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Presse 1830-1914


Journal des Débats - 28 mai 1830

Dans les derniers jours d'avril, deux incendies ont eu lieu dans l'arrondissement de Lnuéville, l'un à Frémonville, et l'autre à Raon-les-Leaux. Ce dernier accident est attribué à un des habitans de la maison incendiée, dont les meubles étaient assurés.


Journal des débats politiques et littéraires - 28 avril 1848

On lit dans le Journal de Lunéville (Meurthe) du 23 avril : 
« A Leintrey, comme dans beaucoup de communes, les habitans sont partagés en deux camps. Les rivalités de famille, d'influences, de fortune bien plus que des rivalités politiques, entretiennent depuis longtemps une division sourde, mais prononcée dans cette commune. La révolution de 1848 amena naturellement un changement dans l'administration municipale. L'ancien maire fut remplacé par un maire pris dans le parti qui avait le dessous avant les journées de Février. A Leintrey, les vaincus n'acceptent pas leur défaite avec résignation. Le nouveau maire inaugura ses fonctions par la plantation de l'arbre de la liberté. L'arbre fut nuitamment scié et abattu : un deuxième est planté, et pareillement abattu. Ce n'était là que le signal de la réaction. On ne s'en tint pas là; les amis du maire déchu, après avoir par d'amples libations échauffé leur courage, se portèrent chez le nouveau maire, se livrèrent à des voies de fait, se firent remettre l'écharpe, insigne de l'autorité et pillèrent la caisse municipale. 
« Ce n'était pas assez, les adhérens du maire subirent des traitemens analogues, furent rançonnés et frappés d'une contribution forcée, dont le paiement fut exigé séance tenante. Jusque là tout allait au mieux. Mais la gendarmerie de Blamont arriva bientôt, puis le lundi matin le commissaire du gouvernement près le tribunal avec la brigade de gendarmerie et cinquante hussards. L'instruction a été commencée sur le champ. Neuf des principaux meneurs ont été arrêtes et amenés dans les prisons de Lunéville. Espérons que de semblables tentatives ne se renouvelleront pas. Rappelons à cette occasion que la peuple de Paris, qui a fait une révolution. n'a commis aucune espèce de violences ni de pillage, qu'il n'a cessé de respecter les personnes et les propriété. »


Journal des débats - 16 juillet 1852

Voici quelques détails sur la section du chemin de fer de Paris à Strasbourg qui va être inaugurée entre Nancy et Sarrebourg 
Cette partie de fa grande ligne de Paris à Strasbourg a un développement de 79 kilomètres. Elle a été la dernière sur laquelle les travaux ont été entrepris a cause des conférences et des formalités administratives qu'a nécessitées l'établissement du tracé aux abords de la ville de Sarrebourg. 
Le chemin de fer, en quittant Nancy, franchit le ravin de Jarville, se tient sur la droite de la route nationale n° 4, passe le vallon de Laneuveville, et s'infléchit par une courbe de 200 mètres de rayon pour traverser la Meurthe vis-à-vis de la ferme de Saint-Phlin. 
En ce point, il rejoint la ligne du canal de la Marne au Rhin, auquel il reste accolé jusqu'au village de Varangéville. Il passe ensuite à droite de Dombasle, suit la rive droite de la Meurthe, et vient atteindre Lunéville, dont il coupe les faubourgs de Viller et d'Alsace. 
Au delà de Lunéville, le chemin de fer se dirige sur Marainviller et le vallon des Amis, passe vis-à-vis de Laneuville-aux-Bois,. près d'Emberménil, touche Avricourt et Réchicourt, coupe au delà le col séparatif entre les eaux du Sanon et celles de la Sarre par une tranchée de 14 mètres de profondeur, et, parvenu à l'étang de Ketzing, il descend vers la Sarre. 
Le tracé coupe ensuite obliquement le canal de la Marne au Rhin et l'étang de Goudrexange puis il se développe sur le flanc gauche du vallon de ce nom, et pénètre dans la vallée de la Sarre vis-à- vis du moulin de Sarrixin. Il touche les villages de Herzing, Héming, Xouaxange, puis, après avoir contourné le promontoire de la vallée de Bébing, il arrive à Sarrebourg par deux alignemens tracés sur la rive gauche de la Sarre. Après avoir traversé cette rivière entre Sarrebourg et Wegerstein, la ligne se porte vers Hommarting, qu'elle atteint par une courbe de 2,500 mètres de rayon. 
Nous récapitulons maintenant les sections qui forment l'ensemble de cette grande ligne. 
Première section, entre Paris et l'entrée du sou-terrain d'Armentières, comprise dans les départemens de la Seine, de Seine-et-Oise, de Seine-et-Marne. Longueur, 53 kilomètres. 
Deuxième section, comprise entre le point ci-dessus désigné et Vitry-Ie-Francois, départemens de Seine-et-Marne et de la Marne. Longueur, 153 kilomètres. 
Troisième section, comprise entre Vitry-Ie-François etTouI, départemens de la Marne, de la Meuse et de la Meurthe. Longueur, 120 kilomètres. 
Quatrième section, de Toul à la limite du Bas-Rhin. Longueur, 126 kilomètres. 
Cinquième section, de la limite du département du Bas-Rhin à Strasbourg. Longueur, 52 kilomètres.


