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L'Est Républicain

- 1923 -



1er janvier 1923
ANCERVILLER
Abandon d'attelage. - Duhaut Arthur, charretier à l'entreprise Vercelli, est entré au café, laissant son attelage dans la rue. Il a été l'objet, d'un procès-verbal pour stationnement d'attelage sans nécessité et défaut de plaque à sa voiture ; Pierrot Martin, charretier à, la même entreprise, a été verbalisé pour attelage non attaché.


3 janvier 1933
VÉHO
Vol de 7.000 francs- Au moment de régler un de ses ouvriers, M. Aimé Clasquin, chef maçon à l'entreprise Dupic et Villain, s'est aperçu qu'on lui avait volé une somme de 7.000 francs. Cette somme, en billets de banque, se trouvait enfermée dans une boîte en bois placée dans une armoire garde-robe.
La gendarmerie a ouvert une enquête.


10 janvier 1923
AVRICOURT
La gendarmerie. - Par décision ministérielle, la brigade à pied d'Avricourt est ramenée de 6 à 5 hommes y compris le gradé.


11 janvier 1923
Postes et télégraphes
A partir du 1er février, la commune de Blémerey sera desservie par Herbéviller; celle de Leintrey par Emberménil; celle d'Amenoncourt par Blâmont.
ANCERVILLER
Police du roulage. - Des contraventions ont été relevées contre Eckart Eugène, conducteur de camion à l'entreprise Vercelli à Ancerviller, pour défaut de déclaration de véhicule et défaut de feu rouge à l'arrière de son camion.


12 janvier 1923
ANCERVILLER
Accident du travail. - Le 6 courant, en crépissant un mur, le maçon Jean Piletti a reçu dans l'oeil un corps étranger, du mortier sans doute, qui lui a causé de vives brûlures, et occasionné une incapacité de travail de 12 jours.
Mort subite. - Le 8 janvier, à 10 heures du soir, en rentrant dans sa chambre, après avoir surveillé la distillation de ses fruits, M. Félix Masson, 24 ans, a eu la désagréable surprise de trouver sa mère, née Mathilde Bridey, 46 ans, épouse de M. Henri Masson, un des principaux et des plus honorables cultivateurs, tombée sur le plancher entre deux chaises et tenant encore dans ses mains le tricot qui l'occupait quel crues instants auparavant.
M. Masson, couché dans la chambre en dessous, n'avait rien entendu. Le docteur Hanriot appelé, a attribué cette mort à une congestion cérébrale.
Nous adressons nos plus vives condoléances à cette famille si brusquement endeuillée.
BLAMONT
Contravention. - Une contravention pour voiture à bras non éclairée a été dressée contre M. Petit René, employé chez M. Chartier, de Blâmont


13 janvier 1923
Postes et télégraphes
A partir du 1er février 1923, les modifications suivantes seront apportées dans l'organisation du service de la distribution postale. La commune de Blémerey, desservie par le bureau de poste de Blâmont, sera rattachée à la circonscription du bureau d'Herbéviller. Celle de Leintrey, desservie également par le bureau de Blâmont, passera à la circonscription du bureau d'Emberménil, et celle d'Amenoncourt, desservie par Avricourt, sera rattachée au bureau de Blâmont.
L'Administration des postes recommande aux habitants de ces trois communes dans leur intérêt et dans celui du service postal, de notifier ces changements à leurs correspondants et de faire adresser leurs correspondances comme suit :
M. X..., à Blémerey, par Herbéviller.
M. X..., à Leintrey, par Emberménil.
M. X..., à Amenoncourt, par Blâmont.


15 janvier 1923
LEINTREY
Incendie. - Nous avons relaté l'incendie qui s'est déclaré dans une baraque en bois des R. L., louée par M. Albert Arnoux.
M. Arnoux a réussi à sauver tout son bétail. Il estime ses pertes mobilières à 10.500 francs. Les causes du sinistre sont purement accidentelles.


18 janvier 1923
BLAMONT
Contrainte par corps. - La gendarmerie a arrêté Hanaux Lucie, marchande foraine, débitrice envers l'Etat d'une somme de 130 fr. La foraine a été relaxée après paiement de cette somme.


22 janvier 1923
La session des Assises s'ouvre aujourd'hui


24 janvier 1923
Cour d'assises de Meurthe-et-Moselle
Le meurtre de Blâmont


31 janvier 1923
Postes et télégraphes
A partir du 1er février 1923, les modifications suivantes seront apportées dans l'organisation du service de la distribution postale. La commune de Blémerey, desservie par le bureau de poste de Blâmont, sera rattachée à la circonscription du bureau d'Herbéviller. Celle de Leintrey, desservie également par le bureau de Blâmont, passera à la circonscription du bureau d'Emberménil, et celle d'Amenoncourt, desservie par Avricourt, sera rattachée au bureau de Blâmont.
L'Administration des postes recommande aux habitants de ces trois communes dans leur intérêt et dans celui du service postal, de notifier ces changements à leurs correspondants et de faire adresser leurs correspondances comme suit :
M. X..., à Blémerey, par Herbéviller.
M. X..., à Leintrey, par Emberménil.
M. X..., à Amenoncourt, par Blâmont.


15 janvier 1923
REMONCOURT
Pauvre fou. - Depuis un certain temps, un cultivateur de Remoncourt, Mertot Alexandre, âgé de 40 ans, s'adonnait à la boisson et donnait des signes d'aliénation mentale. Il déambulait dans les rues du village, armé d'un gourdin et proférant des menaces contre toutes les personnes qu'il rencontrait.
Les gendarmes ont dû l'arrêter par mesure de sécurité publique. Merlot sera sans doute dirigé sur Maréville.
LEINTREY
Incendie. - Nous avons relaté l'incendie qui s'est déclaré dans une baraque en bois des R. L., louée par M. Albert Arnoux.
M. Arnoux a réussi à sauver tout son bétail. Il estime ses pertes mobilières à 10.500 francs. Les causes du sinistre sont purement accidentelles.


8 février 1923
LEINTREY
Grave accident. - Un employé de L'entreprise Bichaton, M. Joseph Dulée, âgé de 37 ans, a été victime d'un grave accident. Alors qu'il procédait au pansage de chevaux dont il avait le soin, il reçut une ruade qui l'atteignit à la tête.
Un médecin tut mandé en toute hâte, qui constata que M. Dulée avait la mâchoire fracturée et une blessure au crâne.
M. Dulée fut transporté, dans un état très grave, à l'hôpital de Lunéville, où il dut subir l'opération du trépan. On espère le sauver.
HERBEVILLER
Bris de vitres. - Le jeune Michel Raymond, 17 ans, ayant vu une belle couche de neige recouvrant le chemin, dimanche dernier, n'a pu résister au désir d'en pétrir une boule et d'envoyer icelle dans une fenêtre de M. Valette, propriétaire à Herbéviller. Un carreau a été cassé et selon l'adage, « qui casse les verres les paie ! »
AVRICOURT
Tapage nocturne. - Procès-verbal pour tapage nocturne a été dressé contre Jules Patoux, manoeuvre à Igney, et Gourret Pierre, employé à la compagnie de l'Est, à Avricourt.


13 février 1923
VAUCOURT
Défaut de guides. - Procès-verbal a été dressé à Bigel Maurice, charretier à Leintrey, pour défaut de guides à son attelage
XOUSSE
Abandon d'attelage. - Les gendarmes ont verbalisé contre Zimmer Michel, boulanger à Moussey (Moselle), pour abandon d'attelage sur la voie publique.


16 février 1923
Une découverte
Domèvre-sur-Vezouze. 15 février. - Le corps d'un soldat français a été trouvé sur le territoire de Domèvre-sur-Vezouze par des ouvriers qui coupent les fils de fer barbelés et comblent les tranchées.
La plaque d'identité porte les indications suivantes :
Simermann Jules, 1908. recrutement de Nancy Numéro matricule 853.
On a retrouvé également une petite somme d'argent qui est déposée à la mairie.
M. Veislingen, maire, a fait transporter les ossements de ce militaire au cimetière où ils ont été inhumés par M. Agelot, garde-champêtre.


22 février 1923
Déraillement évité à Emberménil
Lunéville, 21 février. - L'avant-dernière nuit, l'express 35 Paris-Strasbourg, qui passe à Lunéville à 10 h. 30 du soir, venait de dépasser la station d'Emberménil lorsque le mécanicien et les voyageurs ressentirent une violente secousse.
A son arrivée en gare de Sarrebourg, le mécanicien signala ce fait anormal et des recherches furent aussitôt ordonnées sur la voie.
On constata alors que, non loin du sémaphore de la gare d'Igney-Avricourt, le ballast s'était affaissé sur la voie. A cet endroit, se trouvait un trou de mine, vestige de la guerre. Il avait été comblé, avec du sable et ce sable, sous l'action des pluies persistantes de ces temps derniers, s'était désagrégé, de sorte que plusieurs traverses étaient suspendues dans le vide au-dessus du trou de mine.
Les réparations nécessaires ont été immédiatement faites. Mais les express ont éprouvé, de ce fait, de sérieux retards.


13 mars 1923
LEINTREY
Police des étrangers. - Des procès-verbaux ont été dressés à Aguilar Luciano, manoeuvre à l'entreprise Martin, pour n'avoir pas fait viser sa carte d'identité à son arrivée à Leintrey, et à M Martin, entrepreneur, pour avoir embauché Aguilar sans vérifier le visa de sa carte.


16 mars 1923
BLAMONT
Plainte. - M. Lucien Godchot, marchand de biens, étant entré chez M Girard, fut reçu et mal reçu par le domestique de ce dernier, Poret Auguste Ce dernier, ne se contentant pas d'injurier M Godchot, lança son chien sur lui. L'animal happa le pantalon de M. Godchot et le lui déchira.
M. Godchot a porté plainte.

Encore les grenades !
Ancerviller. 15 mars. - Dimanche 11 mars, à une heure du soir, l'équipe Reggiori, travaillant pour le compte de l'entreprise Roux, 3, rue de Guise, à Nancy, était occupée à arracher les fils de fer barbelés et autres qui encombrent encore la campagne. Un, des ouvriers, Zavionach Albert, armé d'un crochet à long manche s'efforçait de retirer de terre où il était presque enfoui un paquet de fil de fer, quand, à l'arrachement de celui-ci, une détonation se produisit. L'ouvrier, affreusement blessé à la main droite et aux jambes par les débris d'une grenade, était renversé.
M. Hubert Lartisant, appelé, conduisit aussitôt le blessé à l'hôpital de Badonviller ; l'amputation de la jambe sera, croit-on, nécessaire.
Bien que déjà, et à plusieurs reprises, des recherches minutieuses de ces engins dangereux aient eu lieu, il n'est pas rare d'en rencontrer, aussi bien sur le bord des chemins que dans les champs, sans compter ceux qui ont cessé de plaire après quelques années de parade sur un meuble et dont on se débarrasse en les envoyant promener dans le jardin du voisin.
Ce déplorable accident donne le démenti le plus formel à la croyance qui tend trop à se généraliser que ces engins vieux et presque toujours rouillés ne sont plus dangereux. La plus grande prudence est donc toujours de rigueur.


