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Journal de la Meurthe et des Vosges - 1914

1914 1915 1916 1917 1918 1919- 20


4 janvier 1914
Tribunal correctionnel de Lunéville
[...]
- Hachair Auguste, 65 ans, manoeuvre à Barbas a volé au sieur Dieudonné Onésime, de Barbas, environ 200 plants de bouleaux. - 25 fr. d'amende avec sursis.
- Berthaut Eugène, 25 ans, garçon de culture à Ancerviller, a porté des coups de poing au nommé Crémel Charles, instituteur à Ancerviller pendant que celui-ci faisait un cours d'adulte, à cause qu'il ne pouvait lui délivrer un certificat. - 2 mois de prison.
- Perrin, manoeuvre à Avricourt, a volé une somme de 25 f. au préjudice d'un camarade, un nommé Gibello, maçon, à Avricourt. - 1 mois de prison avec sursis,
[...]- Creuat Emile Basile, 17 ans, domestique à Saint-Martin, a volé une montre qui se trouvait dans la chambre du fils de son patron, Pétier Joseph, cultivateur à Saint-Martin. - 2 mois de prison.


8 janvier 1914
UNE AFFAIRE D'ESPIONNAGE
Le tribunal correctionnel de Lunéville a jugé mercredi le nommé Charles-Jean-Baptiste Herneau, 27 ans, ancien contremaître à Varangéville, qui est poursuivi pour avoir été trouvé en possession de plans de la ligne Lunéville-Blamont-Badonviller, et pour avoir tenu des propos compromettants.
Ses anciens patrons Meige, 52 ans, entrepreneur aujourd'hui à Rognac (Bouches-du-Rhône) et Ferge, 60 ans, entrepreneur à Palaiseau, sont poursuivis comme complices pour avoir laissé traîner imprudemment les plans.
Le jugement n'est pas rendu à l'heure où nous mettons sous presse.


31 janvier 1914
Tribunal correctionnel de Lunéville
Noël Charles Joseph Léon, 48 ans, à Emberménil s'est présenté, le 7 décembre 1013, chez M. Weiss Henri, 33 ans, épicier à Blâmont, et s'est fait remettre 1 kilos de sucre par celui ci en disant que c'était pour Mme veuve Wagner, débitante à Autrepierre, d'où il venait d'être congédié. - Un mois de prison.


1er février 1914
Mariage
Le mariage de Mlle Hertz, de Blâmont, avec M. le Dr Léon Magnien, d'Igney, sera célébré en l'église Saint Maurice de Blâmont, le mercredi 4 février.


4 février 1914
Deux uhlans déserteurs
Mardi, deux uhlans en tenue sont arrivés à la frontière, près de Blâmont. et ont livré leur monture à la gendarmerie.


13 février 1914
Dons au Musée Lorrain
[...]
- M. J. Galotte. à Herbéviller : Tuile creuse à crochet provenant du château de Lannoy à Herbéviller (XVIe siècle).


20 février 1914
Tribunal correctionnel de Lunéville
Jean Schoumacker, 31 ans, marchand de chiffons à Herbéviller, et Auguste Daguindeau, 24 ans, sont prévenus de coups et de menaces verbales de mort contre les deux frères Cuny, question de concurrence. - Daguindeau, 25 francs d'amende. Schoumacker est acquitté.


4 mars 1914
Hangar incendié
Vers 4 heures du soir, un incendie dont les
causes sont inconnues, a détruit un hangar situé derrière la maison du sieur Joseph Berth, aubergiste à Ogéviller et contenant du bois, de, la houille, 150 caisses de bouteilles vides, 10 poules et 6 lapins. Les pertes sont évaluées à 4,000 fr.


12 mars 1914
Un déserteur allemand qui était depuis quelque temps caché à Ogéviller a été amené à la place de Lunéville mardi matin. Il a demandé à être dirigé sur Paris.


13 mars 1914
Petites Nouvelles
Herbéviller. - Procès verbal a été dressé contre plusieurs habitants de la commune de Herbéviller qui avaient contrevenu à l'arrêté préfectoral sur la fièvre aphteuse en laissant divaguer leurs volailles sur la voie publique.


18 mars 1914
Petites nouvelles
Blâmont.- Pour avoir été surpris péchant aux grenouilles dans la Vezouse avec une lanterne, les nommés Eugène Martin, peintre, et Paul Paquot, chocolatier, tous deux demeurant à Blâmont, se sont vu dresser procès-verbal.


27 mars 1914
Petites nouvelles
Badonvilier. - Ces jours derniers. M. Bonami, 25 ans, maçon, rencontrait à Blâmont un nommé Auguste Mazorocco, qu'il avait connu à Verdun. Ce dernier se trouvant à bout de ressources, demanda 5 fr. à emprunter à Bonami qui refusa ; Mazarocco s'élança sur Bonami, le saisit à la gorge et après l'avoir renversé lui déroba une pièce de 5 fr. Il prit ensuite la fuite.


2 avril 1914
Mgr Ruch à Blâmont
Mgr le Coadjuteur a présidé dimanche à Blâmont la réunion des comités catholiques et des oeuvres de jeunesse du canton. Mgr Ruch a prononcé aux vêpres une allocution qui a été au coeur de tous, dans laquelle il a insisté sur la nécessité de l'union des catholiques.
Le congrès s'est tenu ensuite dans la salle des oeuvres.

A partir du 1er avril, les brigades de gendarmerie de Baccarat, Badonviller. Blâmont, Cirey et Avricourt ont été enlevées à la 20e légion et rattachées à la 21e. Le capitaine de gendarmerie de St-Dié commande provisoirement ce nouvel arrondissement.

Incendies
[...] Tandis qu'ils revenaient de Lunéville, samedi dans la nuit, M. et Mme Garnier, débitants
à Emberménil, aperçurent par la fenêtre de leur wagon que le feu était chez eux. Ils tirèrent la sonnette d'alarme ; le train s'arrêta et ils purent courir jusque chez eux, inquiets du sort de leur jeune enfant qu'ils avaient laissé avec une bonne, Mlle Marie Buffard, âgée de 15 ans. Tous deux étaient sauvés. Les pertes sont évaluées à 33,000 fr.


4 avril 1914
Petites Nouvelles
Gogney. - Une borne frontière portant le n° 1 et se trouvant à 30 mètres de la borne 1,609 au lieudit « Les Seurettes », territoire de Gogney, a été cassée au ras du sol.

Compagnie du Chemin de Fer d'Avricourt à Blâmont et à Cirey
Le Conseil d'Administration a l'honneur d'informer Messieurs les Actionnaires de la Compagnie que l'Assemblée générale annuelle aura lieu à l'Hôtel de Ville de Blâmont, le Jeudi 23 Avril prochain, à trois heures et demie de l'après-midi


10 avril 1914
Tribunal correctionnel de Lunéville
[...] Auguste Daguindau, 25 ans, chiffonnier à Herbéviller, a cassé des carreaux et porté des gifles à M. Adolphe Kieffer, chiffonnier à Herbéviller. - 25 fr.


12 avril 1914
Accident d'auto
M.Terlin, mécanicien à Lunéville, essayait, ces jours ci, une automobile entre Blâmont et Frémonville. A la descente d'une cote très rapide, un pneu céda et la voiture vint donner contre les arbres cassant le bras de M. Terlin à la hauteur du coude et jetant sur le sol un de ses ouvriers qui se releva sans trop de mal.


18 avril 1914
Obsèques
Mardi, à Blâmont, ont eu lieu les obsèques de M. Marin, général de brigade en retraite,
décédé à Nice. M. Ferrez, au nom de la 320e section, prononça un discours vibrant de patriotisme, au nom des vétérans, les regrets qu'ils éprouvent .

Enfant sauvé par sa mère
Mardi soir, vers 5 heures, un enfant, le jeune Hanriat, de Blâmont, se trouvait au bord de la Vezouze, lorsqu'il tomba accidentellement à l'eau .Un autre enfant, témoin de l'accident, courut informer la mère qui se jeta à l'eau et fut assez heureuse pour sauver son fils.


19 mai 1914
On a amené samedi à midi, à la place de Lunéville, deux uhlans du 11e régiment, à Sarrebourg, qui avaient passé la frontière du côté de Gogney. Ils ont demandé à être dirigés sur Paris.


3 juin 1914
Un parricide à Reclonville
Dimanche après-midi, M. Adolphe Pierron, perruquier à Reclonville, près de Lunéville, avait eu avec son père une discussion au sujet d'une question d'intérêt. Le soir, le fils exaspéré par les injures de son père le frappa. Celui-ci se rendit à Ogéviller et, par téléphone, prévint la gendarmerie. A son retour, la discussion reprit, Adolphe Pierron, de plus en plus exaspéré, s'empara d'un revolver et tira à bout portant plusieurs coups de son arme sur son père qui se tenait devant sa grange. Le vieillard, qui était en état d'ivresse, tomba à terre, ce qui n'empêcha, pas Adolphe Pierron de tirer encore plusieurs coups de revolver sur le malheureux.
Le blessé a été transporté à l'hôpital de Lunéville dans un état grave.
Le meurtrier a été arrêté.


5 juin 1914
Tribunal correctionnel de Lunéville
[...] Quinze jours d'emprisonnement par défaut à Albert Langolf, 25 ans, mouleur à St-
Dié, pour avoir volé un canard à M. Hippolyte Thomas, propriétaire à Leintrey.


