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1944 - Opération Loyton : le SAS en Lorraine


L'Opération Loyton est la plus vaste opération menée par le Special Air Service sur le territoire français : envisagée dès mai 1944, planifiée en juillet, cette mission visait à harceler les voies de communication (notamment vers Strasbourg, Sarrebourg, Saint-Dié et Belfort) afin de soutenir l'offensive de l'armée du général Patton vers les Vosges et l'Alsace.

102 hommes des troupes spéciales britanniques seront parachutés en Lorraine, en plusieurs vagues, échelonnées du 13 août au 28 septembre 1944 : 
  • Dans la nuit du 12 août au 13 août 1944, un premier groupe de 15 hommes est parachuté à Le Mont (proche de Petite Raon) fin de former et encadrer le maquis des Vosges : il comprend l'équipe « Jedburgh Jacob » commandée par le capitaine Victor A. Gough (avec le lieutenant Maurice Boissarie et le sergent radio K. Seymour), un groupe de 2ème SAS aux ordres du capitaine Henry Druce (comprenant le Capitaine français de Lesseps, le Lieutenant Dill, et 4 hommes : les sergents Hay et Lodge, Crossfield et Hall), et une équipe du F Phantom squadron aux ordres du capitaine John Hislop (comprenant le sergent Davis et 3 hommes : Johnson, Stanley, Sulivan)
  • Le 27/28 août, le stick aux ordres du major Peter Le Poer est parachuté près de Charmes, comprenant 10 hommes et 3 jeeps.
  • Le 1er septembre, le lieutenant-colonel Brian Franks (commandant le 2ème SAS), le capitaine Whately-Smith, le capitaine Sykes et environ 20 hommes du 2ème SAS sont parachutés près de Veney, ainsi qu'une deuxième équipe du F Phantom avec le lieutenant Johnsen, le sergent Owens, et le commandant FFI Derringer.
  •  Le 6 septembre, près de Veney, sont parachutés le major Reynolds, le Lieutenant Black et environ 12 hommes du 2ème SAS.
  • Le 6 septembre à Le Mont, sont parachutés des complément d'équipements et armement, principalement destinés à l'équipement du Maquis.
  • dans la nuit du 9 au 10 septembre, un groupe d'appui de six SAS français et quatre britanniques, aux ordres du lieutenant canadien Maurice Rousseau du 2ème SAS, est parachuté l'est de la forêt de Rechicourt, afin de réaliser des missions de sabotage dans la région des Vosges, notamment sur la voie ferrée entre Nancy et Sarrebourg et la route Luneville-Blâmont-Sarrebourg. Dispersé au sol, le stick ne parvient pas à se regrouper complètement : le Lieutenant Rousseau rassemble Joseph Pichon-Martin (2ème SAS français), Paul Galmard (2ème SAS français), Marcel Mazière et André Centolle (2ème SAS français). Les SAS effectuent des missions de reconnaissance, mais le 20 septembre 1944, Maurice Rousseau et Paul Galmard sont capturés et exécutés, le premier à Avricourt, le second à Foulcrey. André Centolle, blessé à Igney, parvient à atteindre une ferme où il obtient de l'aide.
    De leur côté, Reichenstein Camerona Raymond Le Chevalier (2ème SAS français), Wilkinson et Martin (SAS anglais), patrouillent vers Ibigny puis vers Autrepierre.

    Le récit ci-dessus, tout comme la date du 17 septembre 1944 indiqué sur le faire-part de décès de Maurice Rousseau sont-ils erronés ? divers renseignements, tout comme la date sur la tombe du cimetière militaire de Ranville dans le Calvados, indiquent le 20 septembre 1944. Mais on trouve ailleurs la date du 17 septembre jour de l'arrivée américaine à Repaix. Dans "Repaix et son passé" (, Antoinette Aubry Humbert donne les informations suivantes (les noms cités sont erronés puisque "Gerdol" est André Centolle, et "Masière" Marcel Mazière)  :

    « 17 septembre [...] Une autre surprise nous attendait. Alors que nous acclamions nos libérateurs, quatre parachutistes descendirent de l'église. Il s'agissait d'un lieutenant canadien, Rousseau, et de trois français, dont Gerdol, originaire de Bretagne, et Masières, du sud-ouest. L'un deux dit à ma mère : "Je vous connais bien Madame, je vous ai vu souvent par les lucarnes du clocher." Puis les parachutistes s'en allèrent avec la patrouille. [...]

