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Vie politique dans le département de la Meurthe d'août 1792 à octobre 1795 (2/4)
Albert Troux

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La vie politique dans le département de la Meurthe d'Août 1792 à Octobre 1795
Albert TROUX
Nancy Imprimerie Georges Thomas, 1936.

[p. 160]
[...] Personne ne semble se formaliser de la présence, dans les bureaux du district de Blâmont, du fils de l'émigré L.-A. Febvrel.

|p. 167]
[A propos des émigrés] Et comment [...] juger équitablement les difficultés que soulevaient des situations comme celles des deux citoyennes Stourm, du sieur Richelieu, ou « la dame » de Mitry ?
Les premières, l'une majeure, l'une mineure, avaient quitté Blâmont en octobre 1791 pour aller soigner à Deux-Ponts leur oncle et tuteur, conseiller de la Chambre des Finances du duc. A cette date, aucune loi n'avait encore été portée contre les émigrés ; au surplus, le motif invoqué était très plausible, et le ministre plénipotentiaire de la République française à Deux-Ponts en attestait la véracité, en même temps qu'il se portait garant du patriotisme des deux jeunes filles. Celles-ci demandèrent en novembre à ne pas être traitées en émigrées. Le Directoire du district de Blâmont, conseillé par Fromental, qui les connaissait personnellement, appuya leur requête auprès du Département. Mais ce dernier ne put l'accueillir, estimant qu'il devait appliquer les lois et non les interpréter. Il accepta toutefois de surseoir à la vente des biens Stourm, non sans avoir pris des « dispositions conservatoires de régie » jusqu'à ce que la Convention eût, par une loi positive, défini l'émigration.
Armand-Emmanuel-Sophie Septimanie Duplessis de Richelieu, major en second du régiment des hussards d'Esterhazy et grand voyageur, était parti pour la Russie en 1790 après la suppression de son grade, et avait servi dans la guerre contre les Turcs, notamment au siège d'Ismaïl en Bessarabie. Revenu en France de mars à octobre 1791, il regagna ensuite l'Empire des Tsars, muni d'un passeport octroyé par la Constituante en échange de la promesse qu'il reviendrait, une fois terminé le conflit russo-turc, mettre au service de sa patrie ses connaissances militaires. Mais, devenu colonel, il prétendit en 1792 ne pouvoir rentrer, parce que le gouvernement russe, toujours en lutte avec les puissances voisines, lui refusait tout congé. Ayant appris que le District de Blâmont s'apprêtait à confisquer ses biens, il réclama par la plume de son fondé de pouvoir, le citoyen Collignon, de Réchicourt : pouvait-on le mêler aux émigrés partis avec des intentions hostiles contre la France, pouvait-on l'accuser d'abandon de poste, alors qu'en réalité, c'était son poste qui avait été supprimé ? Avec l'appui du Département, le District de Blâmont demanda au gouvernement de résoudre le problème :
« La question est simple, écrivait Fromental, le 20 décembre : un passeport donné par l'Assemblée Constituante pour aller en Russie, doit-il mettre à l'abri des lois relatives aux émigrés, un Français sorti à la vérité en suite de ce passeport, mais qui n'est pas encore rentré dans sa patrie en danger ? La Russie n'est-elle pas unie aux ennemis de la République ? Ce Français a-t-il dû ou pu ignorer les lois de son pays aussi longtemps ? J'attends à ce sujet votre réponse ».
Le 31 décembre, le ministre de l'Intérieur fit savoir que Richelieu ne pouvait invoquer à son bénéfice aucune exception légale et qu'il devait subir le traitement des émigrés.
Quant à la femme Thomas de Mitry, le District de Blâmont l'avait fait arrêter avec sa chambrière dès son retour en France et conduire à Nancy.


[p. 170]
Les autorités locales [...] dressaient la liste de leurs émigrés et commençaient à disperser leurs meubles aux enchères. En novembre ou en décembre 1792, le District de Vézelise annonçait un total de 24 noms ; celui de Toul, de 52 ; celui de Lunéville, de 34 ; celui de Blâmont, de 32.

[p. 173]
[Sur la question, en 1792, des princes étrangers possessionnés en France] en attendant la réponse des Comités -qui fut d'ailleurs prompte et affirmative- toutes poursuites devaient cesser contre eux. L'Administration départementale pria, en conséquence, les Districts d'arrêter celles qu'ils avaient déjà entamées, tout en laissant subsister le séquestre là où il était déjà établi (*).

(*) Ainsi le district de Blâmont du abandonner toutes poursuites contre MM. D'Helmstatt, de Hunolstein et contre le prieur de Nassau-Weilbourg.

