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L'Est Républicain

- 1920 -



24 janvier 1920
Un drame de la jalousie dans les ruines
Domèvre-sur-Vezouse, 23 janvier. - Alexis Casi, cantonnier à Domèvre, partait à la chasse au sanglier. A son retour, il trouva sa femme à la porte du logis. Se doutant qu'un de ses anciens pensionnaires, nommé Puchard, 33 ans, terrassier à l'entreprise Vercelli, qu'il soupçonnait depuis longtemps, se trouvait en conversation criminelle avec sa femme, le cantonnier courut à uns autre porte. Il aperçut Puchard qui s'enfuyait.
Casi ne perdit pas un instant, il épaula sa carabine, visa le voleur d'amour et lâcha ses deux coups chargés de chevrotines. Puchard leva en l'air ses deux bras et s'écroula. Il avait reçu la déchargé dans le dos et le bras gauche. Les voisins étant accourus, un médecin fut mandé, il reconnut comme très grave l'état da la victime.
Après avoir tout d'abord déclaré que Puchard avait été victime d'un accident, le meurtrier a déclaré avoir perdu tout sang-froid et avoir vengé son infortune conjugale.
Il a été arrêté et écroué à la maison d'arrêt de Lunéville.

28 janvier 1920
LE SYNDICAT D'INITIATIVE DE LUNÉVILLE
Les vestiges de la guerre
Lunéville, 27 janvier. - Il y a quelques jours, notre ami M. Ricklin provoquait une réunion à l'effet de créer un office de tourisme, un organisme susceptible d'attirer à Lunéville et dans ses environs les visiteurs étrangers.
Le Parlement, on le sait, a voté des fonds importants qui doivent être répartis entre les diverses associations et syndicats d'initiative de tourisme. N'était-il pas légitime que notre région, si horriblement dévastée par la guerre, en bénéficiât ?
Pour cela, il était indispensable que Lunéville ne marchât pas à la remorque de telle ville, plus importante, qui l'aurait fatalement absorbée. Il fallait former un syndicat autonome. C'est, aujourd'hui, chose faite et la nouvelle association, née d'hier, a reçu de si nombreuses et encourageantes sympathies que son action va pouvoir se manifester d'une façon immédiate et donner, à très bref délai, les plus fructueux résultats.
La question essentielle, pour l'instant, est de faire classer par l'administration un certain nombre de vestiges de la guerre.
Pour organiser une ou plusieurs excursions, il est nécessaire de fournir aux visiteurs l'attrait de sites connus, de points officiellement désignés. Or, jusqu'ici, les seuls monuments, abris ou ruines classés dans l'arrondissement de Lunéville, les seuls vestiges que l'on conservera dans leur état actuel, au même titre que les monuments historiques, sont les suivants :
« Hablainville : route de Flin ; un observatoire camouflé, très puissamment construit. Vues prolongées sur le bassin de la Sarre.
« Domjevin : poste de secours-ambulance creusé dans le roc ; modèle d'organisation chirurgicale militaire.
« Manonviller : fort détruit ; chaos de blocs énormes de béton, blindages et coupoles éventrés. Entonnoirs gigantesques.
« Magnières : route de Gerbéviller à Rambervillers : église (ruines étranges). »
Et c'est tout ! L'on comprend que le nouveau syndicat ne se contente pas de ces quatre « curiosités ».
Il y a d'autres souvenirs à garder, - et ici notre piété est inséparable de notre intérêt - , il y a d'autres vestiges, diront les horreurs de la guerre et attesteront le surhumain courage des hommes de ce pays.
Une liste doit être dressée qui sera immédiatement soumise à d'examen attentif de l'administration. On y trouvera le village nègre de Badonviller, une partie des bois de la Chapelotte avec la petite chapelle, un coin de Gerbéviller, le monument élevé à Bathelémont à la mémoire des premiers soldats américains tombés pour la défense du droit. On y trouvera Léomont, le mont de Diane et des Lions, avec ses prolongements, l'immense nécropole du Mouton Noir et les crêtes si émouvantes de Saint-Evre et de Friscati, Léomont, notre colline sacrée, centre de la bataille de Lunéville, où coula à flots le sang le plus généreux et le plus vermeil, le sang des soldats lorrains de la Division de Fer !
Obtenir de l'Etat la classification officielle de ces vestiges est la tâche la plus urgente. Notre sympathique ami Paul Belfort, qui préside l'association, va s'y employer avec zèle.
Le printemps approche et les touristes se prépareront bientôt à venir visiter le front de Lorraine, Il n'y a pas un instant à perdre.
Fernand ROUSSELOT

3 février 1920
LE DRAME D'EMBERMENIL
Le colonel von Vallade sera-t-il extradé ?
Sous le titre « L'Heure des Révélations et de la Reddition des Comptes », la revue « Marienburg », organe des officiers bavarois en disponibilité, publie la note suivante :
(Traduction.) - Le 27 octobre 1914, le sous-officier Ebert, du 4e régiment de Landwehr, fut fait prisonnier par les Français dans le village d'Emberménil (près de Lunéville). Il y avait pénétré après avoir demandé à une femme si l'ennemi ne s'y trouvait pas. La femme avait répondu : « Je ne sais pas. » En guise de sanction, le colonel von Vallade fit tirer des obus sur le village. Mais, dix jours plus tard, trouvant que cette sanction était insuffisante, il publia un ordre du régiment où il prescrivait une nouvelle punition « sans pitié » pour les habitants d'Emberménil : « Plusieurs maisons seront à incendier ou à détruire et deux à trois habitants seront à fusiller au milieu du village. On enlèvera, si possible, des chevaux, du bétail, des voitures, des outils. Il y aura lieu de dire aux habitants pourquoi il est procédé à cette mesure. »
C'est le capitaine Rexroth qui reçut l'ordre de procéder à cette exécution militaire. Il en fut épouvanté. Il rassembla les habitants et demanda qui, dix jours auparavant, avait induit le sous-officier Ebert en erreur. Comme personne ne se présentait, le capitaine dit qu'il était oblige de fusiller plusieurs habitants. A ce moment, une Française enceinte se présenta et dit que c'était elle qui avait fait la réponse au sous-officier.
Mais Rexroth devait avoir au moins deux coupables. Ses camarades l'avaient prévenu qu'en cas de non-exécution de l'ordre, Vallade le traduisait devant un conseil de guerre pour désobéissance. Le capitaine, dans son désespoir, demanda au maire d'Emberménil de lui désigner au moins un de ses administrés « pour qui ce ne serait pas dommage ». On lui désigna alors un faible d'esprit, l'idiot du village.
C'est ainsi que les deux victimes furent collées contre le mur du cimetière. Mais nos soldats bavarois refusèrent de tirer et dans leur horreur ils se cachèrent derrière les maisons.
Ce ne fut que sur la prière instante du capitaine que quelques-uns se décidèrent de fusiller la femme et le jeune homme.
La revue « Marienburg » ajoute :
Il appartient à M. le colonel von Vallade, qui habite, 9, Ludwigstrasse, à Wurtzbourg, de se défendre. Il est maintenant encore au service de la République de Bavière comme chef d'un groupe de démobilisation.
Le gouvernement français ne manquera pas de tirer cette histoire au clair. Le colonel von Vallade aura à comparaître devant un conseil de guerre. Si les faits sont reconnus exacts, la sanction finale s'impose « sans pitié ».
Le lieu de l'exécution est tout indiqué.
Ce sera à Emberménil même.