    Les parachutistes cachés dans le clocher
    Irène Verdenal, ancien membre d'un réseau résistance, agricultrice à Igney, se souvient et raconte:
    « Le 8 septembre 1944, la RAF devait parachuter deux groupes d'hommes dans les lignes allemandes. Ils avaient pour mission de faire sauter les routes secondaires de repli. Mais le premier groupe composé des quatre parachutistes, sauta tôt et atterrit dans les champs de la Grande Basse, près d'Igney. Au petit matin, isolés et sans radio, ils interpellèrent mon frère, M. Honor qui venait labourer son champ. Celui-ci méfiant, vint me prévenir. Je cachais parachutistes dans ma ferme jusqu'au soir, et de là, ils furent conduits, à travers champs, à Repaix chez l'abbé Senger, qui les logea dans le clocher, et les nourrit.
    Le 17 septembre, la patrouille américaine venait chercher les parachutistes; sa mission accomplie, elle repartit en direction d'Igney. Les Allemands l'apercevant, allèrent chercher de l'aide à Foulcrey. Un violent combat s'engagea près du cimetière d'Igney. Le lieutenant canadien, Rousseau, désorienté, se dirigea vers les lignes ennemies au lieu de se replier. Il fut grièvement blessé par une grenade, et conduit par les Allemands à Foulcrey où il décéda à son arrivée.
    Gerdol, l'épaule traversée par une balle se traine dans le jardin de M. Vozelle où il passa la nuit. Découvert au matin par le propriétaire du lieu, je lui donnais les premiers soins, et nous le transportâmes chez M. Malgras, maire d'Igney.
    Quant à Masière, il arriva en courant chez moi suivi des S.S; je n'eus que le temps de le cacher au grenier dans un tas de blé. Le 18 septembre, lendemain de ces combats, la Gestapo arrêta les hommes d'Igney pour les fusiller: elle les accusait d'avoir tiré sur les soldats allemands avec l'aide de maquisards.
    Heureusement, un soldat allemand blessé s'était réfugié dans mon étable, il portait des pansements américains sur sa blessure, et déclara qu'il s'était battu contre des soldats américains. Une enquête de la Gestapo confirma cette déclaration: les hommes d'Igney furent libérés. »

    Le docteur Thomas de Blâmont vint examiner Gerdol, le soigna et délivra une ordonnance. Pour ne pas éveiller l'attention des Allemands, il transmit ses instructions à l'abbé Senger (curé d'Igney également), par son fils René Thomas qui les portait à Repaix. L'abbé et Yvonne Aubry-Michel (originaire de Repaix), sage-femme demeurant à Avricourt, continuèrent à donner des soins au blessé.
    Peu de temps après, les Allemands réquisitionnèrent des chambres chez M. Malgras, pour loger le maréchal Keitel, personnage de haute importance, et sa suite. Gerdol fut transporté dans l'appartement d'Yvonne Aubry-Michel, qui le garda et le soigna.
    Madame Verdenal et les résistants réussirent à faire partir Masière avec des hommes de la S.T.O, bloqués en gare d'Avricourt. Il put rejoindre les Américains à Hablainville, et leur donner un plan d'Igney fourni par le réseau de résistance, indiquant les maisons abritant l'état-major allemand. Quelques jours plus tard les avions alliés bombardèrent les objectifs, anéantissant un grand nombre d'ennemis. »


(Le corps de Maurice Rousseau est au cimetière d'Igney)

  • les 20 et 22 septembre dans Moussey même, sont parachutés la suite des effectifs (environ 30 hommes), le complément des matériels, et 6 jeeps spéciales équipées de mitrailleuses lourdes.
  • et enfin, le 28 septembre à Vieux Moulin a lieu un parachutage d'armes pour le Maquis.

Mais l'offensive alliée est reportée de semaine en semaine : SAS et maquisards sont pourchassés et impitoyablement exterminés. Les pertes sont très lourdes :
- pour les 92 hommes du 2ème SAS parachutés : 2 tués en combat, 29 capturés tous exécutés.
- pour les 3 hommes du SOE « Jed Jacob » : 1 tué à Viombois, 2 capturés dont 1 exécuté et 1 gardé prisonnier.
- pour le squadron du F Phantom : 3 capturés, tous exécutés.

Le 9 octobre 1944, le lieutenant-colonel Brian Franks donnera l'ordre à ses hommes de rejoindre les lignes alliées à Baccarat.
 

Rédaction : Thierry Meurant

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