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Le Département de la Meurthe - Henri Lepage - 1843

LE DÉPARTEMENT DE LA MEURTHE, Statistique historique et administrative
Henri LEPAGE - Edition Nancy 1843

Pour les autres communes, voir Département et communes de la Meurthe - Henri Lepage (A)



BLAMONT (ALBUS MONS), petite ville de l'ancien duché de Lorraine, sur la Vezouze, route royale n.° 4 de Paris à Strasbourg; et route départementale n.° 13 de Bourdonnay à Rambervillers, à 60 kilom. S.-E.-E. de Nancy, 30 E. de Lunéville, chef-lieu de l'arrond. Pop. : 2,563 hab., 180 élect. cens., 21 cons. mun., 715 feux. Nombre d'enfants : 422 en hiver, 307 en été. Surf. territ. : 591 hect. en terres lab., 112 en prés, 20 en vignes, 26 en bois, 47 en jardins et vergers. L'hectare semé en blé peut rapporter 15 hectol. en orge, 18, en seigle 20, en avoine 16; planté en vignes 66. On y élève surtout des vaches, des moutons et des porcs. Les principaux genres de culture sont lé blé, l'avoine et les prairies artificielles. Blâmont est un chef-lieu de canton ; il y a un collège avec pensionnat, école et pensionnat des soeurs de la Doctrine-Chrétienne, hôpital dirigé par les dames de St.-Charles, perception des contributions directes, bureau de poste, etc., etc. Cette ville possède, en outre, plusieurs établissements industriels importants : les tissages de MM. Lemant, frères, qui occupent de 200 à 250 ouvriers, et dont les produits ont obtenu des médailles et mentions honorables ; la manufacture de taillanderie et grosse quincaillerie de Mme Batelot. Ce genre de fabrication fut importé à Blâmont, en 1836, par M. Batelot. Alors il n'existait et il n'existe pas encore d'autres usines de ce genre dans le département de la Meurthe. Les matières premières y viennent de la Prusse, de l'Allemagne et des Vosges, excepté le fer, qui est tiré de la forge d'Abreschwiller. Les produits de cette usine, qui occupe environ 40 ouvriers, se répandent dans les départements de la Meurthe, de la Moselle, des Vosges, de la Haute-Saône, de la Haute-Marne, du Haut-Rhin et du Bas-Rhin. Fabrique de broderies de Mme Léon, pour laquelle travaillent 200 ouvrières; une distillerie qui jouit d'une certaine réputation. 3 moulins, celui des Champs, celui de Barbezieux, et un autre qui touche à la ville. Ecarts : la chapelle St.-Jean.
Anc. pop. : 1710, 185 hab., 27 gar.; 1802, 1,941 hab., 479 feux ; 1822, 1,980 hab., 455 feux. - Anc. div. : Blâmont est indiqué, dans le dénombrement du président Alix, en 1594, comme un des quatre comtés qui, avec les huit bailliages, formaient les douze grandes subdivisions de la province ; 1710, chef-lieu d'une prévôté du bail. de Lunéville ; en 1751, le siège d'un bailliage, maît. de Lunéville, gén. de Nancy, régi par les coutumes de Blâmont; 1790, chef-lieu de canton et de district. - Spir. : Doy. de Salm, dio. de Toul; 1778, év, de Nancy.
La ville de Blâmont ou Blanmont (Albus Mons) remonte à une époque très reculée. C'était la principale ville du pays nommé anciennement Pagus-Albinsis, Albechova, dont il est fait mention dans le titre de dotation de l'abbaye de Senones, en 661, et dans le partage entre les rois Charles et Louis-le-Germanique, en 870. Dès le Xe siècle, ce pays portait le nom de comté de Blâmont, et il est ainsi qualifié dans des actes de 938 et 962. Le Blâmontois (pays ou comté de Blâmont) faisait partie du Chaumontois et s'étendait aux environs de la ville et du territoire de Blâmont. Du reste, il est difficile de dire quelle était son étendue ; elle changeait avec les conquêtes des seigneurs qui en étaient les maîtres, augmentait ou diminuait en raison de leurs victoires, de leurs défaites, ou des alliances plus ou moins avantageuses qu'ils contractaient avec les princes voisins.
Quoiqu'il en soit, les seigneurs de Blâmont, dont l'abbé de Senones a donné la généalogie, jouèrent un certain rôle dans notre province, surtout à cause de leurs hostilités fréquentes contre les évêques de Metz. Ils ne portèrent pas toujours le titre de comte, mais d'abord la simple qualité de sire et de seigneur ; ce n'est qu'à partir du XIVe siècle, selon les uns, du XVe siècle, selon les autres, qu'on les voit ajouter à leurs noms celui de comte de Blâmont. Il n'entre pas, dans le plan de cet ouvrage, de raconter les événements auxquels ils prirent part, les guerres nombreuses qu'ils soutinrent contre les évêques de Metz, dont les domaines confinaient aux leurs, et dont, malgré leur pouvoir, ils étaient eux-mêmes en partie feudataires. Nous dirons seulement que le comté de Blâmont passa dans les mains des ducs de Lorraine, et qu'il en est parlé, dans le traité de Nuremberg, en 1544, connue d'une nue-propriété appartenant au duc Antoine.