Journal des débats - 29 juillet 1873

Nouvelles dAIsace et de Lorraine
On lit dans le Journal d'Alsace du 25 juillet :
« L'évacuation du territoire se faisant plus tôt qu'il n'était permis de le penser, il s'agira de hâter les constructions de la station près d'Avricourt. Dans ce village, appartenant à la France, s'étaient établies les administrations allemandes du chemin de fer, des douanes et des postes. 
L'évacuation accomplie, ce village fait retour à la France et le gouvernement allemand se verra obligé de construire une station sur la nouvelle frontière, entre Avricourt et Rixingen. (*) Ce sera une entreprise unique peut- être dans son genre, car il faudra créer tout un village là où il n'en existait pas autrefois.
Le plan manque environ 40 bâtimens à construire sur 3 rues. Tous !es édifices, toutes les constructions et dépendances nécessaires à une gare de chemin de fer, les hangars, les bureaux, l'hôtel de la poste et un nombre suffisant de jo!is logemens pour le personnel des fonctionnaires supérieurs et des employés subalternes, une école, une église sont compris dans l'ensemble du projet. 
Toutes les constructions seront exécutées dans des proportions dignes d'une pareille station, assise sur la frontière, entre l'Allemagne et la France. Dans l'espace d'un an, les principales constructions de cette entreprise grandiose seront terminées il faudra sans doute trois ans pour l'entier achèvement. Il est probable que d'ici là, des marchands, des particuliers se grouperont autour de la nouvelle station. »
(*) NDLR : Réchicourt le Château


Le Gaulois - 18 mai 1874

Lunéville, 15 mai. Mercredi dernier, à la fête religieuse de la cristallerie de Baccarat, de jeunes conscrits, ayant rencontré Mgr l'évêque de Nancy, ont proféré des cris inconvenants. Le fait s'est passé a Vacqueville. Heureusement tout s'est bien terminé.
Les jeunes gens incriminés appartenaient à la commune de Badonviller. Ce fut le soir dans cette dernière commune, un cri général de réprobation contre les auteurs de cette grossièreté.
Le maire, ayant découvert les trois coupables, a la suite de l'enquête qu'il avait immédiatement ordonnée, se transporta avec eux le lendemain matin sur le passage du prélat, qui allait de Blamont à Reherrey et le rencontra à Montigny, à la jonction de la route de Badonviller à Baccarat. Là, M. le maire descendit de sa voiture et vint offrir au prêtât, au nom de toute sa commune, ses regrets pour le déplorable incident de la veille. En même temps, les trois jeunes gens présentèrent chacun en bons termes leurs excuses au prélat, et lui demandèrent pardon de leur inconvenance.
Mgr l'évêque, après avoir remercié M. le maire de sa démarche et de la leçon de respect qu'il donnait ainsi à la jeunesse de sa commune, adressa aux jeunes gens des conseils affectueux, dont ceux-ci furent émus jusqu'aux larmes, et, en les congédiant, leur donna sa bénédiction et leur tendit la main en signe de pardon et d'oubli.


Le Temps - 13 septembre 1874

Dans le canton de Blâmont, M. Brice, propriétaire, candidat républicain, a publié une profession de foi d'où nous détachons le passage suivant :
J'accepte, sans arrière-pensée, le pouvoir du maréchal de Mac-Mahon, président de la République, et désire ardemment le voir consolider par des institutions définitives.
Mes affections sont acquises à la république, le gouvernement de tous par tous; elle seule peut offrir des garanties sérieuses contre de nouvelles révolutions et de nouvelles. invasions; elle doit répandre largement l'instruction, aider le travail, favoriser le commerce et l'agriculture; et, relevant la patrie, nous replacer au rang que nous n'aurions jamais dû perdre.


Le Petit Journal - 11 mai 1875

On écrit de Strasbourg à la Gazette de l'Allemagne du Nord :
La chancellerie, de l'empire a fait prévenir le commandant du -15e corps, que la gare d'Avricourt, située sur le territoire allemand, devra être terminée, et livrée à l'exploitation le 1er juin. En conséquence, le droit de l'empire allemand d'occuper militairement la commune d'Igney et la partie française de la commune d'Avricourt expirera le même jour.


Journal des débats - 11 août 1875

Par décret du 2 août, 
Le bureau des douanes d'Avricourt (Meurthe-et-Moselle) est ajouté à ceux qui ont été précédemment désignés pour constater la sortie des ouvrages d'or et d'argent expédiés à l'étranger dans !es cas prévus par la loi du 19 brumaire an VI.


Le Temps - 20 octobre 1875

On écrit de Blâmont au Journal de la Meurthe et des Vosges que dans une réunion privée, tenue dans la journée du 14 octobre, à Blâmont, chez M. Brice, conseiller général, MM. Varroy, député de Meurthe-et-Moselle, et Bernard, maire de Nancy, ont posé leur candidature au Sénat. Nous avions déjà signalé ces deux noms.


Journal des débats - 16 mai 1876

La division de la commune d'Avricourt en deux parties, l'une restée française, l'autre devenue allemande, donne lieu, parait-il, dans certains services publics, à des confusions auxquelles l'administration songe à mettre un terme en donnant à notre station- 
frontière de chemin de fer le nom de Igney-Avricourt.