5 février 1920
LE DRAME D'EMBERMENlL
Le maire de ce malheureux village nous écrit. - Un poignard récit
On sait que nous avons reproduit une note de la revue « Marienburg », organe des officiers bavarois en disponibilité. Cette note était relative aux exécutions ordonnées à Emberménil par le colonel von Valade.
M. le maire d'Emberménil nous écrit maintenant. Nous publions bien volontiers sa lettre, tout en faisant remarquer que ses observations s'adressent à la revue bavaroise que nous nous sommes contentés de citer :
Emberménil, le 3 février 1920.
Monsieur le Directeur,
Dans le numéro du 3 février 1900, je vois le drame d'Emberménil. Vous signalez que le maire d'Emberménil, devant le désespoir du capitaine boche, a été obligé de désigner un habitant du village. Vous saurez : 1° que le maire d'Emberménil était parti prisonnier depuis le mois de septembre (le 12) ; 2° qu'à celui qui le remplaçant on n'a demandé ni conseil ni avis et que le jeune homme n'était pas plus idiot que vous et moi.
Voici exactement comme cela s'est passé, d'après les dires des habitants.
Le sous-officier fut fait prisonnier par des chasseurs à pied, mais deux de ses hommes ont pu se sauver et rendre compte à leurs chefs de ce qui se passait. Au bout de dix jours, des sanctions devaient être prises. Alors rassemblement des habitants devant l'église, tout le monde sans exception. La personne à qui le sous-officier avait, demandé les renseignements, voyant qu'il fallait fusiller quelqu'un, a pensé que c'était pour elle et s'est sacrifiée pour ses compatriotes, mais cela ne suffisait pas, il fallait une autre victime ; l'officier désigne un vieillard de 70 ans, mais ayant demandé de ne pas mourir, il fut laissé ; après, il désigne un père de famille ayant sa fille aveugle à côté de lui, il a demandé aussi de vivre pour nourrir sa petite fille, l'officier acquiesça à sa demande. Alors seulement, en troisième lieu, il désigna ce pauvre jeune homme, qui était réformé, mais lui n'a pas échappé à la barbarie des Boches. Les deux victimes furent mises sur le banc de la maison Vautrin Albert, voisine l'un et l'autre. Les douze Boches furent mis en face et n'ont pas hésité à tirer au commandement de leur chef. Les deux victimes n'ont pas baissé les yeux devant leurs bourreaux. Ces barbares ont laissé les habitants depuis cinq heures du soir devant ces deux victimes jusqu'à dix heures du soir, sans les laisser rentrer et au mois de novembre. Jugez si le capitaine en question était épouvanté.
J'ose espérer, Monsieur le Directeur, que rectification sera faite dans le plus prochain numéro, car je prétends que ceux qui ont fait leur devoir ne doivent pas se laisser insulter par ces barbares.
Recevez, etc., etc.
J. ALISON.
Ajoutons encore que le 71e B. C. P. a fait placer une plaque commémorative en souvenir des victimes d'Emberménil.

24 février 1920
La poste
A partir du 21 février 1920, les communes de Gondrexon et de Leintrey, desservies provisoirement par Avricourt, seront rattachées de nouveau au bureau de Blâmont, comme elles l'étaient en 1914.

9 mars 1920
Postes et télégraphes
Le bureau de poste à Emberménil sera réouvert le 6 mars 1920. Il desservira comme en 1914, les communes d'Emberménil, Reillon, Remoncourt, Vaucourt, Vého et Xousse. Les correspondances pour Emberménil seront acheminées par le train partant de Nancy (vers Strasbourg) à 8 h. 10.

18 mars 1920
LA GRÈVE A L'ECOLE
Quelle est cette « main noire » ?
Blamont. - Une enquête est ouverte au sujet de faits extrêmement regrettables qui se passent à l'école des filles de Blâmont, dont la directrice, Mlle Vannier, vit en fort mauvaise intelligence avec deux de ses sous-maîtresses. La classe de Mlle Vannier a été fouillée de fond en comble à l'heure du déjeuner, où les élèves sont absentes. Des cahiers d'enfants ont été déchirés, des encriers ont été renversés, des inscriptions injurieuses ont été tracées sur les murs.
Bien plus, une des meilleures élèves de Mlle Vannier, la jeune Marguerite Lartisant, a été victime, elle aussi, d'agissements inqualifiables. On s'est introduit dans sa chambre ; on y a déchiré deux robes blanches, deux manteaux, une fourrure en peau de renard, le tout estimé 600 fr.
La famille Lartisant est dans la désolation. Elle ne cesse de recevoir, ainsi que Mlle Vannier, des lettres de menaces. On se demande quelle est cette « main noire » qui agit avec tant de méchanceté.
La gendarmerie enquête.

23 mars 1920
Une affaire d'intelligences avec l'ennemi

24 mars 1920
INTELLIGENCES AVEC L'ENNEMI

30 mars 1920
LOUIS BUSSELOT

2 avril 1920
Pour les Régions dévastées
L'interdiction de sortie du bétail d'Alsace-Lorraine
Cirey. - Nous sommes heureux d'apprendre que, grâce à l'initiative de M. le préfet de Meurthe-et-Moselle qui ne laisse pas échapper une occasion de se rendre utile à nos régions, M. le commissaire général de la République en Alsace-Lorraine vient de rapporter les mesures d'interdiction de sortie du bétail de boucherie. Voici la lettre que M. le préfet vient de recevoir à ce sujet :
« Strasbourg.
« Le Commissaire général de la République à M. le préfet de Meurthe-et-Moselle.
« En réponse à vos lettres des 23 janvier et 7 février 1920, concernant la situation faite à la région de Cirey et de Blâmont par l'interdiction d'exporter d'Alsace et de Lorraine du détail de boucherie, j ai l'honneur de vous faire connaître, après un nouvel examen de la question, que je donne des instructions en vue de lever l'interdiction de sortie de bétail de nos deux provinces. »
Voilà une excellente mesure qui permettra à nos cantons de l'ancienne frontière de pouvoir enfin s'approvisionner. Réjouissons-nous-en pour eux en remerciant M. le préfet de son heureuse initiative.