28 mars 1923
AVRICOURT
Règlement de compte. - André Moutot, 32 ans, conducteur de travaux à la Société Gérômoise, réglait au débit Knebel, le salaire de Pierre Garofoli, 28 ans, tâcheron. Garofoli, ne pouvant obtenir ce qu'il réclamait, s'emporta et lança dans la direction de Moutot une bouteille de bière qui se brisa contre le mur. Moutot se précipita sur Garofoli et lui appliqua son poing sur la figure.
La gendarmerie a enquêté au sujet de ces faits. Garofoli reconnaît qu'il a lancé la bouteille el il prétend que Moutot lui ayant promis 6 fr.50 par mètre de déblaiement ne lui accordait plus que 4 francs du mètre.
BLAMONT
Procès-verbaux. - Des procès-verbaux pour tapage nocturne ont été dressés contre Kulli Piétro. Ransconi Victorio. Clérici Carlo et Dubois Paul, tous demeurant à Piémont ; contre Glé René-Paul, débitant à Blâmont, pour fermeture tardive de son établissement.


30 mars 1923
BLAMONT
L'ivresse. - Les gendarmes ont verbalisé contre Collas François, menuisier à Lunéville, pour ivresse.

Terrible accident à Repaix
Lunéville, 29 mars. - Un terrible accident vient de jeter la consternation dans la commune de Repaix.
En maniant un revolver, un berger, nommé Volfart Emile, âgé de 62 ans, a tué un garçonnet de 13 ans, Armand Claudon.
Le berger croyait avoir déchargé complètement son revolver, malheureusement, il y avait laissé une cartouche. Le pauvre gamin, qui regardait Volfart manipuler son arme, reçut la halle dans le ventre.
Transporté immédiatement à l'hôpital de Nancy, Armand Claudon, qui avait les intestins perforés, est mort en cours de route.
Le berger, auteur involontaire de ce déplorable accident, a été laissé en liberté à la demande même de la famille Glaudon, dont il était l'ami.


1er avril 1923
BURIVILLE
Contravention. Pour défaut d'appareil sonore à a sa bicyclette, procès-verbal a été dressé
contre Ruill Abboudio, maçon à Buriville.
BLAMONT
Filouterie d'aliments. - Le sieur Collas François, menuisier, demeurant à Lunéville, rue dés Cloutiers, n'a qu'un tort, celui de n'avoir pas le sou. Et c'est dommage, car il connaît parfaitement les maisons réputées pour l'excellence de leur cuisine.
Ainsi, ces jours derniers, il se trouvait à Blamont et il alla déjeuner à l'hôtel Conrad. Il fut servi selon la tradition de cette maison. Le quart d'heure de Rabelais arrive, Collas ne put que faire voir la doublure de ses poches.
Il a été arrêté et écroue à Lunéville. dans une hôtellerie infiniment moins confortable.


5 avril 1923
BLAMONT
Contraventions. - Pour bicyclette non éclairée, des contraventions ont été relevées contre ; Claudon Henri, maçon à Repaix, et Foiselle René, cultivateur à Repaix.
IGNEY
Menaces de mort. - Mme Rose Alfred, cultivatrice à Igney, a acheté la maison de son ex-mari, M. Colin Charles-François, d'avec lequel elle est divorcée.
Visitant la maison qu'elle avait le dessein d'acheter, elle rencontra son ancien mari, lequel, paraît-il, l'aurait menacée de mort. Mme Rose a porté plainte.
Il convient d'ajouter que M. Colin est un très brave homme, jouissant d'une excellente réputation.


7 avril 1923
MONTREUX
Les cloches. - C'est le lundi de Pâques que les cloches sont revenues de Rome. Ou plutôt c'est ce jour-là qu'on les a baptisées à Montreux, par un clair soleil. Elles ne sont encore que dans le beffroi provisoire. M. Martin, maire, a offert un vin d'honneur aux invités. La construction de l'église est rondement menée par l'entreprise Masson.

BLAMONT
Le monument. - La question du monument est résolue. La grosse difficulté était le choix de l'emplacement. La pose de la première pierre doit se faire incessamment et les matériaux sont déjà sur les lieux.
Le monument s'élèvera près du bureau de poste.
Obsèques. - Jeudi, ont été célébrées, à Blâmont, les obsèques de M. Aimé Gobert, huissier honoraire, ancien principal clerc de Me Dufournet, avoué à Lunéville, décédé à l'âge de 59 ans
Le défunt était président de la Basoche lunévilloise, où il ne comptait que des amis. Une délégation de cette société, composée de MM. Laval, Adrian, Marchand et Lutz, assistait à la funèbre cérémonie. Au cimetière, M. Schwartzel, huissier à Lunéville, a prononcé un discours dont nous extrayons ces passages ;
« L'ami qui disparait aujourd'hui fut, avant tout, l'huissier du canton de Blâmont et, comme tel, attaché à notre communauté pendant 24 ans.
« C'est, en effet, en 1889 qu'il vint se fixer dans notre ville. Nos rapporte corporatifs ne tardèrent pas à devenir empreints de la plus grande cordialité professionnelle. Son attachement à tout ce qui nous intéressait, le mirent forcément en relief ; aussi est-ce avec juste raison qu'il fut souvent choisi pour faire partie de notre chambre de discipline et dans laquelle il apporta, au cours de nos délibérations, ses conseils et ses avis.
« C'est vous dire que, pendant toute sa carrière, Gobert prodigua sans compter son travail, son intelligence, non seulement à la compagnie des huissiers de Lunéville, mais encore à la cause de tous les huissiers de France.
« Gobert avait compris aussi que dans ce monde, si souvent dur aux malheureux, où l'on rencontre parfois tant de cupidité et de haine, l'huissier peut et doit faire le bien.
« Il savait atténuer la rigidité des lois et des sentences de justice, sans nuire aux intérêts qui lui étaient confiés. Il montrait et enseignait qu'il existe chez l'huissier des sentiments humains, que l'on ne fait pas en vain appel à sa pitié, qu'il a des qualités de coeur comme dans toutes les autres professions, ainsi Gobert élevait la dignité de la fonction.
« Sa belle carrière, ses idées larges et sa tolérance lui avaient valu d'être nommé huissier honoraire en 1922. «
Aux condoléances émues que M. Schwartzel adressa à la famille de M. Aimé Gobert, nous joignons les nôtres bien sincères.


9 avril 1923
La médaille de la Reconnaissance française
La médaille de la Reconnaissance française est conférée à :
[...] M. Frocot Théophile, cultivateur à Repaix, (Meurthe-et-Moselle). A contribué, en août 1914, à faire prendre un officier et deux soldats allemands. A été interné du 14 décembre 1914 à l'armistice dans les camps de Dieuze, Oberhofen, Holzminden, où il a souffert de la faim et des mauvais traitements.


12 mai 1923
Les églises en reconstruction
On lit dans l'Immeuble :
A l'heure où va être lancé un nouvel et dernier emprunt pour la reconstruction des églises, il est intéressant de voir où en sont, en mai 1923, les travaux déjà effectués par la Coopérative des églises dans l'arrondissement de Lunéville.
Sont commencés et plus ou moins avancés les travaux dans les églises de Serres, Arracourt, Bezanges-la-Grande, Réchicourt, Parroy, Hénaménil, Bathelémont, Vaucourt, Blémerey, Vého, Reillon, Gondrexon, Chazelles, Nonhigny, Angomont, Harbouey.
Sont presque terminés les travaux de maçonnerie, et même de couverture, dans les églises de Bures, Mouacourt, Emberménil, Xousse, Ancerviller, Herbéviller, Halloville, Neuviller, Gerbéviller.
Sont terminées et livrées au culte les églises de Domèvre et Magnières.
Les travaux ne sont encore pas commencés dans les églises de Leintrey, Parux, Badonviller.
Nous ne parlons pas des églises qui furent restaurées, comme Petitmont, par les coopératives locales, sans l'intervention de la Coopérative des églises.
C'est là, on le voit, un travail accompli. L'an prochain, les édifices religieux seront à peu près entièrement terminés partout en Meurthe- et-Moselle.


13 mai 1923
AVRICOURT
Les gendarmes ont verbalisé contre M. Didier Joseph, représentant de commerce à Nancy, dont la bicyclette n'était pas éclairée et était dépourvue de plaque d'identité.


18 juin 1923
AVRICOURT
Les étrangers. - Les gendarmes ont verbalisé contre Dos Santo Antonio, manoeuvre; Rodrigue Santo Manoël ; Fernandez Manuel, journaliers, pour défaut de visa à leur carte d'identité.
DOMEVRE-SUR-VEZOUSE
Nous sommes heureux de faire savoir à nos lecteurs que les célèbres bicyclettes AUTOMOTO, de Saint-Etienne, sont en vente chez M DURAND, Cycles, à DOMÈVRE-sur-VEZOUSE.


21 juin 1923
BLÉMEREY
Abandon d'attelage, - Un procès-verbal pour abandon d'attelage a été dressé contre Malgras Henri, limonadier à Lunéville
BLAMONT
Libéralités. - A l'occasion des obsèques, à Blâmont, de M. Henri Spire, ancien conseiller municipal de cette ville, où il était né et avait demeuré jusqu'à l'invasion allemande, Mme Henri Spire a fait don au bureau de bienfaisance de Blâmont d'une somme de 50 fr.
- Du 20 juin, reçu d'un anonyme la somme de 50 fr. au profit de la caisse des écoles.


23 juin 1923
Jacques Gruber
Nous lisons dans « Le Temps », sous la signature de Léandre Vaillat :
« Jacques Gruber occupe la place d'honneur qui est due à ce maître du vitrail. Celui qui a composé, exécuté pour l'église Saint-Christophe de Javel, dont Charles-Henri Besnard est l'architecte, nous transporte vraiment dans les régions supérieures où se meut l'Assomption de la Vierge. Je voudrais mener devant cette oeuvre les prêtres catholiques, leur montrer cette Vierge étendant ses rayons symboliques vers ceux qui l'implorent, sa robe blanche entrevue dans l'ouverture du grand manteau vert et bleu, ces tons froids dans le haut de la composition supposant aux tons chauds, aux violets, aux rouges, aux roses qui règnent dans la partie inférieure, cette ingéniosité d'un dessin serti de plomb, compartimenté en cinq verrières, et cependant uni dans sa pyramide ascensionnelle. Je voudrais mener à elle les incrédules que seule la beauté est capable de convertir, les blasphémateurs qui abîment les places de nos charmantes petites villes de France avec de ridicules monuments, les parents qui pleurent, les prêtres qui prient, et leur dire :
« Vous voulez commémorer votre douleur, exalter votre sacrifice. N'estimez-vous pas que dans la paix d'une église, cette douleur et ce sacrifice seraient transfigurés par le rayonnement, la vibration mystérieuse de la couleur ?
Les églises du moyen âge étaient, grâce aux vitraux, la Bible des pauvres. Pourquoi, pareillement, ne lirait-on pas dans celles d'aujourd'hui les transparents évangiles de la souffrance et du regret ? »
Nous avons été heureux d'apprendre qu'une première, médaille, hors concours, avait été attribuée à Jacques Gruber, au Salon des artistes français, en même temps qu'il était nommé membre du jury.
C'est la première fois qu'une si belle distinction ait été obtenue par un peintre verrier.
Nous nous plaisons à rappeler que ce bel artiste est un de nos compatriotes, qui, une fois de plus, par cette haute récompense, honore sa petite patrie. Les Lorrains apprendront avec plaisir que ce vitrail présenté à l'exposition du Musée Galliéni sera placé dans une de nos églises restaurées de notre département, à Ancerviller.