Quant à la ville capitale du Blâmontois, l'époque de son origine est inconnue. Elle fut possédée, jusqu'au XIIe siècle, par des seigneurs particuliers ; alors une fille unique et héritière de cette seigneurie, épousa Henri ou Herman, comte de Salm, et la porta dans cette dernière maison. Enfin, Jacques de Lorraine, évêque de Metz, de 1238 à 1260, acquit le fief de Blâmont, de Frédéric, comte de Blâmont et de Salm, et, depuis ce temps, les membres de cette famille reprirent ce fief des évêques de Metz, en hommage-lige et héréditaire. En 1311, Henri de Blâmont, faisant le partage de ses biens entre ses enfants, donna à Henri, son fils aîné, le château, ville, ban, bois, étangs et rivières de Blâmont.
Il est difficile de suivre ces transmissions de propriétés, par voie de ventes, d'échanges et surtout d'engagements; nous nous bornerons à citer quelques titres des Archives qui dont restés inconnus à nos historiens, et qui ne nous semblent pas dépourvus d'intérêt. En 1542, Henri, seigneur de Blâmont, déclare être homme-lige, après l'évêque de Metz, de Raoul, duc de Lorraine et promet de le servir toute sa vie, l'aider de ses personne, forteresses et de ses hommes, de tout son pouvoir, contre tous, excepté l'évêque de Metz. En 1347, Adelette de Leistemberg, pour le salut de son âme, quitte aux habitant de Blâmont et du Vieil-Marché la morte-main qu'elle avait sur eux. En 1357, Thiébaut, seigneur de Blâmont, se constitue homme-lige de Jean, évêque de Strasbourg, et lui fait serment de fidélité pour sa vie, sous peine de 1,000 florin. d'or. En l390, une contestation ayant en lieu entre Thibaut de Blâmont et Jean de Vergy, au sujet de l'entrecours de leurs seigneuries respectives, ils convinrent, sur la sentence du duc Thiébaut, qu'ils avaient choisi pour arbitre, que l'entrecours pour leurs sujets serait en commun.
Après la mort d'Ademare de Monteil (1361), Thibaut, sire de Blâmont, ayant été nommé lieutenant-général de l'évêché de Metz et commandant des troupes de l'évêque, fit fortifier la ville de Blâmont. Mais le prélat messin ayant refusé de rembourser à Thibaut les dépenses que celui-ci avait faites, il s'en suivit une guerre qui ne fut terminée que par l'entremise du duc de Lorraine, et qui se renouvela, les années suivantes, entre les successeurs du comte et ceux de l'évêque.
Olry de Blâmont, évêque de Toul, devenu seul héritier de Blâmont, de Deneuvre et de leurs dépendances, par la mort de ses frères et soeurs, fit cession Je tout ce qu'il y avait, en 1493 ou 1499, au duc René II, qui, en 1504, confirma les franchises, libertés et privilèges des bourgeois, manants et habitants de Blâmont. En 1613, ils obtinrent la permission de se choisir un maître échevin de trois ans en trois ans.
Le 25 février 1561, par suite d'an accord entre le duc Charles III et François de Beaucaire, évêque de Metz, la ville de Blâmont devint la nue-propriété du duc, qui, six mois plus tard, reçut de l'empereur Maximilien II l'investiture du comté.
Blâmont avait été donné pour douaire à la duchesse Christine de Danemarck, mère de Charles III, lors de son mariage avec le prince François, fils du duc Antoine. Elle se retira dans cette ville après la mort de son époux, en 1545, ainsi qu'en 1552, après l'enlèvement de son fils, et ajouta quelques constructions au château.
