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Propagande allemande - Cartes Gloria-Viktoria


Tout au long de la guerre, les éditions Gloria-Victoria de Vienne vont produire des cartes postales de propagande en couleurs, quasiment toujours dessinées (parfois à partir de photos recoloriées), regroupées en 74 séries, et représentant des scènes de batailles, des campements militaires, des villes occupées, des cartes géographiques avec relief, etc, de tous les fronts. Cliquez pour agrandir

Peu concernent l'Alsace-Lorraine. On trouve ainsi
Série 5/4 - Westlicher Kriegsschauplatz: Sperrfort Manonviller Cliquez pour agrandir
Série 9/1 - Westlicher Kriegsschauplatz: Eingang zur Festung Longwy Cliquez pour agrandir
Série 30/4 - Westlicher Kriegsschauplatz Schwere Verluste der Franzosen am Hartmannsweilerkopf Cliquez pour agrandir

Et Serie 32/5 - Westlicher Kriegsschauplatz: Vogesenkämpfe bei Blamont-Bionville

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Cette dernière carte démontre qu'en l'absence de documents photographiques spécifiques, les éditions Gloria-Viktoria s'appuyaient sur les communiqués officiels allemands pour imaginer leur collection.
En effet, l'association « Blamont-Bionville », comme une ligne de front unique ne se rencontre que dans le communiqué officiel du 27 février 1915 :

AM 27 Februar
Französich-Lothringen
Auf der Linie Blamont-Bionville, am Westrand der Vogesen, werfen die Deutschen die Franzosen nach heftigem Kampfe auf einer Front von 20 Kilometern sechs Kilometer weit zurück. Die neue Linie: Verdinal - Bréménil - östlich Badonviller - östlich Celles wird gegen feindliche Gegenstösse gehalten.

(Lorraine française
Sur la ligne Blamont-Bionville, à l'extrémité ouest des Vosges, les Allemands rejettent les Français, après de violents combats sur un front de 20 kilomètres, à six kilomètres de distance. La nouvelle ligne: Verdinal - Bréménil - ouest de Badonviller - ouest de Celles, est maintenue contre les contre-attaques ennemies)


Mais à la date du 27 février 1915, les communiqués officiels français n'indiquent rien...

Et s'il y a bien eu une attaque allemande ce jour là, elle semble avoir été limitée, puisque le Journal des Marches et Opérations de la 141ème Brigade de la 71ème Division indique :