3 juillet 1923
L'INAUGURATION
du monument de Reillon


16 juillet 1923
BLAMONT
Police des étrangers. - Szymanski Stanislas, sujet polonais, manoeuvre à l'entreprise Magnier, à Blâmont, a été l'objet d'une contravention pour défaut de carte d'identité.
MONTREUX
Chevaux en liberté. - Les gendarmes ont verbalisé contre Llorca José, charretier, qui avait laissé ses chevaux, non attachés, sur la route.
REMONCOURT
Procès-verbal. - Un procès-verbal pour défaut de patente a été dressé contre Cerceau Armand, marchand ambulant.


17 juillet 1923
Commémoration du combat des « Bras de Chemises »


30 juillet 1923
COMICE AGRICOLE DE LUNEVILLE
Le Concours de Blâmont


3 août 1923
Un capitaine boche voleur et incendiaire est condamné à mort par contumace
Jeudi matin, pour la première fois, le conseil de guerre de la 20° région a eu à juger un des auteurs des crimes commis par les Allemands dans notre département au moment de l'invasion de 1914.
Il s'agissait du capitaine Kunz, de la 19e division Ersatz Réserve, qui était inculpé de vols qualifiés, de pillage en bande, de provocation de militaires au pillage et d'incendie volontaire.
Ce peu intéressant officier boche identifié comme avant été maire de la petite ville de Zittau (Saxe), ne s'est naturellement pas présenté à l'audience : il a donc été jugé par contumace.
Voici les faits ; Le 2 février 1919, l'abbé Dupré, actuellement à Neuviller, portait plainte devant le conseil de guerre. Il déclarait que, du 22 août 1914 jusqu'au 14 février 1915, jour où il avait quitté Blâmont pour être rapatrié, il avait été la victime de brutalités particulières de la part d'un capitaine allemand qui appartenait à la réserve.
Cet officier, après avoir fait arrêter le curé de Blâmont; son vieux père et sa bonne, les avait fait enfermer dans un corps de garde infect, leur enlevant les sommes dont ils étaient porteurs. L'abbé Dupré, qui était en possession d'une somme de 400 francs et d'un billet de 100 francs fut dépouillé. Au moment de son départ de Blâmont on lui donnait 400 francs. A son arrivée en Suisse, il changeait cette somme, perdant ainsi 68 francs.
Dans sa plainte, l'abbé Dupré déclarait que M. le curé de Blâmont, et celui de Harbouey et d'autres personnes avaient été les victimes du capitaine Kunz.
Une information était ouverte ; elle établissait que, le 9 septembre 1914, le 24e régiment d'infanterie saxonne arrivait à Blâmont ; le capitaine Kunz faisait arrêter le curé Barbier et lé père dé celui-ci, l'abbé Dupré, vicaire, le curé Jacques, de Harbouey, qui était venu chercher un refuge à Blâmont, son sacristain, M. Koster.
Tous ayant été emmenés au corps de garde furent menacés et dépouillés.
Les Boches enlevaient 1.000 francs au premier, 8 à 900 francs à Mlle Galliot, sa servante, 657 francs à M. Koster puis, à l'aide de menaces, le capitaine se faisait remettre 6.000 francs qui se trouvaient dans le coffre-fort de la cure ; une autre somme de 68 francs appartenant aux héritiers de Mme Barbier, et 600 francs appartenant à M. Martin, qui les avait déposés dans le même coffre.
Le capitaine Kunz, continuant ses exploits, enlevait les ornements sacerdotaux de l'église de Domèvre ; enfin, le 30 septembre, il donnait l'ordre à des soldats de mettre le feu à l'église de Harbouey, qui fut entièrement détruite.
Tous ces faits ont été entièrement établis par les affirmations de nombreux témoins, notamment de ceux qui ont été les victimes du capitaine Kunz, maire de Zittau.
Le sergent huissier ayant appelé à trois reprises le capitaine Kunz, le colonel du 513e de chars d'assaut, qui présidait le conseil, le déclarait contumax ; il donnait la parole au greffier, le lieutenant Lorrain, pour la lecture de l'ordre d'informer et du rapport de l'officier-rapporteur qui, longuement, relate les crimes de l'officier boche.
Cette lecture terminée, le commandant Serain, commissaire du gouvernement, a requis une peine sévère. Le conseil de guerre, après avoir délibéré en chambre du conseil, a rapporté une réponse affirmative, en ce qui concerne les vingt et une questions qui lui étaient posées et a condamné Kunz à la peine de mort.


7 août 1923
BLAMONT
Service téléphonique. - Le maire a l'honneur de porter à la connaissance du public les améliorations suivantes apportées au service téléphonique à partir du 1er août :
Jours ouvrables :
1° De 12 heures à 14 heures : le service est ouvert entre Blâmont et Nancy, Briey, Toul, Lunéville. Dieulouard, Dombasle, Audun-le-Roman, Homécourt, Longwy-Bas, Badonviller. Gerbéviller, Colombey, Longuyon, Pont-à-Mousson, Baccarat, Conflans, Saint-Nicolas de Port, Bayon, Cirey, Neuves-Maisons, Nomeny, Piennes, Pont-Saint-Vincent, Thiaucourt, Vézelise, Villerupt.
2° De 19 à 21 heures : le service est ouvert entre Blâmont et Nancy, Briey, Toul, Lunéville, Dieulouard, Dombasle, Saint-Max, Auboué, Audun-le-Roman, Homécourt, Longwy-Bas, Badonviller, Gerbéviller, Colombey, Longuyon, Pont-à-Mousson, Baccarat, Conflans, Saint-Nicolas de Port.
La cabine publique du bureau de Blâmont étant fermée de 12 à 14 heures et de 19 à 21 heures, les personnes non abonnées pourront, à ces heures-là, utiliser le poste téléphonique de M. Conrad (numéro d'appel n° 2).
3° Après 21 heures : le poste de M. Conrad sera relié directement au bureau de Lunéville, permettant de communiquer avec les localités ayant un service de nuit permanent : Nancy, Briey, Toul, Lunéville, ainsi qu'avec un abonné ayant accepté d'assurer le service dans chacune des localités suivantes : Dieulouard, Dombasle, Saint-Max, Auboué, Audun-le-Roman, Homécourt, Longwy-Bas, Badonviller, Gerbéviller, Colombey, Longuyon, Pont-à-Mousson, Baccarat.
Dimanches et jours fériés :
Après l'heure de fermeture du bureau de Blâmont, le public pourra utiliser le poste de M. Conrad dans les conditions indiquées ci-dessus, paragraphe C.


9 août 1923
Un acte de sabotage
Un acte de sabotage a été commis sur la voie ferrée du chemin de fer départemental L. B. B., le dimanche 29 juillet ; nous n'avions signalé, pour ne pas nuire à l'enquête, cet acte criminel qui eut pu avoir les plus graves conséquences. Voici les faits : le 29 vers 15 heures, M. Chesnel, directeur du L. B. B., se trouvait près du champ de courses de Chanteheux où l'appelait le service des trains supplémentaires formés pour les courses, quand il fut averti du sabotage d'une aiguille de la voie, à l'embranchement de la voie particulière qui dessert la balastière de M. Pietra, entre Croismare et Marainviller.
La rame d'un train de renfort de Blâmont s'était déjà engagée sur la ligne de la balastière : elle fut vite bloquée par le mécanicien, M. Paterneau, qui montra en cette circonstance une grande présence d'esprit, grâce à lui, seuls des dégâts matériels sont à regretter.
L'auteur de cette tentative criminelle est jusqu'ici resté inconnu.
BLAMONT
Procès-verbaux. - Des procès-verbaux ont été dressés contre : Zanou Angelo ; Heimburger Georges, tous deux manoeuvres; Pikorski Ladislas ; Planchine Spiridou, tous deux charpentiers, rencontrés en état d'ivresse.
Fermeture tardive. - Pour fermeture tardive de leurs établissements, des contraventions ont été relevées contre les cafetiers Glé Roger et Geyer Louis.


14 août 1923
DOMÊVRE
Les étrangers. - Zaniau Alberto, manoeuvre et Martignoni Amedeo, ont été l'objet d'un procès-verbal pour défaut de carte d'identité.


17 août 1923
ANCERVILLER
Infraction. - Matriszezyk Jean, manoeuvre, ne possédant pas de carte d'identité, a été l'objet d'un procès-verbal.
Contravention. - Pour registre de logeur mal tenu, procès-verbal a été dressé à Mme veuve Gérard François, ménagère.
Défaut d'affiche. - Procès-verbal a été dressé contre Mme Charton Bélin, débitante, pour défaut d'affiche sur l'ivresse dans son établissement.
DOMJEVIN
Trouvaille. - Il a été trouvé entre Benaménil et Domjevin une médaille d'argent et son écrin. Cette médaille a été délivrée en 1881, au concours agricole de Blâmont. L'objet est déposé à la mairie de Domjevin où l'intéressé peut le réclamer.
EMBERMENIL
Contravention. - Pour défaut de déclaration de commerçant, une contravention a été dressée à Nardinie, marchand ambulant.
IGNEY
Excès de vitesse. - Chriolit Charles, carrier, a été l'objet d'une contravention pour excès de vitesse à bicyclette.


22 août 1923
BADONVILLER
Un différend. - M. Barthélemy Tosello, entrepreneur de déblaiement, avait traité un marché avec M. André Duvoux pour le camionnage de bottes de fils de fer barbelés se trouvant aux environs de Chazelles. M. Duvoux, venant de charger un wagon de dix tonnes de fil de fer, se vit revendiquer la priorité du wagon par M. Magniet, entrepreneur à Blâmont, qui déchira la feuille d'expédition de Tosello et expédia le wagon chargé à son nom.
M. Magniet sera interrogé à Blâmont sur la plainte portée à la gendarmerie.


23 août 1923
BLAMONT
Vélo. - Procès-verbal a été dressé à Sachet Guido, pour défaut d'appareil sonore à sa bicyclette.
Vol. - M. Geyer Louis, débitant à Blâmont, venait d'encaisser différentes sommes représentant le paiement de ses pensionnaires. Il plaça ces sommes, qui montaient au total de 1.080 francs, dans une boîte en fer Et cette boîte, il la plaça dans sa chambre à coucher. Le 19 courant, vers huit heures du soir, en entrant dans ladite chambre, il s'aperçut que l'argent avait disparu.
M. Geyer a porté plainte à la gendarmerie.


27 août 1923
ANCERVILLER
Défaut de guides. - Les gendarmes ont verbalisé contre Sandrini Giuseppe, charretier, dont l'attelage était dépourvu de guides.
Police des étrangers. - Bazzoni Edmond, serrurier, n'ayant pas de carte d'identité, a été pourvu d'un procès-verbal.


29 août 1923
BLAMONT
Arrestation. - La gendarmerie a arrêté, rue la Gare, le jeune Roger Perrey, 15 ans, apprenti boucher chez ses parents, à la Grand'Courbe (Doubs), qui était recherché en vertu d'un mandat d'arrêt du juge d'instruction de Lunéville.
MONTREUX
Quête. - A l'occasion de la fête patronale, une quête faite par M. L. Martin et Mlle M. Denis, pour le monument des soldats, s'est élevée à la somme de 89 fr. 40.
Avant l'ouverture du bal, un groupe de jeunes gens avait eu la touchante pensée d'aller déposer un charmant bouquet sur la tombe de chaque soldat mort pour la France.
Merci aux gentils quêteurs et à tous les donateurs.


4 septembre 1923
AVRICOURT
Vélo. - Contravention a été dressée à Monfort Alfred, ferblantier, pour bicyclette sans plaque d'identité et dépourvue d'appareil sonore.