[p. 182]
La question religieuse.
Un Delorme, curé de Gondrexange, qui, après avoir eu longtemps une conduite irréprochable, se répand subitement en propos « incendiaires et injurieux » contre son pays et s'attire les foudres du Directoire de Blâmont, ne semble pas [...] faire preuve d'un équilibre parfait.

[p. 199]
La mission de Ruhl, Couturier et Dentzel, le 6 janvier 1793.
De Lunéville, les députés gagnèrent Blâmont, puis Sarrebourg. Ils ne purent s'arrêter qu'un instant dans la première de ces villes [Blâmont]. « Nous y avons trouvé les subsistances déjà plus abondantes, les corps administratifs animés du même esprit [qu'à Lunéville] ; point de ci-devant ; point de prêtres fanatiques ; point d'émigrés : l'air nous a paru pur, et peu sujet aux exhalaisons infectes de ces contre-révolutionnaires ».

[p. 216]
La police politique.
La veuve Simonin, de Blâmont, mère d'un émigré, ne fut dispensée de tout versement qu'à cause de sa grande indigence.

[p. 218]
Dans d'autres cas, ce furent les Districts eux-mêmes qui agirent, sans qu'il y ait eu toujours identité dans leur action. Celui de Blâmont fit ouvrir une enquête par Fromental sur la vie, la conduite et les propos de l'abbé Gley, curé d'Herbéviller, dont l'attitude excédait les officiers municipaux [14 janvier 1793].

[p. 227]
Bien que les congrégations séculières et les confréries eussent été supprimées, des hommes et des femmes se rassemblaient encore dans plusieurs paroisses de campagne pour se livrer à des exercices religieux ; les curés constitutionnels les protégeaient et les municipalités fermaient les yeux : le Directoire départemental rappela celles-ci à l'exécution ponctuelle de la loi. Une association de piété, qui existait de longue date à Blâmont, ne fut pas autorisée à tenir plus longtemps ses réunions.

[p. 250]
[En janvier 1793] Les chefs-lieux de districts n'étaient guère mieux partagés que celui du département. Blâmont et Lunéville se plaignaient de la cherté des vivres ; Pont-à-Mousson, de la difficulté de se procurer des grains ; Vézelise, de l'accaparement de l'orge par les brasseurs à « un prix exorbitant ».

[p.266]
[La levée en masse de 300.000 hommes en mars 1793]
Le départ de près de 3000 hommes [réquisitionnés pour le département de la Meurthe] enlevait aux campagnes un nouveau tribut de citoyens jeunes et vigoureux [...] Il entraînait, d'autre part, la réquisition des fusils de guerre, presque tous entre les mains de gardes nationaux : le District de Blâmont prit ceux des gardes nationales de Blâmont et de Badonviller et obligea les particuliers à céder ceux qu'ils possédaient : il n'en resta que six pour tout le district, qu'on réserva au corps de garde de son chef-lieu.

[p. 267]
District de Blâmont
Population : 25.550
Contingent demandé : 266
Hommes rendus à Metz : 266

[p. 269]
Dans les premiers jours d'avril [1793], avec la retraite de Custine sur Landau [...], avec l'avance de Hohenlohe-Ingelfingen dans les Deux-Ponts, le danger d'une invasion des départements alsaciens et lorrains était réapparu comme imminent : inquiet tout à la fois de l'inachèvement de la levée des 300.000 hommes et de l'impréparation militaire de ces recrues, le Directoire départemental avait alors mis en état de réquisition permanente d'abord les gardes-nationaux des districts de Château-Salins, Dieuze, Sarrebourg et Blâmont (8 avril), puis, bientôt après (10 avril), ceux des cinq autres districts. En outre, le 11 avril, informé par le général d'Aboville, commandant l'armée de la Moselle, des « dangers pressants des armées », le Directoire avait décidé de reprendre, pour les districts de Dieuze et de Château-Salins, le plan défensif échafaudé en octobre 1792 contre l'invasion prussienne. Sur la réquisition du commandant en chef de l'Armée de la Moselle, il avait aussi rassemblé 800 gardes nationaux sédentaires des districts de Sarrebourg et de Blâmont pour les faire travailler à un retranchement près de Bitche.

