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Association des mutilés et anciens combattants - 1919


Le premier Bulletin de l’Association des mutilés et anciens combattants de la Grande Guerre (Région de l’Est) parait en juin 1916 à Nancy, suite à la création de cette association (régie par la loi du 1er juillet 1901) le 10 mai 1916.

Ce n’est que bien après la libération de Blâmont (17 novembre 1918) et le retour des réfugiés, que le dimanche 28 septembre 1919 a lieu une première réunion, où il est décidé de créer une section pour le canton de Blâmont. Le 4 octobre, la section de Blâmont est définitivement constituée, sous la présidence de Robert Siatte, avec Camille Bertrand trésorier, et trois secrétaires, Georges Malo (huissier de justice place du marché), Adrien Laurent, et Louis Atzenhoffer.
Dès le 2 novembre, la section blâmontaise de l'A.M.C. fait célébrer, en l'église de Blâmont, un service solennel pour les camarades tombés au champ d'honneur. A l'issue de la cérémonie, une couronne est déposée au cimetière, sur la tombe principale où reposent environ 40 soldats tombés à Blâmont en 1914 (notamment lors du combat de Blâmont des 14/15 août 1914).

Le 13 octobre 1920, au café de la Réunion, se tient l'assemblée générale annuelle de la section. Les 60 membres présents élisent comme président Ernest Caen (devenu chevalier de la Légion d’honneur en 1919 en tant que chef d’escadron, territorial, au 118ème régiment d’artillerie lourde - voir Note 1), vice-président Lucien Labourel, trésorier Camille Bertrand et secrétaires Georges Malo, Jules Fensch, Louis Atzenhoffer.
Le 2 novembre a lieu l'inauguration des plaques commémoratives que l'A.M.C. et la municipalité avaient décidé de poser pour perpétuer le souvenir des habitants de Blâmont, victimes des Allemands au cours de la première occupation de la ville. Le cortège se rend d'abord à l'église, puis se dirige au cimetière où les membres le l'A.M.C. déposent une couronne sur la tombe des soldats enterrés à Blâmont, et où le président Caen prononce un discours. Le cortège se rend ensuite au monument élevé à la lisière du bois de Trion, à l'endroit où Aline Cuny, âgée de 23 ans, fut abattue à bout portant par un soldat allemand. M. Caen prononce un nouveau discours, puis tous se dirigent vers la maison de M. Barthélémy, ancien maire de Blâmont, assassiné par les Allemands le 13 août 1914, à 84 ans. Enfin, sur la place de la Mairie, a lieu l'inauguration de la plaque apposée au mur de l'hôtel de ville où eut lieu l'exécution de M. Foell, âgé de 60 ans.

Le 21 novembre 1926, le Comité de l'A.M.C. organise deux séances cinématographiques et des concerts. M. Caen, empêché par un deuil récent (peut-être celui de son beau-père, Edmond Bechmann, décédé le 20 septembre 1926), s'était fait excuser. Les organisateurs de cette journée sont Georges Malo, MM. Raimond, Resnick (voir Note 2), Messe, Gérard, Schnorr, René Melchior, Raymond André, « secondés par les gracieuses et aimables vendeuses de programmes », Mlles Resnick, Marchand et Fiel.

Le 13 novembre 1928, Ernest Caen décède à Blâmont après une très courte maladie.
« M. Ernest Caen a donné dans ses fonctions de président l'exemple dû dévouement et de désintéressement. Il a encouragé les initiatives et toujours aidé de sa bourse les camarades de la Section. On peut dire que c'est grâce à lui que la Section de Blâmont est née et a vécu sans histoire comme un peuple heureux. »

Lors de l’assemblée générale annuelle, dimanche 27 janvier 1929 dans la salle de théâtre de « Bon Accueil », le vice-président adresse des remerciements tout particuliers à Mme Claire Caen pour le don de 1.000 fr. fait à la section en souvenir de son mari, président depuis 1920. Lucien Labourel devient président de la section qui compte alors 236 adhérents (204 en 1927) ; vice-président, Adrien de Turckheim ; secrétaire, Jules Fensch ; trésorier, Eugène Eury, directeur de banque.
En 1930, la section compte 293 adhérents.

En août 1933, on peut aussi signaler un don de 100 francs fait par André Veil à l'occasion de sa nomination au grade de chevalier de la Légion d'honneur.
 


Note 1. Ernest Caen, est né le 21 janvier 1875 à Nomeny, fils de Samuel (négociant), et Esther Hayem (sans profession).
Elève de l’Ecole polytechnique le 17 octobre 1894, puis de l’Ecole d’application de l’artillerie et du génie (sous-lieutenant) le 1er octobre 1896, il intègre le 15ème régiment d’artillerie en 1898 comme Lieutenant en second.
Il épouse le 14 octobre 1902 Marthe Clara Bechmann (Blâmont 1879 - Nancy 1979, seconde fille d’Edmond Bechmann), et démissionne de l’armée par décret du 23 décembre 1902.
Il est incorporé comme lieutenant dans l’armée territoriale par décision ministérielle du 1er octobre 1907, au groupe territorial du 39ème R.A. , puis promu capitaine le 9 juillet 1908
Passé au groupe territorial du 62ème R.A. le 29 novembre 1910, il y est rappelé à l’activité par l’ordre de mobilisation général du 2 août 1914, et passe le 30 mai 1915 au 118ème R.A, où il est promu chef d’escadron de territorial le 20 avril 1918 (ministère de l’armement et fabrication de guerre - bureau national des charbons)
Il est nommé Chevalier de la Légion d’Honneur par arrêté du 11 janvier 1919 à compter du 28 décembre 1918
Affecté au Ministère de la reconstitution industrielle, bureau national des chantiers (Bd Raspail, Paris), il se retire 45 rue de la Chaussée d’Antin à Paris, avant d’être affecté au 8ème R.A.C par décision ministérielle du 20 juin 1921
Citation à l’ordre de l’armée n° 30 du 1er C.A. du 25 septembre 1916 : « A exécuté avec sa section du ravitaillement jusqu’aux Bataillons dans des conditions difficiles et dangereuses près du moulin de Fargny où pris sous le feu de l’ennemi il a eu à surmonter les plus grandes difficultés. A toujours rempli sa mission. »


Note 2 : le porte-drapeau Aria Resnick. Aria et Anna Bella Resnick avaient quitté la Pologne pour Paris, où en 1910, Edmond Bechmann leur avait proposé du travail à Blâmont. En 1914, Aria Resnick s'engage comme volontaire dans l'armée française, revient du front Grand Invalide de Guerre (amputé d'une jambe) et s’engage comme porte-drapeau dès la création de l’A.M.C.
En 1922 les Resnick sont naturalisés français. En juin 1942, après une grande rafle à Nancy, leur fille Marguerite et leur gendre, Samuel Spiegel, décident de fuir avec leur famille en zone sud, en compagnie de leur belle-soeur Yvette. Mais les parents Resnick refusent de partir, car ils ont confiance en Pétain.
Le 13 août 1943, Anna Bella est arrêtée à Blâmont, puis est déportée sans retour Auschwitz.. Plus chanceux, Aria Resnick échappe aux poursuites en se dissimulant dans le cimetière catholique avec la complicité d’habitants, et parvient à se réfugier chez ses filles, à Toucy (Yonne).
Lors de la fête de 1926, on retrouve les demoiselles Resnick, Marguerite (18 ans) et Yvette (7 ans) : en mars 2018 le grand témoin qu’était Yvette Resnick-Weisbecker est décédée à Nancy,

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