5 août 1914
La frontière violée
Les exactions allemandes
Les Prussiens violant la frontière sur divers points ont envahi dimanche la ville de Nomeny sise sur la Seille ainsi que la commune de Létricourt, et divers points entre Cirey et Blâmont, pour des réquisitions de bestiaux. Mais ils se sont vite retirés.


7 août 1914
Cruautés allemandes à Blâmont
Un sous-officier français, blessé, a été achevé par les Allemands.


8 août 1914
Un beau fait d'armes
Mercredi dernier, dans les bois de Blâmont, notre jeune concitoyen de Nancy, M. Georges Badel, sous-lieutenant au 17e bataillon de chasseurs à pied, en garnison à Baccarat, qui était en reconnaissance avec plusieurs ne ses éclaireurs, se trouva soudainement face à face avec une patrouille allemande de uhlans commandée par un officier.
Le jeune officier lorrain, sans perdre son sang froid, abattit d'un seul coup de revolver le lieutenant allemand. Aussitôt les uhlans se sauvèrent dans les bois vers la frontière.
M. Georges Badel prit tous les papiers de l'officier allemand et les rapporta à son corps.
Il est arrivé hier à Nancy, envoyé à Brienne où il va s'occuper de l'organisation d un
corps de réserve.
Toutes nos félicitations.
M. Georges Badel est le fils aîné du commandant Badel, parti, lui aussi à Neufchâteau,
en service pour toute la durée de la guerre.


10 août 1914
Escarmouches à nos frontières
Avricourt. - Vendredi matin, une forte patrouille allemande s'était avancée jusqu'à Igney-Avricourt et avait fait un prisonnier qui fut consigné chez un habitant nommé Gadel. A leur retour, les Allemands constatèrent la disparition du prisonnier. Ils se vengèrent sur M. Gadel et le fusillèrent immédiatement. Ils ont également arrêté et emmené un autre habitant d'Igney.


11 août 1914
LES BATAILLES
en Meurthe-et-Moselle et dans les Vosges
PARIS. - Un communiqué officiel du ministère de la guerre dit que les troupes françaises tiennent toujours à Cernay, Mulhouse, Altkirch.
De nombreuses escarmouches ont eu lieu sur toutes nos frontières de l'Est. On annonce que les Allemands se renforcent, mais il en est de même des Français.
Sur la crête des Vosges, les troupes françaises se sont emparées dimanche du col du Bonhomme et de Sainte Marie-aux-Mines après un violent combat qui a repris dans la
matinée de lundi et qui occasionna des pertes assez sérieuses à nos troupes.
Les blessés français et allemands ont été évacués sur Epinal.
Nous tenons les crêtes dominant la ville de Sainte Marie-aux Mines.
Le canon a été entendu à Baccarat dans la direction de Montigny, Sainte-Pôle et Badonviller.
Les troupes françaises sont aux prises avec les Allemands venant de Sarrebourg et ayant pénétré en Meurthe-et-Moselle par Blâmont, Cirey, dans la direction de Lorquin.
(Ces Allemands doivent être décimés par les canons du fort de Manonviller).


12 août 1914
La bataille de Blâmont
PARIS. - Dans la région de Blâmont, une tentative des Allemands a été faite sur Ogéviller et Hablainville.
Cette avancée échoua grâce au valeureux appui des canons du fort de Manonviller.
[...]
La situation générale
M. Mirman, nouveau préfet de Meurthe-et-Moselle, s'est installé lundi à Nancy.
On s'attend d'heure en heure à de grosses batailles vers Blâmont, Moncel, Longwy.
La ville de Toul est évacuée complètement.
Les crêtes des Vosges sont occupées par les Français.


14 août 1914
Le maire d'Igney fusillé
Dans tous les engagements de cette semaine, les Allemands ont usé de procédés barbares, otages fusillés contre tout droit, violences exercées sur la population civile, incendies, etc.. Ils ont arrêté à son domicile privé le maire d'Igney (près d'Avricourt), sous prétexte que la population de ce village aurait favorisé la fuite d'un prisonnier, et ils l'ont fusillé.
Tous ces actes sont abominables et mettent désormais l'Allemagne au ban des nations civilisées.
Il faut en finir avec ces barbares qui se ruent, en hordes sauvages, sur l'Europe entière, détruisant tout, achevant les blessés, bombardant les villes ouvertes, mutilant nos soldats. La pauvre Lorraine reverra-t-elle les catastrophes épouvantables de la Guerre de Trente Ans ?


17 août 1914
La Victoire de Blâmont
Une affaire importante a été engagée samedi dans la région de Blâmont-Cirey-Avricourt, où nos troupes avaient devant elles un des corps d'armée bavarois.
Les villes de Blâmont et de Cirey et les hauteurs au delà ont été brillamment enlevées.
Actuellement les colonnes allemandes se replient, laissant des morts, des blessés et
des prisonniers.
Nos troupes continuent à progresser dans les Hautes Vosges où les Allemands reculent sans cesse.

Nouvelle victoire à Cirey
Par un nouveau bond en avant, les troupes françaises ont fait reculer le corps d'année bavarois, qui déjà, s'était retiré devant elles dans la région de Blamont.


18 août 1914
Dans la région de Blâmont Cirey, nous nous sommes portés jusqu'à la hauteur de Lorquin, en enlevant les convois d'une division de cavalerie allemande, comprenant 19 camions-autos.

(Les dépêches suivantes datées de Paris 16 août, 9 h. 1/2 du soir ne nous sont parvenues
que lundi à 7 h. 1/2 du matin)
Les Victoires de Blâmont-Cirey
Intéressants détails
L'affaire de Blâmont-Cirey, signalée dans les renseignements généraux, a été particulièrement brillante.
C'est vendredi soir, 14 août, qu'une de nos divisions a commencé l'attaque; l'ennemi était fortement retranché par des ouvrages de campagne, en avant de Blâmont.
Ses avant-postes ont été refoules et l'attaque s'est arrêtée à la chute du jour. A l'aube du jour de l'Assomption, nous avons repris l'offensive ; une action d'infanterie, soutenue par l'artillerie, a enlevé, dans la matinée, Blâmont et Cirey.
Des forces allemandes, évaluées à un corps d'armée bavarois, ont alors occupé les hauteurs qui dominent au Nord ces deux localités, mais les forces françaises ont dessiné un double mouvement débordant, qui a déterminé le corps bavarois à ramener ses colonnes en arrière, dans la direction de Sarrebourg. L'affaire a été chaude et bien conduite.
Les Allemands ont subi des pertes sérieuses, aussi bien dans la défense de Blâmont et de Cirey, que dans la défense des hauteurs.
Le moral de nos troupes est excellent ; on signale spécialement l'énergie et la confiance de nos blessés.

LES COMBATS
dans la région de Lunéville
Notre excellent confrère, le Journal de Luvéville, donne des détails intéressants sur les
divers combats qui ont eu lieu la semaine dernière, entre Lunéville, Parroy, Xures et
Blâmont. On les lira avec bonheur.
Voici des détails sur le bombardement d'Ogéviller, le 9 août, par l'artillerie allemande massée dans les bois de Chazelles. La nôtre était massée entre Ogéviller et Burïville. Plusieurs obus tombent sur la ferme de La Folie, appartenant à M. Picot, tuant deux soldats et en blessant deux autres
Beaucoup de toitures ont été percées, notamment chez M. Enel débitant. Une seule
bombe sur les 60 et quelques lancées, a explosé.
Nos pièces françaises ont vite réduit le canon allemand au silence. Une batterie ennemie a été anéantie. La nuit, l'artillerie allemande s'est retirée pour reprendre position aujourd'hui même. Elle a trouvé en face nos artilleurs dans les mêmes positions.
On a enterre lundi matin, à Ogéviller, entre 8 et 9 heures, les deux victimes du bombardement.
Nous n'avons eu que 2 tués et 8 ou 10 blessés.
Les pertes de l'ennemi sont de 7 800 hommes.
Beaucoup de prisonniers ont été faits et emmenés sur Baccarat.
Un duel d'artillerie a eu lieu entre les nôtres, dimanche, de bonne heure, et les Allemands, du côté et au delà de Lagarde
Le 58e d'Avignon, et le 40e de ligue ont appuyé sérieusement notre démonstration.
- A signaler la prouesse d'un chasseur à cheval du 17e qui, après avoir décapité, ea
chargeant, un officier allemand, prit sa tête dans son bras et continua à charger.
- On a amené. à l'hôpital de Lunéville, le cycliste du 2e bataillon Marcel Lemaire, de
Lunéville, blessé légèrement le matin, du côté de Lagarde. C'est lui qui, vendredi, à la
ferme de Jamberat. près de Xousse, fit prisonnier, nonobstant la traîtrise du fermier,
trois Allemands qui tirèrent sur lui.
- Un duel d'artillerie sérieux a eu lieu, mardi 11 août, du côté et au delà de Parroy.
Le nombre des blessés, de part et d'autre, a été assez considérable, 30 voitures ont été réquisitionnées pour amener les nôtres à l'hôpital.
Un engagement assez mouvementé et chaud a eu lieu du côté de Lagarde. entre
l'ennemi, le 58e de ligne et le 19e d'artillerie auxquels sont venus porter secours la 3e
compagnie du 2e bataillon de chasseurs et le 8e d'artillerie. Les blessés ont été très nombreux, mais légèrement. Il y en a dans les 300 à 400.
Les Allemands évaluent leurs pertes à près de 2,000
On a incendié la ferme et le château de Martincourt le 11 août
- On a entendu le canon, mercredi, moins que les autres jours. Il semble que l'action
se soit portée plus spécialement du côté de Vacqueville et Domèvre
En se retirant, les Allemands incendient quelques maisons d'Herbéviller.
A Xousse mardi à midi, M. Constant Veltin était monté dans le clocher pour sonner l'Angélus. Les Prussiens arrivèrent et pensant qu'il était venu faire des signaux le fusillèrent, ainsi qu'un ami qui l'avait accompagné.
Les Allemands ont incendié des maisons à Coincourt et à Xousse.
- Les avions allemands ont lancé trois bombes sur le tort de Manonviller. Elles n'ont causé aucun dégât.


