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Histoire du Blâmontois des origines à la Renaissance (8/9)
Abbé Alphonse Dedenon (1865-1940)
1931

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L'Histoire du Blâmontois des origines à la Renaissance est tombée dans le domaine public en 2010. Cette version numérique intégrale permet de faciliter les recherches, y compris dans l'édition papier publiée en 1998 par Le livre d'histoire.
Le présent texte est issu d'une correction apportée après reconnaissance optique de caractères, et peut donc, malgré le soin apporté, contenir encore des erreurs.
Par ailleurs, les notes de bas de page ont été ici renumérotées et placées en fin de chaque document.

NDLR :
L'abbé Dedenon a laissé dans ses carnets des notes manuscrites indiquant diverses corrections à apporter à ce texte.


IV
Seigneuries de Montigny et de Saint-Maurice

Montigny eut des habitants, dès l'époque gallo-romaine. colons soucieux de bien-être pouvaient trouver là un site agréable, un sol fertile et surtout le voisinage d'une voie ancienne. De tels avantages en firent, plus tard, un lieu tout indiqué pour un franc-alleu. Nous voyons, en 1076, Thietzelin donner à Moyenmoutier tout son alleu de ce lieu, avec le moulin et les terres cultes et incultes qu'il comporte.
Deux siècles s'écoulent. Les événements ont totalement modifié l'état politique du pays et le même fief se retrouve aux mains d'un certain Godefroy, dont l'origine nous échappe et qui est l'un des écuyers de Henri Ier de Blâmont. C'est le temps où celui-ci affermît son autorité sur le Blâmontois, en faisant reculer d'autant celle des évêques de Metz. Godefroy n'apparaît que dans un acte du 28 mai 1294, où l'évêque, Bouchard d'Avesne, reconnait lui devoir dix-neuf livres de messins, pour un cheval qu'il en a reçu.
Son successeur et fils, sans doute, se nomme Liétard. Il figure, comme témoin, dans le partage de 1333, effectué dans la famille de Blâmont, après la mort de Henri Ier. Des documents conservés à Epinal (G. 62) nous apprennent que sa femme fut inhumée dans l'église de Blâmont, avant 1335, et qu'il fît, cette année, une donation au Chapitre de Deneuvre, pour avoir, après sa mort, des prières en faveur de sa femme et de lui même. La rente de vingt sols tournois, qu'il lègue à cette intention, sera prise, moitié sur son fonds de Montigny et moitié sur celui de « Saint-Morice ». Ce dernier détail indique que l'alleu de Saint-Maurice, près de Sainte-Pôle, était déjà incorporé à celui de Montigny. Ce chevalier étant mort sans héritier, son avoir passe à la famille de Blâmont, qui en fait la dot de Clémence, mariée à François d'Herbéviller. Cependant les comtes de Blâmont y maintiennent un droit de haut-domaine, qui leur permettra d'en disposer à leur gré.
C'est par un acte d'autorité semblable que Thiébaut II de Blâmont attribue, en 1422, à Perrin Bezanche, les fiefs de Montigny et Saint-Maurice, en même temps que les fiefs de. Hattigny et la vouerie de Bonmoutier (1). Par l'écrit renfermant son dénombrement, nous apprenons que ce Perrin était fils de « Jehan Bezainche, de Montengney, dit aussi Montbey, chevalier, et petit-fils de Fourque du même lieu, et de damoiselle Aulix, fille du sieur Matello de Hattigny». On saisit ainsi le trait d'union entre Hattigny et Montigny.
Perrin vécut peu dans le Blâmontois et passa toute sa carrière à Metz, dont il devint l'un des citains. Il était mort, en 1464, quand sa veuve, Perrette Roussel, fit sa reprise, vis-à-vis du duc régnant, pour une rente de quatorze francs, qu'elle avait reçue sur les salins de Château-Salins (2).
Diverses alliances auxquelles fut mêlé Jean II, bâtard de Blâmont, firent passer l'avoir de Perrin Bezanche aux mains de Bertrand de Liocourt, originaire du pays de Nomeny. La reprise de ce nouveau seigneur près de Ferry de Blâmont est du 7 juin 1469. Elle énumère, parmi les possessions, la grande maison de Montigny et des terres et prés situés sur Montigny et Saint-Maurice.. Bertrand vécut dans sein fief, jusque vers 1477, et y mourut sans laisser d'héritier direct autre que sa soeur Marguerite. Mais alors son avoir fut divisé : La grande maison de Montigny et ses appartenances furent engagées à Marguerite de Chambley, veuve d'André de Parroy, dame d'Herbéviller, et restèrent dans l'apanage d'Herbéviller-Saint-Gennain. La partie de Saint-Maurice, augmentée de quelques parcelles prises sur Sainte-Pôle, forma dès lors une seigneurie séparée, en la possession de Marguerite de Liocourt C'est l'époque où Sainte-Pôle devint une paroisse détachée de Montigny, grâce à l'intervention d'Olry II bientôt après évêque de Toul. Aucun château ne vint embellir cette modeste seigneurie, non plus que sa voisine de Montigny. Cependant le centre en fut la belle maison de maître, qui est devenue, de nos jours, la Forge de Saint-Maurice.
Marguerite de Liocourt fut mariée, une première fois, à Philippe Croppe de Sarrebourg, qui, en 1460, reprit de l'évêque de Metz la maison forte de Lützelbourg et obtint le château de Rathsamhausen, près de Sainte-Odile. Tous deux vécurent alors près de Deux-Ponts, où ils eurent deux filles. C'est en 1477 qu'ils firent leur reprise pour Saint-Maurice. Philippe mourut bientôt après et sa veuve convola, en secondes noces (1480), avec Adolphe ou Egenolf de la Roche, veuf, lui-même, de Béatrix Wyse de Gerbéviller (3). On voit ce dernier, en 148I, agir comme tuteur des enfants de sa femme et, en 1500, faire ses reprises pour Saint-Maurice et Sainte-Pôle, vis-à-vis d'Olry de Blâmont. Il meurt en 1521. Sa fille, Elisabeth, mariée, en 1502, à Adam Hünolstein, sera la Dame de Saint-Maurice, Sainte-Pôle, Chambrey et Phlin, que l'on trouve souvent mentionnée au XVIe siècle (4).
Les souvenirs qui nous restent de ces petites seigneuries sont bien courts et bien pâles. Comment s'en étonner ? Une maison sans ses maîtres est un corps sans âme; une seigneurie où les chefs ne résident pas est vouée à la déchéance et à une ruine inévitable.