Dans les premiers jours du mois de septembre 1587, l'armée des Reitres, ou protestants d'Allemagne, commandée par le duc de Bouillon, vint mettre le siège devant Blâmont. Un jeune gentilhomme lorrain, nommé Mathias Klopstein, qui s'était jeté dans la ville avec deux compagnies, se défendit si vaillamment, qu'après avoir tué deux cents hommes aux ennemis, il les obligea à lever le siège. Mais, avant de se retirer, les Reitres incendièrent Blâmont, dont une partie fut réduite en cendres, puis rebâtie aussitôt par les habitants, au moyen d'un impôt prélevé par eux sur la vente des vins. En 1593, Catherine de Médicis, le duc d'Anjou, depuis Henri III, le duc d'Alençon et Marguerite de Navarre étaient à Blâmont avec les ambassadeurs de Pologne et un grand nombre de seigneurs. Ce fut là, dit Durival, qu'on se sépara après avoir agité les questions les plus importantes. En 1636, le duc de Saxe Veimar s'étant approché de cette ville pour l'investir, un Klopstein, qui en était gouverneur, y mit le feu et se retira dans le château; il s'y défendit avec tant de vigueur que les ennemis, devenus maîtres de la place, le firent pendre à la porte du château, et, non contents de cette honteuse vengeance, passèrent la garnison au fil de l'épée. Enfin, en 1638, M. de Feuquière brûla le château, qui ne fut pas rétabli, et dont on voit encore les belles ruines sur le sommet de la côte à laquelle Blâmont est adossé. Près de ce château était le palais des princes.
Blâmont était anciennement le chef-lieu d'une prévôté qui faisait partie du bailliage de Lunéville, et dont la juridiction s'étendait encore, en 1696, sur dix-sept villages. L'édit de 1751 l'érigea en bailliage ressortissant, en partie, au présidial de Nancy. La justice y était exercée par un lieutenant-général, un lieutenant particulier-assesseur, un avocat du roi et un greffier. La municipalité était composée du maire royal chef de police, de deux échevins, d'un échevin trésorier, du procureur du roi et du secrétaire-greffier.
Le Blâmontois avait ses coutumes particulières : en 1572, Charles III abrogea celle par laquelle le mari pouvait vendre les héritages de sa femme sans le consentement de celle-ci. Le même prince les homologua en 1596, et le roi de Pologne, en 1743, sur la requête du procureur-général de la cour souveraine, ordonna que ces coutumes fussent remises en vigueur dans toute l'étendue du comté de Blâmont, où elles étaient tombées en désuétude. Néanmoins, quelques villages étaient régis par le coutume de Lorraine.
Blâmont possédait une collégiale fondée, en 1382, par Henri IV, comte de Blâmont, et Valburge de Fénétrange, son épouse. Incendiée en 1636, reconstruite en 1666, puis unie à la collégiale de Deneuvre, elle fut supprimée avec cette dernière. En 1627, Marguerite de Gonzague y fonda une maison de Capucins ; en 1629, les religieuses de la congrégation de l'institut du P. Fourrier vinrent s'y établir. Enfin, il y avait un hôpital bâti en 1726.
Blâmont souffrit cruellement pendant les guerres du XVIIe siècle, et sa population, décimée encore par la famine et la peste, était bien faible en 1697, puisqu'on n'y comptait que 73 feux. Néanmoins, ce nombre s'accrut rapidement, car, environ cent ans plus tard, il y avait 290 maisons occupées par 400 ménages.
Blâmont portait d'argent à deux barbeaux adossés de gueules, accompagnés en chef d'une rose de même. En 1470, Louis XI permit au chef des armes de cette maison d'ajouter à ses armoiries une fleur de lys d'or en un écu d'azur.
Hommes marquants. La ville de Blâmont a vu naître : le comte Louis KLEIN, général de division et pair de France, né en 1762; Antoine-Joseph LOTTINGER, né en 1720, docteur en médecine et correspondant de plusieurs sociétés savantes ; Claude-Ambroise REIGNIER, qui, de simple fils du fermier des moulins de Blâmont, s'éleva aux plus hauts emplois et devînt duc de Massa ; MASSON, auteur de Mémoires sur la Russie ; et du poème des Helvétiens, où l'on remarque l'épisode de la mort de Charles-le-Téméraire devant Nancy ; REGNAULT, député à l'assemblée nationale, président du tribunal de Nancy ; MARMOD, industriel distingué, né en 1757 ; enfin, MASSU, chanoine régulier et abbé de Belchamps.
Le docteur Lahalle et M. Leseing, son gendre, de Blâmont, ont formé une nombreuse collection de monnaies, oiseaux, minéraux, et autres produits curieux du département.


[LE DÉPARTEMENT DE LA MEURTHE, Statistique historique et administrative, SUPPLÉMENT - Henri LEPAGE - Edition Nancy 1843]

BLAMONT. Masson, auteur des Mémoires sur la Russie et du poème des Helvétiens, n'est pas né, comme nous l'avons avancé, à Blâmont, département de la Meurthe, mais à Blâmont, dans le pays de Montbéliard.

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