La Presse - 15 janvier 1877

MEURTHE. Voici les tristes détails sur l'incendie de l'épicerie de Nancy, que donne le Journal de la Meurthe et des Vosges : 
Au milieu de l'effondrement général, un boulanger vit distinctement l'un des deux commis de l'épicerie apparaître sur le toit du grenier et solliciter le secours d'une échelle. A l'instant même où ses cris étaient entendus, le plancher du grenier s'effondrait sous lui et le malheureux jeune homme disparaissait dans un tourbillon de flammes. Quelques heures plus tard, lorsque les pompiers purent pénétrer au milieu des décombres et déblayer les gravois amoncelés, la pioche vint heurter un corps humain informe. Le coeur du cadavre avait été traversé par une pioche dont on se servait pour cette triste opération. 
On dégagea ces restes fumants; les membres avaient été séparés; la tête fut retrouvée à l'étage inférieur. Ce qui restait du tronc avait été réduit à l'état de charbon noir. Le tronc était celui du malheureux qu'on avait vu appeler à grands cris le secours d'une échelle. 
Le second cadavre avait été retrouvé dans son lit, asphyxié probablement avant que tout mouvement lui eut été possible; les, chairs, également carbonisées, laissaient à nu les os; les extrémités étaient absolument réduites en cendres; le crâne fracassé. Mais les membres étaient adhérents au tronc, les muscles convulsés.
Tout indique, dans ces restes informes à voir, les symptômes d'une indicible angoisse et d'une mort pleine d'horreur. Ces deux jeunes gens étaient tous deux âgés de dix-huit ans l'un, Victor Dardenne, était né à Ogévillier, canton de Blamont; l'autre s'appelait Charles Plaisance, était natif de Delme (Lorraine annexée). Leurs restes ont été toute la matinée exposés dans la salle des morts de l'hospice Saint-Charles.


Journal des débats - 26 août 1878

Toutes les rivières de l'Est, dit le Progrès, coulent à pleins bords. Mercredi, la Vezouze a débordé et enlevé la voie de fer sur le territoire de Frémonville. Le curage de cette rivière devient de plus en plus urgent. Quant à la Meurthe, elle commençait jeudi à déborder dans la prairie de Saint-Nicolas. 
La ligne du chemin de fer d'Avricourt à Cirey a été coupée te 20 août par les eaux, entre Blâmont et Frémonville, au kilomètre 11. Le train 21-43, qui part d'Avricourt, est resté à Blâmont.


Le Gaulois - 3 octobre 1881

Nous apprenons également la mort de M. l'abbé J.-B. Munier-Pugin, né en 1792 et décédé à Gogney.


Le Gaulois - 10 octobre 1881

NANCY, 9 octobre. Le sieur Schmitt, aiguilleur à la gare d'Avricourt, occupé à. faire sur la voie des signaux à un train qui manoeuvrait en gare, n'entendit pas venir derrière lui un second train dont le premier wagon le lança violemment à terre le long des rails. 
Tout le train passa ainsi sur son corps sans-lui faire d'autre mal. Lorsqu'on le releva; la frayeur lui avait fait, perdre connaissance.


Le Gaulois - 7 novembre 1881

Les Ministres de Demain... ?
[...]
M. VARROY 
L'homme est tout rond, comme une boule, et pas grand; la calvitie commence, et un bouquet de cheveux surmonte son front soucieux et ridé. La boite osseuse du cerveau semble contenir tout le mécanisme compliqué d'une machine à calculer. Henri-Auguste Varroy ministre une fois, est un Vosgien, enfant de Vittel. Sa jeunesse et même son enfance ont été laborieuses. Tout petit, l'homme voulait sa vie déjà. A cette époque il fut, ce qu'on appelle en style d'écolier, un potasseur, et depuis il n'a pas changé. 
L'an de grâce 1846, il sortait premier à l'Ecole polytechnique; il avait vingt ans. Trois années plus tard, il sortait premier de l'Ecole~des ponts et chaussées. 
Il a suivi la carrière tranquillement, sans secousses, passant par la filière ordinaire et gagnant tous ses grades, sans passe-droit, avec sûreté; apprécié seulement par quelques rares qui savaient le comprendre. 
L'homme d'aujourd'hui est demeuré un fort en thème ; et le fort en thème courageux, patient et révolté souvent, parce qu'il avait, la conscience de son mérite, est resté pendant vingt années inaperçu pour la masse au canal du Rhin, et ensuite au chemin de fer de Lunéville à Saint-Dié, qui est son oeuvre, et enfin au contrôle général des lignes de l'Est. C'est là qu'il se fit cueillir par le 4 septembre. Il faut le dire, son patriotisme a été au niveau des événements. 
Varroy, malgré nos désastres, ne voulait pas entendre parler de la paix; né outrancier pour le bon travail, il le fut à Bordeaux lorsqu'il s'agit de voter la fin de la guerre. - Le Vosgien était à l'époque député lorrain. Depuis, le Sénat l'a compté parmi ses. travailleurs les plus assidus. Dans l'intervalle, rapporteur du budget, il s'est fait l'apôtre du protestant Freycinet, à propos des différents projets de chemins dé fer soumis par ce dernier. J'ai dans ma bibliothèque un superbe in-folio publié par Varroy, sous ce titre : Chemins de fer d'intérêt local, Avricourt-BIamont-Cirey. Je confesse que je ne l'ai point lu : j'espère que l'auteur me pardonnera. 
Son premier règne au ministère a été de 244 jours pendant lesquels, malgré son désir de bien. faire, il n'a pu appliquer les saines doctrines de son ami et maître, Joseph Garnier, mort il y a peu de temps. 
Avec ce parti pris, cette ténacité qui sont le fond de sa nature, M.Varroy a trouvé le moyen d'être, lui aussi, par échappée, un rêveur. 
C'est de lui que Michel Chevalier a dit :
« Varroy nous eût été précieux du temps où nous faisions nos bêtises. »
Si M. Varroy rentre dans le grand ministère, il va jouer le rôle du mannequin- fantôme pour les pierrots dans un cerisier. 
Les pierrots, ce sont les grandes Compagnies de chemins de fer.
Frédéric Gilbert