 
Eglise de Vého, choeur de 1520


Hôtel de ville actuel de Blâmont

v
Seigneuries de Couvay et de Brouville

Les deux seigneuries de Couvay et de Brouville furent soeurs, non par le voisinage immédiat, mais par la parenté rapproch6e de leurs maîtres. La première était située sur la rive droite de la Blette, la seconde, sur la rive gauche de la Verdurette; la distance entre les deux mesure à peine deux lieues. Avouons-le, leur histoire présente des lacunes et des obscurités et l'on sent que le riche fonds d'archives, qui fut détruit à Saint-Sauveur, au cours du XVIe siècle, aurait pu éclaircir ici bien des mystères. Mais la perte, hélas ! est irréparable. Cependant il nous reste encore quelques données certaines dont l'agencement nous permettra de tracer une exquise suffisante de ce passé (5).
Les seigneurs de Couvay et de Brouville étaient unis par les liens du sang. Une généalogie bien établie en serait. la meilleure preuve, mais elle est, devenue aujourd'hui impossible. Le rapprochement des dates, des noms et d'autres circonstances que nous allons énoncer en tiendra lieu. La similitude des armoiries peut être aussi invoquée' comme indice probant. L'écu, dans les deux maisons, était « d'azur à la bande d'argent accompagnée de billettes d'or ». Le nombre de ces billettes variait, pour marquer les diverses branches de la dynastie, c'était normal. Ce type d'armoiries, dit :à la bande, fait penser à la strophe bien connue d'un ancien armorial picard (6) :
Tout les croix crient en armes : Parny.
Tout les bandes crient : Couvent (alias : à couvert).
Tout les aniaulx crient : Luppy.
Rappellerons-nous que le second de ces cris a fortement intrigué les savants ? Nous avons proposé de lire : Couvay, au lieu de : Couvent, et Escouvaix, au lieu de : A couvert, Cette interprétation rationnelle, semble-t-il, n'est pas sans jouir de quelque faveur, surtout depuis que MM. Prinet et Des Robert ont découvert aux Archives Nationales un sceau ancien qui portait précisément l'écu à la bande, avec l'exergue : Pierre de Convay (7). Notre hypothèse, si elle était vraie, augmenterait, d'une façon notable, la célébrité des seigneurs de Couvay, puisqu'elle en ferait les pairs des sires de Prény, qui étaient les porte-bannière du duc, ou des sires de Louppy, qui étaient très cotés à la Cour de Bar.

1° La Maison seigneuriale de Couvay-Ancerviller

L'alleu de Montigny, donné à Moyenmoutier par Thiesselin (1074) se prolongeait-il, au delà de la Blette, jusqu'aux hameaux de Couvay et d'Ancerviller, ou existait un autre alleu sur ces vallons élargis et alors encombrés de hayes ? Peu importe.
C'est dans cette région agréabe, desservie par une grande voie, que s'est implantée la famille de Couvay. Deux siècles à peu près se sont écoulés depuis la donation de Thiesselin. L'influence de Moyenmoutier a cédé devant celle de Senones et l'évêque de Metz a étendu, sur tous les environs, sa domination temporelle, tandis que Ferry de Salm commence sa puissance à Blâmont. Soudain apparaissent sur la scène trois frères qui sont dits sires de Couvay. Il ne fut jamais question de leurs ancêtres; cependant leur famille a quelque importance. L'un, Widric, est moine, puis abbé de Senones. Richer a donné maints détails sur sa personne. Son abbatiat (1224-1236) fut très mouvementé; les moines supportaient difficilement son autorité. Il démissionna, découragé, pour aller, à Saint-Evre de Toul, finir ses jours en 1247.
Les deux autres, Joannès et Jofrida, furent avoués de Vézeval et habitaient près de Moyenmoutier sur les terres qu'ils protégeaient. En 1230, Henri III de Salm, installé à. Deneuvre, prétendit que tous deux étaient ses sujets et en exigea l'hommage, mais ceux-ci le refusèrent. La querelle dura longtemps et ne finit que par l'intervention des évêques de Toul et de Metz. Les deux frères furent déclarés libres de toute vassalité vis-à-vis de Salm (8). Là s'arrête ce que l'on sait d'eux. Peut-être faut-il identifier Jofrida avec Geoffroy d'Albe, fait prisonnier avec plusieurs autres, suivant Digot, par le comte de Bar, dans la journée du 2 février 1208, journée désastreuse, comme l'on sait, pour le duc Ferry et les Lorrains. Leur postérité paraît avoir été étrangère à la seigneurie qui nous occupe..
Cependant, bientôt après (1263), un acte relatif à Saint-Sauveur signale l'existence de Wary ouWerris d'Ancerviller, et de bonnes raisons nous font penser qu'il est le même que Vary, dit le Vosgien, qui, en 1253, était. châtelain de Deneuvre pour le compte de l'évêque de Metz (9). Est-il neveu ou fils des précédents ? On ne peut le dire, bien que sa parenté avec eux soit hors de doute. C'est, du moins, un personnage important durant l'épiscopat de Jacques de Lorraine, à qui il vend. (1253) deux voueries : Faulx et Condé, qu'il tient de sa femme, Agnel ou Isabelle de Haboudange. En 1261, il fait hommage à Philippe de Florenge, évêque de Metz, pour le moulin et l'étang d'Ygnonmaison (Neufmaisons). Peu après, il quitte Deneuvre, laissant sa charge à ses fils, et va se retirer sur ses terres d'Ancerviller. C'est alors qu'il organise sa seigneurie et construit « la Grand-Maison » pour lui servir de château (10). On ne sait si Vary vécut assez pour voir le désastre subi par l'évêque à Hattigny (1273), bien que plusieurs le fassent mourir vers 1280. Toutefois, ses enfants en ressentirent le contrecoup, car ils perdirent à Deneuvre une grande partie de leur prestige.
On ne peut dresser une liste complète de ses nombreux enfants. Les deux fils qui furent plus en vue se nommaient Huart et Simonin. Huart, dit le Vosgien, épousa Dame Leucarde de Nossoncourt et laissa deux fils, Bertrand et Jacquemin. Châtelain après son père, il était encore en fonctions en 1288, mais il était mort en 1290. Son fils Bertrand vécut quelque temps sur ses terres d'Ancerviller, puis il s'en désintéressa et les vendit à Henry de Blâmont. Les parents qu'il avait à Deneuvre en firent autant (1292) (11). Le comte fut ravi d'ajouter toutes ces parcelles à ses domaines. Un tel abandon était chose très rare autrefois; il étonnera moins quand on saura l'acquisition du fief de Brouville, que venait de faire toute sa famille, en 1279. Loin de perdre au change, celle-ci acquérait un fonds plus fertile, moins éloigné de Deneuvre, plus apte à lui assurer du prestige à la seconde Cour du comte de Blâmont.
Pourtant Couvay avait dû garder des rejetons de Wary le Vosgien autres que les précédents. Car, vers 1315, le cloître de Saint-Sauveur abritait, disent ses annales, un moine nommé Liétard de Couvay. Celui-ci. régit même ce monastère en qualité d'abbé, de 1332 à 1334. Il avait un frère, Jean Ferry, écuyer, qui, en 1316, concéda au dit monastère l'usufruit de tous les biens qu'il avait achetés avec son frère, tout en promettant d'en laisser la propriété, s'il venait à mourir sans hoir (12). Cette éventualité. dut apparaître certaine dans la suite, car le même Jean Ferry fit l'abandon définitif de ce qu'il avait à Couvay, en 1343.
C'était le temps où Saint-Sauveur jouissait de sa plus grande vogue et recevait, de toute la contrée, des dons offerts en vue d'.obtenir la protection de Notre-Dame Consolatrice des Affligés et Refuge des pécheurs, qui était en grand honneur dans son cloître.
Plus tard se retrouveront d'autres chevaliers portant également le nom de Couvay et d'Ancerviller, mais ils seront de la lignée de Brouville que nous allons examiner.