27 février - 7 h 30. Les Allemands prononcent une attaque sérieuse, sur le front du secteur de Pexonne. Nos postes de Bréménil subissent une vive fusillade et débordés de toutes parts, doivent bientôt se replier. la Cie Valentin (349/17) occupe immédiatement ses emplacements de combat au carrières de Badonviller et se met en mesure de s'opposer à la progression de l'ennemi.
8 h 30. L'ennemi révèle sa présence dans la zone boisée au N. de la cote 542, laquelle est en même temps violemment bombardée, en même temps les postes d'écoute et d'observations au N. de Thiaville sont obligés de se replier et le 349e garnit la position principale de défense jalonnée par la route de Badonviller à la Chapelotte. Dès que ces renseignements lui parviennent, le colonel Ct la Brigade donne un ordre d'alerte à un Bon du 358e à Baccarat .
9 h. Un Btn du 358, rapidement alerté est acheminé sur Neufmaisons.
10 h. Le colonel Ct la Bde part en auto pour Pexonne où il établit un poste de commandement. A son arrivé, il apprend que la Cie Valentin (349/17) a été en but à un tir sérieux d'artillerie et à un feu d'infanterie intense partant des crêtes au N. et à l'O. ; qu'elle a dû prendre position dans des tranchées au N. des Carrières. Toutefois la résistance de cette cie a obligé l'ennemi à déployer ses forces (environ 3 Btn) et à démasquer son artillerie.
Menacé d'être tournée par les bois sur les deux flancs, le Comt de la Cie, après une résistance prolongée, conformément à ses instructions se retire par échelons, dans le plus grand ordre, dans les tranchées en avant de Badonviller.
La Cie cycliste de la Don, mise à 8 h 45 à la disposition du Colonel Ct la Bde par le gal de Don, partie de baccarat vers 9 h 15, arrive à Pexonne vers 10 h ; elle est envoyée vers la cote 542 pour appuyer la 152ème Brigade et assurer la liaison avec celle-ci.
A 14 h le Ct de la Brigade ayant reçu l'ordre de reprendre les positions avancées des Carrières de Badonviller, dirige le 41eme Bon de Ch. par les Grands Bois sur les crêtes sud de Montreux, avec mission de balayer les petits détachements qui lui sont signalés et de pousser vers le bois du Fays, afin d'appuyer l'attaque directe sur les carrières de Badonviller.
Le bataillon Martelet du 358e est porté directement de Pexonne sur les carrières par les bois. Il refoule des détachements avancés de l'ennemi et parvient à la nuit jusqu'aux abatis de la lisière qui arrêtent sa marche.
Sous le feu violent de l'ennemi, sa compagnie de droite pers son capitaine et 4 chefs de section.
Il reçoit l'ordre de s'établir solidement sur la position du « Gros Hêtre » en maintenant des éléments de protection vers les carrières et vers l' « Effoureux ».
Pendant ce temps, le mouvement du 41e bataillon de chasseurs ralenti par des fractions ennemies occupant les Grands Bois, débouche à la nuit de la lisière est, se heurte alors sur la crête de Montreux à une organisation qui lui parait interdire toute possibilité d'une attaque brusquée.
Le colonel commandant la brigade avisé, estime qu'il doit renoncer à cette manoeuvre et décide de concentrer tout son effort à appuyer l'attaque sur la hauteur 542.

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Signalons aussi le passage suivant dans « La guerre de 1914; notes au jour le jour par un neutre », édité à Genève en 1920 :

« TRENTIEME SEMAINE DE GUERRE
Du 21 au 27 février 1915
Genève, 28 février.
L'offensive allemande en Lorraine. [...]
Par un sort contraire, la Lorraine ne devient intéressante que le dernier jour de la semaine. Car ni la patrouille mise en fuite vers Parroy le 24, ni même les trois bombes jetées sur les casernes de Metz ne peuvent prétendre à l'ordre du jour de la grande guerre. Mais voici que le samedi 27 - ce sont les Allemands qui parlent - les positions que les Français occupaient sur un front de 20 km. entre Blamont, sur la Vezouse et Bionville, sur la Plaine, sont soudainement attaquées. Notons que jusqu'ici on ne savait les Français en possession ni de Blamont, ni de Bionville. Sur la Plaine, en particulier, il semblait que leurs tranchées n'avaient jamais dépassé les avancées de Celles. Bref, qu'il y eût plus avant des lignes véritables ou de simples postes d'observation, voire d'inoffensives patrouilles, les Allemands refoulent tout cela, et gagnent un peu plus de 2 km. au nord-ouest, un peu moins de 6 au sud-est, amènent leurs lignes sur le front Verdenel-Bréménil-Badonvillers-Celles, ces deux localités non comprises.
De cette façon, ils reconquièrent toute la Vezouse supérieure, dégageant Cirey et lui rendant des communications faciles avec la vallée de la Plaine et, par là, avec Senones, le Ban-de-Sapt, les sources de la Fave et le col de Ste-Marie-aux-Mines. En outre, ils tiennent le haut de toutes les pentes descendant vers les affluents de la Meurthe.
A ces détails, les Français n'opposent qu'un bref communiqué : « Attaque assez vive, complètement repoussée, à La Chapelotte, entre Bionville et Badonviller, 3 km. au nord de Celles.» Faute donc de contrôle, force nous est de nous abstenir de conclure. Les prochaines dépêches s'en chargeront sans doute pour nous. »

 

Rédaction : Thierry Meurant

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