6 septembre 1923
BURIVILLE
Sacs de blé volés. - M. François Albert, cultivateur à Buriville, avait placé dans une ancienne ferme 19 sacs de blée de 100 kilos. Samedi matin, étant venu à la ferme il constata la disparition de deux de ses sacs. M. François Albert a porté plainte à la gendarmerie.


8 septembre 1923
LEINTREY ,
Contravention. - Une contravention a été relevée contre Rosenthal Charles, marchand ambulant à Lunéville, pour défaut de déclaration de commerçant.


11 septembre 1923
La SITUATION CHEVALINE en Meurthe-et-Moselle
Dans le très intéressant rapport adressé par M. G. de Terras, directeur du dépôt d'étalons de Rosières-aux-Salines, à M. le préfet, nous relevons les intéressants renseignements suivants sur la situation chevaline dans notre département. [...]
« Domèvre-sur-Vezouse. - En 1919 et 1920 cette station fonctionnait dans une installation de fortune à Blâmont où elle était très achalandée. Cette ville n'ayant pu faire les frais nécessaires pour organiser un local définitif, l'écurie a été ramenée à Domèvre où elle existait d'ailleurs avant la guerre et où un immeuble bien et même luxueusement aménagé a été mis à la disposition de l'Administration. Malheureusement, les résultats ne sont pas encourageants (29,50 de moyenne). Il m'a été assuré que le retour à Blâmont ramènerait l'ancienne prospérité. Peut-être s'il était fourni un local, pourrait-on donner satisfaction à tout le monde en faisant alternativement fonctionner cette écurie d'une année l'une dans chacune de ces deux localités. »


13 septembre 1923
BLAMONT
Nos sapeurs-pompiers. - On nous écrit :
« La compagnie des sapeurs-pompiers de Blâmont fut une des premières du département, aussi en étions-nous très fiers. Assisterions-nous aujourd'hui à son déclin? On pourrait le craindre en considérant que les jeunes s'en retirent et que plusieurs des anciens sont sur le point d'en démissionner. La raison de cette situation est très simple. Elle tient dans des mesures regrettables comme celle-ci, par exemple : dernièrement on nommait sergent un simple sapeur, entré à la compagnie depuis l'armistice, quand deux caporaux, tous deux anciens combattants, devaient logiquement être nommés. L'un a 25 ans de bons et loyaux services à la compagnie et 15 ans de grade. L'autre a 19 ans de services et 13 ans de grade de caporal. Leur conduite et leur dévouement dans les incendies leur ont valu les félicitations réitérées de toute la population. Je pourrais insister, à quoi bon ? Je n'attaque personne, mais il convenait de rappeler cela. Si l'on veut que la compagnie se maintienne et revienne à son niveau d'avant-guerre, il serait urgent de l'administrer avec impartialité. Par le flanc droit ! En avant... Marche !


14 septembre 1923
BLAMONT
Procès-verbal. - Les gendarmes ont verbalisé contre M. Hennel Joseph, entrepreneur, pour automobile non éclairée.
IGNEY-AVRICOURT
Commencement d'incendie. - Mardi soir, à 20 h. 30, un commencement d'incendie s'est déclaré chez Mme Bernard, maison Chardin, route d'Amenoncourt. Mme Bernard renversa par mégarde une lampe à pétrole allumée et le feu se communiqua immédiatement au plancher. Prise de frayeur, la ménagère appela au secours. Plusieurs voisins accoururent, remontèrent vivement de l'eau d'un puits tout proche et éteignirent les flammes qui commençaient à prendre une sérieuse extension.
Nous tenons à signaler particulièrement l'attitude courageuse de M. Lefranc, chef de train, qui déploya en la circonstance un sang-froid et une vigueur remarquables.
Les dégâts matériels sont peu importants et couverts par une assurance.


20 septembre 1923
RECLONVILLE
Nécrologie. - On a vu hier, sous la rubrique des avis de décès, la mort à Reclonville de M. George, qui fut pendant 39 ans le dévoué instituteur de notre commune.
M. George laissera au sein de notre population un souvenir impérissable. Tous ceux, notamment, qui furent les élèves de cet homme foncièrement bon, aimable et dévoué, ne l'oublieront pas.
Nous prions M. Camille George, maire de Reclonville, et toute sa famille d'agréer l'expression de nos plus vives condoléances.


22 septembre 1923
Distinction honorifique
M. Victor Watrinet vient d'obtenir la rosette de l'instruction publique, à l'occasion du congrès de l'Union des Sociétés d'éducation physique et de préparation militaire de France, qui a eu lieu à Bordeaux, sous la présidence de M. Henri Pâté.
M. Watrinet a été autrefois le secrétaire général de la Société de tir et de préparation militaire du canton de Blâmont et de Cirey, et il est membre affilié de l'Union (Adolphe Chéron, président), très connu dans les milieux préparatistes.
Toutes nos félicitations.


24 septembre 1923
RECLONVILLE
Obsèques. - Jeudi dernier 20 septembre la population de Reclonville rendait les derniers hommages à M. George, son ancien instituteur, qui, pendant 39 ans, remplit avec zèle et dévouement les délicates fonctions d'instituteur et secrétaire de mairie.
Le deuil était conduit par son fils, maire de cette commune.
Parmi l'assistance, on remarquait beaucoup de personnes des localités environnantes qui, malgré le mauvais temps, n'hésitèrent pas à venir témoigner le respect qu'elles avaient pour le défunt.
Une collecte faite parmi les anciens élèves de M. George, permit l'achat d'une jolie couronne, sur laquelle on pouvait lire : « Les anciens élèves de Reclonville à leur dévoué instituteur ».
Sur la tombe, l'un d'eux, M, Eugène Gérard, prit la parole ; en termes émus, il retraça la vie de son ex-maître et, au nom de tous, lui rendit un dernier hommage.
- A l'occasion des obsèques de M. George, instituteur en retraite à Reclonville, M. Camile George, maire de cette commune, fils du défunt, remit 50 fr. à M. l'instituteur, pour la caisse des écoles, et 50 fr. à M. Lhuillier Joseph, sous-lieutenant de la subdivision de sapeurs-pompiers, pour la caisse mobile de sa subdivision.


26 septembre 1923
Mort de M. Charles Bentz ancien conseiller général
Nous avons appris hier, avec un très vif regret, la mort de M. Charles Bentz, ancien maire et ancien conseiller général de Blâmont. M. Bentz est décédé subitement, à l'âge de 67 ans.
Depuis longtemps déjà sa santé chancelante donnait des inquiétudes à son entourage.
Très impressionné par l'invasion allemande, ayant eu à subir de la part de l'ennemi de mauvais traitements, il ne s'était pas remis du bouleversement qui l'a conduit à la tombe.
Aux élections du conseil général de 1920, M. Bentz ne s'était pas présenté. Il avait dû également résigner ses fonctions de maire de Blâmont.
Animé de convictions démocratiques très ardentes, il fut longtemps considéré dans le canton de Blâmont comme le porte-drapeau du parti républicain.
Profondément dévoué à la chose publique, aux intérêts de ses concitoyens et de son canton, M. Charles Bentz laissera d'unanimes regrets.
Nous prions sa famille d'agréer l'expression respectueuse de nos condoléances les plus émues.