2° La Maison seigneuriale de Brouville-Brouvelotte :

Le Bien de Famille

La croupe élevée ou se dresse Brouville ne manque point de charme. Elle permet à l'oeil de suivre, au loin, les vallons mouvementés du Blâmontais et de plonger dans le couloir plus resserré, d'.où descend la Meurthe. L'endroit a dû séduire quelque leude inconnu et l'engager à y fonder un alleu. Au XIIIe siècle, ce petit domaine appartenait à un certain Ory, dit Grisey, de Lunéville. Il fut mis en vente pour un motif qui nous importe peu et acheté par Liétard de Brouville (1279).
Or, ce Liétard est parfois désigné aussi sous le nom de Couvay et, sans aucun doute, il se rattache à la famille ci-dessus décrite. On le dit fils de Varnier. Ce nom, diminutif de Varin ou Guérin, comme Varnequin était un diminutif de Varnier, n'était pas rare dans les familles. Celui-ci devait descendre de Werris ou Varin d'Ancerviller; les actes le prouvent, en mentionnant qu'Alison, fille de Vernier et petite-fille deWerry le Vosgien, épousa un cousin-germain dans la personne de Henrion, dit Longé, petit-fils lui-même de ce Werris le Vosgien.
Vernier, mort probablement à Couvay, un peu avant l'achat de Brouville, avait eu quatre fils et. une fille : Liétard, Ferry, Bernard, Jacquemin et Alison. A vrai dire, l'achat du fief fut fait en commun par les trois premiers frères, car, à peine le possédaient-ils, qu'ils le divisèrent pour former les deux seigneuries de Brouville et de Brouvelotte ou Brouillate. Ils suivaient en cela un exemple donné, vers le même temps; à Herbéviller, Parroy et Parux.
Brouville fut plus important. Son apanage comprenait des terres disséminées sur les bans de Brouville, Reherrey, Hadomey et Vaxainville, des prairies fertiles sur la Verdurette ou Vernize, un moulin non loin de Merviller, et un château occupant le centre du village, tout près de l'église. Ce fut le lot de Liétard.
Brouvelotte fut créé à quelque distance, sur le versant qui dévale vers Gélacourt. Un ruisselet tout proche permit d'installer un petit moulin à la sortie d'un étang minuscule. Un semblant de château fut construit, puis quelques chaumières, afin d'abriter des sujets qui furent très rares. Ce fut tout le cottage modeste qui échut indivisément à Bernard et à Jacquemin. Leur frère Ferry eut un sort tout autre, en allant fonder la seigneurie d'Ogeviller, comme nous le dirons plus loin. Brouvelotte fut séparé de Brouville, pendant un siècle environ, Puis il lui fut réuni, vers 1450. Plus tard, il fut totalement délaissé et, à la, fin, tellement ruiné qu'il n'en reste aucune trace, et qu'on en sait à peine l'emplacement.

Essai de Généalogie

Les chevaliers de Brouvelotte figurent toujours au second plan dans les châteaux de Blâmont et surtout de Deneuvre et ne se sont pas distingués par des entreprises personnelles. Aussi leur histoire se borne-t-elle à quelques transactions secondaires, rapportées dans l'Inventaire Dufourny, avec des détails qui vont heureusement nous permettre d'établir leur généalogie.
Les trois frères : Liétard Ier, Bernard et Jacquemin, cites plus haut, vivent côte à côte, de 1270 à 1320 environ. En 1290, Liétard fait avec le duc de Lorraine un échange qui intéresse Bouxières-sous-Amance et Saint-Clément. Il doit des journées de garde au château de Belroward (Beauregard, près de Raon-l'Etape) (13). En 1306, 1309, 1314, 1315, il sert d'arbitre dans divers démêlés qui divisent l'évêque de Metz et le comte de Blâmont. Ses enfants : Liétard II, Varnequin et Ferry II, se retrouveront plus loin.
Bernard, à Brouvelotte, vit peu de temps. Il n'est déjà plus en 1292. Sa fille, Mélina, dite d'Escouvaix, nous est déjà connue. Ses deux fils, Bernard II et Varnequin, sont tous deux écuyers, vers 13I5. Ils vendent à l'abbé de Senones leur quote-part du moulin, dit le Clerc, établi sur.la Verdurette, entre le moulin de la Dame et celui de Merviller (14). Ils engagent à un juif.de Deneuvre leur part du bois de Morgnienvoise, entre Brouville et Azerailles. Ils ont une autre soeur, Florette, dont on ne sait rien. Varnequin aura deux filles : Philine, mentionnée en 1353, et Marguerite, morte avant 1353. Bernard II n'aura pas de postérité. Ainsi Brouvelotte sera réuni à Brouville, vers 1353.
Jacquemin, co-propriétaire de Brouvelotte avec Bernard Ier, n'est connu que par son fils Ferry. Qu'est devenu ce dernier ? Avait-il des frères ou soeurs ? Autant de questions insolubles. Par le rapprochement des dates, on peut croire que ce Ferry est le même que Jean Ferry de Couvay, cité plus haut avec son frère Liétard, abbé de Saint-Sauveur. Toujours est-il que le fils de Jacquemin paraît avoir péri à la bataille d'Azincourt (1346).
Liétard II, de Brouville, entre en scène vers 1315. Il eut deux fils : Liétard III qui fut nommé voué de la Tour de Baccarat, par l'évêque Adhémar (1342), et Ferry, écuyer, qui vend, d'accord avec son fils Thirion, à Henry, bourgeois de Deneuvre, tout ce qu'il possède sur la grande mairie de Brouville et Brouvelotte.
Liétard III ne garda sa vouerie que deux ans et fut remplacé dans cette charge par son cousin, Ferry d'Abocourt et Jean Ier d'Herbéviller. Mais il continua de vivre à Baccarat, :au moins jusqu'en 1382 (15).
Il eut un fils, Ferry, qui recueillit tout l'avoir familial de Couvay, Brouville et Brouvelotte, Dès lors, la généalogie va se simplifier.
Ce chef de maison, redevenu unique, laissa seulement un héritier nommé Thirion qui, en épousant Isabelle, devint le beau-frère de Demangeons, prévôt de Deneuvre, et recueillit cette charge, en 1351. Près de lui vivaient deux cousines, Philine et Marguerite, dont il hérita, vers 1353, Il eut seulement deux enfants, Vary et Xélimon.
Vary, chevalier, est souvent cité avec le surnom de Bollans, entre 1345 et 1350. On a de lui un acte de 1347, auquel est appendu : un sceau, où l'écu « à la bande » est très visible avec six billettes : trois en chef et trois en pointe, 2 et 1 (16). En 1348, il fait son hommage à l'évêque de Metz pour ses villes de Pexonne, Sainte-Pôle, Montigny et Saint-Maurice (17). Il avait choisi sa sépulture à Saint-Sauveur, dès 1347 (18); il mourut en 1370. Sa dynastie, bien que florissante, allait bientôt s'éteindre.
Son fils Jean, en effet, disparut, avant 1400, et ne laissa qu'une fille qui épousa Ferry d'Abocourt (19), mort avant 1434. Cette famille fut loin de connaître l'opulence.
Isabelle, fille de Vary, épousa, vers 1380, Hartung de Turquestein; dans sa dot. était la plus grande partie de l'avoir paternel. Nous avons dit plus haut ce que fut son mari, qui paraît avoir vécu surtout à Parux.. Catherine, autre fille de Vary, légua sa. part à sa soeur, comme le montre une supplique adressée au duc de Lorraine, pour le prier d'approuver son testament (20).
La famille de Hartung se continua par Vary de Turquestein ou de Brouville, dont on voit, en 1404, un dénombrement, qui se rapporte au bois de Bouxières, près d'Azerailles (21). On sait que Geoffroy, fils de ce dernier, ne laissa qu'une fille qui devint la femme de Vary de Lützelbourg. L'éparpillement du bien commença à la mort de ce seigneur, jadis célèbre. Des lambeaux de son apanage se retrouveront entre les mains des comtes de Ludres, de Beauveau., des Armoises et finalement de François de Vaudémont. C'est ainsi que plusieurs parcelles situées. à Couvay et Brouville seront rattachées au Comté de Salm, vers 1600.
Le château de Brouville se reconnaît encore parmi les maisons du village. Il avait des tours rondes et trapues. Sa masse peu élégante brave toujours les injures du temps, mais l'aménagement moderne qu'on lui a fait subir ne lui a rien laissé de son aspect primitif.