19 août 1914
Les sauvageries allemandes en Meurthe-et-Moselle
M le préfet de Meurthe-et-Moselle est parti lundi matin pour visiter les communes de Badonviller, Parux, Cirey, Blâmont, etc., si cruellement éprouvées ces jours derniers.
Nous publions en 2e page le récit de son douloureux pèlerinage.
Ou n'a pas idée des actes monstrueux de ces brutes, sorties d'on ne sait quel enfer !
Que Dieu récompense nos chères et infortunées populations ! Qu'il châtie terriblement les sauvages allemands et autrichiens, Guillaume, François-Joseph et leurs infâmes
séides !
Vive la Lorraine ! Vive la France !

Les atrocités
Allemandes
EN MEURTHE-ET-MOSELLE
Un héros : la Maire de Badonviller
La Préfecture de Meurthe-et-Moselle, nous communique cette note si douloureuse dans ses détails, et si émouvante pour nos coeurs de Lorrains et de Français. Et dire qu'il y a des gens à Nancy qui osent encore encenser l'ignoble François Joseph d'Autriche !
« M. le Préfet de Meurthe-et-Moselle, parti de Nancy lundi à la première heure et après avoir pris à son passage à Lunéville, M. le Sous-Préfet de Lunéville et M. le Député Mequillet, a visité successivement les communes de Badonviller, de Bréménil, de Parux, de Cirey-sur Vezouse, de Frémonville, de Blâmont et de Domêvre sur Vezouse.
Il a, dans quelques-unes de ces communes, dressé procès-verbal des actes de sauvagerie, commis par les troupes allemandes, assassinats, incendies, vols, pillages, etc.
Les crimes les plus monstrueux ont été les plus nombreux à Badonviller ; parmi les victimes, la femme du maire, Mme Benoit, fusillée au moment où, sur l'ordre de l'officier
bavarois, elle ouvrait les fenêtres de sa maison.
Non pas, au moment, on à l'occasion du combat ; mais à la fin de celui-ci, sans aucune raison se rapportant à la défense. Par colère et par rage, ces sauvages avant de se replier ont canonné et démoli l'église de St-Martin qui est eu ruines (Il est joli le « Gott fur uns ! » ).
M. Mirman s'est rendu chez le beau-père de M. Benoit, où la famille du maire s'est réfugiée; il a embrassé les enfants, leur a dit combien, en même temps qu'ils doivent garder l'impérissable souvenir de leur pauvre mère ils doivent être fiers de leur père pour toute l'énergie qu'il a dépensée en ces circonstances tragiques.
M. le Préfet de Meurthe et Moselle, dès son retour à Nancy, a télégraphié au Gouvernement pour rendre hommage à la fermeté de nos Maires lorrains et pour signaler tout spécialement l'admirable conduite de M. Benoit qui, après avoir vu sa femme fusillée, sa maison de commerce et sa maison privée, totalement incendiées, après avoir subi lui même les pires traitements, sans connaître un moment de défaillance, sans se laisser aller à sa propre douleur, est resté jours et nuits sur la brèche, veillant à tout, s'occupant de tout, le coeur meurtri, mais l'âme forte, toute la volonté tendue vers l'accomplissement du devoir.
Ajoutons ce trait : le lendemain de cette journée tragique, les barbares se replient ; quelques heures après, l'un d'eux est fait prisonnier et ramené à Badonviller ; la population exaspérée se précipite pour lui faire un mauvais parti ; M. le maire Benoit, dont l'autorité a grandi dans ces épreuves, s'interpose, rappelle les lois de la guerre, le respect dû aux prisonniers quels qu'ils soient. Il sauve la vie de cette brute, marquant ainsi tout à la fois la magnifique noblesse de son propre caractère et la supériorité morale qui fait la vertu de notre nation et qui assurera et sanctifiera sa victoire.
(Quel héros!).

A Bréménil, des assassinats aussi ont été commis: un pauvre vieillard de 74 ans se sauve de sa maison en flammes et traverse la rue pour chercher refuse dans l'église; les brutes - et le combat était fini - tirent sur lui et le tuent.
Un malheureux, blessé gravement d'une chute de bicyclette quelques semaines auparavant, alité, est brûlé dans sa maison avec sa vieille mère de 76 ans ; les restes de ces deux victimes ont été recueillis le lendemain.
Le maire, M. Camille Thiaucourt est, sur le pas de sa porte, fusillé à bout portant ; une balle lui traverse l'épaule ; le lendemain il fut transporté dans une ambulance de Cirey où M. le Préfet n'a pas manqué d'aller le saluer respectueusement.
La petite commune de « Parux » est parmi les plus éprouvées. Sur 60 maisons, 40 sont entièrement consumées ; là encore des crimes atroces ont été commis.
Pas de meurtres à Cirey. M. le préfet a visité à la mairie, l'ambulance organisée par Mme Mazerand ; puis l'ambulance de l'orphelinat où M. le maire de Bréménil est soigné.
Sur la place de la Mairie, au moment de quitter la commune, une scène vraiment impressionnante s'est produite : un officier général et M le Préfet se rencontrent, se serrent la main ; le général disant au préfet que tout va bien sur le front voisin, le préfet assurant au général que tout va bien pour la France, de Belfort â Liège, sur la frontière germano russe, à Belgrade, dans l'Adriatique, en Afrique, en Asie dans le monde entier, où partout la bête immonde est traquée et recule.
Une foule nombreuse, officiers, soldats, paysans, s'est réunie autour des deux interlocuteurs et lorsque ceux-ci se donnent l'accolade fraternelle, symbolisant dans cette étreinte l'indissoluble union de l'Armée et de la Nation, un immense cri s'élève de « Vive la France ! ».
A « Blâmont », les misérables brutes teutonnes ont assassiné aussi plusieurs personnes, ont pillé et saccagé plusieurs maisons, entre autres la grande chocolaterie appartenant à M. Burrus, sujet suisse.
Quand ils durent quitter Blâmont et se replier ils emmenèrent douze otages dont le curé, l'abbé Théodore Barbier, le buraliste,etc Ils les conduisirent auparavant à la place où le pauvre M. Louis Foill venait d'être fusillé et, leur montrant la cervelle épandue sur les pavés sanglants, les menacèrent du même sort.
L'un des otages, M. Colin, professeur de sciences au lycée Louis le Grand, à Paris, en villégiature familiale à Blâmont, fut emmené en chemise et pieds nus.
Indigné par les brutalités qu'il voyait commettre sur des enfants - sa propre fille reçut un coup de crosse eu pleine figure - M. Colin, s'adressant à un jeune lieutenant, lui, crie : « Mais vous n'avez donc pas de mère !»
Et l'émule de Forstner de répondre textuellement ces paroles caractéristiques de la mentalité d'une race : « Ma mère n'a pas fait de cochons comme toi ! » (Les monstres infâmes !)
Les otages de Blâmont, emmenés jusqu'à Gogney, enfermés dans l'église de cette commune. de 6 heures du soir à 7 heures du matin, ont pu retourner à Blâmont.
Chez toutes nos populations lorraines, si tragiquement éprouvées, aucun abattement, aucune défaillance.
Un sentiment domine les chagrins intimes les plus cruels : « La France va vaincre »
Ceux ci ont perdu leurs récoltes; ceux-là ont vu leur maison saccagée ; les uns ont vu les barbares incendier leur demeure ; d'autres ont vu fusiller. Beaucoup ont été menacés, insultés, frappés, blessés. Quelques uns ont connu en même temps toutes ces épreuves.
Aucun ne baisse la tête. Les yeux ont des flammes, non des larmes. Oui. il y a en eux et autour d'eux des ruines. Mais au-dessus de toutes ces ruines s'élève rayonnante de force, de gloire, de beauté, l'Image sainte de la Patrie triomphante !
Vive la Lorraine ! Vive la France !!!