[p. 283]
En vérité, on n'avait attendu ni leur visite [des représentants Anthoine et Levasseur] ni la loi du 21 mars [1793], pour ressentir le besoin d'organiser, dans quelques villes de la Meurthe, de véritables Comités de surveillance [pour recevoir les dénonciations des particuliers] A l'instigation des deux représentants et sur une invitation du procureur-général-syndic accompagnée de l'arrêté du 2 avril, d'autres Comités -de 6, 7, 9 ou 13 membres- se formèrent dans les villes et bourgades de la Meurthe [...] Dès le 8 avril [1793], Sarrebourg eut donc son Comité [...] Phalsbourg et Vézelise s'en donnèrent un le 11 ; Toul et Dieuze, le 12 ; Lunéville, le 13 ; Blâmont et Marsal, le 14 [...] (*)

(*) [Composition du comité de surveillance de] Blâmont : 2 représentants du District (dont le procureur-syndic Fromental), 2 de la municipalité (dont le maire Vaultrin), 2 du corps judiciaire (dont le président du Tribunal Laplante), 2 membres prix dans la « classe populaire » et un juge de paix.

[p. 286]
Le district de Blâmont ne renfermait aucun club : tout au plus, quelques citoyens, souscripteurs du journal de Carra, les Annales Patriotiques et Littéraires de la France, se réunissaient-ils pour le lire sous l'oeil bienveillant de l'Administration, elle-même abonnée.

[p. 291]
Les comités [de surveillance] de Marsal, de Lunéville, de Vézelise et de Blâmont s'attachaient plus particulièrement au contrôle des correspondances.

[p. 295]
Des mandats d'arrêt furent lancés contre [...] David Braun, négociant de Fénétrange, et Louis Laugier, de Blâmont, pour envoi de lettres et de fonds à des émigrés (*).

(*) Le 13 avril 1793, des membres du comité de surveillance de Sarrebourg, en vérifiant les courriers postaux, trouvèrent une lettre adressée par David Braun, marchand de bestiaux à Fénétrange, à Baumann, père et fils, banquiers à Francfort-sur-le-Main. Cette missive contenant une lettre de change de 228 livres et 2 autres lettres, non signées, destinées à l'émigré français d'Ollonne, réfugié à Carlshaven (Pays de Hesse). La lettre d'envoi spécifiait que les 228 livres devaient aussi lui être remises. Une enquête rapide révéla que Braun avait envoyé cet argent, par l'intermédiaire de ses banquiers, non pour son propre compte, mais pour celui d'un ancien baron, presque septuagénaire, Louis Laugier, domicilié à Bellecourt, commune de Remoncourt. Braun assurait être de bonne foi et ignorer la destination véritable de l'argent. Laugier niait, non la paternité des lettres, mais toute intention de venir en aide à un émigré ; malheureusement, ses dénégations furent ruinées par d'autres preuves irréfutables. Laugier et Braun furent incarcérées à Sarrebourg (ADM, L 2152 et Proced. du Trib. Criminel de la Meurthe).

[p. 306]
[Les gendarmes] de Blâmont et leur lieutenant François-Florimond Marchis reçoivent des félicitations particulières pour une activité qui s'exerce nuit et jour : à partir du 24 avril [1793], Marchis est même admis à toutes les séances du comité de surveillance de Blâmont.

[p. 311]
[Les comités de surveillance] de Dieuze et de Blâmont traquaient aussi, avec un certain acharnement, hommes et femmes en relations épistolaires avec des émigrés ou des déportés. [Celui de Blâmont] guettait des rassemblements peu orthodoxes au Val-de-Bon-Moutier [Val-et-Châtillon] ; il n'épargnait pas les particuliers qui refusaient, de leurs débiteurs, des paiements en assignats ou qui acceptaient certaines denrées alimentaires ; mais, comme les prisons de la petite ville étaient en mauvais état et risquaient de devenir meurtrières pour la santé de leurs hôtes, il assignait pour séjour à ceux-ci le couvent des ex-religieuses, non sans prendre d'élémentaires précautions tant pour prévenir une évasion possible que pour empêcher les communications avec le dehors.

[p. 316]
La lecture des procès-verbaux des corps administratifs permet d'acquérir une idée précise de la nature et de la valeur des inculpations retenues, en mai [1793], contre des dizaines de suspects mis sur la sellette. La plus grave réside toujours dans les relations avec les émigrés ou les déportés. Malgré leurs explications embarrassées, deux femmes de Hablainville, Margueritte Poutot et sa mère, sont jetées dans la prison de Blâmont et renvoyées devant le jury d'accusation pour avoir reçu des correspondances « perfides » et des images contre-révolutionnaires de Charles Bled, ancien vicaire de Jeanménil, ancien curé de Savonnières, présentement déporté. Le vieux baron Louis Laugier, accusé -comme on l'a vu- d'avoir essayé de faire passer à un émigré un secours pécuniaire, était maintenu en prison, à Sarrebourg, avec son complice présumé David Braun, en attendant d'être amené à Nancy et jugé.