Armoiries de Cirey en Vôge

VI
Seigneurie d'Ogéviller

1° Origines

Au XlIe siècle, le ban de la Rivière (Verdurette), y compris Ogéviller, était sous la dépendance de Senones. Une charte de 1114, signée par Riquin, évêque de Toul, attribua au célèbre monastère une grange à Ogéviller, un moulin Reclonville et un alleu à Mignéville. Mais c'étaient des biens d'Eglise. Voici dans deux autres chartes du même temps (1153 et 1157) un personnage nommé Varnerus Ogerivalle, que l'on ne peut songer à identifier, à mais qui doit être d'une condition notable, puisque sa signature figure parmi celles de plusieurs abbés.
Les auteurs citent ensuite : Odon d'Ogéviller, qui va construire une maison forte à Neuviller-sur-Moselle, en 1170, et Conon, prêtre et moine de Moyenmoutier (1189-1193) (22) Tous peuvent être de la famille de Varnerus. La création du moulin de Reclonville, en 1238, fournit une autre preuve qu'Ogéviller avait déjà sa seigneurie. L'acte qui relate la fondation de ce moulin, au temps de l'abbé Beaudoin, mentionne que les frais de sa construction ont été supportés par Simon le Diable, originaire d'Ogéviller et chanoine de Saint-Dié et qu'en conséquence la maison d'Ogéviller aura le privilège d'y aller moudre, sans payer aucun droit de mouture (sine motura), mais que son chef devra payer, chaque année, à l'anniversaire dudit Simon, cinq sols toulois, pour « la pitance » des religieux (23). D. Calmet a conclu de ce passage que le château d'Ogéviller remontait au XIIe siècle. Si nous n'acceptons pas cette date, nous retiendrons, du moins, qu'à cette époque existait une famille seigneuriale sur laquellee toute autre donnée nous manque.
A partir de 1265, nous avons des précisions plus nombreuses. Le seigneur d'Ogéviller est un chevalier, qui se nomme Ferry, dit Champonnays, ayant pour armoiries : un écu d'azur à la bande d'argent chargée de trois coquilles de sable, accompagnée de neuf billettes : quatre en chef, 1, 3, et cinq en pointes, 3, 2 (24). Ces détails ne sont pas négligeables, en l'absence de documents plus clairs. Les armoiries indiquent que notre chevalier se rattache à la famille de Couvay ou de Brouville qui eut aussi des possessions à Ogéviller. La date où il apparaît le place parmi les quatre fils de Vernier de Brouville, dont un, justement, s'appelle Ferry. Les coquilles ajoutées à la bande justifient son surnom de Champonnays, autrement dit Champenois. Il ne fut pas le seul à porter ce surnom, qui fut donné aux compagnons de Thibaut IV de Champagne, croisés en 1239 et en 1240, ou même aux compagnons du sire de Joinville, en 1243. Un sire de Chambley, un sire de Parroy et bien d'autres Lorrains furent honorés de ce titre. Comme il nous plairait de redire les exploits de ces ou les souffrances qu'ils endurèrent dans ces expéditions Mais le voile de l'oubli recouvre leurs prouesses et l'historien ne peut leur donner qu'une admiration muette. Nous nous contenterons de dire que ce bon pèlerin laissa un fils, nommé comme son père, qui sera le second de la dynastie d'Ogéviller.

2° Les Bas-Chevaliers ou Bacheliers d'Ogéviller :

Ferry II et Thierry Ier

Nous savons que, vers Henri de Blâmont était fort occupé a étendre son autorité sur toute la région située entre Meurthe et Vesouze. C'était une tâche ardue que les abbés de Senones contrarièrent autant qu'ils purent, pour ne pas perdre leurs droits sur « le ban de la Rivière ». Les procès qu'ils suscitèrent, à propos des moulins de Vaxainville et de Pettonville, des forêts environnantes, des dîmes seigneuriales, remplissent dix années, Finalement la population se met sous la sauvegarde du puissant comte (1290). Dans l'intervalle, celui-ci a su gagner les petits seigneurs qui l'entourent. Ferry d'Ogéviller, s'étant déclaré son homme-lige et ayant promis six mois de garde à Blâmont, en reçoit le titre de Bas-Chevalier ou Bachelier, à la solde de quarante livres tournois, levés sur Frémonville et il a mission de porter devant son chef le « Pennon » ou guidon triangulaire attaché à la lance (25). Il n'eut qu'une maigre fortune, mais fit néanmoins bonne figure à la cour de Henri Ier de Blâmont. La mort le surprit avant 1308.
On lui connaît deux fils : Olry, décédé avant son père (26) et Thierry Ier qui succéda à son père, mais sans avoir plus de relief ni de fortune. Celui-ci vit l'invasion des Messins, en 1308, et ne put les empêcher de ravager Ogéviller. Il vit également les années désastreuses qui s'écoulèrent autour de 1313 et se terminèrent par la famine de 1315. Il disparut peu après. Appelé par le comte de Blâmont à contresigner le projet de partage qu'il avait élaboré en 1311, il y apposa un sceau qui reproduit fidèlement les armoiries d'Ogéviller, décrites plus haut.

Hermann d'Ogéviller

Avec Hermann, fils de Thierry, la seigneurie va sortir de sa médiocrité et elle le devra au mariage avantageux que conclut son jeune maître, vers 1319. D.Calmet relate, en termes vagues, qu'une fille d'Eymequin de Blâmont fut dame d'Ogéviller. A son tour, le comte de Martimprey dit que Jeanne, cette fille d'Eymequin, épousa le sire de Faucogney. Les deux versions sont vraies. En effet, Jeanne ou Janotte, que certains nomment a tort Fénote, fille d'Eymequin et d'Isabelle de Saint-Dizier, épousa en premières noces Hermann d'Ogéviller et lui apporta dans sa dot des terres considérables, que la famille de Blâmont possédait à Herbéviller, Ogéviller, Reclonviile, Pettonville, Hablainville, Buriville et Frémenil. Avec la richesse vinrent la générosité, puis le prestige.
En 1329, les deux époux fondent dans la collégiale de Deneuvre, une chapelle, dite d'Ogéviller, qui devra servir à leur sépulture et à celle de leurs descendants. Ils achètent aussi à un chanoine une maison qui sera leur pied-à-terre dans ce lieu, quand ils s'y rendront (27). Hermann assiste à la mort d'Henri Ier de Blâmont (1331) et devient le conseiller le plus apprécié des héritiers de cette grande famille, dans l'affaire compliquée de leurs partages (1332-1334).
En 1339, il achète avec Jean d'Ame1eycourt, qui semble être son beau-frère, une grange et des prés à Chambrey, l'étang de Fraisnes-en-Saulnois, des terres à Pettoncourt et à Chambrey.
Un autre partage eut lieu dans la maison de Blâmont, le 20 juillet 1344. Il semblait assez naturel que la portion dévolue à son beau-frère Eymequin II échût à Hermann, puisqu'elle était à sa portée; or, elle fut attribuée à François d'Herbéviller (28). Que s'est-il passé ? Une avance d'argent, sans doute. Bientôt, les deux seigneurs d'Herbéviller et d'Ogéviller s'engagent dans des achats de terres qui se compénètrent; ils font des échanges; l'évêque Adhémar ratifie ces marchés; enfin, chaque seigneurie retient ce qui se trouve le plus à sa portée (1346).