20 août 1914
Les cruautés allemandes
Leurs lettres infâmes
PARIS. - Aux environs de Badonviller, les troupes françaises ont saisi de nombreuses lettres, écrites par des soldats allemands.
Plusieurs de ces lettres assurent que les Allemands auraient avancé de 60 kilomètres en France (les mètres sont pour eux des kilomètres) ; une autre dit que les troupes allemandes seront à Paris à la fin d'août.
Dans une troisième, ces brillants géographes soutiennent qu'ils sont arrivés dans le sud de la France.
La plupart de ces lettres contiennent des injures à l'adresse de nos braves soldats français.
Il convient de faire remarquer que les soldats allemands, qui ont écrit ces lettres, reculent depuis cinq jours devant nos troupes françaises.
En outre, les Allemands y déclarent qu'ils se manquent pas d'argent, qu'ils obtiennent des populations françaises par la menace du revolver.
Avant d'incendier les villages, les Allemands affirment qu'ils emportent tout ce qui peut être pour eux nourriture et boisson.
Un autre Allemand a le toupet d'écrire que la première ville qu'ils ont rencontrée à la frontière a été complètement détruite et qu'ils ont fusillé tous les Français civils qui ont une mine suspecte ou malveillante.
On les fusille, hommes ou jeunes garçons non adultes.
Une autre lettre dit encore :
« Nous avons fusillé des habitants de 14 à 60 ans, et nous avons abattu 30 femmes ».
Vingt autres lettres renferment constamment ces phrases atroces : « Tout a été fusillé ou tué, tout ! Nous n'avons laissé aucun habitant vivant, sauf quelques femmes ».
Il semble bien que cette fureur teutonne soit motivée par cette accusation odieuse et fausse qu'ils ne cessent de mettre en avant, que des civils tirent sur les troupes allemandes et que le gouvernement français leur a fait distribuer des armes et des munitions.
Or, tout le monde, même en Allemagne, sait bien que cela est absolument faux.
Les lettres saisies indiquent que de nombreux réservistes allemands sont morts par suite de la chaleur excessive sur les routes.
Un régiment bavarois, engagé dans la région de Badonviller aurait subi des pertes colossales (c'est pour cela sans doute qu'ils ont commis des atrocités sans nom dans cette petite ville lorraine).
Enfin une lettre ajoute ces détails :
« Le maire de Blâmont, le curé doyen (l'abbé Théodore Barbier) et plusieurs notables de la ville, furent condamnés à mort par les Allemands.
Mais l'arrivée rapide des troupes françaises mit le désordre dans la retraite et les Allemands rendirent la liberté aux otages qu'ils traînaient avec eux ». - Havas.


22 août 1914
M. le Préfet
dans les communes éprouvées
Nous avons reçu un très long compte rendu d'une nouvelle visite du préfet dans les communes éprouvées. En voici la partie principale :
M, et Mme Mirman se sont rendus :
1° A Badonviller. sur la tombe de Mme Benoit, femme du maire, fusillée alors qu'elle ouvrait, sur les ordres des autorités allemandes, les fenêtres de sa maison.
2° A Badonviller, sur la tombe provisoire, en plein champ, où reposent les restes de Mme George et de son mari, fusillés dans leur maison même avec une atroce cruauté.
3° A Bréménil, sur la tombe de Mme Barbier, brûlée dans sa propre maison, et qui y fut d'abord probablement assassinée au chevet de sou fils blessé et alité, dont les restes furent aussi retrouvés dans les décombres.
4° A Blâmont, sur la tombe de Mlle Cuny, tuée dans les champs, près du village, et sur qui les Allemands tirèrent comme sur une alouette.

A Badonviller, pendant que le pieux pèlerinage s'accomplit sur les tombes de Mmes Benoit et George, la foule s'est massée sur la place. Un officier, commandant des troupes de passage, avisé de la cérémonie qui va avoir lieu, commande un piquet pour rendre les honneurs. M. le préfet de Meurthe-et- Moselle a prononcé un très émouvant discours.
Il a terminé ainsi :
« Le spectacle de ces ruines fumantes m'impose un devoir : habitants de Badonviller et des communes éprouvées de Lorraine, je prends devant vous un double et solennel engagement : d'abord vos maisons vous seront rendues, reconstruites aux frais du pillard et de l'incendiaire ; puis vos églises seront restaurées et si elles doivent l'être par souscription publique, je prends l'engage ment, au nom de ma race dont je connais bien l'âme, qu'à cette souscription pas un Français ne manquera, catholique ou libre penseur, protestant ou israélite, puisque tous aujourd'hui forment contre le Barbare comme un bloc de ciment armé. »
Il me reste une mission à accomplir :
M. L. Mirman rappelle la conduite héroïque du maire Benoit ; il insiste sur les vertus morales dont il a fait preuve lorsque le lendemain il a sauvé, par sa courageuse intervention, la vie d'un prisonnier allemand.
Il met en relief le magnifique exemple qu'il a donné et dont la France est fière. Et aux acclamations enthousiastes de toute la foule, il épingle sur le modeste veston du maire Benoit la croix de chevalier de la Légion d'honneur.

Après une courte visite à Bréménil et à Blâmont, M. le préfet s'est rendu à Nonhigny, où un affreux spectacle l'attendait.
Sur 60 maisons, 45 et les plus importantes sont brûlées, l'église en ruines, quatre hommes assassinés, dont l'adjoint faisant fonctions de maire, M. Jeanjean. M. Mirman réunit les quelques hommes valides présents dans le village ; sur leur indication désigne M. Arsène Gérard pour faire fonction de maire, distribue des secours d'extrême urgence, donne des indications sur le ravitaillement en farine et diverses autres questions d'intérêt immédiat, et fait par M. le juge de paix du canton, présent sur les lieux, adresser un secours à la commune de Parux, également bouleversée, visitée déjà antérieurement.
La commune voisine de Barbas est moins éprouvée. Deux hommes tués, cinq otages emmenés. Maisons pillées, mais aucune incendiée.
Il est entendu que la population de Barbas va aider les habitants plus malheureux de Nonhigny.
A Remoncourt, le maire, M. Scherer, et M. Beaudoin, conseiller municipal, ont été emmenés comme otages et ne sont point revenus.
Pas d'assassinat. Pas de maison incendiée. Mais le village est à sac. L'adjoint Chatel se multiplie. La population pleure de joie en apprenant les bonnes nouvelles, en écoutant les paroles réconfortantes que lui apporte M. le préfet de Meurthe et-Moselle.
À Xousse, trois maisons brûlées, un otage emmené. Xousse, où il reste quelques vieux chevaux, ira se ravitailler en farine pour son compte et pour Remoncourt.
Vaucourt offre comme Nonhigny un spectacle de désolation : une trentaine de maisons incendiées, incendiées non comme l'église par le bombardement et par accident de guerre, mais incendiées à la main, froidement, comme à Badonviller. Trois otages emmenés. Le village est à sac. La population réunie sur la place, au milieu des ruines, accueille les déclarations du préfet par une acclamation unanime de « Vive la France ! » et sur ces villages éprouvés coulent aussi des larmes de joie et de fierté.
(Il est question à Vaucourt d'organiser l'an prochain un banquet pour l'inauguration des maisons reconstruites. Il semble qu'on a bien autre chose à penser actuellement qu'à un banquet Des prières pour les morts et des secours nécessaires aux malheureux survivants sont plus de circonstance.)

Encore les atrocités de Badonviller
Saura t'on jamais toutes les horreurs qui se sont passées à Blâmont, Badonviller et dans les villages d'alentour. Voici encore de navrants détails que donne une lettre d'un habitant de Badonviller :
« Dix personnes furent saisies comme otages. Le juge de paix, le commis percepteur, deux appariteurs et gardes-champêtres, des propriétaires. Ces personnes n'étaient pas rentrées dimanche soir.
A Fenneviller, dix-sept personnes avaient été emmenées également. Elles sont revenues dimanche.
A Cirey, M. le comte de Guichen, a dû verser une indemnité de 40 000 fr.
A Parux, quatre maisons ont été incendiées. Les Allemands ont volé tous les couchages, draps, draps, couvertures.
On ne peut se faire une idée de la terreur que ces misérables avaient fait régner chez tous les hommes, femmes et enfants.
C'était un véritable affolement pendant les journées des mardi et vendredi, jour où l'artillerie française arrivant, les a déchiquetés. Il y a eu des scènes horribles et épouvantables.
Enfin, dans la nuit de vendredi à samedi, les hordes teutonnes étaient refoulées. Quatre de leurs soldats étaient réfugiés au café Choigney, à Badonviller. Un fut tué, les trois autres faits prisonniers
Quelle magnanimité française d'avoir conservé la vie à ces trois brutes !
On dit qu'un évêque bavarois et un pasteur protestant suivaient les troupes allemandes.
Il ont vu et assisté à toutes ces horreurs sans se révolter.
Les officiers disaient aux habitants : « Vous nous déclarez la guerre (sic-, vous êtes des lâches ! ».
Pour la honte des Bavarois, pas un coup de feu, pas une marque d'hostilité n'avaient été dirigés contre leurs troupes par les civils.»
On nous rapports des faits plus épouvantables encore qui se seraient passés jeudi à Nomeny Nous nous refusons encore à y croire.