8 avril 1920
Ponts et chaussées
Pour permettre d'effectuer les travaux de reconstruction du pont sur le Vacon, territoire de Barbas, la circulation sera interrompue pendant une durée de 3 mois entre Barbas et Blâmont.

18 avril 1920
Après les vaches allemandes, le train de scories ! - Nous recevons la lettre suivante ;
Parroy, le 16 avril.
Monsieur le rédacteur,
Nous lisons dans l' « Est républicain » d'aujourd'hui la protestation des cultivateurs sinistrés du canton de Blâmont au sujet du déplacement auquel la Société tiers-mandataire les a obligés pour toucher des animaux qui ne leur ont pas été livrés.
Que les sinistrés de Blâmont se consolent : ils ne sont pas les seuils dans le même cas. Dernièrement, en effet, les agriculteurs de Parroy étaient mandés par dépêche, - l'affaire était urgente - pour, prendre, livraison de 16.000 kilos de scories en gare de Lunéville. Ils arrivèrent en toute hâte et constatèrent avec stupéfaction qu'il n'y avait pas plus de scories que de beurre en broche.
On avait simplement pris un train de voitures agricoles pour un train de scories. Ils durent, en conséquence, repartir bredouilles. Résultat net, une journée de perdue et des frais de déplacement. Nous protestons énergiquement contre cette façon de procéder et comptons sur le sympathique appui de l' « Est républicain » pour y mettre fin. - Un groupe de cultivateurs mécontents.

19 avril 1920
La reconstitution de Domèvre-sur-Vezouze
M. l'abbé Fiel nous prie de préciser qu'en présentant, samedi, à la Société centrale d'agriculture, Domèvre-sur-Vezouse comme un exemple de courage et d'énergie dans la reconstitution, il a signalé que 170 maisons avaient été brûlées et que 300 habitants sur 500 étaient revenus et sont installés dans des baraques où l'initiative et le bon goût ont réussi à introduire un certain confort.

22 avril 1920
ACCIDENT MORTEL
Buriville, 21 avril. - M. Eugène Guillaume, cultivateur à Ménil-Flin, conduisait une voiture d'osier. En arrivant à Buriville, à une descente rapide, M. Guillaume voulut retenir ses chevaux. Il tira sur les guides, mais celles-ci se rompirent. En voulant les rattraper, il glissa si malheureusement de sa voiture que les roues lui passèrent sur le corps, lui faisant de graves blessures.
Après les premiers soins, une voiture le transporta en hâte à son domicile. Mais l'infortuné cultivateur rendit le dernier soupir avant d'y arriver.

24 avril 1920
Une poursuite regrettable - M. Justin Piot, 66 ans, capitaine en retraite, à Igney, chevalier de la Légion d'honneur, est poursuivi sans l'inculpation dé vol de matériaux au préjudice de l'entreprise France-Lanord et Bichaton. Ayant à faire une réparation urgente à sa toiture, M. Piot prit une trentaine de tuiles et quelques lattes dans un tas de matériaux qu'il croyait appartenir à l'Etat, - et par conséquent destinés aux sinistrés, - et non à une entreprise privée.
La bonne foi de l'honorable M. Piot était si évidente qu'il vint chercher ces matériaux en plein jour, en présence de plusieurs habitants d'Igney. Quand il apprit que les tuiles et lattes étaient la propriété de l'entreprise nancéienne France-Lanord et Bichaton, M. Piot paya aussitôt ce qu'il devait.
Me Joly, prononce une intéressante plaidoirie et démontre fort clairement que l'intention frauduleuse doit être écartée.
M. Piot est acquitté.

25 avril 1920
BLAMONT
Contraventions. - Des contraventions ont été dressées : à Pocca, à Autrepierre pour défaut de guides ; à Biget, à Verdenal, pour défaut de registre d'inscription de voyageurs ; à Hay, à Verdenal, pour le même motif.

3 mai 1920
DOMEVRE-SUR-VEZOUZE
Arrestation, - Les gendarmes de Blâmont ont mis en état d'arrestation Joseph-Jules Taiclet, 24 ans, terrassier, sans domicile fixe. Les gendarmes ont opéré cette arrestation en vertu d'un mandat d'amener délivré par le juge d'instruction de Reims.
Taiclet, qui est prévenu d'abus de confiance, a été écroue à la maison d'arrêt de Lunéville.
Abandon d'attelage. - Une contravention a été relevée entre Enel Charles, garçon marchand de vins, dont la voiture stationnait à Domèvre et dont l'attelage n'était ni surveillé ni attaché.

6 mai 1920
ARRESTATION D'UN SATYRE
Glonville, 5 mai. - Charles-Joseph Rémy, manoeuvre, né à Glonville, sans domicile fixe, inculpé d'attentats à la pudeur avec violences sur la personne de la jeune Marguerite Magron, âgée de moins de 13 ans, domiciliée à Blâmont, a été arrêté à Glonville par la gendarmerie, au moment où il rentrait de son travail aux R. L.
Il a été transféré au parquet.