Le Gaulois - 6 décembre 1881

LUNÉVILLE, 5 décembre. La douane vient de saisir chez un homme d'équipe, employé à la. gare d'Avricourt, 350 paquets de poudre étrangère qu'il importait lui-même en France, grâce à l'emploi qu'il occupait à la Compagnie de l'Est.


Le Gaulois - 21 décembre 1881

LUNÉVILLE. 20 décembre. Nous avons raconté qu'à la suite d'une perquisition faite chez un employé du chemin de fer d'Avricourt, il avait été trouvé une grande quantité de poudre de contrebande.
Cet employé, qui ne compte pas moins de vingt-neuf ans de service, s'est entendu condamner pour ce fait à 500 francs d'amende et quinze jours de prison.


Le Matin - 9 février 1883

Le clergé national
Le tribunal de simple police de Blamont (Meurthe-et-Moselle) a condamné, avant-hier, à trois jours de prison l'abbé Perlié, desservant de Veho, coupable d'avoir « exercé de nombreuses violences » sur des enfants de la commune qui suivaient le catéchisme.


La Croix - 4 août 1887

Près la gare d'Avricourt, Voinot, 22 ans, se jette sur la voie au moment du passage d'un train. Il est broyé.


Le Gaulois - 20 mai 1888

NANCY.- Ces jours derniers, une compagnie du 69e de ligne quittait le fort de Manonvillers, a cinq heures du matin, pour exécuter une marche militaire. 
Sur son itinéraire se trouvait un village dont la dernière maison touche à la frontière (Vaucourt an nord d'Avricourt). Dès que les enfants ont aperçu le pantalon rouge. Ils se sont élances au-devant de soldats français. 
La compagnie entre dans le village, les tambours et clairons battent et sonnent la marche du 69e; de tous cotes, les habitants se précipitent pour voir ceux qu'ils n'ont pas vus depuis longtemps. 
L'instituteur, prévenu par le son des tambours, fait placer en ligne tous ses élèves, garçons et filles quand les soldats passent, à un signal donné par ce patriote, tous les enfants se découvrent et se mettent à crier « Vive la France ! Vive l'armée ! Vive le 69e ! » La compagnie continue sa route et, sur son parcours, elle rencontre des vieillards et des femmes pleurant à chaudes larmes, en pensant au passé. 
Mais voilà les bornes allemandes qui apparaissent, un douanier français porte les armes et les soldats s'arrêtent.


Le Gaulois - 22 mars 1889

Nécrologie
M. Mathis de Grandseille, ancien maire de Blamont (Meurthe-et-Moselle), ancien capitaine d'artillerie, est décédé à l'âge de soixante-dix-huit ans. M. Mathis était chef du parti conservateur du canton de Blamont.


Journal des débats - 11 mars 1892

Alsace-Lorraine. 
Mardi soir, à onze heures, les commissaires de police d'Avricourt et de Dieuze, accompagnés de trois gendarmes, ont arrêté M. Gérard, propriétaire à Galucourt, soupçonné d'espionnage. 
M. Gérard, qui est parent d'un officier supérieur français, a été emprisonné à la maison d'arrêt de Saverne.


Le Gaulois - 29 août 1892

A AVRICOURT 
(Par dépêche) 
Avricourt, 28 août. 
Rien n'est préparé pour le cas où l'épidémie éclaterait avec une plus grande violence: ni salle de visite, ni étuve à désinfection, ni bâtiment pour isoler les voyageurs que les médecins reconnaîtraient contaminés. 
On ne sait même pas où l'on pourrait établir tous ces services, la gare d'Avricourt étant fort petite. 
On serait probablement obligé d'aménager de vastes bergeries qui se trouvent auprès de la gare, car presque tous les jours il arrive à Avricourt quatre ou cinq wagons amenant d'Allemagne des troupeaux de moutons. 
Il me semble qu'il y aurait des mesures à prendre à cet égard, car ces moutons, arrivant d'Allemagne, peuvent fort bien apporter avec eux des germes de maladies infectieuses, voire même servir de véhicule aux microbes du choléra. 
Les Allemands, eux, ne s'endorment pas en fait de précautions. A cet égard un fait prouvera jusqu'à quel point ils poussent la précaution. On sait qu'avant l'annexion Avricourt était un grand village, une petite ville même qui s'appelle maintenant Deutsch-Avricourt. Igney, qui constitue l'Avricourt francais n'était qu'un méchant hameau dont l'importance ne s'est pas accrue depuis. A Igney il n'y a pas d'eau, les habitants n'ont que des puisards à leur disposition, tandis qu'une petite rivière coule à Deutsch-Avricourt. Toutes les blanchisseuses du pays sont donc dans la partie devenue allemande.
Depuis que le bruit a couru que le choléra avait fait son apparition en France, les Allemands ont interdit l'entrée du linge sale et les habitants de la partie française sont obligés leur linge à Lunéville pour le. faire blanchir, l'eau des puisards ne pouvant pas servir à cet usage. Ils ne laissent même pas passer le linge blanchi que l'on porterait au repasseuses. Quel luxe de précaution à côté de notre incurie ! Il ne faut pas oublier qu'Avricourt est la première station française en se dirigeant de Hambourg sur Paris. Il faut donc prévenir les personnes se dirigeant sur l'Allemagne de ne pas avoir de linge sale dans leurs bagages, on ne le laisserait pas passer. Ils seraient obligés de le renvoyer en France.