26 août 1914
Les horreurs d'Amenoncourt
Un brave cultivateur d'Ameuoncourt, près de Blâmont, M. Charles André, a raconté au Matin son affreuse détresse.
Il a dit comment les Prussiens avaient saccagé son foyer et pillé tous ses bien.
Dans la nuit de jeudi à vendredi, alors que tout dormait dans le village, ils se glissèrent comme des bandits dans les rues, incendièrent nos maisons.
L'une d'elles, appartenait à M. Eugène Thouvenin, qui avait abrité dans son étable deux chevaux de dragons français, blessés au cours d'un engagement et qu'il soignait en cachette.
Les Prussiens fouillèrent la maison, découvrent les chevaux, et, pris d'une folle rage, mirent le feu partout, brûlèrent l'étable et jetèrent dans les flammes le malheureux Thouvenin.
Le lendemain on ne trouva plus qu'un corps calciné, que quelques habitants de la commune inhumèrent.
Les soldats allemands, baïonnette au canon avaient pénétré dans toutes les maisons, avaient tout pillé, tout détruit.
Ils tuaient sans pitié les pauvres gens qui élevaient la moindre protestation.
Affamés, ils se jetaient sur les vivres, dévoraient tout avec une gloutonnerie répugnante.
Ivrognes forcenés, ils se précipitaient dans les caves et buvaient, vidaient les tonneaux, puis roulaient ivres morts sur le sol.


1er septembre 1914
La France dénonce au monde civilisé les atrocités allemandes
Voici le texte de la protestation qui sera communiquée aux gouvernements près desquels ils sont accrédités par les divers ambassadeurs français :
Le gouvernement de la République française a l'honneur de porter à la connaissance des puissances signataires des conventions de La Haye les faits ci-dessous exposés qui constituent de la part des autorités militaires allemandes une violation des conventions signées le 18 octobre 1907 parle gouvernement impérial allemand.
Suivant rapport du 10 août 1914, transmis par le général commandant en chef de l'armée de l'Est, les troupes allemandes ont achevé un nombre important de blessés par des coups de feu tirés à bout portant dans le visage, ainsi que peut en faire foi la dimension de la blessure; d'autres blessés ont été piétinés intentionnellement et labourés à coups de talon. A la date du 10 août, des fantassins allemands, des Bavarois, ont, dans la région de Barbas, d'Harbouey, Montigny, Montreux, Parux, systématiquement incendié les villages qu'ils ont traversés, alors que, durant l'action, aucun tir d'artillerie, de part et d'autre, n'avait pu provoquer d'incendie; dans la même région, ils ont obligé les habitants à précéder leurs éclaireurs .
Suivant rapport du 14 août 1914, transmis comme ci-dessus, les troupes allemandes brûlent les villages, massacrent les habitants, font marcher devant eux les femmes et les enfants pour déboucher des villages sur le champ de bataille (à Billy notamment dans le combat du 10 août) ; ils achèvent les blessés et tuent les prisonniers.
Le gouvernement de la République, en présence de semblables procédés, que réprouve la conscience universelle, laisse aux puissances civilisées l'appréciation complète de ces faits criminels qui déshonorent à jamais un belligérant.


2 septembre 1914
Nos blessés
C'est par les journaux du Mont-Dore que j nous apprenons le sort des soldats blessés aux combats de Blâmont, Cirey et Bedonviller.
Ils ont été évacués sur Baccarat, où s'est formé un train sanitaire qui les a conduits à Clermont Ferrand.
Il en est arrivé 480 à Clermont le 22 août, salués respectueusement et réconfortés par la foule, puis distribués à l'Hôtel-Dieu, au Lycée Jeanne d'Arc, à l'Ecole normale et à Royat.
D'autres trains en ont amené 400 à Clermont le 24 août, 245 à Riom, 410 à Chàtel-Guyon.

Les Enfants de Blâmont
Aux victimes d'août 1914
Sur leur tombeau de granit, jeunes filles, tressez des couronnes ; petits garçons, effeuillez des roses... sur leur tombeau de granit, passe et repasse un vent d'héroïsme et de foi!
Loin d'abord, bien loin dans les âges, à la formation de nos communes rurales, les enfants du canton plusieurs fois se levèrent à l'appel des seigneurs, des suzerains de Blâmont, les vaillants sires batailleurs qui frappaient d'estoc et de taille et se servaient des « manants », nos pères, pour agrandir leurs domaines ou défendre leurs forteresses.
Ces paysans de nos vallées lorraines luttaient et combattaient ensemble, mouraient en héros modestes, ayant bien fait leur devoir, ou retournaient, vainqueurs, à leurs joncs, à leurs oseraies, à leurs pâturages et aux rudes labours du sol ancestral.
-Sur leur tombeau de granit, jeunes filles, tressez des couronnes ; petits garçons, effeuillez des roses... sur leur tombeau de granit, passe et repasse un vent d'héroïsme et de foi.
Ce furent ensuite les grandes épopées du moyen-âge, les chevauchées sans fin, les sièges innombrables; ce fut l'époque où de Blâmont à Ogéviller, de Buriville au ban de la la Rivière à Herbéviller, de Badonviller à Pierre Percée, s'élevèrent les châteaux-forts et les donjons et les tours, dont les ruines gigantesques nous émeuvent encore aujourd'hui.
Et les enfants de Blâmont - « civis murus erat », chaque citoyen était un mur vivant - s'unirent pour repousser l'envahisseur, l'allemand, le germain d'outre-Rhin.
Non pas une fois, mais dix., et un. jour aux murailles sanglantes du vieux château de Blâmont on vit ceci : le corps d'un Klopstein, gouverneur et défenseur de la cité, pendu par les reîtres, se balançant à une corde, avec, an dessous, les cadavres des citoyens, des enfants de Blâmont, morts glorieusement pour avoir lutté contre l'allemand et sauvé l'honneur de la Lorraine envahie.
- A ceux là, à ces héros d'autrefois qui n'ont point de tombeau de granit, jeunes filles, ah! tressez des couronnes; petits garçons, conscrits de demain, offrez des palmes de triomphe... sur les ruines-du vieux château de Blâmont, passe et repasse depuis 1636 un vent d'héroïsme et de foi.
Et puis, hier, ce fut l'histoire sublime... les enfants de Blâmont, se levant avec un ensemble merveilleux, dans toutes les communes, et s'en allant là-bas, vers la Woèvre ou les plaines d'Alsace, vers Metz et vers Sedan aux champs de Loigny et de Bapaume.
C'étaient nos pères, nos frères, nos parents nos amis.
Ils sont tombés pour la patrie, ils sont morts pour elle... ils ont fait simplement ce qu'avaient fait leurs pères, ce que leurs fils feront à leur tour, au jour de l'appel aux armes.
Ils sont mort et ils vivent, ils revivent aujourd'buî dans la mémoire de tous, et Blâmont les honore et veut perpétuer à jamais leur souvenir « Gloria Victis ! »
Sur leur tombeau de granit, jeunes filles, tressez des couronnes ; petits garçons, effeuillez des roses... sur leur tombeau de granit, passe et repasse un vent d'héroïsme et de foi.
E. B.


11 septembre 1914
Morts pour la patrie
[...] le lieutenant de réserve Couchard, de Manzat, a été tué à l'ennemi, au combat d'Halloville (Meurthe-et-Moselle), au moment où il se portait au secours de son capitaine blessé ;


12 septembre 1914
La conduite des Allemands à Blâmont
Voici un extrait, textuel, d'une lettre écrite à une amie par la veuve d'un de nos officiers, tué à l'ennemi :
J'avais suivi Charles jusqu'à Blâmont, je m'étais installée la dans un petit hôtel. Je ne voulais pas le quitter. Pendant les premiers jours de la mobilisation, je pouvais le voir environ une heure chaque jour à l'heure des repas Puis, je ne le vis plus que quelques minutes. Le jour où son régiment partit vers Lorquin, il vint m'embrasser à l'hôtel. « On se battra aujourd'hui me dit il. Rassure toi, je reviendrai vivant » Le soir, pas de nouvelles; le lendemain non plus. Trois jours, après je vois revenir une partie des troupes parties avec le régiment de mon mari. Je retrouve un sous officier de son bataillon que j'avais connu quand il était adjudant major. Je le questionne. « Mort ! » me répondit-il.
J'ai demandé quel était l'endroit où était tombé mon mari. On m'a indiqué un champ à l'entrée d'un petit bois, à douze kilomètres de Blâmont, sur le territoire annexé. Je suis partie immédiatement. Je voulais au prix de n'importe quels sacrifices retrouver son corps, l'embrasser une dernière fois et le faire ramener pour qu'il repose dans notre tombeau de famille Ce fut, hélas! impossible.
Arrivée sur les lignes allemandes, je demandai à parler à un officier. On me conduisit à un major, un gros homme roux portant des lorgnons d'or. Quand j'entrai dans la salle d'auberge où il se trouvait il ne daigna même pas me saluer. Résolument, je lui j expliquai le but de ma visite. Chercher et reprendre le corps de mon mari, tué à quelques centaines de mètres de là. Le major me laissa parler jusqu'au bout sans sourciller. Quand j'eus terminé, il me dit en allemand :
« Die franzoesischen Leichen sollen durch die Raub Vogeln gefressen werden Heraus »
« Les cadavres des Français doivent être mangés par les oiseaux de proie. Va t'en ! »
Et il me chassa.
Des soldats qui avaient entendu les paroles du major me poussèrent dehors. Avec la pointe de leurs baïonnettes, il se mirent à me piquer le cou, que j'avais découvert. Pendant trois cents mètres je fus ainsi reconduite vers Blâmont par deux soldats.
Quand je rentrai à l'hôtel, le sang qui s'échappait des piqûres faites à mon cou me coulait dans le dos ; j'ai dû m'aliter et faire venir un médecin qui m'a aussitôt fait un pansement. Il a compté vingt deux piqûres.