18 mai 1920
UNE CONFERENCE MOUVEMENTÉE A BLAMONT
Blâmont, 17 mai. - Dimanche, à 3 heures, une conférence était faite, à la mairie de Blâmont, aux sinistrés du canton, par M. Marin, député de Meurthe-et-Moselle et M. Teitgen, assistés de MM. Michel et H. Michaud, sénateurs ; Mazerand, député ; Masson, vice-président du Conseil général et du docteur Henriot, conseiller général du canton nord de Lunéville.
La réunion était présidée par M. Bentz, conseiller général de Blâmont, qui présenta les conférenciers aux sinistrés venus en grand nombre.
M. Marin a parlé, avec toute l'autorité que lui donnent à la -fois, son grand talent oratoire, la situation prépondérante qu'il a acquise au Parlement, l'amour qu'il porte -à sa chère Lorraine, dont il est un des représentants les plus brillants, de la situation actuelle déplorable, douloureuse et pitoyable des sinistrés dans l'attente de l'application du droit et de la justice qui leur sont dûs.
Le député de Meurthe-et-Moselle adjura les sinistrés de déposer leurs demandes d'indemnités le plus tôt possible, c'est-à-dire avant le 1er octobre 1920, afin de permettre, dit-il, au gouvernement, en accord avec les alliés, pour cette fois, de présenter à l'Allemagne la note à payer.
Au cours de sa conférence, M. Marin s'est élevé à de très hautes considérations générales, qui dans leur allure confidentielle ont vivement frappé et ému l'auditoire et qui sont venues, comme des arguments puissants, démontrer la nécessité d'aller vite, très vite, dans le dépôt des demandes d'indemnités.
Les commissions cantonales devront suivre ces dépôts et travailler rapidement, elles seront débarrassées de leur souci d'estimation détaillée et de la recherche patiente des preuves par l'institution dans chaque commune d'une commission locale de premier examen du dossier, commission qui sera la véritable caution du sinistré.
Jusqu'ici tout allait bien, malgré la chaleur accablante, quand M. Teitgen monta sur la table qui servait de tribune.
Le second orateur, après s'être félicité des résultats obtenus dans l'établissement des dossiers par « l'Office » de la « Société Industrielle », s'est emporté avec véhémence, contre les méthodes de travail des commissions cantonales, la vanité de leurs enquêtes, l'inanité de leurs expertises. M. Teitgen s'attira les protestations des membres de la deuxième commission de Blâmont, lesquels ayant siégé le matin, assistaient, par déférence, à la conférence de M. Marin.
MM. Adrien de Turckeim et le docteur Henriot, de Blâmont, protestèrent hautement contre le langage de M. Teitgen et entraînèrent vers la porte tous les membres de la deuxième commission décidés à démissionner sur le champ. Ces messieurs furent retenus par l'insistance de M. le sénateur Michel et la conférence put reprendre son cours.
Quand tout fut au calme, après de très belles et très sages paroles de M. Michel et de M. Masson, le docteur Camus, président de la deuxième commission de Blâmont, déclara, en face des sinistrés, qu'il s'agissait moins de presser le dépôt des dossiers que de délivrer les titres de paiement des dommages déjà et depuis longtemps évalués. Cette courte sortie ne fut pas moins applaudie que les critiques de M. Teitgen.
Puis M. Bentz leva cette séance et les commentaires allèrent leur train sur la place de la mairie.

20 mai 1920
AU SUJET DE L'INCIDENT DE BLAMONT
Nous recevons la lettre suivante, que nous insérons en toute impartialité :
Je lis aujourd'hui seulement le compte rendu que vous avez publié dans votre numéro du mardi, 18 mai, d'une conférence organisée à Blamont par l'Office des Dommages de guerre.
L'intérêt de la question que nous avons traitée à Blâmont, question que nous avons et que nous nous proposons de traiter dans d'autres localités est trop considérable pour qu'il me soit possible de laisser passer sans réponse l'article tendancieux et erroné auquel vous avez donné l'hospitalité.
Je ne suis pas allé à Blâmont y chercher des applaudissements, et il m'est indifférent de savoir si quelqu'un a été plus ou moins applaudi que moi. Ce que je ne puis pas admettre c'est que vous me représentez comme ayant déclenché un tumulte et soulevé les protestations justifiées de la Commission de Blâmont. J'ai dit à Blamont ce que je dis partout. Et toujours jusqu'ici j'ai été approuvé non seulement des sinistrés, mais des membres des commissions.
Nous étions Informés, d'ailleurs depuis la veille de la réunion, de la décision prise par certains des membres de la Commission, de déchaîner un incident de violent. Il suffira de faire connaître ce fait à vos lecteurs pour les édifier sur le caractère particulier de la manifestation de Blâmont,
Je vous prie également d'indiquer à vos lecteurs que M. le docteur Henriot-, conseil général et membre d'une Commission de dommages de guerre, est intervenu à deux reprises pour déclarer à ses collègues de Blâmont que rien dans mes paroles ne pouvait les blesser.
Le but que nous poursuivons étant uniquement de venir en aide aux commissions de dommages de guerre et de faciliter leur travail par la création de commissions locales, il nous est impossible de laisser entendre que la campagne que nous entreprenons a au contraire pour but de porter atteinte au bon fonctionnement desdites commissions.
Je fais appel à votre, sentiment de loyauté pour vous demander d'insérer ces lignes
Je vous prie d'agréer, etc.
H. TEITGEN

23 mai 1920
L'INCIDENT DE BLAMONT
Nous recevons la lettre suivante :
Lunéville, le 21 mai 1920.
Monsieur le Directeur,
Les membres de la commission cantonale de Blâmont ont pris connaissance du passage suivant de la réponse de M. Teitgen, parue dans l' « Est » du 20 courant :
« Nous étions informés, d'ailleurs, depuis la veille de la réunion, de la décision prise par certains des membres de la commission de déchaîner un incident violent. Il suffira, etc... »
Réunis hors séance, les membres de la commission cantonale de Blâmont opposent à l'unanimité lé démenti le plus formel aux allégations du signataire.
Pour les membres de la commission et par eux :
Le président, Dr L. CAMUS.

8 juin 1920
Pour activer la reconstruction
Comment on faut sauter les maisons
Leintrey, le 7 juin. - Il y a trois jours, M. Thomas Hippolyte, propriétaire à Leintrey, travaillait dans les champs, lorsqu'il perçut soudain le bruit formidable d'une explosion dans le village. Son travail terminé, M. Thomas se dirigea vers son domicile et ne fut pas peu surpris en constatant que l'explosion s'était produite chez lui,
La maison de M. Thomas avait été réparée et complètement remise a neuf. Or, on avait laissé intact un abri en béton armé se trouvant au milieu de la grange. Les ouvriers des R.L., ainsi que des artificiers du 87e d'artillerie décidèrent de détruire cet abri.
Quels sont ceux qui exécutèrent ce ridicule projet, l'enquête ne l'a pas encore établi.
Le fait certain est que l'abri sauta et en sautant détruisit la maison neuve. La toiture s'est effondrée, un mur a été enfoncé, toutes les autres murailles sont lézardées, les plâtres pulvérisés, etc. La maison est à refaire complètement, et M. Thomas estime tes dégâts à 25.000 fr.
Nous espérons que les responsabilités seront bientôt établies et que cet incroyable scandale sera suivi de sanctions sévères.

27 juin 1920
LEINTREY
Contravention. - Des contraventions ont été relevées contre Porté Chartes, manoeuvre à Moussey ; Nicolas Charles, manoeuvre à Maizières ; Guise Hippolyte, également journalier à Maizières, qui se promenaient à bicyclette, sans appareil sonore à leur machine.