[p. 322]
Soucieux de rester « humains », convaincus aussi que l'esprit civique était, dans leur district, « parfaitement bon et au niveau des principes de la Révolution », [les corps administratifs] de Blâmont se limitèrent à 3 arrestations, y compris celles de 2 femmes (*).

(*) Le 9 mai [1793], le District de Blâmont annonçait en outre, à l'appui de cette affirmation sur le civisme de ses administrés, qu'un arbre de la Fraternité venait d'être planté à côté de celui de la Liberté, sur la place de la Liberté à Blâmont, par des volontaires de la Nièvre, avec le concours des autorités constituées et des habitants, aux cris de « Vive la République » et au milieu d'accolades générales (ADM, L 595).

[p. 333]
Au début de juin [1793], des Districts de Blâmont, de Vézelise et de Sarrebourg se féliciteront que le « horde noire » des insermentés [des prêtres réfractaires] ait complètement disparu de leur ressort (*).

(*) Gouthier, ex-vicaire de Neufmaisons, près de Badonviller, signalé par la municipalité de Froville comme sujet à la déportation, prétendit qu'il n'était pas fonctionnaire public au moment de l'émission de la loi sur le serment. Malheureusement pour lui, on put prouver qu'il avait touché son traitement de vicaire jusqu'au 1er février 1791 et que la loi du 26 décembre 1790 avait été publiée dans le district de Blâmont le 11 janvier précédent.

[p. 340]
[Les représentants Anthoine et Levasseur] avaient [...] consenti, sur une requête du Conseil général nancéien, à soutenir de leur appui une adresse suppliant la Convention de mettre au plus tôt un terme à la cupidité des laboureurs et des propriétaires (*).

(*) Le District de Blâmont la déplorait particulièrement (ADM, L 595).

[p. 344]
Tout le ressentiment d'administrateurs citadins contre la cupide mauvaise volonté des campagnards s'exprimait [Le district] de Blâmont ne constatait-il pas, [fin mai 1793], que les cultivateurs oubliaient trop les bienfaits dont les avait comblés la Révolution ?

[p. 344]
A la date du 19 juin [1793], trois districts seulement avaient fourni leur recensement (*).

(*) ADM, L 70. C'étaient sans doute : Blâmont, Vézelise et Lunéville. Voir les déclarations des communes du Blâmontois dans : ADM, L 641.

[p. 380]
[En juillet 1793], Sarrebourg s'irritait que ce Département [de la Meurthe] n'eût provoqué aucune sanction contre les administrateurs des districts de Vézelise et de Blâmont, qui persistaient dans leur attitude progirondine (*).

(*) De Xermaménil, Regneault écrivit le 29 juillet au District de Blâmont : « Soyez persuadés, citoyens, que les gens éclairés ont bien observé le mouvement loyal et courageux qui vous a fait prendre devant la Convention Nationale la déffense de vos mandataires à l'administration supérieure, malgré le danger de fronder l'opinion dominante... » (ADM, L 601).

[p. 383]
Le « plus démocratique » de toutes les constitutions françaises -la constitution mort-née du 24 juin 1793- fut acceptée de la plupart des Français. Dans la Meurthe, pendant près de deux semaines, les patriotes de toutes nuances avaient attendu, avec une impatience grandissante, l'arrivée du texte constitutionnel « qu'un cri universel -disaient les autorités constituées et la Société populaire touloises- demandait en vain depuis dix mois », qu'avaient retardé les luttes des « factions », et contre lequel -prophétisait le District de Blâmont- « viendront se briser toutes les opinions qui n'ont pas pour principe la liberté et l'égalité ».

[p. 385]
Le Directoire du district de Blâmont avait témoigné de la joie très vive ressentie par ses administrés à la seule nouvelle de l'achèvement de la Constitution, dont ils attendaient « le bonheur général et particulier ».

[p. 388]
Les assemblées primaires départementales se tinrent, dans chaque canton de la République, entre le 14 et le 23 juillet [1793], presque partout le 14 ou le 21. Plusieurs d'entre elles, dans la Meurthe, furent présidées par un ecclésiastique (*).