24 septembre 1914
Les Opérations
Militaires
Bordeaux, mardi 22 septembre 1914, 4 h. 10 du soir.
[...] 3° A NOTRE DROITE. - En Lorraine, il [l'ennemi] a de nouveau franchi la frontière avec une série de petites colonnes ; il a réoccupé Domèvre-sur-Vezouse, au sud de Blâmont.


25 septembre 1914
Les Opérations Militaires
Bordeaux, mercredi 23 septembre 1914, 4 heures du soir.
[...] 3° A NOTRE AILE DROITE. - (Lorraine et Vosges) : Les Allemands ont évacué Nomeny et Arracourt et ont mon tré peu d'activité dans la région de Domèvre-sur-Vezouse, près de Blâmont.


30 septembre 1914
Georges Liegey, 17a bataillon de chasseurs, soigné au Séminaire de Montbrison (Loire), désirerait recevoir nouvelles de sa famille de Migneville (Meurthe et-Moselle).


1er octobre 1914
La reprise d'Avricourt
Une belle manoeuvre de nos soldats
La « Presse » publie le récit suivant des opérations à la suite desquelles la petite ville frontière d'Avricourt, située à notre frontière, a été reprise par nos soldats.
Voici une partie de ce récit :
Rien ne manquait pour appuyer le mouvement ; les 75 indispensables pour préparer l'assaut, la cavalerie nécessaire pour accélérer la retraite ennemie escomptée.
Instruit par l'expérience, notre état-major avait interdit toute attaque à l'arme blanche, qui ne serait point soutenue par un feu d'artillerie efficace.
La perfection des moyens défensifs allemands est telle qu'une pareille interdiction s'impose désormais. En effet, lorsque l'ennemi se retranche (et principalement les troupes prussiennes), il ne se borne pas à creuser les fossés nécessaires à cacher son effectif.
Leurs terrassements comprennent toujours une deuxième ligne de tranchées, parfois une troisième, et chacune de ses lignes est assez vaste pour servir d'abri à l'effectif réel. En un mot, lorsqu'un régiment allemand se retranche, il creuse des fossés pour trois régiments.
Et l'on comprend de suite la tactique parfaite pour eux, meurtrière pour nous. Quand, après un assaut endiablé et coûteux, nos fantassins ont chassé les Prussiens de retranchements que nous croyons uniques, voici que l'ennemi, dans son recul, se cache à nouveau dans une deuxième ligne de taupinières, d'où il exerce à coup sûr ses ravages.
Nous pensions déjà en avoir fini après cet effort décisif de nos fantassins. Et nous voilà encore obligés de donner l'assaut une seconde fois, parfois une troisième, et toujours contre le même ennemi, se reformant à la faveur de sa deuxième ou troisième ligne de terrassements.
Il y a là une tactique défensive qui nous oblige désormais à n'agir en aucun cas, sans le concours réel et effectif de l'artillerie.
Nous avions la chance de pouvoir nous appuyer sur le fort de Manonviller. Nous avions installé là quelques grosses pièces amenées, non sans grosses difficultés, à travers les routes détrempées.
Manonviller est à près de quinze kilomètres d'Arracourt ; mais l'effet moral tout au moins d'une canonnade pouvait être escompté. Aussi, dès onze heures du soir, malgré la nuit, une fois repérée la distance exacte des positions ennemies, voilà les gros canons qui commencent à tonner, peut-être sans grand résultat, mais tenant éveillé et inquiet l'ennemi que nous devions attaquer à l'aube.
Tandis que notre canonnade pouvait faire croire à une attaque prochaine et violente sur le centre, notre chef dessinait sur les ailes un mouvement tournant. Ne laissant que quatre batteries de 75 sur le centre avec un rideau d'hommes, il partait lui-même à la tête du principal effectif dans la direction du canal de la Marne au Rhin. Défense absolue de causer, de fumer. Ordre de tenir à la main le fourreau de la baïonnette, par crainte de son cliquetis possible. Et derrière, le fort de Manonviller tonne.
Une nuit noire favorisait la marche. Une pluie fine nous fouettait la figure, ouatant de brume les chemins ; artillerie, cavalerie, fantassins, tout défile dans un ordre muet, parfait, sans un cheval tombé, sans un homme en arrière, sans un train rompu.
Enfin, voici le canal. Deux heures nous le longeons dans notre marche silencieuse.
Et là-bas, toujours, Manonviller tonne, donnant le change.
L'aube se lève. Un coup de sifflet bref. Nous faisons halte. La pluie a cessé. Un soleil pâle se love. Au loin, sur notre droite, Avricourt sort de l'ombre. Quatre heures ! C'est le moment précis fixé aux camarades restés là-bas, sur le centre. Le bruit de nos 75 de rideau nous parvient, dominé par les gros frères de Manonviller.
En cinq minutes, les chevaux dételés, les caissons ramenés en arrière, et voilà que nous aussi, mais à bonne portée, nous pointons l'ennemi. Avec des lorgnettes, nous suivons l'effet de nos obus. Un à un, nous voyons les retranchements s'évacuer.
- Feu à volonté !
Nos Lebels achèvent ce que commence notre 75.


19 octobre 1914
Un jeune héros
On nous écrit de Gex :
« Un nommé Louis Voinot, âgé de seize ans, était domestique à Reillon (canton de Blâmont), lorsque le 15 août, les troupes françaises traversèrent ce hameau.
Louis Voinot quitta crânement son patron, M. Bonhomme, pour suivre nos soldats et combattre avec eux.
C est au cours d'un engagement au nord de Toul que cet enfant a eu le bras fracassé par une balle.
Il est soigné, an ce moment, par M. le docteur Emile Rouyer, médecin-major de l'armée, notre compatriote toulois, à l'ambulance du Pré Bailly, à Gex.
Il se réjouit de retourner bientôt au feu. »


21 octobre 1914
Les Allemands à Blâmont
Le Daily Mail reproduit un article du Times daté de Nancy, 10 octobre, qui montre l'énergie avec laquelle on combat en Lorraine.
Blâmont est toujours plus ou moins entre les mains de l'ennemi, plus que la forêt de Vitrimont, qui se trouve occupée par les six uhlans qui errent toujours, suppose t-on, dans ses profondeurs, et moins que Maubeuge ou Cirey. Cette occupation est intermittente.
Chaque jour les Allemands envoient une patrouille et lancent quelques obus dans la ville, simplement pour la rendre inhabitable en tant que résidence permanente pour les Français ; ceux-ci, de leur côté, y envoient aussi occasionnellement des patrouilles, pour voir à quoi s'occupent les Allemands.
Ce fut d'un terrain non boisé, au sud de cette ville, qui commande Domèvre, et aussi de la ville elle même, que l'artillerie allemande bombarda Badonviller.
Du côté français de la ville, on peut voir qu'elle a été le centre de combats continuels depuis le commencement de la guerre. L'église et le cimetière ont particulièrement souffert du bombardement ; le clocher et le toit n'existent plus et les quatre murs sont tout ce qui reste. Une statue de Jeanne d'Arc avec un bras cassé à l'épaule se dresse toujours sur son piédestal.
L'autre côté de la ville est comparativement en bon état. Il est assez curieux de noter ce fait que le bombardement, par les Allemands, eut lieu lorsque leurs troupes se trouvaient dans la ville. On leur ordonna simplement de se tenir en dehors de la zone dangereuse, en l'occurrence le côté français


25 octobre 1914
Nos prêtres prisonniers
Voici les noms des prêtres du diocèse de Nancy (du moins ceux qui sont connus) qui sont retenus comme otages par les Allemands et internés dans la forteresse d'Ingolstadt en Bavière.
Ingolstadt est une pace forte sur le Danube au nord de Munich, en amont de Ratisbonne, avec dix forts à sa périphérie, sur la ligne d'Ansbach à Munich.
Nos prisonniers sont donc : MM. le chanoine Lacour, curé doyen d'Arracourt ; Vanat, curé-doyen de Gerbéviller ; Emond, l'aimable et dévoué curé de Flin;Vincent,curé de Moyen ; Gillot, curé de Chénevières ; Heckler, curé de Laneuveville-anx-Bois ; Kuchly curé de Leintrey ; Edmond Chatton, le savant archéologue lorrain, curé de Sornéville ; Emile Chatton, son frère, curé de Hoëville : Eugène Gérard, curé de Fontenoy la-Joûte, et le curé de Parroy.
Ces onze prêtres lorrains sont détenus au fort von der Thann, à Ingolstadt (Bavière).