La Presse - 12 juin 1894

QUATRE SOLDATS NOYÉS 
Châlons-sur-Marne, 11 juin. - Quatre soldats de la 6e section d'ouvriers d'administration en garnison à Châlons-sur-Marne se sont noyés en Marne pendant une partie de canot. 
Voici les noms de trois d'entre eux : Devot, âgé de vingt-trois ans. né à Ancerviller (Meurthe-et-Moselle) Reder, âgé de vingt-quatre ans, soldat de 1re classe, né à Mangiennes (Meuse); Hiblot, âgé de vingt-trois ans, né à Montmédy (Meuse). 
On ne connaît pas encore le nom de la quatrième victime, qui n'est pas retrouvée.


La Croix - 30 janvier 1895

DERNIER CURÉ VOLÉ 
Le traitement de M. l'abbé Gaillard, curé de Nonhigny, a été supprimé, il y a peu de temps; mais la suppression a eu son effet depuis le 1er décembre 1894. 
Dès que la population de cette paroisse, qui compte 222 habitants presque tous petits cultivateurs et ouvriers, a connu le coup qui frappait le pieux et dévoué pasteur, elle a rédigé une pétition qui, malgré les efforts faits pour s'y opposer, a été signée par la très grande majorité des électeurs. Une souscription a réuni immédiatement 600 francs en argent, et des dons importants en nature ont été promis à M. le curé. Il y a là une touchante démonstration en faveur de M. l'abbé Gaillard (Semaine religieuse de Nancy.) 
Le vote de la Chambre d'hier fait retourner en arrière la dernière charrette des condamnés, sans jugement, par les gardes-champêtres et les maires radicaux, à n'avoir plus de pain.


La Croix - 23 juin 1895

Un squelette. On a découvert à Harbouey (Meurthe-et-Moselle), à 0m,40 en terre dans un verger, un squelette qu'on suppose être celui d'un soldat russe inhumé en 1815.


La Croix - 13 mai 1897

Il y a des heures assez solennelles et assez imposantes pour qu'on suspende au moins le prononcé d'arrêtés de basse persécution. Nous nous croyions à l'une de ces heures !
Par arrêté ministériel, l'école facultative de filles de Verdenal (Meurthe-et-Moselle) a été laïcisée.


La Croix - 14 mai 1897

Nous annoncions hier la laïcisation, par arrêté ministériel, de l'école facultative de filles de Verdenal (Meurthe-et-Moselle); c'est « suppression » qu'il fallait lire, nous apprend aujourd'hui L'Officiel.


Journal des débats - 19 mars 1905

Sur la route de Rixinge à Lorquin, se trouve une tombe qui porte l'inscription suivante « Ci-gît un compagnon de la guerre de 1870-1871~ mort en cet endroits ». Depuis une vingtaine d'années, les Sociétés patriotiques de la région, composées surtout des employés de la douane et du chemin de fer qui résident à Avricourt-Allemand, rivalisaient de zèle pour orner cette tombe à chaque solennité patriotique et pour lui rendre les plus pieux hommages. Mais les bruits les plus singuliers circulaient dans la population indigène au sujet de ce vaillant guerrier. C'était au point que les immigrés eux-mêmes commencèrent à devenir méfiants. On décida donc l'exhumation du cadavre. L'autre jour, avec tout le cérémonial d'usage, en présence d'un médecin et d'un juge, on ouvrit la tombe et on y découvrit... les ossements d'un cheval.


La Croix - 14 mars 1906

L'inventaire en province
[...] En Meurthe-et-Moselle, à Blémery, le refus d'ouvrir les portes fait renvoyer l'inventaire. A Autrepierre, énergique protestation : la porte de la sacristie est restée fermée. A Cirey, on opère de vive force, malgré les protestations; au salut de réparation la foule est émue et recueillie. A Val-et-Chatillon, un escadron de chasseurs à cheval et une compagnie de chasseurs â pied assiègent l'église dès le matin. M. le maire déclare ne participer en aucune manière aux opérations. On parlemente... Seuls les chasseurs à pied restent à cerner l'église dont l'inventaire est fixé dans l'après-midi. 
A 1 heure, la foule est considérable. Les chasseurs à cheval tentent vainement de la repousser. Energiques protestations de M. le curé. Les catholiques sont profondément émus. Un soldat du génie, les larmes aux yeux, attaque la porte. On proteste. Les agents pénètrent. Des ouvriers agiles parviennent à franchir les barrages, et leurs vives protestations sont acclamées. La porte de la sacristie, le coffre-fort ont été cambriolés. Une fervente cérémonie de réparation a terminé la manifestation.


Le Petit Parisien - 12 septembre 1906

Un berger d'Ancerviller (Meurthe-et-Moselle), Emile Parot, a blessé grièvement de deux coups de revolver Mlle Jacques, sage-femme, puis il a tenté de se suicider.