28 juin 1920
Une reconstruction modèle
L'exemple d'Ancerviller
Non seulement on rebâtit, on améliore.
On sait que notre estimé concitoyen, M. l'abbé Fiel, aumônier de l'Ecole professionnelle de l'Est, s'est voué, de tout son coeur et avec un dévouement de fils, à la reconstitution de son village natal, Ancerviller, dans l'arrondissement de Lunéville.
C'est une figure lorraine extrêmement intéressante que celle de M. l'abbé Fiel. Il possède le plus rare sens pratique, une parfaite connaissance des lois, une grande puissance de travail. Il a été, toute cette année, un des orateurs justement écoutés de notre Société centrale d'agriculture et son président, M. Louis Michel, s'est plu, à diverses reprises, à rendre hommage à un collaborateur particulièrement précieux.
L'abbé Fiel nous disait, il y a un an, à pareille époque, tous ses chers espoirs. Eh ! bien, ils se sont réalisés !
Ancerviller, placé aux premières lignes, avait beaucoup souffert. Sur 167 maisons, 36 étaient complètement détruites, les 131 autres avaient été bombardées et saccagées par les troupes.
Or, actuellement, les 131 maisons réparables sont à peu près terminées. D'ici deux mois, les plâtrés et la menuiserie seront finis. Le montant des travaux se monte à trois millions et demi.
Ancerviller n'a d'ailleurs qu'à se louer du puissant appui qu'il a rencontré à la préfecture de Meurthe-et-Moselle.
Et puis, il a eu la bonne fortune de trouver en M. Vercelli un entrepreneur intelligent, actif et audacieux.
M. Vercelli tire sur place les moellons et le sable ; il a fait établir douze kilomètres de Decauvillle, quatre fours à chaux ; ses services de menuiserie fonctionnent avec quinze machines et moteurs.
Il possède un séchoir pour le bois d'oeuvre et il -s'apprête à construire une tuilerie et une briqueterie.
L'architecte d'Ancerviller est M. Le Bourgeois dont la réputation est légitimée par tant de travaux considérables.
M. Le Bourgeois prépare les plans pour la construction des 36 maisons détruites.
En ce qui concerne d'agriculture, la préfecture vient d'allouer à la coopérative d'Ancerviller des avances exceptionnelles pour exploitations agricoles et, dans onze fermes, la besogne rurale est sur le point de recommencer.
Croirait-on qu'Ancerviller, malgré les morts de la guerre et grâce à de nombreux mariages, renferme maintenant deux habitants de -plus qu'en 1914.
Et la reconstitution communale bat aussi son plein. Le village possédera bientôt un matériel complet d'incendie : pompe aspirante et foulante, pompe ordinaire, pompe portative.
Neuf fontaines sur treize sont rétablies; une cloche (note mi) dé 1.200 kilos sort dans quelques heures de la fonderie Robert, à Nancy.
Non seulement Ancerviller se rebâtit, mais encore il tient à être mieux qu'avant l'épreuve. L'électricité serra sous peu amenée de Vacqueville par les soins de la Société lorraine ; elle éclairera le village, actionnera les machines agricoles et les ateliers Vercelli pour septembre prochain.
Tous, à Ancerviller, travaillent d'une même âme généreuse à là renaissance de leur petite patrie.
L'union est parfaite entre la municipalité, le curé, l'instituteur, la coopérative, le Syndicat agricole. Et M. Fiel est un merveilleux « agent de liaison ».
M. Louis Michel - qui a parcouru toute cette région - s'est vivement intéressé à l'exemple d'Ancerviller. Et puis cet exemple « rayonne » sur tout Le pays voisin, Domèvre-sur-Vesouze, Halloville, Montigny, Saint-Maurice, Sainte-Pôle, Mignéville, Ogéviller, Neuviller-les-Badonviller, s'inspirent des méthodes pratiquées à Ancerviller.
Ainsi revit puissamment une des contrées les plus laborieuses de notre Lorraine agricole.
Hélas ! Pourquoi n'en est-il pas ainsi sur tous les points de notre terre martyre !
Mais, Si Ancerviller ressuscite e n'est pas sans efforts et surtout sans une vigoureuse action de l'initiative privée.
Le courage de chacun, la volonté ferme des individus de rebâtir leur maison, de cultiver le Champ sanctifié par la peine des aïeux sont des facteurs essentiels dans cette oeuvre formidable de la reconstitution.
L'Etat, certes, peut beaucoup, mais moins que partout ailleurs, il doit apparaître dans les régions libérées comme une sacro-sainte Providence !
Léon PIREYRE.

2 juillet 1920
ANCERVILLER
Acte de probité. - M. Sylvain Venarra, chef menuisier à l'entreprise Vercelli, a trouvé une enveloppe de paie contenant 485 fr. Il a immédiatement prévenu le bureau, et M. Félix Jalier, chef de chantier au hameau d'Ancerviller, qui l'avait perdu quelques instants auparavant, a été tout heureux de rentrer en possession du fruit de son travail de quinzaine. - Nos félicitations.

10 juillet 1920
UNE FETE DE LA RECONSTITUTION
A ANCERVILLER

19 juillet 1920
UN 14 JUILLET TRAGIQUE A AVRICOURT
Lunéville, 18 juillet. - La soirée du 14 juillet Ici a été marquée, à Avricourt (Moselle), par un drame navrant.
Plusieurs ouvriers alsaciens se trouvaient dans un café d'Avricourt, chantant en dialecte une vielle chanson alsacienne « Mon patelin d'Alsace ». Plusieurs individus, pris de boisson, se figurèrent qu'ils chantaient en allemand et considérèrent comme une provocation une romance absolument inoffensive Des propos malsonnants furent échangés, Des coups suivirent. Que se passa-t-il ensuite? Nul ne le sait.
Vers cinq heures du matin, des passants trouvèrent un des ouvriers alsaciens étendu sur la route et ne donnant plus signe de vie. L'infortuné avait reçu dans le bas-ventre une balle de revolver browning, calibre 6. La mort avait été instantanée.
La gendarmerie a ouvert une enquête.
Le défunt est un nommé Acker Jacques, 26 ans, boulanger à Romanswiller (Alsace), Le corps, transporté à l'ancien local de la douane allemande, a été autopsié.

21 juillet 1920
BLAMONT
Réouverture d'usine. - MM. E. Bechmann et Cie, à Blâmont, font, connaître que la mise en route d'une première partie de leur établissement (filature, tissage, et teinturerie) aura lieu dans le courant du mois de septembre prochain.

28 août 1920
BLAMONT
A coups de serpe. Nous avons relaté succinctement le drame rapide qui produit mercredi dernier à Blâmont.
Interrogé par les gendarmes, le blessé, Niss Paul-Michel, âgé de 24 ans, vannier ambulant, a déclaré qu'il avait bu un certain nombre de tournées, dans divers débits d'Ogéviller et de Herbéviller, avec son collègue et ami Jacob Bourgatte.
Il eut, à un certain moment, une discussion avec Bourgatte. Voyant que la conversation prenait une tournure dangereuse, Niss y coupa court en regagnant sa roulotte qui stationnait entre les deux communes.
Mais il ne put y arriver. Bourgatte le rejoignant le frappait de deux coups de serpe.
M. le docteur Hanriot, de Blâmont, qui a donné les premiers soins à Niss, n'a pu encore se prononcer sur la gravité de ses blessures.
Ainsi que nous l'avons dit, Bourgatte a été incarcéré jeudi à la prison de Lunéville. Il y a lieu d'espérer que ce redoutable voyou sera, mis, pour un certain temps, dans l'impossibilité de nuire.