31 octobre 1914
Une lettre d'Ingolstadt
Nouvelles de divers otages de Meurthe-et Moselle
M. le préfet de Meurthe et-Moselle vient de recevoir la lettre suivante qu'il s'empresse de porter à la connaissance des familles et amis de nos concitoyens disparus :
« lngolstadt (Bavière), fort von der Thann, le 11 octobre 1914
à M. le Préfet de Meurthe-et Moselle. »
Monsieur le Préfet,
Les fonctionnaires ci après désignés, ainsi qu'un certain nombre de citoyens français de Meurthe et-Moselle et des Vosges, tous libérés du service militaire, viennent vous exposer qu'entre les 23 août et 13 septembre derniers, ils ont été arrêtés chez eux par les troupes allemandes (au titre d'otages sans doute), puisqu'aucun motif belliqueux ne peut leur être reproché, et qu'en ce moment, ils sont considérés comme prisonniers de guerre dans le fort sus indiqué.
A l'heure actuelle leur présence étant plus que jamais nécessaire dans leurs communes respectives ou au milieu de leurs foyers, ils viennent, Monsieur le Préfet, vous prier de vouloir bien transmettre la présente revêtue de votre appui, aux autorités compétentes, en vue d'un prompt élargissement, si possible.
Et ils ont l'honneur d'être, Monsieur le Préfet, vos obligés serviteurs.
Les délégués :
ROZE, - LECOMTE
Maire de Moyen. Instituteur à Chenevières.
ROUSSELET,
Chef de poste de désinfection
de Longwy.
Adam, maire de Fréménil, Alison, maire d'Emberménil, Carrière, maire de Bénaménil, Clochette, adjoint au maire de Flin, Colette, maire de Domptail (Vosges), Dort, maire de Buriville, Gallois, maire de Leintrey, Gérardin, maire de Chenevières, Grangé, maire de Domjevin, Hennezo, maire de Xousse. Jenanin, adjoint au maire de Verdenal, Lhôte, conseiller municipal à Baccarat, Midon, maire de Lamath, Munier, maire de Vého, Pochel, maire de Flin, Pierson, adjoint au maire de Laneuveville aux-Bois, Bjoze, maire de Moyen, Stourm. maire de Manonviller, Thouvenin. maire de Vathiménil, Vautrin maire de Xures, Virion, maire de Nossoncourt (Vosges), Grandclaude, instituteur à Leintrey, Jespérier, instituteur d'Arracourt, Lecomte, instituteur à Chenevières, Mathieu, instituteur à Laneuveville-aux-Bois, Virion, à Manonviller, Ch. Rousselet, chef de poste de désinfection à Longwy, Auguste Rousselet, aide de poste de désinfection à Longwy.


2 novembre 1914
Mlle Charpentier à Blâmont, désire savoir si sa maison, 82, Place Carnot existe encore et dans ce cas si elle est habitable. Peut-on rentrer à Blâmont et s'y ravitailler.


4 novembre 1914
Un jeune héros de quinze ans à Domèvre
Le « Matin » a publié cet entrefilet émouvant :
« C'est à Domèvre, village de Lorraine, dont le nom fut cité à plusieurs reprises dans les communiqués officiels, qui fut pris et repris, abandonné et réoccupé, finalement bombardé par les Allemands, et dont cinq maisons seulement sont encore debout.
Pourquoi les Allemands tirèrent-ils sur un enfant de ce village, Maurice Claude, à peine âgé de 15 ans, qui reçut trois blessures affreuses ? Quelles furent les tortures que ce pauvre petit endura ? Quel affreux traitement les barbares lui infligèrent ils ? Nous saurons tout cela plus lard, ou plutôt nous l'imprimerons lorsqu'il sera permis de tout dire...
Qu'il suffise, pour le moment, d'indiquer que là, comme partout, les Allemands se conduisirent avec la plus insigne lâcheté.
Depuis plusieurs jours, Maurice Claude est à l'ambulance du château. Une religieuse veille à son chevet. Les Allemands ont refusé à sa mère de le soigner, d'apaiser ses souffrances sous des baisers. Maurice Claude va mourir...
Pris de remords, peut être - sait-on jamais ? - le colonel allemand vient le voir.
En français, il lui demande :
- Eh bien, mon ami (mon ami !) vous ne souffrez plus maintenant ? ...
L'agonisant tourne péniblement la tête. On sent qu'il rassemble toutes ses forces. Et très fier, les yeux fixés sur les yeux de cet ennemi et refusant sa pitié, il jette, haletant ;
- Je n'ai jamais souffert... je meurs pour ma patrie.
Epuisé par sou effort, l'enfant laisse retomber sa tête sur l'oreiller, puis murmure :
- Vive la France !
L'officier allemand souffleté par cette réponse, recule. Son visage est blanc comme les draps du lit sur lequel il s'était appuyé et il quitte la chambre sans ajouter un mot.
Et le petit paysan achève de mourir. »


10 novembre 1914
Un jeune héros lorrain
Le gouverneur de Paris a passé ces jours derniers une revue des sociétés de préparation militaire, dans la cour d'honneur des Invalides.
Le général Galliéni remarqua un jeune homme, un gamin presque, qui portait avec une crânerie superbe le sombre uniforme des chasseurs à pied...
- C'est un jeune héros, lui dit-on.
- Vous me le présenterez tout à l'heure, dit le gouverneur de Paris.
On l'amena au général, en effet, après le défilé, et, timidement, il conta son histoire :
Emile Bigarré a quinze ans et demi. 11 est né à Blâmont et a perdu, dans l'effroyable guerre, ses parents, réfugiés il ne sait où. Ce blondinet, aux clairs regards bleus, ce petit gars intelligent, plus doux et plus timide qu'une fille, s'est battu comme un lionceau.
Blessé à la jambe droite, au coude et à la main gauches, il refusait de quitter les soldats du 7e bataillon, qui l'avaient recueilli, consolé, habillé, armé. Il fallut, à Rosières, où il reçut sa dernière blessure, qu'on lui donnât l'ordre formel de se retirer pour qu'il consentît à se laisser panser.
A ce jeune héros, le général Galliéni sut dire en quelques mots son estime.
- Mon enfant, lui dit il, tu as porté avec honneur l'uniforme des chasseurs à pied. Tu as fait dignement figure dans leurs rangs. Donne moi la main. Tu es un brave !


16 novembre 1914
Les atrocités allemandes à Emberménil
On lit dans l'Eclaireur de Lunéville ce tragique récit :
« Nous sommes heureux de donner à nos lecteurs des renseignements précis que nous tenons de source très sûre sur les atrocités commises par les Allemands dans la journée du 5 novembre au village d'Emberménil.
A Emberménil, localité voisine de Lunéville, une patrouille de dragons avec quelques chasseurs à pied a tendu une embuscade à une patrouille allemande qui s'avançait dans le village et un sous officier du 5° bavarois landwehr fut fait prisonnier.
Furieux de cette prise, les Allemands revenaient au village le 5 novembre et reconnurent la maison auprès de laquelle s'était dissimulé la patrouille française, ils firent sortir tous les habitants des maisons et les rassemblèrent devant l'église.
L'officier annonça que le bétail allait être enlevé parce qu'une femme du village avait trahi les soldats allemands.
Une jeune femme, Mme Masson, courageusement s'avança vers l'officier et dit : « Il ne faut pas pour moi que vous preniez les bêtes des gens du pays, je ne vous ai pas trahis, j'ignorais, quand vos soldats ont passé devant chez moi, que les Français étaient là, je ne les avais pas vus, je le jure. » Ah ! c'est vous, dit l'officier, et, s'exprimant mal en français, il fit dire par une personne parlant allemand, la phrase suivante :
- « Par ordre du colonel, cette femme sera fusillée. » Et il la fit conduire sur les marches des escaliers de l'église. Et, comme si une victime ne suffisait pas à sa fureur barbare, l'officier fit saisir un jeune homme de 23 ans, le fils Dim, qui avait été réformé et le fit sortir du groupe des habitants.
- Vous aussi, allez vous asseoir à côté de la femme. »
Quelques minutes après des coups de feu retentirent et les deux pauvres martyrs tombèrent la tête sur la pierre, sous les balles de ces brutes maudites.
On n'entendit qu'un cri dans le groupe des habitants, deux femmes roulèrent sur le sol, évanouies, les mères qui venaient d'assister à l'exécution de leurs chers enfants.
Quels excès de cruauté ! Non seulement ils ont fusillé des innocents, mais encore faut-il pour mieux jouir de leur plaisir sanguinaire qu'ils les fusillent sous les yeux de leurs rnères impuissantes.
Et ils laissèrent là, jusqu'à 5 heures du soir, tous ces pauvres gens assemblés, prèsque tous des femmes, vieillards ou bambins qui pleuraient.
L'officier, qui se promenait de long en large devant eux, sur la place de l'Eglise, fier de son courage devant des femmes, répondit à l'une d'elles, qui lui demandait : « Pouvons nous rentrer dans nos maisons ? »
- Non. restez ! C'est la guerre », dit-il avec un sourire sauvage.
Ils partirent enfin du village, non sans avoir au préalable mis le feu à quatre maisons, dont celle de la pauvre femme exécutée !
Ce n'était pas assez du sang, il leur fallait le feu !
Voilà le récit des actes de notre ennemi tel qu'il a été fait par des témoins oculaires.


