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César de Laugier (1789-1871)
 


Qui est ce César de Laugier, ministre de la guerre de Toscane en mai 1849, né le 5 octobre 1789 en Toscane ?

On sait que « Cesare Niccolò Giovacchino De Laugier di Bellecour » est le fils de Léopold de Laugier et Francesca Coppi.

Mais si l'origine lorraine est indéniable, nous avons quelques difficultés à définir l'ascendance : sans doute César est-il le petit fils d'un autre Léopold de Laugier, né à Lunéville 5 novembre 1730, et maître d'hôtel de l'ex-duc de Lorraine François III devenu François Ier de Toscane.
Ce Léopold est le frère aîné du baron blâmontais Louis-André de Laugier (1736-1793, seigneur censitaire du fief de Belcourt (près Remoncourt), exécuté dans l'après-midi du 19 frimaire an II (9 décembre 1793. Des lettres interceptées le 13 avril 1793 par le Comité de surveillance de Sarrebourg l'avaient convaincu de « correspondance criminelle avec les ennemis de la République », pour avoir ainsi tenté de faire passer des fonds aux émigrés). Voir le chapitre consacré au fief de Belcourt par Emile Ambroise.

La liste très imprécise des émigrés de 1793 comporte 7 membres de la famille, dont parmi les frères et soeurs de Louis-André : l'abbé Louis Gabriel de Laugier et Julie de Laugier. Mais les frères Léopold et César Lucien étaient déjà établis en Toscane bien avant la révolution.
Lorsque César de Laugier nait, il est le troisième enfant de Léopold (fils), alors déshérité par son père (Léopold) pour ne pas avoir épousé une femme noble. Il conserve cependant le nom de "Laugier de Bellecour", même s'il est quasi certain que César n'a jamais connu le fief de Remoncourt, confisqué à sa famille pendant la révolution.

Le famille sans doute pour des raisons esthétiques, utilise de préférence la graphie « de BELLECOURT » (ou « Bellecour ») plutôt que l‘appellation réelle « de BELCOURT » (ou « Belcour » comme indiqué sur les cartes de Cassini).

Voici quelques données très incomplètes :

        Naissance Décès Mariage Conjoint et notes
Jean Baptiste André de Laugier de Bellecourt       25 juin 1670 à Saint-Savournin, Vaucluse Bataille de Hochstedt, 13 août 1704 24 mai 1696 à Toul Marguerite Reine RENNEL
  Charles     12 janvier 1699, Nancy 13 novembre 1721 à Metz  Marguerite DE BRY D'ARCY
    Charlotte Françoise   25 avril 1722, à Metz     Demoiselle de Saint-Cyr, alors dénommée « Laugier de Remoncourt ». Dame d'honneur de la duchesse de Würtemberg
    Léopold   5 novembre 1730, Lunéville     Capitaine des gardes au régiment du grand duc de Toscane
    Louis Gabriel    5 septembre 1732     Chanoine de l'église métropolitaine de Florence
    Louis André   baptisé le 24 février 1736 9 décembre 1793 26 août 1768 à Nancy Anne Charlotte DU MÉNIL
      Pierre-François-Marie 24 novembre 1770, Nancy     Elève à Brienne du 22 octobre 1784 au 11 décembre 1786. Emigré, sert dans l'armée de Condé.
      Charles       Décédé en 1817
    Julie ?        
    André Rémi         Capitaine de cavalerie au régiment de Koenigseck
    César Lucien         Capitaine de la marine du Grand-Duc de Toscane
  François-de-Paule           Ecclésiastique

On notera les problèmes de succession que cette émigration génère :

Recueil des arrêts du Conseil, ou ordonnances royales, rendues en Conseil d'État sur toutes les matières du contentieux de l'administration - 1832