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Deux tours du château d'Ogéviller - Cliché du « Pays Lorrain »

Mais; entre 1345 et 1348, disparaît subitement le chevalier Hermann d'Ogéviller. Est-il tombé à Crécy (1346) ? On le suppose. Trois de ses proches eurent le même sort : Eymequin II de Blâmont, son beau-frère, Liétard de Brouville et Ferry de Couvay, ses cousins.
La seigneurie, parfaitement organisée, manifestait déjà une grande prospérité. Elle avait reçu de lui, sans doute, le château qu'on y admirait et dont ne reste que deux tronçons de tours massives, dont l'aspect paraît singulièrement morne dans la prairie verdoyante.
Sa veuve se remarie à Henri de Faucogney, vicomte de Vesoul, appartenant à une illustre maison de Bourgogne. Tous deux s'engagent, le 3 octobre 1348, à rembourser une avance que Thiébaut de Blâmont avait faite en leur nom à Burkart de Fénétrange. Si Jeanne figure parfois sous le nom de dame d'Eurville; Humbécourt, Montenot, c'est à cause des possessions qu'elle tenait de sa mère. Plus tard, vers 1362, Jeanne conclut un troisième mariage avec Brun ou Brunon de Ribeaupierre. Elle eut des enfants de chaque mari (29). Les fils d'Hermann qui seuls nous intéressent furent Jean qui suit et Férion, dit Marsal, dont on ne sait rien. On les voit tous deux rendre hommage au comte de Blâmont, en l'année 1349, tristement célèbre par une peste noire qui dépeupla le pays. Jeanne mourut vers 1372.

Jean d'Ogéviller

Ce seigneur porta sa maison à l'apogée de sa puissance et obtint un rang de choix dans la noblesse, grâce à son mariage avec Béatrix, fille de Gérard de Wysse. Thiébaut de Blâmont en avait fait son écuyer, qu'il entraîna à Metz, avec Jean de Lannoy, lorsqu'il dût prêter serment au Chapitre de cette ville, en 1361. Cependant, il ne put lui faire partager les équipées peu honorables qu'il fit à la tête des Bretons et autres routiers. Jean avait cru préférable de se rapprocher du duc de Lorraine, tout en cherchant à préserver sa seigneurie des brigandages alors trop fréquents.
L'achat de la seigneurie de Neuviller-sur-Moselle, le 2 juin 1371, peut compter parmi ses meilleures affaires. Henry de Germiny la lui céda pour 1.700 florins. Elle comportait un château, une ville de vingt un conduits et des terres nombreuses réparties sur Neuviller, Tonnoy et Saffais (30). Jean d'Ogéviller semble avoir résidé plus volontiers dans cette nouvelle portion de son apanage. Il était, par là même, plus directement vassal du duc; cependant, il assista comme témoin au partage de la famille de Blâmont qui eut lieu à Montbéliard en 1379. Il n'était plus en vie, en 1390.
Béatrix, sa femme, vécut jusqu'en 1394. Son testament, rédigé quelques jours avant sa mort (31), nous apprend le nom de ses enfants ainsi que ses donations pieuses aux églises des environs et à la Confrérie de la Conception, érigée à Herbéviller. Elle fut inhumée à Deneuvre. Sept fils et une fille grandirent dans ce foyer béni. La plupart des fils furent, plus tard, des célébrités religieuses; La fille, nommée Béatrix ou même Alix, épousa un chevalier dont le nom nous échappe.
Renaut et Gérald furent écuyers; l'un des deux passe pour le père de Didier d'Ogéviller, qui fut abbé de Moyenmoutier, après son oncle Thierry, de 1425 à 1438.
Thierry ou Thirion, entra dans les Ordres, vers 1376, devint chanoine chantre de l'insigne Chapitre de Saint-Dié, puis abbé de Moyenmoutier, en 1380, tout en gardant sa stalle au Chapitre. Il mourut le 4 des calendes de juillet 1425, et non 1429, comme l'affirme la Gallia Christiana, après avoir gouverné son monastère avec éclat pendant quarante-cinq ans (32).
Hermann fit des études brillantes avant d'entrer, dans l'Ordre bénédictin. Il était prieur de Flavigny, dès 1385; il : fut élu abbé de Saint-Evre de Toul, en 1403. Sa bonne direction rétablit la discipline et la prospérité dans le monastère. Ses talents d'orateur, sa science théologique le firent choisir par le Chapitre pour accompagner l'évêque au concile de Constance (1414-1415). Les travaux de cette haute assemblée lui suggérèrent de sages projets de réforme pour la règle bénédictine. Aussi, dès qu'il fut de retour, son premier soin fut de convoquer à Toul, en Chapitre général, tous les abbés de la région de Trèves. Des ordonnances très opportunes, réparties en trente-cinq chapitres, furent promulguées avec l'assentiment des évêques. L'Ordre entier retrouva bien vite toute sa florissante splendeur. Un tel religieux est une gloire pour son siècle. La mort l'enleva le 25 janvier 1433 (33).'
Jehan fut aussi bénédictin, prieur de Neuviller-sur-Moselle (1395) puis de Flavigny, après le départ de son frère (1403), jusqu'à sa mort, en 1419. On a de lui une fondation en faveur de Moyenmoutier. La : contrée fut péniblement impressionnée par sa trop grande sévérité à l'égard des maraudeurs et par deux sentences de mort qu'il prononça contre deux voleurs vulgaires.
Thiébaut fut chanoine-chantre de Saint-Dié, comme son frère Thierry; Celui qui nous reste à citer fut Henry, l'aîné et le continuateur de. la dynastie.

Henri d'Ogéviller

Ce parfait chevalier dépassa de beaucoup « les bacheliers » ses ancêtres et tint au milieu des nobles de son temps une attitude si digne qu'il fut réputé l'un des premiers après le duc. Il était jeune encore, à la mort de son père. Sa mère forma sa première jeunesse, puis elle le confia au duc, pour être initié au métier des armes. La Cour de Blâmont et le château d'Ogéviller ne le virent plus guère. Cependant il rendit plusieurs services aux héritiers du comte Thiébaut et leur prêta mille florins d'or, pour faire leurs arrangements de famille. Par cette complaisance, il sut obtenir quelques terres nouvelles sur Herbéviller, Saint-Martin, Hablainville, Vaxainville, Brouville et Brouvelotte, « les fours et eawes (eaux), molins et justices de ces lieux, les droits de passage à Saint-Martin et à Herbéviller, le martimboix de Hablainville » (34). Ce fut le début d'un