19 novembre 1914
Nos otages
M. le préfet a reçu de M Veillon, maire de Val-et Châtillon une lettre lui faisant connaître que notre honorable compatriote était actuellement interné à Saverne (Alsace-Lorraine), avec MM. Louis Cayet secrétaire de la mairie ; Jean-Nicolas Klein, négociant à Valet Châtillon, Borner, chef maçon et sa femme, de Leintrey et Auguste Fristot, pâtre à Embermenil. Tous attendent avec impatience leur libération, mais sont en bonne santé

Nos Réfugiés
La librairie Kundig de Genève a eu l'excellente pensée de réunir en une petite brochure la listes des 4.000 réfugiés belges et lorrains qui sont actuellement en Haute-Savoie.
Nous avons reçu communication de cette brochure que nous tenons à la disposition des familles qui recherchent leurs chers disparus. Voici les communes de Meurthe et Moselle qui ont des réfugiés en Haute-Savoie :
Azerailles, Baccarat, Gerbéviller, Lunéville, Crépey, Neufmaisons, Pexonne, Longuyon, Vandeléville, Fenneviller, Vaxainville, Briey, Glonville, Brouville, Petitmont, Parux, Landres, Badonviller, Blâmont, Damelevières, Val et Châtillon, Blainville, Bertrichamps, Saint-Supplet, Hénaménil, Nomeny, Olley, Pierrepont, Veney, Merviller, Roville, Toul, Nancy (sic), Malzéville (sic), Villerupt, Chaligny(sic), Avillers, Domjevin, Mercy-le-Bas, Mercy le Haut, Longuyon, Saint Pancré. Deneuvre, La Chapelle, Mont, Sainte-Pôle, Thil, Joudreville, Joeuf, Hayonville, Domgermain, Haraucourt, Ancerviller, Royaumeix, Dampvitoux, Allondrelle et Conflans-Jarny

Cartes postales illustrées
On nous a prié, en haut lieu, de prévenir les correspondants de nos soldats, contre le grave danger qu'il y a d'envoyer à nos troupes sur le front ou à nos prisonniers, des cartes postales illustrées, satiriques contre les Allemands
Les devantures de nos magasins fourmillent de ces cartes, où la caricature bête et souvent malpropre, s'imagine faire oeuvre de haut goût et même de patriotisme.
Le diable est bien le singe de Dieu... et la caricature nous a toujours paru être le singe du vrai talent et le contraire de la beauté.
Aussi bien ces cartes postales stupides sont elles très dangereuses. Nos soldats blessés ou prisonniers, sur qui les Allemands trouvent ces cartes, sont soumis à de véritables tortures.
La précaution la plus élémentaire est donc de les supprimer et, de n'en acheter aucune, et les marchands seraient bien avisés de les refuser à leurs fournisseurs, du moins dans zone des batailles.


26 novembre 1914
Pour la Jeunesse de France G
L'imprimerie Rigot et Cie publie une collection intéressante de « Récits patriotiques 1914 », pour la jeunesse de France, récits en vers qui seront bientôt dans toutes nos écoles et dans la mémoire de nos enfants.
Le dernier paru, oeuvre de Léo Trenny, est intitulé :« Je meurs pour ma patrie ».C'est le récit très émouvant de la mort du jeune Maurice Claude, de Domèvre, tué par les Allemands à l'âge de quinze ans.


29 novembre 1914
Les nouveaux réfugiés du canton de Cirey
240 nouveaux réfugiés de Val-et-Châtillon et de Petitmont viennent encore d'être amenés à Nancy et installés à la caserne Molitor, devenue un grand village lorrain.
Les réfugiés ont été tous expulsés de ces villages par les Allemands qui y séjournent depuis plus de 3 mois.
Le motif de ces expulsions en masse, est que nos ennemis ont établi dans le canton de Cirey, un immense camp retranché. Celui-ci s'étend jusqu'à Sarrebourg, ville enlevée à la France en 1870.
Dans cette région, les ennemis procèdent actuellement à des travaux de fortifications d'une importance extrême.
C'est ainsi qu'ils ont placé de nombreuses mines, creusé et bétonné des tranchées établi dans les bois environnants des batteries des mieux dissimulées.
Les Allemands en chassant les habitants de Val-et-Châtillon et de Petitmont de leurs communes, ont gardé comme prisonniers, les hommes valides qui ne sont pas incorporés par les Français.
On dit aussi que les habitants de Cirey-sur-Vezouse et de Blâmont auraient été expulsés de leurs habitations, par les Allemands. Et on les aurait emmenés à Sarrebourg, distante de 21 kilomètres, où ils resteraient internés.
Dans tous les environs de Cirey, les Allemands ont pratiqué des travaux défensifs énormes. Les mines, les blockhauss, les batteries dissimulées dans les bois, rien ne manque pour empêcher le passage, que nos troupes pourraient tenter.
L'internement des habitants de Cirey, à Sarrebourg, a sans doute pour seul motif de les empêcher de causer.
Mercredi, un nouveau contingent de 140 réfugiés vosgiens, venus de la direction de Rambervillers est arrivé a Nancy, où ils ont été hospitalisés par les soins de la ville.


7 décembre 1914
Les Allemands en Lorraine
PARIS. - D'après une dépêche de Londres à la Liberté, le correspondant du Times, actuellement dans l'est de la France, croit que les Allemands abandonneraient les localités qu'ils occupent en Lorraine.
Ils construisent un immense camp retranché entre Blâmont et Sarrebourg. Conséquemment, ils envisagent la possibilité d'une invasion en Allemagne.


9 décembre 1914
A Blâmont
Plusieurs fois depuis quelques semaines, l'on nous a demandé des nouvelles de la petite ville de Blâmont et de sa population. Les uns affirment que Blâmont est brûlée et a subi le sort de Gerbéviller ; d'autres que quelques maisons seulement sont détruites. On est inquiet surtout sur le sort des habitants, qui depuis le début du mois d'août n'ont plus donné signe de vie.
M. Charles Didier, soldat au 8e d'artillerie, serait heureux, en particulier, de savoir ce que sont devenues sa mère, Mme veuve Didier, née Gérard, et ses soeurs, Mme Mathilde-Véleur Didier et Mlle Alice Didier.
Les personnes qui auraient des renseignements sur ces trois dames de Blâmont, peuvent nous les communiquer. Nous les transmettrons aussitôt au malheureux artilleur, sans nouvelles de sa famille depuis quatre mois.


12 décembre 1914
Les dons à la Croix-Rouge
On nous prie de signaler les nombreux envois en argent et en nature que font les sous-comités qui tous avaient préparé de fort belles réserves de linge.
Plusieurs les ont utilisées, ayant eu des blessés à soigner; d'autres n'en n'ayant pas eu l'emploi, les ont fait parvenir aux ambulances.
C'est ainsi que l'importante lingerie de Chavigny, si bien combinée par les dames de cette localité, a rendu grand service aux ambulances de Manonville et de Domèvre.
Ces dames ont encore apporté le produit de leur quête, 150 fr., qui fait grand honneur aux généreuses patronnesses de Chavigny.


13 décembre 1914
Nos glorieux morts
Samedi dernier, au milieu d'une nombreuse assistance émue, on a célébré, à Ogéviller, les obsèques du soldat réserviste Georges Malo, mort au champ d'honneur, vers le col de la Chipotte, près de Saint-Benoît. Le regretté militaire, fut ramené par les soins de sa femme et de M Moitrier, maire, qui lors de l'invasion allemande, s'est distingué par sa bonne volonté et son énergie.


21 décembre 1914
Blâmont st Cirey
On nous demande tous les jours des nouvelles de Blâmont et de Cirey, nouvelles des habitants, nouvelles des curés et des religieuses, nouvelles du pays.
Nous ne savons rien ou très peu de chose, et le sort des abbés Théodore Barbier, de Blâmont, Bailly, de Badonviller, et Marsal, de Cirey, nous est aussi inconnu que celui des curés de Longuyon et Thiaucourt.
On nous demande aussi ce que sont devenus et les Frères de la Doctrine chrétienne d'Izel et les Soeurs de Sainte Chrétienne à Longuyon. Nous ne savons rien et tant que l'occupation allemande durera, il en sera ainsi.
Nous comprenons l'angoisse des familles, et nous la partageons vivement.
Pourrait-on nous donner des nouvelles de M. l'abbé Henri Louis, de Cirey et de ses parents ? Ces nouvelles seraient ici les bienvenues.


27 décembre 1914
Otages de retour
Mardi, à 5 heures du soir, MM. Auguste Maire, maire d'Arracourt ; Joseph Bourdon, de Laneuveville-aux-Bois ; Jules Antoine, d'Arracourt ; Dime, adjoint d'Emberménil ; Dumont, Camille Bontemps, de Bey ; Florentin, d'Arraye-et Han ; Moitrier, de Pont à Mousson ; Hostier, maire d'Homécourt, qui, depuis le début de la guerre étaient prisonniers des Allemands et internés à la citadelle d Ehrenbreitsteim, près de Coblentz, sont arrivés à Nancy, après un long et fatigant voyage.
Ces neuf Français furent ramenés de leurs lieu d'internement à Dieuze, qu'ils quittèrent mardi matin, à 3 heures. Ils furent dirigés vers la Suisse, qu'ils durent traverser avant de rentrer en France,
Aux quelques personnes avec lesquelles ils se sont entretenus, ils ont déclaré que pendant quelque temps il y eut plus de 300Français civils internés à Ehrenbreitstein. Parmi eux se trouvaient de nombreux Lorrains des pays annexés, dont les deux frères Samain.
Peu à peu, les Allemands délivrèrent une partie des internés ; au moment du départ de nos compatriotes, à peine 100 Français étaient encore dans la forteresse.

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