Le Temps - 12 décembre 1906

La séparation

Dimanche après-midi, M. Turinaz, évêque de Nancy, présidant à Bon-Secours la consécration de la Ligue des femmes lorraines, prenait la parole, et parlant de la situation créée par l'application de la séparation, déclarait notamment 
Eh bien, le pape a raison de s'opposer à toute déclaration. Pourquoi faire une déclaration ? Pourquoi ajouter ce joug à tous ceux que nous supportons déjà ? Et d'ailleurs, d'éminents jurisconsultes le disent, un autre ministre peut venir qui pourra changer les décisions de son prédécesseur, et nous tomberions encore sous les coups de la loi. 
Il y a une heure à peine, j'ai reçu une lettre qui met votre évêque dans la plus grande difficulté matérielle. 
L'évêque n'avait pas donné d'autres explications sur ce point. Il s'agissait d'un pli recommandé que lui adressait la préfecture et qui l'informait qu'à défaut d'association cultuelle destinée à remplacer la mense épiscopale, il cesserait d'avoir droit à la jouissance gratuite de l'évêché le 13 décembre. Le soir même, l'évêque accusait réception du pli préfectoral et terminait sa lettre en ces termes :
L'évêque de Nancy proteste énergiquement contre cette décision qui ne lui laisse même pas le temps absolument nécessaire à un déménagement. Elle s'ajoute à tant d'autres mesures indignes non seulement d'un peuple libre, mais d'un pays civilisé. Il ne veut pas louer l'évêché à l'Etat. 
Dès lundi matin, des voitures emportaient de l'évêché du linge et des objets appartenant à l'évêque et que le prélat a fait transporter dans la maison portant le n° 35 de la rue de la Source, où il compte installer provisoirement les bureaux de l'évêché et ses appartements particuliers. C'est un hôtel particulier appartenant à Mme de Martimprey, de Blamont, et que M. de Ponton d'Amécourt, capitaine en retraite, son locataire actuel, a sous-loué à M. Turinaz.


La Croix - 20 juin 1907

Accident de voyage. Le prince de Saxe-Weimar, accompagné du baron Van der Hoeven, se rendant à Paris en automobile, avait passé la frontière à Avricourt à deux heures du matin. Un sérieux accident lui est survenu près de Barbas-Blamont. L'automobile s'est jetée contre un haut talus. Le prince et le baron ont été projetés hors de la voiture. Le chauffeur a été sérieusement blessé. La voiture est brisée.


La Croix - 21 avril 1908

MEURTHE-ET-MOSELLE. - Mort suspecte. - Des cultivateurs ont trouvé étendu inanimé dans un champ, à peu de distance d'Emberménil, un propriétaire de cette commune, M. Henry, 30 ans. 
Le malheureux portait à la jambe une profonde blessure, d'où le sang s'échappait avec abondance. 
Porté a son domicile, M. Henry mourut sans avoir repris connaissance. 
Le Parquet a ouvert une enquête sur cette mort étrange.


La Croix - 14 juillet 1908

NOS AMIS DÉFUNTS 
M. l'abbé Fiel, curé d'Ogeviller (diocèse de Nancy), mort subitement sur une route de sa paroisse, 59 ans.


Le Gaulois - 28 août 1911

Après la grande semaine hippique de Deauville [...] L'un de nos plus heureux propriétaires, dont les couleurs triomphent fréquemment sur les hippodromes parisiens, M. X... avait un jour projeté de se rendre par l'Orient-Express, de Vittel, où il se trouvait alors, au meeting badois. Malheureusement le rapide ne traverse pas la ville d'eaux. M. X... fréta donc une somptueuse 60 HP, et, avec quelques éleveurs et propriétaires connus, s'achemina, vers Avricourt-frontière, où il parvint, le soir même, à dix heures. Dans le village, tout dormait. M. X... fit ouvrir cependant une misérable auberge, commanda du Champagne, et attendit jusqu'à uns heure du matin le rapide. Mais comment occuper ces trois heures ? Notre sportsman eut une idée lumineuse plongeant la main dans l'une de ses poches, il en retira une poignée de louis, et il s'écria, tendant à la ronde son poing refermé :
- Quelle somme ? Devinez !
- 500... 800... 1,000 francs, crièrent ses compagnons. 
Bien entendu, M. X. devait leur payer les différences supérieures à la somme et ceux-ci solder les différences moindres. Mais ces derniers avaient un flair tout particulier pour deviner juste. Aussi lorsque l' « Orient » entra en gare, M. X. avait-il perdu une grosse somme. 
- Par bonheur, je venais de gagner un grand steeple, s'exclamait-il en narrant cette aventure, sans quoi ces gaillards-là m'auraient ruiné !


Le Gaulois - 28 juillet 1911

Les deux côtés de la voie ferrée, entre Lunéville et Avricourt, sont en feu. On attribue ce sinistre à des étincelles échappées des locomotives. A Laneuville-au-Bois, le spectacle est émouvant. Les trains passent au milieu de tourbillons de fumée.