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fief que les seigneurs d'Ogéviller gardèrent à Saint-Martin, jusqu'à la Révolution (35). On le vit aussi accourir, dans les mauvais jours, pour apporter au comte l'appui de son épée, C'est ainsi qu'il fut fait prisonnier à la bataille de Cirey (1391), mais il eut facile de payer sa rançon et il recouvra vite sa liberté. On se plaisait à l'appeler : « l'un des quatre Henri du pays de Blâmont » (36) et ce n'était pas le moindre des quatre.
La Cour ducale lui réservait plus d'attraits et surtout plus de faveurs. Jean Ier voulut s'attacher un courtisan dont l'avenir promettait et lui abandonna, en 1386, ce qui lui restait encore en propre à Neuviller (37). Charles II (1390-1431) compléta sa fortune. Il y eut; dès lors, entre les deux un. échange perpétuel de services et de récompenses qui rendit très brillante la carrière d'Henri d'Ogéviller. En 1392, le jeune chevalier accompagnait le souverain dans la visite qu'il faisait aux dames de Remiremont (38). Le 7 janvier 1395, il pouvait, grâce au. duc, augmenter son avoir sur les bans d'Azerailles, Gélacourt et Badménil (39). Il reçoit, peu après, la charge très honorable et très lucrative de conseiller à la Cour, qui lui vaut, pendant deux ans (1395-1396), la jouissance du val de Liepvre (40).
Mais, après la mort de Béatrix, sa mère (1394), il était bon que Henry songeât au mariage. Pour cette importante affaire, l'appui ducal fut des plus favorables. C'est en fréquentant Jean d'Haraucourt, régent du duché pendant la minorité de Charles II, qu'il découvrit celle qui devait enchanter sa vie, Catherine, qu'il épousa en 1396 (41).
On sait que, dans cette triste époque, la Lorraine, comme la France, était désolée par les brigandages des seigneurs. Les sires d'Herbéviller s'entredéchiraient. Leur voisin. d'Ogéviller n'eut pas l'occasion d'intervenir dans leurs querelles; il était loin d'eux; mais il ne négligea pas d'en profiter; en achetant ce que leurs dissensions. leur faisaient mettre en vente. En 1396, les bourgeois d'Epinal, révoltés contre le duc, avaient reçu ce défi du comte de Blâmont : « Je vous fais assavoir que je suis tant tenu à mon très-chier signour, Monseigneur le duc de Lorreyne et Marchi, car je le serviraî encontre vous de cestuy débat, que vous avez ensemble par maintenant et par ces présentes lettres, tanrai-je à vous bien salver mon honneur encontre vous;. scellé de mon scel et furent faictes l'an M.CCC.IVxx et XVI, la Vigile de la Trinité» (42). Le sang allait couler. Les sires d'Haraucourt et d'Ogéviller s'interposèrent et le conflit fut apaisé.
En 1403, Charles II voulut faire une expédition en Allemagne : l'argent de ses vassaux lui était plus nécessaire encore que leur épée. Henri d'Ogéviller fournit généreusement l'un et l'autre, en se faisant « pleige » pour le duc, vis-à-vis de Pierre Le Gournaix, bailleur : de 21.000 livres; et en l'accompagnant jusqu'au pays de Saxe, Quand il' revint, il reçut la charge de « bailli de Vôge ». Mais ce seigneur, habitué à la rigueur, éprouva bientôt que la soup1esse vaut mieux que la bravoure dans le maniement des affaires. C'était en 1407. Envoyé à Fontenoy-le-Château pour une mission, notre chevalier poussa jusqu'à Coiffy, situé dans le bailliage de Chaumont, qui était sous la protection de la France, puis pénétra avec ses hommes dans le bourg de Mélincourt et « furent par iceux lesdicts pénonceaulx de France jetèz contre terre bien impétueusement et ladicte ville robbée et courue et dommaigée de très-grand et énorme dommaige. » Par cet acte de mépris - les panonceaux avaient été attachés à la queue de son cheval - Henri d'Ogéviller crut être agréable à son maître qui était en délicatesse avec la France. Mal lui en prit. Le roi Charles VI, l'ayant appris, s'en courrouça. Les applaudissements donnés par le duc à l'assassinat de Jean sans Peur, sur le pont de Montereau, portèrent à son comble l'indignation du Parlement de Paris qui dicta, le 1er août 1412, un arrêt de bannissement et de confiscation contre le duc de Lorraine et plusieurs de ses nobles, pour crime de lèse-majesté envers la France. Le sire d'Ogéviller. était désigné nommément pour son méfait de Mélincourt. Henri de Barbas et une dizaine d'autres étaient désignés comme ses complices. Ce coup funeste détermina, sans doute, le duc à enlever le titre de bailli de Vôge à un favori dont la faute était trop flagrante, mais ce fut pour le conférer à Henri de Barbas qui n'était guère moins coupable.
Une épreuve plus grave s'abattit, au même moment, sur notre chevalier. Sa femme vint à mourir (43) presque subitement. Certains auteurs disent qu'une fille naquit de ce premier mariage. Si le fait est vrai, cette enfant n'existait plus quand mourut sa mère.
Henri d'Ogéviller, songeant à une autre alliance; porta ses vues sur Jehanne, fille d'André de Joinville, sieur de Beaupré, Pulligny, etc., et de Jeanne de Bourlémont. Ce mariage fut conclu en 1415 et, le 18 janvier 1416, les deux époux firent un acquêt sur le ban de Merches (Maixe). Le prestige du chevalier ne fit. que s'accroître, mais, en devenant cousin de Ferry de Vaudémont, second mari de Marguerite de Joinville, il fut entraîné dans le parti de ce dernier et se détacha d'autant du duc Charles II. Thiébaut de Blâmont et Henri de Barbas furent dans le même cas.
Nous aimons à rappeler que, dans la dot de Jeanne de Joinville se trouvaient une partie de Domremy et le château de l'Isle situé dans ce lieu (44). A ce sujet se pose la question des rapports qui ont pu exister entre notre nouveau couple seigneurial et la famille de Jeanne d'Arc. Il n'est pas certain, qu'au début dé leur mariage Henry d'Ogéviller et Jeanne de Joinville aient fréquenté beaucoup Domremy et il est possible qu'ils n'aient connu qu'assez tard la noble enfant qui devait sauver la France. Cependant, Henri d'Ogéviller fut en relation avec Jacques d'Arc, à propos d'un procès qui fut soulevé, le 7 octobre 1423, et dont il ne vit probablement pas la fin. Il s'agissait d'obtenir réparation pour des dégâts commis auparavant par Robert de Sarrebrück, le fameux damoiseau de Commercy. Apres avoir pillé Greux et Domremy, le bandit avait encore rançonné le capitaine Guyot Poingnant, en exigeant de lui 220 écus d'or pour le compte des villages qu'il avait si maltraités. Celui-ci réclamait naturellement le remboursement de sa caution. Henri d'Ogéviller se trouva aux côtés du père de Jeanne d'Arc pour réclamer justice au nom de la communauté. On ignore l'issue de cette affaire. Dans un acte concernant Domremy, daté du 12 juillet 1424, il est encore question du sire d'Ogéviller. Mais il dut mourir l'année suivante, dans des circonstances inconnues (45). La peste sévit de 1423 à 1426. D'autre part, Antoine de Vaudémont et Charles II se faisaient la guerre, poursuivant avec acharnement les sièges de Vézelise et de Vaudémont.
Il est. difficile de préciser les possessions d'Henri d'Ogéviller. Elles étaient certainement très étendues et sa fortune considérable. Aux terres que nous avons énoncées plus haut il faut ajouter l'important fief de Moyen avec ses dépendances sur la Mortagne, acquis quelque temps auparavant. Neuviller plutôt qu'Ogéviller avait été sa résidence habituelle. Néanmoins, sa fidélité à la Collégiale de Deneuvre n'avait jamais fléchi et sa générosité pour elle s'était encore affirmée par des donations, en 1421 et 1423 (46).
Avec Henry finissait la dynastie masculine d'Ogéviller. De son second mariage il laissait une fille nommée Béatrix, qui naquit en 1420 et recueillit tout l'héritage paternel de la façon qui sera indiquée plus loin. Jeanne, sa veuve, vint alors habiter son domaine de Domremy; elle avait près d'elle sa fillette, qui, put partager, au bois Chenu, sous l'arbre des Fées, les rondes de ses compagnes, pendant que Jeanne d'Arc entendait ses Voix et songeait à sa grande mission. On sait que Jeanne d'Ogéviller fut alors là providence des gens de Domremy et qu'elle les recevait dans son château, quand une alerte - et elles étaient fréquentes - venait les effrayer. Un jour, raconte le chanoine Debout sans préciser la date (47), un routier, Jean d'Orly, arrive avec sa bande, pénètre dans les maisons et enlève le bétail. Jeanne d'Ogéviller s'empresse d'annoncer la détresse de ses bonnes gens à son cousin, Antoine de Vaudémont, et sollicite son appui pour obtenir réparation. Plusieurs jours se passèrent dans l'angoisse et l'on croyait tout perdu, quand soudain l'on vit revenir le bétail volé. Antoine avait lancé à la poursuite des brigands son meilleur capitaine, Barthelémy de Clermont, qui avait retrouvé la trace des voleurs, les avait rejoints près de Doulevant, en Champagne, et leur avait fait rendre gorge. La dame d'Ogéviller a pu suivre, jusqu'au bout, toutes les péripéties qui marquèrent le départ de la Pucelle, qui eut lieu le 23 février 1429. Déjà, peut-être, la noble dame songeait à se remarier. Le 16 septembre suivant, nous la voyons convoler, en secondes noces, avec Jean de Salm qui en était lui-même à ses troisièmes noces. (48). Les châtelaines de ce temps, comme les seigneurs, avaient parfois la vie mouvementée. Devenue comtesse de Salm, la dame d'Ogéviller suivit son mari à Bar, où ce personnage très considéré, à la Cour ducale avait été envoyé comme gouverneur.
On devine la rude épreuve infligée à ses préférences politiques, quand il lui fallut vivre en contact journalier avec un chaud partisan de Charles II et coudoyer, bientôt après, René d'Anjou, que son mariage avec Isabelle de, Lorraine créait duc de Bar. On sait les événements qui suivirent. La mort de Charles II ouvrit un conflit sanglant entre René d'Anjou et Antoine de Vaudémont et une bataille décisive fut livrée à Bulgnéville (1431). Jean de Salm fut un des capitaines les plus influents de René. On dit qu'avec l'évêque de Metz il avait déconseillé une attaque, qu'il voyait mal préparée, mais sa voix ne fut pas écoutée. L'action étant engagée, il se battit, tête baissée, avec sa fougue habituelle et il trouva la mort. Sa veuve mourut elle-même, plus tard, dans des circonstances inconnues, sans avoir revu probablement ses sujets d'Ogéviller, qui n'avaient eu que de rares occasions de la rencontrer. En disparaissant ainsi, une dynastie, même brillante; ne pouvait gagner un sérieux attachement.