« ÉMIGRÉS. - INDEMNITÉ. - EXTRANÉITÉ.-TRANSMISSION.
L'héritier de l'émigré mort étranger a-t-il pu transmettre à un tiers (Français) son droit à l'indemnité ?- Rés. nég.
Le tiers légataire n'a-t il pu, dès-lors le transmettre à son héritier et celui-ci à son légataire universel ? - Rés. aff.
(9763. - 28 décembre 1832. - De Laugier.)
Cette question est analogue à celle qui a été jugée le 23 décembre 1829, contre les héritiers d'Egmont Pignatelli, décédés tous deux-Espagnols, antérieurement à la loi du 27 avril 1825; voy. au t. XI (1er série), p. 491.
Dans l'espèce, les deux enfans de l'émigré Louis-André de Laugier, sont décédés au service de l'Autriche, long-temps avant la loi du 27 avril 1825. Ils n'avaient pas obtenu l'autorisation prescrite par l'art. 21 du Cod. civ. ; leur extranéité était donc constante. La succession du sieur Charles de Laugier, l'un d'eux, mort en 1817, a été dévolue à la demoiselle Julie de Laugier, sa tante, laquelle a réclamé l'indemnité, et plus tard, a institué pour son légataire universel le sieur César de Laugier, neveu de l'ancien propriétaire, naturalisé en Toscane (Italie).
Dans cet état de choses, le sieur César de Laugier, quoique étranger, se fondant d'ailleurs sur son titre testamentaire, a poursuivi la liquidation de l'indemnité.
Il a été déclaré non recevable, par le motif que la demoiselle Julie Laugier n'avait pu lui transmettre un droit qu'elle n'avait pas trouvé dans la succession du dernier des enfans de l'émigré; que celui-ci étant mort étranger avant la loi d'indemnité, n'avait pu saisir les héritiers d'un droit qui ne lui appartenait pas.
Le Conseil d'Etat a confirmé la décision de la commission.
LOUIS-PHILIPPE, etc.,

Le Major général Comte César de Laugier, ministre de la guerre de Toscane en mai 1849, n'est pas décédé en 1863 comme l'indique le texte ci-dessous de L'intermédiaire des chercheurs et curieux (ce n'est d'ailleurs pas la seule erreur), mais à l'âge de 82 ans, le 25 mars 1871.
A ce titre, le Grand dictionnaire universel du XIXe siècle de Pierre Larousse l'indique aussi par erreur mort vers 1865 dans son édition 1873, mais corrige très vite l'erreur dans les éditions suivantes :

« LAUGIER (César DE BELLECOUR, comte DE), général italien, né à Porto-Ferrajo (île d'Elbe) en 1789, mort a Camerata en 1871. Cadet dans les troupes du roi d'Etrurie, il s'engagea, en 1807, comme simple soldat dans les vélites de la garde impériale, se distingua en Espagne, ou il reçut plusieurs blessures, obtint la croix de la Légion d'honneur, devint capitaine en 1813 et se signala en Russie, où il fut fait prisonnier. A la chute de l'Empire, il se rendit à Naples, pour entrer dans l'armée de Murat, et y fut nommé chef de bataillon.
Prisonnier des Autrichiens pendant la campagne des Marches, il fut gardé assez longtemps en Hongrie, revint en 1816 en Toscane, mais ne rentra dans l'armée qu'en 1819, comme simple capitaine, grade où il fut laissé pendant plus de quinze ans. C'est pendant cette longue période de loisirs que César de Laugier écrivit la plupart de ses nombreux ouvrages militaires et littéraires, parmi lesquels nous citerons : Règlement pour le service et pour l'exercice et les évolutions des troupes toscanes (1817): les Italiens en Russie (1825-1828, 4 vol.) ; l'Art de ne pas se faire tuer ni blesser en duel (1828); Côme et Lavinia, roman historique (1829); Fastes et vicissitudes des peuples italiens de 1801 à 1815 (1829-1832, 13 vol.) ; les Italiens à Montevideo (1846), etc.
Chef de bataillon en 1835, il parcourut alors asses vite les grades supérieurs, et, devenu général de division, il fut, en 1848, mis à la tète de la division toscane destinée à opérer contre l'Autriche. Le 29 mai, il reçut du général Bava l'ordre de se replier sur Custozza, où était l'armée piémontaise; mais, à ce moment même, Radetzky s'avançait avec son armée, et le général de Laugier l'attendit, jugeant la retraite, à ce moment, plus dangereuse que la lutte. A la tète de sa petite division, il se maintint, pendant plus de six heures, contre 30,000 Autrichiens munis d'une formidable artillerie. Forcé à la retraite, après avoir perdu plus du quart de ses hommes, il fut jeté à terre, foulé aux pieds par ses propres cavaliers, parvint néanmoins à remonter à cheval, et réussit à ramener à Goïto le reste de sa division. Envoyé par Charles-Albert à Brescia. pour réorganiser sa troupe, il dut, après la capitulation de Milan (août 1848), la ramener en Toscane. Il fit cette retraite sans perdre un seul homme et rentra en Toscane avec son artillerie et ses bagages. L'année suivante, lorsque la révolution eut éclaté dans son pays et que le grand-duc se fut enfui à Gaëte, le général de Laugier se prononça contre le gouvernement provisoire, préside par Guerrazzi. Déclaré traître à la patrie, il réunit une petite armée qui fut battue par les volontaires livournais et qui ne tarda pas à l'abandonner. Suivi d'une trentaine d hommes, il se réfugia en Piémont. De là, il se rendit auprès du grand-duc, et rentra avec lui en Toscane, fut chargé du ministère de la guerre après la restauration et se mit en devoir de réorganiser l'armée. Il fonda des écoles, créa trois arsenaux sur le modèle de celui de Vincennes, et poursuivit tout un plan de réformes; mais, contrarié par l'opposition continuelle de ses collègues, et peu soutenu par Léopold, il donna sa démission en octobre 1851. Depuis cette époque jusqu'à sa mort, il vécut dans la retraite. Outre les ouvrages précités, on lui doit encore : Aperçu sur la campagne des troupes toscanes en Lombardie (1849) ; Nouveaux règlements pour toute espèce d instruction et de service (1850); Récit historique de la bataille de Curtatone et de Montanara (1854), etc.