(*) [Celle] de Blâmont-campagne (par J.-B. Uriot, curé de Frémonville), de Leintrey (par le curé du lieu, Nicolas Duc), de Badonviller-campagne (par C.-A.-F. de Mirbeck, curé de Vacqueville), d'Ogéviller (par Fromental, « citoyen-curé d'Herbéviller »)

[p. 395]
[Pour les ventes de Biens Nationaux] Dans quelques districts (Blâmont, Dieuze, Pont-à-Mousson), le nombre de portions d'étendue restreinte et de prix abordable pour les petites bourses semble pourtant avoir augmenté [malgré la complexité de ces opérations de division] depuis la fin de 1792. A Gondrexange, le 25 mars [1793], on mettait en vente 17 fauchées de prés et 2 jours de terres arables provenant de la fabrique, - le tout estimé 4004 livres. A la pluralité des voix, les assistants décidèrent de fractionner l'ensemble en 27 morceaux, qui firent le bonheur d'habitants modestes tout en rapportant davantage au Trésor.
[...] On trouve toujours, sur les listes d'acquéreurs, quelques membres du clergé : [...] François Mariotte, ex-ermite de Saint-Jean près de Blâmont (il acheta, le 14 janvier [1793], pour 3700 l[ivres], son ermitage avec ses dépendances).

[p. 401]
Les Vosges, dont les districts montagneux (Saint-Dié, Rambervillers, Remiremont) n'ont jamais pu subvenir seuls à leurs propres besoins et s'adressaient d'ordinaire pour le complément [en grains] à Lunéville, Blâmont, Vézelise, se plaignirent au ministre Garat, par l'entremise du conventionnel Julien Souhait, que leurs « frères » de la Meurthe les abandonnent maintenant aux horreurs de la famine et empêchent d'arriver jusqu'à eux le froment qu'ils ont pu acheter (*).

(*) En juin [1793], la municipalité meurthoise de Sainte-Pôle avait arrêté un convoi de blé dont Jean-Balthazar Schont, boulanger, avait fait l'emplette dans la région et qu'il conduisait à Raon-l'Etape. Le 20 juin, le Directoire du district de Blâmont la félicita de son zèle, l'engagea à continuer sa surveillance, mais, informé que Raon se trouvait « dans un dénuëment allarmant de bled », il autorisa Schont à y emmener 12 réseaux : le surplus resterait en dépôt jusqu'au moment où il pourrait être porté sur le marché public de Badonviller ; quant aux frais causés par l'arrestation, ils seraient mis au compte de Schont et du propriétaire du grain.

[p. 412]
[La police politique en juin-juillet 1793]
Ce sont les comités de surveillance, flanqués des corps administratifs et judiciaires (dont les réunions devenaient au reste de plus en plus rares) qui tenaient toujours le premier rôle dans la chasse aux suspects. Ils en dressèrent de nouvelles listes [...] Celui de Blâmont éclaircit des histoires de correspondances louches et fit arrêter un certain Joseph Jeanclaude, pour ses manoeuvres contre les assignats et sa résistance au premier maximum.

[p. 425]
Sans doute, la religion n'était pas encore persécutée. On persistait à l'associer, presque toujours, aux actes importants de la vie publique. En janvier 1793, le District de Blâmont s'était réjoui que, malgré les entraves portées par quelques réfractaires, le culte constitutionnel se fit régulièrement, « avec aisance, dignité et une belle simplicité ».

[p. 439]
DISTRICTS, CANTONS ET COMMUNES DE LA MEURTHE EN 1792

District de Blâmont
(Population approximative : 26.000 hab.)
1.- Canton de Badonviller : Angomont, Badonviller et Pierre-Percée, Bréménil, Fenneviller, Montreux, Neufmaisons, Neuviller-lez-Badonviller, Pexonne, Saint-Maurice, Sainte-Pôle, Vacqueville, Veney.
2.- Canton de Blâmont : Ancerviller et Couvay, Barbas, Blâmont, Domèvre, Frémonville, Gogney, Halloville, Harbouey, Repaix, Verdenal.
3.- Canton de Cirey : Bertrambois, Cirey, Hattigny, Nonhigny, Parux, Petitmont, Raon-lez-l'Eau, Saint-Sauveur, Tanconville, Val-de-Bon-Moutier.
4.- Canton de Leintrey : Amenoncourt, Autrepierre, Blémerey, Chazelles, Gondrexon, Leintrey, Reillon, Remoncourt, Saint-Martin, Vého, Xousse.
5.- Canton d'Ogéviller : Brouville, Fréménil, Hablainville, Herbéviller, Merviller, Mignéville, Montigny, Ogéviller, Pettonville, Réclonville, Réherrey, Vaxainville.
6.- Canton de Réchicourt : Avricourt, Foulcrey, Gondrexange, Ibigny, La-Haie-des-Allemands, Moussey, Réchicourt-le-Château, Richeval, Saint-Georges.

(A suivre)

 

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