5 septembre 1920
Le clergé nancéien est particulièrement, à l'honneur. En effet hier samedi M. le général Humbert, gouverneur de Strasbourg, a remis la cravate de commandeur à M. l'abbé Umbricht qui appartient toujours comme chanoine au diocèse de Nancy et n'est que « détaché » près de Mgr Ruch.
M. l'abbé Umbricht, né à Amenoncourt, près de Blâmont, en 1873, ancien professeur à Saint-Sigisbert, a obtenu onze citations.
Rappellerons-nous celle-ci, la dixième :
Le 20 août 1918, à 1 ordre de l'armée (Ordre n° 620) :
« Héros admirable, légendaire dans toute l'armée pour sa bravoure et son dévoue ment, animé d'un patriotisme ardent et d'une inlassable charité : a, depuis le début de la campagne, risqué un nombre incalculable de fois sa vie pour accomplir sa mission sacrée. Très grièvement blessé le 10 juillet 1918, alors que, suivant son habitude et en plein combat, en toute première ligne, sous un bombardement intense, il exaltait le moral des combattants par son exemple et leur apportait le réconfort de sa présence aux endroits les plus exposés. A refusé de se laisser transporter immédiatement à l'arrière pour ne pas exposer la vie des brancardiers ».
M. le chanoine Umbricht doit être le seul prêtre français commandeur de la Légion d'honneur au titre militaire. En effet, si Mgr Duchesne, protonotaire apostolique, possède ce grade, c'est comme directeur de l'école française de Rome.

7 septembre 1920
UN MEURTRE A HARBOUEY
Lunéville. - Samedi, vers 6 heures du -matin, la femme Antoni Christine, vannière ambulante, vint trouver le maire de Harbouey et lui déclara que son frère, Antoni Camille, avait été tué dans la soirée de vendredi, par son neveu, Antoni Charles, de passage à Harbouey.
La femme Antoni ajouta que son frère était venu la veille la voir dans- la baraque qu'elle habite, dams un champ, à proximité du village.
Son neveu Charles Antoni, âgé de 17 ans, l'accompagnait. Les deux hommes s'étaient attablés un instant dans la baraque. Aucune discussion ne s'était produite entre eux, rien ne pouvait faire prévoir le drame qui allait se dérouler quelques minutes plus tard.
Après avoir parlé de choses et d'autres, l'oncle et le neveu sortirent, Antoni Camille dit « bonsoir » à sa soeur. Au même moment, le jeune Charles, sortant un long couteau de sa poche, poignardait son oncle. Celui-ci tombait, sans un cri, sans une plainte, la face contre- le sol.
C'est dans cette position que M. le maire de Harbouey trouva le cadavre, devant la baraque de Christine Antoni. Une large flaque de sang s'étalait sur le sol ; le couteau était enfoncé jusqu'au manche dans la poitrine du malheureux.
Le coup fait, le meurtrier a pris la fuite, non sans avoir rôdé pendant quelques instants autour de la baraque.
Il est revenu, à Lunéville où il s'est rendu chez la veuve de sa victime, qui habite le numéro 28 de la rue François-Parmentier.
Là il a menacé d'une hachette la jeune Marie, fille des époux Antoni. La femme Antoni prétend même que cette fille serait la cause du meurtre de son mari. Charles Antoni la « fréquentait » et le père voyait cette liaison d'un mauvais oeil. Après avoir fait une scène très violente à Marie Antoni, le meurtrier déclara: « Le grand-père, a reçu un coup de couteau, c'est le moment de se débiner si on ne veut pas se faire « poisser » par les gendarmes ».
Il partit sur ces dernières paroles et, depuis, personne ne l'a revu.
La gendarmerie le recherche activement.

12 septembre 1920
M. l'abbé Jacquot, curé de Brémoncourt, est nommé curé d'Ancerviller.

Une visite aux communes sinistrées
A HALLOVILLE
A Halloville où nous sommes reçus par M. Désiré Monzein, maire, et quelques membres du conseil municipal, l'impression est infiniment moins favorable qu'à Ancerviller. Les travaux sont peu avancés. L'atmosphère, du désastre persiste. Une partie du village a été déplacée et, de ce fait, les frais de reconstruction seront plus considérables. Le conseil municipal espère que l'Etat apportera sa contribution aux propriétaires, ces charges nouvelles leur ayant été imposées pour des raisons de commodité ou d'hygiène.
Le maire signale à M. Mazerand les ennuis de certains propriétaires qui ont signé leurs procès-verbaux de conciliation il y a longtemps déjà et qui voient, non sans une appréhension redoutable, monter sans cesse le coefficient de la reconstruction.
M. le sous-préfet et M. Mazerand prennent bonne note des plaintes légitimes qui leur sont soumises à ce sujet.

A NONHIGNY
A Nonhigny, c'est M. le maire Gérard qui nous reçoit dans une baraque Adrian transformée en mairie. Nous trouvons là quelques vieux amis avec lesquels nous évoquons le souvenir d'Amédée Jaçquot, ancien maire de Nonhigny, tué en 1915, devant Regniéville. Caporal à la 4e Cie du 41e territorial, Amédée Jacquot était un brave homme, obligeant et courageux, aimé de tous ses camarades. Il était occupé, une nuit de juillet, à élargir un boyau, sous un bombardement intense de crapouillots. Son camarade d'équipe était Albert Vigneron, de Badonviller. Le même projectile coucha les deux infortunés côte à côte. Le sang de leurs artères ouvertes se mêla dans une seule mare sur la terre de la tranchée. C'est en pleurant que nous rapportâmes leurs cadavres au vallon de Jolival et de là, au cimetière de Mamey où ils furent enterrés....
Le maire de Nonhigny se plaint de l'état du budget communal. Les forêts, qui constituaient la principale ressource de la commune, sont en grande partie détruites. Ayant loyalement exposé à l'administration ses difficultés financières, il lui fut répondu : « Si la commune de Nonhigny n'a plus de ressources, qu'elle fasse un emprunt ! »
M. Mazerand proteste énergiquement contre la solution proposée. La loi sur les dommages de guerre prévoit la réparation intégrale de ces dommages et il ne peut s'agir d'émettre un emprunt pour couvrir des dettes qui sont le fait de la guerre.
Les habitants de Nonhigny ont, encore, à se plaindre de la société tiers-mandataire, au sujet du bétail restitué par l'Allemagne. Dans d'autres communes, les mêmes plaintes seront formulées.
A Nonhigny on a reçu 3 vaches seulement alors que l'on peut citer tel gros fermier qui en a reçu 6, tel autre 8, tel autre encore 12. Cette répartition singulière que rien ne justifie provoque d'amères récriminations.
Le moins que l'on puisse dire de la société tiers-mandataire, c'est qu'elle n'a pas précisément la cote dans les communes où nous sommes passés !
Pour conclure, M. le maire Gérard, qui est un homme d'esprit, nous montre un placard, destiné à recevoir les dossiers du secrétaire de mairie. C'est le service des R. L. qui l'a installé à la mairie.
« Remarquez, nous dit-il, ce placard extraordinaire. Il n'a pas du tout l'air d'être un placard. C'est un simple cadre de bois blanc totalement dépourvu de rayons. Eh bien, le service des Régions libérées m'a déclaré qu'il avait reçu des ordres nouveaux touchant les menus travaux d'aménagements provisoires qui lui sont demandés. En ce qui concerne les placards, on installe désormais un cadre de bois et c'est tout. »
Nous regardons curieusement le meuble signalé à notre attention, il ressemble à un placard comme une table sans pieds ressemble à une table, comme une commode sans tiroirs ressemble à une commode. Et, cependant, n'en doutons pas, c'est un placard ; les régions libérées l'ont, catalogué tel. Qui oserait douter de leurs affirmations ?
C'est un placard, vous dis-je ! Et c'est, en même temps un symbole, le symbole d'une incohérence qui a trop duré.....
(A suivre.) F. R.