 

L'intermédiaire des chercheurs et curieux. 1912.

Armée d'Italie de 1812 (LXV.199). - Ce fut pendant un long séjour que je fis à Milan, que je découvris à la bibliothèque Brera, les Mémoires d'un officier Italien (sans nom) à la suite du prince Eugène pendant la campagne de Russie e 1812. Cette lecture m'ayant captivé, j'en fis une traduction, ou mieux une adaptation, et je recherchai le nom de l'auteur, qui n'était autre que César de Laugier, cité par M. le capitaine Emile Salaris. Plus tard, à grand peine, je me procurai son portrait. Le temps passa, et je gardai quelque temps dans mes cartons les Mémoires de mon Adjudant Major, jusqu'au jour où M. Funck-Brentano, qui publiait une suite de Mémoires historiques chez Fayard, voulut bien les accueillir. La maison Fayard. sur les indications de M. Funck-Brentano, fit alors rechercher plus de quatre-vingts estampes du temps pour les reproduire. Le regretté M. G. Bertin. fort compétent en la matière, m'avait aussi indiqué les dessins d'Adam et de Faber du Faur. Bref, le tout fut présenté au public en septembre 1910, sous le titre de : La Grande Armée. Je ne puis qu'y renvoyer M. le capitaine Émile Salaris, curieux de cette glorieuse époque.
M. le capitaine nous demande si l'armée d'Italie de 1812 sera représentée par des documents au musée Franco-Russe de 1812 ? Je l'ignore, mais elle a le droit incontestable d'y figurer. Quant à moi, je tiens mon volume à la disposition de qui de droit. Reste à savoir encore à qui il faut s'adresser.
Et puisque le hasard me permet de parler de César de Laugier, né à Porto-Ferrajo le 5 octobre 1789, tour à tour vélite, lieutenant en second, sous-adjudant-major dans l'état-major du régiment des vélites, faisant partie de la maison du Vice-Roi d‘Italie du Prince Eugène, puis colonel au service de la Toscane, j'en profiterai pour dire ce que devint cette famille, dont j'ignorais absolument les destinées lorsque je publiai mon volume il y a dix-huit mois.
A quelque temps de là, je reçus chez mon éditeur une lettre de M. Paul Boyer, curé de Villey-Saint-Etienne, par Toul, lequel me disait en substance : César de Laugier dont vous vantez les exploits est un cousin éloigné de ma grand'mère. La famille est complètement éteinte, et je crois bien que je suis le seul à conserver le souvenir de ce brave. La famille de Laugier est originaire de Blâmont (Meurthe-et-Moselle). Deux membres de cette famille allèrent rejoindre les anciens ducs de Lorraine, en Toscane. L'un mourut chanoine de la cathédrale de Florence; l'autre eut un fils unique, César. Le troisième frère resta en Lorraine et fut guillotiné à Nancy pendant la Révolution. Son fils unique, condisciple de Napoléon à Brienne, mourut jeune et sans postérité au service de l'Autriche.
« Mon grand-père, ajoutait mon aimable correspondant, qui a séjourné en Italie pendant l'occupation d'Ancône, a connu César à Libourne en 1839. Il était alors général. et avait été Ministre de la guerre en Toscane. Il mourut vers 1863. Je crois qu'il s'est suicidé. il était très exalté. »
Voilà, je le répète, ce que j'ignorais absolument en présentant ses Mémoires au public. Mais ce que je savais bien, comme tous ceux qui lisent ses curieux Mémoires ou Souvenirs, c'est que ce fut un brave dans toute l'acception du mot, et un brave modeste, excellent italien, et dévoué pour la France jusqu'au sacrifice.
Voilà ce que dirait son journal s'il avait l'honneur de figurer à Moscou en 1912.
HENRY LYONNET.



 

Rédaction : Thierry Meurant

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