Le Gaulois - 29 octobre 1911

Mardi 25 octobre a été célébré, en l'église de Blamont, le mariage de M. Gaston de Joybert, fils du baron de Joybert et de la baronne, née d'André, décédée, avec Mlle Elisabeth d'Hausen, fille de M. Frédéric d'Hausen et de Mme, née Mathis de Grandseille.
Les témoins étaient, pour le marié : M. Jean de Joybert et Antoine de Joybert, ses frères; pour la mariée : MM. André d'Hausen, lieutenant au 11e cuirassiers, et Jean d'Hausen, son frère.
Le mariage a été béni par l'abbé Benoit, curé-doyen de Blamont. Notre Saint-Père le Pape avait daigné envoyer sa bénédiction aux mariés.
Le service d'honneur était assuré par Mlle Suzanne de Dumast et le comte Jean de Laudrian du Montet, Mlle Jeanne de Pardieu et M. Jean d'Hausen, Mlle Sabine de Grandseille et M. Gabriel de Dumast, Mlle Madeleine de Mont et le lieutenant André d'Hausen.. Après la cérémonie, un lunch réunissait, au château de Sainte-Marie, l'élite de la société lorraine.


La Croix - 10 septembre 1912

Le paquebot « France» retour du Maroc dépose à Marseille 19 cercueils 
Marseille, 9 septembre. - Le paquebot France est arrivé ce matin à Marseille, venant de Casablanca et Tanger. Il avait à bord dix-neuf cercueils, renfermant les dépouilles mortelles d'officiers et soldats tués pendant la révolte qui se produisit à Fez, ou au cours de divers combats qui eurent lieu au Maroc. Ce sont celles du capitaine Desfrère, de Frémonville (Meurthe-et-Moselle) ; des lieutenants Juge et Renaud, de Paris ; Mascarat, de Mende ; Chardonnet, de Neuville-aux-Tourneurs (Ardennes) ; Franceschi, Oraison, dont on ne connaît pas encore la destination ; des caporaux Béraud, de Nexonne (Haute-Marne) ; Basset, de Paris ; des soldats Carne de Laroque, des Alberts (Pyrénées-Orientales) ; Demoncey, de Saint-Julien-de-l'Escap ; Guillot, de Lupé (Loire) ; Lefevre, de Limeil-Brevannes (Seine-et-Oise) ; Maury, d'Angoulême ; Maury, de Toulon, et des soldats Chavagnac, Soudessonne et Garrigou, dont l'intendance militaire de Marseille ne connaît pas encore la destination.


Journal des débats politiques et littéraires  - 22 septembre 1912

Les obsèques du capitaine Desfrères, tué au Maroc le 19 juin, ont eu lieu à Frémonville (Meurthe-et-Moselle), au milieu d'une nombreuse assistance. Le capitaine Flamme, du 1er tirailleurs, le maire de Frémonville, l'abbé Richard, curé d'Herbéviller ; le président des vétérans de la section de Blâmont, prononcèrent d'éloquents et patriotiques discours.


La Croix - 8 octobre 1912

AEROSTATION 
Un ballon allemand en France 
Un ballon sphérique allemand est passé à Ogéviller. Il se dirigeait vers Baccarat.


Le Gaulois - 8 août 1913

VISION BREVE 
NOS SAINT-CYRIENS EN VOYAGE 
Mercredi dernier, une troupe d'environ trois cents saint-cyriens, élèves de première année, succédant aux soixante « cubes » qui y étaient venus il y a un mois, débarquait vers trois heures et demie du matin à la gare-frontière d'Avricourt. Quoiqu'on se lève tôt à la campagne, aucun établissement, on le comprendra, n'était encore ouvert à cette heure matinale. 
Cependant, en se répandant dans les ruelles de la bourgade, nos jeunes gens provoquèrent une rumeur telle que les restaurants et cafés eurent vite fait de se préparer à les recevoir. Hélas ! une seule boutique demeurait close obstinément l'unique bureau de tabac ! L'heure légale 
d'ouverture n'ayant pas encore sonné, on ne pouvait sommer le buraliste de sauter de son lit. Nos visiteurs, s'étant réconfortés, éprouvèrent le besoin d'en griller une. Mais comment se procurer tabac et cigarettes? 
Alors, timidement, les enfants des aubergistes du bourg se proposèrent pour aller, moyennant quelques décimes, chercher du tabac de l'autre côté de la frontière. On se concerta et, ma foi, on fut bien obligé d'accepter leurs services. Est-il besoin d'ajouter que les buralistes allemands furent enchantés de la bonne aubaine et que les douaniers français surent se montrer tolérants ? Mais bientôt le désenchantement commença: « Mais c'est du foin, de la paille, ce tabac ! gémit un fumeur intrépide. - Moi, se lamenta un autre, mon cigare part admirablement. Comment cela ? Oui, il rejette des flammes chaque fois que j'aspire; alors, il me produit l'effet d'une petite fusée » 
Enfin, vers six heures, le préposé à la Régie daigna apparaître. Devons-nous dire que nos futurs officiers, rejetant, piétinant aussitôt les produits des manufactures allemandes, s'empressèrent de mettre son magasin au pillage, à la grande satisfaction du débitant ? 
Après quelques reconnaissances sur la ligne frontière, ils reprenaient le train, trois heures après, pour Pont-à-Mousson, Saint-Privat et Mars-la-Tour.


