasterio... EX OMNI JURISDICTIONE LIBERA DEDIMUS et concessimus in perpetuum possidenda, salvo censu denariorum annuo. » (Voir la note 1 de la page 6, Ire partie.)
(17) Le passage placé entre crochets est suspect ; il a dû être altéré dans la copie comme celui que nous avons signalé plus haut (pièce IV, de l'an 1185). - Voir aussi plus bas la note 1 de la page XXVIII. - Une autre copie de la même pièce (H.1374) porte redditu à la place de jurisdictione. « Redditu » nous paraît incontestablement la bonne version, exigée par le contexte. Cette variante est importante à noter pour l'étude de la juridiction de l'abbaye.
(18) Le mot tullensis, dans l'original, a été couvert d'une tache d'encre, peut-être à dessein pour que l'on soit porté à lire nullius diocesis. De même, un peu plus bas, le, mot ordinaria a été visiblement substitué, à un autre. Celle interpolation a pu être faite à l'époque des grands conflits de juridiction avec les évêques de Toul.
(19) La Cour souveraine, pendant l'occupation française, se transporta de Saint-Mihiel à Vaudrevange (1641), puis à Longwy (mars-avril 1645), puis à Luxembourg jusqu'en 1654, et enfin à Trêves. Voir : Histoire du Parlement de Lorraine et Barrois, par Krug-Basse. (Annales de l'Est, avril 1896, p. 210-217.)

 

Mentions légales

 blamont.info - Hébergement : Amen.fr

Partagez : Facebook Twitter Google+ LinkedIn tumblr Pinterest Email