29 septembre 1923
LES OBSEQUES de M. Charles Bentz
Les obsèques de M. Charles Bentz, ancien maire de Blâmont, ancien conseiller général, ont été célébrées jeudi matin, au milieu d'une nombreuse assistance. On peut dire que tout Blâmont assistait à la funèbre cérémonie. De nombreuses notabilités, venues des communes du canton et de Lunéville, avaient tenu à apporter au regretté défunt un suprême hommage de sympathie et de reconnaissance.
En tête du cortège, marchaient les sapeurs-pompiers, les enfants des écoles, les sociétés de gymnastique, de tir, de préparation militaire, la fanfare de trompettes, avec leurs drapeaux.
Le deuil était conduit par un cousin de l'ancien maire de Blâmont, M. Auguste Bentz.
Nous avons remarqué au nombre des personnalités présentes : MM. Paul Bouët, sous-préfet ; Georges Mazerand. député ; Edouard Fenal et de Turckheim, conseillers généraux ; Lucien Labourel, maire de Blâmont ; Campion, adjoint ; E. Bechman, industriel ; docteur Hanriot, président de la Société de tir ; Gaston Chesnel, directeur des chemins de fer L.-B.-B.; Julien Stingre, secrétaire du Comité républicain de l'arrondissement et une délégation du Comité ; Crouzier, notaire ; Muller, ancien juge de paix de Blâmont ; Batho, juge de paix à Cirey ; Spire, industriel à Val-et-Châtillon ; Martin, percepteur ; tout le conseil municipal de Blâmont, les fonctionnaires du canton, etc.
MM. Adam, conseiller d'arrondissement, maire de Fréménil ; Picot, maire d'Ogéviller ; Odinot, maire de Harbouey ; Hollard, maire de Domjevin ; George, maire de Reclonville ; Henry, maire d'Herbéviller ; Jacquot, maire, de Reillon, etc. De nombreux instituteurs ; M. Berge, directeur d'école à Lunéville, représentant M. Coulon, inspecteur primaire ; MM. Vérel, instituteur à Blâmont ; Susset, instituteur à Fréménil ; Bourgon, instituteur à Ogéviller ; Guittin, instituteur à Avricourt ; Voissement, ancien instituteur à Domêvre ; Piot, instituteur à Domèvre ; Grandelaude, instituteur à Leintrey ; Harmant, instituteur à Frémonville ; Collette, instituteur à Gogney, etc.
Les cordons du poêle étaient tenus par MM. Paul Souët, sous-préfet, ; Lucien Labourel, maire de Blâmont ; Georges Mazerand, député ; E. Bechmann, industriel.
Le cercueil disparaissait sous les fleurs et couronnes. Pendant le parcours de la maison mortuaire au cimetière, les trompettes des gymnastes sonnaient à diverses reprises :
An cimetière, M. Lucien Labourel prononça cet émouvant discours :
« Avec une profonde émotion et une grande tristesse, je viens, au nom de la population de Blâmont et du conseil municipal, m'incliner sur la tombe de notre ami et collègue et adresser un dernier adieu à celui qui fut notre estimé et regretté maire, M. Charles Bentz.
Ce n'est qu'en mai 1900 qu'il entra au conseil municipal. A cette époque il représentait depuis deux ans déjà le canton de Blâmont au conseil général. Je n'insisterai pas sur son oeuvre féconde, ses collègues à l'Assemblée départementale sont plus indiqués pour la rappeler. Mais je ne puis passer sans une allusion à la multitude des services, grands et petits, qu'avec son inlassable dévouement il s'efforça de rendre à ses concitoyens dans l'exercice de ce mandat.
Au conseil municipal, il apporta tout de suite les mêmes qualités de travail et de droiture, l'inépuisable complaisance que tout le canton avait déjà pu apprécier. Il fut un des animateurs de l'Assemblée, s'attachant aux questions nécessitant du travail et des efforts. Et, en rappelant son action si efficace, je ne puis me défendre d'une émotion toute particulière et personnelle en songeant au maire à qui il apportait le concours d'une si précieuse collaboration.
Et lorsque, à son tour, il prit en mains la direction des affaires municipales, nous le vîmes apporter dans son administration ce grand souci d'équité, cet esprit vigilant, avisé et prudent, qui inspirèrent toute sa carrière.
Les oeuvres post-scolaires et d'éducation avaient toute son attention. Tous ceux qui l'ont approché ont vu avec quelle ferveur il se consacrait à la Société de tir, à la Préparation militaire surtout, où il admirait la belle tenue et suivait les progrès des jeunes gens, leur prodiguant conseils et encouragements. Une affection plus vive le penchait sur les tout petits ; la Société des pupilles de la Préparation militaire le compte parmi ses fondateurs, le Tir scolaire lui doit son existence. Quelle joie ce fut pour lui de lui offrir son drapeau !
Avec délicatesse et bonté il veillait a la bonne marche de toutes nos sociétés : pompiers, Secours mutuels, etc.; toutes avaient une part de sa sollicitude.
Et quels soins n'apportait-il pas dans l'administration de la Mutualité scolaire ! Grand ami de l'école, son affection pour les élèves se doublait de son estime et de sa sympathie pour les maîtres et il appréciait tout particulièrement son titre de président de la Délégation cantonale. Si les maîtres l'affectionnaient, ils peuvent être certains qu'il le leur rendait bien.
Et, dans tout cela, restant l'homme simple et bienveillant qu'il était naturellement, ne tirant de ces distinctions méritées d'autre satisfaction que celle d'y trouver l'occasion de se rendre encore plus utile.
Conseiller général à une époque ou les luttes politiques étaient particulièrement âpres, il rencontra des oppositions très vives. Républicain fervent et convaincu, Il joignait à la fermeté de ses opinions le plus grand respect de celles d'autrui et sa belle franchise qui ne cachait rien de sa pensée, la sincérité de ses convictions, sa loyauté, ont su lui concilier l'estime de ses adversaires.
C'est à son poste de maire que le trouva l'ennemi en 1914. On ne sait que trop, hélas ! avec quelle brutalité les envahisseurs traitèrent notre malheureuse population. Leurs victimes sont là qui le crient à perpétuité. Lui aussi est une de leurs victimes. Brimé, arrêté à plusieurs reprises, amené au mur menottes aux mains en même temps que l'infortuné Louis Foel, voir son malheureux compagnon fusillé sous ses yeux et croyant que son tour allait suivre : voilà le coup qui l'a frappé. Depuis ce moment sa santé fut précaire ; le mal, lentement, mais implacablement, continua son oeuvre.
Nous perdons un bon citoyen dont nous garderons fidèlement le souvenir. Mon cher Monsieur Bentz, reposez en paix. »
M. Bergé, directeur d'école à Lunéville, s'inclina ensuite devant la tombe du président de la délégation cantonale, qui fut le grand ami de l'école laïque et le défenseur plein de zèle du personnel enseignant.
Au nom du Conseil général, M. de Turckheim adresse un dernier adieu au bon citoyen qui unit toujours son intelligence et son dévouement au service de ses compatriotes. M. de Turckheim rappelle l'inlassable énergie dont fit preuve M. Bentz pour l'aboutissement du projet du chemin de fer de la Vezouze.
« La Lorraine, dit-il, et en particulier le canton de Blâmont garderont avec une profonde reconnaissance le souvenir de M. Bentz.
M. Georges Mazerand prend ensuite la parole au nom des républicains de l'arrondissement de Lunéville. Il rend un éloquent et respectueux hommage à ce bon citoyen.
Depuis sa première élection comme conseiller général, le 31 juillet 1898, en remplacement de M. Barthélemy, jusqu'en 1922, date à laquelle, sentant ses forces l'abandonner, il avait décidé de ne plus se représenter, pendant 25 années, M. Bentz fut le seul représentant du canton de Blâmont à l'assemblée départementale.
M. Mazerand montre le conseiller général plein d'activité et de dévouement. Ses collègues le choisissent comme membre de la commission d'administration générale et de l'assistance publique ; puis, en 1905, ils l'élisent membre de la commission départementale, dont il devient le président en 1910.
M. Mazerand dit ensuite ce que fut M. Bentz comme administrateur de la cité blâmontaise : conseiller municipal en 1900, succédant comme maire de Blâmont à M. Labourel père.
Epris de justice et d'équité, M. Bentz fut toujours un républicain d'avant-garde et de progrès social. II fut le chef incontesté du parti républicain dans le canton. Le Comité d'Union républicaine de l'arrondissement le choisit comme président et président d'honneur.
Le gouvernement de la République récompensa ses éminents services, en 1911, en le nommant chevalier de la Légion d'honneur.
Ayant dit quel ferme républicain, quel excellent français le pays vient de perdre, notre sympathique député affirme que l'inaltérable reconnaissance de ses concitoyens suivra M. Bentz dans la tombe.
Au nom des parlementaires de Meurthe-et-Moselle, au nom de tous les républicains et en son nom personnel, Georges Mazerand salue en termes émouvants la dépouille mortelle du grand citoyen disparu et présente à la famille l'expression de ses condoléances les plus émues.
M. Paul Bouët, au nom de l'administration, vient apporter son tribut de reconnaissance à M. Bentz, dont il a pu, au lendemain de la guerre, apprécier la collaboration précieuse et l'ardente énergie.
Les discours terminés, la foule s'est lentement retirée du cimetière, après avoir exprimé un dernier regret.

Un prêtre assassiné dans un train sur la ligne Epinal-Saint-Dié


30 septembre 1923
AVRICOURT
Police des étrangers. - Une contravention a été dressée contre l'Italien Rodriguez Manuel, manoeuvre, pour défaut de carte d'identité.
LEINTREY
Abandon d'attelage. - M. Desboeuf, d'Emberménil, ayant abandonné son attelage, s'est vu dresser contravention.

L'assassinat de l'abbé Hans aurait bien eu le vol pour mobile


2 octobre 1923
Les émouvantes funérailles du curé de Repaix
Repaix, le 1er octobre. - Quand nous arrivons à Repaix, une longue file d'autos, de tilburys, de chars à bancs, encombre la route. De toutes les communes du canton, des cantons voisins, des proches communes de la Moselle, de Blâmont, de Cirey, de Lunéville, on est venu s'Incliner devant la dépouille de l'infortuné curé de Repaix, assassiné dans le train de Saint-Dié, dans les conditions abominables que l'on sait.
Hier, déjà, ce fut à l'église, où la bière avait été exposée, un véritable pèlerinage d'habitants, accourus des villages voisins. Notre ami Georgel, maire de Foulcrey, que nous croisons en montant le raidillon conduisant au presbytère, nous dit : « Tout Foulcrey est venu ici hier. »
C'est aussi que l'abbé Hans était extrêmement populaire. Ce bon colosse était la simplicité, la franchise, la limpidité mêmes. La longue soutane noire qui drapait sa formidable charpente était impuissante à dissimuler la rude écorce du paysan de chez nous. Sous cette enveloppe rugueuse, battait un coeur d'or, un coeur exquis, pitoyable à toutes les détresses. On le voyait de loin, projetant une silhouette immense sur les chemins. De loin aussi, on l'interpellait familièrement et, toujours, il arrivait, un gai propos aux lèvres et la main tendue, une terrible main qui eut broyé du grès
La maison de cure domine le village. A côté, c'est le cimetière et l'église. Toute blanche, avec sa tour massive aux angles un peu déconcertants, la petite église est comble. On s'y écrase vraiment. En dépit de nos efforts, il nous est impossible d'y pénétrer. Aux abords, une foule nombreuse stationne. Elle fait place, péniblement, à une vieille femme, une pauvre petite vieille de quatre-vingts ans, qui arrive au bras de deux femmes du village.
C'est la bonne de l'abbé Hans, Mademoiselle Christine... Un jour que l'on s'étonnait devant le curé de Repaix que sa bonne, à son âge, pût lui rendre le moindre service, celui-ci répondit : « Elle a été si bonne pour moi dans le temps, ma pauvre bâbette; c'est bien la moindre des choses que je la soigne aujourd'hui ! » Tout l'abbé Hans est dans ce trait.
On nous apprend que la messe est célébrée par M. le chanoine Marsal, curé de Cirey, et que le curé-doyen de Blâmont, M. Barbier, vient de prononcer un émouvant éloge du défunt.
En attendant la fin de la cérémonie, nous quittons un instant le cimetière. Nous voici dans le jardin de l'infortuné curé. Un jardin de curé ! Quel tableau évocateur. Les beaux vers de Léon Tonnelier chantent dans la mémoire; l'on imagine de belles allées soigneusement entretenues et ratissées, bordées de buis, toutes parfumées de l'odeur des « jaunes vieulis ». Ah ! que nous voici loin de ce classique décor. Quelques troches de pommes de terre s'esseulent dans les herbes hautes; quelques grappes mordorées s'accrochent aux aspérités d'un vieux mur écroulé. Le verger, son verger peuplé d'arbres noueux et mélancoliques couronne l'ensemble du jardin et du presbytère, dont je voudrais que le pinceau impressionniste de Desch fixât les âpres aspects...
Tout à l'heure, notre ami Mazerand est venu de Cirey apporter l'hommage de sa sympathie aux deux frères du défunt, l'un industriel à Gérardmer, l'autre entrepreneur à Verdun. D'autres personnalités continuent à gravir la pente qui mène à l'église. Et la foule afflue sans cesse dans le petit cimetière maintenant trop étroit. Nous reconnaissons maints amis dont il serait trop long d'énumérer les noms.
Mais voici que les cloches lancent leurs sonorités grêles dans l'azur immuable. La cérémonie touche à sa fin. La foule se range comme elle peut pour faire place au clergé, qui apparaît au seuil de l'église; les hommes sortent enfin, portant la bière géante qui enferme le corps meurtri de l'abbé Hans. Un bruit sourd, un froissement de cordes, et le prêtre officiant donne l'absoute. Une angoisse plane sur la foule; il y a des larmes sur tous les visages; toutes les gorges refoulent des sanglots
M. de Turckheim, maire de Repaix, s'avance alors devant le trou béant, aux bords fleuris de gerbes automnales. Très simplement, avec une émotion qu'il ne réussit pas à celer, il rend un suprême hommage à celui qui fut un homme foncièrement bon, un juste « selon le coeur de Dieu ». Et puis, c'est M. René Gadel, maire d'Igney, qui prononce encore d'émouvantes paroles d'adieu.
Chacun s'approche de la fosse pour y jeter une motte de terre brune Le prêtre assassiné n'est plus maintenant qu'un souvenir. On ne verra plus « le grand Hans », comme on le nommait familièrement sans la moindre intention d'irrespect, le pauvre grand Hans, si loyal et si net. Il a trouvé, au sein de la terre paysanne qu'il aima, son havre de repos. Il dort, au milieu des gens dont il fut le simple et bon pasteur, à l'ombre amie de son petit clocher et des mirabelliers de son jardin - Fernand ROUSSELOT


6 octobre 1923
Légion d'honneur
Nous sommes particulièrement heureux d'enregistrer la promotion de chevalier de la Légion d'honneur au titre de la promotion Pasteur, de M. Marcel Godchot, ancien élève du lycée de Nancy, ancien élève de l'Institut chimique de Nancy.
M. Marcel Godchot est le jeune doyen de la Faculté des Sciences de Montpellier ; il est le fils de M. Jules Godchot, de Nancy, qui habitait Blâmont avant la guerre; il a été lauréat de l'Institut.
Nos vives et sincères félicitations.
BLAMONT
Contravention. - Une contravention a été relevée contre Mme Augustine Becker, propriétaire à Gogney, pour défaut de collier à son chien.