3° La descendance féminine de la Maison d'Ogéviller

Béatrix de Fénétrange, surnommée la Dame d'Ogéviller

Trente ans s'écoulèrent avant que Béatrix, la dernière survivante de la famille, revînt habiter le château de ses pères. C'est dire le délabrement de ses bâtiments et le trouble introduit dans la perception de ses revenus. Les moeurs du temps comportaient un tel sans-gêne et de telles violences qu'un évêque de. Metz lui-même n'avait pas craint de dépouiller une mineure, en s'appropriant le fief de Moyen (1440). Son propre avantage et son désir de bâtir une forteresse avaient été les seules raisons de son usurpation. Pour comble, le nom singulier de « Qui qu'en grogne », donné à sa construction, fut le signe de son profond mépris pour toutes, les protestations.
Béatrix, mêlée de bonne heure aux intrigues de la Cour, fut demandée en mariage par Jean de Fénétrange; Leur union doit remonter à peu près à 1440, car leur fille aînée était mariée, à son tour, en 1463 (49). Ce seigneur, toujours dévoué à René d'Anjou, était sorti indemne de la bataille de Bulgnéville. Il n'hésita pas à se porter caution pour son souverain, en 1432, et à partager la prison de ses deux fils, en 1433. On le vit peu dans le Blâmontois, Son rôle en Lorraine fut important : il fut membre de la Ligue de 1441, maréchal de Lorraine, en 1444, Chevalier de l'Ordre du Croissant en 1448, gouverneur du duché avec le sire de Lenoncourt, en 1455, membre du Conseil de Régence, en 1461.
On peut dire, qu'il fut; avec le duc, l'âme de la résistance lorraine contre les empiètements de la Bourgogne, puisqu'il réprima l'insolence de Thiébaut de Neufchâtel et arrêta, par le siège dé Liverdun (1466), l'opposition funeste qu'exerçait l'évêque de Toul, sous la poussée de Louis XI. Mais il ne vit pas la fin de la lutte, car, en 1470, Jean VI de Salm l'avait déjà remplacé, comme maréchal.
Devenue veuve, Béatrix garda, quelque temps encore, son rang à la Cour ducale. Le 1er août 1471, elle présidait le tournoi donné par le duc Nicolas; à l'occasion de son entrée à Nancy (50). C'est après seulement qu'elle revint à Ogéviller pout y finir sa carrière, par sa reprise, vis-à-vis du comte de Blâmont pour Ogéviller, et du duc pour Neuviller, est datée de 1472. Son train de maison fut modeste, puisqu'elle n'avait plus ses filles avec elle, mais elle remit tout en ordre dans son château et dans sa seigneurie. Frappés de son activité, et de son prestige, ses sujets lui décernèrent le nom de « Dame d'Ogéviller », que la postérité lui a gardé.
Elle mourut en 1475 et son corps fut transporté à Deneuvre. Elle n'était donc plus là pour accueillir René II, lorsqu'il allait en Suisse chercher du renfort, comme nous l'avons raconté plus haut.

Partage de la seigneurie

Pendant que le duché gagnait en cohésion par ses épreuves mêmes, nos seigneuries blâmontaises allaient se disloquant, l'une après l'autre, faute de descendance masculine et par suite des partages. indivis qui tenaient leurs maîtres dans l'éloignement. Ce fut surtout le sort d'Ogéviller.
Jean de Fénétrange n'eut que deux filles. Barbe, l'aînée, épousa Nicolas de Saberden, comte de Meers, en 1663. Madeleine épousa Ferdinand de Neufchâtel, seigneur de Montaigu, maréchal de Bourgogne, le 15 septembre 1468 (51). Les deux familles conservèrent en commun leur avoir jusqu'en 1486. Alors, Saberden acquit la part de Madeleine sur Neuviller et Pulligny et resta seul maître de cette portion de l'héritage, mais il garda le reste, y compris Ogéviller, dans l'indivision avec son beau-frère.
Tous deux n'eurent qu'une fille. Jeanne de Saberden épousa (1495) Jean V, Rhingraff de Salm. Anne de Neufchâtel épousa Louis, fils de Guillaume de Dommartin, seigneur de Fontenoy. De leur vivant, l'héritage constituait deux lots que l'on peut définir ainsi : lot de Saberden, puis de Salm comprenant Neuviller, Pulligny en entier et une moitié de Fénétrange, Ogéviller et Emberménil; lot de Neufchâtel, puis de Dommartin, comprenant l'autre moitié desdits lieux.
La généalogie de ces deux familles devient dès lors très compliquée. N'ayant pas à la détailler, nous dirons seulement ce qui intéresse Ogéviller :
1° Du côté de Salm. - Jean VI, Rhingraff de Salm, mort en 1499, laissa deux fils en bas âge :Jean et Philippe. Le premier, à la suite d'un partage fait en 1500, prit le titre de seigneur de Morhange, Puttelange et, en devenant chef de la branche Salm-Kilbourg, il n'eu1 plus de rapport avec Ogéviller. Le second recueillit Neuviller, Pulligny, Pierre-Percée, Badonviller, la moitié du comté de Salm-Dauhn et la moitié d'Ogéviller. Il mourut en 1520. Ayant épousé Antoinette de Neufchâtel, il laissa deux fils : Philippe-François et Jean-Philippe, dont la vie appartient au XVIe siècle;
2° Du côté de Dommartin. - Louis II transmet intégralement son avoir à sa fille unique, nommée Diane, qui épousera : son cousin Jean-Philippe, fils aîné de Philippe-François cité plus haut. Par leur mariage, la seigneurie entière d'Ogéviller se retrouvera réunie en leurs mains, mais cet événement, qui déborde de notre cadre, ne lui rendra pas grande vitalité. Il lui manquera toujours la présence du maître que ne supplée aucun châtelain.