16 septembre 1920
BLAMONT
Contraventions. - Des contraventions ont été relevées contre Andrès Joseph, maçon à Vickeniller, de passage à Blâmont, pour défaut de plaque d'identité à sa bicyclette ; contre Bentzinger Achille, maçon à Bixkeim, également de passage à Blâmont, pour ivresse publique ; contre Hecht Jean, maçon à Imling, et Mayeski Michel, journalier, pour ivresse.

19 septembre 1920
BLAMONT
Contravention. - Contravention a été relevée contre Adam Joseph, charpentier à Diane-Cappel, pour défaut d'appareil sonore à sa bicyclette.
AVRICOURT
Il y a encore de l'or ! - M. Joseph Benoit, cultivateur à Avricourt, est venu se plaindre à la gendarmerie qu'une somme de 200 francs en pièces, d'or, 150 francs en or français et 50 francs en or allemand, se trouvant dans un buffet situé dans sa chambre à coucher, lui avait été volée.
L'enquête, immédiatement ouverte, a fait connaître le voleur. C'est un gamin de 13 ans, nommé Fillion Henri, demeurant chez ses parents à Avricourt.
Interrogé par les gendarmes, le jeune Fillion s'est défendu comme un beau diable d'avoir soustrait un seul jaunet à M. Benoit.
Malheureusement, pour le précoce voleur, deux de ses petits camarades sont venus déclarer que Fillion leur avait, la veille, tenu ce langage : « J'ai pris les pièces d or du père Benoit, mais il ne faut pas le dire. »
Les jeunes Blumeneau et Louviot n ont pas tenue compte de la recommandation de Fillion et ils l'ont dénoncé.
IGNEY
Vol d'un chien. - M. Malgras Ferdinand, cultivateur à Igney, avait embauché à son service, l'aide de culture Nagel Jean-Nicolas, âgé de 42 ans, demeurant habituellement à Lunéville. Une discussion se produisit entre les deux hommes au sujet d'une augmentation de salaire réclamée par le domestique.
Estimant qu'il le payait suffisamment, M. Malgras dit à Nagel que si la place et le salaire qu'il touchait ne lui convenaient plus, il était libre.
Le lendemain, Nagel partait et en même temps disparaissait la chienne de M. Malgras.
Ce dernier, qui soupçonne fortement Nagel d'avoir emmené l'animal, a déposé une plainte.
M Malgras estime le préjudice qui lui est causé à 200 francs.

21 septembre 1920
BLAMONT
Réouverture d'usine. - MM. E. Bechmann et Cie, à Blâmont, font, connaître que la mise en route d'une première partie de leur établissement (filature, tissage, et teinturerie) aura lieu dans le courant du mois de septembre prochain.

29 septembre 1920
La résurrection de nos villages
VERDENAL

9 octobre 1920
BLAMONT propos d'un lièvre. - On nous écrit : J'ai vu dans les colonnes de votre estimable journal, sous la rubrique : « Pauvre lièvre », que le 20 septembre Simon Kesseleir, charpentier à l'entreprise Bichaton, s'était approprié un malheureux petit levraut qui, pris de peur, s'était réfugié vers le centre de la ville. Cette version est vraie ! le lièvre, d'après la déclaration de Simon, aurait été remis à un chasseur ?.... C'est encore vrai !
Mais ce que je ne puis laisser croire aux habitants de Blâmont, ainsi qu'à tous les lecteurs de l'« Est », c'est que Simon ait pu donner l'hospitalité à ce superbe lièvre jusqu'au dimanche à midi, jour de la fête patronale, car il eut fait un bien maigre civet.
Ce malheureux levraut pesait à peine « quatre cent grammes » et non deux livres, ainsi que l'écrit votre correspondant.
J'ajouterai que le chasseur à qui a été remis le fameux lièvre s'est empressé, après entente avec M. Bentz, maire de Blâmont, de remettre, le vendredi 1er octobre, le beau lièvre en liberté et ceci en présence de plusieurs autres chasseurs. En conséquence, Simon n'à donc pas commis un délit de chasse, il a, au contraire, sauvé la vie d'un pauvre petit levraut, qui certainement aurait été la proie de quelque roquet. - J. C:
LEINTREY
Contravention - Les gendarmes ont relevé une contravention contre l'italien Moretto Mario, manœuvre à Leintrey, qui circulait avec une bicyclette dépourvue d'appareil sonore et de plaque d'identité.