7 octobre 1923
BLEMEREY
Médaille militaire. - La médaille militaire a été conférée, au titre de la commission Fayolle, à un brave enfant de Blémerey, M. Bentz Louis, de la classe 1914.
Louis Bentz, est titulaire de quatre magnifiques citations à l'ordre du jour ; il a été, en outre, plusieurs fois blessé.
Au moment de la bataille de Gerbéviller, au début de la guerre. Blémerey était pris et occupé par les Boches, Louis Bentz n'hésita pas à traverser les lignes allemandes et à essuyer une vive fusillade pour rejoindre les troupes françaises, qu'il trouva à Domptail.


10 octobre 1923
BLAMONT
Coups. - Constantin Petitfils, meunier, a porté plainte pour injures et violences légères contre Gustave Daguindeau, maçon, et Célestin Bridet, manoeuvre.


17 octobre 1923
BLEMEREY
Procès-verbal. - Mme Grandmaire, propriétaire, n'a pas fermé son colombier à l'époque des semailles. Procès-verbal a été dressé.


20 octobre 1923
L'ÉCOLE LAÏQUE
A propos de l'assassinat de l'abbé Hans et du discours prononcé sur la tombe du vénérable prêtre, M. Lombard écrit
Un de mes camarades vient de me communiquer 1' « Eclair de l'Est », du mardi 2 octobre dernier, dans lequel est publié le discours prononcé par M. le baron de Turckeim, conseiller général, délégué au Conseil départemental de l'Enseignement primaire de Meurthe-et-Moselle, devant la tombe entr'ouverte de l'abbé Hans, curé de Repaix, assassiné quelques jours auparavant, dans un wagon. J'ai relevé ces paroles impies, qui constituent une diffamation monstrueuse à l'égard de l'école laïque.
« Les causes ! elles sont tangibles, nous les voyons sous nos yeux.
« Voilà le résultat de l'école sans Dieu, de l'éducation sans Dieu. Les causes sont dans cette vague abominable que nous jurons, nous, mon cher Hans, d'éliminer, d'exterminer. »
Ainsi donc, pour M. de Turckeim, les instituteurs laïques enseignent le meurtre dans leurs classes et arment les bras des apaches et des assassins. Faut-il s'indigner ? « Non, non ! dit Albert Bayet, un moraliste bien connu. M. de Turckeim a raison : c'est l'école sans Dieu qui a tué le prêtre dans son wagon, comme elle avait tué Ferrer, comme elle avait organisé la Saint-Barthélemy et les Dragonnades. »
En signe de mépris, fallait-il garder le silence devant une accusation aussi infâme et devant une déclaration de guerre aussi nette et aussi énergique ? Nous ne le pensons pas. Disons d'abord qu'à cette occasion, M. de Turckeim n'a pas fait preuve d'un grand courage. Comme les évêques dans leur fameuse lettre pastorale, comme tous les journaux réactionnaires et cléricaux, il attaque en bloc l'école laïque, car il sait bien que nous sommes désarmés et que, poursuivi devant les tribunaux, il est certain de l'impunité. Un maître, membre de la profession diffamée, pourra-t-il agir seul ? On ne manquera pas d'objecter qu'il n'est pas nommé ni désigné dans l'écrit coupable. Jusqu'à présent, aucune association d'instituteurs ne peut rien contre les attaques même les plus injustes et les plus cruelles, dont leur profession peut être l'objet. Ainsi donc, l'enseignement public est sans défense contre la diffamation : notre insulteur peut dormir tranquille et en toute sécurité sur ses lauriers.
Des hommes plus éminents que M. de Turckeim, des généraux, même M. le général-député de Castelnau, qui cependant n'est pas toujours tendre pour les instituteurs laïques, n'ont pas craint, au lendemain de la grande tourmente, de déclarer hautement que les maîtres laïques avaient été des « donneurs d'exemples » et qu'ils avaient donné à la France en armes un nombre considérable d'officiers et de sous-officiers au courage résolu et tranquille. On sut reconnaître que, si à l'école de la République, ils faisaient aimer la justice et la liberté, aux armées, ils furent des soldats magnifiques, des héros ; on put affirmer qu'à l'école sans Dieu, les instituteurs de la République enseignaient la patrie et que joignant l'acte au précepte, devant l'ennemi, bravement, mais simplement, ils étaient morts pour elle.
On a dit autrefois avec quelque vérité que l'instituteur allemand avait gagné la guerre de 1870. « Il est encore plus vrai, a dit un de nos chefs respectés, de proclamer aujourd'hui que l'éducateur français a gagné la grande guerre, non seulement parce qu'il a combattu au premier rang, au coeur même du péril, comme officier ou comme soldat, non seulement parce que plus d'un quart des maîtres mobilisés sont morts à l'ennemi, mais surtout parce qu'ils avaient su inculquer depuis trente ans aux jeunes générations qu'ils avaient élevées, les seules raisons de combattre, de souffrir, de mourir, qui valent pour une démocratie qui veut rester digne de son passé incomparable et de la plus longue et de la plus merveilleuse histoire, les seules raisons de soutenir jusqu'au bout une guerre juste, à savoir : l'amour de la patrie..., la foi dans la France..., la foi dans le rôle humain de la France..., enfin la volonté de justice. » De tels témoignages sont pour nous un précieux réconfort. Entendez et méditez ces chiffres émouvants :
Instituteurs mobilisés au cours de la guerre, 34.000 ;
Versés dans les unités combattantes, 28.000;
Morts, 8.000 ; blessés 10.000 ;
Légion d'honneur et médaille militaire, 2.000.
Citations, 17.000.
Quelle éclatante et fière réponse !
Quel démenti à celui qui n'a pas craint de prononcer les paroles impies que nous connaissons et dont nous pouvons souffrir !
Et puisque le cri de guerre a été poussé en Meurthe-et-Moselle, nous acceptons le défi. Nous verrons alors se reformer le bloc des instituteurs autour duquel se groupera - nous n'en doutons pas - la grande phalange des amis de l'école publique, les forces vives de la Démocratie et de la Liberté.
Nous ne nous faisons pas d'illusion ! La « vague abominable » que l'on veut « éliminer », « exterminer », c'est l'idée laïque, c'est la foi laïque.
Oui, c'est l'idée laïque que l'on veut tuer ; c'est l'école laïque que l'on veut supprimer au profit de l'école libre, voire même de l'école congréganiste. M. de Turckeim sait très bien que l'église veut mettre la main sur tous les enfants pour leur donner une instruction complète, mais surtout pour les élever dans le respect de ses dogmes. L'école laïque, tolérante et neutre, essaye d'instruire toujours davantage ; elle apprend à réfléchir, à observer, à discuter dans la pleine lumière ; elle est l'ennemie des ténèbres. Or, tout cela est mauvais, car si les enfants sont bien instruits, s'ils savent réfléchir, observer, discuter, ils ne voudront plus croire aveuglément, lorsqu'ils seront devenus des adultes, ce que l'Eglise leur enseigne.
Il faut détruire aussi cette « vague abominable », parce qu'elle pousse les instituteurs vers les travailleurs manuels et qu'elle menace de submerger le frêle bateau réactionnaire. Or, nous voulons être les collaborateurs dévoués et modestes des ouvriers pour travailler en commun au relèvement national. Nous continuerons d'ouvrir avec une joie inlassable les yeux de leurs enfants à la lumière de la bonté, de la beauté et de la raison.
Voilà pourquoi on veut tuer l'idée laïque. Malgré les attaques dont nous serons certainement l'objet, nous conserverons en nos coeurs notre foi laïque, si riche d'action féconde.
Nous en porterons le rayonnement dans toutes nos écoles pour jeter toujours plus de clarté dans les esprits, toujours plus d'ardeur démocratique dans les âmes.
Nous continuerons à former, non des sujets aveugles, souples et dociles, mais des hommes - et non des assassins - c est-à-dire des caractères, des esprits libres et des coeurs fermes. Nous poursuivrons sans défaillance la réalisation de notre Idéal fait d'amour, de justice, de bonheur ; nous accomplirons notre tâche d'éducateur avec la sincérité, l'énergie, l'abnégation, dont nous avons fait preuve jusqu'ici.
Instituteurs et institutrices laïques resteront toute leur vie les simples soldats de l'armée qui, sans cesse, combat contre l'ignorance, contre l'intolérance et contre la violence sous toutes ses formes. Nous trouverons en nous la foi dans le succès et l'énergie de persévérer dans l'effort.
E. LOMBARD,
Secrétaire de la Section syndicale.