La Croix - 23 septembre 1913

Une scène touchante 
Un membre de l'Union catholique du personnel des chemins de fer, M. Gustave Durand, âgé de 30 ans, employé à là gare frontière d'Avricourt, était atteint, depuis huit mois, de la maladie d'Addison (tuberculose des capsules surrénales), maladie déclarée incurable par les médecins. Il ne pouvait se tenir debout, ni marcher. De plus, il ne pouvait absorber que très peu de nourriture. 
Venu à Lourdes, avec le pèlerinage nancéien, il fut porté à la piscine. Dès le lundi 8 septembre, il ressentit une légère amélioration. Le lendemain, après un bain il put se lever et marcher comme tout le monde, et il déjeuna, à midi, sans difficulté. 
Au Bureau des constatations, son cas a vivement intéressé les médecins présents, et, depuis, l'amélioration s'est maintenue et accentuée.
Nous n'entendons point prévenir le jugement de la science: il faut laisser le temps faire son oeuvre; mais nous ne voulons point taire une scène touchante qui se produisit à son retour à Avricourt.
M. le curé l'avait accompagné à Lourdes et, spontanément, ses camarades de l'Union avaient entrepris une neuvaine pour sa guérison; tous les soirs, ils s'étaient retrouvés à l'église et avaient prié les bras en croix à son intention. De leur côté, les dames avaient fait une neuvaine dans les mêmes conditions. Aussi, quelle satisfaction quand la nouvelle fut connue !
A l'arrivée du train, le samedi 13 septembre, à 8 h. 1/2 du soir, le quai était noir de monde, et ce fut une longue exclamation de joie, quand on le vit descendre seul du wagon et saluer les cheminots amis, accourus à sa rencontre.


Le Gaulois - 13 mars 1914

De Deutsch-Avricourt On croit, dans les localités de la frontière, que l'aéroplane qui s'est abattu hier entre Lunéville et Baccarat et que l'on a cherché en vain dans les bois, est un appareil français. Il s'agirait probablement d'un des aéroplanes stationnés à Epinal.


Le Gaulois - 23 mars 1914

MORT DU GÉNÉRAL MARIN
Nice, 22 mars.
Le général de brigade Emile Marin, du cadre de réserve, est mort aujourd'hui à l'hôpital militaire de Nice.
Le général Marin fut un officier de cavalerie fort distingué. Né à Blamont, près de Lunéville, le 26 mars 1836, il passa par Saint-Cyr et Saumur en 1870, il fit la campagne contre l'Allemagne comme capitaine au 12e dragons, à l'armée de Metz, et combattit vaillamment à Forbach et à Rezonville. Chef d'escadrons en 1875, lieutenant-colonel en 1881 et colonel quatre ans plus tard, il commanda le 6e hussards à Bordeaux. Le 11 juillet 1891 il reçut les deux étoiles et commanda la brigade de cavalerie du 3e corps, à Evreux.


Journal des débats - 2 août 1914

EN ALSACE-LORRAINE
Le Dernier train pour Avricourt 
Depuis quelques jours une grande nervosité provoquée surtout par l'abondance de nouvelles contradictoires, régnait à Strasbourg. L'annonce que l'empereur avait proclamé l'état de guerre a provoque hier vendredi, vers quatre heures, un véritable affolement. Immédiatement tous tes magasins ont été fermes en ville. La gare a été occupée militairement et dans la soirée quelques rares trains civils ont pu seuls partir. 
Les Français en villégiature dans le pays, qui, devant la menace d'une mobilisation imminente, s'étaient décides tardivement à gagner la frontière, se sont trouvés en présence des plus grandes difficultés pour rentrer en France. A 7 heures du soir, une centaine de personnes, parmi lesquelles beaucoup de femmes et d'enfants; étaient réunies à la gare, décidées à gagner Avricourt coûte que coûte. On sut bientôt que tous tes express de la nuit étaient supprimés et que seul un train omnibus partirait, vers 8 heures, mais ne dépasserait pas Avricourt-allemand. Ce train était surtout destiné a rapatrier les gens de la campagne venus a Strasbourg pour la journée et qui sortaient en foule des vagons de 3e et 4e classe à chaque station de la ligne. Toutes les gares étaient occupées militairement et de nombreux détachements de cavalerie sillonnaient les routes. 
Enfin, à onze heures, le train s'arrêta à Avricourt-aIlemand et le chef de gare ne fut en mesure de donner aucun renseignement sur la façon dont tes voyageurs seraient à même de continuer leur voyage. On les laissa traverser la gare, envahir les salles d'attente ou entrer dans le village sans leur demander aucun papier. Avec le concours de la population indigène on parvint à organiser des transports de fortune, des charrettes furent amenées et l'exode s'organisa vers Igney-Avricourt. Seuls, quelques malheureux, dont une famille d'Anglais, qui ne voulaient pas abandonner tours bagages enregistrés, restèrent en panne à la station. 
Les indigènes avait ordre de n'accompagner les voyageurs français que jusqu'à l'aigle allemand placé à la frontière. En cet endroit de la route l'administration militaire avait du reste construit une sorte de barricade, faite de véhicules de toute sorte, qui n'eût du reste pu opposer qu'un frêle obstacle à la cavalerie française. Des soldats a bicyclette parcouraient tes routes dans tous les sens. 
La gare d'Igney se trouve à quelques mètres à peine de la frontière. Là les voyageurs, heureux de se sentir enfin en territoire français, furent recueillis par les employés de l'Est et dirigés dans deux vagons de seconde, accrochés à nos trains de marchandises, sur Lunéville, où ils purent prendre place dans le train régulier qui devait arriver à Paris à 8 h. 25.

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