UN COUP DE FILET MAGISTRAL
Comment un certain nombre d'employés de chemin de fer ignoraient la vie chère!
La police mobile opère 13 arrestations. Et ce n'est pas fini !
Lunéville, 8 octobre. - Nous annoncions hier que la police mobile de Nancy avait opéré un certain nombre d'arrestations parmi le personnel de la Compagnie des chemins de fer de l'Est II convient de remarquer que la plupart des individus arrêtés sont des ouvriers de la voie ; un certain nombre d'entre eux n'ont été employés qu'occasionnellement par la compagnie.
L'état actuel de l'enquête ne permet pas encore de déterminer le degré de responsabilité de chacun des ouvriers incarcérés dans la série des vols qui leur sont imputés. L affaire est de nature assez complexe, en raison de l'ancienneté des vols, qui remontent au mois de juin 1919, et du nombre d'individus compromis, soit au titre d'auteurs principaux, soit au titre de complices.
Nous avons dit qu'une femme d'Avricourt, abandonnée par un employé nommé Thomas, qui, après l'avoir rendue mère, lui avait promis le mariage, s'était vengée de l'infidèle, en dénonçant ses agissements au parquet.
C'est cette dénonciation qui fit découvrir le pot-aux-roses.
M. Fressard, l'habile et zélé commissaire de la police mobile, interrogea aussitôt les camarades de Thomas. Les réponses de ceux-ci furent contradictoires à ce point que le Commissaire, sur de la culpabilité de ces individus, les fit arrêter immédiatement.
Voici les noms des ouvriers et employés actuellement sous les verrous :
Mercier Jules, 48 ans, poseur à la compagnie, à Emberménil ; Bucher Henri, 27 ans, ex-employé de la compagnie, fileur à Saint-Dié ; Pierson Lucien, 35 ans, employé à la compagnie, demeurant à Fraimbois ; Boyé Henri, 27 ans, ex-employé à la compagnie, demeurant à Rozelieures ; Luc Paul, 24 ans, poseur à Avricourt ; L'Huillier Adolphe, 44 ans, poseur à Leintrey ; Blaise Paul, 24 ans, poseur ; Mathieu Adrien, garde-barrière à Emberménil ; Vial Virginie, veuve Mangeolle, domiciliée à Bult, laissée en liberté provisoire comme mère de quatre enfants en bas âge ; Mainette Georges, 26 ans, cantonnier à la compagnie, à Avricourt ; Parisot Denis, 34 ans, demeurant à Saint-Dié ; Sister Roger, 27 ans ouvrier aux R. L., demeurant à Bénaménil ; Christophe Emile, 26 ans, sémaphoriste, demeurant à Leintrey ; Victor Régain, et enfin Thomas, qui apparaît comme étant le chef de la bande.
Les faits relevés à la charge des prévenus sont depuis longtemps connus.
En septembre, octobre et novembre 1919, ils appartenaient à une équipe chargée de la remise en état de la voie détruite pendant la guerre. Ils vivaient en popote à Emberménil, et c'est la femme Mangeolle, laissée en liberté provisoire, qui faisait la cuisine. La popote d'Emberménil était une des mieux approvisionnées de la région. On y vivait a bon compte. Il suffisait pour la ravitailler de déplomber les wagons de ravitaillement à destination des pays reconquis ou de l'armée du Rhin, se trouvant sur les voies de garage.
Tout était bon pour ces messieurs : café, riz, thé, conserves, langouste, thon, légumes secs, sardines, saucisson, beurre salé, lard, sucre, feuillettes de vin, biscuits, etc.
Plusieurs des employés arrêtés ont reconnu la matérialité des faits qui leur sont reprochés ; d'autres opposent à l'accusation dont ils sont l'objet les plus vives dénégations.
D'autres arrestations sont imminentes.

17 octobre 1920
AVRICOURT
Une scène de violences. - Une discussion s'est élevée entre M. Patoux Emile, sans profession à Avricourt, et M. Lemaire Gustave- Henri, facteur des postes. Patoux a reproché au facteur ses assiduités compromettantes auprès de sa fille, la veuve Schoenher, hôtelière à Avricourt.
Rendu furieux par les injures dont Patoux l'accablait, le facteur lui a envoyé trois coups de poing en pleine figure.
Plainte a été portée à la gendarmerie.

27 octobre 1920
Sur la ligne Nancy-Strasbourg. - Un de nos confrères lunévillois publie ces renseignements, que nous reproduisons à titre documentaire :
« D'abord, l'idée émise, avant la guerre, de doubler la ligne depuis Nancy jusqu'à Nouvel-Avricourt, en premier lieu est reprise.
Ce sera une grosse dépense que l'on envisage d'autant mieux que les chemins de fer d'Alsace et de Lorraine seraient cédés aux Compagnies de l'Est et du P.L.M.
« La gare de Nouvel-Avricourt serait agrandie La ligne de Blâmont-Cirey serait reliée directement à Nouvel-Avricourt. Igney-Avricourt, où les rapides ne s'arrêtent déjà plus, serait appelé à disparaître ou à peu près.
Avec Avricourt, les villages voisins du canton : Igney, Amenoncourt, Remoncourt, Autrepierre, Gondrexon, et toute cette importante population, seraient lésés et pétitionneraient certainement pour le maintien de la gare. Ce n'est, encore qu'un, projet. En tout cas, il est étudié et les ingénieurs de la Compagnie sont allés sur place pour se rendre compte de visu des travaux qui seraient à effectuer. Même les voies de garage qui servaient autrefois, lors du stationnement des wagons de pommes et de raisins, seraient enlevées pour être établies à Nouvel-Avricourt. »

19 novembre 1920
TERRIBLE ACCIDENT D'AUTOMOBILE
Lunéville, le 18 novembre. - M. Henri Parnaudeau inspecteur à la Compagnie du chemin de fer Lunéville-Blâmont-Badonviller, était allé hier en automobile faire une visite de la ligne. Il s'était arrêté dans plusieurs gares où il avait payé des ouvriers et revenait à Lunéville, en compagnie de M. Souques, délégué administratif de la première commission cantonale de Blâmont. M. Parnaudeau conduisait, ayant M. Souques à sa gauche.
Il était environ 5 heures du soir et le brouillard, très opaque à ce moment, rendait la conduite de la voiture fort difficile Les voyageurs arrivaient au lieu dit La Descente de Barbezieux, lorsque l'avant de l'auto heurta violemment un chariot de longs bois d'échafaudages appartenant à 1 entreprise Vercelli, et qui n'était éclairé ni à l'avant, ni à l'arrière. Un de ces bois atteignit M. Parnaudeau, arrêtant net l'automobile. L'infortuné conducteur, qui avait la poitrine défoncée et la gorge ouverte fut tué sur le coup. Son compagnon, M. Souques n'avait reçu que de légères contusions; il sauta de la voiture et courut à Blâmont chercher du secours. Bientôt, M. le docteur Hanriot arrivait sur le lieu de l'accident. Malheureusement, toute intervention était vaine : il ne put que constater le décès.
Le gendarmerie arriva à son tout et procéda immédiatement à une enquête.
Le corps de la victime de ce déplorable accident a été ramené dans la soirée à la morgue de l'hôpital de Lunéville.
M. Henri Parnaudeau était marié et père de deux enfants. Employé modèle, travailleur et d'un dévouement absolu, il était considéré par son directeur, M. Chesnel, comme le plus précieux des collaborateurs. Sa mort tragique laissera à tous ceux qui l'ont connu de douloureux et unanimes regrets.
 

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