31 octobre 1923
LE DECOR DE LA VIE EN LORRAINE
Je suis retourné récemment en Meurthe-et-Moselle et j'en rapporte l'impression nette qu'on y est en avance de deux années au moins sur les autres départements et que dans quelques mois les ruines de la guerre n'y seront plus qu'un mauvais souvenir, un thème de détestation...
Comment se fait-il que les choses soient plus avancées en Meurthe-et-Moselle que, par exemple, dans les départements voisins de la Meuse et des Ardennes ? Si l'on désire ramener à l'Etat le bénéfice de cette réussite, on ne s'explique pas comment, avec les mêmes lois, les mêmes règlements, il n'ait pas obtenu partout les mêmes résultats. Le succès de Meurthe-et-Moselle doit donc tenir à une autre cause, et il n'échappe à personne que c'est à l'initiative privée et à la manière dont quelques hommes se sont emparés de la réalité, tout en respectant la législation en vigueur. Il n'est pas indifférent de les nommer ; ils méritent autant, après tout, qu'on retienne leurs noms que tant de politiciens, auteurs de mauvais discours : ceux-là au moins ils travaillent, ils produisent : M. Préault, ingénieur du génie rural ; M. Coulon, inspecteur primaire de Lunéville, qui dirige la coopérative de reconstruction des écoles publiques et mairies de Meurthe-et-Moselle ; le chanoine Thouvenin, qui s'occupe de celle des églises ; l'abbé Fiel, qui s'est voué à l'union des coopératives ; M. Bègue, qui avant d'être le préfet de la Meuse, fut le secrétaire général de Meurthe-et-Moselle ; M. Deville; architecte en chef du département; M. France-Lanord, ingénieur-constructeur, sans parler des autres chefs d'entreprises, qui tous s'unirent dans l'intérêt de leur tâche ; voilà de bons, de grands Français, d'autant plus Français que Lorrains.
Ce qui me frappe en effet dans leur oeuvre, dès l'abord, c'est qu'elle rejoint sans effort la nature d'alentour. Presque partout l'entrepreneur a exécuté les pians de l'architecte d'une manière solide, massive, avec de la pierre du pays. La reconstruction, qui ailleurs a souvent, hélas ! un aspect de camelote, de provisoire, de simili, ici au contraire prend un caractère définitif, une épaisseur, un volume sans quoi il n'est point de véritable architecture. Il semble vraiment que « la lampe de vérité » ait illuminé ces excellents artisans de notre relèvement. Pour les maisons, ils avaient sous les yeux un type caractérisé. Pour ce qui est des écoles et des mairies, il n'était guère possible de s'inspirer de celles que l'on avait édifiées un peu partout avant la guerre, et qui ressemblaient à une caserne interchangeable, quelle que soit la province. Quant aux églises, sur quoi je voudrais insister dans cette chronique, elles manquaient, elles aussi, complètement d'intérêt artistique, la plupart ayant été construites avec la modestie qui convient à des gens qui ont été souvent pillés, ruinés, et qui craignent les retours possibles de l'invasion.
Ah ! l'émouvante journée que j'ai passée à les visiter ! En cette lumière d'octobre, où l'automne s'attarde à nous désigner la muette splendeur des choses, la nature ressemble à une femme qui nous dit adieu, au tournant du chemin. Elle nous paraît plus belle et nous tâchons d'en remplir nos regards comme si nous ne devions jamais plus la revoir. Grâce poignante, silence des paysages enfin rendus à eux-mêmes, débarrassés des indésirables de l'été, se recueillant avant l'hiver. Charme plus émouvant parce que sur le point de s'évanouir, et d'autant plus persuasif en Lorraine que chargé de signification, de souvenirs, de méditations graves. En cette province, l'Histoire se sent ; on la respire sans qu'il soit besoin de l'apprendre. Le style de la nature rejoint celui des évocations. Les plis de terrains simples, immenses, je dirais presque africains si ce mot n'éveillait une idée de clarté plus brillante et plus colorée, nous introduisent à la compréhension intime des événements.
Le détail physique ne se perd pas dans le détail ; il nous encourage à être forts et sérieux. Cela diffère tellement de l'enjouement pittoresque, malicieux, de l'Alsace qu'on se demande par quelle ironie de la tradition ces deux provinces furent si longtemps accouplées.
Je ne puis me débarrasser d'un certain scepticisme, je l'avoue, quand on me parle aujourd'hui d'art religieux. Il semble que des artistes qui ne croient pas soient impuissants à traduire la croyance. Ce que l'on nous a montré en ces dernières années, sous prétexte de « rénover » l'art religieux, témoignait certes d'une évidente bonne volonté ; mais en ces matières, quoique l'Evangile en assure, la bonne volonté ne suffit point, il y faut encore l'état de grâce. Or, il se produit en Lorraine un phénomène psychologique analogue à celui que nous avons observé au début de la guerre : sous l'influence de certaines angoisses, la piété renaît. Ces angoisses, on dirait qu'elles se prolongent comme une vibration sonore à travers le paysage.
Vraiment ces collines, selon un mot magnifique, restent « inspirées ». Celui qui les regarde ne peut pas ne point s'imprégner de ce mysticisme épars à même le sol, ne pas être comme soulevé par les grands rythmes du terrain. S'il est architecte, il construit en quelque sorte à l'échelle de cette grandeur. Chacun des programmes qu'il aborde se présente aussitôt à lui, comme par un réflexe, plein d'un sens humain. S'il s'agit de fermes, il pense au paysan qui, en quelques années, par un travail opiniâtre et par la seule force de ses bras, a remis en état des terres ravagées ; le dessin qui vient au bout des doigts, sur le papier, représente une maison vaste, avec de grandes portes charretières, noblement cintrées. Des écoles ? Il songe à ce que signifie pour l'avenir ce mot « les enfants », pour imaginer autre chose que ces casernes qui, sous le nom d'écoles publiques, couvraient la France de Dunkerque à Bayonne. Des églises ? La mémoire des morts qui fondèrent le Village, qui se perpétuèrent, qui, de père en fils, pendant des siècles et des siècles, se vouèrent à l'oeuvre constante, ingrate et monotone de nourrir le pays, que les Allemands chassèrent de chez eux, fusillèrent, que la guerre menaça périodiquement, qui souffrirent, se résignèrent, donnèrent leurs enfants, le souvenir de tout cela dicte aussitôt des formes sans mièvrerie, mais élancées vers le ciel, dispensatrices de rêve et d'un désir d'au-delà.
J'assistais dimanche, à Sundhausen, près du Rhin, au retour des cloches fleuries qui, dans ce village d'Alsace, venaient remplacer les anciennes, volées par les Allemands.
Je pense aux larmes que versent es habitants quand, pour la première fois, ils entendent sonner les cloches revenues et qu'ils pensent à la vieille église, qui pour eux signifiait tant de choses...
Les architectes échouent quand ils ne réfléchissent pas, sur leur plan, cette vibration humaine. Ils réussissent quand elle les entraîne. C'est le cas. Et cependant je suis sûr qu'aucun agrément n'influe sur mon opinion. Les chantiers que j'ai visités au cours de ma tournée « pastorale » étaient encore encombrés de gravats ; pas de jardins, ni de fleurs ; des routes encore défoncées, des tas de sable, de pierres et de planches. Rien que la ligne pure, se profilant sur les coteaux nus. A Neuviller, près de Badonviller, M. Deville a dû utiliser les anciennes fondations, par conséquent reprendre dans une certaine mesure l'ancien plan. L'église, de grès rouge, se présente sur une petite place carrée ; au tympan, une fresque de Marret ; à l'intérieur, une voûte de briques apparentes, avec des chaînages de pierres en croisée d'ogive ; des vitraux de Gsell, sertis de plomb, racontent l'histoire religieuse.
A Montreux, M. Lauth a joué habilement des grandes lignes horizontales du paysage bleu, qu'on aperçoit en contrebas, pour silhouetter un clocher pointu, qui pèse de toute sa force sur un porche bas, largement cintré. A Nonhigny, le même architecte, gardant une partie de l'ancienne église, qui était dans le style 1830, a continué selon ce style, mais en le chargeant un peu trop, à mon avis. A Halloville, un village qu'on a déplacé et descendu dans la plaine pour des motifs de viabilité et d'alimentation en eau, M. Deville a construit une église d'un gothique fin, aérien, aigu, précédée d'un porche à pans coupés et couverte de tuiles ; en face de cette église, une fontaine en demi-lune, en grès rouge des Vosges, précède une mairie massive, carrée, avec un grand toit, de belles proportions. J'aime beaucoup l'usage qu'on fait des bandeaux en grès rouge des Vosges dans une façade claire. Je remarque d'autre part que, dans l'église de Halloville et les autres, on semble éviter les tribunes importantes, auxquelles le clergé est hostile, pour des raisons de surveillance et de chant sacré. A Ancerviller, l'église, montée sur une terrasse, domine la grande place bordée de maisons lorraines dont les toits à grandes pentes descendent presque jusqu'au sol, et d'un dispensaire, avec un porche d'angle. En général, on a profité des dénivellations du terrain pour jucher les églises au plus haut point du village : d'où un effet d'élan qui accentue celui de l'architecture. Ainsi que dans la plupart des cas, le clocher précède la nef, avec une flèche qui repose sur un soubassement de mosaïque et un porche largement cintré, donnant accès à l'intérieur ; pour la voûte, d'un gothique aigu, on a utilisé le ciment armé, qui permet des portées d'une grande hardiesse.
Seize verrières du maître Gruber, Lorrain, y verseront tout le mystère désirable. Aux deux extrémités, une tribune élégante répond au choeur qui se différencie de la nef par une concentration plus aiguë des nervures de la voûte.
A Domèvre, on avait à restaurer une église de 1743. M. Deville s'en est acquitté avec discernement, se bornant à orner le clocher d'un cadran de mosaïque d'or, qui égaye un peu la façade triste, flanquée d'un monument aux morts de la guerre. Pour la décoration de l'intérieur, il a fait appel à un certain nombre d'artistes dont on est accoutumé de voir les ouvrages dans les expositions. Caillette, de Nancy, a exécuté les bancs en bois sculpté, les grilles en fer forgé de la table de communion et du baptistère. L'Atelier d'art sacré a reproduit le très beau chemin de croix de Maurice Denis. Mme Pugnez et M. Hébert Stevens ont orné de peintures savoureusement naïves l'autel de saint Epvre, patron de la paroisse, et celui de la Vierge ; Couturier a fourni pour le choeur un émouvant carton de vitrail, que Mlle Huré, peintre-verrier, a exécuté d'une manière splendide et profonde. Et le curé de la paroisse a trouvé le moyen, déjà ! d'ajouter à cette harmonie de bois chaud et de chapiteaux d'or, à ce raffinement voulu et discret, d'affreuses statues coloriées de la rue Saint-Sulpice.

A Emberménil, un village complètement détruit, M. Deville a imaginé, comme presque partout ailleurs, une grand'place carrée que domine le clocher, fin, effilé, en perspective de l'avenue principale ; à droite, les écoles et la poste, dans un style dont le pittoresque est à la limite de ce que l'on peut accepter dans ce pays austère, simple ; sur la gauche, un portique fermé du côté du vent d'ouest, ouvert du côté de la vue et du midi, relie le presbytère à l'église construite dans le style roman, éclairée par des vitraux de Gsell, flanquée de deux sacristies, consolidée par des contreforts. M. Deville affectionne d'ailleurs, et je l'approuve entièrement, ces portiques ouverts sur la campagne et déroulant leurs cintres, alignant leurs colonnes sur les lignes horizontales des lointains bleuâtres ou violacés. Il en a tiré parti notamment dans son école de Badonviller, où la cour, entourée de bâtiments sur trois côtés, fermée sur le quatrième par un portique ouvert, prend l'aspect d'un véritable cloître.
A Leintrey, l'église a été dessinée par Hornecker, l'architecte à qui l'on doit le théâtre de Nancy.
Ogé et Gilbert ont donné les plans, tout à fait heureux, de l'église de Gondrexon, alternant avec habileté, dans la façade, les surfaces de briques et les enduits de chaux, en jouant comme d'une palette, posant une voûte plâtrée sur une ossature de béton armé, flanquant les bas-côtés de trois pignons, assurant à leur oeuvre une personnalité incontestable. On prétend que M. Désenclos, à Reillon, non loin de là, s'en est inspiré ; on retrouve en effet, dans son église, qui est encore en construction, les trois pignons latéraux de Gondrexon ; mais, sans diminuer le mérite de personne, je crois que ce sont là des pensées qui peuvent venir à plusieurs artistes, sur un programme identique, et qu'il ne faut pas s'abandonner au délire de la personnalité.
Par analogie, on ne doit pas prendre à la lettre les mots de roman et de gothique, quand ils me viennent sous la me ; je m'en sers, plu- à défaut d'autres, comme d'un langage conventionnel, sans me dissimuler leur inexactitude. Qu'on n'en profite point pour conclure que les églises reconstruites dans le diocèse de Nancy l'ont été dans un style rétrospectif. On ne peut cependant pas renverser une voûte, sens dessus dessous, pour faire oeuvre « moderne ». En ces sortes de choses, le modernisme tient moins à une invention qui pourrait impressionner des ignorants, qu'à une adaptation de formes éternelles, à une interprétation particulière et sensible de systèmes éprouvés. Ouvrez plus ou moins le compas d'une ogive, surbaissez ou haussez le cintre d'un arc, et voilà sans doute du gothique, du roman, mais du gothique et du roman rendus contemporains de nous par votre oeil personnel.
J'achevai là ma promenade, car la nuit était tombée, me promettant de revenir au printemps, quand les journées seront plus longues, étant assuré de trouver encore matière, en Lorraine, à d'abondantes et salutaires réflexions.
LÉANDRE VAILLAT.
(Le Temps.)


1er novembre 1923
DOMEVRE-SUR-VEZOUZE
Coups aux gendarmes. - Les gendarmes de Blâmont, en tournée, venaient de verbaliser contre Moya Béniono, manoeuvre, et Casi Pierre, 17 ans, terrassier, tous deux à Domèvre, pour défaut d'éclairage à leurs bicyclettes.
Le jeune Casi eut le tort de ne pas se soumettre à la sanction dont il était l'objet. Il insulta et gifla le gendarme.
On le recherche activement, car il a disparu depuis cette aventure.