(A suivre)


(1) B. 345-18-19.
(2) H. LEPAGE : Communes : Atton, etc.
(3) Ce seigneur habitait la seigneurie de Dürcastel (Château-Voué près de Château-Salins). Le suffixe « stein » ajouté à son nom de Rathsamhausen indiquait une branche particulière de la famille. Il fut francisé et a donné lien an titre «De la Roche», qui fut seul conservé chez nous.
(4) Armoiries : De Liocourt, fief voisin de Viviers : écu d'azur au lion d'or armé, lampassé et couronné de même;
De Phlin : d'hermine au lion de gueules;
De La Roche : d'argent à la face de sinople et à la bordure de gueules;
De Verny : d'argent à trois pals de sable.
(5) Les patientes recherches de notre excellent ami et collaborateur M. J. Divoux nous ont grandement servi pour l'étude des seigneuries qui vont suivre. Nous le remercions vivement d'une obligeance qui nous a permis d'utiliser ses travaux sans aucune réserve.
(6) M.S.A.L., 1927, p. 376.
(7) B.S.A.L., 1930, p. 25.
(8) SCHAUDEL : Histoire des Comtes de Salm. p. 139.
(9) BERNHARDT : Histoire de Deneuvre et Baccarat, p. 52
(10) Ce domaine très modeste était situé à une faible distance du hameau d'Ancerviller, dans la direction de Halloville. Il fut acquis, plus tard, par les comtes de Blâmont. Il fut nommé aussi Tremblecourt, au temps de Christine de Danemark, qui y avait établi une jumenterie sous la direction d'un sieur de Tremblecourt. Les Reîtres l'ont ravagé, en 1589. On croit que Bretex, le poète du tournoi de Chauvency, y passa la nuit, lorsqu'il revenait de l'Ober-Salm, pour faire ses invitations. Il l'appelle Aviller.
(11) Alison, soeur de Liétard de Brouville, femme de Henrion, dit Longé, résidant à Deneuvre, vend sa part d'héritage, située à Couvay; Ancerviller et Brouville. Mélina, dite d'Escouvaix, fille de Bernard de Brouville, vend ce qu'elle a en hayes et terres entre Ancerviller et Halloville. D'autres descendants de Huart, sur le conseil d'Alison, vendent ce qu'ils ont à Deneuvre et à Fontenoy-Je-Château.
(12) E. CHATTON : Histoire de Saint-Sauveur, p. 86. H. 1368.
(13) DUFOURNY, VI, p. 296,
(14) LEPAGE : Communes.
(15) BERNHARDT, p. 87.
(16) DUFOURNY : III, p. 40.
(17) Cartulaire de Metz, II1, p. 242.
(18) Archives vosgiennes, G. 62.
(19) Abocourt, près de Fénétrange (Moselle). Les fils de ce Liébaut, Henry et Ferry résidèrent à Deneuvre et restèrent étrangers à Brouville, blason était guillonné de douze pièces. DUFOURNY, v, p. 125.
(20) DUFOURNY, IV, p. 657.
(21) IDEM, VI, p. 355.
(22) JÉROME : Histoire de Moyenmoutier, I. p. 310.
(23) RICHERII : Gesta Senon. Eccl., cap. XXVII.
(24) Certains auteurs disent ces coquilles d'or, d'autres de gueules; nous croyons les coquilles de sable plus authentiques. La variante à peu d'importance.
(25) B. 580-8. Le chevalier banneret, portant la bannière devant son suzerain, était d'un grade supérieur.
(26) La veuve d'Olry, nommée Havyette, vendit aux Dames de Remiremont, en octobre 1308, ce qu'elle avait à Chamagne, son pays d'origine. Elle eut une fille, Yvette, dont on ne sait rien.
(27) Archives vosgiennes, C. 78.
(28) B. 793.
(29) M. de Martimprey cite les enfants du second et du troisième mari, p. 149-152.
(30) B. 698.
(31) Archives vosgiennes, G. 62. - Archives de Meurthe-et-Moselle, H. 19.
(32) Archives vosgiennes, G. 61-744.
(33) M.S.A.L., 1871, p. 239. -Archives de Meurthe-et-Moselle, H. 540.
(34) Archives vosgiennes, G. 61
(35) H. LEPAGE : Communes : Saint-Martin.
(36) Les trois autres étaient : Henri IV de Blâmont, Henri de Barbas et Henri d'Herbéviller.
(37) D. Calmet et Lepage placent cette cession en 1486; l'erreur d'un siècle est évidente.
(38) Archives. vosgiennes, G. cart. Remiremont, 1, APL : - Doc. Histoire vosgienne, p. 93
(39) B. 572.
(40) B. 955.
(41) D. CALMET : Not;. de Lorraine, n,p. 174.
(42) Doc. Histoire vosgienne, III, p. 32.
(43) Son nom figure avec celui de Valburge de Blâmont sur la liste des premiers adhérents à la confrérie des « Chevaliers de Notre-Dame de Sion », fondée en 1396. MANGENOT : Histoire de Sion, p. 132.
(44) Ce petit apanage, provenant de Jeanne de Bourlémont, était du Barrois non mouvant. Au contraire, la maison de Jacques d'Arc se rattachait à la châtellenie de Vaucouleurs (Barrois mouvant de France).
(45) Doc. Histoire vosgienne, VIII, p. 76. - Luc : Mission de Jeanne d'Arc, p. 259 et 276.
(46) Archives vosgiennes G. 62. -Archives de Meurthe-et-Moselle, H. 904.
(47) H. DEBOUT : La Bienheureuse Jeanne d'Arc, p. 23.
(48) Il était fils de Jean III et de Philippe de Valkembourg. Marié une première fois (1403) avec Guillemette de Vergy, il n'avait pas eu d'enfant; remarié (1413) avec Hildemande de Frize, il eut deux enfants : Marguerite et Simon. De son troisième mariage, il eut encore deux fils : Jean V et Henry. Prévoyant une succession compliquée, il avait eu soin de déterminer lui-même la part de ses enfants dans son héritage. Simon fut marie à Jeanne de Rothzallern et n'eut qu'une fille : Jeannette, qui, en épousant Jean Rhingraff, devint la tige des Rhingraff ou comtes sauvages du Rhin; Jean V, aîné du troisième lit, devint la tige de la branche cadette de Salm, la plus connue en Lorraine; Henry, son frère, hérita avec Béatrix de la seigneurie de Domremy, tandis que celle-ci eut tout l'avoir d'Ogéviller.
(49) M.S,A.L., 1862, p, 150, Notice sur la Maison de Fénétrange.
(50) DIGOT : III, p, 141. - E. MARTIN : Histoire du diocèse de Toul, I, p. 242.
(51) Il était fils de celui qui avait âprement combattu Jean de Fénétrange deux ans auparavant. Les contradictions de ce genre ne doivent pas étonner à une époque où les seigneurs changeaient facilement leurs attaches politiques.

 

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