2 novembre 1923
Le nonce du pape à Ancerviller
Le nonce du pape, Mgr Ceretti, doit se rendre le 20 novembre à Ancerviller et assister à la consécration de la nouvelle église.
Voici un extrait d'un rapport du président du conseil d'administration des églises légitiment cette manifestation ;
« La reconstruction des églises du diocèse de Nancy fait de grands progrès et notamment plusieurs d'entre elles complètement terminées, vont être inaugurées prochainement.
Nous devons ces résultats importants, en particulier au gouvernement français qui met les fonds à la disposition de la Coopérative du diocèse de Nancy.
A l'heure où le gouvernement et le Saint-Siège collaborent à la paix religieuse en notre pays, où vont sans doute se créer des Associations diocésaines, nous pensons qu'il faut marquer ce que fait la France pour la reconstruction des églises.
Il faut, semble-t-il, qu'une voix autorisée dise assez haut, pour être entendue chez nous et à l'étranger, que nos églises sont reconstruites en vertu de la loi française du 17 avril 1919, grâce aux budgets présentés par le gouvernement français et votés par les chambres françaises, avec le concours empressé des gros et surtout des petits capitalistes français souscrivant aux emprunts émis par la Coopérative des églises, sans aucun concours de nos anciens ennemis responsables de la destruction de nos monuments religieux.
Ce geste et cette parole peuvent avoir une grande répercussion dans toute la France, mais particulièrement dans nos provinces reconquises, toutes proches de notre département, dans les pays catholiques étrangers où la propagande ennemie a tant travaillé contre la France, en Allemagne où l'on a dit que nous ne voulions pas reconstruire nos maisons et nos églises pour apitoyer le monde sur notre pays.
L'occasion de faire ce geste et de dire cette parole nous est donnée, le 20 novembre prochain, à l'inauguration de l'église d'Ancerviller, la première église reconstruite de fond en comble sur un nouvel emplacement, qui sera solennellement consacrée suivant les règles de la liturgie catholique.
Faire ce geste, dire cette parole revient à l'évêque du diocèse, au président d'honneur et protecteur de la Coopérative des églises du diocèse.
Nous avons pensé que ce geste pouvait être fait et que cette parole pouvait être dite en présence du nonce apostolique, Mgr Céretti. Le représentant du pape en France consacrant une nouvelle église construite à la place d'une église détruite par les faits de la guerre, avec l'argent de la France, l'évêque de Nancy disant à l'ambassadeur du Saint-Siège tout le concours apporté par le gouvernement français et ses représentants dans la reconstruction des églises, - le nonce rapportant au chef de l'Eglise catholique que la France, en s'imposant de très lourds sacrifices, relève les temples de Dieu aussi bien que les mairies et les écoles, les usines et les maisons de commerce, les fermes et les habitations particulières, voilà, il nous semble, des gestes et des paroles capables d'impressionner tous les bons Français, tous les étrangers sincères et de détruire les préjugés et les erreurs engendrés par la propagande de nos anciens ennemis.
Mgr l'évêque a exposé ces idées au nonce apostolique et lui a demandé de faire au diocèse de Nancy l'honneur de présider la première consécration d'église relevée des ruines de la guerre.
Mgr Céretti, entrant dans les idées de notre évêque, accepte l'invitation. Nous avons tout lieu de croire que ce sera pour le bien de la France et de l'Eglise.
Le président de la Coopérative des Eglises, Abbé L. THOUVENIN.


5 novembre 1923
Une Visite de M.Reibel à Badonviller, Cirey et Domèvre
[...]
A Domèvre
Le cortège ministériel est arrivé à Domèvre à 3 heures et quart, venant de Cirey.
Un arc de triomphe orné de feuillage avait été élevé dans la rue qui donne accès à la mairie.
Le maire de Domèvre, entouré du conseil municipal, a reçu M. Reibel. Il lui a rappelé sa visite de l'an dernier, « alors que tant de maisons étaient encore à construire.
Aujourd'hui, a dit M. le maire Veislinger, toutes nos revendications ont obtenu satisfaction et tous nos espoirs sont satisfaits.
Les quatre dernières maisons détruites ou endommagées sont actuellement en reconstruction. »
L'orateur a fait, dans les meilleurs termes, 1'éloge de M. l'abbé Renault, curé, de Domèvre, « cheville ouvrière de la coopérative ».
Il a remercié M. Reibel de sa visite et de toutes les facilités accordées par son département.
Il l'a prié de transmettre les sympathies respectueuses de la population à M. Raymond Poincaré.
Le ministre a répondu avec cordialité.
Puis les notabilités allèrent saluer le monument aux morts et visitèrent l'église neuve, sous la conduite de M. l'abbé Renault.
De belle peintures modernes ornent les chapelles latérales et le chemin de Croix présente un vif intérêt.
M. Reibel a tenu à en faire la remarque à son cicerone.
A 4 heures, le cortège gagnait Herbéviller où il fut accueilli par le maire, M. Henry, entouré de ses collaborateurs au conseil municipal, et par les habitants.
Un orchestre improvisé a joué la « Marseillaise », qui fut écoutée debout.
Le ministre des régions libérées a visité la mairie, l'école, munie d'une salle de douches.
Les dernières paroles de M. Reibel furent des paroles de confiance et de satisfaction.
« Je constate, a-t-il dit, que, la besogne est finie ou sur le point de l'être. Laissez-moi, Messieurs, vous en féliciter. En venant à Herbéviller, j'ai vu l'état de vos champs. Ainsi ont disparu, petit à petit, les traces, les souillures de la guerre. Il n'en restera rien. Et s'il en reste quelque chose, ce sera sous forme d'améliorations apportées dans le domaine de l'hygiène sociale : écoles plus spacieuses, mairies dotées des commodités modernes, salles de bains qui obligeront les enfants, dès leur plus jeune âge, à s'astreindre à des soins corporels fréquents. Ces avantages ne sont pas à dédaigner... »
M. Charles Reibel a regagné Nancy, en automobile, vers six heures du soir.


13 novembre 1923
Le nonce du pape à Ancerviller
La cérémonie d'Ancerviller que présidera le nonce du pape, Mgr Cerreti, sera une cérémonie religieuse.
Le nonce arrivera à Nancy très probablement la veille et sera l'hôte de l'évêque. M. le préfet Magre ira le voir à l'évêché et ne se rendra pas à Ancerviller. A l'issue de la cérémonie religieuse un banquet d'une centaine de couverts sera servi dans cette commune.
Rappelons que Mgr Cerreti, archevêque de Corinthe, était auparavant secrétaire à Rome pour les affaires extraordinaires et l'intime collaborateur du secrétaire d'Etat le cardinal Gaspari.


18 novembre 1923
Le Nonce en Lorraine
Lundi prochain, à 16 heures 48, le nonce apostolique, Mgr Cerretti, arrive donc à Nancy.
Le lendemain, il présidera la consécration de l'église d'Ancerviller et bénira celle d'Halloville
Ancerviller est une assez grosse commune du canton de Blâmont ; Halloville, par contre, dans le même canton, ne compte qu'une centaine d'habitants.
Le nonce est de belle prestance ; on sait qu'il est le doyen du corps diplomatique. Il a succédé à Mgr Lorenzelli, qui quitta Paris vers 1899. Le secrétaire de la nonciature était Mgr Montagnini di Mirabello, il la dirigea jusqu'à la séparation.
Ce n'est pas la première fois que Mgr Cerretti vient à Nancy ; il assista, il y a quelque temps, à une représentation de la « Passion » et présida le soir un office à la Cathédrale.
Ensuite, M. Petit, curé de Saint-Joseph, fut nommé prélat du pape.
Il est permis de dire que l'influence de l'abbé Fiel, secrétaire de la Coopérative des Eglises, est pour beaucoup dans la visite du nonce en France. L'abbé Fiel est d'Ancerviller même. Il a été secrétaire et collaborateur, à Rome, du cardinal Mathieu, d'Einville-aux-Jards.
Ancien vicaire à Saint-Georges, il est maintenant aumônier de l'Ecole Professionnelle de l'Est et possède toutes les ressources d'une diplomatie habile et souriante.
On compte beaucoup, dans les milieux ecclésiastiques ou vivant dans leur orbite, sur les heureux résultats qu'aura la présence du nonce à Ancerviller.


20 novembre 1923
AVRICOURT
Défaut d'éclairage. - Une contravention a été dressée contre M Aimé Gérard, entrepreneur de broderie à Blâmont, pour défaut d'éclairage à l'arrière de son automobile.
Procès-verbaux. - Des procès-verbaux ont été dressés contre Salmas Arizki et Lakdari ben Mohamed, tous deux demeurant à Nancy, pour défaut de déclaration de commerçant.


21 novembre 1923
MONTREUX
Arrestation. - En vertu d'une contrainte par corps, la gendarmerie a arrêté Emile Muller. 30 ans manoeuvre, condamné par défaut pour port d'arme prohibée par le tribunal de Lunéville et redevable envers l'Etat d'une somme de 394 fr. 55
REMONCOURT
Auto. - M. Léon Grosse, entrepreneur, a été l'objet d'un procès-verbal pour défaut de lanterne à l'arrière de son auto.

UNE FÊTE DE LA RECONSTITUTION
LE NONCE DU PAPE
consacre l'Eglise d'Ancerviller


7 décembre 1923
DOMÈVRE-SUR-VEZOUZE
Contraventions. - Alison Abel, tailleur d'habits, a été l'objet de deux contraventions pour défaut d'appareil sonore avertisseur et défaut de plaque de contrôle à sa bicyclette.
EMBERMÉNIL
Police des étrangers. - Un procès-verbal a été dressé contre Bernard Schminski, manoeuvre, pour défaut de carte d'identité.


27 décembre 1923
BLAMONT
Vol. - Un voleur demeuré inconnu a dérobé, dans l'armoire de Mme Houbert Joséphine, 60 ans, ménagère à Blâmont, un bon de la Défense nationale et une somme de 1.000 francs en billets de banque, le tout contenu dans un petit sac.
Le malfaiteur a volé, en outre, 2 chemises d'homme et différents objets.
Mme Houbert a porté plainte et fait part de ses soupçons à la gendarmerie.


29 décembre 1923
AVRICOURT
L'art à l'école. - Les enfants des écoles d'Avricourt offraient les 24 et 25 décembre une séance récréative qui fut pleinement réussie.
La première soirée était présidée par M. Loefler, maire, qui avait répondu avec empressement à l'invitation des organisateurs ; plusieurs conseillers municipaux étaient également présents.
La salle, un peu exiguë, était archicomble et une bonne partie de la population dut remettre au lendemain la joie d'applaudir ses jeunes virtuoses.
Le programme, d'un goût sûr et pas trop chargé, fut exécuté d'une façon parfaite.
Ce qui, de prime abord, attira l'attention des spectateurs, fut la distribution harmonieuse des rôles, qui s'adaptaient fidèlement aux personnages. On a vu défiler une véritable revue d'actualité « La mode d'autrefois », qui, entre parenthèses, valait au moins celle d'aujourd'hui et coûtait en tout cas beaucoup moins cher, Enfin, le clou fut « Le Voyage de Perrichon en Suisse ». Imperfections des chemins de fer, dangers de l'excursion et, course au mariage ! ! ! Trois prétendus pour une jeune fille ! ! !
Il est impossible de citer les talents déployés, tous et toutes ont rempli de joie et fait passer des heures délicieuses. Merci à nos jeunes enfants, merci à leur maîtresse et maître dévoués.

Nominations ecclésiastiques
Par décision épiscopale, ont été nommés :
Curé de Repaix, M l'abbé Théophile Gérard, précédemment vicaire à Saint-Laurent de Pont-à-Mousson.
 

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